
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-218018)
520 poulets vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Ils reçoivent par voie orale des bactéries puis des coccidies destinées à provoquer une coccidiose clinique, avec frilosité et diarrhées, pour étudier la persistance de résistances aux antimicrobiens. Le porteur affirme qu’aucun modèle in vitro ne permet de suivre l’évolution des populations bactériennes dans le tube digestif. Les oiseaux sont tués en fin d’essai pour prélever et examiner les caecums, un point limite prévoyant la mise à mort des sujets prostrés.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet s’inscrit dans un programme européen d’étude des résistances de bactéries aux antimicrobiens, et de la persistance de ces résistances en fonction de différentes conditions, dans le but de prévenir ou réduire le développement et la transmission des résistances aux antimicrobiens. Le but est d’évaluer l’impact de molécules anticoccidiennes et de la vaccination anticoccidienne sur la sélection d’entérocoques porteurs de résistance vis-à-vis de ces molécules anticoccidiennes et vis-à-vis d’antibiotiques d’importance critique pour la santé humaine ou animale dans un modèle expérimental sur poulets.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bénéfice attendu est une meilleure compréhension des facteurs qui peuvent influencer la persistance de souches bactériennes résistantes à des anticoccidiens et des antibiotiques en fonction de la pression exercée sur ces souches (présence ou absence des anticoccidiens auxquels elles sont résistantes) et dans le cas où des solutions alternatives à l’utilisation de ces molécules (vaccination anticoccidienne) sont utilisées. L’efficacité des approches sur les coccidies elles-mêmes, est aussi un élément important, pour évaluer l’intérêt de la vaccination anticoccidienne par rapport aux anticoccidiens dans l’éventualité de la disparition de certaines de ces molécules.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Inoculation de suspensions bactériennes ou de coccidies par voie orale individuellement, avec contention de chaque sujet par un agent et administration par un autre agent. La durée de chaque opération n’excède pas 1 mn, préhension et contention incluses.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les entérocoques ne sont pas censés induire de signes cliniques chez les animaux, ainsi l’essai préliminaire (procédure 1) ne devrait pas générer d’effets indésirables. L’inoculation avec des coccidies (procédure 2) est prévue pour engendrer une coccidiose clinique, avec de la frilosité et une dégradation des matières fécales (diarrhées) de manière transitoire, entre 20 et 23 jours d’âge. Dans le cas où les signes cliniques seraient plus intenses que prévus, des points limites ont été définis dans la procédure expérimentale.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les oiseaux utilisés dans les essais sont mis à mort pour prélèvement des caecums à la fin de chaque essai, afin de rechercher et dénombrer les bactéries. Dans la procédure 2, les lésions du tube digestif causées par le développement des coccidies seront également notées à la fin des essais afin d’évaluer l’intensité du développement de ces parasites.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe pas actuellement de modèle in vitro permettant de suivre l’évolution des populations bactériennes au sein du tube digestif. Certains modèles in vitro utilisent des flores connues et contrôlées mais qui ne reflètent pas la flore intestinale totale ni les interactions entre ses différents constituants. De plus, il n’existe pas de modèle qui associe un co-développement de bactéries avec des coccidies, pour suivre l’évolution des populations bactériennes et étudier l’impact des coccidies sur l’intégrité intestinale. Les modèles in vitro avec des coccidies permettent de réaliser le début du cycle parasitaire, mais pas les étapes qui génèrent des lésions et ont un effet pathogène chez les oiseaux. Il n’est donc pas possible actuellement de remplacer l’utilisation d’animaux pour le présent projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’essai de la procédure 1 doit permettre de sélectionner la souche bactérienne la plus pertinente pour réaliser les essais de la procédure 2, permettant de n’utiliser que des lots inoculés avec cette souche. De plus, ce premier essai sera réalisé avec un nombre inférieur d’animaux à celui des essais suivants. Le nombre d’oiseaux par groupe est calculé en tenant compte de l’écart-type connu ou estimé des différents critères étudiés et les différences attendues entre les groupes, avec une puissance statistique de 0,8 et en tenant compte du fait qu’il n’est pas toujours possible de collecter les fèces de tous les oiseaux lors de l’échantillonnage. Les tailles de populations des bactéries ou des gènes de résistance seront comparées par analyse de variance avec effets fixes de groupe et de temps. Des critères moins importants tels que le nombre d’oiseaux porteurs d’entérocoques résistants à la vancomycine ou présentant des lésions seront comparés par des tests du Chi2 ou de Fisher.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les oiseaux seront hébergés dans des cages conformes aux conditions exigées en expérimentation animale, en groupes homogènes, avec un éclairage naturel, complété par un éclairage artificiel en période de jours courts, avec maîtrise de la température et de la pression et suivi de l’hygrométrie. Des cordelettes seront suspendues dans les cages, ainsi que des CD, afin que les oiseaux puissent interagir avec. Le système d’abreuvement est constitué d’une rampe de pipettes qui peut également être utilisée comme perchoir par les oiseaux. Les bactéries utilisées ainsi que les doses de coccidies ne sont pas supposées engendrer de signes cliniques importants ni de mortalité. Néanmoins, un point limite a été défini au cas où des sujets présenteraient des signes cliniques forts : dès qu’un sujet sera prostré et ne parviendra pas à se tenir debout, il sera mis à mort pour arrêter ses souffrances.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les molécules qui seront testées sont des anticoccidiens autorisés uniquement chez les volailles. Les coccidies utilisées sont strictement inféodées à Gallus gallus. Utilisation des animaux dès le premier jour, afin de faciliter l’implantation des entérocoques inoculés à 1 et 3 jours d’âge, pour limiter une éventuelle compétition avec une flore digestive déjà implantée. Pour la vaccination anticoccidienne et la supplémentation anticoccidienne, il est également indispensable de réaliser les administrations dès le premier jour. Les infections d’épreuve avec les coccidies seront réalisées à 16 jours d’âge, ce qui aura permis aux oiseaux vaccinés d’acquérir une immunité protectrice optimale, et cet âge correspond à l’âge de début d’exposition importante aux coccidies dans les conditions du terrain.