Souris
Evaluation de candidats médicaments sur un modèle d’obésité et/ou diabète EU1/2 (MODIFICATION)
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
Rats : 300
Jeûnes répétés jusqu'à douze heures, six tests de tolérance au glucose de deux heures et demie, 72 à 120 heures enfermés seuls en cage de calorimétrie : 600 souris et 300 rats vont subir ce protocole dans des procédures d'un niveau de souffrance modérée, tous tués ensuite pour prélèvement d'organes. Les animaux sont d'abord rendus obèses par un régime hypercalorique prolongé, puis reçoivent des molécules par gavage, par injection intrapéritonéale, sous-cutanée, intraveineuse ou intradermique. Le porteur ramène l'effet de la surcharge pondérale à un "léger inconfort" pour la mobilité en cage. Le laboratoire est un organisme de recherche contractuelle qui teste ici les molécules de ses clients, et le résumé ne nomme ni les composés ni le nombre de prélèvements sanguins prévus.
Objectifs
Le surpoids est défini comme une accumulation excessive de masse grasse dans l’organisme. L’obésité est une maladie chronique complexe définie comme une accumulation excessive de masse grasse pouvant altérer l’état de santé d’un individu. Actuellement, 2,5 milliards de personnes dans le monde sont atteintes de surpoids, dont plus de 800 millions sont obèses (OMS, 2022). La prévalence du surpoids ne cesse de croître depuis les dernières décennies et l’un des facteurs prépondérants de cette évolution est la surconsommation de régimes déséquilibrés, riches en graisses et en sucres. L’obésité s’accompagne d’une inflammation systémique constante et d’intensité faible voire modérée, dite de bas-bruit. Cet état inflammatoire chronique contribue à développer d’autres maladies, telles que le diabète, la stéatose hépatique et bien d’autres, et cause ainsi quelques millions de morts chaque année. Dans ce contexte, l’importance de contenir ce statut inflammatoire et surtout, de stimuler sa résolution, est capitale. L’administration prolongée de régime hypercalorique chez le rongeur est l’un des moyens les plus simples et les plus couramment utilisés pour modéliser le surpoids et l’obésité chez l’animal. En faisant varier la durée du régime ainsi que sa valeur calorique, ce modèle permettra de collecter et d’étayer des données cruciales sur les mécanismes inflammatoires cellulaires et moléculaires impliqués. Le premier objectif consiste donc à détenir au sein de notre laboratoire le modèle de surpoids/obésité induit par un régime hypercalorique. Notre laboratoire étant un organisme de recherche contractuelle, notre activité consiste à étudier le potentiel résolutif de molécules candidates dans différents contextes inflammatoires, ici dans l’obésité. Ainsi, l’objectif final de ce projet est de tester l’administration conjointe de molécules candidates dans la résolution de l’inflammation induite par le surpoids ; et ainsi contribuer à terme à réduire voire supprimer l’impact délétère de l’obésité à tous les niveaux ; humains, sociaux, sociétaux et économiques. De plus, l'ajout d'une méthode d’analyse métabolique nécessite une modification du projet initial autorisé sans ajout d’animaux, faite dans un 2eme EU. Le projet devient multisite : Cette APAFIS est une modification d’un projet autorisé, qui, par l’ajout d’un établissement utilisateur (EU), devient multisite (EU 2/2 et EU 1/2).
Bénéfices attendus
Le modèle animal utilisé dans cette étude, largement décrit dans la littérature, est pertinent pour évaluer de nouveaux candidats médicaments dans le traitement des altérations induites par le surpoids/obésité. Plusieurs voies d’administration des molécules seront employées afin de couvrir au mieux les possibilités d’amélioration des symptômes inflammatoires du modèle. Le bénéfice global de ce projet réside dans l'objectif d’optimisation de la formulation et de l’efficacité de médicaments candidats pour réduire les altérations multiples dues au surpoids et à l’obésité.
Procédures
Dans le cadre de ce projet, les animaux pourront être soumis à : 1. 1 à 6 cessions de jeûne d’une durée de 2h à 12h sur la période diurne ou nocturne, espacées d’une semaine minimum. (EU 1/2) 2. Au maximum, 6 tests de tolérance au glucose et/ou à l’insuline (durée 2h30 environ) (EU 1/2) 3. Des mesures de composition corporelle, l’acquisition dure au maximum 2 minutes et cette mesure sera effectuée 1 à 5 fois au cours du protocole. (EU 2/2) 4. Des expériences de calorimétrie : les souris seront isolées en cage individuelles entre 72h et 120h. Chaque animal sera soumis une seule fois à ce genre de procédure. (EU 2/2) 5. Des administrations répétées du composé-client selon les modalités suivantes : Les modes d’administration possibles incluent l’alimentation, l’eau de boisson, le gavage, les injections intrapéritonéales, sous-cutanées, intravasculaires, intradermiques. Les modes d’administration considérés comme nuisibles incluent tous les modes d’injection. Ils dureront moins d’une minute par animal (saisie de l’animal, pesée de l’animal pour adapter la dose, puis administration de la substance). (EU 1/2) 6. Un prélèvement sanguin unique ou répété, précédé ou non d’un jeûne de 2 à 6h, suivi d’une semaine de récupération minimum sur souris vigile ou anesthésiée et sur rats anesthésiés, selon le volume prélevé. La durée d’un prélèvement sera de l’ordre d’une minute par animal; (EU 1/2).
Impact sur les animaux
Les trois principales nuisances attendues concernent la surcharge pondérale des animaux, la réalisation de prélèvements sanguins répétés sur la durée du protocole expérimental, l’administration répétée des molécules- clients à tester. Les modes d’administration considérés comme nuisibles incluent tous les types d’injection (intrapéritonéale, sous-cutanée, gavage, intradermique, intravasculaire). La surcharge pondérale pourra induire un léger inconfort chez les animaux, en comparaison avec des souris de poids normal, notamment pour leur mobilité au sein de la cage.
Devenir
Tous les animaux de la procédure seront mis à mort à l'issue des procédures afin de pouvoir procéder aux prélèvements d'organes et à la caractérisation du statut inflammatoire et métabolique terminal.
Remplacement
Lorsque ce sera possible, les composés de nos clients seront évalués sur culture cellulaire ou organe isolé en remplacement ou en complément des tests animaux afin de remplacer le nombre d'animaux impliqués dans ce protocole. Cependant, le remplacement complet de l'expérimentation animale par des essais in vitro n'est pas envisageable pour une étude portant sur le surpoids. Les modèles vitro ne permettent pas de réunir toute la complexité des interactions moléculaires et cellulaires de la physiopathologie d'un animal entier. De plus, les étapes de validation d'une molécule thérapeutique nécessite qu'elle soit testée chez l'animal avant de pouvoir passer à l'étape de validation suivante : l'Homme.
Réduction
La problématique de ce projet faisant intervenir la régulation métabolique et inflammatoire sur du moyen/long terme (semaines, mois), induit intrinsèquement une variabilité interindividuelle, qui nécessite d’être contrecarrée par la taille de nos groupes (n=12 souris / groupe expérimentaux). Le nombre de rats et de souris nécessaires a été défini ainsi pour pallier la diminution de la robustesse statistique lors de comparaisons multiples, en particulier sur des protocoles de plus courte durée. Nous avons également estimé cette nécessité sur la base d’estimations statistiques. D’autre part, si plusieurs prélèvements sanguins sont à réaliser, nous les réaliserions sur des animaux dédiés (6 et 6 au sein d’un même groupe) afin de respecter les volumes, les délais de récupération et limiter le nombre de gestes invasifs sur un même animal. Enfin, nous utiliserons en priorité (sauf exigence spécifique de la part de nos clients) des lignées consanguines, qui présentent un génotype contrôlé, ce qui réduit significativement la variabilité interindividuelle, et par conséquent, le nombre d'animaux nécessaires à l'étude. C’est la conjonction de tous ces éléments qui nous a conduit à considérer des groupes de 12 animaux maximum.
Raffinement
Les souris et les rats seront hébergés en unités ventilées. Un cycle jour/nuit de 12h/12h est assuré de façon automatique et la température est maintenue constante à 22°C. Leur environnement sera enrichi (igloo, carré de coton et buchette de manière systématique et quelle que soit la durée du protocole. Une boule en bois et/ou tunnel pourront être ajoutés, en concertation avec le souhait du client afin de leur permettre de se distraire, d’éveiller leur curiosité et de réaliser un peu d’activité physique. Les animaux seront vus quotidiennement. En cas de signe de mal-être (défini dans la procédure), un suivi renforcé sera mis en place : l’animal sera pesé et des soins adaptés à son cas seront mis en œuvre. L’atteinte d’un point limite critique conduira à l’euthanasie de l’animal. Le transport des souris entre les établissements se fera avec une société spécialisé, et se déroulera selon les mesures de raffinement suivantes: Personnel qualifié aux bonnes pratiques de manutention animale et de transport inter-établissements seront mobilisés.Distance du trajet maîtrisée : le transport couvrira une distance d’environ 9 km entre les établissements, ce trajet étant court pour minimiser le stress et la fatigue liés au déplacement.Conditions de transport optimisées : caisses homologuées dotées d’un environnement stable — aérées, obscurité partielle, température contrôlée. Enrichissement et confort : maintien des repères olfactifs grâce à une litière propre et du matériel de nidification issu de leur cage d’origine. Hydratation adaptée : dispositif d’accès à l’eau valide pour le transport (gel hydratant) pour éviter le jeûne prolongé. Minimisation de la durée : en plus d’une courte distance, le trajet sera rendu le plus rapide possible, y compris au niveau de la planification logistique (horaires, conditions de circulation). Suivi avant/après transport : observation systématique de l’état des animaux au départ et à l’arrivée pour détecter tout signe de désordre physiologique ou comportemental.
Choix des espèces
L'utilisation de rats et de souris se justifie, d'une part, par leur proximité avec l'Homme (mammifères). En effet, l'homologie entre les rongeurs et l'Homme facilite considérablement les procédés de modélisation des pathologies humaines et par conséquent, les interprétations qui en découlent. D'autre part, les performances de reproduction des rats et souris permet d'obtenir des effectifs exploitables en termes d'analyses statistiques, dans un délai relativement court et donc compatibles avec nos contraintes de production. Enfin, l'utilisation de rats et de souris comme modèle de surpoids/obésité est très largement documentée dans la littérature scientifique. Les animaux seront utilisés à l'âge adulte (à partir de 7 semaines), car toutes leurs fonctions biologiques sont alors matures. L'âge des animaux pourra exceptionnellement être inférieur à 7 semaines, si le client souhaite étudier les conséquences du surpoids/obésité juvénile sur l'âge adulte. Dans ce cas, le régime hypercalorique pourra débuter au plus tôt à l'âge de 3 semaines.
