Souris
Inhibition de la mort cellulaire induite par le déficit en autophagie des cellules de Langerhans
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
60 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Dès leur première semaine de vie elles subissent un tatouage des doigts et un prélèvement de queue, puis une injection intrapéritonéale quotidienne pendant six semaines, susceptible de provoquer une inflammation douloureuse au point d'injection. Le porteur cherche à savoir si un inhibiteur peut empêcher la disparition de cellules immunitaires de la peau privées d'autophagie. Il affirme que ces cellules changent de phénotype hors de leur tissu et qu'un animal adulte vivant est donc nécessaire, avant prélèvement de la peau et des ganglions.
Objectifs
Les cellules dendritiques (DCs) sont les sentinelles du système immunitaire, elles détectent les signaux de leur environnement et migrent jusqu’aux ganglions lymphatiques pour activer les lymphocytes T et déclencher les réponses immunitaires. Chaque organe contient des DCs, les cellules de Langerhans (LCs) étant les seules DCs de l’épiderme, la couche externe de la peau. L’autophagie est un processus de dégradation de composants du cytoplasme (réserves lipidiques, organelles endommagées…) qui permet aux cellules de mieux résister à un stress énergétique ou à une irradiation. Une activité autophagique basale est également indispensable aux cellules à durée de vie longue, capables d’auto-renouvellement. Nous avons obtenu des souris dans lesquelles une déficience en autophagie est restreinte aux LCs. Nous avons analysé la peau et les ganglions lymphatiques de souris déficientes ou non à 2 et 8 semaines. En l’absence d’autophagie, les LCs ne semblent pas affectées à 2 semaines de vie. En revanche, nous avons constaté à 8 semaines une réduction significative et pérenne de leur population, liée à l’induction de ferroptose, un processus de mort cellulaire liée à l’oxydation des réserves lipidiques dans les LCs. A présent, nous souhaitons déterminer s’il est possible de pallier les effets de l’absence d’autophagie par un inhibiteur de la ferroptose et ainsi éviter la disparition des LCs.
Bénéfices attendus
Les cellules de Langerhans (LCs), présentes dans les couches supérieures de la peau, ont un rôle essentiel dans le maintien de son intégrité et de sa fonction barrière, ainsi que dans l’initiation et le contrôle des réponses immunitaires cutanées. L’autophagie confère en outre aux LCs une capacité antivirale, en permettant l’élimination du VIH. La présence de LCs représente donc un moyen de maintenir une immunosurveillance de la peau, par exemple dans le cadre d’une radiothérapie, à laquelle les LCs sont capables de résister. Pour toutes ces raisons, le projet de recherche décrit ici apportera des connaissances nouvelles sur les LCs. Des applications thérapeutiques sont envisageables dans le traitement du cancer et des infections virales, à travers l’utilisation de modulateurs de l’autophagie ou de la ferroptose.
Procédures
Un tatouage des doigts à l’encre et un prélèvement de queue (< 1mm) pour le génotypage sont effectués sur chaque animal dans sa première semaine de vie. Le souriceau vigile sera rendu à sa mère dès la fin du prélèvement pour limiter au maximum le temps de séparation maternelle. Aucun autre prélèvement ne sera effectué. Une injection i.p. sera réalisée chaque jour pendant 6 semaines sur l’animal vigile, en alternant le côté d’injection. Ces manipulations n'exigent pas plus de quelques minutes.
Impact sur les animaux
L’inhibition de la ferroptose in vivo par la ferrostatine-1 aux doses proposées ici et par différentes voies d’administration n’a pas d’effets secondaires décrits dans la littérature, pour des traitements quotidiens d’une durée allant jusqu’à 3 semaines. Une inflammation et/ou une infection potentiellement douloureuses pourraient se développer au niveau des points d’injection intrapéritonéale de ferrostatine-1.
Devenir
Tous les animaux utilisés dans les procédures seront mis à mort. Ceci est nécessaire aux analyses de tissus prévues, réalisées par immunohistochimie ou par cytométrie au niveau de suspensions cellulaires obtenues par digestion enzymatique.
Remplacement
Les expériences nécessitent un animal adulte vivant afin d’observer dans la peau et les ganglions lymphatiques les conséquences de l'absence d'autophagie sur le réseau épidermique de LCs. En outre, les LCs extraites de leur tissu d’origine changent rapidement de phénotype et ne peuvent donc être traitées in vitro.
Réduction
Plusieurs analyses pourront être réalisés simultanément à partir d’un même animal. Nos protocoles expérimentaux sont basés sur les paramètres décrits dans la littérature (ex : quantité des produits à administrer), permettant ainsi de réduire le nombre de variables testées, et donc le nombre de souris utilisées.
Raffinement
Les animaux sont hébergés en groupe sociaux, si possible par fratrie après sevrage, dans un environnement enrichi (tubes en polycarbonate rouge translucides, frisures de carton, barre en bois à ronger, rouleaux de coton). Un relevé des températures est effectué quotidiennement dans les pièces d’élevage. La nourriture, l’eau et l’environnement de la cage sont vérifiés par le personnel compétent. Les animaux adultes sont habitués à la contention ce qui contribue à réduire le stress lié à l’injection par voie intrapéritonéale, réalisée sur animal vigile. Les animaux sont observés tous les jours afin d’évaluer leur bien-être et de détecter tout signe de douleur ou de stress, qui seront quantifiés, le cas échéant, selon le tableau des points limites (Annexe) mis au point d’après les recommandations de la Structure Chargée du Bien-Être Animal. Le score sera défini par l’addition des points attribués en fonction de l’état général de l’animal (perte de poids, comportement, apparence physique, nutrition, locomotion, aspect des fèces) et des dommages éventuels résultant de la procédure expérimentale (état des sites d’injection). Ceci permet de tenir compte d’éventuels effets secondaires directs et indirects du traitement.
Choix des espèces
Le système immunitaire et les modèles inflammatoires de la souris sont proches des pathologies humaines que nous souhaitons étudier. Outre une littérature abondante sur ces modèles, nous disposons de nombreux outils d'analyse et l'expérience requise pour le suivi des réponses immunitaires chez la souris, nous permettant de limiter le nombre d'animaux utilisés. Nous avons choisi de traiter les animaux dès l’âge de 2 semaines car nos expériences préliminaires ont montré que la densité du réseau épidermique de cellules de Langerhans déficientes en autophagie diminue lentement à partir de cet âge, la différence avec les animaux contrôles devenant significative à partir de 6 à 8 semaines.
Chirurgie du système urinaire chez les rongeurs de laboratoire pour une utilisation à des fins scientifiques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système urogénital
Rats : 875
1 250 souris et rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, la majorité expédiée vers des laboratoires clients et les autres tués. Chaque animal subit sous anesthésie une ablation du rein, partielle ou étendue aux cinq sixièmes, ou une ligature de l'uretère, pour produire une insuffisance rénale ou une hypertension. Le porteur présente cette activité comme une prestation de service, les animaux étant opérés puis expédiés à des tiers pour leurs propres études, sans aucune analyse statistique du nombre utilisé. Il affirme qu'aucune méthode de substitution n'est réalisable puisque l'objet même du projet est de livrer des modèles animaux déjà préparés.
Objectifs
Les rongeurs sont les animaux les plus utilisés dans la recherche expérimentale étant un modèle présentant des caractéristiques proches de l'humain et une grande définition et stabilité génétique, ce qui en fait un modèle de choix pour les pathologies humaines. Ils représentent les modèles animaux de choix dans les domaines tels que les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et métaboliques, l'immunologie, l'oncologie, etc. Ce projet a pour but de fournir des rongeurs avec une insuffisance rénale et/ou une hypertension pour nos clients en vue de leur utilisation dans leurs études expérimentales. Plusieurs sessions sont réalisées chaque année pour nos clients sur nos animaux (rats, souris),(environ : 250/an).
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont la mise au point de nouveaux médicaments présentant un minimum d'effets secondaires dans la pathologie humaine qui est ciblée par la/les substance(s) active(s) testée(s). Ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes chez l'animal pour pouvoir passer ultérieurement aux premières administrations chez l'homme, étape indispensable dans le processus de développement et de mise sur le marché de nouvelles molécules.
Procédures
Chaque animal subira sous anesthésie, une néphrectomie (unilatérale ou 5/6 ème) ou une ligature de l'uretère pour une durée maximum de 30 minutes.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou les effets indérisables attendus sur les animaux sont la douleur pendant la chirurgie, celle en post-opératoire, également l'insuffisance rénale et l'hypertension.
Devenir
La majorité des animaux seront expédiés dans des laboratoires de recherche, pour une utilisation dans leurs projets de recherche. Les animaux aptes au transport après évaluation clinique seront expédiés, les autres seront mis à mort (pas de possibilité de continuer le projet ou d’être réutilisé).
Remplacement
Pour l’étude d’une pathologie, l’utilisation d’animaux permet de comprendre le fonctionnement d’un organisme. L'utilisation d'animaux est donc rendue nécessaire car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les réactions du corps vivant entier (ensemble complexe). Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament. Des méthodes alternatives (ex: in vitro) ne sont pas réalisables, l'objectif du projet étant de fournir des modèles animaux préparés utilisés dans des études expérimentales
Réduction
Nous réalisons ce protocole avec nos partenaires avec qui nous échangeons sur le nombre minimal et suffisant d’animaux utilisés. Aucune approche statistique ne sera réalisée.
Raffinement
Une surveillance des animaux est faite quotidiennement pour déceler tout signe clinique anormal et atteinte des points limites tout au long du projet. L’observation est basée sur l’utilisation d’une grille d’évaluation spécifique au modèle. Les chirurgies seront réalisées par un personnel formé et expérimenté avec un protocole anesthésique et analgésique adapté et un suivi post-opératoire de l’état de santé des animaux avec des soins et un enrichissement adapté afin de permettre une bonne récupération des animaux.
