Procédures légères
Caractérisation d’un modèle de souris développant la maladie de Steinert et développement d’une approche de thérapie génique à l’aide d’un Vecteur Associé à l’Adénovirus sur ce modèle
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
Pour mesurer si une thérapie génique injectée dans le sang atteint le muscle, le cœur et la respiration, 1 120 souris issues d'une lignée reproduisant la maladie de Steinert vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger à modéré. Chacune subit un prélèvement de queue pour génotypage, une injection du vecteur viral, des prises de sang répétées, puis une série de mesures qui totalisent plus de deux heures par animal, dont une épilation du thorax pour l'échographie cardiaque et la pose d'électrodes transcutanées. Le porteur signale un risque de blessures aux griffes lors du test d'agrippement et des irritations douloureuses après l'épilation. Une partie des souris nées de ces croisements n'a pas le génotype recherché, et le RNT indique qu'elles seront mises à mort sans jamais entrer dans l'expérience.
Objectifs
La Dystrophie Myotonique de type 1 ou maladie de Steinert est une maladie génétique rare sans traitement affectant tous les organes, mais caractérisée principalement par un problème de décontraction des muscles. Elle est causée par la perte d’activité d’une protéine, MBNL, dont le rôle est de régler les niveaux de dizaines de gènes. Son inactivation a donc des conséquences très importantes sur tous les organes (muscle, cœur, appareil respiratoire) et les patients les plus sévèrement atteints meurent prématurément des défaillances de ces organes. Des études réalisées sur des modèles cellulaires ou par injections locales dans des modèles de souris reproduisant la maladie ont permis de montrer que l’injection d’un traitement réactivant MBNL corrige les défauts de décontraction des cellules musculaires. Afin de vérifier l’efficacité du traitement au niveau du corps entier et de pouvoir traiter des patients humains, notre projet a pour objectif de tester l’efficacité du traitement donné par injection intraveineuse dans un modèle murin de la maladie. Cette approche devrait permettre au traitement d’atteindre tous les organes touchés et de corriger les défauts essentiels mortels (notamment les problèmes cardiaques et respiratoires). Dans un premier temps, le modèle murin de DM1 sera mis en reproduction et caractérisé au niveau des fonctions musculaire, cardiaque et respiratoire. Ensuite, deux études de recherche de la dose médicamenteuse seront réalisées : la première étude sera réalisée sur un temps court afin de déterminer la dose efficace, puis une seconde étude plus longue permettra de vérifier la persistance du traitement dans le temps.
Bénéfices attendus
La caractérisation du modèle de souris reproduisant la maladie de Steinert permettra de connaitre les symptômes, notamment au niveau des fonctions musculaires et cardiorespiratoires. Cette étude est nécessaire pour faire les meilleurs choix de tests et optimiser les temps de traitements et d’arrêt de l’étude thérapeutique qui sera faite dans un second temps. L’étude d’efficacité thérapeutique du traitement réactivant MBNL permettra de déterminer la meilleure dose pour le traitement de thérapie génique, ce qui servira à transposer la dose aux futurs essais cliniques qui seront réalisés chez les patients.
Procédures
Afin d’identifier le fond génétique de l’animal, un prélèvement d’un bout de queue sera réalisé sur chaque animal. En cas de doute sur l’échantillon, un deuxième prélèvement sera réalisé à l’oreille au cas par cas. Chacun de ces gestes ne durera en moyenne pas plus d’une minute. Les molécules thérapeutiques (virus non pathogènes transportant le médicament) seront délivrées par une injection unique sur souris éveillée (durée moyenne 2 minutes). Des prélèvements sanguins seront réalisés au cours du temps sur souris éveillé (durée moyenne 2 minutes) ou anesthésiée (10 minutes maximum avec l’anesthésie). Les souris seront soumises à des tests permettant de mesurer la fonction de différents organes : mesure de la force musculaire et de la myotonie (durée moyenne 1 heure), mesure de l’activité électrique du cœur (durée moyenne 30 min), mesure de l’activité électrique du muscle (durée moyenne 15 min), mesure de la fonction cardiaque (durée moyenne 20 min), mesure de la fonction respiratoire (durée moyenne 30 min), mesure d’activité globale (durée moyenne 15min).
Impact sur les animaux
Les animaux seront maintenus en contention manuelle ou dans une boite à contention pour les injections intraveineuses des produits thérapeutiques, ce qui pourrait entrainer un stress et une douleur légère et passagère due à l’injection. Une douleur légère et passagère locale pourrait être ressentie au moment du prélèvement du petit morceau de queue réalisé à des fins de génotypage, ainsi qu’au moment des prélèvement de sang par voie sous-mandibulaire. Des lésions locales de type inflammatoire ou des irritations accompagnées de douleurs localisés pourraient être causées par l’épilation nécessaire pour pratiquer les échocardiographies, par la pose d’électrodes transcutanées au moment de la mesure de l’activité électrique du muscle (ENMG) ou lors de certains tests de mesure de la fonction musculaire sur animal éveillé (pinch test, test d’agrippement) notamment si l’animal présente une blessure au bas du dos (pinch test) ou au niveau des griffes ou des pattes (test d’agrippement). L’ensemble de ces nuisances constitue pour l’animal un niveau global de contrainte léger à modérée.
Devenir
Les animaux sans génotype d’intérêt issue de la procedure de la caractérisation genetique seront mises à mort. Les animaux, avec génotype d’intérêt, utilisés pour la caractérisation du modèle et les études de recherche de la dose du produit thérapeutique seront euthanasiés à la fin du protocole pour récolter les tissus et les organes pour les analyses moléculaires, hématologique et histologique.
Remplacement
La maladie de Steinert est causée par la perte de fonction d’une protéine, MBNL, qui entraine des défauts dans les fonctions de nombreux organes, donc le cœur et la fonction respiratoire. Notre projet consiste à mesurer l'efficacité d’un médicament permettant d’activer à nouveau la protéine MBNL et de corriger ces pertes de fonction. Ces évaluations ne peuvent pas être réalisées dans des modèles de cellules car il est impossible de mimer les symptômes de la maladie dans ces modèles (type perte de la locomotion ou atteinte des paramètres cardiaques). Il est également impossible de cibler différents tissus simultanément dans ces modèles et d’étudier la répartition du médicament entre les différents organes. De plus, l’utilisation de notre médicament peut entrainer une réaction de défense immunitaire de l’organisme contre le traitement, réaction impossible à recréer en laboratoire à ce jour. L'utilisation d’animaux ne peut donc pas être remplacée dans ce projet.
Réduction
Le nombre de souris utilisées dans ce projet a été réduit grâce à :1) le calcul par des tests statistiques des effectifs minimaux mais adéquats permettant une analyse fiable et une exploitation garantie des résultats (groupes de 8 souris) ; 2) l’analyse d’un maximum de paramètres chez chaque animal (plusieurs dizaines) et 3) l’obtention des souris non malades et malades en utilisant les mêmes croisements parentaux.
Raffinement
Les animaux bénéficieront d’une phase d’habituation avant les tests visant à mesurer le fonctionnement des muscles de la respiration. Lors de certains tests, il y a un risque exceptionnel de blessures aux griffes : dans ce cas, un traitement avec un désinfectant sera appliqué jusqu’à la guérison. Afin de contrôler la douleur et le stress de l’animal, certains tests seront réalisés sous anesthésie gazeuse ou sous anesthésie générale et un antidouleur sera administré avant et pendant les 48 heures qui suivront la fin des tests. Dans le cas d’animaux anesthésiés, les tests seront réalisés sur une plaque chauffante pour maintenir la température corporelle constante et quand nécessaire, une application de gel oculaire sera réalisée pour augmenter le confort des animaux anesthésiés. Une application de crème anti-irritation sera appliquée sur le thorax des animaux après l’épilation nécessaire pour la mesure du fonctionnement du cœur. Les sites d’insertion des aiguilles seront désinfectés et en cas de signes d’infections ou d’inflammation, un traitement anti-inflammatoire et/ou antibiotique sera administré dans l’eau des biberons. Tous les tests seront effectués dans une salle dédiée isolée du lieu d'hébergement, dans un environnement calme. Les animaux seront également pesés une fois par semaine pendant tout le protocole afin de détecter le moindre signe de souffrance. Les souris étant des animaux grégaires, aucun animal ne sera isolé dans une cage, sauf si des traitements médicamenteux administrés dans l’eau de biberon s’avéraient nécessaires : dans ce cas, la période d’isolement serait réduite au maximum.
Choix des espèces
La maladie de Steinert affecte le bon fonctionnement des muscles, du cœur et de la respiration. A ce jour, des modèles murins, drosophiles et poisson-zèbres portant cette maladie ont été décrits. De ces trois modèles, la souris est le modèle le plus utile, car il est le seul modèle de mammifère et il développe des symptômes similaires à ceux observés chez les patients (atteinte des muscles, du cœur et de la respiration). Il permettra donc de valider l’effet du traitement sur l’ensemble des organes affectés par la maladie. La caractérisation préalable du modèle entre les âges de 2 à 12 mois permettra de déterminer à quel moment la pathologie apparait et son évolution, ce qui permettra de bien choisir le temps de démarrage du traitement, afin de se rapprocher au plus juste des différentes conditions de traitement qui seront testées sur les malades humains.
Evaluation d’une première génération de doubles analogues GLP-1/26RFa pour le traitement du diabète de type 2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
802 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, chacune enchaînant des jeûnes de six heures, des incisions au bout de la queue et des séjours seule en cage de calorimétrie, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger à modéré. Un régime gras les rend obèses et hyperglycémiques avant de recevoir des analogues d'hormones digestives, une sonde télémétrique étant implantée sous anesthésie chez une partie d'entre elles au cours d'une chirurgie d'une heure. La mise à mort sert à prélever les organes pour l'histologie. Le porteur indique avoir écarté deux molécules sur cellules bêta-pancréatiques avant de passer à la souris, puis affirme qu'il n'existe "pas d'alternatives non-animales appropriées" pour la suite.
Objectifs
Face au défi majeur que constitue la prise en charge de l’obésité et de ses nombreuses comorbidités, dont le diabète de type 2 (DT2), il devient crucial de développer des stratégies thérapeutiques innovantes et efficaces. Le diabète de type 2, largement associé à l’obésité, représente une véritable urgence de santé publique en raison de sa prévalence croissante. À ce jour, les traitements classiques ne permettent pas toujours un contrôle optimal de la maladie, soulignant ainsi la nécessité de nouvelles approches thérapeutiques. Dans ce contexte, l’émergence récente de molécules multi-agonistes, tels que les doubles agonistes et, plus récemment, les triples agonistes combinant les actions sur les récepteurs des incrétines ouvre de larges perspectives thérapeutiques. Ces nouvelles molécules permettent de cibler simultanément plusieurs voies métaboliques impliquées dans la régulation de la glycémie, de la sécrétion d'insuline et du métabolisme lipidique, en s’appuyant sur l’axe entéro-insulaire. Cette approche pluri-hormonale est ainsi particulièrement prometteuse pour améliorer la gestion du DT2, en optimisant la régulation métabolique. Plusieurs peptides aux propriétés métaboliques intéressantes ont été identifiés et étudiés. Parmi eux, un neuropeptide découvert pour ses effets incrétiniques, s’intègre parfaitement dans ce nouveau paradigme thérapeutique. En effet, il présente des effets bénéfiques sur la sécrétion d'insuline et la régulation de la glycémie, faisant de lui un candidat de choix pour être combiné à d’autres hormones dans le cadre de traitements pluri-hormonaux. Le projet s’inscrit pleinement dans cette dynamique et vise à concevoir, caractériser et évaluer, à la fois in vitro et in vivo, une première génération de molécules chimériques combinant les effets d'une incrétine traditionnelle et de cette nouvelle. L’objectif est de développer des molécules capables de potentialiser les effets thérapeutiques des agonistes actuels tout en explorant de nouvelles voies de régulation du métabolisme glucidique et lipidique, afin d'offrir une alternative prometteuse et plus efficace pour le traitement du diabète de type 2.