Crises épileptiques induites par un stimulus externe
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
Rats : 2525
Tester des candidats médicaments avant leur mise sur le marché suppose ici de provoquer des crises d'épilepsie chez des rongeurs par stimulation externe. 9 750 souris et 2 525 rats vont être utilisés, tous tués, dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Chaque animal est exposé à un stimulus de 3 à 60 secondes qui déclenche contractions toniques et secousses cloniques, la crise pouvant entraîner sa mort, et une partie subit en plus l'implantation d'un guide-canule sous anesthésie pendant une heure puis sept jours d'isolement. L'effectif de 12 275 rongeurs n'est adossé à aucun calcul détaillé, le porteur indiquant seulement qu'il ajuste le nombre selon la nature des données recueillies.
Objectifs
Le présent projet a pour objectif d’évaluer l’innocuité et/ou l’efficacité de nouveaux candidats médicaments dans le traitement des épilepsies généralisées et partielles. Bien que plusieurs traitements médicamenteux soient actuellement disponibles, environ 30 % des patients présentent une résistance aux traitements, rendant la recherche de nouvelles thérapies indispensable pour améliorer leur qualité et espérance de vie. Les épilepsies généralisées sont caractérisées par des activités neuronales anormales affectant les deux hémisphères cérébraux, et peuvent notamment se manifester par des crises tonico-cloniques. Ces dernières se traduisent par des contractions musculaires soudaines (toniques), des secousses involontaires (cloniques) et, dans certains cas, un arrêt respiratoire temporaire ou définitif. Des signes avant-coureurs tels qu’une hypersalivation ou une respiration bruyante peuvent précéder ces épisodes. Les crises partielles, quant à elles, résultent d’une activité neuronale anormale localisée dans une région spécifique du cerveau. Les manifestations cliniques varient selon la zone atteinte et peuvent inclure des fourmillements, des mouvements involontaires d’un membre, des mouvements anormaux de la tête ou des yeux, ou encore des signes émotionnels comme la peur ou le rire. Afin d’évaluer les effets des substances pharmacologiques en développement, le projet repose sur l’utilisation de modèles expérimentaux dans lesquels des crises épileptiques sont induites par stimulations externes. Ces tests permettent de recueillir des données essentielles sur le potentiel thérapeutique des molécules étudiées.
Bénéfices attendus
Les modèles expérimentaux de crises d’épilepsie généralisée et partielle induites par des stimulations externes sont actuellement recommandés pour l’évaluation préclinique de l’efficacité de nouveaux candidats médicaments avant leur mise sur le marché. La recherche de nouveaux traitements antiépileptiques constitue un enjeu de santé publique majeur. En effet, les traitements disponibles aujourd’hui sont uniquement symptomatiques et ne permettent pas de soigner la maladie. De plus, une proportion significative de patients (environ 10 à 30 %) doit interrompre leur traitement en raison d’effets secondaires indésirables ou d’une absence d’efficacité, liée à une résistance aux médicaments. Ce projet s’inscrit dans cette dynamique de développement de thérapies innovantes, à la fois pour améliorer le contrôle des crises chez les patients pharmaco-résistants, mais également pour réduire les effets indésirables des traitements actuels. Un autre objectif essentiel est de mettre au point des traitements qui pourraient empêcher la maladie de se développer chez les personnes identifiées comme à risque. À ce jour, aucun traitement de ce type n’est disponible. Ainsi, les résultats attendus de ce projet pourraient contribuer à l’identification de nouvelles approches thérapeutiques permettant d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des patients atteints d’épilepsie.
Procédures
Pour chaque procédure décrite, les candidats médicaments seront administrés par un bolus rapide qui dure quelques secondes ou par perfusion de quelques minutes. Les administrations peuvent être uniques ou répétées une fois par jour, pendant 7 jours au maximum, en fonction des spécificités du candidat traitement. Si applicable, l'implantation d'un guide canule est réalisée sous anesthésie générale sur environ 60 minutes. Dans chacune des procédures décrites, le rongeur sera exposé à un stimulus externe, d'un durée maximale de 3 à 60 secondes. Des prélèvements sanguins peuvent également être envisagés avant le test (à minima 24 heures avant la stimulation, durée de l'ordre de la minute) pour compléter les données in vivo par des données biochimiques ou histologiques. Pour les études nécessitant une chirurgie, les animaux seront hébergés individuellement pendant 7 jours au maximum.
Impact sur les animaux
Dans ce projet, les tests modélisant des crises peuvent induire un certain inconfort ou un stress physique chez les rongeurs, se manifestant notamment par l'apparition de mouvements involontaires saccadés ou un raidissement des membres ou du corps. Ce stress est principalement lié à l’application de signaux externes de courte durée, qui entraînent l’apparition de manifestations convulsives. Dans certains cas, la survenue de crises tonico-cloniques peut entraîner le décès de l’animal. Lorsqu’ils sont implantés avec un guide canule, les animaux sont placés en cage de réveil et maintenus en hébergement individualisé pendant 7 jours maximum après la chirurgie, afin d’éviter toute dégradation du dispositif par les congénères. Enfin, le prélèvement de sang réalisé sur animal vigile au cours de certaines expérimentations peut également engendrer un stress transitoire.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés immédiatement après la stimulation si une convulsion tonique est observée ou à la fin du test en l'absence de convulsion tonique car ces procédures ne permettent pas le maintien en vie des animaux dans de bonnes conditions.
Remplacement
Il existe des techniques alternatives in silico ou in vitro permettant d'évaluer les traitements sur des cultures primaires de neurones ou des tranches cérébrales afin de sélectionner les meilleurs candidats médicaments et donc de limiter le nombre d'animaux utilisés. Néanmoins, l'efficacité de nouveaux traitements doit également être démontrée sur des modèles plus complexes (modèles animaux) permettant ainsi l’observation des effets de substances pharmacologiques sur le comportement des animaux.
Réduction
Le nombre d'animaux est ajusté afin de pouvoir évaluer l'effet d'un composé en réalisant une seule étude et en fonction des analyses statistiques réalisées dépendant de la nature des données : variables dichotomiques, données paramétriques ou non paramétriques. Il est possible de tester plusieurs composés et doses dans une même expérience. Ceci permet de limiter le nombre d'animaux contrôles et le nombre d'animaux testés avec une substance connue.
Raffinement
Les procédures décrites ont été optimisées pour limiter la douleur chez l'animal. Une solution anesthésiante sera appliquée avant chaque stimulation. Les animaux seront anesthésiés et/ou euthanasiés, immédiatement après l'apparition d'une convulsion tonique. Pour les études incluant une chirurgie pour administrer le candidat médicament, une analgésie est assurée par l’administration d'un analgésique systémique et l'utilisation d'un analgésique local. Enfin, un gel ophtalmique est appliqué pendant la chirurgie pour éviter le dessèchement de l'oeil. Un système de suivi des points limites a été mis en place afin de garantir le bien être animal.
Choix des espèces
Les modèles de convulsions induites par une stimulation externe sont largement décrits dans la littérature chez le rongeur (souris et rats). Les procédures décrites dans ce projet sont recommandées pour évaluer de nouveaux candidats médicaments (efficacité) et/ou l'innocuité d'un composé dans le cadre de l'épilepsie. Les rongeurs utilisés sont testés une fois sevrés, l’âge peut varier entre 3 semaines et 2 ans, conformément aux données historiques et à la bibliographie scientifique.
Développement d’une nouvelle méthode non invasive d’évaluation de la sensibilité colique chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système nerveux
Une distension nocive de la paroi intestinale, quatre fois de suite, vingt secondes à chaque fois : 112 souris vont subir cette série dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Douze d'entre elles reçoivent en plus des électrodes implantées dans l'abdomen sous anesthésie, vingt minutes d'opération, pour comparer la méthode existante à celle que le porteur veut mettre au point. Cette nouvelle méthode consiste à filmer la posture des souris pendant la distension, et le porteur la présente comme une avancée de raffinement. La distension reste infligée, décrite comme une source d'inconfort voire de douleur aiguë, et toutes les souris sont tuées à la fin pour prélever des échantillons.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de développer une nouvelle technique d'évaluation de la sensibilité colique chez la souris de laboratoire. Les standards actuels font appel à des gestes chirurgicaux invasifs associés à des nuisances pour les animaux. Dans ce projet, nous souhaitons entrainer, valider et utiliser des algorithmes permettant d'évaluer la force des contractions abdominales en réponse à une stimulation de la paroi intestinale uniquement au moyen de l'enregistrement vidéo de la posture des animaux. Ce procédé, s'il est validé au cours de ce projet, s'intégrerait parfaitement dans une stratégie de raffinement pour l'étude de la sensibilité colique de l'animal de laboratoire.
Bénéfices attendus
Si cette nouvelle méthode de mesure apporte des résultats satisfaisants, les autres méthodes actuellement employées pourraient être remplacées par un protocole beaucoup moins invasif. Ce protocole d'étude pourrait par la suite permettre l'évaluation de candidats médicaments chez l'Homme pour le traitement de la douleur colique qui demeure, encore à l'heure actuelle, difficile à prendre en charge du fait de la faible efficacité des molécules actuellement disponibles et/ou des effets indésirables gastro-intestinaux associés aux antalgiques classiques.
Procédures
Les animaux seront soumis à une distension nocive de la paroi intestinale, procédé indispensable à l'étude de la sensibilité colique. Chaque lot d'animaux sera soumis à une série de 4 distensions coliques, chaque stimulation durant 20 secondes. De plus, afin de comparer cette nouvelle méthode d'étude aux standards actuellement employés, il sera nécessaire de réaliser des chirurgies d'implantation d'électrodes abdominales chez certains animaux. Douze animaux seront utilisés pour cette partie du projet et l'acte chirurgical dure une vingtaine de minutes pour chaque animal.
Impact sur les animaux
L'implantation d'électrodes au niveau abdominal réalisée sous anesthésie générale, peut induire un stress chez l'animal au moment de l'induction de l'anesthésie. La distension colorectale, source d'inconfort voire de douleur aiguë pour les animaux, est nécessaire afin d'évaluer efficacement la sensibilité des animaux. Le modèle d'hypersensibilité proposé induit une inflammation transitoire de la paroi intestinale dont la sévérité sera évaluée quotidiennement par les expérimentateurs.
