
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-919760)
68 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Quarante-huit d’entre elles reçoivent une lentille sclérale posée sous anesthésie générale et locale pour provoquer un œdème de la cornée, avec trois examens oculaires avant la pose et trois après. Le porteur reconnaît que la pose peut aboutir à une ulcération de la cornée, source de douleur et de malnutrition, et que l’œdème provoqué occasionne un flou visuel. Il affirme que toutes les expériences in vitro ont déjà été faites et que le recours à l’animal reste « primordial », pour un collyre qui dispose pourtant déjà d’un marquage CE.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’endothélium cornéen est la couche la plus profonde de la cornée nécessaire au maintien de sa transparence. Il est composé d’une monocouche cellulaire qui ne se divise pas in vivo. Une diminution de la densité endothéliale au cours de la dystrophie endothéliale de Fuchs, par exemple, entraîne une perte de la transparence cornéenne, appelé œdème cornéen, à l’origine d’une baisse de vision chez le patient. A ce jour, les pathologies de l’endothélium cornéen représentent la première indication de greffe de cornée dans le monde, seule thérapeutique actuellement disponible. Il est décrit que le port de lentille dans certaines conditions induit un œdème cornéen, de façon similaire à ce qui peut être observé chez les patients souffrant de la dystrophie de Fuchs. Nous avons identifié in vitro et ex vivo de nouveaux facteurs environnementaux induisant un œdème de cornée aggravant d’autant plus la pathologie et accélérant la perte des cellules endothéliales. Ainsi, nous développons actuellement une thérapeutique anti œdème afin ralentir l’évolution de la pathologie pour pallier au manque de greffons. Un brevet a été déposé concernant l’utilisation de cette thérapeutique au cours de la dystrophie de Fuchs. Cette thérapeutique innovante dispose actuellement d’un marquage CE en tant que dispositif médical de classe III. L’objectif du projet est de prévenir l’apparition de l’œdème cornéen, symptôme caractéristique de la dystrophie endothéliale de Fuchs. Pour cela nous utiliserons un dispositif médical sous forme de collyre. L’action de ce collyre sera évaluée sur un modèle d’œdème induit par le port de différents types de lentilles sclérales adaptées à la morphologie oculaire murine. Objectif 1 : évaluation de l’apparition de l’œdème de cornée après pose d’une lentille chez les souris sauvages en comparaison aux souris transgéniques Objectif 2 : évaluation d’un dispositif médical dans la prévention de l’œdème cornée induit par la lentille
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’évaluation de l’efficacité du dispositif médical sur un modèle murin est une étape primordiale avant l’évaluation clinique chez l’humain. Cette nouvelle thérapie innovante permettrait in fine de ralentir l’évolution d’une pathologie cornéenne fréquente dont les ressources thérapeutiques sont actuellement limitées. Cette thérapeutique innovante dispose à ce jour d’un marquage CE en tant que dispositif médical de classe III.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux nécessaires à la réalisation du projet subiront une série d’examens de caractérisation du phénotype cornéen incluant 3 étapes : un examen à la lampe à fente pour analyser pour une analyse visuelle de l’etat de la cornée sur animal vigile par contention douce (1 minute par animal), un OCT (Tomographie à Cohérence Optique) pour analyser structurellement l’etat de la cornée en profondeur sous anesthésie générale (5 minutes par animal), un examen de microscopie confocale pour analyser une analyse detaillée des differentes couches cellulaires de la cornée effectué sous anesthésie générale (5 minutes par animal). Cette série d’examen sera effectué 2 fois : avant et après la pose d’une lentille. La pose de la lentille sera quant à elle effectuée sous anesthésie générale et locale et suivie d’une vérification de son bon positionnement (1 minute par œil). Les 48 animaux nécessaires à la réalisation du projet auront une pose d’une lentille sous anesthésie gazeuse et locale. Cette procédure sera accompagnée d’examens de caractérisation du phénotype cornéen, examens réalisés en pratique clinique courante chez l’humain et dont la réalisation sur le rongeur nous est familière (une procédure, 3 examens de caractérisation du phénotype). Les 48 animaux auront au total une procédure comprenant la pose de lentille ainsi que 3 examens de phénotype cornéen avant et après pose de la lentille. -Pose de lentille sous anesthésie gazeuse et locale et vérification de son bon positionnement, durée = 1 minute /œil -Examen à la lampe à fente sous contention vigile douce, durée = 1 minute / animal, examen réalisé avant pose de lentille et après son retrait -OCT de cornée avant et après pose de lentille sous anesthésie gazeuse, durée de l’examen = 5 minutes / animal, examen réalisé avant pose de lentille et après son retrait -Microscopie confocale in vivo, sous anesthésie gazeuse, durée de l’examen 5 minutes /animal, examen réalisé avant pose de lentille et après son retrait. les 20 animaux n’auront pas de pose de lentille mais une répétition d’OCT , 8 OCT en 72h.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les lentilles ont été spécialement développées pour s’adapter à la surface oculaire murine. Peu d’effets indésirables ont été décrits quant à la pose elle-même de la lentille. Toutefois les animaux soumis à une pose de lentille qui pourra éventuellement aboutir à une ulcération cornéenne, celle-ci peut être à l’origine de douleur et de malnutrition en cas de douleur importante. L’œdème cornéen induit par certain type de lentille peut occasionner un flou visuel. Les différents examens ophtalmologiques effectués peuvent induire un stress de courte durée en raison de la contention manuelle nécessaire ou un stress thermique pour ceux effectués sous anesthésie. Il peut survenir des complications durant l’anesthésie pouvant conduire à des défaillances cardio-respiratoires dans de très rares cas. La SBEA sera informé de tous effets indésirables
