Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La colibacillose aviaire, due à certaines souches d’Escherichia coli appelées APEC (Avian pathogenic E. coli) est la pathologie bactérienne la plus fréquente chez les volailles. Elle entraine une utilisation fréquente d’antibiotiques, contribuant ainsi à la sélection et à la diffusion de gènes de résistance chez l’animal et dans l’environnement. Actuellement, en France et dans le monde, un vaccin commercial existe mais son utilisation sur le terrain semble souffrir d’une efficacité limitée. Une problématique importante de la colibacillose tient à la diversité des souches APEC. Plusieurs auteurs ont tenté d’identifier des marqueurs de virulence pour différencier les souches APEC des E. coli non pathogènes, dans un but diagnostic. Cependant, à date, il n’est pas possible de diagnostiquer toutes les souches APEC, aucun gène particulier ne permettant de les caractériser. Dans deux saisines précédentes, nous avons mis au point des modèles de reproduction de la colibacillose chez le poussin et apporté un début de preuve de l’intérêt de l’immunisation passive des poussins (i.e au travers d’autovaccins administrés à leur mère; un autovaccin est un vaccin fabriqué à la demande à partir d’E. coli isolée d’un élevage et apliqué dans cet élevage; dans une définition plus large, c’est un vaccin fabriqué à la demande à partir d’E. coli caractérisée à des fins de recherche). Dans le présent projet, nous voulons capitaliser sur ces résultats et aller plus loin dans l’utilisation des autovaccins. Des essais seront réalisés en conditions protégées afin d’évaluer l’efficacité d’autovaccins (une ou plusieurs souches) sur des animaux autres que des poussins (poulets de 5 semaines). Pour cerner les mécanismes de protection, l’impact de la vaccination sur le portage de E. coli sera analysé. De plus, des oiseaux reproducteurs seront auto-vaccinés (ou non) et leur réponse immunitaire et sa persistance, ainsi que la transmission des anticorps vaccinaux aux poussins, et la protection conférée vis-à-vis d‘une inoculation des poussins par E. coli seront étudiés. Différentes conditions expérimentales pourront être testées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La colibacillose aviaire est la pathologie bactérienne la plus fréquente chez les volailles. Elle entraine une utilisation fréquente d’antibiotiques, contribuant ainsi à la sélection et à la diffusion de gènes de résistance chez l’animal et dans l’environnement. Du fait de la diversité génétique des bactéries responsables (E. coli), aucun moyen de prévention efficace n’existe car le vaccin commercial est peu efficace. Les autovaccins peuvent contribuer à améliorer cette situation, à condition de bien caractériser et maitriser les souches d’E. coli qu’ils contiennent. Ce projet vise à mieux évaluer l’efficacité d’autovaccins, utilisés soit pour protéger directement les poulets, soit indirectement via l’immunisation passive (vaccination des poules pour protéger les poussins). Il vise également à mieux cerner les mécanismes de protection en analysant l’impact de la vaccination sur le portage de E. coli.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les interventions sur les animaux seront : – Inoculations d’E. coli par voie sous cutanée (poussins) ou intra-trachéale (poulets). – Prélèvement de sang d’1 ml sur 20 poules – Pesée des animaux avant inoculation d’E. coli et en fin de période de suivi

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les inoculations d’E. coli aux poulets, surtout dans les groupes ne recevant pas d’autovaccins, sont susceptibles de les rendre malades. Les symptômes peuvent se manifester par un retard de croissance, un abattement de l’animal (léthargie) et, dans les cas les plus graves, par une septicémie entrainant la mort.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont mis à mort parce que des autopsies doivent être pratiqués pour constater des lésions et effectuer des réisolements bactériens

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La colibacillose aviaire, due à certaines souches de la bactérie Escherichia coli (E. coli), est la pathologie bactérienne la plus fréquente chez les volailles. Elle entraine une utilisation fréquente d’antibiotiques, contribuant ainsi à l’aggravation de la résistance aux antibiotiques. Du fait de la diversité génétique des bactéries responsables, aucun moyen satisfaisant de prévention n’existe car le vaccin commercial disponible est peu efficace. Les autovaccins (vaccin inactivé produit à partir d’E. coli sélectionnées) peuvent contribuer à améliorer cette situation. Ce projet vise à mieux évaluer l’efficacité d’autovaccins, utilisés soit directement pour protéger les poulets, soit indirectement via l’immunisation passive (vaccination des poules pour protéger les poussins). Il nécessite, de fait, l’utilisation d’animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Au total, 693 animaux (52 poules, 6 coqs et 635 poulets) seront utilisés dans les quatre procédures du projet. Le nombre de poulets a été fixé au minimum acceptable pour atteindre les objectifs du projet, à partir de données obtenues de deux précédents projets. Quant au nombre de poules, il a été fixé pour produire suffisamment d’œufs et donc de poussins.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en cages (poules) ou en isolateurs (poussins et poulets) et bénéficieront d’enrichissements appropriés (plateformes et éléments de perchage). Nous n’attendons pas d’effets indésirables des autovaccins administrés aux animaux. Les inoculations aux poussins sont susceptibles de les rendre malades. Pour détecter une éventuelle souffrance des animaux, ils seront surveillés de près (4 à 5 passages par jour en plus d’observations par caméra) pour détecter des comportements anormaux (abattement ou prostration par exemple). Tout animal prostré ne pouvant se déplacer après sollicitation sera mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le poulet est la production cible de la colibacillose aviaire Poussins d’un jour (en fait, d’un à deux jours en fonction du rythme d’éclosion), poulets de 5 semaines et poules reproductrices