Choix des espèces
Les rongeurs sont des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées pour évaluer les effets bénéfiques d'un produit candidat médicament car les rongeurs ont un système nerveux développé et d'autres systèmes métaboliques proches de celui de l'Homme. Leur génétique est parfaitement connue ce qui permet d'avoir des résultats reproductibles permettant d'élaborer des conclusions fiables. Le choix de l'espèce au sein de l'ordre des rongeurs est conditionné par les besoins de nos partenaires suivant les éléments cibles de l'organisme. Le projet commencera avec des animaux à partir de l’âge de 4 semaines (âge minimum). L'âge exact est déterminé par la demande de notre partenaire en fonction de son axe de recherche. Le choix du stade de développement des animaux est donc justifié dans sa demande de projet.
Utilisation d’un modèle murin pour mieux comprendre le rôle d’un effecteur précoce de la réponse immunitaire et ses conséquences sur l’inflammation de la peau
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système immunitaire
80 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une partie reçoit une injection intraveineuse de cellules tumorales, une autre développe en vieillissant des plaques cutanées inflammatoires qui s'étendent si l'animal n'est pas tué, avant prélèvement d'organes. Le porteur indique étudier le rôle d'une protéine, E-Syt2, dans la surveillance immunitaire des tumeurs et l'inflammation de la peau. Il affirme qu'aucun modèle cellulaire humain ne convient car les cellules concernées changent de comportement hors de leur tissu, et justifie ainsi le recours à la souris.
Objectifs
Nous avons récemment montré que la protéine E-Syt2 joue un rôle important au niveau du système immunitaire en permettant l’activation d’un facteur clé de l’inflammation. En particulier, son rôle se situe au niveau de la reconnaissance par les cellules de l’immunité de lipides. Ces lipides, lorsqu’ils sont exprimés par des cellules cancéreuses donnent lieu à leur reconnaissance et à leur destruction par un processus appelé « immunosurveillance tumorale » ayant pour but de détruire les cellules cancéreuses circulantes. Le but de ce projet est donc de déterminer si les souris déficientes pour E-Syt2 peuvent se défendre contre la présence de cellules tumorales. Si le processus d’immunosurveillance tumorale est altéré, ces souris ne pourront plus détecter les cellules cancéreuses qui se multiplieront et donneront des métastases. Par ailleurs, les souris invalidées pour E-Syt2 possèdent un phénotype dommageable au niveau de la peau lorsqu’elles vieillissent (3-6 mois) qui pourrait être du à un défaut d’activation des cellules de l’immunité reconnaissant les lipides (cette fois ci au niveau de la peau). Nous aimerions étudier le mécanisme responsable de cette anomalie.
Bénéfices attendus
Globalement, ce projet nous aidera à mieux comprendre les mécanismes immunitaires responsables de l’immunosurveillance antitumorale et de quantifier la sévérité de l’inflammation de la peau et de proposer des nouvelles thérapeutiques basées sur les connaissances acquises.
Procédures
Injection intraveineuse de cellules issues de lignées tumorales par voie intracaudale . L’injection durera environ 30 secondes par souris.
Impact sur les animaux
Apparition d’un phénotype dommageable au niveau de la peau après 3 à 6 mois. Les lésions seront des plaques inflammatoires au niveau du dos des souris qui ne régresseront pas mais au contraire s’étendrait si la souris n’était pas rapidement mise à mort .
Devenir
Les animaux ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés car ils seront mis à mort pour prélèvement d’organes.
Remplacement
Après avoir mis en évidence le fait que certains types cellulaires sont augmentés dans les souris invalidées pour la protéine que nous étudions, nous avons besoin de réaliser des tests in vivo dans notre modèle murin qui reproduit certains aspects de la pathologie humaine. Ce modèle est disponible dans notre laboratoire. Dans ce projet, il n’est pas possible d’avoir recours à un modèle cellulaire humain car nous avons besoin d’étudier les conséquences de l’absence de notre protéine d’intérêt (E-Syt2) in vivo chez la souris en étudiant l’influence des interaction cellulaires entre cellule présentatrice de lipide et cellules de l’immunité, en mesurant la productions cellulaire de médiateurs de l’inflammation (cytokines), et en analysant le phénotype des souris, c’est-à-dire les conséquences visibles de l’absence d’E-Syt2 sur la souris. 1- pour mesurer l’activation des cellules d’intérêt et leur production de cytokines in vivo et notamment, dans un organe, le thymus. 2- Pour mesurer l’activation des cellules d’intérêt par des cellules présentatrices naturelles, les macrophages péritonéaux 3- Pour quantifier la nature des lipides exprimés in vivo à la surface de ces macrophages 4- Pour effectuer des expériences in vivo permettant d’appréhender le rôle d’E-Syt2 dans le devenir de cellules tumorales. Pour étudier le rôle d’Esyt2 dans l’apparition d’un phénotype dommageable au niveau de la peau que nous avons observé chez les souris KO vieillissantes
Réduction
Il s’agit de terminer un projet pour lequel nous avons déjà accumulé beaucoup de résultats. 80 souris seront utilisées. Pour le calcul de puissance des analyses statistiques envisagées, nous avons supposé un effet cage de 15%. Les effectifs proposés devraient permettre d’obtenir des résultats significatifs pour des tailles d’effet supérieur à 0.58 (effets forts à très forts contre 0.44 sans effet cage devraient être suffisant. 2 types de cellules tumorales seront inoculées (expérience), 4 âges ou temps post-inoculation seront utilsiés (« groupe »), 2 cages par groupe (« répétitions ») et 5 souris par cage soit 2x4x2x5= 80.Les souris seront des 2 sexes sans discrimination.
Raffinement
Les prélèvements seront réalisés sur des souris recevant une dose létale d’anesthésique (pour les prélèvements de macrophages péritonéaux) ou euthanasiés par dislocation cervicale pour éviter tout l’inconfort, douleur ou détresse occasionnée par le prélèvement d’organes. A la fin de l’experience, la dislocation cervicale sera réalisée aussi sur le souris qui ont reçu une dose lethale d’anesthesie. Pour les expériences nécessitant l’injection de cellules tumorales, les souris seront surveillées de façon journalière, mises à mort aux dates indiquées sur le schéma ou avant si les points limites précoces (diminution de la prise de nourriture, déshydratation, diminution de la locomotion, respiration laborieuse) que nous avons établi sont atteints. Les souris injectées seront placées dans des cages à part dans l’animalerie d’expérimentation sans aucune restriction. Les souris susceptibles de présenter un phénotype dommageable seront examinées toutes les semaines et euthanasiées dès l’apparition du phénotype dommageable qui se manifeste par des lésions psoriasiformes au niveau de la peau très inflammatoires.
Choix des espèces
Les modèles animaux doivent, de manière idéale, refléter tout ou la majorité des caractéristiques de la maladie observée chez l’homme. Dans ce contexte, les souris de laboratoire partagent des nombreuses propriétés avec celles des êtres humains. Plusieurs études utilisant des souris ont déjà permis une nette avancée des connaissances dans le cancer et dans la physiopathologie des maladies inflammatoires cutanées. Les résultats issus de ce projet nous permettront d’obtenir des nouvelles pistes sur les mécanismes humains impliqués dans la sévérité de maladies comme le psoriasis et de proposer des nouvelles approches thérapeutiques. Tous les animaux utilisés seront adultes (3-6 mois) pour les animaux destinés aux biopsies cutanées étant donné que le phénotype cutané se manifeste très tardivement et 6 semaines pour les animaux qui seront mis à mort pour obtenir leur thymus (le thymus involue avec l’âge) ou leurs macrophages péritonéaux. Les souris destinées à l’injection de cellules tumorales auront 6 semaines au moment de l’injection.
Caractérisation des cellules sénescentes dans une pathologie de destruction des alvéoles pulmonaires
- Recherche appliquée
- Troubles respiratoires
- Recherche fondamentale
- Système respiratoire
40 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une instillation d'élastase dans la trachée par une incision au cou pour provoquer un emphysème, des injections répétées de tamoxifène pouvant causer une péritonite, puis leurs poumons sont prélevés 21 ou 90 jours plus tard. Le porteur affirme qu'aucune méthode sans animal ne permet d'isoler les cellules pulmonaires vieillissantes en cause et justifie ainsi le recours à la souris. Les retombées annoncées pour les patients atteints de BPCO, une éventuelle médecine réparatrice des alvéoles, restent renvoyées au conditionnel et au long terme, l'objectif immédiat étant de caractériser ces cellules.
Objectifs
La Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO) peut entraîner des complications chez l'homme comme la perte progressive des alvéoles pulmonaires. Dans les poumons des patients atteints par cette maladie, les cellules vieillissantes exprimant le gène p16 sont augmentées et empêchent la réparation des alvéoles. Nos données préliminaires montrent que la délétion de p16 ou l’élimination des cellules vieillissantes corrige les lésions alvéolaires chez la souris. Notre hypothèse est que les cellules vieillissantes bloquent la régénération alvéolaire et expliquent le manque de réparation dans cette maladie. Ainsi, l’objectif du projet est d’étudier le devenir et les propriétés non régénératives des cellules épithéliales vieillissantes dans la perte d'alvéoles liée à la BPCO. La connaissance des propriétés non-régénératives des cellules épithéliales vieillissantes nous permettra de confirmer l’effet délétère de ces cellules sur la réparation des tissus. Si notre hypothèse est validée, nous pourrons ensuite envisager l’utilisation de sénolytiques, molécules permettant d’éliminer les cellules sénescentes, et ainsi restaurer les alvéoles pulmonaires dans l’emphysème pulmonaire chez l’homme. Pour cette étude, nous utiliserons des souris ayant des cellules vieillisantes exprimant le gène p16 fluorescentes, permettant de les isoler et les caractériser au niveau épithélial par différentes analyses.
Bénéfices attendus
Nous anticipons l'identification : i) de(s) mécanisme(s) de l'effet délétère des cellules épithéliales vieillissantes dans la perte alvéolaire, ii) une ou plusieurs sous-populations épithéliales aux capacités régénératives modulées par les cellules p16 vieillissantes. Ces cellules régénératrices seront considérées comme cruciales dans la régénération alvéolaire et leur signature génétique sera analysée. La caractérisation des cellules délétères et des cellules régénératives permettera l'identification de biomarqueurs (caracteristiques biologiques mesurables) d'un processus de régénération réussi ou non. Ce processus serait la dernière étape avant d'envisager le lancement d'un essai clinique pour tester un médicament régénératif identifié avec la plus grande chance de succès. Au total, nous espérons que ces avancées élargiront le champ de la médecine réparatrice aux patients atteints de ces maladies caractérisées jusqu'à présent par une perte terminale et irréversible des alvéoles conduisant à un handicap respiratoire majeur.
