120 souris porteuses d'une mutation liée à l'autisme, soumises à des tests métaboliques puis tuées, pour étudier leur adiposité.

120 animaux (souris) · dont 40 en souffrance sévère · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

120 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Des souris génétiquement modifiées portant une mutation liée à un trouble de type autisme subissent des tests métaboliques, gavage de glucose, injections d’insuline et prélèvements de sang répétés, avant l’euthanasie pour prélever leurs organes. Le projet cherche à comprendre pourquoi ces souris perdent leur tissu adipeux, en lien avec la pathologie neurodéveloppementale. Le porteur affirme que seule une étude in vivo permet d’identifier l’effet de la mutation et qu’il n’existe pas d’autre modèle animal mimant la maladie.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-366487v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
TRIO, Neurodéveloppement, autisme, métabolisme, tissu adipeux
Souris : 120

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’intégrité des connections entre les neurones (synapses) est indispensable au bon fonctionnement du cerveau. Nous travaillons sur une protéine qui est essentielle pour le bon développement du système nerveux et la mise en place des synapses. Cette protéine est codée par un gène qui vient d’être identifié comme à risque pour l’apparition de troubles neurodéveloppementaux. En effet, les patients ayant une mutation dans ce gène présentent une déficience intellectuelle ainsi que des troubles de type autisme. Nous avons caractérisé une nouvelle mutation de cette protéine par des analyses in vitro. Pour aller plus loin dans la compréhension de l’impact de cette mutation sur le fonctionnement cérébral, seule une étude in vivo pourra permettre d’identifier comment notre variant perturbe la mise en place des circuits neuronaux. Dans ce but, nous avons créé un modèle de souris portant cette mutation, afin d’étudier les effets potentiels sur l’apprentissage et le comportement. De façon inattendue, les animaux mutants perdent leur tissu adipeux. Dans cette étude nous souhaitons comprendre comment le variant affecte le métabolisme des souris en lien avec la pathologie neurodéveloppementale. De telles connaissances pourraient permettre i) de mieux comprendre ce qui se passe chez les patients pour améliorer leur prise en charge médicale, en particulier en s’intéressant à leur métabolisme et à leur alimentation, ce qui n’est pas du tout fait aujourd’hui ; ii) d’ouvrir des pistes de recherches à visée thérapeutique pour ces patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La souris permet l’utilisation d’approches génétiques pour reproduire les mutations trouvées chez l’homme. Les caractéristiques des souris utilisées sont bien connues ce qui permet d’étudier l’effet du variant de notre protéine cible sur le comportement, l’apprentissage, et la physiologie. Le modèle mutant que nous venons de développer n’existe pas et représente un outil très important pour pouvoir mimer la pathologie humaine. C’est le premier modèle de cette pathologie découverte récemment. Grâce à ce projet, nous allons pouvoir déterminer quel est l’impact de ce variant sur le métabolisme et le maintien du tissu adipeux, en lien avec la pathologie neurodévelopementale. Personne ne s’est encore intéressé aux problèmes potentiels de métabolisme et d’alimentation chez ces patients, et ce nouvel aspect peut avoir un réel impact pour une meilleure prise en charge des patients.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux subiront des tests non-invasifs pour caratériser leur croissance, leur composition corporelle et leur métabolisme. Pour caractériser le métabolisme du glucose, tous les animaux vigiles subiront une administration orale d’une solution de glucose (volume et sonde respectant les recommandations / 5 secondes), un prélèvement de sang à la queue (volume et voie respectant les recommandations/ 5 secondes) puis 5 prélèvements d’une goutte espacés sur 2 heures (2 secondes par prélèvement. Après une semaine de repos, tous les animaux vigiles subiront une injection intra-péritonéale (volume et aiguille respectant les recommandations / 3 secondes) puis 5 prélèvements d’une goutte de sang à la queue, espacés sur 2 heures (2 secondes par prélèvement).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour l’étude de la thermorégulation, les animaux subiront un stress léger lié à la manipulation lors des tests de composition corporelle (1min30/semaine), de motricité (3 fois 10 min) et de comportement (2 fois 15 minutes). Lors de la mesure du métabolisme respiratoire (48h) on peut attendre un stress modéré lié à l’individualisation nécessaire pour l’analyse. Pour le test de tolérance au glucose, on peut attendre une perte de poids de 10 à 15% liée au jeun (12h sur la nuit, de 20h à 08h) et les animaux subiront une administration orale de glucose. Pour le test de résistance à l’insuline, le jeun de 4h le matin n’induit pas de perte de poids et les animaux subiront une injection intrapéritonéale d’insuline. Dans ces deux derniers tests, les prélevements sanguins à la queue induisent une douleur légère. Pour l’étude de l’influence d’un régime hypercalorique, qui reprend les mêmes tests mais sur des animaux ayant une nourriture plus riche, on attend les mêmes effets indésirables. L’élevage (accouplements pour production des cohortes) implique l’isolement d’animaux pour accouplement. Seuls les mâles seront isolés, pour une période maximale de 2-4 semaines.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

