Rats
Évaluation de différentes approches thérapeutiques dans 2 modèles de tumeurs mammaires obtenues par greffe orthotopique de matériel biologique d’origine tumorale chez le rongeur (rat ou souris)
- Recherche appliquée
- Cancers
Rats : 300
1 200 souris et 300 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une tumeur mammaire leur est greffée, avec jusqu'à deux chirurgies, radiothérapie, imagerie et prélèvements sanguins, puis mise à mort pour prélèvement d'organes. Le porteur indique que la tumeur peut réduire la mobilité, se nécroser ou métastaser jusqu'aux poumons. Il affirme que l'animal est un passage obligatoire avant l'humain, les bénéfices étant renvoyés au long terme.
Objectifs
Les cancers du sein sont les cancers les plus fréquents chez la femme. Ils représentent une pathologie très hétérogène. Ainsi, deux patients ayant le même diagnostic initial pourront présenter des réponses aux traitements conventionnels très différentes. Un seul type de modèle ne peut donc représenter l’ensemble de ces pathologies. Ce projet vise à évaluer les propriétés anti-tumorales de différentes approches thérapeutiques incluant notamment des candidats médicaments, la radiothérapie ou encore l'utilisation de dispositifs médicaux dans des modèles de tumeurs mammaires obtenues par greffe de cellules cancéreuses.
Bénéfices attendus
A long terme, les bénéfices attendus sont la découverte de nouveaux médicaments pour traiter les cancers du sein. A court terme, les bénéfices attendus sont de démontrer que le composé ou le dispositif médical testé est actif dans un modèle expérimental de tumeurs mammaires ou d’évaluer ses éventuels effets secondaires avant son passage en phases cliniques.
Procédures
En fonction de l'étude, les animaux pourront subir au maximum 2 chirurgies de 5 à 15 min chacune, sous anesthésie générale, pour l'implantation d'un dispositif médical et l'exérèse chirurgicale de la tumeur mammaire. Ils seront également anesthésiés au moins une fois, généralement par anesthésie gazeuse, pour l'implantation des cellules tumorales. Ils pourront également être anesthésiés plusieurs autres fois au cours de l'étude pendant quelques minutes, généralement par anesthésie gazeuse, afin de procéder à des traitements comme la radiothérapie et/ou à des suivis par imagerie. Dans le cas de radiothérapie, les animaux seront traités généralement pendant 5 jours consécutifs. Les suivis par imagerie se feront eux généralement 1 fois tous les 7 à 15 jours pendant environ 2 mois. Les animaux pourront également subir plusieurs prélèvements de sang dans le respect des recommandations éthiques (volumes prélevés, fréquences et temps de récupération).
Impact sur les animaux
Le développement de la tumeur mammaire peut entrainer un inconfort voire une réduction de la mobilité des animaux. Les tumeurs peuvent également développer une nécrose. Des métastases, en particulier au niveau des poumons, peuvent entrainer des difficultés respiratoires. Par ailleurs, les effets potentiellement indésirables du/des produits testé(s) font l’objet d’échange avec nos promoteurs et les responsables Bien-Etre Animal pour adapter les outils d’observations des animaux afin d'anticiper au mieux de potentiels signes cliniques.
Devenir
Mise à mort de l'ensemble des animaux à la fin de l'étude pour réaliser des prélèvements d'organes et/ou des observations macroscopiques.
Remplacement
Dans le cadre du développement de nouveaux médicaments, ce projet est réalisé chez le rongeur car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les effets d’une nouvelle molécule sur les tumeurs mammaires. Ou si elles existent, elles ne sont pas suffisantes pour répondre aux objectifs scientifiques du projet. Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament. A ce jour, la souris et le rat sont les espèces qui sont les plus adaptées à ce type de modèle d’étude.
Réduction
Un nombre minimal et suffisant d’animaux par groupe est utilisé afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats des expériences et d’effectuer des analyses statistiques. Nombre d’animaux minimal et suffisant par groupe pour réaliser une analyse statistique : 6-10 animaux/groupe.
Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : • la mise au point de procédures rigoureuses, • la formation du personnel, • un suivi quotidien de l’état de santé des animaux, • le recours à des procédures les moins invasives possibles, • le suivi d’éventuel signes cliniques, • la détermination des points limites, • le recours aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire. • un protocole analgésique adapté pour les chirurgies et la période post-opératoire ainsi qu'un suivi post-opératoire de l’état de santé des animaux avec des soins et un enrichissement adaptés afin de permettre une bonne récupération des animaux, • la réduction du volume sanguin prélevé grâce à l’amélioration de la sensibilité des méthodes d’analyse.
Choix des espèces
La souris et le rat sont les espèces animales les plus adaptées et les plus couramment utilisées dans les modèles animaux de tumeurs mammaires obtenues par greffe de matériel biologique d’origine tumorale. Les animaux utilisés sont des animaux adultes âgés de 6 à 10 semaines au moment de l’implantation des cellules tumorales. La prise tumorale est connue pour être moins bonne chez des individus plus âgés.
Vérification chez le rat de la non-immunogénicité de nos candidats lead FTP-501 et FTP-101 dans le traitement des maladies de la contraction musculaire
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
260 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent des injections intramusculaires répétées de deux candidats myorelaxants, avec prélèvements sanguins, puis sont tués pour analyse du muscle. Le porteur n'attend aucun signe clinique et situe les nuisances dans le stress de contention et la douleur des injections. Il affirme que les modèles cellulaires sont débattus et ne reproduisent pas le système immunitaire, l'étude vérifiant l'absence de réaction immunitaire à ces molécules d'un développeur privé.
Objectifs
Après avoir démontré le bénéfice d’efficacité des produits (FTP-501 et FTP-101) face aux produits de référence utilisés en clinique lors de projets précédents, ce projet expérimental s’intéresse au potentiel immunogène de ces candidats. Cette étude a pour objectif de confirmer la non-présence d’Anticorps Anti-Drug (ADA) suite aux injections des différents composés. Ces molécules pourraient a priori provoquer une réaction immunitaire suite aux injections, diminuant ainsi l’efficacité du traitement et sa tolérance. Il est donc important de vérifier qu’une telle réaction est limitée ou inexistante.
Bénéfices attendus
Les troubles du mouvement sont des maladies neuromusculaires, qui handicapent durablement les patients et ont un impact sociétal important. La dystonie est un trouble qui se caractérise par des contractions musculaires involontaires, pouvant entrainer des mouvements répétitifs ou des postures figées. La spasticité musculaire, quant à elle, est considérée comme une sur-contraction inhabituelle et involontaire du ou des muscles. Ce trouble du système nerveux central résulte en une crispation et une rigidité accrue du muscle touché. Le traitement de ces maladies implique généralement la prescription de traitements administrés oralement : le baclofène, les benzodiazépines, le dantrolène… Ces traitements systémiques comportent tous des effets secondaires conséquents. Alternativement, l’injection intramusculaire de certains produits directement dans le muscle affecté peut soulager ces malades : le phénol ou la toxine botulique. Cette approche présente des avantages devant celles présentées précédemment, notamment concernant les effets secondaires. Cette approche doit encore être optimisée : les patients et soignants attendent des myorelaxants offrant encore moins d’effets secondaires, capables d’être efficaces rapidement après l’injection, et dont les effets seraient durables. L’objectif de notre projet est de mettre en évidence les effets bénéfiques de l’utilisation locale de différents produits myorelaxants novateurs à effet rapide et durable, sur la contraction musculaire pour les patients souffrant de troubles du mouvement comme la dystonie et la spasticité. Au cours d’une étude princeps, nous avons pu identifier au moins 5 produits présentant une activité myorelaxante d’intérêt ; ensuite, grâce aux différents projets déposés, nous avons avancé nos 2 premiers Lead (FTP-501 et FTP-101) quasiment au terme de leur développement préclinique. Chacun des produits identifiés au cours de l’étude princeps semble avoir des caractéristiques pharmacologiques différentes : certains induisent une myorelaxation très rapide (FTP-101), et d’autres offrent un effet durable par exemple (FTP-501). Or, selon la maladie neuromusculaire, le besoin clinique est différent, et donc chaque caractéristique est plus ou moins critique. Ce projet permettra de vérifier qu’aucune réaction immunitaire ne se manifeste suite aux injections et que les produits sont bien tolérés quelle que soit la dose injectée, et bien tolérés après des injections répétées.
Procédures
Les animaux seront soumis à : - Injection intramusculaire = 3 injections, durée 30 secondes/injection/animal = 1 min 30 sec - Pesée des animaux = 7 pesées / animal => 30 secondes / pesée = 3 minutes 30 sec / animal - Prélèvements de sang = 7 maximum par animal, durée 2 minutes = 14 minutes / animal.
Impact sur les animaux
Dans le cadre de ce projet, aucun signe clinique ni effets secondaires n’est attendu ici suite à l’injection des composés, d’après nos résultats obtenus dans nos études précédentes et la littérature. En effet lors de nos précédents projets, aucun signe clinique de type infection ou inflammation suite à une seule injection n’a été observé. Nous n’attendons pas ici de réactions suite aux multiples injections. Dans le cadre de nos procédures, les nuisances attendus sont : le stress des animaux dû à la contention pour l’injection, une douleur liée aux injections i.m. et les multiples prélèvements de sang (6 maximum).
Devenir
Tous les animaux des différentes procédures seront euthanasiés. Un prélèvement pour analyse histologique du muscle injecté sera réalisé.
Remplacement
Le remplacement ne peut pas être assuré dans cette étape du programme de travail, car la pertinence des modèles cellulaires de coculture est aujourd’hui encore débattue, et de tels modèles ne prennent de toute façon pas en compte le paramètre de diffusion (qui est essentiel lorsqu’on s’intéresse au profil pharmacodynamique des composés). De plus, nous recherchons ici des réactions immunitaires suite aux injections de nos composés. Le système immunitaire d’un hôte est extrêmement complexe (impossible à reproduire dans sa globalité in vitro) et nécessite des expérimentations in vivo.
Réduction
Pour la réduction, la taille des groupes nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs a été déterminé avec le logiciel G-Power. Nous utiliserons donc le nombre minimal d’animaux par groupe permettant d’arriver à une conclusion. Soit 10 animaux par groupe (5 mâles et 5 femelles). Cependant, si les résultats sont dépendants du sexe, les groupes d’analyse seront de 5 animaux. Cette taille de groupe nous permet néanmoins d’obtenir des résultats statistiquement significatifs.
Raffinement
Les animaux seront stabulés dans des cages en plastique transparent de 1800cm2 au sol et comportant une plateforme. Les cages seront ventilées individuellement, placés dans une pièce sous air conditionné, avec un cycle jour/nuit de 12 heures de lumière et 12 heures d'obscurité. Ils seront maintenus en groupe de 2 ou 3 rats par cage. Ils disposeront de matériel de nidification (litière en chips de cellulose) puis d’enrichissement : les rats ont un tunnel rouge ainsi qu’un bâton de bois à ronger. Les animaux seont surveillés quotidiennement permettant un suivi clinique de chaque animal. Ainsi, des points limites sont mis en place durant tout ce projet permettant de définir des critères d’arrêt si nécessaire. Les prélèvements sanguins seront réalisés par un expérimentateur entraîné, et via une approche limitant le stress et la douleur, tout en ne dépassant pas les limites de volume prélevables chez un rat.