Bénéfices attendus
Les résultats de cette étude devraient permettre des avancées majeures dans les domaines de la recherche fondamentale et biomédicale, avec des répercussions importantes pour la compréhension et le traitement des maladies métaboliques. Tout d'abord, il s'agit de concevoir de nouveaux doubles analogues, qui combinent les actions de différentes hormones impliquées dans la régulation du métabolisme glucidique. Ces molécules innovantes feront l'objet d'une caractérisation approfondie des mécanismes cellulaires et moléculaires par lesquels elles interviennent dans le maintien de l'homéostasie du glucose, tant dans des conditions normales que dans des contextes physiopathologiques. Une attention particulière sera portée à l'analyse de leur impact sur les cellules β-pancréatiques, les tissus cibles de l'insuline, ainsi que sur les mécanismes de signalisation associés à la sécrétion et à l'action de l'insuline. Ce volet permettra d'élucider comment ces analogues peuvent corriger les perturbations métaboliques observées dans des états pathologiques comme l’obésité et le diabète de type 2. Ensuite, en nous basant sur les résultats obtenus lors de ces investigations, nous envisageons de proposer ces nouveaux analogues comme molécules prometteuses pour le développement de traitements pharmacologiques innovants. En effet, l'identification de telles cibles ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, en particulier dans le cadre de maladies métaboliques complexes comme l’obésité et le diabète de type 2. Ces traitements viseront non seulement à restaurer une régulation efficace de la glycémie, mais aussi à corriger d’autres déséquilibres métaboliques associés à ces pathologies, en améliorant possiblement la sensibilité à l'insuline, la gestion des lipides et la réduction de l'inflammation systémique. Ce projet permettra d’évaluer le rôle potentiel thérapeutique d'une nouvelle classe de molécules incrétinomimétiques, en contribuant à la conception de nouvelles stratégies thérapeutiques plus efficaces et mieux tolérées pour les patients souffrant d’obésité et de diabète de type 2.
Procédures
Les animaux subiront diverses expérimentations et prélèvements, sous anesthésie ou en état de veille. Pour le suivi glycémique, des prélèvements sanguins seront effectués à l’extrémité de la queue. Une semaine de repos sera respectée entre chaque expérimentation pour la récupération sanguine. Une chirurgie d’une heure sous anesthésie permettra d’implanter une sonde télémétrique pour un suivi continu de la glycémie. Pour l’analyse tissulaire, les animaux seront placés sous anesthésie profonde en vue d’une chirurgie sans réveil. Enfin, pour le suivi métabolique, ils seront hébergés en cage de calorimétrie indirecte avant d’être regroupés avec leurs congénères.
Impact sur les animaux
Le protocole de nutrition qui sera utilisé entraine un surpoids et une hyperglycémie chez la souris constituant un modèle d'obésité et de diabète de type 2 chez l'animal. Ce modèle est très largement utilisé dans la littérature scientifique. Le traitement par le peptide seul n'a pas montré d'effets indésirables ou de nuisances chez la souris dans des études antérieures. Les animaux seront soumis à divers types d'expérimentations et de prélèvements soit en condition vigile, soit sous anesthésie. Afin de suivre la glycémie, un implant télémétrique sera introduit au cours d’une procédure chirurgicale sous anesthésie. Nuisances prévues : douleurs post opératoires minorées par l’utilisation d‘analgésiques adaptés. Afin de suivre la glycémie, les animaux subiront une mise à jeun de 6h avant chaque test physiologique. Nuisances prévues : Perte de poids consécutive à la mise à jeun dont le retour à la normale sera surveillé après chaque test, une semaine de repos minimum entre chacun d'entre eux. Toujours pour suivre la glycémie, les animaux subiront une incision à l’extrémité de la queue. Nuisance prévue : douleur à l’incision couverte par l’application locale d’analgésique. Pour le suivi métabolique, les animaux seront hébergés en cage de calorimétrie indirecte afin d'évaluer les paramètres métaboliques. Nuisance prévue : isolement des animaux à 1 animal/cage inhérent à ce suivi, minoré par un temps de test le plus court possible.
Devenir
A la fin de chaque procédure, les animaux sont mis à morts afin de prélever les organes pour permettre une étude histologique.
Remplacement
Pour mieux comprendre la fonction des doubles analogues, nous caractérisons leurs effets en sélectionnant les deux molécules les plus prometteuses sur des lignées de cellules bêta-pancréatiques, ainsi que sur des lignées cellulaires préalablement transfectées avec les récepteurs d'intérêt. Cette méthode permet de réduire considérablement l'utilisation d'animaux dans les premières phases de l'étude. Toutefois, pour appréhender pleinement le rôle physiologique et physiopathologique de ces doubles analogues dans l'ensemble des systèmes de l'organisme, des études in vivo sont indispensables, car il n'existe pas d'alternatives non-animales appropriées à ce stade. Dans ce contexte, la grenouille a déjà été utilisée dans des recherches antérieures, ayant conduit à l'identification du peptide d'intérêt. Les études ultérieures menées chez les mammifères ont confirmé son rôle crucial dans la régulation du métabolisme énergétique et glucidique, ce qui en fait un candidat de choix pour un développement thérapeutique visant les maladies métaboliques, telles que le diabète de type 2. Une approche physiologique complète ne peut être réalisée que grâce à des études sur des modèles mammifères, qui offrent la meilleure approximation des processus physiologiques humains. Ces modèles sont essentiels pour évaluer les effets des doubles analogues dans un contexte proche de la physiologie humaine et pour envisager leur potentiel en tant que traitement innovant contre le diabète et l’obésité.
Réduction
Dans un objectif de réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet, nous avons entrepris une planification expérimentale en amont et avons réalisé des estimations de puissance statistiques. Ceci permet de réduire au plus juste le nombre d’animaux utilisés, tout en s’assurant d’avoir la puissance statistique nécessaire à nos tests. En outre, cela permet d’éviter le double emploi et la réplication d’expériences. Ces calculs ont été réalisé avec EDA (Experimental Design Assistant), ils prennent en compte l’« effect size » prévu (estimé par nos précédentes études et adapté selon la significativité scientifique de la différence, c’est-à-dire la différence minimale ayant une conséquence scientifique significative), la déviation standard prenant en compte la variabilité inter-individuelle, le type de test statistique prévu, la puissance statistique et le risque alpha. Le design de nos expérimentations prévoit quand cela est possible (différents tests physiologiques par exemple) qu’une souris subisse successivement différents tests, réduisant de ce fait de façon significative le nombre de groupe d’animaux nécessaire.
Raffinement
Les conditions d’élevage et de manipulation des animaux seront raffinées pour réduire au maximum la douleur, la souffrance et l’angoisse éventuelle des animaux. Les animaux seront maintenus à minimum trois individus par cage pour éviter tout isolement social et leur hébergement sera pourvu de matériel pour la nidification et d'un tube de plastique rouge leur fournissant un abri. Pendant toute la durée du séjour, les animaux seront suivis quotidiennement pour déceler tout signe de souffrance. Parmi ces signes, seront notamment relevés : posture « dos voûté », prostration, plaies, poil terne, vocalisations anormales, agressivité. Si l’un de ces signes ou combinaison de signes apparaît, le suivi de l’animal sera renforcé. Si l’état de l’animal s’aggrave dans les heures qui suivent ou ne s’améliore pas dans les 24h, il sera considéré qu’un niveau de souffrance intolérable est atteint et une mise à mort sera réalisée. L’ensemble des actes pouvant entrainer une douleur sera réalisé sous anesthésie (locale ou générale) et la douleur au réveil sera traitée par des analgésiques. Pour les animaux devant subir plusieurs tests au cours d'une même procédure, chaque nouveau test sera débuté lorsque les animaux auront bénéficié d’une période de rétablissement minimum d’une semaine qui permet aux animaux de reconstituer leur volume sanguin après les prélèvements effectués lors du test précédent et de stabiliser leur poids corporel.
Choix des espèces
Seule l’utilisation d’un modèle mammifère intégré, donc in vivo chez l’animal entier, peut nous permettre de comprendre de façon globale, le rôle des doubles analogues dans la régulation de l’homéostasie glucidique et de comprendre les mécanismes d’actions de ces peptides. La souris présente de nombreux avantages pour l’élevage en animalerie : taille et coût d’entretien réduits, fortes performances reproductives. Il s’agit d’un modèle animal largement utilisé pour les études physiopathologiques permettant une comparaison de nos données avec celles d’autres équipes. De plus, la souris permet des approches génétiques complexes n’existant pas chez d’autres modèles mammifères. Au cours de cette étude la physiologie chez l’adulte sera étudiée. Les souris seront donc âgées d’au moins 8 semaines lors des expérimentations.
Calcul d’index glycémiques pour des ingrédients utilisés en alimentation équine
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Mis à jeun 15 heures pendant la nuit, des chevaux mangent un ingrédient à tester ou du glucose, puis subissent jusqu'à onze prélèvements de sang capillaire espacés d'au moins 30 minutes, maintenus dans un travail de contention. Ces séances se répètent tous les deux jours au moins, 11 à 21 fois par série, et un même cheval peut enchaîner six séries à un mois d'intervalle, soit jusqu'à 726 prélèvements en cinq ans. 36 équidés, des chevaux adultes de 4 à 12 ans, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les index glycémiques visés doivent aider à formuler les rations, le porteur jugeant que le retrait de nombreuses matières premières complique "la production d'aliments pour chevaux". Aucun cheval n'est tué : le porteur n'attend pas de dommage et prévoit de les réutiliser "sans effet cumulatif".
Objectifs
Une hyperinsulinémie régulière (taux excessif d'insuline, hormone qui régule le taux de glucose dans le sang) est associée à différentes maladies chez le cheval : altérations de la croissance chez le jeune, obésité chez l’adulte, incidence de maladies métaboliques (insulinorésistance ou troubles dans la régulation de l’insuline), etc. Afin de prévenir l’incidence de ces maladies, il est nécessaire de réguler les apports de glucides rapidement digérés dans l’alimentation. Chez les chevaux déjà atteints de maladies métaboliques, la principale recommandation alimentaire repose sur l’apport d’aliments à faible pouvoir glycémiant. Que ce soit pour des individus sains ou malades, il est donc nécessaire de connaître l’index glycémique des aliments distribués (vitesse à laquelle un aliment contenant des glucides fait augmenter le taux de sucre dans le sang après sa consommation,). Cependant, en alimentation équine l’utilisation des index glycémiques est encore balbutiante, notamment car les matières premières utilisées n’ont pas été caractérisées. En conséquence, les pratiques de prévention sur le terrain sont souvent extrêmes, et impliquent un retrait complet de l’alimentation de nombreuses matières premières (céréales, sons, fourrages riches en sucres, etc.) compliquant la production d’aliments pour chevaux. Ce travail a donc pour objectif de créer des index glycémiques pour les ingrédients communément utilisés en alimentation équine, afin de mieux réguler les apports alimentaires chez les chevaux.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de mieux réguler les apports alimentaires chez les chevaux grâce à la construction de premiers index glycémiques pour les ingrédients communément utilisés en alimentation équine.
Procédures
Les chevaux seront soumis à des prélèvements de sang capillaire (maximum 5 minutes). Ces prélèvements seront réalisés sur animal vigile. Chaque série de test permettra de tester de 10 à 20 matières premières, ce qui représente 11 à 21 cinétiques (les X matières premières + le glucose qui sert de référence) séparées de deux jours minimum. Lors de chaque cinétique il pourra y avoir jusqu'à 11 prélèvements séparés de 30 minutes au moins. Un cheval pourra participer à plusieurs séries de test, dans ce cas là, il y aura une pause d'un mois minimum entre chaque série. Au plus, un cheval qui participerait à toutes les séries de test, pourrait donc avoir 726 prélèvements de sang capillaire (6 séries x 11 cinétiques x 11 temps de prélèvements) répartis sur les 5 ans du projet. Les chevaux seront mis à jeun alimentaire durant 15h la veille des cinétiques.
Impact sur les animaux
Les chevaux seront mis à jeun pendant 15h la nuit précédant les mesures de glycémie. Une gène passagère peut être éprouvée au moment du prélèvement de sang capillaire, mais celle-ci ne devrait pas durer plus de quelques minutes.
Devenir
Il n'est pas attendu de dommage pour les animaux impliqués dans ce projet. Les chevaux pourront donc être réutilisés sans effet cumulatif.
Remplacement
Le projet doit obligatoirement être conduit avec des animaux vivants, car il n'existe pour le moment pas de modèle permettant de prédire la réponse glycémique suite à l'ingestion d'un aliment par le cheval.
Réduction
Dans l’objectif de construire de premiers index glycémiques avec une précision de 20 à 30%, 4 à 6 chevaux sont nécessaires pour discriminer les matières premières d’après la littérature. Les animaux seront conduits en conditions contrôlées et uniformes afin de minimiser les variations liées à l’environnement. Des chevaux pourront être réutilisés pour participer à plusieurs séries de test de matières premières ce qui réduira le nombre total d'animaux inclus dans le projet.
Raffinement
Le fait de prélever du sang capillaire permet d’obtenir du sang de manière moins invasive que lors d’une prise de sang dans la veine jugulaire et présente aussi moins de risque de complications qu'une ponction dans la veine jugulaire. Une habituation progressive est réalisée sur les chevaux afin de diminuer le stress lors des prélèvements de sang capillaire. Cette habituation permet aussi de ne pas inclure les animaux qui pourraient se montrer agités lors de ces prélèvements. Tous les prélèvements ont lieu dans un travail (semblable à une barre d’échographie/insémination) adapté à la contention des chevaux pour éviter tout risque de blessure. Des points limites ont été mis en place et les prélèvements seront stoppés en cas d'atteinte de ceux-ci et si nécessaire l'animal concerné sera pris en charge par le vétérinaire. La mise à jeun alimentaire des chevaux a lieu durant la nuit, car leur activité alimentaire est naturellement réduite durant la nuit. Durant cette mise à jeun, les chevaux sont hébergés dans des boxes séparés par des barreaux leur permettant de se voir et de se sentir. A l’issue des cinétiques sanguines, ils sont sortis au paddock en groupe afin de respecter leur comportement grégaire.
