
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-06-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-622685)
Une hémorragie, une hyperthermie, un trouble cardiaque ou respiratoire ou une douleur constatés pendant l’opération entraînent l’arrêt de la chirurgie. 12 porcs adultes, issus d’études antérieures, vont être utilisés dans des procédures menées sous anesthésie, tous tués avant tout réveil. Pendant environ quatre heures, des chirurgiens gynécologues leur retirent l’utérus, les ovaires, l’omentum, la rate, une partie de l’intestin grêle et du péritoine, fixent par sutures 16 capteurs de lumière, remplissent l’abdomen d’une solution chauffée à 37 °C puis l’illuminent 30 minutes, pour tester un dispositif de thérapie photodynamique des cancers de l’ovaire étendus au péritoine. Le porteur écrit que l’arrêt doit permettre de « se concentrer sur le rétablissement de l’animal », et justifie l’absence de réveil par la volonté de leur « éviter un réveil difficile ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des études précliniques ont permis de démontrer l’efficacité de la thérapie photodynamique (PDT) sur la carcinose péritonéale ovarienne, actuellement en impasse thérapeutique. Trois études cliniques ont également mis en évidence la faisabilité de la PDT dans cette indication. La PDT a pour objectif de détruire les cellules tumorales résiduelles, laissées après retrait des tumeurs visibles à l’oeil nu, disséminées dans la cavité péritonéale afin d’éviter les récidives de la maladie. En pratique, la PDT pourrait être intégrée au standard de traitement en étant proposée durant la chirurgie de retrait des tumeurs, une fois l’intégralité de celles-ci réséquées. Cependant, aucun dispositif ne permet, à l’heure actuelle, l’illumination de façon homogène de la cavité péritonéale. Or celle-ci est essentielle à la réalisation d’une PDT efficace. C’est dans ce contexte que nous avons développé un tel dispositif d’illumination. A ce stade du projet, la dernière étape avant une étude clinique permettant de démontrer l’efficacité de la PDT sur les patientes atteintes de carcinose péritonéale ovarienne à l’aide du dispositif développé par notre laboratoire, est une étude de faisabilité préclinique sur le gros animal. Ainsi, les objectifs de cette étude préclinique de faisabilité sont au nombre de 4. L’objectif principal est de s’assurer de la faisabilité de l’illumination de la cavité péritonéale à l’aide du dispositif lumineux développé en vérifiant que celui-ci peut être installé facilement et rapidement dans la cavité péritonéale. Nous mesurerons également les quantités de lumière que notre dispositif est capable de délivrer à la cavité péritonéale une fois inséré dans le corps de la patiente. Nous nous intéresserons également à la lumière que délivre le scialytique, lampe située au-dessus du corps de la patiente durant la chirurgie, et potentiellement capable de générer un effet de PDT. Ainsi, le second objectif est de mesurer les doses de lumière délivrées par le scialytique en association avec le dispositif développé et le troisième objectif est de mesurer la dose de lumière délivrée par le scialytique durant l’intervention chirurgicale. Enfin, afin de maximiser les quantités de lumière délivrées dans la cavité péritonéale et ainsi l’effet thérapeutique de la PDT, nous souhaitons déterminer si une illumination à l’aide d’une partie du dispositif lumineux est possible pendant la chirurgie sans gêner le chirurgien opérant. Il s’agit du quatrième objectif.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les cellules cancéreuses persistant à l’issue de l’intervention chirurgicale de cytoréduction sont responsables du taux élevé de récidives (60 à 70%). La PDT a pour but l’élimination de ces cellules tumorales résiduelles. L’étude préclinique faisant l’objet de cette demande vise à accélerer le positionnement de la PDT comme traitement adjuvant pour les patientes atteintes de carcinose péritonéale. L’objectif à long terme, est de réduire le taux de récidives et ainsi augmenter la survie globale des patientes.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à une unique procédure chirurgicale qui durera environ 4h. Durant cette intervention, l’animal subira une série de gestes chirurgicaux (exploration de la cavité, retrait de l’utérus et des ovaires, retrait de l’omentum au niveau de l’estomac, retrait d’une partie du péritoine d’une coupole diaphragmatique, retrait d’une petite partie de l’intestin grêle, retrait d’une partie du péritoine derrière le foie, curage dans les zones dorsale et pelvienne et retrait de la rate) identiques à ceux que subissent les patientes atteintes de carcinose péritonéale d’origine ovarienne. La quantité de lumière délivrée à la cavité sera mesurée durant chaque geste grâce à des capteurs de lumière. Ces gestes ont également pour objectif de permettre la réalisation du test d’insertion du dispositif lumineux dans des conditions identiques à la pratique clinique. Des points de sutures seront réalisés sur le péritoine pour permettre la fixation de 16 capteurs de lumière (11 capteurs isotropiques et 5 photodiodes) et les textiles lumineux qui composent le dispositif lumineux (1 point de suture par élément). Une fois les capteurs de lumière et le dispositif lumineux (textiles lumineux et baguette lumineuse) en place, la cavité péritonéale sera remplie de solution diffusante chauffée à 37°C permettant une diffusion de la lumière dans la cavité péritonéale. S’en suivra une illumination de 30 minutes. A la fin de la procédure, l’abdomen de l’animal sera refermé et l’animal sera euhanasié.