Choix des espèces
La comparaison de la rapidité d’action entre notre molécule et les traitements sur le marché ne pourra se faire que sur un modèle : i) exprimant les cibles moléculaires d’intérêt à la jonction neuromusculaire, et ii) dans lequel il existe une limite de diffusion dans les tissus. En effet, la cinétique des molécules après injection intra-musculaire est fortement dépendante de la capacité à diffuser dans le muscle, un tissu très compartimenté comportant plusieurs membranes interne. Nous recherchons ici des réactions immunitaires suite aux injections de nos composés. Le système immunitaire d’un hôte est extrêmement complexe et nécessite des expérimentations in vivo. De plus, nous avons choisi le rat d’une part, par continuité avec nos études précédentes et notre expérience sur ce modèle et d’autre part, car il s’agit d’un modèle de choix pour des études de toxicité de composé. Nous utiliserons des rats Sprague Dawley âgées de 6 semaines en début d’expérimentation (200g) et 18 semaines maximum en fin d’expérimentation (600g pour les mâles). Des jeunes adultes sont choisis ici pour le bon fonctionnement de leur système immunitaire.
Évaluation des composés diagnostiques ou thérapeutiques sur des animaux porteurs de tumeurs de poumon localisées
- Recherche appliquée
- Cancers
Rats : 1000
1 000 souris et 1 000 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Une tumeur pulmonaire leur est greffée par ouverture d'un espace intercostal, un geste que le porteur décrit lui-même comme sévèrement douloureux, avec irradiation et traitements répétés. L'établissement, prestataire de services précliniques, propose ces modèles à des clients pour tester des composés avant l'humain. Il affirme que les méthodes sans animaux ne permettent pas de prévoir l'efficacité in vivo.
Objectifs
Au niveau mondial, il a été constaté une forte augmentation de l’incidence du cancer du fait du vieillissement de la population et de facteurs environnementaux qui se dégradent. En 2020, quelque 19,3 millions de nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués et 10 millions de décès sont à déplorer des suites de cette maladie, selon des données publiées par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC). Second cancer le plus souvent diagnostiqué (2.21 millions de cas recensés en 2020), le cancer du poumon est à ce jour le plus meurtrier (1.8 million de décès en 2020). Selon l’OMS, une personne sur cinq souffrira d’un cancer dans sa vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en décèderont. Le cancer se caractérise par une dégradation pathologique des processus contrôlant la prolifération cellulaire, la différenciation et la mort programmée de certaines cellules. Tous les tissus ou organes peuvent être atteints. Bien que possédant des caractéristiques communes, différents types de cancers ont des causes très éloignées et répondent de façon extrêmement différente à un traitement. L’objectif de ce projet est de développer un modèle de cancer de poumon orthotopique monocentrique chez les rongeurs (rats ou souris), le plus prédictif possible afin de refléter la pathologie cancéreuse et de pouvoir évaluer des composés thérapeutiques dans un contexte pathologique le plus proche possible de l’homme et d’arriver, avant les essais cliniques, à établir une réelle évaluation de l’efficacité de cette molécule destinée à traiter les tissus cancéreux localisés chez l’homme. Une fois le modèle établi, une évaluation de la toxicité, de la pharmacocinétique et de la biodistribution des traitements pourra aussi être réalisée en plus de l’évaluation de l’efficacité antitumorale.
Bénéfices attendus
Notre société, prestataire de services en recherche préclinique propose un large panel de modèles in vivo nécessaires à l’évaluation de nouveau composés thérapeutiques pour la recherche contre le cancer. Cependant, pour certaines applications thérapeutiques, de nouveaux modèles précliniques les plus prédictifs possibles doivent être établis afin de pouvoir transposer l’utilisation de ces molécules chez l’homme lors d’essais dans différentes phases cliniques. L’animal, représente un système d’essai physiologiquement proche de l’homme, permettant d’évaluer l’efficacité, la toxicité, la pharmacocinétique et la pharmacodynamique de nouveaux composés afin d’éviter ces essais directement chez l’homme. Au cours des expériences réalisées, il sera possible d’étudier les mécanismes de croissance d’une tumeur pulmonaire dans un environnement mimant la pathologie chez l’homme, d’étudier les mécanismes de résistance après des traitements avec de nouvelles molécules ou des molécules déjà utilisées en clinique, et les mécanismes de progression tels que la formation de métastases. Grâce à ces études dans un environnement adapté, il sera aussi par exemple possible de suivre la réaction du système immunitaire de l’hôte face à la progression de la maladie, de moduler et/ou orienter le système immunitaire afin de donner à l’organisme les moyens de se défendre contre le cancer.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : Ils seront identifiés par implantation d’un transpondeur ou clips aux oreilles ou tatouage, sous anesthésie (moins de 1 minute). Les animaux seront irradiés après un court transport (durée totale moins de 30 minutes, les animaux restant dans leur cage de stabulation). La greffe tumorale sera une procédure chirurgicale d’une trentaine de minutes environ et sera réalisée sous anesthésie et analgésie pré- et post-opératoire. L’acte douloureux de la chirurgie (ouverture intercostale) durera moins d’une minute. Les animaux pourront recevoir des traitements par voie intramusculaire (IM) ou intradermique (ID) sous anesthésie et analgesie (1 minute). Les animaux vigiles et sous contention pourront recevoir des traitements par voies intra-péritonéale (IP), intra-veineuse (IV), sous-cutanée (SC), intra-nasale (IN), intra-trachéale (IT) ou orale (1 minute) Des prélèvements sanguins pourront être réalisés (1 minute) sur animaux vigiles sous contention si nécessaire ou si possible sous anesthésie. Si un suivi par une technique d’imagerie est envisagé, il sera réalisé sous anesthésie générale pour une durée maximale d’1 heure.
Impact sur les animaux
Pour ces modèles la greffe (injection de suspension de cellules ou greffe de fragments) de la tumeur est réalisée dans un lobe pulmonaire (modèle orthotopique). La douleur liée à cet acte est sévère en particulier du fait de l’ouverture d’un espace intercostal. L’évolution du volume tumoral pourra entrainer des troubles respiratoires généralement modérés tels qu’un essoufflement des animaux et une modification de la posture, ainsi qu’une perte de poids et une diminution de motricité en particulier. Ces effets seront évalués plus en détail lors de la première étude.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de chaque procédure (la méthode utilisée étant l’une de celles autorisées par la Directive 2010/63). Les animaux étant porteurs de tumeur et ayant fait l’objet de gestes techniques et reçu des traitements, aucune autre utilisation ne peut être envisagée.
Remplacement
Les méthodes alternatives ne permettent pas, à ce jour, de prévoir l’efficacité in vivo de potentiels candidats-médicaments, car les étapes nécessaires au développement d’un médicament pour lesquelles il est nécessaire d’étudier les interactions du médicament dans un contexte globale ne peuvent pas être étudiées dans un système alternatif (in vitro par exemple). Des méthodes alternatives de reconstruction d’organes ou de tumeurs en 3D sont utilisées mais reste toutefois marginales et les résultats obtenus restent à ce jour difficilement transposable à l’homme.
Réduction
Dans chaque étude, les animaux seront répartis en groupes expérimentaux selon le(s) critère(s) défini(s). Le nombre de groupes contrôles sera ajusté à la question scientifique posée et des paramètres étudiés. Les variations de ces paramètres et de la mortalité entre les groupes contrôles et traités seront comparées pour évaluer les composés testés. La validité scientifique nécessite d’utiliser un nombre minimum d’animaux par groupe pour que les tests statistiques soient valides et représentatifs d’éventuelles variations inter-individus. Une étude peut être composée de 2 à 10 groupes. Le nombre d’animaux par groupe variera généralement entre 3 (biodistribution) à 15 (dans le cas de multiples paramètres d’efficacité à évaluer) par dose de produit. Jusqu’à 10% d’animaux excédentaires pourront être inclus initialement (avant randomisation) afin de plus facilement constituer des groupes homogènes au moment de la randomisation. Si de la mortalité est constatée au moment de la chirurgie de greffe lors de la première étude, le nombre d’animaux excédentaires pourra augmenter du pourcentage de décès à la chirurgie. Pour réduire le nombre d’animaux utilisés dans ces procédures, il sera toujours proposé d’utiliser des biomarqueurs et des techniques faiblement invasives d’imagerie chez le petit animal.
Raffinement
La greffe sera réalisée sous anesthésie générale avec administration préalable d’un analgésique opiacé et d’un alpha2 agoniste. En fin puis durant 2 jours suivant la chirurgie, un anti inflammatoire non stéroidien sera administré. 4h, 8h, et 24h après la chirurgie, les animaux recevront un analgésique opiacé. La chirurgie sera réalisée stérilement, avec maintien de la température corporelle, et surveillance post-opératoire jusqu’au réveil puis toutes les 2h sur 6h au total. Les actes douloureux (thoracotomie en cas d’exsanguination terminale par section d’un vaisseau thoracique, flush des organes au PBS en intracardiaque) seront réalisés sous anesthésie profonde avec Kétamine/Xylazine et analgésie 30min avant l’acte (Buprénorphine). Les injections IM/ID sont réalisées avec analgésie (opiacés) préalable. Les autres administrations/prélèvements seront réalisés sous anesthésie sauf si la contention génère moins de stress (IV, prélèvement d’urine) ou si l’anesthésie n’est pas possible (administration orale). Pour évaluer spécifiquement l’état de souffrance et établir les points limites, la spécificité des modèles et des procédures est prise en compte. Les expérimentateurs sont formés pour reconnaître ces signes. Les personnes en charge du bien-être et du soin des animaux veillent au respect des points limites. Une sgrille de scoring est mis en place pour statuer sur la mise à mort de l’animal. Au début, le scoring avec pesée est réalisé 3 fois par semaine minimum, puis tous les jours dès que certains animaux présentent des signes cliniques, y compris des pertes de poids (voir procédure). Un gel nutritif ou de l’eau gélifiée et de la nourriture seront placés au fond de toutes les cages dès une perte de poids >5% observée sur certains animaux. Les scores cliniques les plus élevés et l’accumulation de scores intermédiaires constitueront un point limite (voir plus loin). Une perte de poids élevée ou prolongée constituera un point limite. Dans le cas de modèles cachectiques, le point limite de perte de poids sera adapté et de la nourriture enrichie sera apportée dès l’induction. En cas de toxicité sur l’animal, afin de limiter la souffrance des animaux une procédure sous forme d’un arbre décisionnel sera suivi par l’équipe projet. Pour raffiner, il sera toujours proposé d’utiliser des biomarqueurs et de l’imagerie faiblement invasives permettant d’atteindre l’objectif plus tôt et de sortir l’animal de la procédure. De l’enrichissement est utilisé.
Choix des espèces
Les petits rongeurs, outre l’avantage lié à leurs caractéristiques physiologiques, sont les seules espèces animales disponibles pour l’expérimentation présentant un statut immunodéprimé (avec des mutations spontanées ou génétiquement modifiées) indispensable à l’implantation de cellules tumorales humaines dans le cadre de la recherche en oncologie. De plus, diverses souches de souris et rats immunocompétents sont également disponibles pour l’établissement de modèles tumoraux syngéniques. De plus, les rats et les souris autorisent une variété de techniques d’administration, de prélèvement et de chirurgie présentant des analogies avec ce qui peut être réalisé en recherche clinique sur l’homme. Les animaux seront utilisés après sevrage à l’âge de jeunes adultes (7 semaines minimum). Toutefois, il pourrait arriver que les animaux soient reçus à partir de l’âge de 5 semaines, mais les procédures ne débuteront pas avant 7 semaines d’âge.
