
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-05-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-303681)
6000 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, chacune manipulée un jour sur deux pendant plusieurs semaines. Tondue puis greffée d’une tumeur sous la peau, chaque souris reçoit deux injections de composés immunomodulateurs par semaine pendant au moins trois semaines, certaines derrière le globe oculaire, se fait peser et mesurer sa tumeur au pied à coulisse trois fois par semaine, subit quatre à cinq prises de sang et une biopsie quand la tumeur atteint 200 mm3. Le porteur travaille pour des laboratoires privés et publics qui commandent ces essais et fixent le rythme des injections. Il liste la douleur parmi les effets de la croissance tumorale puis conclut qu’aucun analgésique ne sera administré, une prise en charge de la douleur faussant la réponse immunitaire mesurée.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les différents laboratoires privés et publics pour lesquels nous réalisons des prestations cherchent à connaître l’impact d’une tumeur sur le système immunitaire. Les essais thérapeutiques récents utilisant des composés pouvant activer ou inhiber le système immunitaire ont donné des résultats extrêmement prometteurs sur certains types de cancers tels que les cancers de la peau et leurs métastases (dissémination des cellules cancéreuses dans tout l’organisme). Les thérapies utilisant des anticorps (molécules générées par les cellules de notre système immunitaire pour se défendre contre les pathogènes), permettent également une diminution spectaculaire de la croissance tumorale. Ces composés et molécules modulant notre système immunitaire sont appelés « composés immunomodulateurs ». Les laboratoires s’intéressent donc particulièrement à la caractérisation de ces nouveaux composés ainsi qu’aux thérapies combinatoires pour atteindre un taux de succès plus élevé. L’objectif de ce projet est d’évaluer la réponse immunitaire suite au développement d’une tumeur dans des souris contrôles ou génétiquement modifiées permettant une description exhaustive et une caractérisation de toutes les cellules immunes infiltrant la tumeur et leur rôle dans le contrôle de la pousse tumorale, en présence ou non d’un traitement thérapeutique de composés immunomodulateurs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à évaluer de façon qualitative et quantitative la capacité d’un modèle murin à rejeter une tumeur après un traitement immunothérapeutique (traitements qui impact la réponse du système immunitaire) en comparaison avec des animaux contrôles sans traitement. Ainsi, nous pourrons valider de nouveaux candidats dans le cadre d’immunothérapie. Nous pourrons également déterminer l’action anti-tumorale de ces nouveaux composés grâce à l’étude du système immunitaire et définir la dose optimale à injecter. Ces études présenteront une avancée majeure dans le traitement des cancers par immunothérapie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront régulièrement manipulées lors de ce projet à raison d’un jour sur deux pour différentes raisons : – La préparation de la peau à J-1 : les souris seront préalablement tondues à l’aide d’une tondeuse. La tonte se fait sur souris vigiles (contention) (30 secondes/souris) -L’injection par voie sous-cutanée des cellules tumorales à J0 nécessitera une anesthésie générale des souris par voie chimique (durée anesthésie : 30-45min, durée injection : 2min/souris). -Les injections de composés permettant d’optimiser la réponse antitumorale du système immunitaire débuteront à J6 post-injection tumorale. Celles-ci auront lieu 2 fois/semaine sur 3 semaines minimum à la demande du partenaire. Suivant la voie d’injection recommandé par le partenaire, la contention sera utilisée, à l’exception de l’administration par voie intraveineuse (derrière le globe oculaire) qui nécessitera une anesthésie gazeuse des souris pour limiter le stress (injection : entre 30 sec et 1min/ souris). -Les suivis de poids auront lieu 3 fois/semaine sur souris vigile (souris manipulées et déplacées dans une balance à pesée dynamique) à partir de J0 jusqu’à la fin de la procédure (entre 30 sec et 1min/ souris). -Les suivis de mesures tumorales au moyen d’un pied à coulisse auront lieu 3 fois/semaine sur souris vigile (contention) à partir de J3 ou J5 suivant la voie d’injection des cellules utilisée jusqu’à la fin de la procédure (2min/ souris). -Les prélèvements sanguins (4 ou 5 au total au cours de la procédure expérimentale) auront lieu sur souris vigile (contention) afin d’évaluer l’efficacité du traitement sur le système immunitaire. Les prélèvements seront de 100μL en respectant à chaque fois une semaine d’intervalle minimum (1min/souris). -Une unique biopsie lorsque la tumeur a atteint 200mm3 nécessitera une anesthésie gazeuse des souris ainsi qu’une anesthésie locale au niveau du site de ponction de la biopsie (1min/souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1-Les tests de toxicité des composés immunomodulateurs seront effectués en amont par les partenaires. Les doses injectées n’induiront donc aucun effet indésirable sur les animaux dans le cadre de ce projet. 