Choix des espèces
L'essai doit nécessairement être conduit avec des chevaux car la réponse glycémique est propre à chaque espèce. Les chevaux seront adulte (entre 4 et 12 ans) car c'est le stade physiologique ciblé pour l'étude, et la réponse glycémique pouvant varier en fonction de l'âge, il est nécessaire de travailler sur la population cible du projet.
Production subclinique de parasites Eimeria maxima chez le poulet de chair en vue de tester in vitro la synergie de nouvelles substances anticoccidiennes
- Recherche appliquée
- Alimentation animale
Gavés une fois d'un millilitre de suspension parasitaire, maintenus trente secondes le temps de la déglutition, huit poulets de chair vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Élevés vingt-neuf jours en cage de batterie, ils développent à partir du cinquième jour une baisse de consommation, une perte de poids, de l'apathie, des plumes ébouriffées et une position en boule. Tous sont tués pour prélever leur contenu intestinal. Ces huit individus sont exploités comme réservoir vivant d'un parasite que personne ne sait cultiver in vitro, en vue de tester des molécules anticoccidiennes destinées à l'alimentation des volailles d'élevage.
Objectifs
Les coccidioses sont les affections parasitaires les plus dommageables en filière avicole, du point de vue économique et du bien-être et de la santé des animaux. Cette pathologie est causée par Eimeria, un parasite qui infecte l’intestin et y crée des lésions. Les conséquences de la coccidiose sont importantes : diminution de la prise alimentaire, inflammations, diarrhées hémorragiques, développement d’autres maladies intestinales. Dans le cas de certaines espèces du parasite, cette infestation peut conduire à la mort de l’animal. Les Eimeria forment des spores (oocystes) en « utilisant » les cellules épithéliales de l’intestin. Ces oocystes sont ensuite excrétés via les fientes qui sont le principal moyen de transmission entre les animaux. Actuellement, les méthodes destinées à contrer la coccidiose reposent principalement sur l’utilisation de produits chimiques anticoccidiens et sur le développement d’une immunité contrôlée par addition d’antibiotiques ionophores dans l’aliment. Mais des résistances peuvent survenir très rapidement. Ces stratégies sont restées efficaces tant que de nouveaux médicaments étaient régulièrement introduits. Mais aucun nouveau produit n’ayant été commercialisé depuis l’an 2000, la sensibilité des parasites vis-à-vis des médicaments existants a diminué, favorisant l’apparition de souches plus virulentes. De plus, la demande de la société en faveur d’animaux élevés sans antimicrobiens, d’aliments exempts de résidus et l’utilisation prophylactique de produits chimiques anticoccidiens étant en croissance constante, il est nécessaire d’identifier de nouvelles molécules anticoccidiennes. Un précédent projet a permis de valider in vivo les propriétés anticoccidienne de 6 substances identifiées in vitro, en comparaison avec les performances de la salinomycine, autorisée jusqu’en 2027 comme coccidiostatique pour les poulets d’engraissement. Les résultats ont montré une réduction de l’excrétion des oocystes aux doses testées, mais inférieure à celle de la salinomycine. Afin d’améliorer l’efficacité de ces mêmes substances et leur dose d’inclusion, ce projet s’intéresse à les combiner entres elles afin d’évaluer leur effet synergique potentiel in vitro en se basant sur le même processus de criblage in vitro réalisés au cours d’un projet qui avait permis d’identifier ces substances.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de poursuivre le développement de nouvelles molécules anticoccidiennes à destination des volailles, évaluées dans un précédent projet, d’évaluer in vitro les effets de ces molécules en combinaison. Si les résultats de ce projet sont probants, ils serviront de base pour un autre projet afin d’évaluer, cette fois-ci, in vivo l’effet de la combinaison des molécules anticoccidiennes.
Procédures
Les animaux seront élevés avec un aliment répondant à leurs besoins nutritionnels pendant 29 jours. Administration par voie orale de 1 ml de substance, une seule fois avec un temps de contrainte pour maintenir chaque animal qui ne dépassera pas 30 secondes et se fera progressivement en fonction de la déglutition de l'animal.
Impact sur les animaux
Signes cliniques pouvant apparaitre 5 jours après l'administration d’oocystes infectieux sporulés : baisse de consommation d’aliments, perte de poids, frilosité, apathie, plumes ébouriffées, position en boule.
Devenir
A la fin de la procédure, tous les animaux infestés seront mis à mort, pour le prélèvement de contenus intestinaux pour établir une banque d’échantillons qui serviront au développement de nouveau test d’identification des parasites à Eimeria.
Remplacement
L’étude in vitro des parasites unicellulaires est un challenge scientifique et Eimeria n’y fait pas exception. Si des tests in vitro mimant le comportement infectieux existent comme l’invasion cellulaire avec des lignées de cellules de rein (MDBK), il est n’est pas possible d’aboutir à un cycle complet du parasite et par conséquence à sa culture in vitro. La production in vitro d’Eimeria maxima reste encore à l’heure actuelle impossible. Cette impossibilité technique de cultiver in vitro Eimeria maxima nécessite d’utiliser des animaux vivants comme réservoir naturel du parasite sous forme d'oocystes. Lorsqu’une méthode in vitro de production du parasite sera disponible l’utilisation des animaux vivants ne sera plus nécessaire.
Réduction
Une campagne de production d’oocystes est nécessaire afin d’évaluer in vitro la synergie potentielle des nouvelles molécules anticoccidiennes préalablement sélectionnés in vitro et évaluées in vivo dans des précédents projets. La nouvelle série de tests in vitro permettra de déterminer si une combinaison de ces molécules par deux ou par trois pourrait améliorer l’efficacité de l’activité anticoccidienne. Sur la base de précédents projets, huit animaux permettront d’obtenir suffisamment d’oocystes pour la réalisation des tests in vitro dans un laps de temps évitant le développement de manifestations intestinales sévères chez l’animal. Le but de ce projet n’est pas de rechercher une production en masse du parasite étant délétère pour l’animal. Le nombre de huit animaux permettra de favoriser des conditions d’élevage optimales et sans altérer les interactions sociales participant au bien-être des animaux.
Raffinement
L’inconfort, le stress de la contrainte lors du maintien des animaux dû au gavage, sont réduits par une manipulation empathique des animaux par les applicateurs de la procédure, une administration unitaire de la substance par voie orale à l’aide d’une seringue sans aiguille à un volume approprié à la taille de l’animal et par une surveillance minutieuse quotidienne des animaux à l’aide de la grille d’observation. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille tout au long de l’étude et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture surtout en période de démarrage. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus, ajustement régulier de la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires en fonction de l’âge des animaux L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de telle sorte que l’enrichissement des cages (grelots scintillants), la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux, et restent conforme à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Choix des espèces
Les anticoccidiens recherchés constituent une solution contre la coccidiose aviaire des poulets de chairs en élevage et sont destinés à être incorporés dans les aliments distribués aux volailles. Notre modèle d’étude sera donc le poulet de chair (Gallus gallus domesticus). Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 29 jours.
Etude des circuits cerebraux en charge de l’orientation locomotrice et la navigation
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Les fibres optiques implantées dans le cerveau et les électrodes posées dans le muscle tibial antérieur causent un inconfort que le porteur qualifie lui-même de permanent. 1 049 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 54 d'entre elles, modéré pour 912 et sévère pour 83. Presque toutes subissent une chirurgie de quarante-cinq minutes à une heure pour recevoir un traceur dans la moelle épinière ou le tronc cérébral, parfois deux fois, tandis que certaines sont suspendues dans un harnais qui leur retire le contact des pattes avec le sol ou courent sur un tapis roulant, l'objectif étant d'identifier les neurones du tronc cérébral qui commandent les changements de direction. Leur cerveau et leur moelle épinière sont prélevés après mise à mort pour les analyses neuroanatomiques.
Objectifs
Notre projet de recherche s'intéresse aux mécanismes qui permettent à un être vivant de changer de direction en marchant. Si nous comprenons bien comment le cerveau contrôle les mouvements en ligne droite, les processus qui permettent de tourner ou de modifier sa trajectoire restent encore mystérieux. Pourtant, ces ajustements sont essentiels dans la vie quotidienne, que ce soit pour éviter un obstacle ou suivre un chemin précis. Récemment, des travaux sur la souris ont permis d’identifier un groupe spécifique de neurones dans le tronc cérébral. Ces neurones particuliers semblent jouer un rôle clé dans le changement de direction. Lorsque nous les activons, la souris modifie sa trajectoire. Nous pensons donc que ces neurones orchestrent la coordination des muscles du cou, du tronc et des pattes pour ajuster la marche. Pour mieux comprendre leur rôle, nous allons combiner plusieurs approches scientifiques : des enregistrements électriques de l’activité cérébrale, des outils génétiques ce qui pourra aider à mettre en place des modèles informatiques de la locomotion. À terme, nos découvertes pourraient aider à mieux comprendre certaines maladies neurologiques qui affectent la marche, comme la maladie de Parkinson ou la sclérose latérale amyotrophique. Elles pourraient aussi ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour les personnes souffrant de lésions de la moelle épinière.
Bénéfices attendus
Le contrôle de la marche par le cerveau est un enjeu crucial, notamment pour les personnes souffrant de troubles neurologiques. Nos recherches pourraient avoir un impact direct sur la récupération motrice après une lésion de la moelle épinière, ainsi que sur les maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou les accidents vasculaires cérébraux. Ces affections altèrent profondément la capacité à se déplacer, rendant le quotidien difficile pour des millions de personnes. Jusqu’à présent, la plupart des études se sont concentrées sur la marche en ligne droite. Pourtant, dans la réalité, nous changeons constamment de direction pour nous adapter à notre environnement. Comment le cerveau ajuste-t-il ces mouvements ? Quels mécanismes permettent de garder l’équilibre en tournant ? Ces questions restent largement ouvertes. Notre projet vise à identifier les étapes précises du mouvement qui permettent aux animaux à quatre pattes d’effectuer un virage, tout en conservant leur équilibre. Grâce à des techniques de pointe, comme l’optogénétique (qui permet d’activer ou d’inhiber des neurones avec de la lumière), nous allons examiner le rôle des neurones du tronc cérébral impliqués dans ce processus. En collaboration avec des experts en modélisation biomécanique, nous allons intégrer ces découvertes dans un modèle informatique du contrôle de la marche. Ce type de simulation est essentiel, car il permet de tester virtuellement des scénarios complexes, comme la marche sur un terrain accidenté, sans avoir recours à des expériences supplémentaires sur les animaux. À terme, cette meilleure compréhension du contrôle cérébral des mouvements pourra guider le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment pour restaurer la mobilité des patients atteints de troubles neurologiques.
Procédures
La quasi-totalité des animaux recevront une injection de traceur de neurones au niveau de la moelle épinière et/ou dans le tronc cérébral lors d’une procédure chirurgicale. Le temps d’une injection est estimé entre 45 min à 1h. Le délai entre 2 injections sur un même animal est de 5 à 30 jours. Des tests de comportements moteurs seront réalisés chez quasiment 80% des animaux qui seront libres de leurs mouvements. 25% d'entre eux auront des marqueurs réfléchissants (petites sphères de 3mm de diamètre) apposés au niveau de leurs articulations pendant maximum 1 heure. 10% des animaux feront de la marche rapide (maximum 4 x 2minutes alternés de 5minutes de pause) en ligne droite sur un tapis roulant, spécialement conçu. 30% des animaux seront maintenus par une contention de moins de 10 secondes afin de connecter une fibre optique. 7% des animaux auront une électrode implantée dans le muscle tibial antérieur par une chirurgie d’une durée estimée à 1h. Quelques animaux seront légèrement sur-élevés à l'aide d'un harnais afin d'enlever transitoirement le contact des pattes avec le sol pendant au maximum 4 minutes consécutives.