A la fin de chaque procédure, nous euthanasierons les animaux afin de réaliser le prélèvement des organes et les analyses moléculaires et biochimiques nécessaires à la compréhension des mécanisme d’action de notre variant.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le modèle animal ne peut pas être remplacé, car seule une étude in vivo permet d’identifier l’effet du variant de notre protéine neuronale sur le fonctionnement cérébral et le métabolisme. De plus, il n’existe pas d’autre modèle animal qui puisse mimer la maladie.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour nos expérimentations, nous avons prévu d’utiliser au maximum 80 souris sur une période de 2 ans. Le nombre nécessaire d’animaux pour garder une puissance statistique dans le traitement de nos résultats a été calculé avec un logiciel de statistique, sur la base de publications précédentes et de notre expérience (niveau de significativité : p=0.05). Seules les expériences considérées comme absolument indispensables seront réalisées. Nous utiliserons des mâles et des femelles dans nos procédures expérimentales car des différences ont été observées dans le développement des symptômes chez les garçons et les filles porteurs de la mutation. Les deux procéduresexpérimentales étant réalisées à des températures d’élevage différentes (28° vs 22°), nous ne pouvons pas utiliser le même lot contrôle. Pour l’élevage, nous utiliserons 40 animaux mutés, qui est le nombre nécessaire pour produire les lots d’expérimentation.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris seront hébergées à raison de 5 par cage afin de limiter stress et angoisse. Leur environnement sera enrichi par un carré de ouate et un tunnel en plexi rouge. Le tunnel permet aux animaux de s’habituer à l’analyse de composition corporelle qui est pratiquée elle aussi dans un système de tunnel de contention rouge. La nourriture et l’eau sont disponibles ad libitum et ils suivront un cycle naturel jour/nuit (12h/12h). Lors du change qui sera fait de façon hebdomadaire, on conservera le tunnel et une partie du nid pour garder les odeurs des animaux dans la cage propre et limiter le stress. Pour réduire la douleur et soulager l’inconfort des animaux, ils seront observés quotidiennement, y compris les weekends, et les signes de souffrance (perte excessive de poids, hyperactivité ou au contraire isolement, hérissement des poils, dos voûté) seront recherchés et seront répertoriés avec des grilles de douleur/suivi. Cela permettra d’intervenir immédiatement et de manière appropriée si des signes de souffrance sont détectés. Enfin, les animaliers s’occuperont toujours des mêmes souris qui seront changées selon un planning hebdomadaire strict afin d’éviter de les stresser. Les administrations seront réalisées avec des solutions à température ambiante (administration orale de glucose) ou tiédie (injection intrapéritonéale d’insuline).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Seule une étude in vivo permet d’identifier l’effet du variant de notre protéine neuronale sur le fonctionnement cérébral et le métabolisme. Nous avons choisi le modèle murin car nous avons pu reproduire par modification génétique le modèle de la pathologie humaine. Il n’existe pas d’autre modèle animal qui puisse mimer la maladie. Nous commencerons les tests à environ 10 semaines, puisque nous avons observé précédemment une diminution de poids à cet âge. Dans nos deux procédures, les animaux subissent les mesures du métabolisme respiratoire, les analyses du métabolisme du glucose et l’euthanasie aux mêmes âges.