Procédures
Instillation intra-trachéale (dans la trachée) sous anesthésie générale, injection intra-péritonéale (dans le péritoine) sur animal vigile et prélevement des poumons sous anesthésie générale, sans réveil.
Impact sur les animaux
Pour activer l'expression de la protéine fluorescente dans notre modèle, il est nécessaire de faire une injection par jour pendant 3 jours de Tamoxifen en injection intra-péritonéale. Cette procédure cause une douleur de courte durée au moment de l'injection. Dans de rare cas, les injections peuvent causer des péritonites chez les animaux. Nous utiliserons sur ces mêmes souris le modèle d’emphysème induit par l’élastase qui consiste en une instillation intratrachéale unique d’élastase. L’élastase est instillée à l’aide d’une aiguille directement dans la trachée. Cela nécessite une petite incision au niveau de l’avant du cou que nous refermons avec du fil de suture. La plaie au site d’injection pourrait s’infecter. Les souris seront mises à mort à 21 et 90 jours après l’instillation.
Devenir
Les animaux seront mis à mort pour prélever et étudier leurs poumons.
Remplacement
La variabilité des caractéristiques des patients comme leur âge, leur consommation de tabac, ou encore l’implication d’autres maladies rend plus complexe l’interprétation des résultats en provenance de l’Homme. Le modèle de souris emphysèmateuse ayant des cellules p16Pos fluorescentes permettra d’étudier directement les cellules responsables de la non régénération qui sera uniquement lié à l’emphysème pulmonaire. Les modèles animaux nous permettent de mieux définir les organes et types cellulaires touchés et nous précisent donc les cibles moléculaires intéressantes pour des thérapeutiques éventuelles.
Réduction
Le nombre d’animaux prévu pour ce projet est limité à 40, correspondant au minimum pour obtenir des résultats pour une expérience pilote. Pour l’ensemble des manipulations animales un total de 40 souris seront utilisées. Les animaux seront répartis de cette manière : - Caractériser les cellules épithéliales vieillissantes dans les poumons des souris emphysémateuses : 4 souris instillées à l’élastase vs 4 souris instillées au PBS (contrôle) à 21 jours de l’instillation. 4 souris instillées à l’élastase vs 4 souris instillées au PBS (contrôle) à 90 jours de l’instillation. Malgrés le nombre de cellules limités que nous pouvons analyser (limite de cette technique), nous utiliserons 4 souris par condition pour lisser la différence inter-individu. - Tester les propriétés des cellules souches en formant des organoides alvéolaires avec des cellules p16Pos vs p16Neg : 6 souris instillées à l’élastase vs 6 souris instillées au PBS (contrôle) à 21 jours de l’instillation. 6 souris instillées à l’élastase vs 6 souris instillées au PBS (contrôle) à 90 jours de l’instillation. Nous avons besoin d’une quantité suffisante de cellules pour faire au moins 6 puis d’organoïdes (correspondant à 6 souris) par condition pour obtenir un résultat significatif. Le choix du nombre d'animaux pour ce projet a été déterminé par rapport aux précédentes expérimentations effectuées sur des souris utilisées dans le cadre d'un autre projet.
Raffinement
Les animaux seront particulièrement suivis par le personnel qualifié de l'animalerie, avec une attention particulière sur l’aspect des animaux traités. Il y aura un présence quotidienne des zootechniciens et une surveillance accrue de notre part durant les 24h suivant l’instillation d’élastase. Les souris sont hébergées en groupe de 4 par cage. Les souris seront hébergées dans des portoirs ventilés avec un environnement enrichi. Les souris auront à leur disposition de la boisson et de la nourriture, des huttes en carton, des balles de coton, des feuilles de papier pour jouer et des baguettes de bois à ronger. En cas de mal être, les points limites suivants constituront des critères d'arrêt et conduiront à la mises à mort des souris : blessure, infection, masque facial ou signes de douleur.
Choix des espèces
La souris est un animal très utilisé dans la recherche translationnelle et son développement pulmonaire et cérébral est proche de celui de l'homme. Les possibilités d’analyse avec des anticorps sont importantes chez la souris et la mise au point de modèles génétiquement modifiés est bien développée chez la souris. Le modèle d’emphysème induit par l’élastase permet par une unique injection d’obtenir un emphysème important chez la souris. De plus, ce modèle est très utilisé dans la littérature pour étudier l’emphysème plutôt que, par exemple, le modèle d’exposition à la fumée de cigarette qui implique une exposition longue et pénible pour des animaux : 2h par jour pendant 6 mois pour obtenir un emphysème léger. Les animaux seront utilisé à l’âge 2 mois, correspondant à la fin du développement total de l’appareil respiratoire chez la souris.
Influence des odeurs sur le réseau de neurones hypothalamiques impliqué dans le contrôle de la prise alimentaire chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
180 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une chirurgie du cerveau de 45 minutes, jusqu'à six passages en chambre de mesure respiratoire et un test de tolérance au glucose de deux heures, avec un régime hypercalorique de huit semaines. Le porteur qualifie l'exposition aux odeurs d'"inoffensive" et affirme que la prise de poids ne cause pas de souffrance. L'étude, menée sur des souris transgéniques, cherche comment les odeurs modulent des neurones du contrôle de la faim, les pistes contre l'obésité restant hypothétiques.
Objectifs
Dans ce projet nous nous intéressons à la régulation de la prise alimentaire. Cette régulation implique notamment un réseau de neurones situé dans le noyau arqué de l’hypothalamus. Les expériences porteront sur 2 populations de neurones ayant un rôle clé dans le contrôle de la prise alimentaire. Il s’agit d’une part, des neurones POMC ayant pour action supposée de limiter la prise alimentaire et d’autre part, des neurones AgRP stimulant la prise alimentaire. De précédentes études réalisées sur des souris ont révélé la capacité de ces neurones à répondre non seulement lorsque le cerveau détecte la présence de nutriments en quantités mais également à des signaux sensoriels issus notamment de la nourriture. Ainsi les neurones POMC et AgRP peuvent être modulés par l’odeur de nourriture avant même qu’un aliment ne soit ingéré. Le présent projet propose de caractériser les mécanismes à l’origine de cette modulation des neurones du noyau arqué par les odeurs de nourriture chez la souris. Différentes odeurs présentes dans des nourritures palatables seront utilisées pour tester leur effet sur la physiologie des neurones POMC et AgRP.
Bénéfices attendus
Les expériences proposées permettront une meilleure compréhension des mécanismes neurobiologiques de la régulation de la prise alimentaire. Dans le contexte de l’augmentation forte du nombre de personnes en surpoids ou obèses dans le monde, ces résultats pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pour le contrôle de la prise alimentaire s’appuyant sur l’utilisation d’odeurs modulatrices des circuits neuronaux régulant la prise alimentaire.
Procédures
Les animaux seront soumis à une chirurgie stéréotaxique d'une durée d'environ 45 minutes. Toutes les précautions seront prises pour éviter une douleur de l'animal. Ils seront ensuite testés 6 fois maximum en chambre pléthysmographique (animal libre de ses mouvements) pour une durée d'environ 15min par session. Les animaux seront testés pour leur tolérance au glucose (effets métaboliques potentiels des régimes alimentaires administrés) une seule fois à la fin des expérimentations pour une durée de 2h.
Impact sur les animaux
Les odeurs utilisées proviennent d’aliments ou d’arômes alimentaires et seront utilisées à des doses faibles (les doses nécessaires à leur détection par les souris) et sur des durées inférieures à 2h. Cette exposition est donc inoffensive pour les animaux. Le régime hypercalorique entrainera une prise de poids qui sera mesurée une fois par semaine. Durant les 8 semaines d’administration du régime hypercalorique, la prise de poids sera limitée et ne causera pas de souffrance à l’animal. Les perfusions intracardiaques seront réalisées sur animal en cours d’euthanasie à la suite de l’administration d’un antalgique 30min avant.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des expérimentations pour vérifier la bonne implantation des fibres optiques. Si un animal atteint les points limites avant la fin de la procédure, il sera euthanasié.
Remplacement
L’objectif général du projet vise à comprendre les mécanismes à l’origine de la modulation de la prise alimentaire par les odeurs. Dans ce contexte de recherche, le recours à des modèles animaux pertinents et adaptés à l’étude des neurones impliqués dans le contrôle de la prise alimentaire reste donc une nécessité expérimentale pour fairre avancer notre compréhension de ces processus modulateurs. Une recherche d’alternatives et d’autres méthodes dans des bases de données démontre par ailleurs que les solutions de rechange appropriées à ces procédures ne sont pas disponibles ou applicables.
Réduction
Plusieurs éléments permettent de répondre au principe de réduction tout en évitant de compromettre l’obtention de résultats interprétables : i) les tests statistiques envisagés, ii) la variabilité couramment observée permettant d’avoir au maximum n=15, iii) la réalisation de plusieurs tests différents sur le même animal.
Raffinement
En accord avec la structure chargée du bien-être animal au sein du laboratoire, nous avons défini les meilleures conditions d'hébergement possibles ainsi que les points limites précoces. Dans ce projet, nous avons 5 à 10 souris par cage, présence de différents enrichissements (batonnet de bois, dôme en carton et bandelettes de papier pour former un nid), surveillance quotidienne et soins apportés rapidement si nécessaire. Nous appliquons les méthodes recommandées pour l’analgésie, l’anesthésie et l’euthanasie. Le nombre d'animaux utilisé est calculé afin d'avoir des tests statistiques robustes n'obligeant pas à répéter l'expérience.
Choix des espèces
Le projet proposé porte sur l’étude de populations particulières de neurones hypothalamiques ayant un rôle clé dans le contrôle de la prise alimentaire. Les expérimentations seront réalisées sur des souris transgéniques nous permettant de cibler ces populations neuronales afin d’en comprendre le fonctionnement. La souris est le seul modèle animal permettant les modifications transgéniques nécessaires à la transformation ou à la visualisation de la population neuronale étudiée dans ce projet. D’autre part, la souris est un animal à l’odorat très développé qui utilise les odeurs dans son comportement alimentaire. Enfin, sa physiologie générale est suffisamment proche de celle de l’être humain pour que les informations obtenues servent les explorations thérapeutiques chez l’humain. Les procédures expérimentales débuteront à l’âge de 5 semaines (mise sous régime modifié). Les mesures neurophysiologiques seront réalisées chez l'adulte au cours de la 13ème semaine de vie.