Devenir
Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures dans le but de collecter des échantillons biologiques afin de mettre en relation le niveau de sensibilité colique des animaux avec des marqueurs biochimiques et moléculaires de l'activation des voies nerveuses transmettant l'information douloureuse.
Remplacement
L’utilisation d’animaux pour les tests d'efficacité d’analgésiques/antalgiques est rendue nécessaire par le fait que les mécanismes d'action des candidats-médicaments sont des processus complexes impliquant la totalité du système nerveux (de manière imagée, des communications réciproques entre le cerveau, la moelle épinière, et les tissus périphériques). C’est seulement chez l’animal entier que l’impact de ces traitements peut être évalué. En régle général, la sensation douloureuse fait intervenir des processus complexes et des interactions multiples entre différents grands systèmes de l'organisme qui sont impossibles à appréhender uniquement in vitro.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé sera réduit par le soin apporté à chaque expérience conjugué à plus de 15 ans de pratique dans le domaine d'étude de la sensibilité viscérale par le personnel du laboratoire limitant ainsi les pertes liées à l'acte chirurgical. Afin d'assurer la qualité scientifique du projet le nombre d'animaux sera calculé selon le test présentant la plus grande variabilité et qui est la mesure de la pression intracolique en réponse à la distension colorectale.
Raffinement
Afin de déceler l'apparition de souffrance ou de comportements anormaux, les animaux seront surveillés quotidiennement (Week-end et jours fériés compris) par l'expérimentateur mais aussi par le personnel de l'animalerie. Si l'un des points limites mis en place est atteint pour un animal, celui-ci sera euthanasié par le personnel de l’unité de stabulation animale. Ces animaux seront au maximum 5 par cage (5 mâles ou 5 femelles). De plus, ces cages contiendront des milieux d'enrichissements structurels de type petite maisonnette ainsi que du coton pour la nidification. La manipulation des animaux sera réalisée selon les protocoles de contention "low stress" auxquels les personnels impliqués dans ce projet ont été récemment formés.
Choix des espèces
Le choix de la souris comme modèle expérimental est appuyé par sa pertinence pour l’étude des pathologies intestinales in vivo ainsi que par la disponibilité de lignées d’animaux génétiquement modifiés et l’existence de nombreux outils d’analyse développés pour cette espèce. Des animaux adultes seront utilisés au cours de toutes les expérimentations. Il est impossible de réaliser des distensions colorectales sur des animaux plus jeunes au risque de léser la paroi intestinale.
Traçage neuroanatomique rétrograde des motoneurones phréniques chez la souris
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Placées sur le dos et incapables de se retourner en moins de dix secondes, ou après avoir perdu 20 % de leur poids en 48 heures, les souris sont mises à mort. 600 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l'issue. 576 d'entre elles reçoivent une injection dans le cerveau à la naissance, puis une injection entre les plèvres vers 30 à 50 jours, avant une perfusion intracardiaque à 60, 90 ou 120 jours selon le stade de paralysie atteint. L'objectif est de compter les motoneurones du diaphragme après traitement par une protéine du virus Borna, pour savoir si la survie allongée déjà observée chez ces souris tient à ces neurones.
Objectifs
La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative caractérisée par une perte sélective et progressive des neurones cortico-spinaux (neurones du cortex moteur) et des motoneurones bulbaires et spinaux (neurones innervant les muscles). L’atteinte de ces neurones aboutit à raideurs musculaires involontaires et des faiblesses musculaires évoluant vers une paralysie complète du patient. Une insuffisance respiratoire entraine la mort du patient 3 à 5 ans après le diagnostic. Aucun traitement curatif n’existe à ce jour, seul le riluzole augmente l’espérance de vie des patients d’environ 90 jours. Parmi les nouvelles pistes thérapeutiques investiguées, une stratégie consiste à détourner une protéine virale à des fins neuroprotectrices. Cette protéine appelée protéine X est une petite protéine du virus Borna. Nous avons récemment montré l’intérêt thérapeutique de cette protéine dans un modèle murin de SLA (une souche de souris génétiquement modifié). Dans ce modèle, la phase symptomatique débute vers l’âge de 90 jours par une faiblesse des membres postérieurs et évoluant vers une paralysie des membres postérieurs. L’étude in vivo menée sur ces animaux a mis en évidence un rôle de préservation des capacités motrices de ces souris, une diminution de la neurodégénérescence des motoneurones de la moelle epinière lombaire et une augmentation de l’espérance de vie des souris. Afin de déterminer si l'augmentation de l'espérance de vie est due à une augmentation de la survie des motoneurones respiratoires nous proposons ici de marquer spécifiquement les motoneurones du diaphragme afin de les identifier et de les quantifier après traitement avec la protéine X.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de déterminer si l'augmentation de la survie des souris observée apres traitement avec la protéine X est lièe a une diminution de la dégénérescence des motoneurones innervant le diaphragme.Par consequent, ce projet permettra de montrer l’efficacité de la protéine X sur les capacités respiratoires des animaux et donnera des pistes thérapeutiques pour les patients qui meurent de déficience respiratoire. Par ailleurs l'effet du traitement sera egalement observé sur les capacites motrices des animaux .
Procédures
576 souris du projet seront soumises à 3 procédures chirurgicales : 1) Injection cérébrale (à la naissane) sous anesthésie générale , durée 10 minute par animal 2) Injection intrapleurale (entre 30 et 50 jours), sous anesthésie générale durée 30 min 3) Euthanasie pour prélevement d’échantillons à 3 stades symptomatiques (60 jours ; 90 jours ou 120 jours) durée de la perfusion 5 min . 24 souris du projet seront soumises à une injection intrapleurale à un âge compris entre 30 et 50 jours. Parmis ces 576 souris , 144 animaux effectueront des test moteurs au cours de la maladie afin d'évaluer les deficits moteurs.
Impact sur les animaux
1) Injection cérébrale : bien que cela soit très peu observé au cours de ces procédures, les nouveau-nés présentant une absence de poche de lait, une hypothermie ou peu de mobilité seront sacrifiés 2) Injection intra-diaphragmatique, si les souris développent une infection post-opératoire ou présentent un état létargique ou une perte de poids, les animaux seront traités en conséquence avec des traitements médicamenteux. La grille de score sera utilisée pour déterminer les points limites et determiner un sacrifice de l'animal si son état l'impose. 3) Perfusion intracardiaque : Concernant les animaux vivant jusqu'à des stades symptomatiques avancés (jusqu'à l’âge de 120 jours) : à partir des premiers signes de paralysie (membres posterieurs) les animaux seront observés quotidiennement et la douleur sera évaluée selon la grille d’évaluation), organisée selon 5 grands critères : apparence physique, comportement naturel, évolution de la maladie, comportement provoqué, et changement de poids corporel. L’accès à la nourriture et à la boisson seront facilités avec des doses de DietGel placées dans la cage. Le réflexe de retournement et le poids seront également determinés quotidiennement. Lorsque ces animaux placés sur le dos ne seront plus capables de se retourner en moins de 10s (score 4 - comportement provoqué) ou lorsque 20% de leur poids sera perdu en 48 heures, ils seront sacrifiés.
Devenir
Afin de préléver les tissus et de pouvoir identifier la survie des neurones respiratoires les animaux seront mis à mort.
Remplacement
Les méthodes alternatives telles que les cultures de lignées cellulaires ne permettent pas d’appréhender un système aussi complexe que le système moteur. Le recours à l’animal entier est déterminant dans les études précliniques, en effet, seule une approche intégrée peut rendre compte de l’efficacité de la molécule sur le retard de l’apparition et de la progression de la maladie ou encore sur la prolongation de la survie des animaux.
Réduction
Le nombre d'animaux a été determiné par une approche statistique. Ce nombre est par ailleurs à mettre en rapport avec le nombre de conditions et les différents stades de la maladie. La dégénérescence des motoneurones respiratoires sera d'abord confirmée pour chaque stade chez les animaux contrôles. Si la dégénérescence n'est pas révélée à des stades précoces par exemple (souris agées de 60 jours), l'effet du traitement sur ces stades ne sera pas étudié.
Raffinement
Une étude pilote sera réalisée sur une douzaine de souris anesthésiée afin de limiter la douleur en testant deux protocoles medicamendateux analgésiques pré et post-opératoire. Le protocole le plus adapté sera ensuite celui appliqué dans le projet. Les animaux seront placés dans des cages enrichies (carrés de cellulose lab’nest). Ils seront stabulés dans une animalerie thermorégulée avec hygrométrie contrôlée et cycle de lumière inversé. L’accès à la nourriture et à l’eau sera ad libitum et un changement de litière sera effectué chaque semaine. Une grille de score sera utilisée pour déterminer les points limites et déterminer une mise à mort de l'animal si son état l'impose.
Choix des espèces
Le modèle de souris utilisée est un modèle d’étude classique de la Sclérose Latérale Amyotrophique. Les injections des différentes constructions génétiques seront réalisées chez les souris à la naissance. Ces injections précoces augmenteront les chances de couvrir la fenêtre temporelle à laquelle la protéine du virus Borna aura potentiellement un effet. Les animaux recevront ensuite des injections dans le diaphragme entre 30 et 50 jours puis les expériences d’immunohistochimie seront réalisées chez des animaux adultes à 60, 90 ou 120 jours. Ces différentes périodes ont été choisi afin de suivre l’évolution de la maladie. 60 jours correspondent à un stade asymptomatique, 90 jours à un stade symptomatique débutant et 120 jours à un stade symptomatique avancé. Un groupe d'animaux servira egalement a suivre l'evolution des deficits moteurs au cours de la maladie et evaluer l'effet du traitrement sur ces symptomes moteurs .
Evaluation de nanothérapies dans un modèle de tumeur pulmonaire chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Dépourvues de système immunitaire fonctionnel, des souris nude sont utilisées pour qu'elles acceptent une lignée de cancer du poumon humain. 1 008 d'entre elles vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue pour prélèvements et dosages. Chacune reçoit une injection de cellules tumorales dans le poumon gauche sous anesthésie, puis jusqu'à dix séances d'imagerie de trente minutes espacées d'une semaine, et pour certaines deux à trois anesthésies supplémentaires pour la nébulisation des nanothérapies. Le porteur ramène les effets indésirables attendus au stress des manipulations, qu'il juge comparable à celui d'un change de cage, sans revenir sur la tumeur pulmonaire qui se développe pendant ces dix semaines.
Objectifs
Avec presque 30000 décès par an en France, le cancer du poumon est le cancer le plus mortel. Les options thérapeutiques actuelles ne sont pas encore optimales et nécessitent de proposer de nouvelles options. Notre objectif est donc d’évaluer dans un modèle murin de tumeurs pulmonaires de nouveaux nanosystèmes permettant l’administration optimisée de chimiothérapies par adressage avec des peptides ayant une action positive sur la pénétration intracellulaire des vecteurs.