Impact sur les animaux
Nous mettrons tout en œuvre pour minimiser l’impact des interventions. Voici les effets indésirables les plus fréquemment rencontrés lors de ces interventions : - Anesthésie : Dépression transitoire respiratoire et cardiaque, hypothermie. - Injection stéréotaxique: risque très faible d’infection au niveau des sutures. - Implantation de fibres optiques intra-cérébrales: très faible risque d’infection/Inflammation de la zone implantée. Inconfort lié à l’implant (permanent). - Tests moteur dans l’arène: inconfort transitoire lié à la présence de marqueurs collés sur la peau. Stress transitoire lié à la privation alimentaire (30 min maximum) pendant la phase de test. - Sur-élévation : inconfort transitoire lié à l’immobilisation. - Enregistrement d’activité par électromyographie : faible risque d’inflammation du muscle implanté, inconfort permanent lié à l’électrode. - Tests moteurs sur le tapis roulant : effort physique court, stress métabolique transitoire. Notez que la plupart de ces nuisances et effets indésirables, même s’ils peuvent survenir lors de nos expériences, restent exceptionnels. Aucun animal produit n’a de phénotype dommageable (incapacité de se déplacer, de se nourrir, etc…).
Devenir
La mise à mort des animaux à l'issue de chaque procédure est requise afin de permettre le prélèvement du cerveau et de la moelle épinière, nécessaires aux analyses neuroanatomiques prévues dans le cadre de notre projet.
Remplacement
Notre objectif est d’analyser en détail comment le cerveau contrôle les mouvements pendant la marche et d’identifier les circuits neuronaux impliqués. Actuellement, il n’existe aucune alternative non animale permettant de répondre à ces questions de manière complète. Les recherches sur des modèles alternatifs, comme les organoïdes de moelle épinière, progressent, mais ces technologies en sont encore à leurs débuts. Si elles pourront, à terme, aider à mieux comprendre la connectivité neuronale et son adaptation, elles ne permettent pas encore d’étudier concrètement l’impact de l’activation ou de l’inhibition de certains neurones sur les mouvements eux-mêmes. Or, mesurer et analyser ces effets en temps réel est essentiel pour démontrer scientifiquement leur rôle dans la locomotion. Notre projet intègre également une dimension numérique : en collaboration avec des experts, nous allons développer un modèle informatique, et potentiellement robotique, des circuits et des séquences motrices impliqués dans les changements de direction. Cependant, pour que ces modèles soient fiables, nous avons besoin de données issues d’animaux en mouvement. À long terme, nos recherches contribueront à affiner les modèles informatiques et à développer des solutions alternatives, réduisant ainsi progressivement le recours aux animaux dans l’étude du contrôle de la locomotion.
Réduction
Chaque animal sera utilisé pour plusieurs types d'analyses : à la fois étudier le rôle fonctionnel des neurones et pour analyser leur organisation anatomique. Cette approche permet d’optimiser l’utilisation des tissus, notamment pour des expériences complémentaires, sans nécessiter de nouveaux prélèvements. Nous avons soigneusement estimé le nombre minimal d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Pour chaque groupe étudié, nous avons calculé un effectif optimal, en tenant compte des variations possibles dans l’efficacité des procédures et des risques liés à certaines expérimentations. Nous ajustons également ce nombre selon les besoins spécifiques de chaque analyse, en évitant tout recours superflu aux animaux. En adoptant ces méthodes rigoureuses, nous nous engageons à utiliser le strict minimum d’animaux nécessaires, tout en assurant la qualité et la pertinence des données recueillies.
Raffinement
Toutes les procédures invasives seront réalisées sous anesthésie générale et accompagnées d’un traitement analgésique adapté. Après chaque intervention chirurgicale, les animaux seront placés dans une chambre chauffante et ventilée, spécialement conçue pour assurer un réveil en douceur et dans des conditions optimales. Une fois complètement réveillés, ils seront réintégrés dans leur cage d’origine afin d’éviter le stress lié à l’isolement. Un suivi post-opératoire rigoureux sera effectué quotidiennement pendant plusieurs jours, selon une grille d’évaluation spécifique à chaque type d’intervention. Nous surveillerons attentivement plusieurs critères tels que le poids, l’état général (respiration, pelage, déplacement, propreté), les expressions faciales indicatrices de douleur (selon les recommandations du NC3Rs), ainsi que le comportement en cage et lors des manipulations. Ces observations seront consignées dans une fiche de suivi avec un système de score permettant d’adapter les soins en fonction des besoins de chaque animal. Si un signe de douleur est détecté, un traitement antidouleur approprié sera administré immédiatement. En cas de problème de cicatrisation, une anesthésie gazeuse sera utilisée pour éviter toute douleur lors de la reprise des sutures, et une crème antibiotique sera appliquée en cas d’infection locale, bien que ces cas restent rares. En dehors du suivi post-opératoire, les animaux bénéficieront d’un contrôle quotidien par le personnel qualifié de l’animalerie.
Choix des espèces
L’étude des bases neuronales de la locomotion et de son contrôle par le tronc cérébral, que ce soit en condition normale ou pathologique, nécessite un modèle animal mammifère. Parmi les différentes espèces disponibles, la souris est un choix privilégié en raison de plusieurs atouts majeurs. D’une part, sa petite taille, sa facilité d’élevage et son cycle de reproduction rapide en font un modèle idéal pour les recherches en neurosciences. Depuis plus d’un siècle, elle est largement utilisée dans les études de génétique, car elle est actuellement le seul mammifère pour lequel la modification des gènes via le génie génétique sur cellules souches est facilement accessible. Cette spécificité a permis le développement de nombreuses lignées génétiquement modifiées, offrant des outils précieux pour l’exploration des circuits neuronaux. Dans le cadre de ce projet, les lignées sélectionnées permettent de cibler avec précision une population spécifique de neurones grâce à un traceur viral. C’est la seule approche permettant d’étudier ces neurones de manière isolée et de comprendre leur rôle dans le contrôle des mouvements. De plus, l’anatomie du cerveau et de la moelle épinière de la souris est extrêmement bien cartographiée. Il existe notamment un atlas de coordonnées de chaque région cérébrale, facilitant le ciblage de régions spécifiques et l’interprétation des résultats. Concernant l’âge des animaux, la majorité des expérimentations seront réalisées sur des souris adultes, âgées de 2 à 6 mois, avec une première intervention entre 2 et 3 mois. En effet, l’atlas de coordonnées est le plus fiable à ces stades, où la morphologie du cerveau est comparable entre animaux et ne change plus. En outre, le stade adulte nous assure que les animaux sont capables de se mouvoir et que les circuits étudiés sont matures.
Mise au point de l’automatisation de protocoles d’apprentissage sur écran tactile chez la souris
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Pour automatiser deux protocoles d'apprentissage sur écran tactile, 72 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles reçoivent sous anesthésie gazeuse, à l'âge de huit semaines, une puce d'identification implantée sous la peau après injection d'un analgésique local, l'intervention durant cinq minutes. Elles accèdent ensuite au dispositif de test depuis leur cage collective sans intervention de l'expérimentateur, ce que le porteur présente comme un raffinement face aux tests aversifs habituels. Toutes sont destinées à la réutilisation dans d'autres projets, le porteur indiquant qu'elles n'auront pas subi de stress significatif.
Objectifs
Les tests couramment utilisés pour l'évaluation des fonctions cognitives chez les rongeurs sont souvent aversifs et ont généralement peu de points communs avec les tests utilisés en milieu clinique. Une méthode de plus en plus populaire pour évaluer les fonctions cognitives chez les rongeurs est la plateforme automatisée à écran tactile, sur laquelle un certain nombre de tests cognitifs différents peuvent être effectués d'une manière très similaire aux méthodes actuellement utilisées pour tester les sujets humains. Cette méthodologie est peu stressante et fait appel à un renforcement positif plutôt que négatif. Elle présente un potentiel translationnel élevé et se prête à un haut degré de standardisation. Cette technologie est couramment utilisée chez les primates non humains mais reste peu employée chez les rongeurs. L'utilisation de cet outil chez les rongeurs, les primates non humains et les humains augmenterait la validité et la fiabilité des études translationnelles sur la cognition. L'objectif de ce projet est d’automatiser un protocole d'évaluation de la flexibilité cognitive et un protocole d'apprentissage spatial chez la souris. Plutôt que d’amener les animaux aux tests, ceux-ci iront faire le test dans un module dédié de manière volontaire ce qui limitera d’une part de stress lié à la manipulation, et produira d’autre part des résultats de meilleures qualités, les souris réalisant le test en accord avec leur cycle naturel. Les souris seront placées pendant plusieurs jours dans un environnement enrichi dans lequel elles auront accès au test grâce à une porte qui ne laisse passer qu’un seul animal à la fois en l’identifiant au passage. En plus des scores individuels dans le test, le comportement des animaux au sein du groupe sera également mesuré. Nous relierons les scores mesurés dans les tests individuels avec les comportements mesurés dans la partie sociale de la cage (exploration, interactions sociales). Ces protocoles d’apprentissage automatisés seront ensuite proposés à la communauté scientifique pour des études sur le vieillissement ou la caractérisation de modèles de pathologies humaines comme l'autisme ou la maladie d'Alzheimer.
Bénéfices attendus
Les tests couramment utilisés pour l'évaluation des fonctions cognitives chez les rongeurs ont peu de points communs avec les tests utilisés en milieu clinique. La mise en place de ces deux protocoles d'apprentissage sur écran tactile, inspirés de méthodes actuellement utilisées pour tester les sujets humains, permettra d'améliorer l'aspect translationnel des tests précliniques sur rongeurs pour l'évaluation des fonctions cognitives. D’autre part, cette approche expérimentale a plusieurs avantages : i) les animaux sont testés dans un cadre dit naturalistique, plus éthologique, sans le stress de la manipulation ou de la présence de l'expérimentateur. En outre, les animaux font les tests de manière volontaire, à leur rythme. ii) les résultats obtenus seront extrêmement riches : nous aurons des mesures individuelles concernant l'exploration, les interactions sociales et les capacités cognitives. Ces différentes données pourront être croisées afin de mettre en évidence d'éventuels liens.
Procédures
Tous les animaux vont être évalués lors d’un ensemble de tests comportementaux visant à observer leurs performances cognitives sans intervention de l’expérimentateur. Les animaux subissent uniquement l'insertion en sous-cutanée d'une puce RFID nécessaire au suivi comportemental à l'âge de 8 semaines. Cette intervention sous anesthésie gazeuse est très rapide (5 min) et est réalisée après injection d'un analgésique local en sous-cutané (5 secondes, pendant l’anesthésie gazeuse).
Impact sur les animaux
La chirugie peu invasive nécessaire pour implanter la puce RFID nécessaire au suivi comportemental sous la peau entrainera une légère douleur liée à l'injection de l'antidouleur local et à l'incision.
Devenir
72 animaux de type sauvages seront utilisés pour la mise au point et la validation de tests comportementaux non invasifs. Ils n’auront pas subi de stress significatif. Nous proposerons la réutilisation de ces animaux.
Remplacement
La compréhension des mécanismes de maladies génétiques associées à des retards mentaux requiert l’étude d’un organisme vivant dans son intégrité. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire notamment pour évaluer les processus cognitifs et moteurs. La souris est une espèce suffisamment proche de l’Homme, physiologiquement et génétiquement, chez laquelle nous pouvons modéliser des pathologies humaines.
Réduction
Les effectifs nécessaires ont été calculés par rapport aux études précédentes afin d’obtenir des résultats robustes. Les échantillons proposés permettront de vérifier si le test de mise au point donne les résultats attendus.
Raffinement
L'étude elle-même s'incrit dans une logique de raffinement : les animaux restent en groupe et font des tests comportementaux individuels de manière volontaire. L'expérimentateur n'interviendra pas dans l'environnement, sauf pour recharger en eau ou en nourriture. Le stress lié à la manipulation est donc réduit au maximum. Un des buts de ce projet est de proposer une alternative plus éthologique pour l’étude du comportement animal. Par ailleurs, une telle approche permettra de collecter des données en continu sur chaque animal, ce qui nous permettra de fournir une caractérisation la plus exhaustive possible des traits comportementaux. La douleur lors de l’insertion sous la peau de la puce d'identification nécessaire au suivi comportemental est gérée par une injection préalable d’un anti-douleur local. Les animaux seront surveillés quotidiennement dans les trois jours suivants l'insertion. Des points limites adaptés permettront à l'expérimentateur de surveiller le bien-être des animaux et de décider de sortir un animal de la procédure si des signes de mal-être sont observés au cours des manipulations régulières des animaux.
Choix des espèces
La souris est l'espèce de choix pour générer des modèles de maladies humaines. Son anatomie, sa physiologie et sa génétique sont bien connues. De plus, les méthodes pour la manipulation génétique de ces animaux sont les plus développées. Comme le laboratoire utilise ces modèles, nous mettons au point les tests comportementaux pour les explorer. Les animaux seront utilisés à l'âge adulte, à partir de 8 semaines. Nous avons choisi ce stade car le cerveau y est totalement mature.
Injections hormonales pour stimuler la production d’ovocytes murins.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Fournir des ovocytes murins à des laboratoires académiques et à des clients privés mobilise 11 000 souris femelles, toutes tuées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. La plupart ont trois semaines et n'ont pas encore de cycle ovarien, ce qui permet de programmer la collecte. Elles reçoivent deux injections hormonales de quinze secondes à quarante-huit heures d'intervalle, puis sont mises à mort pour qu'on prélève leurs ovocytes. Le porteur affirme qu'aucune méthode in vitro ou ex vivo ne produit d'ovocytes, et compte l'usage de femelles prépubères comme une réduction parce qu'il améliore le rapport entre femelles tuées et embryons obtenus.