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Apres la procédure, les animaux seront euthanasiés et les globes oculaires récupérés pour analyses moléculaires et histologiques des globes oculaires.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les expériences in vitro ont été réalisées et seules les expériences in vivo restent à faire pour passer aux essais thérapeutiques chez l’humain. Enfin, tout ce projet sera réalisé avec une attention particulière portée sur le bien-être de l’animal : en cas de modification physique et/ou comportementale (prostration, alimentation, hygiène) non améliorée par les antalgiques ou en cas de complication locale (ulcération, infection), nous procèderons à l’euthanasie de l’animal. L’utilisation d’un modèle animal est primordial dans la continuité de nos résultats in vitro. En effet, les études fonctionnelles de l’endothélium cornéen et son retentissement sur l’opacité cornéenne ne peuvent être développées qu’in vivo. La cornée étant un organe complexe composé de différentes couches cellulaires en interaction les unes avec les autres, aucun modèle in vitro ou ex vivo ne permet à ce jour d’évaluer ce type de retentissement. L’utilisation de ce modèle est donc une étape clé dans le futur développement d’une thérapeutique chez l’humain.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons limité aux seules expériences indispensables le protocole proposé. La réalisation en phases successives permettra de limiter le nombre d’expériences. Nous avons pu valider la méthodologie proposée et avons obtenu les preuves de concept satisfaisantes avant toute intervention in vivo. Basé sur l’expertise du laboratoire dans les pathologies de l’endothélium cornéen et sur les données de la littérature, le nombre d’animaux a 68 a été estimé pour obtenir un nombre minimum de résultats significatifs en tenant compte des éventuelles pertes dues à une mauvaise réaction à l’anesthésie, ou par atteinte des points limites durant les procédures expérimentales. La rédaction d’un protocole précis ainsi que la bonne maîtrise des techniques par les expérimentateurs correspondants permet de maximiser les resultats. Une analyse de puissance statistique a été faite et le nombre d’animaux utilisé par protocole expérimental a été estimé en vue d’atteindre un compromis entre une puissance élevée et un nombre d’animaux raisonnable. Les tests statistiques seront effectués via le logiciel PRISM. L’effectif a été choisi pour pouvoir mettre en évidence une différence de proportion de 0.5 avec l’utilisation du dispositif médical avec un risque alpha de 0.05 et une puissance de 95% avec un test bilatéral. Ce résultat a été calculé avec G-Power 3.1.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le choix de la souris est incontournable pour des études précliniques de la cornée. Afin d’utiliser le moins d’animaux possible et avec la meilleure efficacité, nous avons affiné nos mesures et développé des lentilles adaptées à la surface oculaire de rongeurs sur des animaux dont les globes oculaires n’étaient pas utilisés à des fins de recherche. Les lentilles sclérales ont l’avantage de créer une interface entre la lentille et la surface de la cornée, cette interface peut servir de réservoir pour la thérapeutique proposée. Ainsi, la même lentille induisant un œdème de cornée sera utilisée comme réservoir pour le dispositif médical sur l’œil controlatéral, limitant le biais lié au port de lentille et réduisant au strict minimum le nombre de procédure sur le globe oculaire. Les animaux en provenance de l’extérieur observeront une période d’acclimatation de 5 jours minimum. Les animaux sont hébergés dans des cages de stabulation avec enrichissement (cotons , tunnel en carton , bâton en bois) alimentation et abreuvement à volonté. Les animaux sont examinés quotidiennement par le personnel qualifié de l’animalerie et/ou les expérimentateurs. L’atmosphère est contrôlée pour les conditions d’hébergement (température et hygrométrie stable). Les animaux bénéficieront si nécessaire d’une anesthésie gazeuse. Un analgésique local sera administré pour que l’animal sous anesthésie ne ressente aucune douleur pendant l’expérimentation. La douleur pré-opératoire est gérée par l’administration d’anti inflammatoires et une observation régulière des animaux. La zootechnie lors de leur tour Bien Etre Animal deux fois par jour procède à la vérification de l’état des animaux. Tous signes d’inconfort ou de détresse sera pris en compte tels que l’apparence et la position anormale : poil ébouriffé, perte excessive de poils, dos courbé, couché sur le côté; comportements anormaux : agressivité soudaine, abattement, inactivité, vocalisation et mutilation, isolement, diminution de l’appétit, changement des périodes de sommeil, réduction de la mobilité.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un modèle adapté aux pathologies oculaires liées à la cornée. Malgré sa petite taille, la souris est proche de l’humain sur le plan de la physiopathologie des affections de l’endothélium cornéen. Des études préliminaires ont réalisé des sutures de paupières induisant une cécité complète chez l’animal. Nous pensons que la pose d’une lentille sclérale est un bon moyen d’étude de stress sur l’endothélium cornéen car elle est rapide et facilement réalisable, ne nécessite pas de geste chirurgical et permet une vision à travers le dioptre de la lentille. L’utilisation d’un modèle murin permet d’avoir recours au modèle transgénique dont le phénotype a déjà pu être établi ex vivo. Des tests préliminaires de toxicité et d’immunogénicité systémiques ont déjà été réalisés sur modèle murin avec le dispositif médical anti œdème. Des souris adultes âgées d’au moins 6 semaines seront utilisées pour les fonds C57BL/6NRj. En effet à partir de cet âge le tissu cornéen est mature et la taille de la cornée est maximale, afin de faciliter la pose et l’adaptation de la lentille sclérale. La pose de lentille interviendra sur les souris dont le phénotype cornéen aura été évalué au préalable par OCT, microscopie confocale in vivo et lampe à fente.