Etude de l’effet d’expositions aux radiofréquences du téléphone portable sur la neurogenèse par la technique 5- bromo-2’-deoxyuridine
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
574 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Exposés aux radiofréquences de téléphonie dès le stade fœtal, ils reçoivent un marqueur des neurones en formation puis sont tués à des âges précis pour examen des organes. L'objectif est de savoir si ces expositions précoces nuisent à la formation des neurones du cerveau. Le porteur affirme que le rat vivant est la seule approche possible et que les expériences chez l'humain ne sont pas envisageables.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de comprendre si des expositions aux champs électromagnétiques radiofréquences (CEMRF) des télécommunications (comme le téléphone portable) reçues très tôt au cours de la vie (dès le stade du fœtus) sont dangereuses pour la formation des cellules du cerveau (les neurones) des rats nouveau-nés, juvéniles (équivalent enfant chez l’homme) et adolescents. Ce projet consistera à comparer des rats exposés aux CEM-RF avec des rats sans exposition aux CEM-RF.
Bénéfices attendus
Ce projet servira à comprendre si les expositions aux champs électromagnétiques radiofréquences (CEM-RF) des télécommunications (comme le téléphone portable) chez le très jeune bébé (avant la naissance) présentent un risque pour le développement de son cerveau. Pour répondre à cette question, nous réaliserons des expériences en comparant des groupes de rats contenant assez de rats pour conclure, sans dépasser ce nombre.
Procédures
Aucune intervention (de type opération chirurgicale) n’est prévue sur les animaux vivants. Dans la procédure 1, les rats adolescent et adulte recevront un marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau. Pour savoir si les CEM-RF induisent une inflammation, nous comparerons leurs effets avec un cas provoqué d’inflammation chez le rat. Dans la procédure 2, les petits rats à l’âge de 9 jours et de 21 jours recevront un marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau environ 2h00 avant leur mise à mort. Après la fin de l’exposition aux CEM-RF (entre 21 et 70 jours après les naissances), les mères recevront le marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau et leurs petits rats le recevront à environ l’âge de 44 jours (stade de l’adolescence) ou de 60 jours (stade adulte) à la dose retenue dans la mise au point de la procédure 1. Avant sa mise à mort, toute souffrance ou douleur de l’animal sera supprimée par administration d’un médicament induisant une profonde anesthésie au bout de quelques minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances provoquées par les procédures n°1 et 2 sont des douleurs à l'injections des différents produits ainsi que la contention..
Devenir
Tous les rats seront mis à mort à des temps précis de leur croissance pour observer leurs organes et conclure à un risque ou non des CEM-RF pour leur état de santé.
Remplacement
Pour ce qui est du remplacement, le rat vivant (étude in vivo) est la seule approche à pouvoir répondre à la question sur le danger des expositions aux CEM-RF sur la formation des nouveaux neurones durant la croissance du cerveau. Le rat vivant est capable de se développer parce qu’il sait faire des actions complexes comme percevoir l’environnement avec ses sens, adapter (réguler) sa température en fonction de la température ambiante. Ces actions complexes ne sont pas réalisables par des cellules dans une boite de culture ou par les logiciels informatiques : leur réponse serait très loin de la réalité. Les expériences chez l’homme ne sont pas possibles.
Réduction
Au point de vue de la réduction, nous utiliserons le moins d’animaux possible. Chaque animal sera examiné au maximum (sur plusieurs organes). Le cerveau sera coupé et plusieurs observations seront faites sur chaque tranche (le nombre de neurones en train de se former, le nombre de neurones déjà formés, les facteurs de croissance (des signaux chimiques qui circulent et qui permettent le développement du cerveau), …). Nous comparerons les résultats des groupes de rats exposés aux CEM-RF avec les rats qui n’ont pas été exposés (groupe contrôle) en réalisant des tests statistiques adaptés.
Raffinement
Concernant le raffinement, chaque animal sera observé tous les jours et pesé tous les 2 jours. Des feuilles d’observation permettront d’écrire les observations du rat sur son apparence générale (par exemple si le poil est normal ou ébouriffé) et sur son comportement (par exemple si ses déplacements sont normaux ou trop lents). Chez les rates qui attendent des petits, les observations seront encore plus attentives. Nous observerons leur bien-être, leurs petits après la naissance et le nid qu’elle construit pour ses petits. L’état de santé des animaux sera suivi. Nous aurons une liste des observations à réaliser avec des notes (grille de scores). Cette grille permettra de comprendre si l’animal est normal et ne souffre pas ou s’il souffre et comment il faut l’aider pour supprimer sa douleur (par exemple, lui faire une piqûre d’anti-douleur). De plus, des objets (par exemple des brindilles pour faire un nid, des bâtons en bois à ronger et éventuellement des cylindres) seront donnés aux rats dans leurs cages pour rendre leur environnement plus intéressant : pour faire leur nid, ronger, se cacher. Les rates qui attendent des petits seront seules dans leurs cages. Elles seront avec leurs petits après la naissance. Lorsque les rats ne seront plus nourris par le lait de leur mère (sevrage), ils seront mis dans des cages en groupes entre mâles ou entre femelles pour qu’ils ne soient pas seuls. Les rats auront une musique d’ambiance pour les habituer au bruit et diminuer leur stress. Avant leur mise à mort les animaux auront une administration d’un médicament contre la douleur, un sédatif.
Choix des espèces
Le rat est un animal de référence pour les études de toxicologie. Le fonctionnement de son cerveau et de son corps a été très étudié en laboratoire. Il existe beaucoup d’articles et de livres spécialisés sur ce sujet. Le laboratoire possède une grande expérience en recherche scientifique sur les dangers des substances ou des agents physiques. Presque toutes ces recherches ont été effectuées chez le rat. Pour pouvoir comparer nos résultats avec les résultats de ces études sur les effets des CEM sur le cerveau, nous avons choisi la même espèce. De plus, les personnes qui travaillent à l’animalerie savent très bien s’occuper des rats et les observer. Aucune intervention (de type opération chirurgicale) n’est prévue sur les animaux vivants. Dans la procédure 1, les rats adolescent et adulte recevront un marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau. Pour savoir si les CEM-RF induisent une inflammation, nous comparerons leurs effets avec un cas provoqué d’inflammation chez le rat. Dans la procédure 2, les petits rats à l’âge de 9 jours et de 21 jours recevront un marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau. Après la fin de l’exposition aux CEM-RF (entre 21 et 70 jours après les naissances), les mères recevront le marqueur des neurones en train de se former dans le cerveau et leurs petits rats le recevront à environ l’âge de 44 jours (stade de l’adolescence) ou de 60 jours (stade adulte) à la dose retenue dans la mise au point de la procédure 1. Ainsi, nous identifierons le stade de développement le plus sensible aux expositions aux CEM-RF, et les effets à court et à long terme, transitoires ou permanents, sur la neurogenèse tout au long de la maturation cérébrale.
Analyse de l’impact d’une déficience en CD45 sur la réponse des lymphocytes T CD8 alloréactifs dans un modèle de greffe de peau chez le rat
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
24 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Certains sont tués comme donneurs de peau, les autres reçoivent une greffe cutanée sous anesthésie puis portent un pansement pendant sept jours qui réduit leur mobilité. Tous sont tués pour des prélèvements de tissus. Le projet étudie l'effet d'une déficience en CD45 sur le rejet de greffe, le porteur affirmant qu'aucune expérience in vitro ne rend compte des mécanismes immunitaires en jeu.
Objectifs
La transplantation représente un moyen thérapeutique efficace pour palier au dysfonctionnement de certains organes. Cependant, en l'absence de traitement du receveur, le greffon est rejeté par le système iimunitaire de l'hôte. Aujourd'hui le rejet de greffe est contrôlé par l'utilisation d'immunosuppresseurs pharmacologiques. Cependant, ces drogues ont des effets secondaires importants et ne sont pas toujours suffisantes pour prévenir le rejet. C'est pourquoi il est nécessaire de trouver des traitements alternatifs à ces immunosuppresseurs. Notre équipe a montré que l'utilisation d'un anticorps ciblant et déplétant la molécule CD45 normalement exprimée à la surface de sous populations de lymphocytes T, permettait d'induire une tolérance d'une greffe cardiaque chez le rat. L'objectif de ce projet est d'analyser plus profondément le rôle intrinsèque de la molécule CD45RC dans la fonction de ces sous-populations de lymphocytes T, dans le contexte de greffe de peau chez le rat. Pour cela, nous avons à disposition un modèle de rat déficient pour la molécule CD45RC qui a été généré par la plateforme Transgenèse rat du CR2TI.
Bénéfices attendus
Prolongation de la survie du greffon chez les rats déficients pour la molécule CD45RC
Procédures
- Prélevement de greffons sur animaux donneurs euthanasiés - Greffe de peau sur animaux receveurs anesthésiés (1/animal) - Retrait des pansements au bout de 7 jours sur animaux receveurs anesthésiés - Suivi du bien etre de l'animal et du greffon quotidiennement - Injection dose analgésique en post-opératoire - Prélevements post-mortem sur animaux receveurs euthanasiés
Impact sur les animaux
Douleur et stress engendré par la chirurgie. Mobilite réduite lié à la pause d'un pansement pendant 7jours.
Devenir
Euthanasie des animaux à la fin de l'expérimentation pour effectuer des prélevements de tissus post-mortem.
Remplacement
A ce jour, aucune expérience in vitro ou modélisation informatique ne permet de rendre compte de l'ensemble des mecanismes immunitaires qui rentrent en jeu dans un modèle complexe comme le modèle de greffe de peau. La nature de cette étude ne permet donc pas de s’affranchir de l’utilisation d’animaux et il n'ya pas d'alternatives non animales à la greffe de peau
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe est réduit au nombre nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Concernant les donneurs de peau, 1 animal est suffisant pour greffer 5 receveurs. Nous estimons que 5 receveurs par groupe est le nombre minimal requis pour obtenir des résultats significatifs. L'approche statistique adoptée est la suivante : Deux expériences indépendantes seront menées comprenant 5 animaux receveurs par groupe. En cas de résultats significatifs, de nouvelles expériences pourront être menées pour confirmer les premieres observations (3 au maximum). Dans le cas contraire, le protocole sera arrêté.
Raffinement
Les animaux sont surveillés quotidiennement pour observer leur comportement général (mobilité, prise alimentaire, toilettage, posture, pilo-érection) suite à la chirurgie et pour surveiller le maintien du pansement avant son retrait à J7. Si un signe clinique sévère est observé (amaigrissement important, prostration, posture voutée), l’animal sera sacrifié pour des raisons éthiques. Pour réduire la douleur et la souffrance animale liées à la chirurgie, les animaux reçoivent au moment de la greffe de la kétamine, nécessaire à l'anesthésie des animaux et qui présente une action analgésique. De même une dose de buprénorphine (0.05mg/kg) pourra être administrée en post-opératoire (injection sous-cutanée) pour soulager la douleur. Afin de réduire le stress, différents types d'enrichissement (briquettes de bois, tunnel en carton) sont placés dans les cages et les rats seront à 2-3 par cage pour éviter leur isolement.
Choix des espèces
Le modèle rat a été choisi car nous disposons de cette lignée de rats déficients pour la molécule CD45RC. Les rats utilisés auront entre 12 et 16 semaines. Les animaux donneurs ne doivent pas etre trop jeunes pour disposer d'assez de greffons à partir d'un meme animal. Les animaux receveurs seront utilisés dans une tranche d'age relativement proche de celles des animaux donneurs.
Évaluation de l’effet d’un hydrogel fonctionnalisé avec un ion ayant des propriétés antibactérienne et ostéogénique dans un modèle de défaut critique de calvaria chez le rat.
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
246 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils subissent une chirurgie créant un défaut osseux dans le crâne, avec deux défauts par animal, pour y implanter un biomatériau. Ils sont ensuite tués pour prélever la voûte crânienne et évaluer la repousse osseuse. Le projet teste un hydrogel destiné à traiter la péri-implantite dentaire, le porteur affirmant qu'il n'existe pas de solution de remplacement pour l'étude du tissu osseux.