Objectifs
Les prestations de réimplantation pour production de souris transgénique, pour redérivation (adaptation au statut sanitaire de la zone de production de notre zootechnie de statut sans pathogène ni opportuniste) et pour cryoconservation d’une lignée nécessitent toutes des ovocytes. L'objectif du projet est d'obtenir un maximum d'ovocytes par femelle, afin de les cryoconserver ou de produire des embryons par accouplement naturel ou par fécondation in vitro (FIV), en vue de les modifier génétiquement, de les redériver (transfert des embryons vers une autre femelle) ou de les cryoconserver. Lorsque cela est possible, nous utilisons des femelles prépubères (âgées de 3 semaines), qui nécessitent une injection hormonale pour déclencher le cycle ovarien et pour obtenir un nombre plus élevé d’ovocytes. Quand seuls des femelles d’intérêt plus âgées sont disponibles, une injection d’hormone peut également être pratiquée pour ces mêmes raisons.
Bénéfices attendus
Le bénéfice attendu est la production d'ovocytes ou d'embryons présentant les caractéristiques génétiques et le statut sanitaire souhaités. Cela permettrait l'élevage d'une lignée dans un statut compatible avec les zones d’élevage de notre zootechnie (de statut sans pathogène ni opportuniste) et/ ou la cryoconservation de cette lignée. Ces animaux sont généralement utilisés dans la recherche médicale que ce soit pour comprendre les mecanismes d'apparition d'une pathologie ou servie de modèle pour tester des thérapeutiques existantes (repositionnement) ou nouvelles.
Procédures
Les animaux subissent 2 injections (durée 15 secondes) à 48h d’intervalle.
Impact sur les animaux
L’injection hormonale peut provoquer un léger stress lors de la contention et une légère douleur passagère au point d’injection sans conséquences ultérieures.
Devenir
Les animaux ayant reçu une stimulation hormonale pour produire plus d’ovocytes sont tous mis à mort pour pouvoir prélever les ovocytes.
Remplacement
La production d’ovocytes n’est possible qu’avec des femelles d'au moins 3 semaines ayant été stimulées (naturellement avec un male ou hormonalement) pour ovuler. Il n'existe pas de methode alternative (in vitro ou ex vivo) pour produire des ovocytes.
Réduction
Ce projet est en lien avec des prestations demandées par des utilisateurs académiques ou des clients privés. L’utilisation de femelles prépubères permet de réduire considérablement le nombre de femelles nécessaires pour obtenir le même nombre d’embryons. Ces femelles, n’ayant pas encore de cycle ovarien naturel, elles reçoivent des injections hormonales qui permettent de contrôler la libération des oocytes et de programmer la collecte des embryons aux stades de développement souhaités après accouplement. Cette méthode permet également d’augmenter le nombre de femelles ayant un accouplement productif, ce qui améliore le ratio femelles sacrifiées/embryons obtenus.
Raffinement
Auparavant, les injections hormonales étaient réalisées par voie intra-péritonéale. Cependant, afin de réduire les risques de perforation des organes associés à cette technique, la voie d’injection a été modifiée pour devenir sous-cutanée. Cette méthode permet également de limiter la durée et le stress liés à la contention des animaux. Les animaux sont logés dans des portoirs ventilés, en conformité avec les normes de la directive 2010/63/UE. Les cages sont enrichies avec des cylindres de cellulose et des igloos en carton. La préhension des animaux est effectuée en utilisant les nouvelles techniques de raffinement (tunnel, main en coupe). L'animal est surveillé et une grille de « scoring » est appliquée: ses critères principaux sont: le poids corporel et la taille; l’apparence physique, la posture et démarche, les signes cliniques, l’environnement (état de propreté de la cage par exemple), le comportement non provoqué et le comportement après stimulation. Ces critères sont notés de 0 à 3, 0 étant normal, 1 à surveiller attentivement, 2 soins si nécessaires et 3 mise à mort (grille complète en annexe). Par exemple : En cas de comportement inhabituel tel que la prostration, un pelage terne et hirsute, ou des signes de blessures infligées par d'autres animaux, l'individu concerné est isolé et reçoit une attention renforcée. Une perte de poids soudaine dépassant 20% du poids initial de l’animal est également surveillée. Si besoin des soins appropriés sont prodigués, incluant la désinfection des plaies ou un accès facilité à la nourriture si nécessaire. Si aucune amélioration n'est constatée malgré ces mesures, des décisions seront prises pour mettre fin à la vie de l'animal de la manière la plus humaine possible afin de prévenir toute souffrance inutile, en accord avec les principes des 3R.
Choix des espèces
Les lignées hébergées au sein du service sont tous des modèles murins. Les procédures sont celles de prestations de services, les utilisateurs du service n’utilisent que le modèle murin. Dans la grande majorité des cas, les femelles sont utilisées à 3 semaines, soit avant leur puberté. Les femelles pré-pubères n’ont pas encore de cycle ovarien, les injections permettent de maîtriser la libération des oocytes par l’ovaire et de programmer la collecte des ovocytes non fertilisés ou des embryons aux stades de développement 1 à 2 cellules soit dans les 24 à 48h après accouplement. Dans de rares cas, les femelles sont plus âgées (si des femelles jeunes ne sont pas disponibles)
Modèle expérimental d’induction de l’hypertension intraoculaire chez le rongeur par obstruction des voies de drainage de l’humeur aqueuse.
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Troubles sensoriels
- Tests réglementaires
- Autres tests de tolérance et d’efficacité
Rats : 1000
Quatre à six instillations oculaires par jour pendant huit semaines, des injections autour de l'œil sous anesthésie légère et des mesures de pression intraoculaire jusqu'à plusieurs fois par jour : 1000 souris et 1000 rats vont être utilisés pour fabriquer un glaucome expérimental en obstruant le drainage de l'humeur aqueuse. Le niveau de souffrance déclaré est léger pour la totalité des 2000 animaux. Le porteur qualifie les nuisances de mineures et transitoires, décrit une rougeur de la conjonctive, un saignement au site d'injection et un trouble passager de la cornée, et avance que l'élévation de la pression intraoculaire ne devrait pas provoquer de douleur manifeste puisqu'elle reste souvent asymptomatique chez l'être humain, alors que le projet vise justement la dégénérescence des cellules ganglionnaires de la rétine. 1600 animaux sont tués pour les analyses histologiques et 400 réutilisés dans d'autres procédures, une fois les effets jugés réversibles.
Objectifs
Le glaucome est une pathologie neurodégénérative progressive caractérisée par la dégénérescence des cellules ganglionnaires de la rétine (RGC), essentielles à la transmission de l’information visuelle vers le cerveau. Dans la majorité des cas, cette atteinte est associée à une élévation de la pression intraoculaire (PIO), résultant d’un déséquilibre entre la production et l’élimination de l’humeur aqueuse. À l’échelle mondiale, le glaucome affecte environ 80 millions de personnes, dont un million en France, principalement des individus de plus de 45 ans. Il représente la deuxième cause de cécité irréversible dans le monde. Ce projet vise à développer un modèle expérimental de glaucome induit par hypertonie oculaire, via l’administration topique ou péri-oculaire de substances susceptibles d’augmenter la PIO (telles que les corticoïdes ou certains conservateurs). L’objectif est de reproduire les conditions pathologiques afin d’évaluer l’efficacité de nouvelles stratégies thérapeutiques. Pour maximiser la transposabilité des résultats, deux espèces animales présentant des différences anatomiques et physiologiques ont été sélectionnées : le rat et la souris. L’hypothèse centrale repose sur le fait que l’obstruction des voies d’évacuation de l’humeur aqueuse, notamment au niveau du trabéculum, entraîne une hypertonie oculaire. Les modèles expérimentaux retenus s’appuient sur cette hypothèse en utilisant des agents délétères pour le trabéculum, une structure située dans l’angle iridocornéen, responsable du drainage de l’humeur aqueuse. Ces agents altèrent ou obstruent le trabéculum, induisant ainsi une élévation durable de la PIO, mimant les conditions du glaucome humain.
Bénéfices attendus
Les principaux bénéfices attendus de ce projet sont le développement de modèles expérimentaux robustes et reproductibles permettant d’évaluer l’efficacité de nouveaux traitements contre le glaucome, une pathologie oculaire majeure et irréversible et la validation de nouveaux candidats thérapeutiques. Ces modèles permettront de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques liés à l’élévation de la pression intraoculaire (PIO) et à la dégénérescence des cellules ganglionnaires de la rétine, deux éléments clés dans la progression de la maladie. Dans un contexte où les options thérapeutiques actuelles restent limitées, notamment pour les formes résistantes ou avancées du glaucome, il est essentiel de disposer d’outils précliniques fiables pour tester de nouvelles molécules ou approches thérapeutiques (neuroprotection, modulation de la PIO, thérapies combinées, etc.). Ce projet contribuera également à : Accélérer la recherche translationnelle, en fournissant un pont entre les découvertes fondamentales et les applications cliniques. Réduire l’échec des essais cliniques en amont, en sélectionnant les candidats les plus prometteurs dans des conditions expérimentales proches de la réalité pathologique humaine. Améliorer le bien-être animal, grâce à l’optimisation des protocoles (choix des espèces, fréquence d’administration, suivi non invasif), conformément aux principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner). Favoriser l’innovation thérapeutique, en ouvrant la voie à des traitements plus ciblés, mieux tolérés et potentiellement curatifs. En somme, ce projet s’inscrit dans une démarche de progrès scientifique et médical, avec des retombées attendues tant pour la recherche fondamentale que pour la prise en charge clinique du glaucome.
Procédures
Pour ce projet, les animaux seront soumis à différents types d’interventions : 1. Induction de l’hypertension oculaire : Elle se fera soit par administrations topiques soit par injections péri-oculaire. Ces administrations topiques se feront 4 à 6 fois par jour pendant toute la durée de l’étude (8 semaines maximum). Ces administrations, le plus souvent par instillations (gouttes oculaires), sont indolores et ne durent que quelques secondes à chaque fois, le temps de prendre l’animal, de le maintenir et de lui appliquer le produit. Les injections seront moins nombreuses, au maximum 1 fois par jour et ne durent que quelques secondes. Cependant ces dernières nécessitent une légère anesthésie afin que l’œil de l’animal soit immobile. 2. Administration de traitements : Ils seront administrés 4 à 6 fois par jour pendant toute la durée de l’étude (8 semaines maximum), le plus souvent par instillations (gouttes oculaires). 3. Suivi sanitaire et comportemental : Les animaux feront l’objet d’un suivi sanitaire et comportemental quotidien, ainsi que d’un suivi pondéral hebdomadaire, afin de s’assurer de leur état et de leur bien-être. Les animaux seront manipulés quelques secondes puis remis dans leur environnement habituel. 4. Examens : Les animaux feront également l’objet d’examens (mesure de la pression intraoculaire, imagerie, observations au biomicroscope) afin de déterminer l’effet des traitements. Ces examens, réalisés chez l’homme en cabinet médical par un ophtalmologiste sans anesthésie et sans hospitalisation, le sont également chez l’animal en clinique vétérinaire. Certains examens pourront se faire sur des animaux vigiles, mais ceux nécessitant l’immobilisation complète de l'animal seront pratiqués sous anesthésie légère. Ces examens ne durent que quelques minutes, 5 tout au plus. Ils seront généralement réalisés 1 fois par semaine à l’exception de la prise de la pression intraoculaire qui pourra être réalisée plusieurs fois par semaine (2 ou 3) ou plusieurs fois par jour dans le cas d’un suivi journalier. 5. Prélèvements de sang : Des prélèvements de sang pourront être réalisés au cours des procédures expérimentales afin de doser le principe actif ou tout autre marqueur d'intérêt. Les prélèvements de sang qui durent généralement moins d’une minute, seront réalisés au maximum une fois par semaine.