Surrénalectomie chez les rongeurs de laboratoire pour une utilisation à des fins scientifiques
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système cardiaque
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
- Système immunitaire
- Système urogénital
Rats : 600
2 000 souris et rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, la majorité expédiés vivants vers d'autres laboratoires et les autres tués. Chaque animal subit sous anesthésie une ablation des glandes surrénales de 30 minutes, puis son eau de boisson est remplacée par du sérum physiologique pour compenser la chute de sodium. Le porteur indique une douleur chirurgicale et post-opératoire, une hyponatrémie et une déshydratation. Ce projet prépare à la demande des rongeurs sans glandes surrénales, décrits comme "préparés en vue de leur utilisation", pour d'autres projets de recherche.
Objectifs
Les rongeurs sont les animaux les plus utilisés dans la recherche expérimentale étant un modèle présentant des caractéristiques proches de l'humain et une grande définition et stabilité génétique, ce qui en fait un modèle de choix pour les pathologies humaines. Ils représentent les modèles animaux de choix dans les domaines tels que les maladies cardiovasculaires, neurodégénératives et métaboliques, l'immunologie, l'oncologie, etc. Ce projet a pour but d'avoir des rongeurs préparés en vue de leur utilisation dans leurs études expérimentales. Plusieurs sessions sont réalisées chaque année sur rats et souris (environs 400/an).
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont la mise au point de nouveaux médicaments présentant un minimum d'effets secondaires dans la pathologie humaine qui est ciblée par la/les substance(s) active(s) testée(s). Ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes chez l'animal pour pouvoir passer ultérieurement aux premières administrations chez l'homme, étape indispensable dans le processus de développement et de mise sur le marché de nouvelles molécules. Le bénéfice est aussi de ne pas avoir l’influence hormonale (hormones de stress, hormones minéralocorticoides, glucocorticoides et androgènes) intervenant dans la régulation du métabolisme, de la pression artérielle ...
Procédures
Chaque animal subira sous anesthésie, une ablation des glandes surrénales, pour une durée maximale de 30 minutes. Après la chirurgie et durant toute la vie de l'animal, l'eau de boisson sera intégralement remplacée par du liquide physiologique 0.9 % pour compenser l'hyponatrémie.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou les effets indérisables attendus sur les animaux sont la douleur pendant la chirurgie, celle en post-opératoire, également l'hyponatrémie (baisse de sodium dans l'organisme) et la deshydratation.
Devenir
La majorité des animaux seront expédiés dans des laboratoires de recherche, pour une utilisation dans leurs projets de recherche. Les animaux aptes au transport après évaluation clinique seront expédiés, les autres seront mis à mort (pas de possibilité de continuer le projet ou d’être réutilisé).
Remplacement
Pour l’étude d’une pathologie, l’utilisation d’animaux permet de comprendre le fonctionnement d’un organisme. L'utilisation d'animaux est donc rendue nécessaire car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour évaluer les réactions du corps vivant entier (ensemble complexe). Or, avant toute administration à l’homme, l’animal constitue un passage obligatoire pour l’évaluation de l’efficacité, la toxicité et la pharmacocinétique d’un candidat médicament. Des méthodes alternatives (ex: in vitro) ne sont pas réalisables, l'objectif du projet étant de fournir des modèles animaux préparés utilisés dans des études expérimentales
Réduction
Nous réalisons ce protocole avec nos partenaires avec qui nous échangeons sur le nombre minimal et suffisant d’animaux utilisés. Aucune approche statistique ne sera réalisée.
Raffinement
Une surveillance des animaux est faite quotidiennement pour déceler tout signe clinique anormal et atteinte des points limites tout au long du projet. L’observation est basée sur l’utilisation d’une grille d’évaluation spécifique au modèle. Les chirurgies seront réalisées par un personnel formé et expérimenté avec un protocole anesthésique et analgésique adapté et un suivi post-opératoire de l’état de santé des animaux avec des soins adaptés et l'eau de boisson intégralement remplacée par du liquide physiologique 0.9 % pour compenser l'hyponatrémie, afin de permettre une bonne récupération des animaux.
Choix des espèces
Les rongeurs sont des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées pour évaluer les effets bénéfiques d'un produit candidat médicament car les rongeurs ont un système nerveux développé et d'autres systèmes métaboliques proches de celui de l'Homme. Leur génétique est parfaitement connue ce qui permet d'avoir des résultats reproductibles permettant d'élaborer des conclusions fiables. Le choix de l'espèce au sein de l'ordre des rongeurs est conditionné par les besoins de nos partenaires suivant les éléments cibles de l'organisme. Le projet commencera avec des animaux à partir de l’âge de 4 semaines (âge minimum). L'âge exact est déterminé par la demande de notre partenaire en fonction de son axe de recherche. Le choix du stade de développement des animaux est donc justifié dans sa demande de projet.
Lymphocytes T CD8 et immunité anti-tuberculeuse: comprendre quelles sous-populations lymphocytaires protègent contre la tuberculose
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système respiratoire
3 600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont infectées par la bactérie de la tuberculose par voie nasale sous anesthésie, et reçoivent vaccins, cellules ou molécules par injections parfois répétées jusqu'à quatre fois. Le porteur indique une pathologie pulmonaire inflammatoire comme principale atteinte, et précise que le cumul des interventions, chacune jugée modérée, conduit à déclarer l'ensemble sévère. L'objectif est d'identifier les sous-populations de lymphocytes qui protègent contre la tuberculose, les animaux infectés étant tués car ils ne peuvent quitter la zone de biosécurité ni être réutilisés.
Objectifs
La tuberculose reste l'une des pathologies les plus mortelles avec près de 2 millions de décès par an. Il existe de nombreuses difficultés pour la diagnostiquer, suivre de façon fiable l'évolution des patients mais aussi et surtout la prévenir par la vaccination ou la traiter par des molécules thérapeutiques. Si l'importance du système immunitaire n'est plus à démontrer dans cette pathologie, la compréhension que nous en avons est encore limitée et n'offre pas les outils pour répondre aux problématiques évoquées plus haut. Exploitant la proximité entre les mécanismes associés à la protection chez l'Homme et la souris, le projet a pour but d'approfondir nos connaissances sur les cellules de l'immunité que sont les lymphocytes T afin d'apporter des éléments de réponses à ces problématiques. Très concrètement, l'objectif du projet est de comprendre quelles sous-populations de lymphocytes T sont associées à une protection dans le cas de l'infection par l'agent de la tuberculose Mycobacterium tuberculosis. Il visera à caractériser ces populations sur le plan phénotypique (les molécules qui les caractérisent), de leur localisation dans les poumons (notamment vis-à-vis des cellules infectées par la bactérie) et également sur le plan de leur propriétés fonctionnelles (les molécules anti-bactériennes qu'elles produisent). Le projet ambitionne également de comprendre si l'on peut favoriser la génération et/ou la persistence de ces sous-populations par des stratégies d'intervention vaccinales ou l'administration de molécules modulant la génération ou la détection de dommages pulmonaires préjudiciables à ces lymphocytes (regroupées sous le terme de thérapies ciblant l'hôte).
Bénéfices attendus
Il est attendu du projet un gain de connaissances fondamentales concernant l'identité des sous-populations lymphocytaires T les plus à même de protéger de l'infection. Ces résultats pourront à terme fournir des informations sur des tests à réaliser chez les patients afin de comprendre si leur évolution est favorable ou pas en fonction de l'évolution chez eux de la présence des cellules associées à la protection. Par ailleurs, les résultats obtenus sur les stratégies vaccinales proposées et sur l'efficacité des molécules administrées pour moduler la génération ou la détection des dommages pulmonaires offrira des possibilités translationnelles qui pourront être exploitées dans d'autres projets. Ceci est d'autant plus vrai que la majorité des molécules testées est déjà utilisée en thérapeutique humaine.
Procédures
Les procédures prévues incluent l'induction de la tuberculose chez les souris par administration de la bactérie responsable ainsi que l'administration de vaccins ou de molécules pharmacologiques visant à diminuer l'impact de la pathologie. Chacune de ces interventions peut être classée comme modérée mais l'effet cumulatif dans les procédures nous conduit à déclarer ces dernières sévères. Seront administrées les bactéries responsables de tuberculose (Mycobacterium tuberculosis, Mtb) ou vaccinales (BCG), des cellules immunitaire de type lymphocytes, des molécules permettant soit de détecter les cellules immunitaires, soit d'éliminer des cellules immunitaires soit de moduler la réponse immunitaire. S'agissant des bactéries Mycobacterium tuberculosis et BCG, chacune ne sera administré qu'une fois par voie intranasale (Mycobacterium tuberculosis ou BCG) ou sous-cutanée ou intraveineuse (BCG seulement) et systématiquement sous anesthésie. S'agissant des cellules, elles seront réinjectées une seule fois soit par voie intranasale soit par voie intraveineuse sous anesthésie appropriée. Les molécules administrées seront soit des anticorps ou des molécules pharmacologiques. Certaines seront administrées pendant 10 jours dans l’eau de boisson des souris ou par injection intrapéritonéale sans anesthésie, intranasale ou intraveineuse (sous anesthésie appropriée dans les 2 cas). Il y aura au maximum 3 injections sur une période de 10 jours. Selon les procédures, les animaux recevront au minimum une administration de bactéries et une injection intraveineuse d'anticorps en 3 semaines et au maximum 2 administrations de bactéries (BCG puis Mycobacterium tuberculosis) et jusqu'à 4 injections intraveineuses et/ou intranasale d'anticorps et de molécules pharmacologiques sur une période de 4 à 8 semaines.
Impact sur les animaux
Les principales nuisances causées aux animaux résideront dans l'induction d'une pathologie pulmonaire liée à la réponse inflammatoire induite par l'infection par la bactérie Mtb. Une autre nuisance à un niveau moindre provient de l'administration intraveineuse ou intranasale de bactéries (BCG ou Mtb), cellules (lymphocytes protecteurs) et/ou molécules pharmacologiques et anticorps, parfois répétées (jusqu'à 4 fois).