Objectifs
La pose d’implants dentaires est un traitement courant en dentisterie et se répand de plus en plus parmi les praticiens au fil des années. Cependant, en raison de l’exposition permanente aux agents infectieux, la péri-implantite touche aujourd’hui 20% des patients implantés. Si elle n’est pas traitée, elle peut conduire à la perte totale de l’implant et des complications systémiques. La péri-implantite se définit par la formation d’un biofilm bactérien à la surface de l’implant qui entraine une forte inflammation des tissus environnants conduisant à une perte osseuse massive. Les traitements utilisés aujourd’hui par les praticiens (antibiotiques à larges spectres, désinfection de l’implant) ne montrent pas d’efficacité à long terme et peuvent engendrer une résistance bactérienne. Pour pallier à l’utilisation des antibiotiques, un intérêt grandissant est porté aux agents antibactériens inorganiques tels que les nanoparticules, ions métalliques ou polyphénols. Ainsi, l’objectif de notre projet est de développer un matériau innovant en combinant deux hydrogels aux propriétés distinctes. Dans un premier temps, un mélange d’hydrogel, de granules de céramique biphasées (BCP) et de nanoparticules d’hydroxyapatite dopées avec un cation pourra adhérer à l’implant et présentera des propriétés antibactériennes, ostéoconductrices et pro-régénératives. Dans un second temps, une membrane composée d’un mélange d’hydrogel et de chitosan présentant une dégradation lente, sera positionnée afin d’empêcher la croissance des tissus épithéliaux autour de l’implant. L’hydrogel et la membrane ont déjà été étudiés au laboratoire. L’hydrogel a été montré comme cytocompatible in vitro et biocompatible in vivo dans un modèle d’injection en sous-cutané chez la souris. La membrane a quant à elle été montrée comme biocompatible et agissant comme une barrière à l’invasion des cellules du tissu gingival dans un modèle ex-vivo d’explants de cellules gingivales humaines dans le cadre de la parodontite. Cette étude in vivo sera menée chez le rat en deux contextes : une procédure en site orthotopique (implantation des composites dans des défauts osseux de calvaria) afin de juger l’effet du composite sur la repousse osseuse et une seconde procédure en site orthotopique (implantation des membranes dans des défauts osseux de calvaria) afin de juger l’effet de la membrane sur la croissance des tissus épithéliaux autour de l’implant.
Bénéfices attendus
Cette étude nous permettra de valider in vivo l’effet ostéogénique d’un composite d’HA-Si + BCP + cation dans le cadre de la péri-implantite. Cette étude pourrait participer à l’élaboration d’un nouveau traitement de la péri-implantite qui serait utilisable en une seule fois, pratique pour les cliniciens et efficace au long court, en terme de régénération osseuse et effet antibactérien. Ce traitement permettrait donc aux patients de retrouver une bonne qualité de vie d’éviter l’apparition de complications systémiques de la péri-implantite.
Procédures
Les animaux seront soumis à l’implantation d’un biomatériau chargé en cation au niveau d’un défaut osseux critique de calvaria de rats réalisé au préalable (temps opératoire max : 20 minutes). Cette procédure chirurgicale sera réalisée sous anesthésie générale et une analgésie adaptée sera appliquée. Aucun prélèvement sur animaux vigiles ne sera réalisé.
Impact sur les animaux
Un des modèles les plus pertinents utilisés pour étudier la régénération osseuse est le défaut critique (5mm) de calvaria chez le rongeur. Par conséquent, ce modèle d’étude sur le rat consanguin Lewis a été étudié depuis plusieurs années, validé et publié. Les effets indésirables attendus peuvent être une difficulté de récupération de l’animal suite à l’anesthésie (stress, perte de poids, comportement anormal), l’apparition de douleurs au site d’implantation, une gêne fonctionnelle due à une réaction inflammatoire ou une mauvaise cicatrisation.
Devenir
En fin d’expérimentation, tous les animaux seront euthanasiés grâce au dispositif d’euthanasie qui respecte respecter une phase d’endormissement suivie de l’euthanasie (durée totale 8 minutes), permettant ainsi une phase progressive d’endormissement sans douleur pour les animaux. Les calvarias seront ensuite prélevés et préparées pour réaliser des analyses au laboratoire qui permettront l’évaluation la repousse osseuse.
Remplacement
L’utilisation de rongeurs reste nécessaire afin de valider les propriétés des biomatériaux fonctionnalisés en termes de biocompatibilité et d’ostéoconduction. Il n’existe malheureusement pas de solution de remplacement complet ou par des invertébrés en raison de l’étude menée sur le tissu osseux. Des études in vitro de cytocompatibilité des composites et d’étude de leur effet ostéogénique ont été réalisées et ont permis le choix de deux formulations, qu’il est maintenant nécessaire de tester in vivo sur le petit animal.
Réduction
Dans le but de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés, le biomatériau utilisé a été sélectionné en amont et déjà testé pour sa biocompatibilité et sa capacité d’ostéoconduction in vitro. et in vivo. Pour les deux procédures réalisées en site orthotopique, les défauts osseux seront réalisés sur chaque os pariétal qui compose la calvaria de rats, soit 2 défauts par animaux, réduisant de fait le nombre d’animaux tout en préservant la puissance statistique. Par ailleurs l’étude de la bibliographie nous a permis de déterminer le nombre d’implants nécessaires à l’obtention de résultats significatifs afin de constituer des groupes avec un nombre d’animaux nécessaires et suffisants à l’obtention de résultats significatifs et à la valorisation des résultats de cette étude. Pour la phase d’analyse, les tests statistiques utilisés dépendront de la distribution des données.
Raffinement
Afin de raffiner la méthodologie, les procédures de manipulation et de surveillance régulière sont élaborées avec l’objectif d’éliminer toute forme de souffrance animale. Chaque étape de l’étude tiendra compte du bien-être de l’animal, de son arrivée dans l’animalerie spécialisée à son sacrifice en fin d’étude. - Pour la chirurgie, une anesthésie générale et l’admission d’analgésiques sont prévus. -Aucune souffrance (ou très faible) n'est attendue lors des manipulations prévues. Une grille de score, des points critiques et un arbre décisionnel adaptés sont mis en place et les animaux seront observés tous les jours par les opérateurs et équipe d’animaliers. En cas d’apparition de symptômes, et si persistance malgré le traitement antalgique adapté, l’animal sera sorti de l’expérimentation et mis à mort dans les plus brefs délais.
Choix des espèces
Le modèle de défaut osseux critique de calvaria chez le rongeur est couramment utilisé dans la littérature pour l’étude de la régénération osseuse et est parfaitement validé. Les animaux inclus dans cette étude seront des rats mâles âgées de 12 semaines au début de la procédure. Ceci permet d’avoir des animaux matures sans pathologies associées au vieillissement tout en limitant les biais liés à la croissance osseuse physiologique.
Effet de la manipulation de l’activité Locus coeruleus sur la progression de la migraine
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
688 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ils subissent deux craniotomies pour injecter un virus et implanter une canule, puis des injections de molécules inflammatoires sur les méninges qui reproduisent une douleur de type migraineux pendant environ deux heures, et des stimulations mécaniques par filaments. Ils sont isolés deux semaines pour éviter l'arrachage des canules, puis tués pour prélever le cerveau. Le projet étudie le rôle d'une région du tronc cérébral dans la migraine, le porteur affirmant qu'aucune méthode alternative ne peut remplacer ce protocole.
Objectifs
L’objectif du projet est d’étudier le rôle des neurones qui libèrent la noradrénaline, situés dans une région du tronc cérébral appelé Locus Coeruleus (LC) dans la migraine. En effet, des études antérieures utilisant un modèle animal de migraine, ont montré que l’activité des neurones du LC est importante dans l’intégration des messages douloureux issus des méninges (seule région intracranienne qui est sensible à la douleur). Dans ce projet, pour aller plus loin dans l’étude du rôle de ces neurones, nous allons les activer ou les inhiber directement et spécifiquement afin d’étudier le retentissement de ces activations/inhibitions sur l’intégration d’un message douloureux venant des méninges. Pour réaliser ce projet, nous utiliserons un modèle animal mimant l'inflammation qui semble avoir lieu au niveau des méninges pendant les crises de migraine et qui provoque la douleur ressentie. En effet l’hypothèse actuelle est que cette douleur est la conséquence d’une inflammation provoquée par des molécules (histamine, bradykinine, sérotonine, prostaglandines…) libérées par les fibres nerveuses au niveau des méninges.
Bénéfices attendus
A moyen terme, ce projet nous permettra de mieux comprendre le rôle du LC dans la physiopathologie des migraines. L’origine des migraines est encore inconnue. Ainsi identifier les acteurs ainsi que leurs rôles dans cette pathologie nous permettra de mieux comprendre cette pathologie. A plus long terme, mieux comprendre la pathologie peut nous aider à développer de nouveaux traitements qui pourraient mieux soulager les patients.
Procédures
Les animaux seront soumis à 2 interventions chirurgicales qui consistent en une craniotomie : la première pour pouvoir injecter les molécules permettant l’activation/inhibition des neurones) ; la deuxième pour pouvoir implanter une canule pour appliquer à la surface des méninges une inflammation, mimant ce qui se passe pendant les crises de migraines. Les chirurgies sont réalisées chez les animaux anesthésiés. Chaque chirurgie dure environ 30 à 45 min. Injection des molécules sur les méninges afin de mimer les crises de migraine: 4 injections tous les 2 ou 3 jours ; l'injection se fait sous anesthésie brève et dure moins de 2 min ; réveil des animaux en 5 min. Mesure de la sensibilité cutanée: tous les jours pendant 7 jours ; cette mesure se fait par l'application de filaments fins sur la peau de l'animal toutes les 15 min pendant 4 h après l'injection des molécules sur la dure-mère (chaque application dure quelques secondes).
Impact sur les animaux
Nous réalisons des procédures chirurgicales (injections de virus dans le LC et implantation de la canule). La douleur est prise en charge en post-opératoire. Nous utilisons un modèle de migraine qui provoque une douleur modérée de l’animal. Cette douleur est ressentie pendant 2 h après l’injection, mais n’empêche pas les mouvements de l’animal. Par ailleurs, les stimulations mécaniques avec les filaments de Von Frey induisent un retrait de la face signe d’une douleur modérée. L’animal peut échapper à cette stimulation puisqu’il n’est pas en contention. Cette stimulation dure moins d’une seconde. Un autre effet indésirable est l’obligation de séparer les animaux (un par cage) après la chirurgie pour la mise en place de la canule. En effet, si les animaux restent ensemble, ils arrachent les canules. Ils sont donc seuls dans une cage pendant 2 semaines.
Devenir
Les 3 procédures sont 3 expériences différentes ne permettant pas de réutiliser les animaux. A la fin de ces procédures, les animaux sont mis à mort. En effet, le comportement se termine par des études immunohistochimiques qui nécessitent de prélever le cerveau, l’électrophysiologie se fait chez des animaux anesthésiés, sans réveil par la suite. Le rotarod ne permet la réutilisation des animaux puisque les molécules permettant l’activation/inhibition des neurones ont été injectées.