Impact sur les animaux
Les nuisances ou effets indésirables anticipés dans le cadre de ce projet sont considérés comme mineurs, transitoires et sans conséquences à long terme pour les animaux. L’expérience acquise lors d’études antérieures, ainsi que les données issues de la littérature scientifique, indiquent que les manifestations les plus fréquentes incluent : une rougeur conjonctivale liée à une inflammation locale modérée, un léger saignement réversible au site d’injection, un trouble cornéen transitoire, sans altération durable de la vision ou une opacification. L’élévation de la pression intraoculaire (PIO) induite dans ces modèles sera modérée, contrôlée et réversible, et ne devrait pas générer de douleur manifeste. Il est important de rappeler que, chez l’humain, une augmentation de la PIO peut rester asymptomatique pendant de longues périodes, sans perception subjective de gêne, ce qui justifie l’utilisation de modèles expérimentaux pour en étudier les effets précoces. L’administration de corticoïdes pourrait entraîner des effets systémiques légers, tels qu’une perte de poids modérée ou une agitation comportementale passagère. De plus, les examens et les administrations nécessitent une contention brève des animaux, pouvant induire un stress ponctuel. Ce stress sera minimisé autant que possible, car il pourrait interférer avec la fiabilité des mesures de PIO. Des mesures spécifiques seront mises en place pour limiter cet impact (habituation, manipulation douce, environnement calme). Certaines procédures, telles que les injections péri-oculaires ou les examens nécessitant une immobilisation prolongée, seront réalisées sous anesthésie légère, afin de garantir le confort de l’animal. Ces anesthésies peuvent occasionner une gêne transitoire ou un léger saignement, mais ne présentent pas de risque significatif à long terme. L’ensemble de ces interventions sera réalisé par un personnel formé et expérimenté, dans le respect des bonnes pratiques expérimentales et des principes éthiques encadrant l’expérimentation animale.
Devenir
Les animaux ayant subi la totalité de la procédure expérimentale (incluant la phase de mise au point) et nécessitant pour le besoin de l'étude des prélèvements post-mortem pour des évaluations ex vivo (évaluations histologiques, ELISA...) seront mis à mort. Les effets de cette procédure sur l’animal étant réversible après l’arrêt des administrations et la remise en conditions standards d’hébergement sous une période estimée de 10 jours, on pourra envisager une réutilisation des animaux. Il en va de même pour les études d'efficacité de traitements, les animaux n'ayant pas suivi la totalité de la procédure (hormis ceux exclus pour cause de points limites) pourront être réutilisés dans d'autres procédures expérimentales compatibles avec l'avis du vétérinaire. Ces animaux sont des animaux qui sont exclus de l'étude en raison d'un défaut anatomique ou physiologique détecté aux examens baseline ou d'inclusion au niveau de l'oeil avant le début de l'étude. Ces animaux n'auront pas reçu d'induction de la pathologie, ni d'administration de traitement, seulement des examens qui ne sont pas invalidants mais qui potentiellement nécessite une anesthésie. On peut estimer que les animaux concernés representent 20% de l'effectif total.
Remplacement
L’œil est un organe sensoriel d’une grande complexité, composé de structures anatomiques et physiologiques très diverses (cornée, cristallin, rétine, trabéculum...), interagissant de manière dynamique avec leur environnement local et systémique. Il est soumis à des variations mécaniques, physicochimiques et biologiques constantes, qui influencent directement sa fonction et sa réponse aux traitements. Bien que des méthodes alternatives aient été développées ces dernières années; telles que les cultures cellulaires, les organoïdes ou les modélisations in silico; ces approches, bien qu’utiles, ne permettent pas encore de reproduire l’ensemble des interactions fonctionnelles et pharmacocinétiques observées dans un œil vivant. En particulier, elles ne permettent pas de simuler de manière fiable les effets systémiques, la dynamique de la pression intraoculaire, ni les réponses neurodégénératives complexes impliquées dans des pathologies comme le glaucome. Dans ce contexte, le recours à un modèle animal reste actuellement indispensable pour atteindre les objectifs scientifiques du projet, notamment pour : 1. Reproduire fidèlement les conditions pathologiques du glaucome, 2. Évaluer l’efficacité et la tolérance de nouvelles approches thérapeutiques dans un organisme vivant, 3. Étudier les effets à long terme sur la rétine et le nerf optique dans un environnement physiologique complet.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été délibérément limité afin de respecter les principes éthiques, tout en garantissant une puissance statistique suffisante pour permettre une analyse fiable des résultats. Une analyse de puissance (avec un seuil fixé à 0,8) sera systématiquement réalisée en amont, permettant de calculer l’effectif optimal nécessaire à la détection d’un effet significatif. Ce calcul permettra, le cas échéant, d’ajuster à la baisse le nombre d’animaux inclus dans les procédures, sans compromettre la validité scientifique des conclusions. Dans une démarche de réduction du nombre d’animaux utilisés, plusieurs stratégies complémentaires seront mises en œuvre : Utilisation de méthodes non invasives pour le suivi de la pathologie (mesure de la PIO, imagerie rétinienne, etc.), permettant de réaliser des suivis longitudinaux sur les mêmes individus, sans nécessité de sacrifice à chaque point d’analyse. Chaque fois que cela est scientifiquement pertinent, les deux yeux d’un même animal seront analysés, ce qui permet de doubler les données collectées sans augmenter le nombre d’animaux. Afin l'optimisation des protocoles expérimentaux pour limiter la variabilité interindividuelle et maximiser la robustesse des résultats.
Raffinement
Un suivi quotidien rigoureux des animaux sera mis en place tout au long des études, afin de détecter précocement tout signe de stress, d’inconfort ou d’effet indésirable lié aux procédures expérimentales. Ce suivi permettra d’intervenir rapidement si nécessaire, dans le respect des points limites prédéfinis, conçus pour être précoces, prédictifs et adaptés à la pathologie étudiée. Ces points limites visent à minimiser toute douleur potentielle et à garantir une prise en charge rapide et éthique. Les animaux seront hébergés en groupe, dans des cages enrichies contenant nourriture et eau en libre accès (ad libitum), ainsi que des éléments d’enrichissement environnemental (abris, matériaux à ronger) favorisant leur bien-être psychologique et comportemental. Les examens réalisés pour évaluer la pathologie sont non invasifs et comparables à ceux pratiqués en ophtalmologie humaine ou vétérinaire (mesure de la PIO, observation du fond d’œil, etc.). Lorsque l’immobilité de l’animal est requise pour garantir la qualité des mesures, une anesthésie légère pourra être administrée, dans le seul but d’assurer le confort de l’animal et de limiter le stress. Ce projet a été soumis à l’évaluation d’un comité d’éthique compétent, et sera étroitement suivi par la structure en charge du bien-être animal au sein de l’établissement. Toutes les procédures seront réalisées par un personnel formé et expérimenté, dans le strict respect des réglementations en vigueur et des principes éthiques de l’expérimentation animale.
Choix des espèces
Les espèces sélectionnées pour ce projet (souris et rats) présentent des caractéristiques anatomiques, physiologiques et métaboliques largement documentées dans la littérature scientifique, ce qui facilite l’extrapolation des résultats vers l’humain, en particulier dans le contexte des pathologies oculaires telles que le glaucome. Ces espèces sont couramment utilisées dans les modèles expérimentaux validés de glaucome et d’hypertonie oculaire. Leur emploi repose sur une expérience accumulée dans la communauté scientifique, garantissant la reproductibilité des résultats et la comparabilité avec d’autres études précliniques. Le choix de plusieurs espèces complémentaires permet de : Tenir compte des spécificités anatomiques (par exemple, différences dans la structure du trabéculum ou la dynamique de l’humeur aqueuse), Explorer des réponses physiopathologiques variées, augmentant ainsi la robustesse des conclusions, Optimiser la transposabilité des résultats aux différentes formes cliniques de glaucome humain. Cette approche comparative renforce la validité scientifique du projet tout en permettant une meilleure sélection des candidats thérapeutiques avant leur éventuelle évaluation clinique. Elle s’inscrit également dans une démarche de réduction du nombre d’animaux à long terme, en maximisant la qualité et la pertinence des données obtenues.
Evaluation de nouvelles cibles thérapeutiques dans des modèles d’inflammation cutanée
- Recherche appliquée
- Troubles immunitaires
- Troubles sensoriels
6025 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 5950 d'entre elles, toutes tuées à l'issue pour prélever tissus, sang et organes. Elles sont épilées à la crème dépilatoire puis rasées chaque semaine, reçoivent des composés quotidiennement, subissent jusqu'à trois prises de sang en sept jours, des mesures d'inflammation répétées, des prises de température par voie rectale et jusqu'à quatre imageries sous anesthésie gazeuse en une semaine. Le porteur décrit des rougeurs, des gonflements, une desquamation, des démangeaisons et un comportement de grattage, et pour les modèles humanisés une réaction du greffon contre l'hôte avec diarrhées, alopécie et perte de poids. Les traitements espérés visent les 20 à 30 % de patients atteints de dermatite atopique ou de psoriasis qui ne répondent pas aux thérapies existantes, et le porteur conclut que les tests in vitro et in silico ne reproduisent pas la complexité d'un "organisme entier".
Objectifs
Les maladies inflammatoires cutanées telles que la dermatite atopique et le psoriasis touchent environ de 4% de la population mondiale. Ces pathologies inflammatoires chroniques de la peau se manifestent par des plaques rouges, et des démangeaisons. Il s'agit le plus souvent d'une maladie bénigne, mais il existe des formes sévères. L’approche envisagée n’est pas spécifique d’une pathologie donnée mais plutôt des voies mécanistiques conduisant à des pathologies liées à l’exacerbation de l’immunité locale chez le patient. Le projet vise à caractériser les modifications de la réponse immunitaire et à identifier les voies de signalisation cellulaire impliquées dans ces pathologies. Ce projet a également pour but d’évaluer l'efficacité et la sécurité de nouvelles molécules thérapeutiques sur les facteurs et voies contribuant aux symptômes des maladies inflammatoires de la peau (évaluation de l’impact de ces molécules sur la modulation des réponses immunitaires, détermination des doses optimales et des profils de sécurité). Environ 20 à 30 % des patients ne répondent pas aux thérapeutiques existants ou n’entrent pas en rémission totale. Il est donc nécessaire de développer des nouvelles thérapies pour ces patients et d’améliorer les modalités vers des traitements par voie orale.
Bénéfices attendus
Le projet vise à développer des modèles de souris pour mieux comprendre les inflammations de la peau, comme celles qu’on retrouve dans l’eczéma, la dermatite atopique ou le psoriasis. Ces modèles permettront aux chercheurs d’étudier en détail comment le système immunitaire réagit, comment les cellules interagissent entre elles, et de tester de nouvelles pistes de traitement. À court terme, cela aidera à identifier des molécules capables de calmer les inflammations, qu’elles soient soudaines ou chroniques. L’objectif est de trouver des traitements efficaces, sûrs et adaptés à plusieurs maladies de peau. L’approche choisie ne se limite pas à une seule maladie, mais s’intéresse aux mécanismes communs à plusieurs troubles liés à une réaction excessive du système immunitaire. Nous utiliserons aussi des techniques d’imagerie avancées pour suivre, sans intervention invasive, comment les traitements se diffusent dans le corps et sont éliminés. Cela permettra de mieux comprendre leur fonctionnement et leur efficacité. À plus long terme, les résultats de ce projet enrichiront les connaissances scientifiques sur les maladies inflammatoires et immunitaires. Ces données seront partagées avec la communauté scientifique et pourront servir à faire avancer les essais cliniques et à obtenir les autorisations nécessaires pour mettre de nouveaux médicaments sur le marché. L’imagerie pourrait même, à terme, aider au diagnostic ou au suivi de ces maladies chez les patients.
Procédures
Les animaux seront soumis à plusieurs types d’interventions : -Une épilation à la crème dépilatoire et entretien par rasage : intervention optionnelle (seulement en cas d’application de composé sur la peau du dos) : 5 minutes maximum, 1 fois et entretien 1 fois par semaine (Imagerie). -Des administrations de composés: 1 minute maximum, quotidiennement ou de manière plus espacée dans le temps. -L’administrations de cellules immunitaires recombinantes ou non pour un traceur d’imagerie (pour le suivi en imagerie en particulier): intervention optionnelle, 1 minute maximum, 1 seule fois. -Des prises de sang : environ 15 secondes, au plus 3 fois sur une durée de 7 jours. -Des mesures de l’inflammation : environ 15 secondes, quotidiennement ou de manière plus espacée dans le temps. -Des analyses par imagerie : 5-25 minutes maximum sous anesthésie gazeuse, au plus 4 fois sur une durée de 7 jours puis deux fois par semaine. L’ensemble des interventions serons réalisées préférentiellement les unes à la suite des autres (réduction du nombre de contention) et pendant les anesthésies gazeuses (imagerie) pour réduire le plus possible la douleur et/ou le stress qui pourraient être engendrés chez les souris.
Impact sur les animaux
Réactions inflammatoires (rougeurs, gonflements, desquamation) et systémiques (perte de poids, allopecie, léthargie). Démangeaisons et comportement de grattage suite à la réponse immunitaire allergique induite par une sensibilisation de la peau . Réponse de greffe contre l’hôte dans le cas des modèles humanisés et qui se traduit perte de poids, baisse activité, diarrhées, alopécie. Les prises de températures (par voie rectale) peuvent engendrer un inconfort de courte durée.