Bénéfices attendus
Le bénéfice à court terme est de documenter l’apport de nanovecteurs porteur de peptides pénétrant sur la limitation de la croissance de tumeurs pulmonaire implantées chez la souris.
Procédures
Tous les animaux de cette étude recevront une injection de cellules tumorales au niveau du poumon gauche. Ce geste sera réalisé sous anesthésie qui ne durera pas plus de 5 minutes. Pour les animaux traités par nébulisation ou par injection intraveineuse, 2 ou 3 anesthésies gazeuses supplémentaires, d’une durée de 10 min maximum seront réalisées. Concernant les imageries, elles seront également réalisées sous anesthésie et seront au nombre de 10 maximum, espacées d'une semaine, et d'une durée maximale de 30 minutes.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sont liés au stress induit par les manutentions lors de la piqure pour l’injection des cellules tumorales, de la nébulisation des thérapies ou du contrôle IRM. Le niveau de stress généré par ces gestes sera comparable à celui induit par les changes.
Devenir
A la fin de chacune des procédures les animaux sont euthanasiés pour prélèvements et dosages.
Remplacement
Il existe de nombreux tests d’évaluation de toxicité sur des modèles cellulaires. Ces tests ont été réalisés et nous ont permis de présélectionner les nanothérapies que nous allons évaluer. Les objectifs du projet étant d’évaluer leur efficacité thérapeutique dans un contexte complexe où le devenir des nanomédicaments peut être impacté par le microenvironnement de l’hôte, l’utilisation d’animaux est donc indispensable.
Réduction
Le nombre d'animaux est réduit au minimum tout en maintenant une puissance statistique suffisante pour valider les résultats expérimentaux.
Raffinement
Outre les conditions d'hébergement assurées par la structure (cycle jour/nuit, température, papier pour constitution de nid...) les animaux seront maintenus en normothermie (système de chauffage asservi à la température rectale) pendant toutes les procédures avec une attention particulière lors des examens IRM - où un accès visuel à l'animal n'est pas possible – par un suivi complémentaire du rythme respiratoire afin d’évaluer la qualité de l’anesthésie. Le suivi régulier des animaux sera réalisé afin de s'assurer que les points limites adaptés à l'étude ne sont pas atteints. Afin de réduire l’inconfort de l’animal un dépôt de gel ophtalmique sur la cornée sera effectué à chaque phase des protocoles.
Choix des espèces
La lignée tumorale de cancer du poumon étant humaine, des souris nude (mâle et femelle) seront utilisées, cette espèce est retenue car le modèle ainsi obtenu est un modèle de référence. Les animaux inclus dans l’étude sont des animaux adultes âgés de 8-10 semaines ayant attient la maturité sexuelle.
Isolement de cellules stellaires et d’hépatocytes à partir de foie de souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système gastrointestinal
Prises parmi les animaux de réforme de l'animalerie, 250 souris vont être opérées sous anesthésie générale et tuées avant tout réveil. Chaque intervention dure quinze à vingt-cinq minutes : ouverture de l'abdomen, puis perfusion du foie avec des solutions enzymatiques pour en détacher les cellules. Le porteur cherche à isoler des cellules stellaires et des hépatocytes vivants, destinés à tester en culture des molécules contre la fibrose du foie avant tout essai sur animal entier. La mort survient au cours de la procédure elle-même, par l'ouverture de l'abdomen et l'exsanguination liée au lavage du foie.
Objectifs
Ce projet a pour objectif de récupérer des cellules primaires (stellaires et hépatocytes) à partir de foies de souris. Ces cellules sont impliquées dans le développement de tissu cicatriciel dans le foie, une complication fréquente des maladies chroniques du foie comme la MASLD. Elles seront utilisées pour évaluer les effets de vésicules extracellualire d’origine bactérienne sur le développement de la maladie et tester l’efficacité de nouvelles molécules en culture cellulaire, avant d’envisager des essais sur l’animal entier. Cela permet de mieux comprendre les mécanismes de la maladie et de préparer le développement de futurs traitements.
Bénéfices attendus
L’utilisation de cellules primaires (directement isolées du foie) permet une évaluation plus fiable et pertinente que les lignées cellulaires immortalisées, souvent utilisées en laboratoire mais altérées sur le plan génétique et fonctionnel. Ces cellules serviront notamment à réaliser un premier tri des molécules thérapeutiques.
Procédures
Les animaux seront anesthésiés, puis une chirurgie sera pratiquée pour accéder au foie. Une perfusion de solutions enzymatiques permettra de détacher les cellules. La mise à mort est réalisée à la suite de la procédure, sans réveil. La durée prévue de cette procédure est de 15 à 25 minutes
Impact sur les animaux
La procédure inclut une anesthésie générale, une laparotomie (ouverture de l’abdomen), une perfusion hépatique. Les douleurs liées à la chirurgie sont anticipées par l’administration d’analgésiques avant l’intervention.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort en cours de la procédure, du fait de la réalisation d'une laparotomie et de l'exanguination du au lavage du foie et la récupération du foie.
Remplacement
À ce jour, il n’est pas possible d’obtenir des cellules stellaires et hépatocytaires primaires autrement qu’à partir de tissus hépatiques frais. Les modèles in vitro existants (cellules immortalisées ou cultures artificielles) ne permettent pas de reproduire fidèlement les fonctions et réponses de ces cellules. L’extraction directe reste donc indispensable pour les objectifs scientifiques de ces projets.
Réduction
Seules des souris de réforme issues de l’animalerie seront utilisées, ce qui évite l’élevage d’animaux supplémentaires. La méthode d’extraction choisie permet un rendement cellulaire élevé à partir de peu d’animaux, limitant le recours à des prélèvements multiples. Par ailleurs, le recours à des phases de test en culture cellulaire en amont des essais in vivo permet de réduire le nombre d’animaux nécessaires à moyen terme.
Raffinement
La douleur et le stress sont pris en charge à chaque étape : analgésie préventive, anesthésie générale, anesthésie locale aux points d’incision. La procédure est courte, réalisée par du personnel expérimenté. Les souris sont hébergées en groupe, dans un environnement enrichi (cabanes, papier, tubes…), respectant les besoins comportementaux de l’espèce.
Choix des espèces
La souris est l’espèce de référence pour l’étude des maladies du foie, en raison de ses similarités physiopathologiques avec l’humain. Les animaux utilisés seront des souris adultes de plus de 12 semaines, issues des lots de réforme de l’animalerie. Ce choix permet de disposer de foies matures tout en valorisant des animaux qui ne sont utilisés dans d’autres projets.
Etude du microbiote de l’intestin grêle dans un modèle murin de Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin (MICI)
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
9 377 souris vont être utilisées, certaines recevant jusqu'à 105 administrations orales, une chaque jour pendant quinze semaines. Les procédures relèvent d'un niveau de souffrance léger pour 2 782 d'entre elles et modéré pour 6 595, et toutes sont tuées pour prélever plusieurs organes par animal. Une partie développe spontanément une inflammation de l'iléon proche de la maladie de Crohn, avec diarrhée et perte de poids, à quoi s'ajoutent des transferts de microbiote, des changements de régime et des prises de sang sur animal vigile. Le porteur justifie l'effectif par quinze ans d'expérience du modèle et par la variabilité entre individus, et prévoit de refaire chaque expérience deux à trois fois lorsque les résultats vont dans le sens de son hypothèse.
Objectifs
Le rôle du microbiote intestinal a été exploré dans la santé et dans un large éventail de pathologies. Il a été clairement démontré que le microbiote intestinal joue un rôle dans la pathogenèse des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI) et constitue une cible thérapeutique potentielle dans ces maladies. Cependant, la grande majorité des données disponibles concerne le microbiome fécal ou colique, alors que le microbiome de l'intestin grêle joue probablement un rôle au moins aussi important. La composition et les fonctions du microbiote intestinal sont façonnées par son environnement, et il n'est donc pas surprenant que la composition, la biogéographie et la distribution du microbiote de l'intestin grêle soient différentes de celles du côlon. Dans des expériences préliminaires, nous avons montré chez l'Homme et chez la souris que les microbiomes de l'iléon et du côlon sont différents à la fois en termes de composition et de fonctions. Les objectifs du projet actuel sont de caractériser le microbiote de l'intestin grêle, l'influence de l'alimentation sur ce microbiote, son altération dans les MICI et son rôle dans la pathogenèse et en tant que cible/outil thérapeutique.
Bénéfices attendus
Les MICI (maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) touchent plus de 300 000 patients en France et elles sont en partie liées à une altération du microbiote intestinal. Les traitements actuels des MICI ne sont pas toujours efficaces ; ils ne sont que suspensifs et ne ciblent pratiquement que le système immunitaire en ignorant la composante du microbiote. D’autre part, l’atteinte de l’intestin grêle qui est présente chez deux tiers des patients avec maladie de Crohn est particulièrement difficile à traiter et représente un besoin médical encore plus important que les autres localisations inflammatoires. Notre projet vise à mieux comprendre comment les microbes qui vivent dans notre intestin interagissent avec notre organisme, en particulier au niveau de l’intestin grêle. Ces recherches nous aideront à découvrir comment ces échanges fonctionnent dans un corps en bonne santé, mais aussi dans certaines maladies. L’objectif est de trouver de nouvelles façons de soigner en agissant à la fois sur le microbiote (les microbes) et sur le corps humain. Ce projet réunit plusieurs domaines scientifiques pour étudier comment notre système immunitaire et notre métabolisme travaillent avec les microbes de l’intestin. Il nous permettra de mieux comprendre les causes de maladies comme les MICI, notamment lorsqu’elles touchent l’intestin grêle, et d’identifier de nouvelles pistes de traitement pour les patients.
Procédures
Au cours de ce projet, les souris pourront suivre au choix selon les groupes et questions scientifiques : i) un transfert de microbiote intestinal par administration orale pendant 2 jours (animal vigile, moins de 10 secondes) ii) une mise sous régime alimentaire spécifique durant 2 à 12 semaines (animal vigile, prise alimentaire spontanée) iii) un traitement quotidien à visée thérapeutique tous les jours durant 5, 10 ou 15 semaines soit un maximum de 105 administrations pour les temps les plus longs (animal vigile, moins de 30 secondes). Tous les groupes impliqués seront suivis grâce à une grille de score effectuée de manière hebdomadaire (ou plus si nécessaire) et impliquant une manipulation d’environ une minute par animal. Afin de vérifier la composition du microbiote, les selles fraîches de chaque animal seront recueillies régulièrement sans contrainte pour l'animal. Les animaux seront simplement placés dans des pots transparents permettant aux animaux de bouger librement, et après quelques minutes (maximum 5 minutes) les animaux produisent des fèces spontanément. Afin de vérifier l’état métabolique des souris, les animaux subiront un prélèvement de sang sur animal vigile par simple contention par une personne formée avec un matériel adapté en moins de 30 secondes. Les animaux seront ensuite euthanasiés selon une méthode réglementaire au temps prévu pour effectuer les différents prélèvements nécessaires pour répondre aux questions scientifiques du projet.
