
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-09-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-705096)
3 840 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à sévères. Elles reçoivent par voie intranasale des bactéries ou des métabolites, sont infectées par le virus de la grippe, puis tuées pour prélever sang et tissus pulmonaires. Le porteur indique que l’infection peut provoquer perte de poids, fièvre et léthargie durant six à sept jours. Il écarte les méthodes sans animaux au motif qu’aucune ne permettrait de connaître la tolérance d’un « organisme entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chaque année, dans le monde, le nombre de cas de grippe est d’environ 1 milliard et le nombre de décès liés à la grippe est estimé entre 290 000 et 600 000. L’émergence d’une pandémie, comme la pandémie actuelle de COVID-19, met fortement en évidence l’impact sanitaire, social et économique d’une infection virale incontrôlée. La vaccination est la stratégie la plus efficace contre les virus. Cependant, la courte durée de l’immunité induite par le vaccin, associée à la dérive antigénique intrinsèque des virus, affecte négativement cette protection. En plus de cela, le développement de nouveaux médicaments antiviraux a été lent, et même les médicaments disponibles sur le marché soulèvent des préoccupations quant à leurs effets secondaires. Par conséquent, des stratégies plus efficaces contre les infections virales sont à développer. Les médicaments orientés vers l’hôte et capables de moduler le système immunitaire, en améliorant ou en limitant les réponses exacerbées, élargissent considérablement le répertoire des cibles thérapeutiques par rapport aux médicaments antiviraux simples et présentent une meilleure barrière face à l’émergence d’une résistance virale. Plusieurs molécules immunomodulatrices, présentant des propriétés antivirales ont été mises en évidence. Par exemple, le succinate est capable d’inverser la reprogrammation métabolique déclenchée par le virus de la grippe, Influenza A (IAV), en diminuant l’expression des voies inflammatoires spécifiquement déclenchées par l’IAV et en bloquant le cycle de réplication virale de l’IAV, sans effet toxique chez la souris. D’autre part, les bactéries provenant du microbiote se sont révélées non seulement promoteuses pour le maintien de l’équilibre de l’organisme, mais aussi comme une nouvelle source de molécules pertinentes pour l’hôte afin de renforcer le système immunitaire. Elles ont été utilisées pour lutter contre plusieurs maladies intestinales mais aussi infectieuses respiratoires. De plus certaines de ces bactéries produisent des molécules d’intérêt, tel que le succinate. Ainsi, notre projet vise étudier ces bactéries produisant des molécules immunomodulatrices pertinentes dans le contexte de l’infection virale grippale. Après une évaluation de leur efficacité et innocuité in vitro, nous sélectionnerons les bactéries et leurs molécules les plus prometteuses pour être testées chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet consiste à utiliser des bactéries pour délivrer des molécules immunomodulatrices, ou directement les molécules immunomodulatrices, au niveau de la muqueuse respiratoire infectée par des virus. Cette stratégie est innovante et pertinente car : 1) elle propose une nouvelle stratégie de traitement qui propose l’administration de bactéries microbiotiques ou de leurs molécules d’intérêt dans les voies respiratoires ; 2) elle permet de trouver une solution contre les infections virales sans favoriser la résistance; 3) elle propose une solution de traitement qui peut être administrée par voie nasale, ce qui permet d’interagir directement avec la muqueuse nasale et pulmonaire; 4) elle ne nécessite pas de conditions de stockage spéciales, ce qui permet une facilité de manipulation et d’administration.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure 1: Expérience de tolérance en administrant, par voie intranasale, une seule dose de bactéries ou de metabolites. Nº de souris par produit à évaluer: 80. Durée de la procedure: 2 jours. Chaque souris sera manipulée 20 min total/jour (comprenant un temps d’habituation de l’animal à l’espace+ observation, anésthésie et administration de bactéries/metabolites et prélèvements de sang et tissus pulmonaires le dernier jour). Procédure 2: Expérience de tolérance en administrant, par voie intranasale, des doses répétées de bactéries ou de metabolites. Nº de souris par produit à évaluer: 64. Durée de la procedure: 7 jours maximum. Chaque souris sera manipulée 20 min total/jour (comprenant un temps d’habituation de l’animal à l’espace + observation, anésthésie et administration de bactéries/metabolites et prélèvements de sang et tissus pulmonaires le dernier jour). Procédure 3: Evaluation d’un traitement prophylactique utilisant des bactéries ou des molécules d’intérêt dans un modèle d’infection grippale chez la souris. Nº de souris par produit à évaluer: 144. Durée de la procédure: 8 jours d’expérimentation maximum et 7 jours d’observation. Chaque souris sera manipulée 20 min total/jour (comprenant un temps d’habituation de l’animal à l’espace+observation, anésthésie