
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-433131)
Réutilisés pour la plupart dans d’autres procédures, 24 500 souris et 500 rats subissent entre 7 et 12 jours de vie, sans anesthésie, un tatouage des doigts suivi d’une biopsie de la queue, dans des procédures d’un niveau de souffrance déclaré léger. Le porteur précise que les nouveau-nés dont le génotype ne convient à aucun projet sont tués dès le sevrage, et que d’autres sont tués pour prélever des organes. Il compte l’absence d’anesthésie parmi les avantages de ces deux gestes, et signale comme effets indésirables rares une hémorragie de la queue ou le rejet des petits par leur mère. Les essais de génotypage à partir de follicules pileux n’étant pas concluants, il conclut qu’il est « indispensable » de recourir à la biopsie caudale.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de cette demande est d’identifier et de génotyper l’ensemble des animaux génétiquement altérés produits par l’Etablissement Utilisateur (EU) pour répondre aux besoins des équipes de recherche. Il s’agit d’un double geste invasif consistant en une identification par tatouage digital selon un code de numérotation défini suivi d’une biopsie de queue pour le génotypage réalisés sur un animal de 7 à 12 jours. Pour les animaux adultes, seule une biopsie d’oreille est réalisée. Cette identification et ce génotypage se justifient par la nécessité de sélectionner les animaux d’intérêt pour l’expérimentation, sélectionner les géniteurs permettant l’amplification et l’entretien des colonies, sélectionner les animaux pour la formation, le maintien des compétences et les prélèvements d’organes ou de tissus pour des études ex vivo. Les animaux dont les génotypes ne conviennent pas pour les projets expérimentaux soumis et n’étant pas utilisés pour les prélèvements post-mortem, pour les activités d’élevage ou encore pour la formation ne seront pas conservés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure d’identification et de génotypage est nécessaire à la sélection d’animaux d’intérêt dans les projets de recherche autorisés. L’identification par tatouage permet d’identifier individuellement les animaux de manière permanente. Le tatouage permet également d’éviter d’avoir recours à l’anesthésie. Le génotypage par biopsie de l’extrémité de la queue permet d’obtenir des résultats fiables grâce à une faible quantité de matériel génétique et de minimiser les risques de contaminations des échantillons. Il permet également de ne pas recourir à l’anesthésie des animaux.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Prélèvement sur animal vigile Tatouage et prélèvement pour génotypage: 1 seule procédure par animal n’exédant pas 2 minutes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure d’identification et de génotypage consiste en deux actes succéssifs. Ces deux gestes induisent une douleur légère de courte durée. L’animal est maintenu en contention pendant ces deux actes ce qui est une source de stress. Celle-ci sera minimisée au maximum par l’expérience du zootechnicien réalisant les gestes. Dans de très rares cas, certains effets indésirables supplémentaires peuvent survenir : une légère hémorragie à l’extrémité de la queue ou le rejet des nouveuax-nés par la mère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux sont gardés en vie à l’issue de la procédure. Leur devenir différe ensuite selon les résultats du génotypage : 1) Ils sont sélectionnés pour un projet, pour de la formation ou pour le maintien des compétences 2) Ils sont conservés pour l’entretien des colonies 3) Ils sont mis à mort pour des prélèvements post-mortem 4) Ils sont mis à mort dès le sevrage si leurs caractéristiques génétiques ne répondent pas aux besoins du projet expérimental et si aucune autre utilisation n’est possible.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des essais sont en cours au niveau de la plateforme de génotypage afin de réaliser les génotypages à partir de prélèvements non invasifs de follicules pileux. Mais à ce jour, les résultats ne sont pas concluants et un doute sur des résultats conduirait à la nécessité de procéder à un nouveau prélèvement. En effet, une erreur de génotypage se traduirait par la mise en accouplement d’animaux n’ayant pas les caractéristiques attendues. Cela impliquerait : – une augmentation du nombre d’animaux produits inutilement – la naissance d’animaux avec un phénotype potentiellemnt délétère – l’utilisation d’animaux génétiquement sans intérêt dans des projets expérimentaux induisant des résultats erronés et non exploitables (si l’erreur n’est pas détectée précocement). Il est donc indispensable de recourir à une méthode de génotypage fiable. Or il n’existe pas actuellement de méthode de prélèvement non invasive aussi performante que la biopsie de l’extémité de la queue.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A ce jour, nous ne disposons pas d’autres méthodes aussi efficaces nous permettant de sélectionner des animaux génétiquement altérés. Le responsable de l’EU établit un plan d’élevage en amont en concertation avec le/les porteur(s) de projet afin de réduire autant que possible le nombre d’animaux générés et donc d’animaux identifiés et génotypés. En outre, nous favorisons l’utilisation des animaux avec un génotype sans intérêt dans d’autres projets ou pour des formations afin de ne pas élever ces animaux à ces seules fins et de réduire le nombre global d’animaux produits dns l’EU.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des points limites précoses sont mis en place. De plus, les actes d’identification et de prélèvement pour génotypage sont réalisés par du personnel expérimenté, formé par tutorat. La parfaite maîtrise du geste par des agents qualifiés permet de réduire l’inconfort et le stress ressentis par l’animal. Ces identifications et biopsies sont réalisées avec du matériel approprié permettant un geste rapide et précis dans le respect des règles d’asepsie établies dans l’EU. Par ailleurs, la procédure est réalisée dans une salle d’expérimentation calme. Les cages y sont amenées les unes après les autres afin de réduire autant que possible le stress des animaux. Enfin, dès que la procédure est terminée, les nouveaux-nés sont remis en présence de leur mère.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris et le rat sont des espèces de choix pour les projets ayant cours dans l’EU. Ces espèces permettent d’obtenir aisément des lignées génétiquement altérées par différentes méthodes et donc créer des modèles murins de pathologies bien caractérisées. La très grande majorité des animaux sont identifiés et prélevés entre 7 et 12 jours. A cet âge, les animaux sont aisément manipulables, le cartilage est souple et les groupes sociaux constitués sont stables. Nous éviterons autant que possible les biopsies sur animal adulte.