Impact sur les animaux
Le modèle murin utilisé développe spontanément et de manière très progressive une inflammation intestinale pouvant entraîner une diarrhée et une perte de poids. Certains animaux seront soumis à un changement de régime alimentaire ce qui pourrait induire une diminution transitoire de la prise alimentaire en raison de la néophobie de la souris. Le projet comprend différentes techniques d’administrations pouvant causer un stress et un inconfort pour l’animal lors de la contention et de la réalisation du geste. La répétition des injections au niveau abdominal peut entraîner un risque de péritonite (très rare). De même, la répétition des administrations orales peut induire des irritations ou des microlésions. Nous réalisons des recueils réguliers de selles fraîches sans contrainte (animal libre de ses mouvements) qui ne devraient pas induire de nuisance ou tout au plus un léger stress lié au changement d’environnement durant quelques instants. Nous réaliserons également un prélèvement sanguin pouvant causer un stress et un inconfort pour l’animal lors de la contention et de la réalisation du geste ainsi qu’un risque d’hématome ou d’hémorragie (très rare).
Devenir
Les souris impliquées dans la production des cohortes seront euthanasiées à la fin de la période de reproduction sans prélèvement. Les souris impliquées dans les procédures seront euthanasiées par une méthode réglementaire afin de prélever les organes pour réaliser différentes analyses biologiques. Sur chaque animal, plusieurs organes sont prélevés pour l’analyse ce qui impose une euthanasie.
Remplacement
Malgré le développement et l’utilisation en première intention de modèles non animaux tels que les organoïdes ou les systèmes d’intestin artificiel, un système vivant est nécessaire pour étudier les acteurs mis en jeu dans les interactions complexes entre le microbiote intestinal et son hôte en situation normale et inflammatoire. A l’heure actuelle il n’est donc pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires et microbiens rentrant en jeu, un modèle animal est donc de ce fait indispensable.
Réduction
Ce projet impliquera un maximum de 9377 animaux. Nous limiterons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. Du fait des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Les productions d’animaux seront adaptées en fonction des expériences à mener et des capacités de traitement par les personnels concernés afin d’éviter toute surproduction. Les nombre d’animaux utilisés par groupe est basé sur notre expérience de plus de 15 ans d’utilisation des modèles en question. Devant la variabilité biologique inhérente à ce type d’expérience, les expériences seront réalisées deux à trois fois pour s’assurer de la robustesse des résultats obtenus. Néanmoins nous ne répéterons l’expérience que si les résultats vont dans le sens de l’hypothèse de travail et que la puissance statistique n’est pas encore atteinte. Nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer.
Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (anesthésie, suivi, etc.). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification ou de maisons de type igloo. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (grille de suivi, point limite) et des soins adaptés. La principale contrainte dans le cadre de ce projet est liée au développement d’une iléite spontanée (inflammation de l’iléon) dont les caractéristiques sont similaires à celles de la maladie de Crohn chez l'homme. Néanmoins, nous disposons d’une très grande expérience de ce type de modèle et assurons un suivi quotidien associés à un scoring hebdomadaire de la sévérité de l’inflammation permettant une prise de décision immédiate en cas d’aggravation des symptômes. De plus, les animaux sont hébergés dans des conditions exemptes d’organisme pathogène spécifique permettant de réduire également les risques de poussées inflammatoires en conditions standard. Pour les administrations, nous utilisons du matériel adapté (petite taille) afin de réduire au maximum la contrainte. L’ensemble des actes sont effectués par un personnel formé et autorisé. De plus, les actes mis en œuvre sont parfaitement maîtrisés par le personnel et adaptés au modèle animal.
Choix des espèces
Justification de l’espèce/modèle : La souris est une espèce de référence en immunologie, microbiologie et métabolisme, qui sont les thématiques de notre projet. La souris est un modèle d’étude très largement utilisé dans le cadre de l’étude de pathologies intestinales humaines. Dans le cadre de ce projet, nous utiliserons des souris commerciales et une souche mutante qui développent spontanément une inflammation dont les caractéristiques sont similaires à celles de la maladie de Crohn chez l'homme. Justification des stades : Les souris seront utilisées entre l’âge 3 et 15 semaines. En effet, il existe dans ce modèle une phase d’induction de l’inflammation entre 3 et 7 semaines, puis une phase de chronicité entre 7 et 30 semaines. Nous commencerons à le projet à 3 semaines (révolues) car cela correspond au sevrage des animaux et donc à une étape clé dans le développement de leur microbiote intestinal et de leur système immunitaire qui sont deux acteurs majeurs du processus d’inflammation intestinale.
Prélèvement de tissus pour la caractérisation d’animaux génétiquement altérés utilisés dans l’étude des maladies liées à un déséquilibre du métabolisme
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
600 souris génétiquement modifiées vont subir la section de deux millimètres de l'extrémité de leur queue, sur animal vigile sous contention et sans anesthésie, dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Le porteur signale un saignement possible et, dans de rares cas, un rejet du petit par sa mère. Les animaux restent vivants à l'issue de ce geste unique, leur sort dépendant ensuite du résultat du génotypage et de leur sexe, entre affectation à un projet, maintien de la lignée et mise à mort. Aucune connaissance ne sort de ce protocole, qui sert à trier un élevage destiné à des projets sur les désordres du métabolisme, le porteur écrivant que les méthodes de prélèvement non invasives testées n'ont pas donné de résultats exploitables.
Objectifs
Les animaux génétiquement modifiés constituent des modèles puissants pour étudier la fonction des gènes et comprendre leur rôle dans le cadre de projets scientifiques au bénéfice de la santé humaine et animale ou de l’environnement. Dans le cadre des projets scientifiques utilisant des animaux des modèles animaux génétiquement modifiés sont développés et élevés. Dans ce but, il est important d’avoir un élevage adapté et des animaux dont les caractéristiques génétiques sont bien déterminées pour constituer les lots expérimentaux et maintenir une production régulière et adaptée aux besoins. Pour ce faire, il est nécessaire de caractériser les animaux génétiquement modifiés afin de sélectionner les animaux d’intérêt pour les projets et pour le maintien des lignées. Il n’est cependant pas toujours possible de réaliser des prélèvements de tissus selon des méthodes non invasive. L’objectif de ce projet est de présenter la méthode de prélèvement utilisée pour le génotypage des lignées utilisées. Les animaux issus de cet élevage seront utilisés pour des projets liés à l’étude des désordres du métabolisme, de la modification du comportement alimentaire et de l'inflammation qui peut être trouvée au niveau du cerveau dans un contexte d'obésité.
Bénéfices attendus
Ce projet permets de selectionner les animaux ayant un gène d'intéret afin d'optimiser la gestion de l'élevage.
Procédures
Prélèvement de 2mm de l’extrémité de la queue (durée maximale 5 secondes) réalisé une seule fois sur chaque animal vigile sous contention.
Impact sur les animaux
Les nuisances engendrées sont le stress léger inhérent à la préhension et à la contention des animaux, la douleur légère lors du prélèvement du bout de queue. Un saignement peut aussi apparaître et dans de très rares cas un rejet par la mère.
Devenir
Tous les animaux sont gardés en vie à l'issue de ces uniques procédures. Leur devenir dépendra du résultat du génotypage et/ou de leur sexe : a/ Utilisé dans une procédure expérimentale d’un projet autorisé; b/ Utilisé pour le maintien de la lignée ; c/ Mis à mort avec ou sans prélèvements post mortem.
Remplacement
A ce jour, les techniques de prélèvements de tissus non invasives que nous avons testées n'ont pas données des résultats exploitables. Ce projet est nécessaire pour la production et la mise à disposition d’animaux modèles génétiquement modifiés pour les différents projets de l'équipe.
Réduction
L’enjeux et l’objectif majeur de la réduction consiste ici à optimiser les élevages pour limiter la production du nombre d’animaux au strict nécessaire pour leur utilisation dans les projets scientifiques ou pour le maintien des lignées. Dans cette perspective plusieurs stratégies sont mises en oeuvre : - seules les lignées en cours d’utilisation dans des projets sont maintenues, les autres sont conservées congelées, - les lignées génétiquement modifiées sont maintenues sur des fonds génétiques homogènes de référence, - les schémas d’accouplement sont adaptés pour limiter au maximum la génération d’animaux au génotype non pertinent ou la nécessité d’avoir à génotyper et donc d’avoir à effectuer des prélèvements sur les animaux (utilisation de parents homozygotes, si phénotype non dommageable) - des réunions mensuelles avec les utilisateurs permettent d'anticiper les besoins à venir.
Raffinement
La méthode utilisée est éprouvée, précise, rapide et standardisée permettant de minimiser les nuisances causées aux animaux par leur manipulation et par le prélèvement lui-même. Une liste de points limites et d'actions correctives est utilisée.
Choix des espèces
La souris est un mammifère qui présente de nombreuses similitudes biologiques, structurales et fonctionnelles avec l’être humain qui permettent d’adresser de nombreuses questions scientifiques dans tous les domaines de la recherche en biologie (fondamentale, environnementale, santé humaine et animale), avec un degré élevé d’extrapolation à d’autres espèce (dont l’être humain) ou systèmes biologiques. De nombreux outils moléculaires et génétiques ont été développés avec les rongeurs, et en particulier chez la souris, qui permettent de mieux comprendre les mécanismes de nombreuses pathologies (tels que l'obésité, le diabète, les maladies neurodégénératives…). Les prélèvements seront réalisés entre 13 et 28 jours après la naissance, à des âges auxquels la zone est peu ossifiée et peu vascularisée, ce qui rend le prélèvement réalisable sans anesthésie car peu douloureux avec des risques hémorragiques extrêmement réduits.
Etude chez la souris du remodelage de l’axe intestin-cerveau suite à une exposition périnatale à une alimentation de type « Western Diet » ou occidentale (grasse et sucrée).