Remplacement
Aucune méthode alternative ne permet de remplacer ce protocole. En effet il est nécessaire de réaliser ces études in vivo, car l’intégration de la douleur implique de nombreuses régions du système nerveux central et périphérique simultanément.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au maximum. Le nombre d'animaux est défini à partir de notre expérience et des tests statistiques donnant le nombre nécessaire pour la discrimination des effets. Ainsi dans chaque lot, nous aurons 20 animaux (10 mâles et 10 femelles). Ce nombre tient compte des échecs qui peuvent être rencontrés lors d'une chirurgie (mauvais placement de la pipette d’injection de virus, taux d’infection faible, animal mort à cause de la chirurgie de préparation/neurone non trouvé, site d'injection mal placé, problème de migration du virus, canule bouchée). D’après les données du laboratoire, nous avons environ 20 % de rats qui doivent être écartés de l'étude. Par ailleurs pour rendre compte des mécanismes sans doute différents chez l'homme et la femme (hormones différentes), nous avons besoin de réaliser l'étude à la fois chez les mâles et les femelles. Enfin pour améliorer le confort des animaux et donc prévenir la perte d'animaux, les animaux (rats adultes de la souche Long Evans) sont placés dans des cages enrichies (rouleaux permettant de se cacher) ce qui permet de réduire le stress des animaux tout le temps précédant la mise en place de la canule. Pendant six jours, ils seront acclimatés à l’animalerie. Par ailleurs la chirurgie est réalisée par une personne expérimentée.
Raffinement
Les nuisances identifiées sur le bien-être des animaux sont : la douleur engendrée par les chirurgies, la douleur engendrée dans le cadre du modèle, et la séparation des animaux après la mise en place de la canule sur les méninges. Afin de réduire la douleur de la chirurgie, un traitement antalgique pendant 3 jours. Pour éviter le dessèchement de la cornée pendant la chirurgie, la cornée est protégée par de la vaseline pendant toute cette étape. Concernant la douleur générée par l’application des filaments de Von Frey, nous respectons les recommandations de l'International Association for the Study of Pain (IASP). Nous limitons les stimulations en durée et en intensité au minimum et l’animal a la possibilité d’échapper à la stimulation puisqu’il est libre de ses mouvements. Pour améliorer le bien-être des animaux après la chirurgie, les cages sont enrichies à l'aide de rouleaux permettant aux animaux de se cacher avant la chirurgie. Après l’implantation de la canule, les animaux seront seuls dans une cage pour éviter de s’arracher les canules. Les rouleaux seront remplacés (risque d’arracher la canule) par des feuilles de sopalin blanc pour permettre aux animaux de faire un nid.
Choix des espèces
La souche Long Evans utilisée dans ce projet est génétiquement modifiée : le gène Cre a été introduit immédiatement avant la séquence du gène de la protéine tyrosine hydroxylase (TH, rats Long Evans TH-Cre hétérozygotes). Cela permettra d’activer cette enzyme ce qui entrainera la synthèse de noradrénaline dans les neurones du LC. Cette souche est couramment utilisée pour ce type des études. Les animaux seront âgés de 6-8 semaines pour les mâles et 12-13 semaines pour les femelles afin d’avoir le meilleur poids pour la chirurgie stéréotaxique d’injection de virus.
Approche translationnelle de l’étude du rôle des ganglions de la base dans l’anorexie mentale : modélisation préclinique de la stimulation cérébrale profonde dans l’anorexie mentale
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
1 536 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Ils subissent l'implantation chirurgicale d'électrodes cérébrales et, pour la moitié, une restriction d'accès à la nourriture qui provoque une perte de 20 à 25 % du poids en une à deux semaines, au-delà de laquelle le porteur indique que l'animal meurt en quelques jours. Ils sont isolés après chirurgie et tués en fin de protocole pour vérifier la position des électrodes. Le projet teste la stimulation cérébrale profonde comme modèle d'anorexie mentale, le porteur la jugeant "indispensable" et urgente pour les patients déjà implantés.
Objectifs
L’anorexie mentale (AM) est une maladie sévère affectant principalement les femmes jeunes et pour laquelle aucun traitement biologique, en dehors des soins nutritionnels, n’a pu démontrer son efficacité. Plusieurs protocoles dans le monde proposent l’implantation d’électrodes dans les Noyaux Accumbens (NAcc), alors même que peu d’études précliniques testent ces techniques pour mieux en comprendre les déterminants et les limites. L’AM associe troubles de la motivation et comportements compulsifs. Le substrat neurobiologique de ces différents processus implique le système cortico-striatal qui est composé de différents territoires corticaux moteur ou préfrontal (i.e. cortex cingulaire antérieur, le cortex préfrontal ventromédial et le cortex orbitofrontal) et différents territoires du striatum : dorsal (caudé et putamen) et ventral (NAcc). Le noyau sous-thalamique (NST), une structure des ganglions de la base classiquement associée aux fonctions motrices, est utilisé comme cible chirurgicale dans le traitement de la maladie de Parkinson par la technique de stimulation cérébrale profonde. Des travaux chez le rat ont souligné l’importance de cette région cérébrale dans les fonctions cognitives et motivationnelles et dans les mécanismes de prise de décision et de contrôle des impulsions et compulsions. Ces implications fonctionnelles du NST ont conduit à le proposer comme cible chirurgicale potentielle pour traiter les troubles obsessionnels compulsifs et les addictions. Il est indispensable et urgent de développer des modèles précliniques dans cette indication. D'abord pour tester les effets de la neuromodulation de structures déjà utilisées pour la stimulation cérébrale profonde dans l’AM et, ensuite, pour tester les effets sur d’autres structures associées aux même processus mentaux mais jamais évoqués dans l’AM (NST). Le but de ce projet est de valider un modèle préclinique chez le rat de stimulation cérébrale profonde dans les troubles alimentaires par l’étude de deux cibles : le NAcc et le NST.
Bénéfices attendus
Ce projet permettrait de répondre à de nombreuses questions concernant la stimulation cérébrale profonde pour les patients déjà implantés et les suivants. Quelle est la cible la plus appropriée ? Quel mécanisme explique l’effet thérapeutique observé ? Quels paramètres sont à privilégier et quels sont leurs effets (stimulation continue ou intermittente, haute ou basse fréquence, durées d’impulsion, intensité) ? Il existe un bénéfice translationnel direct et immédiat (même équipe en charge de ce projet préclinique et du projet clinique) de ce protocole. Il faut souligner le caractère urgent sur le plan déontologique de pouvoir apporter des réponses pour les patients déjà implantés.
Procédures
L'ensemble des animaux de ce projet sera soumis une fois à un acte chirurgical , réalisé sous anesthésie générale et analgésie adaptée. L’ensemble des animaux sera soumis à l’implantation d’électrodes de stimulation cérébrale profonde. L’intervention dure environ 90 minutes. Tous les animaux auront deux prélèvements de sang au niveau de la queue après application d’une anesthésiant local (avant et après la procédure comportementale de restriction et d’accès à une roue d’activité). Chaque prélévement dure moins de 15 secondes. La moitié des rats du protocole sera exposée à une période de restriction d’accès à l’alimentation (1h30 par jour d’accès à volonté) d'une durée maximale de 14 jours.
Impact sur les animaux
Il s’agit des conséquences de l'anesthésie, de la chirurgie, de la restriction calorique, de l’isolement et des prélèvements sanguins. Lors de l'induction anesthésique l'injection intrapéritonéale peut entrainer une gène modérée au point d'injection puis sur le site de diffusion du produit anesthésique. Dans les jours suivant l’opération une perte légère de poids et une activité réduite peuvent être constatées. Les animaux peuvent ressentir une gêne due au poids de l’implant fait en ciment dentaire. Rarement, les animaux peuvent présenter un saignement au niveau des cicatrices. Ces nuisances s’estompent en 2-3 jours. Les animaux sont isolés pendant la période de récupération après chirurgie. La restriction calorique par restriction du temps d’accès à la nourriture, indispensable dans ce modèle d’anorexie mentale, entraine une perte de poids de 20-25% en 7 à 14 jours en moyenne. La perte de poids jusque 20% n’entraine la plupart du temps aucune modification de l’état général en dehors d’une augmentation du niveau d’activité physique (constitutif du modèle Activity-Based-Anorexia). Au-delà de 25% de perte de poids il est constaté une altération de l’état général qui conduit en quelques jours à la mort de l’animal. L’isolement est rendu nécessaire par le port du stimulateur sur le haut du crâne, stimulateur qui pourrait être endommagé par les partenaires de cage. Mais aussi afin d’empêcher les phénomènes de coprophagie des fèces du partenaire de cage. Les découvertes récentes sur la place du microbiote sur le métabolisme énergétique et l’effet des transferts de microbiote d’un animal à l’autre rendent nécessaire de contrôler ce paramètre via l’isolement. Le rat étant un animal social l’isolement peut entrainer des comportements répétitifs, une apathie. Cela peut entrainer en situation de perte de poids et des difficultés à réguler la température corporelle venant aggraver la perte de poids. Cette dimension fait cependant partie du modèle ABA. Le prélèvement sanguin à la queue peut être à l’origine d’un hématome sous-cutané du premier tiers de la queue. Le prélèvement est considéré comme indolore, une gêne modérée peut être ressentie lors de la ponction.
Devenir
Afin de permettre de vérifier la localisation exacte de l’électrode implantée et afin de réaliser des mesures de l’activité électrique de certaines populations de neurones (effet de la stimulation) les rats sont mis à mort à la fin du protocole expérimental.
Remplacement
La modélisation comportementale préclinique d’une pathologie comme l’anorexie mentale nécessite l'étude de comportements chez l’animal vigile et libre de ses mouvements et choix. Le rongeur, et plus particulièrement le rat, est donc un modèle de choix, ne pouvant être remplacé pour ce type d’objectif.
Réduction
Les paramètres de stimulation optimaux étant inconnus pour l’anorexie mentale et aucune donnée n’étant disponible chez le rongeur, il est nécessaire de tester sur 4 groupes, 2 cibles (NAcc/STN), 2 conditions de stimulation (ON/OFF), 3 types de fréquence, 3 intensités, 2 largeurs d’impulsion. La mesure de l’effet préventif de la stimulation cérébrale profonde sur le développement du phénotype ABA sera réalisée par l’application d’une restriction alimentaire secondaire pour les rats des groupes contrôles (AL/ALW). Cela permet de réduire le nombre d’animaux nécessaires. S’agissant d’une étude utilisant une chirurgie stéréotaxique, 12 animaux par condition testée sont nécessaires afin d’anticiper les erreurs de placement d’électrodes de stimulation. Le taux d’échec est d’environ 40 % et ne peut être formellement démontré que post-mortem. Soit (12*4*3*2)+(12*4*2)+(12*4*3*3*2)+(12*4*2)= 1344 rattes. Ce à quoi il faut ajouter un groupe de rats mâles pour estimer l’effet du sexe sur les variables mesurées. Le nombre de rat mâle sera minimisé au maximum pour n’être utilisé que dans la combinaison de conditions (STN/NAcc) optimale chez les femelles soit 12*4*2*2*1*1*1 = 192 rats. Soit 1536 animaux maximum sur 5 ans. Plusieurs approches combinées permettront de réduire au cours de l’étude le nombre d’animaux nécessaires. La taille de l’effet de la stimulation cérébrale profonde sur l’activité compulsive en roue en situation de restriction calorique n’étant pas connue à ce jour, les analyses statistiques intermédiaires permettront principalement de réduire le nombre d’animaux finalement nécessaires. L’obtention d’un effet robuste pour une condition expérimentale entrainera l’arrêt du test dans cette condition et l’absence d’effet entrainera l’arrêt pour futilité. Un taux d’échec d’implantation bas entrainera la réduction de la taille du groupe. La limitation matérielle induit des protocoles comportementaux par bloc de 4 animaux par condition et permet de facto les analyses intermédiaires et induisent une réduction optimale du nombre d’animaux. Les groupes contrôles stimulation OFF pourront s’avérer futiles plus ou moins rapidement selon la taille d’effet mesuré. Les groupes contrôles sans roue d’activité et sans restriction pourront aussi s’avérer inutiles en cas de résultat robuste dans une modalité de stimulation. Cette modalité pourra devenir le standard à laquelle sera comparé un autre paramètre.