Devenir
L’ensemble des animaux ayant participé à l’étude sera mis à mort à la fin de celle-ci car des prélèvements post-mortem de tissus, de sang et d’organes seront nécessaires à l’études des mécanismes immunitaires impliqués dans les pathologies inflammatoires cutanées.
Remplacement
L'utilisation de modèle d’inflammation cutanée est cruciale pour le développement et l'évaluation de nouvelles thérapies pour les maladies d’hypersensibilité cutanée complexes. Ces modèles permettent d'étudier les réponses cellulaires de l’immunité dans un environnement contrôlé, offrant ainsi une approche unique pour comprendre les interactions cellulaires responsables des symptômes et des mécanismes physiopathologiques spécifiques de chaque maladie. Ils surmontent les limitations des systèmes in vitro et in silico, qui ne peuvent pas reproduire la complexité d'un organisme entier. Les tests in vitro, bien qu'utiles pour étudier les réponses cellulaires, ne peuvent pas reproduire les interactions dynamiques dans les organes lymphoïdes secondaires ou entre le système immunitaire et d'autres systèmes. Les modèles in silico, limités par la complexité biologique et la qualité des données, ne peuvent pas remplacer complètement les études in vivo. Par conséquent, les modèles animaux restent nécessaires pour obtenir des données pertinentes et transposables à l'humain. En intégrant des phases aigues et chroniques de chaque hypersensibilité cutanée, ces modèles offrent une vue d'ensemble des réponses immunitaires et des effets des traitements dans un contexte physiologique complet, essentiel pour développer des thérapies efficaces et sûres. Actuellement, l’utilisation d’animaux vivants reste le moyen incontournable de montrer les relations pharmacocinétique-pharmacodynamie, le devenir (bio distribution), la tolérance et l’efficacité du candidat médicament dans un organisme complexe car, aucune méthode substitutive fiable d’évaluation in vitro ou in silico d’une molécule ne permet de répondre à toutes les interactions in vivo.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est préalablement basé sur les publications scientifiques. Ensuite, sur la base des données expérimentales, un biostatisticien est consulté pour optimiser le nombre d’animaux à utiliser en fonction de l’objectif et du design de l’étude (nombre de groupes d’animaux, type de comparaisons et répétition des mesures dans le temps), du nombre et de la variabilité des paramètres mesurés en fonction de la méthode d’imagerie employée et de l’importance des effets mis en évidence. Les méthodologies statistiques sont appliquées pour proposer une analyse des données appropriée afin de mener les études pour répondre à l’objectif fixé en réduisant au maximum les biais expérimentaux avec un minimum d’animaux. De manière générale, seules les molécules thérapeutiques ayant préalablement démontré une activité inhibitrice/modulatrice de la réponse inflammatoire in vitro dans des essais fonctionnels pourront faire l’objet d’une évaluation in vivo dans nos modèles. Enfin, ces modèles permettent de maximiser les données obtenues à partir d’un nombre minimal d’animaux en utilisant des techniques de mesure précises et des protocoles optimisés. Par exemple, l’utilisation de techniques avancées permet de recueillir des données détaillées sur les réponses immunitaires humorales et cellulaires à partir de petits échantillons. Le recours aux méthodes de suivi des études par imagerie non invasive, longitudinales permettent de limiter le nombre d’animaux en autorisant un suivi dynamique et multi-paramètrique de la réponse d’un même animal à un traitement, l’imagerie permet de recueillir des données détaillées sur les réponses immunitaires humorales et cellulaires à partir de petits échantillons. Les paramètres de distribution du composé ou de l’évolution de la réponse inflammatoire au traitement sont mesurés pour chaque souris de façon non invasive en fonction du temps pour le même animal. Et plusieurs paramètres sont suivis en simultané à chaque session d’imagerie permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés dans l’étude.
Raffinement
Les souris seront hébergées dans des conditions garantissant l’absence de contamination. Nous utiliserons également une litière adaptée (douce, non-poussiéreuse et un enrichissement qui favorise l’expression des comportements normaux de la souris (abri, enfouissement, nidification…). Un apport nutritif (gel hydrique, gel boost…) pourra être mis en place dans la cage, jusqu’à la fin de l’étude, pour y faciliter l’accès des animaux. Les techniques de manipulation douce comme la préhension dans le creux des mains, sont mises en œuvre pour réduire le stress et l’inconfort des animaux. Les animaux pourront être hébergés dans des cages spéciales permettent de détecter 24h/24 toute anomalie dans l’activité des animaux et permettant de mettre en place rapidement les actions pour la prise en charge vétérinaire. Une grille de score a été mise en place afin de permettre la définition et l’application de points limites pour chaque procédure, une fréquence accrue des observations et ainsi intervenir de manière anticipée pour éviter toute douleur ou dommages pour les animaux au-delà de la classe de gravité définie pour la procédure. Dans certains cas comme l’injection intradermique ou intramusculaires, les animaux seront anesthésiés afin de limiter le stress ou la douleur. Les prises d’images sont réalisées sous anesthésie gazeuse permettant une réduction des temps d’anesthésie et une meilleure récupération qu’avec une anesthésie par voie injectable. Les appareils d’imagerie sont thermostatés à environ 37°C. Après chaque anesthésie, les souris sont suivies jusqu’au réveil en armoire ventilée chauffante ou chauffées à 23°C. De plus les études d’imagerie permettent de documenter le devenir du composé testé dans le corps d’un animal vivant et de valider les propriétés thérapeutiques des composés à l’échelle du corps entier, pour préparer le protocole d’évaluation des composés sélectionnés dans les phases cliniques en vue de l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché d’un nouveau traitement chez l’homme. Le recours aux techniques d’imagerie non invasive permet d’envisager dans certain cas de transposer la méthode au diagnostic de la pathologie ou au suivi de l’activité thérapeutique chez le patient.
Choix des espèces
La souris est un modèle privilégié en pharmacologie grâce à son génome similaire à celui des humains, permettant de modéliser les maladies humaines et d'étudier les effets des médicaments. La facilité d’utilisation (petite taille, cycle de reproduction), la compatibilité avec les méthodes d’imagerie non invasives, la disponibilité des modèles et la faible variabilité de réponse permettent de tester plus de traitements et de sélectionner ceux qui génèrent des effets robustes et reproductibles. Les souris adultes sont utilisées dans ce projet pour mimer la pathologie chez les patients adultes car l’immunité varie fortement en fonction de l’âge. Les souris seront utilisées à partir de 8 semaines d’âge, pour leur poids relativement stable en fin de croissance et un système immunitaire mature.
Echographies et Dopplers de rongeurs sur une plateforme de recherche pré-clinique
- Recherche appliquée
- Autres troubles humains
Rats : 500
Anesthésiés au gaz le temps d'une échographie, parfois injectés de microbulles pour visualiser la circulation du sang, 2000 souris et 500 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils repartent ensuite vers leur animalerie d'origine pour la poursuite des expérimentations auxquelles ils sont destinés. Ce projet couvre l'activité d'une plateforme d'imagerie qui réalise ces examens pour des établissements extérieurs, et qui déclare ne pas disposer des protocoles expérimentaux dans lesquels ces animaux sont engagés. Le porteur en tire que la stratégie de réduction figure dans les dossiers des demandeurs, ce qui laisse ce projet sans justification propre de ses 2500 animaux.
Objectifs
Notre plateforme d’échodoppler propose un service d’imagerie cardiovasculaire, tumorale et anatomique non invasive pour les rongeurs de laboratoire. Ce service inclut la mise à disposition des équipements pour les utilisateurs autorisés, ou la réalisation par le personnel de la plateforme d’examens échographiques selon les besoins spécifiques du demandeur. La plateforme peut accueillir temporairement des animaux provenant d’établissements extérieurs à celui dont elle dépend. Ces animaux sont inclus dans des demandes d’autorisation de projet liées aux établissements d’expérimentation du concepteur du projet et demandeur de la prestation. Cette demande d’autorisation de projet concerne uniquement les protocoles d’échographie réalisés par la plateforme pour des utilisateurs extérieurs. La plateforme s’engage à effectuer les examens uniquement si les animaux sont inclus dans une demande d’autorisation ayant reçu un avis favorable du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.
Bénéfices attendus
Les chercheurs utilisent l’échodoppler pour étudier les effets cardiovasculaires, tumoraux et anatomiques, en analysant les structures et la fonction cardiaque, la vascularisation tumorale, ainsi que l’anatomie des organes dans leurs différentes pathologies étudiées ; ce projet plateforme permettra de répondre à leurs questionnements.
Procédures
Pour tous les animaux, les échographies sont non invasives et effectuées sous anesthésie par voie gazeuse. Pour les expériences avec les injections des microbubbles (non douloureuses et sans effets délétères), elles seront réalisées sur les animaux à des fins de visualisation d’éventuelles ischémies par rapport à l’échographie cardiaque classique.
Impact sur les animaux
Pas d’effets indésirables prévus sur les animaux pour l’imagerie en elle-même car c’est un examen non invasif. L’anesthésie peut provoquer un léger inconfort au début. Lorsqu’un produit est injecté pour mieux voir la circulation du sang, l’animal peut ressentir une petite douleur passagère au moment de la piqûre. Aucun effet secondaire n’est attendu après l’injection.
Devenir
Tous les animaux imagés retournent dans leur animalerie d’origine après la réalisation de l’imagerie pour poursuite des expérimentations
Remplacement
Les études in vitro présentent des limites pour l’évaluation des mécanismes au niveau cellulaire. De plus il est impossible d’étudier des paramètres fonctionnels et ne permettent pas d’identifier des processus physiologique et/ou physiopathologique comme la régulation de la pression artérielle ou l’évaluation de la fonction cardiaque qui ne peuvent être évaluées qu'in vivo, c'est pourquoi ce projet nécessite des modèles murins.
Réduction
La plateforme d’échodoppler ne possède pas les procédures expérimentales des utilisateurs extérieurs qui font appel à ses services. Ces procédures sont détaillées dans chaque demande d’autorisation de projet, en incluant les aspects sur la stratégie de réduction. De plus par expérience nous savons que le suivi longitudinal des animaux par échographie doppler permet de réduire leur nombre dans les groupes.
Raffinement
Les examens réalisés sur la plateforme d’échodoppler sont courts, non invasifs et sans contrainte majeure pour les animaux. Lors de l’examen, les animaux sont anesthésiés pour faciliter la réalisation des examens. Pendant l’échographie, ils sont placés sur une table chauffante, puis placés dans une cage chauffée après l’examen, avant d’être remis dans leur cage de transport. Enfin, les volumes de microbilles injectés sont strictement limités et adaptés au poids de chaque animal, afin de minimiser l’impact sur leur organisme. Pour éviter tout risque de contamination entre animaux provenant de lieux différents, les transferts se font dans des cages de transport filtrés. Ils sont généralement en groupe dans les cages, ce qui réduit leur stress.
Choix des espèces
Le système d’échodoppler est un appareil d’imagerie spécialement conçu pour observer de manière non invasive le cœur et les vaisseaux et les organes chez les souris et les rats. Ces animaux sont très utilisés en recherche biomédicale, car leur organisme ressemble beaucoup à celui de l’être humain sur le plan anatomique, physiologique et génétique. Leur petite taille, leur coût raisonnable et leur reproduction rapide en font des modèles particulièrement adaptés à la recherche. L’échodoppler est utilisé pour étudier le fonctionnement du cœur, la structure des vaisseaux et anatomie des organes tels que le cœur, le rein, le foie, l’aorte etc… ou pour suivre l’apparition et la croissance de tumeurs.
Gestion de la production d’une lignée de rats modèles de la myopathie myotubulaire à des fins de recherche biomédicale à visée thérapeutique
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
- Troubles musculosquelettiques
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système musculosquelettique
Produire et génotyper des rats porteurs d'une myopathie myotubulaire, pour alimenter d'autres projets du laboratoire : 3000 rats vont être utilisés sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 2250 d'entre eux et modéré pour 750. L'acte infligé se limite à un prélèvement de tissu de la queue sur animal vigile, en même temps que l'identification, une seule fois dans leur vie et en moins de deux minutes. La part modérée vient de la maladie elle-même, une faiblesse musculaire et une atteinte locomotrice que la lignée reproduit, et le porteur indique tuer les animaux avant l'apparition des symptômes quand aucun projet ne les attend. Les autres sont gardés en vie pour la reproduction ou une utilisation continue. Les 600 rats par an annoncés reposent sur l'historique de production de l'établissement, et le porteur ajoute que ce chiffre pourra évoluer selon de nouvelles orientations scientifiques.
Objectifs
Ce projet a pour but de produire et de génotyper des animaux afin de maintenir une souche de rats génétiquement altérée nécessaire à la mise en œuvre de différents projets de recherche ayant pour but de comprendre la physiopathologie de la myopathie myotubulaire dans notre Laboratoire et de trouver des approches thérapeutiques innovantes.