Devenir
A l'issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort de façon éthique pour 3 raisons. Tout d'abord, étant infectés par un pathogène pour l'homme, ces animaux ne peuvent pas quitter la zootechnie de sécurité biologique ni être réemployés dans de nouvelles procédures. Par ailleurs, si nos procédures prévoient un terme à un temps plutôt précoce après infection et une pathologie peu développée et non mortelle (quelques semaines), le maintien des animaux à des temps longs (plusieurs mois) conduirait à une mort liée à la perte de fonction pulmonaire étant donné que les souris ne peuvent éliminer mais seulement contrôler plus ou moins efficacement le bacille tuberculeux. Enfin, pour notre projet nous devons analyser la totalité des cellules présentes dans les poumons.
Remplacement
Etant donné que les populations de lymphocytes d’intérêt sont assez rares, qu’elles sont pour certaines accessibles seulement dans les poumons et qu’il n'existe aucun modèle cellulaire ni de possibilité de culture ex vivo, nous devons utiliser un système intégré dans lequel la circulation sanguine, la présence de ganglions lymphatiques et les poumons sont nécessaires (ce qui exclue les modèles multicellulaires du type "organoide"). Dans un soucis de Remplacement, nous incorporerons néanmoins chaque fois que cela sera possible des étapes dans des modèles alternatifs. Notamment, une fois établie la diversité des sous-populations lymphocytaires déclenchées par l'infection, nous rechercherons leur caractère protecteur. Cela sera réalisé en exposant des macrophages infectés par la bactérie à ces populations dans des tests cellulaires in vitro. Seules les sous-populations protectrices in vitro seront par la suite testées in vivo en les administrant à des souris infectées.
Réduction
Afin de s’inscrire dans la logique de réduction, nous avons intégré 4 étapes dans notre raisonnement. Tout d’abord, certaines expériences réalisées font suite à des étapes de validation dans des modèles cellulaires : ainsi les expériences proposées sont réalisées au stade où les méthodes de remplacement de l’expérimentation animale ont été exploitées et s’avèrent suffisamment prometteuses pour utiliser le modèle intégré murin. Ensuite, certaines étapes de nos projets pourront en effet être suivies de décisions de poursuite ou d’arrêt de l’étude en fonction des promesses offertes par les résultats. De plus, nous avons développé des approches expérimentales permettant d’analyser sur un même lot d’animaux, des paramètres qui étaient avant mesurés sur des lots d’animaux séparés (exemple : préparation d’ARN, cytométrie de flux et charges bactériennes peuvent maintenant être réalisées sur le même échantillon). Finalement, l’expérience des années précédentes nous a fourni des indications sur la taille minimale des lots d’animaux à respecter pour obtenir en première intention des résultats statistiquement significatifs.
Raffinement
Il existe 3 grandes catégories de sources de douleurs et/ou de stress dans nos procédures. La première est l'induction d'une pathologie pulmonaire par administration de la bactérie M.tb. Dans ce cas, notre façon de gérer la douleur se situe à 4 niveaux: la dose, faible; la souche bactérienne, peu virulente; la durée de suivi, très inférieure à la durée léthale chez la souris immunocompétente; le suivi quotidien. La deuxième cause de douleur/stress réside dans le mode d'administration des bactéries, molécules pharmacologiques ou cellules. Nous privilégions les modes d'administration peu on non traumatisants ou douloureux (eau de boisson ou injection intrapéritonéale chaque fois que cela est possible. Dans les autres cas, ces injections seront accompagnées des mesures appropriées (anesthésie/analgésie dans le cas d'administration intranasale ou intraveineuse ou sous-cutanée). La troisème source potentielle de stress/douleur fait référence aux suites de l'administration de vaccins (induisant une réaction inflammatoire) ou de molécules pharmacologiques ou des cellules. Dans la cas des vaccins, nous serons attentifs aux plaies éventuelles sur le site d'injection et à l'état général de l'animal dans les jours suivant l'injection. Pour les molécules pharmacologiques, les substances administrées sont attendues pour avoir des effets bénéfiques sur la pathologie. Toutefois, même si nous injecterons des molécules déjà utilisées chez la souris sans conséquences dommageables et pour lesquelles les doses pharmacologiques sont bien connues, nous exerçerons une surveillance quotidienne. Toutes les souris seront maintenues dans une zootechnie de sécurité biologique. Elles sont logées selon les normes éthiques en vigueur et bénéficient d'un enrichissement pendant la stabulation. Une surveillance quotidienne des animaux et une inspection de leur apparence (posture, pelage) sont effectuées tout au long de l'expérience par des membres du personnel formés. Nous disposons d'un comité chargé du bien-être des animaux sous la supervision d'un vétérinaire, qui assiste les expérimentateurs notamment pour gérer le stress ou la douleur des animaux.
Choix des espèces
Il existe de nombreux modèles de tuberculose chez l'animal. Du primate non-humain (le modèle le plus proche de l'homme) au poisson zèbre en passant par les rongeurs, chacun avec ses avantages et inconvénients. Nous avons opté pour le modèle de la souris car, en termes d'immunité, il est assez prédictif de ce qui se passe chez l'homme. En termes de pathologie et notamment de lésions pulmonaires, il a été longtemps peu représentatif mais l'identification d'une mutation (SP140) permettant le développement de lésions plus proches de celles de l'homme a largement comblé ce manque (tout en maintenant un statut immunocompétent à l'animal porteur de la mutation). Un avantage supplémentaire est la possibilité de travailler et d'utiliser des outils moléculaires très fins (permettant le suivi de cellules fluorescentes ou la détection de cellules très spécifiques d'antigènes mycobactériens), et ce, dans le même fond génétique (évitant ainsi les facteurs confondants). C'est ainsi que la base de notre projet prévoit d'utiliser les souris C57BL/6 porteuses ou non de la mutation SP140, qui pourront être analysées avec les mêmes outils moléculaires établis, très performants et informatifs tout en présentant des lésions et une sensibilité différentielle à l'infection. Cette possibilité unique n'est accessible dans aucun autre modèle animal.
Etude de 3 molécules pharmacologiques à visée thérapeutique sur un modèle de souris de la Trisomie 21
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
234 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Modèle de trisomie 21, elles reçoivent des injections dans l'abdomen chaque jour pendant jusqu'à 23 jours, puis passent des tests d'apprentissage et de mémoire. Le porteur indique une douleur accentuée par la répétition des injections et un stress lié à l'isolement et à l'appauvrissement du milieu. L'objectif affiché est de tester trois molécules censées améliorer les performances cognitives, les souris étant tuées pour prélever les cerveaux.
Objectifs
Le Syndrome de Down (SD) aussi appelé Trisomie 21 (T21), est dû à la présence d’un chromosome 21 surnuméraire. Ce syndrome touche 1 nouveau-né pour 600-800 naissances et représente environ un tiers des déficiences intellectuelles chez les enfants d’âge scolaire. C’est la forme la plus fréquente de retard mental, qui est également associée à un large panel de dysmorphies ou malformations. Parmi les gènes candidats à l’apparition de ces symptômes, un gène présent sur le chromosome 21 humain et donc en 3 copies chez les sujets porteurs de la T21, est aujourd’hui une des cibles privilégiées pour le développement de traitements thérapeutiques. Les études de ce gène chez la souris ont démontré son implication dans le développement crânio-facial et le développement et la maturation du cerveau. En effet, les souris ayant une copie supplémentaire de ce gène présentent des anomalies crânio-faciales ainsi qu’une altération des capacités d’apprentissage et un déficit de la mémoire similaires à celles observée dans la T21. Arriver à déplacer de quelques dizaines de points le quotient intellectuel des patients atteints de la T21 leur permettrait d’avoir une vie plus autonome et socialement intégrée et constituerait un progrès très important pour la qualité de vie des patients et de leur entourage. L’objectif de la recherche sur la T21 est donc de mettre au point un traitement améliorant les fonctions intellectuelles des patients. Des collaborateurs proposent 3 nouveaux composés ayant la propriété d’améliorer les capacités cognitives qui sont altérées dans cette pathologie en ciblant l’activité de notre protéine d’intérêt. Durant ce projet, nous souhaitons déterminer le composé parmi ces 3 candidats (composés 1,2 et 3) qui se révélera le plus efficace en termes de restauration des fonctions intellectuelles. Ces composés ont été synthétisés et testés pour l’ADME pharmacologique (administration, distribution, métabolisation et excrétion) par nos collaborateurs. Ces composés seront ainsi administrés par notre équipe à des souris modèles de T21. Les souris traitées feront l’objet de différents tests comportementaux afin de détecter une amélioration de leurs performances cognitives.
Bénéfices attendus
Nous espérons obtenir une amélioration significative des performances cognitives (notamment dans 2 types de mémoire, mémoire de travail et mémoire explicite) dans un modèle souris de trisomie 21, qui montre de faibles résultats dans ces 2 tests.
Procédures
Les animaux seront injectés quotidienement par voie intraperitonéale avec des molécules à visée thérapeutique pour une durée maximale de 23 jours. Le temps de l'injection dure 20 secondes maximum.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sont l'introduction d'une aiguille pour l'injection en intraperitoneale. Cette douleur sera accentuée à cause de la repetition des injections, 23 au total, soit 1 par jour. L'isolement des animaux et l'appauvrissement du milieu peut entrainer un stress.
Devenir
Pour la phase 1 (validation de l'activité de la proteine d'intérêt), tous les animaux seront euthanasiés à l'issu des 12 jours de traitement. Les cerveaux seront prelevés pour réaliser un dosage de l'effet des molécules à visée thérapeuthique. Pour la phase 2 (test d'apprentissage et de mémoire), tous les animaux seront euthanasiés 24 heures après la fin du test permettant d'evaluer les effets des molécules à visée thérapeuthique sur la mémoire et l'apprentissage. Les cerveaux seront prélevés pour des analyses moléculaires.