Raffinement
Les cages sont enrichies grâce à la présence d'objets divers et variés (bâtonnets en bois, rouleau en carton… changés régulièrement afin de diversifier au maximum l'environnement des animaux). Les cages translucides permettent aux rats isolés après chirurgies de se voir. Les animaux bénéficient d'une habituation aux salles d'experimentation avant le début du protocole. Les animaux bénéficient d'une anesthésie générale pour l'ensemble de la chirurgie d'implantation. Lors de la procédure chirurgicale une injection en sous cutanée de 3 mL de NaCl 0,9% est réalisée afin de limiter la déshydratation et améliorer la récupération post chirurgie. La gestion de la douleur pendant et après les procédures douloureuses et les expérimentations est toujours prise en compte par des personnels compétents et sera améliorée si besoin par injection d'analgésiques ou antibiotiques spécifiques. L'état de santé général de tous les animaux de l'étude est suivi quotidiennement, ce qui nous permet de réagir immédiatement et de manière appropriée en cas de besoin. En cas de souffrance (prostration, poils hérissés, absence de toilettage, dos courbé...) l’animal sera isolé et aura accès ad libitum à une nourriture enrichie. Un traitement antalgique pourra être administré si besoin (méloxicam 0,5mg/kg, 0,25ml, sc) ou une injection intrapéritonéale de glucose. Le protocole prévoit un retour à une alimentation ad libitum continue si la perte de poids est supérieure à 25%. Les procédures chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale et analgésie appropriée.
Choix des espèces
Le rat est un modèle animal de choix pour l'étude des comportements compulsifs. Les rats ont été les premiers et sont encore prioritairement utilisés dans la modélisation préclinique de l’anorexie mentale, via l’Activity-Based-Anorexia ou ses variantes. L’étude de comportements en situation cherchant à modéliser un trouble mental requiert que l'animal soit vigile, libre de ses mouvements et que les structures cérébrales clefs soient présentes. L’équipe a une longue expérience des chirurgies dans le NST du rat, ce qui permet un meilleur taux de succès des chirurgies. Cette structure cérébrale étant très petite, la souris rendrait les chirurgies plus difficiles. Afin d’étudier les animaux à un stade proche de l’équivalent de l’adolescence (réduire) tout en limitant les risque de la chirurgie (raffinement) nous réaliserons nos expériences chez de jeunes adultes femelles 6-9 semaines (environ 150-200 g). Une expérience avec des rats mâles est prévue afin d’estimer l’effet du sexe.
Le risque d’obésité associé au retard de croissance intra-utérin est-il lié à la programmation du système endocannabinoïde ?
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
90 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance déclaré léger. Ils subissent un gavage au glucose puis des séries de six prélèvements sanguins à la queue, une injection d'insuline suivie de six autres prélèvements, et un hébergement en cage individuelle que le porteur reconnaît comme un stress chronique chez ces animaux sociaux. À la fin, tous sont tués pour prélever sang, muscles, tissus adipeux, cœur et foie. Le projet vise à relier retard de croissance intra-utérin et obésité adulte via le système endocannabinoïde, le porteur affirmant l'impossibilité d'utiliser un autre modèle, l'étude longitudinale de la gestation à l'âge adulte n'étant selon lui pas réalisable chez l'humain.
Objectifs
L'objectif de ce projet est d'étudier chez des rats nés avec un retard de croissance, si des altérations précoces du système endocannabinoïde peuvent contribuer au développement ultérieur de l'obésité et de la résistance à l'insuline à l'âge adulte.
Bénéfices attendus
De nombreuses études, épidémiologiques, cliniques et expérimentales sur modèles animaux, ont à présent clairement établi que l’environnement nutritionnel pendant les périodes critiques du développement, les périodes fœtale (gestation) et néonatale, peut induire une programmation métabolique ayant des effets à long terme sur la physiologie de l’organisme favorisant la survenue de maladies métaboliques chroniques à l’âge adulte, comme l’obésité, le diabète, l’athérosclérose ou le cancer. Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) est un problème de santé publique qui concerne près de 10% des naissances en France. Le RCIU découle le plus souvent d’altérations de la fonction placentaire réduisant les apports en nutriments au fœtus. Avec la prématurité, le RCIU constitue la première cause de morbi-mortalité néo-natale mais également un facteur de risque de survenue de maladies métaboliques chroniques à l’âge adulte. Cette « programmation métabolique fœtale » affecte le fonctionnement de multiples organes et circuits métaboliques et implique des mécanismes complexes qui ne sont pas complètement compris. Bien que le rôle du système endocannabinoïde dans la régulation de l’homéostasie glucidique et lipidique et du tissu adipeux soit bien connu chez l’adulte, l’impact de la programmation métabolique fœtale, en particulier du RCIU, sur le fonctionnement de ce système n’a, à ce jour, jamais été étudié. Ce projet d’étude est donc particulièrement pertinent et permettrait de définir de nouvelles pistes d’intervention nutritionnelle périnatale pour prévenir les conséquences à long terme d’un RCIU, en ciblant le système endocannabinoïde.
Procédures
Les rats subiront diverses interventions au début, au milieu et/ou à la fin du protocole. Elles auront pour but de 1) mesurer la composition corporelle sur animal vigile via une technique non invasive peu stressante réalisée une fois/animal, 2) mesurer la tolérance au glucose. Les animaux subiront un gavage avec une solution de glucose puis 6 prélèvements de sang de 300μl chacun seront réalisés au niveau de la queue. Ces prises de sang interviendront à T0 (juste avant le gavage) puis 15, 30, 60, 90 et 120 minutes après. Ce test sera réalisé 1 fois/animal, et 3) mesurer la sensibilité à l'insuline. Les animaux subiront une injectionintrapéritonéale d'insuline (dose finale de 0.75mU/g de poids) puis 6 prélèvements de sang de 300μl chacun seront réalisés au niveau de la queue. Ces prises de sang interviendront à T0 (juste avant le gavage) puis 15, 30, 45, 60 et 120 minutes après. Ce test sera réalisé 1 fois/animal.
Impact sur les animaux
Aucun effet indésirable particulier n’est attendu en lien avec les différents régimes et les différentes mesures réalisées. Afin de mesurer précisément leur consommation alimentaire pendant toute la durée du protocole expérimental, les rats seront hébergés en cage individuelle. Cet hébergement individuel affectera le bien-être de ces animaux sociaux en induisant un stress chronique que nous cherchons à réduire en favorisant les contacts acoustiques, olfactifs et optiques avec leurs congénères et en fournissant un enrichissement adapté dans la cage. L’enrichissement de l’environnement sera mis en place avec différents items tels que tunnels en pvc, des maisonnettes en plastique translucide rouge, boule en inox, papier pour se faire un « lit ».
Devenir
A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort afin de pouvoir réaliser les analyses qui permettront de répondre aux objectifs du projet. Ainsi, juste avant la mise à mort des rats, sera prélevé la totalité du sang puis juste après la mise à mort, seront prélevés les muscles les tissus adipeux sous cutané et rétro-abdominal, le coeur, le foie et le muscle gastrocnemien.
Remplacement
Pour ce projet, nous avons décidé d’utiliser des rats sprague-dawley. Nous avons choisi ce modèle en raison de l’impossibilité d’utiliser un autre modèle pour répondre clairement à nos objectifs, à savoir étudier les altérations du système endocannabinoïde induites au cours de la période de gestation par un retard de croissance intra-utérin (RCIU, modèle de prématurité) et une fois adulte. Il est possible d’étudier le système endocannabinoïde via des prélèvements sanguins et des biopsies tissulaires chez l’homme adulte. Cependant, le prélèvement de nombreuses biopsies musculaires et adipeuses chez le nouveau-né prématuré rend cette alternative très difficile à mettre en œuvre. De plus le design longitudinal de cette étude couvrant une période de vie allant de la gestation jusqu’à l’âge adulte n’est pas réalisable chez l’homme. Des modèles cellulaires d’adipocyte ou de muscle squelettique, peuvent être utilisés pour tester des conditions physiopathologiques modifiant le système endocannabinoïde. Cependant, la diversité cellulaire des tissus adipeux et musculaires et leurs interactions sont également très complexes et difficiles à reproduire in vitro. Enfin, il n’existe à ce jour aucun modèle in vitro, ou in silico, permettant de reproduire les échanges placentaires entre la mère et le fétus contrôlant le développement fœtale et la gestation, d’autant plus que les mécanismes et les conditions responsables du RCIU sont encore mal compris.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet est réduit à son minimum sans en compromettre les objectifs. Il a été déterminé par un calcul d’échantillonnage. Le nombre de rats nécessaires à l’étude est calculé pour une différence attendue de 15% des teneurs circulantes en endocannabinoides entre les rat contrôles et les rats nés avec un RCIU. Des études ultérieures réalisées chez des rongeurs adultes ont montré que ce paramètre peut varier entre 10 et 50 % en fonction du degré d'obésité. L’effectif est calculé pour un risque de 1ère espèce alpha de 5% et un risque de 2ème espèce béta de 5%. Ainsi, le nombre de rats nécessaires par groupe est de 8. Toutefois, afin d’anticiper une mortalité éventuelle liée au RCIU, nous avons choisi de débuter l’étude avec des groupes de 10 rats. Le nombre total de rats nécessaires à la réalisation de ce projet est donc de 40 rats males et 40 rats femelles: 10 rats contrôle et 10 rats RCIU au sevrage (pour chaque sexe), 10 rats controles et 10 rats RCIU âgés de 7 mois (pour chaque sexe). Pour obtenir ceux-ci 10 femelles rattes seront utilisées (nombre minimu recommandé par Janvier Labs pour obtenir le nombre de rats nécessaire). soit un total de 90 animaux.
Raffinement
Les conditions d’élevage, d’hébergement, de soin et les méthodes utilisées seront les plus appropriées pour éviter et réduire au maximum toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable que pourraient ressentir les animaux. Les rats seront hébergés individuellement dans des cages T4. Tous les animaux auront un accès illimité à leur régime et à l’eau de boisson. Quotidiennement, l’animalier observera le comportement général de chaque rat, son apparence et contrôlera la présence d’eau et de nourriture. Hebdomadairement, les animaux seront pesés et un contrôle de consommation sera réalisé. L’état général de l’animal sera noté sur le cahier de suivi et l’expérimentateur sera informé de toutes observations anormales. Si un animal présente 3 points limites notables (tels que manque de toilettage, hypoactivité, agressivité, maigreur...) ou 1 point sévère (tels que mutilation, perte de poids supérieure à 20% en quelques jours), il sera pris une décision afin de limiter la douleur à son maximum.
Choix des espèces
Notre projet vise à documenter les altérations précoces du système endocannabinoides induite par le retard de croissance intra-utérin (RCIU) en réponse à un régime hypoprotéique (modèle mimant la prématurité du nouveau né), et leurs conséquences à long terme sur le développement de l'obésité et de l'insulinorésistance une fois adulte. ces mesures seront réalisées au sevrage des rats (j+22 postnatal) et à 7 mois (rats adultes). Ce type d'expérimentation nutritionnelle ne peut pas être menée chez la femme enceinte. Notre étude nécessite le prélèvement de différents tissu et plasma qui sont difficiles à obtenir en particulier chez des nouveaux-né prématurés et requièrent également un suivi jusqu'à l'age adulte qui n'est pas envisagebale chez l'homme. Notre projet vise à documenter les altérations précoces du système endocannabinoides induite par le RCIU et leurs conséquences à long terme sur le développement de l'obésité et de l'insulinorésistance une fois adulte. Aussi, pour répondre à cette problématique, les rats seront utilisés au sevrage (j+22/23 postnatal) ou à l'âge de 7 mois (adulte).