Bénéfices attendus
Les bénéfices devant découler de ce projet concernent le domaine de la santé humaine. Ils visent à valider l’effet thérapeutique de molécules d’intérêt ou de produits de thérapie génique pour une maladie génétique humaine grave, rare et orpheline de médicaments à partir d'un modèle murin mimant cette maladie. L’observation d’un effet thérapeutique permettra d’envisager un essai clinique qui, s’il est probant, devrait permettre de stopper l’évolution de la pathologie chez les patients atteints de myopathie myotubulaire.
Procédures
Les prélèvements de tissus de queue se font sur animaux vigiles. Cet acte se fait en même temps que l'identification individuelle des animaux et n’est pratiqué qu’une seule fois au cours de la vie des animaux. Au total, moins de 2 minutes sont nécessaires pour réaliser ce double geste. A considérer comme étant de gravité légère.
Impact sur les animaux
Les nuisances attendues sur les animaux sont liées à la méthode de prélèvement de tissu (queue) sur jeunes animaux vigiles. La contention d’animaux jeunes peut entrainer un stress et une douleur légère passagère ne dépassant pas quelques heures. Les animaux porteurs de la pathologie étudiée dans notre laboratoire peuvent présenter un phénotype dommageable de type atteinte locomotrice. Ces symptômes peuvent correspondre à un degré d'inconfort jugé modéré.
Devenir
Euthanasie des animaux ou gardé en vie pour la reproduction ou une utilisation continue.
Remplacement
Un effort de remplacement est réalisé en amont et en parallèle de ce projet. En effet, nous essayons dans un premier temps de répondre aux questions scientifiques dans des modèles cellulaires. L’utilisation d’animaux dans des études scientifiques ne se fait que lorsque les modèles cellulaires ne peuvent pas répondre aux questions. Par exemple lorsqu'il est nécessaire d’étudier les symptômes de perte de la locomotion typiques des maladies neuromusculaires, ou la distribution d’un traitement dans l’ensemble d’un organisme.
Réduction
Nous avons prévu d’utiliser un total de 3000 rats pour satisfaire les besoins de l'ensemble des études pour les 5 années à venir sachant que nos besoins peuvent évoluer en fonction d'éventuelles ré-orientations des objectifs scientifiques à l'appui de nouvelles publications scientifiques et de nouveaux résultats. Aussi nous sommes-nous basés sur les données statistiques de 2023 ainsi que sur l'historique des données de production des lignées maintenues dans notre établissement pour faire cette estimation. Cette base d'estimation nous amène à envisager une moyenne de 600 rats par année pour la lignée de rat objet de ce dossier, soit un total de 3000 rats sur 5 ans. Les deux sexes seront utilisés dans les protocoles lorsque la maladie n’est pas liée au sexe ou que le projet n’est pas dépendant d’un des deux sexes.
Raffinement
Dans ce projet, les rats mimant la myopathie myotubulaire seront utilisés pour les projets applicatifs ou seront euthanasiés avant l’apparition des symptômes. Nous évitons ainsi l’expression du phénotype dommageable quand il n’est pas associé à un besoin expérimental. Les animaux sont élevés dans un environnement enrichi (igloo en cellulose, bâtonnets de bois pour ronger, éléments pour la confection des nids, copeaux, tunnel, etc. et sont observés quotidiennement. Au moment du sevrage, nous ne séparons les fratries que par sexe (sexage). De la nourriture est ajoutée directement sur le sol de la cage et des pipettes d’eau plus longues sont mises en place pour que les juvéniles sevrés ou les animaux présentant une atteinte locomotrice, aient facilement accès à l'eau et à l'aliment. Le cas échéant, un aliment hydratant et apétant peut être placé à même le sol dans une coupelle pour les animaux déshydratés. Pour transférer les animaux d'une cage à l'autre lors du change des litières, les zootechniciens soulèvent délicatement les animaux par le corps et utilisent leurs des tubes-maisons pour inciter les animaux à passer d’une cage à l’autre par eux-mêmes. Concernant les biopsies de tissu pour l’identification génétique des animaux, elles sont effectuées une seule fois entre 7 et 12 jours de vie post-natale par prélèvement d’un très petit bout de queue (moins de 0,5 mm). Ce prélèvement de tissu est réalisé à un âge où l’ossification et l’innervation des tissus ne sont pas encore différenciés.
Choix des espèces
Le rat a été choisi comme animal modèle car cet animal a pu être modifié génétiquement afin de présenter une altération génétique responsable de l’apparition de la myopathie myotubulaire qui est l'un des axes de recherche de notre Equipe de recherche. Ce modèle reproduit les signes cliniques et pathologiques de la maladie connue chez les patients, ce qui inclus une faiblesse musculaire et une insuffisance respiratoire. Les animaux de ce projet d’élevage seront utilisés à un stade précoce afin de réaliser l’identification et le prélèvement pour génotypage (biopsie), et aux stades sexuellement matures pour la reproduction.
Etude des altérations du réseau de neurones hypothalamiques à 26RFa/orexines et de son fonctionnement dans la régulation centrale du métabolisme énergétique et de l’homéostasie glucidique, chez des souris obèses/diabétiques.
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
Pour savoir si un réseau de neurones de l'hypothalamus peut devenir une cible de traitement contre l'obésité et le diabète de type 2, 733 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées à l'issue pour prélever leurs organes. Le protocole alimentaire provoque un surpoids et une hyperglycémie chronique. Jusqu'à six fois, à une semaine d'intervalle, chaque souris peut être mise à jeun de 6 à 16 heures, puis subir une incision au bout de la queue et une prise de sang toutes les 15 minutes pendant deux heures. Le porteur annonce un isolement en cage d'enregistrement pour le suivi métabolique "avant d'être réunis avec leurs congénères préalablement connus", puis écrit que cet hébergement individuel est "minoré par un temps de test le plus court possible et une mise à mort qui suit immédiatement le test".
Objectifs
Depuis plus de vingt ans, il est clairement établi que des systèmes de régulation situés dans l’hypothalamus jouent un rôle central dans le contrôle de l’équilibre énergétique et glycémique de l’organisme. Un dysfonctionnement de l’un de ces systèmes pourrait ainsi contribuer au développement de maladies métaboliques telles que l’obésité et le diabète de type 2. Ces pathologies sont étroitement liées, donnant naissance au terme « diabésité ». Aujourd’hui elles touchent des centaines de millions de personnes dans le monde et constituent un enjeu majeur de santé publique. Ainsi, mieux comprendre les mécanismes à l’origine de ces maladies permettra de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques et de nouveaux traitements pour leur prévention et leur prise en charge. Néanmoins, notre connaissance des réseaux de neurones et systèmes moléculaires impliqués dans ces processus de régulation reste encore très limitée. Ce projet s’intéresse plus particulièrement à une population de neurones hypothalamiques impliqués dans la régulation de la balance énergétique et glucidique. Ces observations nous ont conduits à proposer le présent projet. Celui-ci vise à étudier chez des souris rendues obèses et diabétiques les altérations de ce réseau de neurones, ainsi que son fonctionnement. L’objectif est donc de déterminer si ce circuit neuronal peut représenter une cible thérapeutique pertinente pour améliorer le contrôle de la balance énergétique et glycémique dans un contexte d’obésité et de diabète de type 2.
Bénéfices attendus
De récentes études ont permis d’élucider le rôle et le fonctionnement d’une population neuronale dans la régulation de la balance énergétique et glucidique en condition physiologique. L’objectif de cette présente étude est donc d’étudier les potentielles altérations fonctionnelles et anatomiques de cette population de neurones en condition pathologique d’obésité/diabète. Ces recherches apparaissent cruciales non seulement pour la recherche fondamentale mais aussi dans la lutte contre la pandémie de « diabésité », afin de proposer des solutions innovantes dans la prévention, la prise en charge et le traitement de ces maladies.
Procédures
- Pour établir le profil glycémique des souris, leur glycémie sera suivie par un prélèvement sanguin à l’extrémité de la queue, pendant moins de 10 secondes toutes les 15 minutes, au cours de sessions expérimentales de deux heures. Chaque animal sera soumis à 6 expérimentations au maximum, chacune espacée d’une semaine de repos. - Pour le suivi métabolique, les animaux seront hébergés individuellement dans des cages d’enregistrement, permettant d'évaluer les paramètres métaboliques, avant d’être réunis avec leurs congénères préalablement connus.
Impact sur les animaux
Le protocole de nutrition qui sera utilisé entraine un surpoids et une hyperglycémie chronique chez la souris constituant un modèle d'obésité et de diabète de type 2 chez l'animal. Ce modèle est très largement utilisé dans la littérature scientifique. - Afin de suivre la glycémie, les animaux subiront une mise à jeun de 6 à 16 heures avant chaque test physiologique. Nuisances prévues : perte de poids consécutive à la mise à jeun dont le retour à la normale sera surveillé après chaque test. Une semaine de repos minimum leur sera donnée entre chaque expérimentation. - Toujours pour suivre la glycémie, les animaux subiront une incision à l’extrémité de la queue. Nuisance prévue : douleur à l’incision couverte par l’application locale d’analgésique et potentielle infection prévenue par la désinfection systématique des plaies. - Pour le suivi métabolique, les animaux seront hébergés dans des cages d’enregistrement permettant d'évaluer les paramètres métaboliques. Nuisance prévue : hébergement individuel inhérent à ce suivi, minoré par un temps de test le plus court possible et une mise à mort qui suit immédiatement le test.
Devenir
A l'issue de chaque procédure, les animaux sont mis à mort pour prélèver les organes.
Remplacement
Afin de mieux comprendre la physiopathologie de l’obésité/diabète, de caractériser les altérations neuroanatomiques ainsi que du fonctionnement des réseaux de neurones hypothalamiques à 26RFa/orexines dans leur rôle de régulateur de la glycémie et du métabolisme, l’utilisation d’un modèle in vivo intégré est obligatoire. Il est nécessaire de pouvoir étudier la communication qu’il existe entre le système nerveux et les systèmes périphériques de l’organisme afin de comprendre l’influence du premier sur le second ; dans notre cas l’influence du réseau de neurones à 26RFa/orexines sur la régulation de la glycémie et du métabolisme énergétique (tel le comportement alimentaire ou l’activité physique). La physiologie de la souris étant proche de celle de l’Homme, utiliser cet animal nous permet de pouvoir imaginer une recherche translationnelle, les innovations thérapeutiques proposées seront donc potentiellement applicables à l’Homme dans le futur. Il n’existe alors à ce jour pas d’alternative non-animale.
Réduction
Dans un objectif de réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet, une planification expérimentale a été réalisée en amont. De plus, pour chaque expérience, le nombre d’animaux nécessaire par groupe a été estimé afin d’obtenir des résultats fiables tout en réduisant au mieux le nombre d’animaux utilisés. Anticiper ainsi les effectifs adaptés permet de réduire le nombre d’animaux utilisés, de diminuer le risque de devoir répliquer une expérience avec de plus gros effectifs ainsi que le double emploi. Ces estimations ont été réalisées avec un site en ligne qui calcule le nombre d’animaux requis en fonctions de plusieurs paramètres : la force de l’effet attendu, la variabilité entre individus, et les paramètres statistiques souhaités.
Raffinement
Les conditions d’élevage et de manipulation des animaux seront raffinées pour réduire au maximum la douleur, la souffrance et l’angoisse des animaux. Ils seront maintenus à un minimum de trois par cage pour éviter l’isolement social et leur hébergement sera pourvu de matériel pour la nidification et d'un tube de plastique rouge leur fournissant un abri. La taille des cages est réglementaire. L’état général des animaux sera quotidiennement évalué et les signes de mal-être seront surveillés attentivement. L’établissement de points limites nous permettra de veiller au bon suivi des animaux et de leur apporter au besoin les soins adéquats. Si les points limites sont dépassés, il sera considéré qu’un niveau de souffrance intolérable est atteint et l’animal sera en fonction des cas, écarté des expérimentations ou mis à mort.
Choix des espèces
Seul un modèle mammifère intégré, donc in vivo chez l’animal entier, peut nous permettre d’étudier la physiopathologie de l’obésité/diabète. Nous pourrons ainsi explorer dans un contexte d’obésité/diabète, les altérations des réseaux de neurones hypothalamiques, des systèmes moléculaires d’intérêts, et de leurs répercussions sur leur rôle de régulateur de la glycémie et du métabolisme. La physiologie de la souris étant proche de celle de l’Homme, utiliser cet animal nous permet de pouvoir imaginer une recherche translationnelle, les innovations thérapeutiques proposées seront donc potentiellement applicables à l’Homme dans le futur. La souris est un modèle animal largement utilisé pour les études physiopathologiques permettant une comparaison de nos données avec celles d’autres équipes. De plus, la souris permet des approches génétiques complexes n’existant pas chez d’autres modèles mammifères. Au cours de cette étude la physiologie chez l’adulte sera étudiée. Les souris seront donc âgées d’au moins 8 semaines lors des expérimentations.