Remplacement
L’utilisation de la souris dans cette étude est justifiée par le fait que les anomalies à observer (altération des capacités d’apprentissage et déficit de la mémoire) nécessitent un modèle vivant et suffisamment proche de l’homme pour pouvoir être transposé à l’espèce humaine.
Réduction
Pour ce projet, des souris mâles et femelles seront utilisées à partir de 12 semaines, âge équivalent au jeune adulte. Nous utiliserons et testerons les 3 composés sur les deux sexes afin de vérifier qu’il n’y a pas de différence entre mâle et femelle. Une première phase visant a s’assurer de l’effet des inhibiteurs sur l’activité kinase de Dyrk1a sera effectuée. Dans le cas où les molécules testées ne montrent pas l’effet inhibiteur attendu, la phase 2 ne sera pas menée. Pour cette 1ère phase, nous utiliserons 90 souris, réparties en 10 souris sauvages non traitées, 10 souris trisomiques non traitées et 10 souris trisomiques traitées, soit 30 souris x 3 composés évalués, soit 90 souris. Pour cette 1ère phase, notre expérience dans ce domaine nous indique que 10 individus sont suffisant pour obtenir un résultat statistiquement significatif. Pour la 2ème phase de projet, nous allons utiliser un total de 144 souris. L'étude se déroulera en 3 groupes d’expériences (1 groupe par composé) comme détaillée ci-dessous : Pour chacun des différents composés nous aurons besoin de 3 lots d’animaux : - 16 Souris contrôles sauvages non traitées - 16 Souris contrôles trisomiques non traitées - 16 Souris trisomiques traitées, pour 3 molécules différentes. Notre experience dans ce domaine nous montre que 13 animaux par groupe sont nécessaires pour avoir une puissance statistique suffisante. Comme les tests comportementaux sont sans contraintes, certains animaux ne reponderont pas, c'est pourquoi nous testeront 3 animaux de plus dans chaque groupe.
Raffinement
Les animaux bénéficieront d’un suivi quotidien à partir du début de leur traitement jusqu’à la fin de l’expérience. Et dans le cas où les animaux présenteraient des signes de souffrance, de mal-être, ou de douleur, ils seront exclus des analyses et soignés ou euthanasiés selon leur état. Pour la manipulation des animaux, et afin de limiter le stress, nous utiliserons des tubes de contention, ce qui évite la manipulation par la queue. Les tubes seront laissés dans les cages d'élevage pour palier à l'absence de nid, comme enrichissement du milieu. Les animaux seront elevés en groupe de 2 animaux minimum pour éviter l'isolement, sauf au moment du test du nouvel objet, pour augmenter le niveau d'exploration des souris. Le point d'injection sera alterné droite gauche tous les jours pour limiter la douleur et surveillé quotidiennement. Si des plaies apparaissent au site d'injection, elles seront désinfectées par un antiseptique local + crème cicatrisante (Betadine + Vetramil). Si la plaie devient importante et/ou profonde avec développement d’une infection ou une aggravation à 48h malgré les soins, l’animal sera mis à mort.
Choix des espèces
La compréhension des mécanismes physiologiques et moléculaires ainsi que des origines développementales des pathologies génétiques associées à des retards mentaux requière l’étude d’un organisme vivant dans son intégrité et sa globalité et il n’existe donc pas de méthode autre que l’étude in vivo. La souris est une espèce physiologiquement et génétiquement proche de l’homme dans laquelle nous pouvons réaliser les manipulations génétiques pour obtenir ces modèles de pathologies humaines. De plus, les études dans le modèle humain sont limitées tandis que le modèle murin permet d’accéder à tous les tissus et à toutes les étapes du développement. En outre, le génome de la souris étant manipulable, cela permet donc de recréer les modifications génétiques qui sont à la base du Syndrome de Down. Les souris seront étudiées à partir de l’âge adulte, c’est-à-dire 3 mois, car c’est l’âge auquel le comportement exploratoire et les aptitudes de mémorisation sont présents. Dans cette étude, les deux sexes seront utilisés. Nous voulons être sûre que les hormones et donc le sexe n’impactent pas sur l’effet des produits testés.
Etude du rôle d’une population de cellules du système immunitaire, les lymphocytes tueurs , dans la surveillance immunitaire anti-leucémique
- Recherche appliquée
- Cancers
600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur injecte dans le fémur des cellules de leucémie humaine, puis des cellules immunitaires et un facteur de croissance par injections répétées, avec des prélèvements de sang et des imageries. Le porteur indique une tumeur dans les os provoquant une douleur modérée, une perte progressive de mobilité et une perte de poids. L'étude, menée sur des souris privées de système immunitaire, cherche comment les cellules "tueuses" du système immunitaire luttent contre la leucémie, les animaux étant tués pour prélever leurs organes.
Objectifs
La leucémie est un cancer du sang. Il a été montré qu’une population particulière de cellules du système immunitaire (système de défense de l’organisme), les cellules tueuses (=cellules Natural Killer) pourraient jouer un rôle important dans la lutte contre le développement des leucémies. L’objectif de notre projet d’utiliser un modèle animal permettant d’identifier les altérations affectant ces cellules tueuses, permettant potentiellement d’identifier de nouvelles voies thérapeutiques.
Bénéfices attendus
Par ce projet, nous espérons élucider les mécanismes par lesquels les cellules Natural Killer (NK) agissent afin d’éliminer les cellules leucémiques. Avec l’amélioration des techniques diagnostiques, et de façon parallèle l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre des individus souffrants de leucémies va croître. Comprendre les mécanismes contrôlant la progression du cancer nous permettrait d’identifier des cibles thérapeutiques permettant de contrôler efficacement le développement du cancer de façon précoce en augmentant l'activité du système immunitaire.
Procédures
Dans le cadre de ce projet, nous mettrons en place un modèle de leucémie chez la souris. A cet effet, nous injecterons des cellules humaines issues de lignées cellulaires leucémiques, par injection dans le fémur de la souris (durée de l’injection de 1 min, sous anesthésie et analgésie). Nous injecterons par la suite des cellules NK humaines (injection dans la veine de la queue, sur souris éveillée; durée de l'injection: 30 secondes), qui possèdent un rôle anti-tumoral et lutterons donc contre le développement de la leucémie. Le maintien de ces cellules chez la souris nécessite des injections sous la peau (sur souris éveillée, durée de l'injection 30 secondes), d’IL15 (facteur de croissance des cellules NK) de façon bi-hebdomadaire (au total 8 injections, sur notre période expérimentale de 4 semaines). Des prélèvements de sang seront réalisés au niveau de la veine de la joue (sur souris éveillée, durée: 15 secondes) afin de suivre la quantité de cellules NK de façon hebdomadaire (soit un total de 4 prélèvements). Le suivi du développement de la tumeur sera effectué une fois par semaine par imagerie (sous anesthésie, d'une courte durée (
Impact sur les animaux
L'injection de cellules leucémiques dans le fémur des souris entrainera le développement d'une tumeur localisée dans les os des souris, pouvant conduire à une douleur modérée associée à une perte progressive de la mobilité et une perte de poids. Les injections par voies sous cutanées, intra péritonéales et intra veineuse peuvent provoquer une douleur modérée chez l’animal en raison de leur répétition (stress liée à la contention quotidienne pendant 5 jours consécutifs).
Devenir
Toutes les souris seront euthanasiées en fin de procédure expérimentale,qui durera au total 4 semaines, pour en prélever les organes à des fins d’analyse scientifique.
Remplacement
L’utilisation du modèle murin dans ce projet est indispensable pour étudier le développement des tumeurs et le rôle des cellules immunitaires, tels qu’ils se déroulent dans un organisme vivant. En effet, cela fait intervenir de nombreuses interactions (cellules/cellules) qui peuvent à ce jour difficilement être reproduites en dehors d’un organisme vivant entier.
Réduction
Nous avons réalisé des analyses statistiques nous permettant de déterminer le nombre d’animaux nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats interprétables scientifiquement. Un suivi longitudinal des différentes cohortes sera réalisé par imagerie, permettant ainsi d’optimiser le nombre d’animaux nécessaire pour chaque expérience.
Raffinement
Les souris sont hébergées en groupe dans un environnement enrichi (présence de tunnel en carton, papier kraft pour faire des nids et buchettes en bois à ronger). Un suivi visuel quotidien (par les animaliers et/ou les expérimentateurs) des animaux sera réalisé afin de détecter des signes de mal-être. Ceci sera complété par un suivi clinique hebdomadaire s’appuyant sur une fiche d’évaluation regroupant l’évaluation de différents paramètres (poids, comportement, apparence physique). En fonction du score, différentes actions seront mises en place allant d’une surveillance accrue (bi-quotidienne) à l’ajout de nourriture dans la cage ou à l’euthanasie anticipée de la souris.
Choix des espèces
La souris est le modèle de choix pour l'étude du développement des cellules du sang en raison aux fortes similitudes entre la souris et l’Homme. Nous utiliserons un modèle de souris dépourvu de système immunitaire afin de faciliter la prise de greffe et le développement d’une maladie tumorale, la leucémie aiguë. Ces souris seront adultes, âgées de 8 à 12 semaines de vie au moment du début de nos expériences, car il a été montré la bonne prise de greffe de la leucémie à cet âge. Les animaux des deux sexes seront utilisés pour nos expériences, étant donné l’absence de différence attendue liée au sexe de l’animal sur le maintien et la fonction tueuse des cellules NK.
Effet du métabolisme des liposarcomes
- Recherche appliquée
- Cancers
680 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont irradiées ou traitées pour supprimer leur système immunitaire, greffées de cellules ou de morceaux de tumeur sur les flancs, avec des prélèvements de sang répétés à la mâchoire. Le porteur indique une baisse de température et un réveil tardif après anesthésie, une douleur possible à l'implantation de la tumeur et des hématomes aux points d'injection. Le projet vise une thérapie ciblant une protéine des liposarcomes, en présentant la souris comme un "organisme entier" impossible à remplacer par la culture cellulaire.
