Les questions parlementaires
Réglementation des essais de thérapie génique
Cancer
Question orale sans débat n° 390, Assemblée nationale, 25 mai 1994
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre délégué à la santé des mesures pour que les équipes françaises passent plus vite de l'expérimentation animale aux essais de thérapie génique chez l'humain.
1 demande : réponse partielle à 1.
Les mesures qui permettraient aux médecins français de mettre au point rapidement des traitements de thérapie génique contre les cancers.
Réponse partielle Le ministre annonce trois directions, simplifier les autorisations, coordonner le financement avec la recherche, rapprocher recherche publique et privée, sans mesure arrêtée ni date ; il ne dit rien de la phase animale.
La fiche
Thème : médicaments et vaccins
La question mentionne l'expérimentation animale sans en faire son sujet principal.
- Auteur
- M. Jean-Marc Chartoire (Union pour la démocratie française)
- Ministère interrogé
- affaires sociales, santé et ville
- Rubrique
- Sante publique
- Question publiée
- au Journal officiel du 25 mai 1994
- Séance
- 26 mai 1994
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.
(Question orale sans débat n° 390 de M. Jean-Marc Chartoire, Assemblée nationale, JO du 25 mai 1994)
M. Jean-Marc Chartoire interroge M. le ministre delegue a la sante sur la therapie genique specifique, porteuse d'un grand espoir dans l'arsenal therapeutique contre les cancers. Malheureusement la reglementation francaise est un frein au passage de l'experimentation animale au traitement chez l'homme. Des equipes medicales d'Allemagne et d'Italie, pays ou les regles sont plus souples, ont propose a des chercheurs francais a la pointe dans ce domaine, de realiser leurs essais chez eux, en particulier pour le traitement du cancer ovarien et du melanome malin. Nous constatons depuis des annees que certaines de nos equipes sont reduites a s'expatrier pour poursuivre leurs travaux. Il lui demande quelles mesures pourraient etre prises afin que la France donne les moyens a ces medecins de mettre au point le plus rapidement possible des traitements dont beneficieront de tres nombreux malades.
La réponse
Réponse retrouvée par l'OXA : elle ne figure pas dans les données ouvertes de l'Assemblée nationale. Source : le Journal officiel des débats de l'Assemblée nationale du 27 mai 1994, 1re séance du 26 mai, pages 2289 et 2290.
(Réponse en séance, Assemblée nationale, séance du 26 mai 1994)
Mme le président. M. Jean-Marc Chartoire a présenté une question, n° 390, ainsi rédigée :
« M. Jean-Marc Chartoire interroge M. le ministre délégué à la santé sur la thérapie génique spécifique, porteuse d'un grand espoir dans l'arsenal thérapeutique contre les cancers. Malheureusement, la réglementation française est un frein au passage de l'expérimentation animale au traitement chez l'homme. Des équipes médicales d'Allemagne et d'Italie, pays où les règles sont plus souples, ont proposé à des chercheurs français, à la pointe dans ce domaine, de réaliser leurs essais chez eux, en particulier pour le traitement du cancer ovarien et du mélanome malin. Nous constatons depuis des années que certaines de nos équipes sont réduites à s'expatrier pour poursuivre leurs travaux. Il lui demande quelles mesures pourraient être prises afin que la France donne les moyens à ces médecins de mettre au point le plus rapidement possible des traitements dont bénéficieront de très nombreux malades. »
La parole est à M. Jean-Marc Chartoire, pour exposer sa question.
M. Jean-Marc Chartoire. Monsieur le ministre délégué à la santé, dans l'arsenal thérapeutique contre les cancers, la thérapie génique spécifique est porteuse d'un grand espoir. Malheureusement, la réglementation française freine le passage de l'expérimentation animale au traitement sur l'homme. Des équipes médicales d'Allemagne et d'Italie, où les règles sont beaucoup plus souples, ont proposé à des équipes françaises, à la pointe dans ce domaine, de réaliser leurs essais chez elles, en particulier pour le traitement du cancer ovarien et du mélanome malin.
Depuis des années, nombre d'équipes françaises en sont réduites à s'expatrier pour pouvoir poursuivre leurs travaux. Je rappellerai simplement que, dans les années 1975-1980, l'équipe de feu le professeur Maupas, inventeur du vaccin contre l'hépatite B, avait reçu des propositions très intéressantes pour continuer ses travaux aux Etats-Unis. C'est l'intervention personnelle du président Valéry Giscard d'Estaing qui avait empêché à l'époque son départ vers les Etats-Unis.
Monsieur le ministre, quelles mesures pourriez-vous prendre afin que la France donne les moyens à ces médecins de mettre au point le plus rapidement possible des traitements dont bénéficieront de très nombreux malades ?
Mme le président. La parole est à M. le ministre délégué à la santé.
