Projet autorisé, résumé publié en septembre 2023 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Evaluation du potentiel anti-thrombotique d’anticorps anti plaquettaires
896 souris soumises à des modèles de thrombose et d'AVC puis tuées, pour tester des anticorps anti-plaquettaires contre le risque hémorragique.
896 animaux (souris) · dont 80 en souffrance sévère · tous tués
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.
896 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance allant du modéré au sévère, une partie menée sous anesthésie sans réveil. Elles subissent plusieurs modèles de thrombose par pincement de l’aorte, chlorure de fer ou ponction de la carotide, un modèle d’accident vasculaire cérébral classé sévère sur vingt-quatre heures, et des modèles d’inflammation cutanée et pulmonaire. Le porteur décrit après réveil une prostration, une activité réduite et des troubles respiratoires, et évoque des souris humanisées pour la protéine GPIb. Il affirme que ces processus sont trop complexes pour des modèles in vitro « pas assez sophistiqués » et teste des anticorps anti-plaquettaires.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-09-19 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-970906)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les plaquettes jouent un rôle principal dans l’arrêt du saignement mais elles sont également impliquées dans la thrombose artérielle. Le complexe GPIb-V-IX est le récepteur clé des plaquettes au facteur Willebrand (FW). Cette interaction assure l’adhérence des plaquettes au sous-endothélium lésé. Le complexe GPIb-V-IX joue un rôle important dans la croissance du thrombus il est donc une cible anti-thrombotique reconnue. Il participe également à la formation du clou hémostatique et il est possible que son ciblage entraine un risque hémorragique. Nous avons généré trois anticorps qui bloquent l’interaction entre le complexe GPIb-V-IX humain et le facteur Willebrand. Nous avons montré ces anticorps inhibent in vitro la formation d’un thrombus dans une chambre de perfusion avec du sang humain. L’objectif du projet est d’évaluer le potentiel anti-thrombotique de ces 3 agents en les comparant à d’autres agents déjà validés dans des modèles de thrombose expérimentale. En parallèle nous utiliserons d’autres modèles in vivo pour évaluer le risque hémorragique. Ces modèles seront réalisés dans des souris humanisées pour la GP1b humaine (hGP1b), la GP1b murine étant remplacée par la GP1b humaine. Les plaquettes présentent des microfilaments d’actine impliqués en hémostase. La dynamique du cytosquelette d’actine correspond à un ensemble de processus d’assemblage et de désassemblage, dynamique indispensable pour le bon fonctionnement des cellules. Ces processus sont notamment régulés par les protéines de la famille des MICAL responsable d’oxydations, dont MICAL1 présent au niveau plaquettaire. De plus, il a été mis en évidence que ces oxydations sont importantes au niveau cardiovasculaire. Le rôle de MICAL1 plaquettaire sera évalué en thrombose artérielle grâce aux modèles de lésion mécanique suite au pincement de l’aorte abdominale ; lésion chimique suite à l’application d’un tampon imbibé de chlorure de fer sur la carotide ; lésion de la carotide par une piqure d’aiguille.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le complexe GPIb-V-IX joue un rôle important dans la croissance du thrombus il est donc une cible anti-thrombotique reconnue. Il participe également à la formation du clou hémostatique et il est possible que son ciblage entraine un risque hémorragique. Nous avons généré trois anticorps qui bloquent l’interaction entre le complexe GPIb-V-IX humain et le facteur Willebrand. Nous avons montré que ces anticorps inhibent in vitro la formation d’un thrombus dans une chambre de perfusion avec du sang humain. L’évaluation de ces 3 agents pourrait conduire à l’identification d’un nouvel antiplaquettaire n’induisant pas de risque hémorragique, pouvant ainsi déboucher sur des essais cliniques afin d’en tester la sécurité et l’efficacité chez l’Homme. D’autre part, MICAL1 (responsable d’oxydations) est impliqué dans la dynamique du cytosquelette d’actine indispensable au bon fonctionnement des cellules. Il a été mis en évidence la présence de nombreuses oxydations au niveau cardiovasculaire. L’évaluation du rôle de MICAL1 plaquettaire en thrombose artérielle pourrait faire progresser les connaissances scientifiques et notamment mieux comprendre les mécanismes impliqués en thrombose artérielle.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront soumis à : – Un modèle de thrombose par pincement mécanique sur l’aorte de la souris anesthésiée, une procédure classée sans réveil. 