Etudes de toxicité subaigue et sub-chronique
- Tests réglementaires
- Toxicologie et autres tests de sécurité
Rats : 5500
8 500 animaux non-humains vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 3 000 souris et 5 500 rats. Ils reçoivent chaque jour une substance par gavage pendant des périodes allant jusqu'à quatre-vingt-dix jours, avec prélèvements de sang et d'urine, puis sont tués pour analyse des organes. Le projet évalue la toxicité de composés dans le cadre d'études réglementaires. Le porteur indique que les essais in vitro et in silico ne renseignent ni sur les effets à long terme ni sur la gravité, et présente le rat et la souris comme les espèces les plus appropriées.
Objectifs
Ce projet comprend une série d’études permettant d’évaluer la toxicité, et de fournir des informations sur les dangers pour la santé qui peuvent résulter d’une exposition à une substance d’essai par voie orale pendant une période courte ou moyenne. En effet l’exposition à un composé est souvent multiple (doses répétées) et peut produire des effets immédiats ou plus tardifs (par accumulation de la substance d’essai ou par sa biotransformation par exemple). Le projet est utilisé pour fournir des informations sur le potentiel toxique d’un produit lors de son développement. Ces études d’une durée inférieure ou égale à 90 jours permettent de définir les doses qui pourront être utilisées dans des études chroniques sans induire d’effets sévères.
Bénéfices attendus
Les bénéfices et objectifs de ces études sont de déterminer et d’évaluer le potentiel toxique d’un composé pour chercher des effets ou constater l’absence d’effets toxiques, déterminer la concentration sans effet nocif observé, identifier des organes cibles et évaluer les changements biologiques provoqués par l'administration du produit, évaluer la concentration plasmatique du produit et de ses métabolites, et de certains biomarqueurs (tyrosine par exemple), évaluer le profil de bioaccumulation du produit dans certains organes, apporter des informations sur la sélection des doses pour les études ultérieures. Il permet également d'obtenir des informations importantes sur le mode d'action de la molécule. Les études les plus précoces permettent de mettre en évidence le profil toxicologique du produit et de pouvoir arrêter le développement de molécules qui pourraient présenter des alertes importantes et ainsi éviter des études plus longues avec plus d'animaux. Les études de 90 jours sont des études réglementaires demandées par les autorités.
Procédures
Un seul prélèvement d'urine en cage à diurèse pendant un maximum de 16h par étude. Un Gavage journalier tout au long de l'étude à l'aide de sondes souples adaptées à la taille et à l’âge des animaux. Des pPrélèvements sanguins d’un volume réduit sur la première journée (en général 4) et un volume plus important en une seule fois sur la dernière journée. Les volumes des prélèvements sanguins ne dépasseront pas les limites calculées en fonction du volume de sang circulant en laissant respectivement 1, 2 ou 3 semaines de récupération en cas de prélèvements multiples ou 15% en cas de prélèvement unique ) soit un maximum de 1.2ml par semaine pour un rat de 250g ou 100µl pour une souris de 25g.
Impact sur les animaux
Les effets toxiques attendus sur les animaux sont modérés car des études préliminaires de tolérabilité et de choix de doses ont déjà été réalisées. Certains signes de toxicité peuvent néanmoins apparaitre en cours d'études. Afin de les mettre en évidence, les animaux sont observés quotidiennement y compris le week-end et au moins une fois par semaine ils font l'objet d'une observation clinique détaillée, leur poids, consommation alimentaire sont mesurés. Deux types de points limites ont été définis et sont détaillés dans les procédures internes : les signes cliniques nécessitant la surveillance rapprochée des animaux et les signes cliniques sévères ou critères majeurs nécessitant une action immédiate et justifiant à eux seuls l’euthanasie de l’animal (critères d’arrêt). La présence d’un seul de ces critères d’arrêt nécessite de prévenir immédiatement le directeur d’étude et doit conduire à l’euthanasie de l'animal. En cours d’étude, plusieurs échantillons de sang peuvent être prélevés au cours d'une période de 24h pour l’analyse des concentrations de la substance à tester. Les prélèvements peuvent être faits via la veine caudale ou la veine saphène. Ces derniers peuvent induire de petits hématomes, qui disparaissent rapidement. Lors des prises d'urine les animaux sont isolés une nuit. Pour certains prélèvements les rats peuvent être soumis à un jeune de 16h maximum.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort en fin d'étude pour évaluer l’effet de la molécule sur les organes en particulier grâce aux analyses histologiques. Les animaux excédentaires exclus de l'étude après randomisation peuvent être gardés en vie et être replacés ou seront intégrés dans le processus de formation du personnel aux gestes techniques.
Remplacement
De nombreux essais in silico et in vitro sont utilisés pour identifier/confirmer des mécanismes d’action préalablement au recours aux études animales. Mais ils ne peuvent prendre en compte l’intégralité des mécanismes conduisant ou pas à l’apparition d’effets toxiques et ils ne peuvent pas donner d’informations concernant les effets à long terme ni la gravité des effets qui suit l'exposition au produit. De même, pour comprendre le mode d'action d'une toxicité spécifique, un enchaînement d’évènements biologiques au niveau moléculaire et tissulaire doit être identifié et caractérisé.
Réduction
Ces études se font dans le respect des 3Rs avec un nombre restreint d'animaux. L'utilisation du microsampling permet de mesurer sur un nombre restreint d'animaux des taux de biomarqueurs et la concentration plasmatique en matière active. Le nombre d'animaux est justifié par les recommandations des guidelines internationales, ils doivent permettre une analyse statistique suffisante. Les tests statistiques utilisés ont été définis par un statisticien interne ou par un consultant externe spécialisé en analyse statistique et correspondent aux tests classiquement utilisés et acceptés en toxicologie.
Raffinement
Dans ces études, les animaux sont hébergés en groupe (ou individuellement, temporairement ou si nécessaire dans le cas des études inférieure à 90 jours) avec un enrichissement du milieu adapté à leur âge et leur espèce. Les animaux sont alimentés par une nourriture contrôlée et adaptée, les certificats concernant cette nourriture sont archivés par le laboratoire. Les animaux sont observés quotidiennement y compris les week-ends. Ils sont pesés à intervalle régulier pour vérifier leur croissance ou leur bien-être. La consommation de nourriture est également mesurée à intervalle régulier. Toutes ces mesures sont réalisées par des techniciens confirmés qui suivent des périodes de reformation régulière. Des points limites ont été identifiés qui peuvent nécessiter la mise à mort précoce de l’animal qui sera demandée par le directeur d’étude. En cas de problème un vétérinaire est présent sur le site pour assurer un traitement. En cours d’étude si besoin des prélèvements sanguins seront réalisés en fonction des recommandations du NC3R National Centre for the Replacement, Refinement and Reduction of Animals in Research). A la fin de chaque étude, un résumé est réalisé et une évaluation du bien-être animal est réalisée par la structure du bien-être animal et le comité d’éthique.
Choix des espèces
Les études sur les animaux décrites précédemment ont été validées chez le rongeur (mâle et femelle) et font l’objet de lignes directrices internationales. Il y a par conséquent, suffisamment de données pour indiquer que le rat et la souris sont les espèces les plus appropriées pour étudier les aspects abordés dans le projet actuel. Les données générées chez ces espèces peuvent être extrapolées à l’homme. Toutes les études décrites dans ce projet utilisent en général de jeunes adultes conformément aux recommandations pour les études de toxicité réglementaire. Pour les études non réglementaires des animaux jeunes ou adultes de 6 à 13 semaines sont utilisés.
Etude de la comorbidité schizophrénie – troubles de la consommation d’alcool dans le modèle « MAM »
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
1 070 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Exposés dès l'adolescence à l'alcool et à des cannabinoïdes, ils sont soumis à des sessions de consommation d'alcool puis à une craniotomie pour implanter une électrode mesurant la dopamine. Le projet étudie la comorbidité entre schizophrénie et troubles de la consommation d'alcool sur un modèle induit dès la période embryonnaire. Le porteur affirme que ces mécanismes psychiatriques complexes ne sont pas remplaçables par des méthodes in vitro ou in silico.
Objectifs
L'objectif principal de ce projet est d'étudier l'impact d'expositions précoces aux drogues sur les troubles de la consommation d'alcool à l'âge adulte dans un modèle animal de schizophrénie. En effet il existe une prévalence élevée de patients atteints de schizophrénie qui présentent un trouble de la consommation d'alcool. Les consommations d'acool et de cannabis sont fréquentes à l'adolescence aussi bien dans la population générale que chez les sujets qui risquent de présenter la maladie. Nous chercherons donc à étudier le rôle de ces expositions précoces d'alcool et d'agent cannabinoides sur les comportements des animaux modèles de schizophrénie mais également sur la neurotransmission dopaminergique. En effet la dérégulation de ce système de neurotransmission est directement impliquée aussi bien dans les troubles de la conosmmation d'alcool que dans ceux associés à la schizophrénie.
Bénéfices attendus
L'exposition précoce à l'alcool durant l'adolescence est nécessaire pour l'observation à l'âge adulte d'une consommation exagérée d'alcool. Nous n'avons pour le moment aucune information concernant la co-exposition avec des agents cannabinoides, drogues très fréquemment consommée par les adolescents et les jeunes adultes atteints de schizophrénie ou non. Grâce à ces expériences, nous pourrons obtenir des données importantes concernant les mécanismes neurobiologiques qui sous-tendent les troubles de la consommation d'alcool dans un modèle pertinent pour l'étude de la schizophrénie. L'aspect neurobiologique de ce projet aidera la communauté scientifique à mieux comprendre l'impact d'une exposition précoce à des drogues couremment utilisées sur les systèmes dopaminergiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à des sessions de consommation d'alcool volontaire soit dans la cage de stabulation (24 heures 1 jour sur 2 pendant 8 à 15 semaines), soit dans des cages d'auto-administration opérante (sessions de 15 minutes, 5 jours par semaine sur une période de 4-5 mois). A l'âge adulte une partie des animaux seront soumis à une craniotomie (30 à 40 minutes) dont l'objectif est d'implanter une micro-électrode d'enregistrement de la libération de dopamine, neurotransmetteur crucial aussi bien dans les troubles observés dans la schizophrénie que dans les troubles de la consommation de drogues.
Impact sur les animaux
Douleurs post-opératoires de palier 1 l'âge adulte suite à l'implantation des canules par craniotomie. Durée prévue : 2-3 jours
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de cette procédure pour nous permettre de collecter les cerveaux pour des analyses histologiques, biochimiques ou génétiques nécessaires pour finalser le projet.
Remplacement
Les études de mécanismes complexes de maladies psychiatriques comme la schizophrénie ou l'addiction ne sont pour le moment pas remplaçables par des méthodes in vitro ou in sillico. Les mécanismes impliqués sont trop complexes pour pouvoir être simplifiés à ce jour. Le modèle que nous avons choisi fait partie des modèles les plus utilisés et les plus complets avec une validité de ressemblance, une validité de construction et une validité de prédiction très bien décrites dans la littérature.
Réduction
Le nombre d'animaux nécessaire à chacune des expériences a été estimé sur la base d'expériences précédentes utilisant un autre modèle animal de schizophrénie et en prenant en compte la variabilité interindividuelle observée aussi bien dans les modèles animaux que dans les différents paradigmes comportementaux utilisés. Nous utiliserons au maximum les mêmes animaux entre les différentes procédures pour limiter le nombre total d'animaux utilisés dans ce projet. De plus nous réaliserons les expériences aussi bien sur les mâles que sur les femelles pour ne pas avoir à éliminer les animaux surnuméraires mais également, dans le but d'une réduction, ne pas à avoir à refaire tout ce projet ultérieurement uniquement sur les femelles (et donc euthanasier les ratons mâles surnuméraires à ce moment).