2-Les effets indésirables liés à la croissance tumorale : -Douleur -Mobilité réduite -Perte de poids 3-Les différents actes techniques pouvant engendrer du stress, nécessitant une contention ou une anesthésie tels que : La tonte, les pesées, les mesures tumoral, l’injection des cellules tumorales (réalisée sous anesthésie) , les injections des composés thérapeutiques (réalisées sous anesthésie suivant la voie d’administration choisis), la biopsie (réalisée sous anesthésie) et les prélèvement sanguin seront les plus court possible (contention) et réalisées par du personnel expérimenté et expert dans ces techniques afin de limiter les contraintes subies par l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Selon les différentes Procédures expérimentales, quel que soit le protocole choisi, tous les animaux sélectionnés pour l’étude de l’ensemble des caractères apparents des cellules du système immunitaire seront mis à mort afin de procéder au prélèvement des organes et à leur analyse. Les animaux ne rentrant pas dans les critères de sélection définis par l’étude ou sortis de l’étude avant sa fin seront également mis à mort.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans ce type de projet, aucune méthode substitutive ou alternative ne nous permettrait de nous placer dans des conditions physiologiques similaires. En effet, le modèle testé dans le cadre de cette demande doit être évalué à l’échelle de l’organisme entier, permettant ainsi la mise en place de toutes les boucles de régulation impliquées dans ce type de réponse. Le modèle murin est donc un modèle de choix pour l’étude du système immunitaire grâce aux connaissances acquises et au nombre d’outils disponibles.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des expériences antérieures ont permis de déterminer la « variabilité de la mesure » afin de pouvoir calculer par un test de puissance le nombre d’animaux nécessaires pour atteindre la significativité statistique. Le nombre utilisé pour ces expériences sera de 6 animaux par groupe afin d’avoir des données statistiques robustes et de limiter le nombre d’expérience. Le nombre de groupe sera amené à varier selon les besoins du partenaire, notamment si plusieurs molécules ou doses sont à tester. Les résultats seront ensuite analysés à l’aide de logiciel spécialisés et nous appliquerons selon la taille des groupes différents tests statistiques.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux en expérimentation seront hébergés en groupe de 5 individus maximum par cage et de même sexe. L’accès à l’eau et à la nourriture sera ad libitum. Dans chaque cage, le milieu sera enrichi par l’ajout de deux éléments : – une maison en carton pour leur procurer un abri, – un nid compact de lanières de papier Kraft, que les souris pourront grignoter afin de se confectionner un nid. Un temps d’acclimatation d’une semaine sera respecté entre la réception des animaux et le début du protocole expérimental. Les souris seront observées quotidiennement par le personnel de zootechnie formé et qualifié et des points limites seront préalablement établis. En ce sens, une grille de score sera utilisée prenant en compte le comportement naturel et provoqué de l’animal, la variation pondérale et la caractérisation expérimentale (aspect et volume tumoral). Des points limites seront établis pour chaque observation lors de l’évaluation à l’aide de la grille de score (valeur maximale de la grille de score) qui entraineront la mise à mort de l’animal s’ils sont atteints. Dans ce projet nous étudions le système immunitaire, toute administration d’analgésique entrainerait un biais de la réponse cellulaire observée.En effet, les études animales évaluant la toxicité du paracétamol chez le rat et la souris, ont mis en évidence des lésions gastro-intestinales, des changements des nombres des cellules sanguines, une dégénération de la paroie du foie et du rein et une nécrose. De plus les effets du paracétamol sur la pousse tumorale sont en contradiction avec le projet et ses objectifs. Ainsi, nous ne pourrons pas utiliser d’analgésique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mammifères dont 99% des gènes sont similaire à ceux de l’homme, la souris est un animal de petite taille, à reproduction rapide et facile d’élevage. De plus, la communauté scientifique dispose de bonne connaissance anatomique, physiologique et biologique de ce modèle. La physiopathologie de la souris est suffisamment proche de celle de l’homme pour que son étude soit riche d’enseignements permettant d’accroître nos connaissances sur le fonctionnement du système immunitaire des 2 espèces, avec des applications cliniques potentielles pour l’homme. Par ailleurs, le modèle murin est un modèle de choix pour l’étude du système immunitaire grâce aux connaissances acquises et au nombre d’outils disponibles permettant de déterminer ainsi l’ensemble des caractères observable et apparents du système immunitaire. Enfin, nous utiliserons uniquement des animaux adultes, de plus de 8 semaines, avec un poids supérieur ou égal à 20g. Les animaux doivent en effet avoir un système immunitaire mature et un poids suffisant pour être stable au début du protocole et éviter les variations physiologiques non dues au protocole.