et administration de bactéries/metabolites/virus et prélèvements de sang et tissus pulmonaires le dernier jour). Procédure 4: Evaluation d’un traitement curatif utilisant des bactéries ou des molécules d’intérêt dans un modèle d’infection grippale chez la souris. Nº de souris par produit à évaluer: 144. Durée de la procedure: 7 jours d’expérimentation maximum et 7 jours d’observation maximum. Chaque souris sera manipulée 20 min total/jour (comprenant un temps d’habituation de l’animal à l’espace + observation, anésthésie et administration de bactéries/metabolites/virus et prélèvements de sang et tissus pulmonaires le dernier jour). Procédure 5: Evaluation d’un traitement curatif utilisant des bactéries ou des molécules d’intérêt sur la survie des souris dans un modèle d’infection grippale. Nº de souris par produit à évaluer: 48. Durée de la procedure: 7 jours d’expérimentation maximum et 15 jours d’observation maximum. Chaque souris sera manipulée 20 min total/jour (comprenant un temps d’habituation de l’animal à l’espace + observation, anésthésie et administration de bactéries/metabolites/virus et prélèvements de sang et tissus pulmonaires le dernier jour).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous attendre aux effets secondaires suivants : perte de poids, température, perte d’appétit, inactivité ou encore létargie, sur une durée allant jusqu’à 6 ou 7 jours post-infection. Une surveillance bi-quotidienne sera donc réalisée (température, poids, comportement, etc.).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les souris seront euthanasiées à la fin de chaque plan expérimental afin de prélever des organes et d’analyser les différents paramètres de la tolérance et d’efficacité.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans notre étude, les expériences que nous souhaitons réaliser sur les souris ne peuvent pas être remplacées par des méthodes alternatives car actuellement, aucun modèle in vitro ou ex vivo ne permet de connaître la tolérance d’un organisme entier ou encore de mimer les réponses immunitaires ou de modéliser la complexité d’un organisme pour analyser cette dernière. Par conséquent, les modèles animaux sont nécessaires à notre étude. Nous souhaitons rajouter que le modèle murin d’infection par le virus de la grippe est bien établi et maîtrisé par notre équipe. De plus, nous tenons à souligner que dans notre étude, nous utilisons des systèmes de culture in vitro et ex vivo (cellules épithéliales primaires humaines), pour étudier les effets toxiques possibles et l’efficacité des bactéries et des molécules afin de ne sélectionner que les plus prometteuses pour les études in vivo.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tout d’abord, nous tenons à souligner que les expériences in vitro et ex vivo, réalisées au préalable avec des cellules épithéliales primaires humaines limiteront le nombre de bactéries et de molécules à évaluer et donc le nombre de souris à utiliser. L’objectif est de tester 8 produits maximum. Les calculs du nombre de souris sont basés sur des études statistiques afin d’utiliser le nombre minimum de souris possible et d’atteindre une signification statistique.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris seront élevées en communauté (4 ou 6 souris par cage) dans des cages enrichies avec du sopalin, des fragments de boîtes d’œufs et des jouets en plastique. Les souris seront habituées aux manipulations les jours précédant l’expérimentation, en les sortant de la cage et en associant la manipulation à un renforcement positif en donnant une récompense alimentaire (bout de biscuit, pomme, etc.). Toutes les manipulations sur les souris ne seront effectuées que par du personnel qualifié ayant suffisamment d’expérience avec les procédures décrites pour minimiser toute douleur et inconfort possible pour les animaux. Tout au long du déroulement des expériences, une observation systématique de leur état clinique sera réalisée de façon pluriquotidienne par les animaliers et les expérimentateurs, afin de détecter au plus tôt une éventuelle souffrance animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors de ce projet, nous utiliserons des souris souris C57Bl/6 parce qu’il s’agit d’une souche de souris appropriée pour étudier l’inflammation, les réponses immunitaires et qu’il s’agit d’un modèle bien établi d’infection par le virus de la grippe. D’autre part, le modèle d’infection grippale est pleinement maîtrisé sur cette souche de souris au laboratoire et le pathogène utilisé dans ce projet est identique à celui infectant l’Homme. Il existe également de nombreux réactifs commerciaux adaptés à la souris pour décrire et comprendre les acteurs de sa réponse inflammatoire et immunologique. De plus, la souris, de par sa petite taille, permet une logistique aisée, et constitue un bon support pour tester les nouvelles approches thérapeutiques dans les modèles précliniques. Ainsi, cette souche de souris limite de ce fait le nombre d’animaux utilisés pour des études préliminaires. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (entre 8 semaines et 12 semaines) pour avoir un système immunitaire mature mais non vieillissant.