Raffinement
Tout au long du projet les animaux seront surveillés quotidiennement et des points limites adaptés à chaque procédure expérimentale ont été établis avec une prise en charge de la douleur et de la souffrance potentielles adaptée à chaque procédure. Les animaux seront stabulés dans des cages enrichies grâce à une buchette en bois et un tunnel en carton.
Choix des espèces
Le modèle MAM est un modèle décrit chez le rat et nous développons ce projet dans le cadre d'une collaboration multicentrique qui a très largement décrit ce modèle en France. Pour poursuivre nos études en commun, nous devons utiliser le même modèle que nos collaborateurs. Le rat est un modèle idéal pour l'étude de la comorbidité troubles de la consommation d'alcool/schizophrénie en particulier en ce qui concerne certaines études comportementales comme l'auto-administration d'alcool qu'il est plus difficile d'observer chez les souris. Les animaux seront utilisés tout au long de leur vie. La mise en place du modèle MAM se déroule au cours de la période embryonnaire et les animaux issus des cette première procédure seront utilisés jusqu'à l'âge adulte. Tous les petits seront soumis à la procédure d'exposition aux drogues pendant la période d'adolescence (entre les jours 28 et 50). Les rats seront conservés jusqu'à l'âge adulte pour évaluer les effets d'une telle pré-exposition précoce sur les comportements et la neurobiologie à l'âge adulte.
Etude des mécanismes neuroprotecteurs sous-tendant la résilience cognitive dans un modèle de maladie d’Alzheimer induite par la streptozotocine chez le rat adulte
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
192 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent une injection de streptozotocine dans les deux ventricules cérébraux sous anesthésie, puis passent une batterie de tests comportementaux évaluant activité motrice, anxiété et mémoire, avant que leur cerveau soit prélevé. Le projet compare deux souches de rats pour étudier la résilience cognitive face à la maladie d'Alzheimer. Le porteur affirme qu'aucun remplacement in vitro ou in silico n'est possible et que la mémoire ne peut s'évaluer que dans un organisme entier.
Objectifs
En vieillissant, il apparait que les patients atteints de la maladie d’Alzheimer et présentant des lésions cérébrales constituées de peptide amyloïde représentent une population très hétérogène. En effet, certains malades souffriront de troubles de la mémoire tandis que d’autres présenteront des performances mnésiques préservées, ce que l’on appelle la résilience cognitive. Une meilleure compréhension des mécanismes cérébraux impliqués dans cette résilience cognitive permettrait d’identifier de nouvelles stratégies d’intérêt pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Notre projet vise donc à étudier, chez l’animal, les mécanismes cérébraux protecteurs impliqués dans la résilience cognitive face à la maladie d’Alzheimer. Notre objectif est de reproduire une situation pathologique mimant cette maladie chez deux souches de rats (Wistar et LOU/c/jall) afin d’étudier les mécanismes cérébraux protecteurs associés à la résilience cognitive. Le modèle de maladie d’Alzheimer choisi consiste en une injection, dans chaque ventricule cérébral, de streptozotocine chez le rat adulte. Ce modèle entraine une augmentation des concentrations en peptide bêta-amyloïde et en protéine tau phosphorylée dans l’hippocampe, deux marqueurs caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. De plus, ce modèle présente une neurodégénérescence associée à l’apparition de déficits cognitifs. Ce modèle permettra d’étudier les mécanismes neuroprotecteurs impliqués dans la résilience cognitive. La maladie d’Alzheimer sera ainsi induite chez les rats de souches Wistar et LOU/c/jall (notées WIS et LOU), dont on suppose qu’elles vont présenter des niveaux de résilience cognitive faible et élevé, respectivement. Par rapport au rat WIS, le rat LOU a déjà été décrit comme présentant un vieillissement réussi et, d’après des études préliminaires, présente des performances de mémoire préservées suite à l’administration intra-cérébrale de peptide amyloïde, mimant de façon très imparfaite la maladie d’Alzheimer. Ces études nous ont amené à proposer le rat LOU comme modèle de résilience cognitive. Notre projet vise à confirmer cette hypothèse en reproduisant, par utilisation du modèle d’injection de streptozotocine, une situation neuronale pathologique plus représentative de la maladie d’Alzheimer. Après caractérisation de la résilience cognitive par une batterie de tests comportementaux, des analyses post-mortem seront réalisées pour identifier les substrats neuronaux protecteurs sous-jacents.
Bénéfices attendus
Grâce à l’utilisation de deux souches de rat dont on suppose qu’elles vont présenter des niveaux de résilience cognitive différents face à une situation mimant la maladie d’Alzheimer, cette étude permettra d’étudier les mécanismes et les processus cérébraux permettant de lutter, sur un plan cognitif, contre la maladie d’Alzheimer. Des études de corrélations entre les performances cognitives, les lésions histopathologiques et certains marqueurs de plasticité synaptique et cérébrale seront réalisées. L’identification des processus cérébraux protecteurs permettra de mettre en lumière de nouvelles stratégies à visée thérapeutique pour lutter contre le déclin cognitif associé à la maladie d’Alzheimer.
Procédures
Tous les rats (n=192) subiront une injection intra-cérébro-ventriculaire bilatérale de streptozotocine ou de liquide céphalo-rachidien artificiel au cours d’une chirurgie cérébrale menée sous analgésie et anesthésie profonde. Les deux injections cérébrales (une par ventricule) seront réalisées au cours d’une seule opération chirurgicale d’une durée de 30 minutes par animal. L’analgésie sera induite par injection sous-cutanée de buprénorphine 30 min avant l’anesthésie (avant l’acte chirurgical), et renouvelée 6 heures après la procédure chirurgicale. Cette dernière injection réalisée sur animaux vigiles requiert une contention de l’animal et durera environ 1 minute par rat. L'anesthésie se fera par une induction à 5% d'isoflurane puis maintien à 2% d'isoflurane en mélange O2/N2O 30%/70%. Après une période de récupération d’un mois, les animaux seront exposés à une batterie de tests comportementaux visant à évaluer l’activité motrice, le comportement de type anxieux et les performances de mémoire des animaux en situation libre. Ces tests dureront 3 semaines. Certains rats recevront également une injection (n=32 rats) ou deux injections (une injection par jour pendant deux jours ; n=32 rats), par voie intrapéritonéale, d’un agent intercalant de l’ADN permettant de marquer les neurones en formation (étude de la prolifération et de la survie neuronale par injection de BrdU). Chaque injection intra-péritonéale, qui nécessite une contention de l’animal, durera environ une minute par rat.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux seront ceux provoqués par l’induction de la maladie d’Alzheimer suite à l’administration intra-cérébro-ventriculaire de streptozotocine. D’après les données préexistantes issues de la littérature, une diminution des intéractions sociales et des performances de mémoire, ainsi qu’une élévation du comportement de type anxieux sont attendues, à l’image des symptômes cognitifs observés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Nous nous attendons à observer ces effets qui représentent justement les altérations comportementales étudiées dans notre projet. D’après la littérature, ce protocole d’injection de streptozotocine ne modifie en revanche pas le poids corporel, ni l’activité motrice et exploratoire spontanée des rats traités.
Devenir
A l’issue de l’unique procédure présentée dans ce projet, tous les animaux seront mis à mort (n=192). Les cerveaux de tous les animaux seront prélevés afin d’étudier les conséquences cérébrales de l’injection de streptozotocine. Ces prélèvements permettront de réaliser des études de corrélation entre le niveau de résilience cognitive des animaux (études comportementales) et leur atteinte cérébrale (études post-mortem).
Remplacement
Ce projet vise à favoriser le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques dans le cadre de pathologies neurologiques telles que la maladie d’Alzheimer. Or la recherche de nouveaux médicaments nécessite (scientifiquement et règlementairement) l’utilisation d’espèces animales. De plus, l’évaluation des performances de mémoire ne peut être réalisée que sur un organisme capable d’effectuer une tâche cognitive. L’objectif final est de pouvoir tester de nouveaux candidat-médicaments dans le nouveau modèle animal développé. Ainsi, aucun remplacement par des modèles in vitro ou "in silico" (modèles mathématiques, bio-informatique) ne peut être réalisé. De plus, l’objectif de notre projet est de caractériser différents niveaux de résilience cognitive suite à l’induction d’une situation mimant la maladie d’Alzheimer. Ceci sera réalisé chez le modèle LOU/c/Jall, connu pour représenter un modèle supposé de résilience cognitive élevée. L’existence d’un tel modèle de vieillissement réussi chez d’autres espèces telles que la souris n’a encore jamais été décrite, justifiant ainsi l’utilisation de cette souche de rat, et de la comparer au rat Wistar, dont le rat LOU/c/Jall dérive génétiquement.
Réduction
Un total de 192 rats est envisagé, soient 96 rats Wistar et 96 rats LOU/c/Jall. D’après l’expertise de l’équipe, des groupes de n=16 sont nécessaires pour assurer la puissance des analyses statistiques tout en raffinant notre nombre d’animaux utilisés. Ces effectifs nous assureront d’obtenir des données statistiquement analysables (Tests ANOVA à un ou deux facteur(s), selon les conditions d’expérimentation réalisées, suivis d’un test post-hoc tel que le test de Tukey ou de Bonferroni). De plus, les études comportementales et cérébrales seront réalisées chez les mêmes animaux pour réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Afin de réduire la douleur, souffrance et angoisse infligées, les animaux seront maintenus dans des conditions d’hébergement optimales et stables : température, cycle de lumière, hygrométrie. Ils seront surveillés quotidiennement par un personnel qualifié et une attention particulière sera apportée à l’apparence physique externe des animaux, aux variations éventuelles de poids ainsi qu’aux changements de comportements. Les injections intra-cérébro-ventriculaires (streptozotocine) et intra-péritonéales (Buprénorphine, BrdU) seront réalisées exclusivement par un personnel qualifié. Afin de diminuer le stress de nos animaux, un protocole de familiarisation des animaux à l’animalerie et à l’expérimentateur sera mis en place dès l’arrivée des animaux au sein de notre animalerie. Afin de réduire la douleur et la détresse de nos animaux, nous avons choisi un point limite précoce et compatible avec les objectifs scientifiques de notre recherche.
Choix des espèces
L’espèce choisie est le rat (Rattus Norvegicus). Le rat est très utilisé en pharmacologie car il présente des caractéristiques biologiques en nombreux points comparables à l’Homme. Son comportement est bien décrit et il est possible d’en mesurer les modifications. Par ailleurs, le modèle de maladie d’Alzheimer que nous souhaitons reproduire est basé sur l’injection de streptozotocine, déjà décrit et mis au point dans la littérature chez le rat Wistar. Enfin, nous souhaitons évaluer l’influence du niveau de réserve cognitive sur la résilience suite à l’induction de la maladie d’Alzheimer. Ceci sera réalisé chez le rat LOU/c/Jall, connu pour présenter un vieillissement réussi et donc représentant un modèle supposé de résilience cognitive élevée. L’existence d’un tel modèle de vieillissement réussi chez d’autres espèces telles que la souris n’a encore jamais été décrite, justifiant ainsi l’utilisation de cette souche de rat, et de la comparer au rat Wistar, dont le rat LOU/c/Jall dérive génétiquement. Sur la base de la littérature, des rats adultes (2 mois d’âge) seront utilisés dans ce projet. C’est en effet à cet âge que le modèle d’injection à la streptozotocine est décrit et connu pour induire des déficits comportementaux chez le rat Wistar.