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
- Système nerveux
656 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue. Elles subissent deux gavages d'une minute espacés de vingt jours, une biopsie d'oreille au sevrage, et pour une partie d'entre elles une chirurgie du cou ou de l'abdomen pour recevoir une injection de virus dans le ganglion plexiforme ou dans l'estomac. Le porteur cherche à savoir comment un régime gras et sucré reçu autour de la naissance modifie durablement le nerf vague, qui relie l'intestin aux circuits cérébraux du plaisir. La mise à mort permet de récupérer le cerveau, l'intestin et les ganglions pour suivre le trajet du virus dans les fibres nerveuses.
Objectifs
Notre projet de recherche consiste à comprendre comment une alimentation occidentale (grasse et sucrée), reçue dès la période périnatale, peut modifier de façon durable la communication entre l’intestin et le cerveau. Pourquoi est-ce important ? Parce que le surpoids et l’obésité augmentent rapidement et posent un gros problème de santé publique. Ils nécessitent des actions précoces et variées pour limiter leurs effets nocifs, de l’enfance jusqu’à l’âge adulte. De plus, il est maintenant établi qu’un environnement nutritionnel riche en gras et en sucres dès le plus jeune âge augmente le risque d’obésité. Des recherches chez l’Homme et l’animal ont montré une relation entre l’obésité, une forte attirance pour des aliments très savoureux et des changements dans le « circuit de la récompense » du cerveau, régulant le plaisir et la motivation. Des études récentes soulignent aussi l’importance du nerf vague, qui relie l’intestin à ces zones cérébrales du plaisir. Les neurones du nerf vague participent aux mécanismes du plaisir et de la motivation. Il est donc crucial de mieux comprendre cette communication intestin-cerveau via le nerf vague, en particulier pendant la période périnatale, un moment décisif pour le développement. Dans un premier temps, nous allons donc analyser comment un régime occidental donné en période périnatale peut perturber l’axe intestin-nerf vague-cerveau à l’âge adulte. Pour y parvenir, nous utiliserons des souris transgéniques, nous permettant de manipuler et tracer, par génie génétique, les fibres du nerf vague connectant l’intestin au cerveau. Ce modèle nous permettra d’identifier exactement les neurones de l’axe intestin cerveau activés par le gras et le sucre chez les souris, et cela à différents âges (enfance jusqu’à l’adulte). Ensuite, nous vérifierons si ces modifications du nerf vague, induites par cette exposition précoce à un régime occidental, entraînent une altération fonctionnelle au niveau du tronc cérébral (zone de projection et d’intégration des informations transmises par le nerf vague). Pour cela, nous utiliserons ce même modèle transgénique, couplé à des techniques de pointe en neurosciences (expression virale de récepteurs, enregistrement des activités électriques des neurones cérébraux…). L’ensemble de ces expériences nous permettra de comprendre comment et par quels mécanismes le nerf vague contribue à moduler les circuits cérébraux contrôlant la prise alimentaire et ainsi participer à l’épidémie d'obésité.
Bénéfices attendus
Ce projet apportera de nouvelles connaissances essentielles à une meilleure compréhension de l’axe intestin-nerfs vague-cerveau en étudiant l’altération des neurones vagaux sensitifs et la connexion entre les neurones vagaux et le NTS (Noyau du tractus solitaire),zone de projection et d’intégration des informations transmises par le nerf vague au niveau du tronc cérébral. De plus, ce projet pourrait avoir une contribution significative à la santé publique en offrant des pistes pour de nouvelles stratégies préventives aux maladies métaboliques, pendant la période délicate de la nutrition périnatale.
Procédures
Les souris recevront un gavage oral sur animal vigile, d’une durée d’une minute, réalisé deux fois, espacé de 20 jours. Une injection de virus AAV, virus infectant localement les cellules, sera réalisée sur le ganglion plexiforme (au niveau du cou) ou dans l’estomac, sur une partie des animaux, sous anesthésie générale et sous anti-douleurs (analgésiques et AINS ou Anti-inflammatoire non-stéroïdien). Pour l’entretien des lignées, les petits auront une biopsie d’oreille à 3 semaines (sevrage) pour le génotypage.
Impact sur les animaux
Pour le gavage, les animaux pourraient ressentir un stress et un inconfort de courte durée. Pour l’entretiens des lignées, la biopsie d’oreille pour le génotypage pourrait entrainer un stress et une légère douleur de courte durée. Les animaux subiront différentes opérations chirurgicales au niveau du cou ou de l’abdomen. Suite à ces interventions, d’éventuels signes d’inflammation et/ou de gonflement au niveau des zones de chirurgie (cou et abdomen) pourraient apparaitre. Ils pourraient présenter une modification dans leur comportement témoignant d’un inconfort, de stress, d’hypo- ou hyperthermie.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort afin d’étudier le remodelage de l’axe intestin-nerf vague-cerveau suite à une alimentation périnatale riche en lipides et en sucres. Cela requiert une quantification de paramètres biologiques au sein de différents organes tels que l’intestin, les ganglions plexiformes et le cerveau. L’administration d’un virus infectant localement les neurones nécessite que l’on récupère le cerveau afin de mettre en lumière la communication entre les fibres afférentes vagales et certaines régions du cerveau. Cette procédure nécessite alors la mise à mort des animaux.
Remplacement
Il s’agit d’une étude in-vivo étudiant les interactions complexes de l’axe intestin-cerveau ce qui nécessite des modèles vivants, notamment pour observer les réponses physiopathologiques liant l’intestin au cerveau via le nerf vague, justifiant l’utilisation de souris. Il n’existe pas encore d’alternatives permettant de rendre compte de la complexité des mécanismes physiopathologiques soutenant l’interaction de l’intestin avec le cerveau via le nerf vague. L’étude animale ne peut donc pas être remplacée par un modèle in-vitro, ex-vivo ou in-silico dans cette étude.
Réduction
Un effort particulier est fait pour optimiser le nombre d’animaux utilisés tout en garantissant la robustesse des résultats. Des outils statistiques avancés ainsi que l’expérience du laboratoire sont employés pour calculer la taille minimale d’échantillon nécessaire, prenant en compte la variabilité intragroupe et intergroupe inhérente à l’expérimentation in-vivo. En effet, il sera utilisé un effectif de 8 à 10 souris mâles et 8 à 10 souris femelles pour chaque groupe. De plus, les protocoles expérimentaux sont conçus pour permettre plusieurs niveaux d’analyses sur le même animal (ex : combiner des évaluations physiologiques et moléculaires sur différents organes comme le cerveau et l’intestin), réduisant ainsi le besoin d’animaux supplémentaires.
Raffinement
Toutes les procédures respectent les normes éthiques les plus strictes pour minimiser la douleur, le stress et les inconforts des animaux. Les manipulations sont effectuées par du personnel formé, et les techniques légères (gavage) ou modérées (injections dans les ganglions plexiformes) utilisées sont déjà maitrisées. Les animaux bénéficient également d’un enrichissement social (minimum 2 par cage) ainsi que d’un tunnel opaque et des matériaux de nidification (frisotis) pour se cacher, construire un nid, et ainsi maintenir leur bien-être psychologique tout au long des expériences. Lors des injections, les animaux seront suivis en post-opératoire quotidiennement afin de s’assurer de leur parfaite récupération, et de détecter d’éventuels signes de mal-être ou de souffrance (inflammation ou inconfort au niveau du cou ou abdomen). L’évaluation des points limites et de l’état des animaux sera effectuée selon des critères définis (poids, apparence physique, pelage, posture, activité, comportement, fréquence respiratoire). La présence de plusieurs signes notables ou d’un signe clinique sévère conduira à la mise à mort des animaux.
Choix des espèces
Nous utilisons deux modèles de souris transgéniques, sélectionnés pour leur capacité unique à marquer de façon permanente et spécifique les populations neuronales activées par des stimuli nutritionnels. Le premier modèle, déjà établi au sein du laboratoire (hétérozygote), est actuellement en usage. Le recours au second modèle permet, quant à lui, de réduire le nombre d’animaux utilisés (homozygote). En effet, tous les petits seront homozygotes à la différence du premier modèle, utilisé en hétérozygote, où la moitié des petits n’ont pas le génotype désiré. Le projet vise à étudier le remodelage de l’axe intestin-nerfs vague-cerveau durant la période périnatale donc les animaux seront utilisés dès le premier jour de gestation (G0) jusqu’à 70 jours post-natal (P70) correspondant au début de l’âge adulte.
Gestion d’une lignée murine, modèle de la maladie de Parkinson, à phénotype dommageable
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Porteuses d'une modification génétique qui les fait développer une paralysie en vieillissant, 1 954 souris de la lignée M83 vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Le protocole tient à leur reproduction et à une biopsie d'oreille de deux secondes à quinze jours, faite au poinçon sous anesthésie gazeuse avec analgésique local. Les souris sont tuées au plus tard à huit mois dans le cadre de la gestion de l'élevage, ou conservées pour des projets expérimentaux à venir. Le porteur qualifie de prise en charge du phénotype dommageable le fait de tuer les animaux à l'âge où la paralysie commence à apparaître.
Objectifs
La lignée murine génétiquement modifiée M83 présente des caractéristiques similaires aux maladies neurodégénératives humaines, comme la maladie de Parkinson. C'est un modèle pertinent pour étudier les facteurs environnementaux tels que les pesticides, susceptibles d'accélérer la pathologie. Ce modèle permet de comprendre comment ces lésions se propagent dans le système nerveux central et périphérique, ce qui pourrait aider au diagnostic précoce et à la différenciation de la maladie de Parkinson et des maladie apparentées. Des études récentes montrent qu’il existe un lien entre la survenue de la maladie de Parkinson, le diabète de type 2, et l’exposition à des pesticides. Le premier objectif de ce projet est de maintenir cette lignée murine avec des caractéristiques génétiques propres au modèle parkinson, et d’éviter une variation génétique du modèle dans le temps. Le second objectif est d’introduire dans la lignée murine M83 des caractéristiques génétiques propres au modèle diabète, afin de s’assurer de la robustesse des données et éviter la variabilité, notamment lors de projets d’exposition à des pesticides dans un nouveau modèle de souris, issu du croisement entre le modèle murin M83 « Parkinson » et un modèle murin « diabète ».
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de bénéficier d'un modèle murin de la maladie de Parkinson, bien suivi et adapté, par les modifications génétiques apportées, à l'étude de l'impact des facteurs environnements comme les pesticides sur la maladie de Parkinson et le diabète.