432 souris y seront soumises. La procédure dure 30 minutes – Un modèle de thrombose au chlorure de fer sur carotide de souris anesthésiée, une procédure classée sans réveil. 112 souris y seront soumises. La procédure dure 30 minutes. – Un modèle de thrombose par ponction d’une carotide de souris anesthésiée, une procédure classée sans réveil. 112 souris y seront soumises. La procédure dure 30 minutes. – Un modèle d’AVC (procédure chirurgicale) classé sévère auquel 80 souris seronts soumises. La procédure dure 24h. – Un modèle d’inflammation cutanée par formation de complexes immuns (rpA d’Arthus) induit par injections intradermiques et rétro-orbitale, classé modéré auquel 80 souris seronts soumises. La procédure dure 4h. – Un modèle d’inflammation pulmonaire induite par l’innoculation intranasale de LPS, classé modéré auquel 80 souris seronts soumises. La procédure dure 24h.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les 3 modèles de thrombose sont des procédures sans réveil réalisées sous anesthésie. On pourra s’attendre à un impact sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée). Pour le modèle d’AVC ischémique, durant l’anesthésie on peut également s’attendre à un impact sur le rythme respiratoire. Au moment du réveil, on s’attend à un impact sur le comportement (activité réduite voire prostration), sur l’apparence physique (apparence des poils, paupières fermées), sur la nutrition, sur la température et également sur la motricité (rotation). Pour le modèle d’Arthus, durant l’anesthésie on peut également s’attendre à un impact sur le rythme respiratoire. Au moment du réveil, on s’attend à un impact sur le comportement (prostation) et sur l’oeil (fermeture de la paupière). Pour le modèle de saignement pulmonaire, durant l’anesthésie on peut également s’attendre à un impact sur le rythme respiratoire. Au moment du réveil, on s’attend à un impact sur le comportement (prostration) et la respiration (accélération, sifflements).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront sacrifiés à la fin de chaque procédure.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce projet est d’évaluer le rôle d’un récepteur antiplaquettaire humain dans des processus complexes et intégrés que sont la thrombose, l’AVC hémorragique ou encore les saignements en conditions inflammatoires. Ces processus sont particulièrement complexes et font intervenir plusieurs types cellulaires ainsi que des conditions hémodynamiques (vaisseaux, pression artérielle, flux sanguin), les modèles in vitro ne sont pas assez sophistiqués pour reproduire toute la complexité de ce processus.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisés lors de cette étude sera réduit au minimum, ce nombre étant fixé à 16 souris/groupe au maximum pour l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Nous utiliserons des tests de Mann-Whitney pour la comparaison de 2 groupes et un test Kruskal-Walis post-test Dunn pour les comparaisons multi-groupes.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les conditions d’hébergement des animaux sont optimisées par l’enrichissement des cages avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet de compartimenter leur environnement selon leurs besoins. Les animaux, entre 2 et 6 par cage, ont un accès permanent à l’eau de boisson et à la nourriture. Les conditions de travail pour l’utilisation de modèles animaux ont été raffinées au maximum afin de limiter leur angoisse, stress et douleur lors des manipulations. Pour ce faire, des points limites spécifiques ont été établis pour chaque procédures. Ces points limites permettront de soustraire l’animal aux procédures expérimentales et ainsi limiter la souffrance et l’inconfort de l’animal. Lors des procédures, les animaux sont anesthésiés, maintenus à une température de 38°C par l’utilisation d’une plaque chauffante (tout au long de la procédure) et un traitement approprié contre la douleur leur est administré. Pendant toutes les expérimentations, les animaux sont surveillés par du personnel entrainé.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un animal pour lequel les modèles d’étude in vivo sont largement répandus et maitrisés. Les techniques de mutagénèse dirigée ont permis de générer des souris exprimant la GPIb humaine (hGPIb) et des souris déficientes en MICAL1 spécifiquement au niveau mégacaryocytaire et plaquettaire. Ces lignées sont parfaitement adaptées à cette étude et constitue un outil original et unique. Des souris hGPIb, MICAL1-/- et WT âgées de 8 à 24 semaines seront utilisées dans les procédures 1,2,4,5,6. Cet âge correspond à la période où les souris pubères et ne présentant pas encore de modifications biologiques dues au vieillissement. Pour la procédure 3, le vaisseau doit être strictement calibré. L’écart d’âge entre les individus sera restreint entre 8 et 10 semaines.