Objectifs
Les liposarcomes sont définis comme étant des tumeurs malignes rares se développant dans les tissus mous et dont les cellules tumorales ressemblent à du gras. Les liposarcomes représentent environ 20% des sarcomes, avec près de cinq milles nouveaux cas par an en France et un pic d’incidence autour de 60 ans. L’évolution des liposarcomes est très rapide et le diagnostic est difficile. Aujourd’hui le seul traitement efficace est la chirurgie. Pour améliorer la prise en charge des patients en offrant une alternative moins lourde que la chirurgie et découvrir de nouveaux traitements, cette étude est nécessaire. Nos objectifs sont de développer une thérapie ciblant une protéine clé de ses tumeurs appelée MDM2 et le métabolisme des acides aminés ainsi que de mieux comprendre le lien entre la tumeur et l’organisme que la tumeur est capable d’influencer pour faciliter sa croissance. L’essence même de la question posée (effet de l'inhibition de la production de serine sur la croissance tumorale des liposarcomes) implique l’utilisation d’un organisme vivant tel que la souris, afin d’illustrer au plus proche de l’homme sa complexité métabolique et immunitaire, sans solutions alternatives satisfaisantes.
Bénéfices attendus
Ce projet, à court terme, permettra de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents des liposarcomes en étudiant plus particulièrement le rôle et la fonction de nos protéines et gènes d’intérêts. L’utilisation de souris non modifiées génétiquement, ainsi que des mâles et des femelles, permettra de modéliser au plus proche de l’humain le métabolisme et les mécanismes mis en place lors d’un cancer. Ces souris seront traitées avec des médicaments permettant la disparition des protéines cibles. Ceci nous permettra de voir si l’élimination de ces protéines induit une diminution de la croissance tumorale et in fine de traiter ces liposarcomes. De plus, les souris prédisposées génétiquement à une inactivation de certains gènes permettront de valider l’impact de l'absence de ces protéines sur la prise et la croissance des liposarcomes. A la fin du projet, l’objectif est d’emmener, vers la clinique, une nouvelle thérapie fasse à la problématique de santé publique qu’est le cancer humain et plus précisément, le liposarcome.
Procédures
Dans un premier temps, les souris seront irradiées au rayon X (1 fois 5min ou 1 fois 5 min et 1 fois 3min) ou traiter avec une drogue (5min 3 fois) afin d’inactiver leur système immunitaire. Lors de cette procédure le personnel qualifié sera emmené à réaliser des greffes de cellules et morceaux de tumeurs sur les flancs des souris (5min par greffe) ainsi que des prélèvements sanguins au niveau de la machoire (150µl chacun et 2min par prélèvement). Une prise de sang 4 jours avant l'irradiation, une 4 jours après puis une fois par semaine jusqu'à la fin de l'expérience. Les prélèvements seront effectués au niveau de la mâchoire par une personne qualifiée.
Impact sur les animaux
L’irradiation des animaux nécessite l’endormissement au préalable des souris avec une injectionde Ketamine-Xylazine ce qui peut entrainer une baisse de température des souris et un réveil tardif. La chirurgie visant à implanter un bout de tumeur dans l'animal peut provoquer une douleur. Lors du traitement des animaux, l’injection dans le bas du ventre à répétition peut entrainer l’apparition d’hématome sous-cutané. Pour ces injections nous privilégierons le côté droit de l’animal mais, sur le long terme cela peut entrainer une gêne/douleur au site de l’injection et un stress modéré pour les animaux. Lors de ces injections, il y aura une contention de l’animal ce qui peut conduire à un stress modéré pour les animaux. L’augmentation de la taille de la tumeur peut entrainer une gêne/ douleur chez l’animal.
Devenir
A la fin de chaque procédure les animaux seront euthanasiés en respectant les règles de bien-être animal. Leurs organes seront prélevés afin d’étudier au niveau moléculaire et anatomiques (aspect des tumeurs et organes etc) les effets de nos traitements ou modifications génétiques.
Remplacement
Dans le laboratoire, nous avons déjà réalisé des essais sur cellules et sphéroides (modèles cellulaires 3D) afin de mieux comprendre le lien entre les cellules de liposarcomes et musculaires. Cependant ce système ne permet pas d'appréhender la complexité d'un organisme entier ainsi que la distance réellement présente inter-tissus. De plus, des procédures sur souris ne possédant pas de système immunitaire ont déjà été réalisé afin de montrer l'efficacité des traitements sur les liposarcomes. Mais au vue du lien étroit entre la cytokine impliquée et le système immunitaire, il est important de tester ces traitements dans un contexte où celui-ci est présent. C'est pourquoi il est nécessaire de réaliser ces procédures expérimentales sur animal immunocompétent. Nous avons tous les éléments nécessaires que nous avons pu obtenir sur cellules pour limiter le nombre de groupes expérimentaux et d’animaux et pour aller directement sur la question qui nous intéresse. De plus, notre objectif, in fine, est de prouver l’efficacité d’une telle thérapie et d’amener en clinique cette nouvelle thérapie contre les liposarcomes. Ainsi, l’utilisation d’animaux et notamment de souris est indispensable à la suite de notre projet.
Réduction
Nos résultats expérimentaux effectués sur des cellules et nos précédentes expériences sur souris immunodéprimées nous permettent d’appréhender les résultats attendus et ainsi diminuer les conditions expérimentales. Le nombre d’animaux prévu dans le cadre de ce projet a été défini en prenant en compte de tests statistiques, sans que cela ne nuise à l’objectif scientifique. C’est sur cette base que nous avons estimé à 680 animaux, le nombre d’animaux nécessaires pour l’ensemble de notre projet.
Raffinement
Les animaux feront l’objet d’une surveillance quotidienne et seront pesés deux fois par semaine. De plus, les tumeurs seront mesurées deux fois par semaine afin de ne pas atteindre un volume tumoral trop important (>1000 mm3). Une réduction de 20 % de la masse corporelle sera considérée comme un indicateur de toxicité. Une attention particulière sera portée aux points suivants afin de limiter la souffrance et la détresse : – Une absence d’hydratation ou de prise de nourriture afin d’anticiper une perte de poids excédant 20 % du poids initial – Une gêne dans la locomotion – D’autres signes de douleur tels que l’isolement des autres animaux, les yeux fermés ou creux, le dos voûté – Un saignement ou autre perte de liquide physiologique – Un changement du rythme respiratoire – Tout autre comportement anormal de l’animal tel que la prostration ou la vocalise lors de la préhension De plus, les injections dans le bas du ventre à répétition peuvent entrainer l’apparition d’hématome sous-cutané. Pour ces injections nous privilégierons le côté droit de l’animal mais, sur le long terme cela peut entrainer une gêne/douleur au site de l’injection. En cas d’apparition d’hématome abdominaux elles seront interrompus le temps de sa résorption. Lors de l’endormissement, une crème OCRY-gel sera appliquée au préalable sur leurs yeux afin de prévenir la cécité des animaux. Les souris seront mises sous une lampe chauffante le temps de leur réveil. De plus, de la nourriture et eau en gel sera déposée dans leur cage pour qu’elles puissent se nourrir plus facilement. Lors de la chirurgie, nous appliquerons de la lidocaïne au niveau du site d'incision afin d'insensibiliser cet endroit.
Choix des espèces
La souris est un excellent modèle pour notre projet, car elle dispose d’un système génétique, métabolique et immunitaire proche de l’homme. Des modèles génétiquement modifiés permettant l'absence de nos protéines d'intérêts ont été générés et utilisés dans la recherche scientifique. De plus, les souris nous permettent d'étudier le cancer humain par le biais de greffe de tumeur humaine. Ainsi l’expérimentation sur ces modèles, déjà établis, nous permettra de voir l’efficacité du traitement et de comprendre au mieux l’impact de celui-ci sur un organisme entier. Les animaux utilisés seront de jeunes adultes afin de s’affranchir de tous les effets des hormones et de la croissance juvénile sur le métabolisme.
Etude de la dynamique mitochondriale hypothalamique dans le modèle murin Activity Based Anorexia : Rôle du microbiote intestinal
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système gastrointestinal
468 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles subissent un modèle d'anorexie par restriction de l'accès à la nourriture, puis un gavage et des injections terminales, une partie recevant des antibiotiques dans l'eau de boisson. Le porteur indique une perte de poids importante, une hyperactivité, une fatigue, une prostration et parfois une hypothermie, avec un suivi quotidien et des points limites. L'objectif est d'étudier le rôle du microbiote intestinal dans l'anorexie, les pistes thérapeutiques pour les patients restant renvoyées au long terme.
Objectifs
Ce projet vise à étudier le rôle de la dynamique mitochondriale, impliquée dans le métabolisme énergétique cellulaire, chez un modèle murin d’anorexie largement documenté à l’international et au sein du laboratoire : le modèle Activity Based Anorexia (ABA). Le deuxième objectif principal est d’évaluer le rôle du microbiote intestinal dans l’axe microbiote-intestin-cerveau sur la neuro-inflammation et la dynamique mitochondriale centrale. L’hypothalamus sera particulièrement étudié, étant un noyau majeur dans le contrôle du métabolisme énergétique et de la prise alimentaire. De plus, certains symptômes ou comorbidités chez les patients anorexiques, comme les troubles fonctionnels digestifs, l’anxiété et la dépression, participent à l’entretien de la pathologie et sont donc des freins majeurs à l’efficacité de la prise en charge et en particulier de la renutrition. Les problèmes physiopathologiques centraux tels qu’une diminution des facultés cognitives, une baisse du volume cérébrale et des anomalies de sécrétions d’hormones du métabolismes énergétiques justifient l’étude centrale chez l’animal dénutri présentant la même physiopathologie périphérique. Ce projet permettrait d’apporter de nouvelles connaissances sur la physiopathologie centrale et le rôle du microbiote intestinal pour pouvoir proposer de nouvelles pistes thérapeutiques innovante pour dépasser ces freins à la renutrition.
Bénéfices attendus
Sur le long terme, une meilleure compréhension dans le modèle ABA de l’interconnexion des facteurs du microbiote intestinal modulant la neuro-inflammation, la dynamique mitochondriale, la synthèse protéique, et l’activité physique permettrait de proposer des solutions thérapeutiques innovantes pour aider à la renutrition des patients anorexiques. Des compléments alimentaires à base de probiotiques ayant un impact positif central sur la régulation du comportement alimentaire permettrait et de limiter les troubles fonctionnels digestifs et les altérations cognitives retrouvées chez les patients. Cela permettrait idéalement de lever les freins à la renutrition présents en clinique.