Procédures
Le phénotype dommageable apparaissant tardivement lors du vieillissement des souris n’apparaît pas dans les procédures d’élevage décrites. Pour le génotypage des souris, une biopsie d’oreille (d'une durée de 2 secondes) sera prélevée de façon unique à l'âge de 15 jours sous anesthésie, en appliquant un analgésique local à l’aide d’un poinçon d’oreille adapté.
Impact sur les animaux
Les souris de la lignée M83 développent des problèmes moteurs tardifs apparaissant à partir de 8-10 mois. Ce phénotype dommageable n'est pas présent durant la phase d'élevage des souris car les souris sont mises à mort à l'âge de 8 mois au plus tard. Les prélèvements à l'oreille sur les animaux M83 induisent une douleur légère de courte durée.
Devenir
Pour chacune des 2 procédures, les animaux seront mis à mort au plus tard à l'âge de 8 mois dans le cadre de la gestion de l'élevage, ou conservés dans le cadre de projets expérimentaux à venir.
Remplacement
Les méthodes alternatives à l’expérimentation animale se développent de plus en plus. Cependant, pour certaines problématiques telles que l’étude de phénomènes physiopathologiques, elles restent incomplètes et insuffisantes, puisqu’elles ne mettent pas en jeu toutes les interactions au sein d’un organisme vivant. En particulier, la lignée murine M83 est un modèle largement utilisé pour l'étude des mécanismes d'accumulation de protéines pathologiques comme élément clé dans la maladie de Parkinson et les maladies apparentées.
Réduction
Pour introduire dans la lignée murine M83 de nouvelles caractéristiques génétiques, les plans de production ont été prévus au plus précis afin de ne pas produire plus d’animaux que nécessaire. Le croisement accéléré de la lignée M83 avec une lignée de souris conventionnelle est aussi une méthode de réduction puisque ne sont reproduits que les individus avec le profil génétique requis. Les souris M83 des 2 sexes mâles et femelles seront utilisés à la fois pour la gestion du noyau d’élevage, ainsi que pour les lots d’expérimentation, selon une proportion qui dépendra des portées obtenues. Cette stratégie permet d’utiliser tous les animaux produits en élevage.
Raffinement
La prise en charge du phénotype dommageable est assurée par la mise à mort des animaux à l’âge de 8 mois, âge à partir duquel le phénotype moteur progressivement sévère peut apparaitre, comme cela est décrit dans la littérature. Lors des biopsies d’oreille, le prélèvement sera réalisé à 15 jours d'âge, sous anesthésie gazeuse, en appliquant un analgésique local en condition aseptique à l’aide d’un poinçon d’oreille adapté. L'arrêt du saignement limité lors de la biopsie sera suivi et géré par les zootechniciens.
Choix des espèces
Le choix du modèle souris résulte de la possibilité de générer des animaux génétiquement modifiés porteurs de gènes d’intérêt impliqués dans des maladies humaines. Ce travail vise le maintien de la lignée M83 qui est un modèle pertinent dans les travaux scientifiques sur la maladie de Parkinson et les maladies apparentées. Ces souris développent une maladie qui se manifeste cliniquement par l’apparition d’une paralysie lors du vieillissement.
Effets des régimes nutritionnels paternels sur le métabolisme des spermatozoïdes, la reproduction masculine et la gestation chez la souris, 1/2
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles urogénitaux
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système urogénital
Déplacées d'un établissement utilisateur à un autre au cours du protocole, 2 914 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance léger pour 2 458 d'entre elles et modéré pour 456, toutes tuées pour collecte d'organes. Les mâles sont rendus obèses par un régime riche en graisses, avec hyperglycémie à jeun et résistance à l'insuline, et subissent jusqu'à six prélèvements sanguins à la queue, un jeûne de vingt-quatre heures, des gavages de glucose et des injections d'insuline. Les femelles gestantes passent trois échographies sous anesthésie et sont contenues jusqu'à dix minutes chaque jour de leur gestation pour la mesure de la pression artérielle, les fœtus étant analysés en fin de gestation. Le porteur affirme qu'aucune culture cellulaire ni aucun organoïde ne permet d'étudier l'effet d'un régime alimentaire sur les spermatozoïdes, et qu'un mammifère est requis pour transposer les résultats à l'humain.
Objectifs
De récentes études indiquent que notre mode de vie et notamment un régime alimentaire entraînant une obésité peuvent modifier l’information non-génétique contenue dans les spermatozoïdes, appelée « épigénome ». Cette information peut être transmise à l’embryon lors de fécondations naturelles ou par assistance médicale à la procréation, en cas d’infertilité, et pourrait entraîner des complications pendant la grossesse et des maladies métaboliques chez la descendance. Le projet vise à étudier l’effet du statut nutritionnel et de différents régimes alimentaires en lien avec l’obésité sur le métabolisme des spermatozoïdes et la reproduction masculine chez la souris. Il permettra de mieux comprendre l’origine de la diminution de fertilité des hommes obèses, et le risque de transmission d’informations épigénétiques altérées à la descendance. Il se déroulera dans deux établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Les résultats de ce projet permettront de mieux comprendre i) l'impact de l’état nutritionnel et du régime alimentaire sur les spermatozoïdes, ii) l’origine de la diminution de fertilité des hommes obèses et iii) l’impact de l’obésité paternelle sur le déroulé de la grossesse. Ceci aura des répercussions à moyen terme importantes d’un point de vue santé publique. Ce projet permettra peut-être d’identifier des biomarqueurs de qualité des spermatozoïdes.
Procédures
Interventions réalisées dans l'EU050: - Prélèvement d'un petit bout de queue sur animaux vigiles une seule fois (durée 10 secondes) - Prélèvements sanguins à la queue sur animaux vigiles 3 à 6 fois. Durée 10 secondes par prélèvement. - Gavage de glucose sur animaux vigiles, une à deux fois, durée 30 secondes. - Injection d’insuline sur animaux vigiles une ou deux fois, durée 30 secondes. - Deux injections d'hormones sur animaux vigiles. Chaque injection dure 30 secondes maximum. Interventions réalisées dans l'EU053: - Anesthésie pour suivi échographique des femelles gestantes. Durée 5 minutes. Fréquence : 3 fois sur toute la grossesse. - Contention d’animaux vigiles pour mesure de la pression artérielle (5 fois avant la gestation, puis tous les jours pendant la gestation). Durée 10 minutes maximum. - Contention d’animaux vigiles pour analyse par imagerie (1 fois, durée: 2 minutes).
Impact sur les animaux
Les injections, les biopsies de l’extrémité de la queue pour le génotypage, l’administration orale de glucose, les prélèvements sanguins au niveau de la queue et l’anesthésie générale causent un stress et une douleur légère de courte durée. La contention lors de ces actes, lors de la mesure de la tension artérielle et lors de l'imagerie, ainsi que le transfert des animaux d’un établissement à l’autre causent un stress de courte durée. La mise à jeun pendant 24h entraîne un stress modéré sur la durée du jeûne. L’anesthésie générale peut causer une hypothermie et une désorientation au réveil de courte durée. La mise sous régime riche en lipides entraîne une obésité, une hyperglycémie à jeun, une intolérance au glucose et une résistance à l’insuline. Les tests de tolérance au glucose et de sensibilité à l’insuline entraînent respectivement une hyperglycémie et une hypoglycémie qui sont transitoires sur une période de 2h.
Devenir
Tous les animaux sont mis à mort à l'issu de chaque procédure pour collecte d'organes et analyses.
Remplacement
Pour certaines études biochimiques et moléculaires nous utilisons des lignées cellulaires exprimant nos gènes d’intérêt. Dans le cadre de ce projet, il n’est pas possible de contourner l’utilisation de modèles animaux par des méthodes alternatives car il n'existe pas à ce jour d’approches (culture cellulaire ou organoïdes) permettant d’étudier l’impact de l’état nutritionnel ou de régimes alimentaires sur la spermatogenèse et le métabolisme des spermatozoïdes. L’impact du régime alimentaire paternel sur la grossesse ne peut également se faire que grâce à l’utilisation d’un modèle animal mammifère, comme la souris, pour que les résultats soient transférables à l’espèce humaine.
Réduction
Nous nous assurons d'utiliser le nombre d'animaux minimal afin d’obtenir des résultats fiables. Les effectifs sont déterminés et les résultats analysés avec des tests statistiques adaptés. Les différents protocoles expérimentaux ont été consciencieusement élaborés afin d’utiliser le moins d’animaux possible tout en permettant d’obtenir des résultats statistiquement satisfaisants.
Raffinement
Les animaux sont maintenus dans des groupes de plusieurs individus dans un environnement enrichi. L'échographie sera réalisée sous anesthésie générale. Les femelles seront maintenues sur un tapis chauffant pour éviter l’hypothermie. L’état général des animaux sera suivi quotidiennement par le personnel qualifié de l'animalerie. Tout état anormal sera communiqué aux responsables du projet et les mesures pour remédier à la souffrance seront mises en œuvre. Des points limites stricts et spécifiques au projet ont été mis en place.
Choix des espèces
La souris est un modèle de choix pour étudier la physiologie, grâce à sa population homogène et à ses similitudes avec la physiologie humaine, ce qui permet une extrapolation des résultats obtenus. Elle est largement utilisée pour simuler des pathologies humaines comme l’obésité et l’infertilité, et mener des études précliniques. La conservation génétique entre la souris et l’homme en fait un modèle privilégié pour étudier la reproduction et le métabolisme. Des souris de 4 à ~33 semaines, femelles et mâles ayant atteint la maturité sexuelle (et une durée maximale de régime alimentaire de 24 semaines) seront nécessaires pour cette étude. Des fœtus seront également analysés à la fin de la gestation.
Analyse dans un modèle murin d’Épilepsie du Lobe Temporal des processus inflammatoires systémiques impliquant les neutrophiles et de leur influence sur la progression de la pathologie
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
- Système nerveux
Tuées à des dates échelonnées pour que leur cerveau, leurs méninges et leur moelle osseuse soient prélevés à différents stades de la maladie, 1 500 souris vont être utilisées dans des procédures d'un niveau de souffrance modéré pour la moitié d'entre elles et sévère pour l'autre. Une chirurgie de quarante minutes leur injecte un produit convulsant directement dans le cerveau, après quoi elles développent des crises d'épilepsie spontanées et récurrentes, avec fatigue, perte de poids et agressivité croissante pouvant les amener à se blesser entre elles. S'y ajoutent des injections abdominales hebdomadaires, jusqu'à quatre prélèvements sanguins et des séries de tests comportementaux répétées jusqu'à six fois, dont le porteur ne nomme aucun. Il annonce en retour de nouvelles approches pour les 30 % de patients épileptiques qui ne répondent pas aux traitements, alors que le projet se limite à caractériser l'inflammation sanguine au cours de la maladie.