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’animal, sous anesthésie générale, subira une série de gestes chirurgicaux à savoir : exploration de la cavité, retrait de l’utérus et des ovaires, retrait de l’omentum au niveau de l’estomac, retrait d’une partie du péritoine d’une coupole diaphragmatique, retrait d’une petite partie de l’intestin grêle, retrait d’une partie du péritoine derrière le foie, curage dans les zones dorsale et pelvienne et retrait de la rate. Ces gestes sont susceptibles d’entrainer des douleurs durant la chirurgie. Toutefois, un analgésique sera administré au début de l’intervention et au besoin, au fil de l’intervention, afin que l’animal ne ressente le moins de douleur possible. De plus, il ne sera pas réveillé, on ne prévoit donc pas de nuisances ou d’effets indésirables.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de leur éviter un réveil difficile après une procédure chirurgicale, les animaux ne seront pas réveillés de l’anesthésie. Ils seront euthanasiés à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une étude préalable sur un modèle de cavité péritonéale, développé au sein de notre laboratoire, a permis une optimisation des emplacements dans lesquels seront placés les dispositifs lumineux et les capteurs de lumière nécessaires à la réalisation de la dosimétrie. Le banc de mesure optique (capteurs de lumière, photodiodes et puissance-mètres), associé à ce modèle de cavité péritonéale, a également été défini et calibré sur la base de ces essais sur modèle de cavité péritonéale. Cependant, notre modèle ne tient pas compte des propriétés optiques des tissus biologiques et ne permet donc pas une estimation pertinente des quantités de lumière qui seront réellement délivrées au sein de la cavité péritonéale de la patiente en clinique. Ce modèle ne permet pas non plus de mimer une chirurgie de cytoréduction complexe, telle que réalisée sur une patiente. Or, cette chirurgie de cytoréduction est indispensable à l’étude de la faisabilité de l’insertion du dispositif qui doit être faite dans des conditions les plus proches possibles de la réalité clinique. De plus, une étude précise de la littérature nous permet d’affirmer qu’aucun modèle adapté à notre étude, commercialisé ou expérimental, n’existe à l’heure actuelle. Avant d’envisager une étude clinique, il est donc indispensable de réaliser une étude de faisabilité et de dosimétrie sur le gros animal.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’intégralité des animaux destinés à cette étude proviendront d’études antérieures et seront donc réutilisés. De plus, notre protocole, précisément défini, ainsi que les études préalables sur modèle de cavité péritonéale permettent de réduire le nombre d’animaux inclus dans la présente étude au strict minimum permettant une conclusion scientifique. Toutefois, il s’agit d’une étude pilote de faisabilité, ainsi, aucune approche statistique n’a été réalisée.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une attention particulière sera portée à la santé et au bien-être des animaux qui proviendront d’études antérieures. Durant leur hébergement, des jouets et congs (pour jouer tout en cherchant la nourriture) seront mis à disposition dans leur enclos. L’enclos, qui sera isolé du sol par des caillebotis, leur permettra d’avoir des interactions sociales avec leurs congénères. Durant notre procédure, nous nous assurerons que l’animal ne ressente aucune douleur grâce à une analgésie et une anesthésie profonde adaptées. Les points limites ont été soigneusement définis: durant de la chirurgie, si une hémorragie, une hyperthermie, un trouble cardiaque ou respiratoire ou une douleur est observé, la procédure sera stoppée afin de se concentrer sur le rétablissement de l’animal. Afin de leur éviter un réveil difficile après la procédure chirurgicale, les animaux ne seront pas réveillés. De plus, le protocole des expérimentations prévues a été défini dans les moindres détails et validé par les chirurgiens gynécologues associés à l’étude. Cela permettra notamment de réduire le stress de l’équipe et ainsi le risque d’erreur de manipulation sur le cochon anesthésié. Les chirurgiens gynécologues opérant sur les cochons anesthésiés sont des chirurgiens expérimentés ayant déjà pratiqué de nombreuses chirurgies de cytoréduction sur patientes atteintes de carcinose péritonéale ovarienne. Ils ont également pu s’entrainer à l’installation du dispositif lumineux et des capteurs de lumières sur le modèle de cavité péritonéale développé au sein de notre laboratoire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons choisi le porc pour deux raisons. Premièrement, l’étude nécessite que la taille de la cavité péritonéale de l’animal se rapproche le plus possible de la taille de la cavité péritonéale de la femme, cible de notre thérapie. Deuxièmement, le porc est l’animal dont l’anatomie (en termes d’organes présents dans la cavité péritonéale et de leurs positions) se rapproche le plus de l’anatomie de la femme. Les animaux utilisés seront adultes car nous avons besoin que les organes de la cavité péritonéale soient complétement formés et qu’ils aient atteint leur taille adulte.