Procédures
100% des animaux seront manipulés tous les jours pour la pesée. 100% des animaux subiront la procédure terminale à savoir un gavage et deux injections intrapéritonéales. 100% des animaux seront maintenus en contention 2 min pour la mesure de la composition corporelle deux fois, au début et en fin de protocole. 234 animaux recevront une injection intrapéritonéale une fois par jour 5 jours consécutifs. 78 souris auront dans leur eau de boisson un cocktail d'antibiotiques sur l'ensemble du protocole.
Impact sur les animaux
L’ensemble des animaux seront isolés le temps du protocole, sans impact sur le score de bien-être animal mesuré. Le jeûne terminal des animaux concerné pourra entrainer un stress. Les animaux ABA, quant à eux, peuvent présenter une diminution de la prise hydrique, une hyperactivité physique anticipatoire, particulièrement les premiers jours de la limitation d’accès à l’alimentation. Ainsi, lors de l’évaluation du bien-être animal, nous pouvons généralement observer, dans ce modèle bien décrit, une fatigue des animaux (au bout de plusieurs jours de réduction du temps d’accès à l’alimentation), une prostration et, dans de rares cas une température corporelle basse des animaux, ce qui est pris en compte dans notre évaluation du bien-être pour décider des points limites adaptés. Les animaux ABA ont une perte de poids importante au cours du protocole, en accord avec ce qui est observé en clinique, cet aspect fait également l’objet d’un suivi quotidien et d’un point limite. Lors des mesures de composition corporelle, la contention de 2 minutes engendre un stress aigu.
Devenir
L’ensemble des animaux seront mis à mort pour l’étude de leurs tissus à la fin du protocole et des procédures. Une utilisation conjointe sur plusieurs projets peut être envisagée, soit la récupération de tissus non utilisés lors de ce projet ou inversement sur d’autres projets ABA ne récupérant pas l’hypothalamus et/ou le cerveau complet.
Remplacement
Ce projet est un projet de recherche intégré, la dénutrition étant la conséquence de relations métaboliques inter-organes complexes. Ce projet permettra d'un point de vue physiologique de visualiser l’intégration des signaux mettant en jeu des relations importantes entre le microbiote intestinal, l’intestin et le cerveau. Le recours à des modèles animaux est donc nécessaire pour prendre en compte cet aspect multi-organes. Cependant pour des études plus mécanistiques telle que l’étude des relations microbiote-cellules intestinales, nous avons recours à des techniques de culture cellulaire in vitro.
Réduction
Pour limiter le nombre d’animaux, en prenant en compte les résultats de la littérature et notre équipe, nous avons fait le choix de ne pas réaliser certains groupes contrôles comme les animaux soumis uniquement à la limitation progressive d’accès à la limitation (Rôle de la dénutrition) ou les animaux ayant un accès libre à l’alimentation et à une roue d’activité (Rôle de l’activité physique). Les analyses ont été préalablement optimisées et nous permettent de limiter le nombre d’animaux par groupe à 12.
Raffinement
Pour limiter le stress des animaux, les animaux auront une période d’acclimatation à l’animalerie d’une semaine puis 5 jours d’acclimatation aux cages d’expérimentation. L’antibiothérapie, pour les animaux concernés, est réalisée dans l’eau de boisson et non par gavage comme fréquemment retrouvé dans la littérature, ce qui limite le stress des animaux et les risques liés au gavage. Un enrichissement par cage sera mis en place.
Choix des espèces
La souris C57Bl/6 est communément utilisée dans les modèles soumis à des interventions nutritionnelles. De plus, la souris C57Bl/6 est une souche ayant un bon taux de réponse dans le modèle ABA. C’est un modèle validé au sein du laboratoire et à l’échelle internationale. Les modèles génétiques utilisés dans ce projet sont d’ailleurs sur ce même fond génétique. En considérant une précédante publication du laboratoire sur la dynamique mitochondriale, les souris arriveront à l'animalerie pour l’expérimentation à l’âge de 8 semaines pour un protocole ABA classique. De la même manière les animaux arriveront à l’âge de 7 semaines pour les protocoles avec antibiothérapie et avec injection de tamoxifène, pour permettre ces traitements avant les 8 semaines. Cet âge correspond à un stade jeune adulte, un pic d’incidence étant observé chez l’Homme jeune adulte.
Rôle anti-tumoral d’un champ de pression mécanique sur la croissance de cellules cancéreuses du pancréas chez la souris
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
80 souris femelles vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur greffe sous la peau des cellules cancéreuses humaines du pancréas sous anesthésie, puis on les soumet à un champ de pression mécanique une heure par jour, cinq jours par semaine pendant trois semaines. Le porteur indique un stress lié aux anesthésies répétées et une douleur modérée possible due à la croissance des tumeurs. Ce projet teste l'effet d'une pression mécanique sur des tumeurs pancréatiques, les retombées pour les patients étant annoncées à long terme, les souris étant tuées pour prélever les tissus cancéreux.
Objectifs
Le cancer du pancréas représente un problème de santé publique en occupant le deuxième rang des cancers digestifs en France. Ce cancer est très souvent de très mauvais pronostic et est diagnostiqué à un stade avancé avec un nombre de cas en constante augmentation. Il devrait être la deuxième cause de mortalité par cancer en Europe en 2030. Dans le but de développer de nouvelles pistes de traitement des cancers du pancréas de très mauvais pronostic, nous nous proposons d’étudier l’impact d’un champ de pression mécanique sur le développement de ces cancers. En effet, des études antérieures ont montré qu’un champ de pression mécanique inhibait la croissance des cellules cancéreuses pancréatiques en culture. Dans ce projet, nous souhaitons évaluer les effets anti cancéreux d'une contrainte mécanique sur le développement du cancer du pancréas après greffe de cellules cancéreuses du pancréas humain chez la souris.
Bénéfices attendus
Compte tenu des échecs des différentes thérapies mises en œuvre dans le traitement du cancer du pancréas, nous nous dirigeons vers de nouvelles pistes thérapeutiques des cancers du pancréas. Les avancées au cours de ces dernières années sur les contraintes mécaniques appliquées aux tumeurs nous laissent envisager l’intérêt des champs de pression sur les tumeurs pancréatiques pour en inhiber sa progression. Les retombées attendues de ce projet seront de caractériser une nouvelle thérapie du cancer du pancréas et à plus long terme de soigner ce type de cancer chez l’homme.
Procédures
On réalise deux injections sous la peau de souris femelles adultes (1 injection sur chaque flanc de l'animal), de cellules cancéreuses humaines de pancréas, sous anesthésie. Les cellules vont s’implanter à l’endroit de l’injection et commencer à croître. Cette injection dure moins de 30 secondes. La taille des tumeurs va être suivie. Lorsque les tumeurs auront démarré leur croissance, les souris seront soumises à un champ de pression mécanique sous anesthésie gazeuse à raison de 1 heure, 5 jours par semaine et ce pendant 3 semaines. Les souris vont être suivies tous les jours et les points limites évalués chaque jour de traitement (5 jours par semaine). A l'issu du traitement, les souris vont être suivies et leurs tumeurs mesurées encore 2 semaines, période durant laquelle elles ne subiront pas de traitement. L’ensemble des souris sera alors évalué 3 fois par semaine quant à leur état général, leur poids et la taille des tumeurs, mesurées à l’aide d’un pied à coulisse, au cours du temps.
Impact sur les animaux
1) Un stress physique serait une nuisance induite par les anesthésies répétées et (2) une douleur modérée peut être engendrée par la croissance des tumeurs sous-cutanées. Les animaux ne subissent pas d'autres stress ou douleurs dans ce projet.
Devenir
A l'issue de la procédure, tous les animaux sont euthanasiés et les tissus cancéreux seront prélevés pour analyses.
Remplacement
Les connaissances issues de cette étude sur l’animal ne peuvent pas être obtenues actuellement par d’autres méthodes compte tenu de la complexité physiologique de la tumeur comprenant plusieurs types cellulaires impossible à reproduire avec des cellules en culture, nous obligeant de travailler à l'échelle d'un organisme. Des études sur cellules en culture sont, par ailleurs, prévues pour étudier d’autres paramètres qui complèteront ce volet d’expérimentation animale sans pouvoir le remplacer.
Réduction
Nous avons déterminé le nombre d'animaux nécessaire et suffisant dans chaque sous-groupe pour avoir des résultats statistiquement exploitables. Chaque souris sera implantée avec des cellules cancéreuses aboutissant au développement d'une tumeur sur chaque flanc, ce qui nous permet de réduire de moitié le nombre d'animaux qui entre dans l'expérience.
Raffinement
Les méthodes et les mesures choisies visent à diminuer au maximum les contraintes imposées aux animaux. Les animaux seront anesthésiés au moment de la greffe des cellules cancéreuses sous la peau. Au cours de l’expérience, une surveillance visuelle quotidienne et un suivi de l’état général des animaux (3 jours par semaine durant 3 semaines puis 3 fois par semaine durant les 2 semaines d’observation post traitement) seront réalisés. De plus nous avons établi une grille de score qui définit les actions à mettre en œuvre (administration d’analgésie en cas de douleur, euthanasie lorsque un point limite est atteint). Des conditions d’hébergement standard adaptées sont appliquées avec une alimentation standard sans limite de quantité. Enfin, un enrichissement composé de coton et de lanières cartonnées en accordéon sera proposé aux animaux afin qu’ils puissent se confectionner des nids.
Choix des espèces
Nous avons choisi d’utiliser l’espèce souris dans notre projet de recherche car la physiologie du cancer du pancréas induit dans cette espèce animale est proche de celle chez l’Homme. Nous pourrons ainsi répondre aux questions que nous nous posons sur les effets d’un champ de pression mécanique sur le développement de ce type de cancer chez l’Homme. De plus, ce modèle apporte 2 autres avantages : sa taille et sa masse qui limite les quantités de traitement à administrer et le nombre extrêmement grand d'outils biologiques qui permettent la caractérisation des tissus cancéreux chez la souris. Les souris utilisées sont des femelles adultes pour que les animaux restent au même stade de développement tout au long de l’expérience. Nous avons privilégié des femelles pour limiter les conflits entre mâles hébergés dans une même cage.