Objectifs
L’épilepsie, une des affections neurologiques les plus fréquentes, se caractérise par la répétition de décharges électriques excessives et soudaines au sein des neurones. Ce projet de recherche se centre plus particulièrement sur l'Épilepsie du Lobe Temporal (ELT), qui provoque des crises localisées dans une zone précise du cerveau, l’hippocampe. Le traitement habituellement administré pour cette pathologie consiste en une prise de médicaments antiépileptiques, qui limite l’excitation des neurones. Cependant, un tiers des patients ne répond pas aux traitements pharmacologiques. Cette résistance aux traitements conduit à une récurrence des crises d’épilepsie, entraînant des difficultés sociales, des états dépressifs ainsi que des déficits cognitifs. Chez certains patients, une chirurgie peut être réalisée, afin de retirer la zone cérébrale à l’origine des crises. Cependant, cela n’est pas toujours envisageable (si la zone est trop large, ou pas suffisamment bien identifiée) ; et dans le cas où la chirurgie peut être effectuée, elle n’aboutit pas toujours à la suppression des crises. Comprendre en profondeur les mécanismes tissulaires et cellulaires participant à l’épilepsie est donc important pour permettre une meilleure prise en charge des patients et le développement de nouveaux traitements. Parmi les cibles potentielles, on retrouve les processus inflammatoires, reconnus aujourd’hui comme pouvant participer au développement de l’épilepsie, notamment via les remodelages vasculaires qu’ils provoquent, modifiant ainsi l’équilibre cérébral. Cependant, la mise en place de ces processus, notamment de l’inflammation dans le sang (inflammation périphérique), et leurs liens avec l’inflammation cérébrale (inflammation centrale) sont encore à ce jour mal décrits. L’objectif de ce projet est donc de comprendre et caractériser l’évolution de l’inflammation périphérique au cours du développement de la pathologie, et les comorbidités qui y sont associées, en s’axant plus particulièrement sur une population de cellules immunitaires, les neutrophiles, qui sont les premières cellules recrutées lors d’une inflammation ou d’une infection.
Bénéfices attendus
L’épilepsie touche environ 50 millions de personnes dans le monde, en faisant une des affections neurologiques les plus fréquentes. De plus, 30 pour cent des patients ne répondent pas correctement aux traitements médicamenteux génériques, impactant durablement leur santé et leur quotidien. Des études précliniques dans un modèle murin ont apporté la preuve qu’une modulation de l’inflammation dans le sang (inflammation périphérique) induit une diminution de la fréquence et de la sévérité des crises d’épilepsie. Cependant, ces processus inflammatoires et la manière dont ils sont régulés sont encore peu connus et décrits. Ce projet vise donc à analyser plus précisément l’inflammation périphérique qui a lieu au cours du développement de l’épilepsie, ainsi que son interaction avec l'inflammation cérébrale et les comorbidités qui y sont associées. Ceci permettra d'apporter de nouvelles approches pour le soin des patients, dans le but d’une prise en charge plus efficace, notamment pour ceux ne répondant pas aux traitements habituels.
Procédures
Pour l’induction du modèle épileptique, les souris recevront une injection intracérébrale d’un produit convulsant au cours d’une unique chirurgie (40 minutes, sous anesthésie générale et analgésie pré et post-opératoire). Une partie des animaux sera soumise à des injections répétées au niveau de l’abdomen à raison d’une injection par semaine pendant 1 mois maximum (environ 20 secondes par injection sur animal vigile). Des prélèvements sanguins seront réalisés sur animal vigile. Pour limiter la fréquence des prélèvements par animaux, les souris seront séparées en 3 sous-groupes. Ainsi au maximum 4 prélèvements espacés d’un minimum de 2 semaines seront réalisés par souris. Une partie des animaux seront soumis à une série de tests comportementaux. Ces tests durent entre 5 et 20 minutes chacun ; certains ne sont réalisés sur un seul jour, d’autres sont répétés tous les jours pendant 6 jours. Les souris seront habituées au lieu dédié à l’évaluation au préalable, et auront une période de repos de 4 à 24h entre chaque test. Les souris pourront passer la série de tests entre 1 et jusqu’à 6 fois pour les temps de maintien les plus long. Enfin, l’anesthésie précédant l’euthanasie des animaux implique une injection au niveau de l’abdomen (environ 20 secondes sur animal vigile).
Impact sur les animaux
Pour générer les souris épileptiques, les animaux recevront une injection d’un produit permettant une excitation neuronale au niveau du cerveau au cours d’une unique chirurgie. Cet acte implique les risques inhérents à la chirurgie (stress thermique ou arrêt cardio-respiratoire lors de l’anesthésie, inflammation locale au niveau des cicatrices, ou encore dans de très rares cas une infection), et peut également entraîner des douleurs post-opératoires. Par la suite les souris développeront progressivement des crises d’épilepsie spontanées et récurrentes. Cela pourrait entraîner une fatigue, une perte de poids, des troubles du comportement, avec notamment une agressivité accrue avec l’âge, potentielle source d’affrontement et donc de blessures/lésions potentielles (rares). Les traitements mis en œuvre impliquent des injections répétées au cours du temps au niveau de l’abdomen, ainsi que des prélèvements sanguins. Ces actes peuvent être source de stress et de douleur de courte durée. Les tests de comportement réalisés pourront générer du stress et ou de l’angoisse en raison de la néophobie du modèle rongeur. Enfin, l’anesthésie précédant l’euthanasie des animaux implique une injection pouvant induire un stress en raison de la contention et une douleur de courte durée liée à la piqûre.
Devenir
Les animaux seront tous euthanasiés par une méthode réglementaire afin de prélever différents organes (cerveau, méninges, moelle osseuse) pour réaliser des analyses biologiques. Leur euthanasie à différents temps permettra de suivre l’évolution des processus inflammatoires au cours du développement de l’épilepsie.
Remplacement
Nous utilisons actuellement trois alternatives au modèle animal : i) Expériences sur le tissu cérébral humain, disponible après opération de patients atteints d'épilepsie résistante aux traitements médicamenteux (zone épileptique retirée lors de la chirurgie) ; ii) Analyses de prélèvements sanguins de patients épileptiques ; iii) Travail en culture cellulaire. Néanmoins, les processus impliqués dans la transformation d'un cerveau sain en cerveau épileptique ne peuvent être légitimement bien étudiés chez l'homme (accès restreint à certains prélèvements seulement) ou par un modèle informatique (structure complexe du vivant). La culture de cellules comme les neurones peut satisfaire certains des critères nécessaires (étude de la connectivité entre les cellules - synapses, de la balance excitation-inhibition, des relations neurones / autres cellules cérébrales), mais pas tous. Notamment, les échanges et communications entre le système nerveux et le système immunitaire ne peuvent être reconstitués par cette méthode, qui ne permet que des études simples de contact entre deux ou trois types de cellules. L’ensemble de ce projet vise à mieux comprendre la régulation des processus inflammatoires, et notamment du système immunitaire inné, le premier à réagir en cas d’agression ou d’inflammation, au cours du développement de l’épilepsie. Il nécessite donc l’utilisation d’un système intégré (où l’on retrouve à la fois système nerveux et système immunitaire), permettant de comprendre les modifications structurales et fonctionnelles du système nerveux central, et ses interactions encore peu décrites avec le système immunitaire. De plus, les interactions entre cerveau et immunité périphérique étant amenées à évoluer au cours du développement de la pathologie, une étude sur de longues périodes de temps est nécessaire. Un modèle animal est donc indispensable pour ce projet, nous permettant à la fois d’avoir un système physiologique intégré (corps entier, interactions entre les différents systèmes ou organes), un meilleur contrôle de l’environnement cérébral chimique et électrique, ainsi qu’une étude tout au long du développement de la pathologie, augmentant la qualité des données obtenues.
Réduction
Le projet implique un total de 1500 animaux. Compte tenu des données de la littérature (variabilité interindividuelle et intergroupe du modèle) et des effets attendus, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre d’animaux par groupe nécessaire pour cette étude. Ainsi, ce nombre a été limité au maximum, tout en permettant l'obtention de résultats statistiquement fiables. Les procédures expérimentales ont également été affinées pour limiter le nombre de souris. Les souris utilisées pour une partie des analyses d’immunohistochimie, de biochimie, ou pour les tests fonctionnels in vitro seront les mêmes animaux que ceux utilisés pour les tests comportementaux.
Raffinement
L’ensemble des procédures de ce projet ont été mises au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats, tout en respectant le bien-être animal, et en limitant la douleur et le stress (anesthésie, analgésie, etc.). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau à volonté. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification ou de maisons de type igloo. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (points limites) et des soins adaptés (anesthésie, analgésie, soins, suivi, etc.). La principale contrainte concerne la chirurgie mise en œuvre pour induire le modèle épileptique. Une attention particulière sera portée à cette étape sensible du projet : anesthésie locale/générale, analgésie, asepsie, plateau chauffant, soins pré- et post-opératoires. Les animaux disposeront d’une litière douce en postopératoire, associée à de la nourriture molle pour faciliter la récupération et la réhydratation. Afin de limiter les effets indésirables, les animaux seront suivis quotidiennement par du personnel formé et compétent afin de détecter toute anomalie. Un suivi du poids sera mis en œuvre tout au long du projet. Des points limites ont été établis sur la base de précédentes études sur ce type de modèles expérimentaux. Les mesures appropriées seront mises en œuvre selon les observations réalisées (soins, etc.), et la structure en charge du bien-être animal ainsi que le vétérinaire pourront être sollicités, le cas échéant.
Choix des espèces
Justification de l’espèce : La souris est une espèce largement caractérisée et validée pour l’étude des réponses immunitaires. Le modèle inductible d’épilepsie est couramment utilisé dans les études sur l'Épilepsie du Lobe Temporal, et permet un développement de la pathologie similaire à celui retrouvé chez l’Homme (événement initial, phase silencieuse et phase chronique) en faisant un bon modèle cette étude. Justification des stades de développement : Les animaux auront entre 8 et 10 semaines. Cet âge permet d'avoir une maturation cérébrale suffisante afin de modéliser correctement le développement de l’épilepsie qui a lieu chez l’Homme. De plus, cette gamme d’âge est similaire, en termes de développement cérébral, à l’âge d’une première lésion (convulsion fébrile, infection ou autre), souvent associée à l’émergence d'une Épilepsie du Lobe. Nous garderons les animaux jusqu’à 4 mois puisque certaines de nos problématiques concernant les mécanismes d’aggravation de l’épilepsie après les premières crises.