
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-010796)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des mutations sur le gène étudié ont été identifiées chez des patients atteints du syndrome de DAVID, maladie autosomique rare associant des syndromes d’immunodéficience sévère et d’auto-immunité, ainsi que des déficits de certaines hormones. Nous disposons au laboratoire d’un modèle rat porteur d’une des mutations identifiées chez des patients atteints du syndrome de DAVID. L’objectif est d’utiliser ce modèle pour analyser l’impact de cette mutation dans la fonction et la différenciation des lymphocytes, dans les phénomènes auto-immuns sévères et dans les mécanismes de la « tolérance centrale thymique », mécanismes qui permettent à ces lymphocytes de ne pas attaquer le corps lui-même .
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra d’établir l’importance de cette mutation spécifique sur la régulation de la réponse immune, sur l’autoimmunité et ces mécanismes de tolérance.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Des biopsies d’oreille de 1mm seront réalisées sur ratons âgés de 8 jours (1 seule/animal) pour les identifier et analyser s’ils sont porteurs de la mutation d’intérêt.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sont principalement liés 1. à la biopsie d’oreille sur ratons de 8 jours (douleur légère et de courte durée) et stress de la mère 2. au phénotype dommageable, observé à partir de 6-7 mois d’âge
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort des animaux à la fin de la procédure pour effectuer des prélèvements de tissus post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des études « in vitro » ont largement validé l’impact de la mutation du gène étudié dans la fonction et la différenciation des lymphocytes. Néanmoins, ces études in vitro ne sont pas suffisantes pour répondre au défaut de « tolérance centrale thymique » (mécanismes qui permettent aux lymphocytes de ne pas attaquer le corps lui-même) à l’origine des troubles auto-immuns sévères observés chez les patients atteints du syndrome de DAVID. Des études chez l’animal en utilisant ce modèle de rats génétiquement altéré sont donc indispensables.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au nombre nécessaire et suffisant pour le maintien et l’analyse de la lignée, à savoir 130 animaux sur 5 ans.
3. Raffinement
Les rats seront à 2-3 par cage pour éviter leur isolement et différents types d’enrichissement (briquettes de bois, tunnel en carton) seront placés dans les cages . Si un animal présente des signes de faiblesse mais sans atteintes de points limites, il pourra faire l’objet d’un isolement temporaire pour éviter tout comportement agressif de ses congénères. Les animaux à phénotype dommageable seront suivis comme ceux à phénotype non dommageable : suivi de poids (2 fois/semaine), surveillance de prostration éventuelle (quotidiennement). Le phénotype dommageable des rats homozygotes pour la mutation est une létalité précoce après perte de poids significative et prostration observé à partir de l’âge de 6-7 mois. Si un signe clinique sévère est observé et/ou un point limite atteint, l’animal sera mis à mort pour des raisons éthiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rats sont de bons modèles d’étude de par leur facilité d’entretien, de stabulation, de manipulation, et leurs similtudes physiologiques avec l’éspèce humaine. L’utilisation préalable de ces animaux par des équipes scientifiques internationales permet à d’autres travaux de recherche de débuter avec une base solide (connaissances théoriques, modèles, équipement,…). Nous utilisons cette lignée de rats génétiquement altérés parce que ces animaux sont porteurs d’une mutation dans le gène étudié, comme celle présente chez les patients atteints du syndrome de DAVID, et qui est à l’origine des troubles auto-immuns sévères observés chez ces patients. Pour le maintien de la lignée, nous utiliserons des rats âgés de 2 mois (maturité sexuelle) à 12 mois (déclin du taux de reproduction au dela). Pour l’analyse de la lignée, nous utiliserons des rats âgés de 2 mois (maturité du système immunitaire) à 12 mois (analyse de l’impact de l’age sur les déficits immunitaires et endocriniens).