M. Philippe Douste-Blazy, ministre délégué à la santé. Monsieur le député, les traitements classiques du cancer - sans parler de la prévention -, c'est-à-dire la chimiothérapie, la radiothérapie, la chirurgie permettent déjà aujourd'hui de guérir un cancer sur deux. C'est bien, par rapport à ce que nous avons connu, mais ce n'est pas assez. Pour certains types de cancer comme la maladie de Hodgkin ou la leucémie de l'enfant, à un stade précoce, la guérison est pratiquement à un taux de 100 p. 100. Nous devons maintenant nous attaquer aux cancers qui résistent à ces traitements, qui « métastasient » plus vite. Les thérapies géniques et cellulaires offrent des espoirs extraordinaires dans ce domaine, radicalement nouveaux. Ce sont, j'en suis persuadé, les médicaments du troisième millénaire.
La France et l'Europe doivent se préparer à relever ces enjeux sanitaires, mais aussi ces enjeux industriels.
Notre pays dispose d'atouts importants, en particulier d'équipes de recherches très performantes en génétique, en biologie cellulaire, en immunologie. Il dispose aussi d'équipes hospitalières très actives, qui ont montré leur capacité à mettre en œuvre très vite les premiers essais de ces thérapeutiques.
Mais la mise au point de ces traitements sera longue et difficile, et je souhaite vivement concevoir et organiser une véritable stratégie de développement des thérapies génétiques et cellulaires en France.
Actuellement, la procédure qui autorise la mise en œuvre d'une thérapie génique impose des examens successifs par quatre commissions différentes : la commission de génie génétique du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche ; la commission de génie générique et de biologie moléculaire du ministère de l'agriculture, en application de la loi du 13 juillet 1992 ; la commission de sécurité virale du médicament, la thérapie génique faisant souvent appel à des vecteurs viraux ; les comités de protection des personnes se livrant à des recherches biomédicales, prévus par la loi Huriet-Sérusclat.
La diversité des tutelles, l'imprécision du champ de compétence de chaque commission, les redondances, exigent une procédure très longue, à l'heure où la rapidité est un atout essentiel pour la recherche, qu'elle soit clinique ou fondamentale.
Si je dois, en tant que ministre de la santé, assurer la sécurité des patients qui bénéficieront des premiers essais, j'entends mener une politique active d'incitation.
Cette politique sera lancée dans trois directions principales. Il importe d'abord, ainsi que vous le souligniez, monsieur le député, de simplifier les procédures d'autorisation des programmes, et je mène une réflexion active avec les ministres concernés. Cette simplification - est-il besoin de le souligner ? - ne devra en aucun cas réduire le niveau de sécurité, mais pousser au plus loin l'évaluation bénéfices-risques, qui n'est pas encore suffisamment développée dans notre pays.
Par ailleurs, il est essentiel de prévoir des modes de financement coordonnés avec le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, pour que notre effort s'exerce de manière rationnelle entre la recherche très fondamentale, la mise au point des nouvelles technologies - telles que le développement de vecteurs non viraux - et dispositifs hospitaliers permettant de traiter les patients. Il faut vraiment insister sur cette séquence : recherche fondamentale, recherche appliquée, recherche clinique, puis, immédiatement après, essais thérapeutiques sur le malade dans les hôpitaux publics ou privés.
Enfin, je compte favoriser rigoureusement la coordination des efforts des secteurs de recherche publique et des secteurs de recherche de l'industrie privée française. Cela se fait dans d'autres pays. Il faut le faire aussi dans le nôtre. C'est de cette bonne coordination que dépendra la compétitivité et le succès.
Mme le président. La parole est à M. Jean-Marc Chartoire.
M. Jean-Marc Chartoire. Monsieur le ministre, je vous remercie beaucoup des apaisements que vous venez de prodiguer aux équipes françaises, qui ont vraiment le désir de poursuivre leurs travaux et d'aboutir. Je profite de cette occasion pour vous demander un rendez-vous, à vos conseillers ou à vous-même, car je souhaite que vous receviez certaines équipes qui sont vraiment à la pointe dans ce domaine.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les traitements classiques du cancer (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie) guérissent un cancer sur deux ; la guérison atteint presque 100 % pour la maladie de Hodgkin ou la leucémie de l'enfant à un stade précoce.
- Thérapie génique, quatre examens : génie génétique (recherche), commission de l'agriculture (loi du 13 juillet 1992), sécurité virale du médicament, comités de protection des personnes (loi Huriet-Sérusclat).
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Loi du 13 juillet 1992 texte juridique
- Loi Huriet-Sérusclat texte juridique
Les organismes cités
- Commission de génie génétique du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Commission du ministère de l'agriculture chargée du génie génétique, écrite commission de génie générique et de biologie moléculaire
- Commission de sécurité virale du médicament
- Comités de protection des personnes
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".