Les questions parlementaires
Liste et validation des méthodes non animales
Experimentation animale
Question écrite n° 9454, Assemblée nationale, 20 décembre 1993
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre de la recherche quelles méthodes non animales sont validées, et quel est le processus technique et juridique de leur validation.
3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 2.
Quelles sont les méthodes de substitution actuellement validées.
Réponse partielle La réponse donne six exemples, dont le test des pyrogènes sur préparation de limule et les tests de grossesse, sans liste ni instance qui les a validés.
Le processus technique de validation d'une méthode.
Réponse La réponse décrit quatre étapes, du premier laboratoire à l'évaluation finale, et les critères de sensibilité et de spécificité.
Le processus juridique par lequel une méthode validée est reconnue.
Réponse partielle La réponse pose deux conditions pour une prise en compte réglementaire, une base mécanistique et des résultats faciles à interpréter, sans nommer d'instance, de texte ni de procédure.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, substances chimiques et toxicologie · Espèce : autres espèces
- Auteur
- M. Patrick Balkany (Rassemblement pour la République)
- Ministère interrogé
- enseignement supérieur et recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 20 décembre 1993
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 14 février 1994
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.
(Question écrite n° 9454 de M. Patrick Balkany, Assemblée nationale, JO du 20 décembre 1993)
M. Patrick Balkany appelle l'attention de M. le ministre de l'enseignement superieur et de la recherche sur les methodes substitutives a l'experimentation animale. Il lui demande quelles sont les methodes de substitution actuellement validees. Il lui demande aussi quel est le processus technique et juridique pour qu'une methode soit validee et ainsi reconnue comme valable.
La réponse
(Réponse du ministère : enseignement supérieur et recherche, JO du 14 février 1994)
A l'heure actuelle, un certain nombre de methodes substitutives a l'experimentation animale ont ete validees au plan international, dans des domaines tres varies. Pour ne citer que des exemples, mentionnons la preparation de vaccins (poliomyelite, fievre jaune, etc.) a partir de cellules clonees ; le test de substances pyrogenes sur preparation de Limule, un arthropode ; les tests immunitaires sur cultures tissulaires ; les methodes physico-chimiques ou biochimiques d'essais de vitamines ou de l'insuline ; les tests de grossesse ; ceux d'effets teratogenes sur des especes animales simples. En outre, de nombreuses methodes in vitro sont deja utilisees en routine dans le screening (criblage) et la mise au point des produits, permettant de reduire de facon importante le nombre d'animaux utilises. Le processus technique et juridique pour qu'une methode in vitro soit validee est long et difficile. Il necessite une cooperation entre les instances officielles, les laboratoires publics de recherche et les industries concernes. Compte tenu des echanges internationaux, le processus de validation doit etre le plus supranational possible. La validation d'une methode alternative in vitro se compose d'une serie d'etapes au cours desquelles doivent etre demontrees la fiabilite de l'essai et son interpretabilite. Avant de commencer une etude de validation dans le domaine de la toxicologie, il faut definir un ensemble de produits chimiques pour lesquels des donnees toxicologiques sont disponibles chez l'animal. Les resultats obtenus avec ces substances permettront d'evaluer la fiabilite de ce test in vitro pour l'objectif poursuivi. La fiabilite repose sur la sensibilite (le taux de resultats positifs pour des agents toxiques connus) et la specificite (le taux de resultats negatifs pour des substances non toxiques). Sur la base de ces donnees, on peut ensuite definir le role d'un nouvel essai et l'inclure eventuellement dans une batterie de tests. Le processus scientifique de validation implique quatre etapes essentielles. 1/ Evaluation dans le premier laboratoire : cette etape initiale est normalement conduite par le laboratoire qui est a l'origine du nouvel essai de remplacement. L'objectif est de mettre au point le protocole d'essai et de demontrer que le test peut predire la toxicite de substances connues. 2/ Evaluation entre laboratoires : cette comparaison entre laboratoires permet de s'assurer de la reproductibilite du test, c'est-a-dire que n'importe quel laboratoire techniquement competent appliquant le protocole d'essai obtiendra les memes resultats qu'un autre. 3/ Elaboration d'une base de donnees relatives a l'essai : l'objectif de cette phase de validation consiste a obtenir des donnees sur de nombreuses substances, de facon a identifier les parametres importants pour l'evaluation de la performance de l'essai, et les taux de reponses faussement positives et faussement negatives. Ces donnees servent a etablir la credibilite de la methode in vitro. 4/ Evaluation de la methode : cette derniere etape a pour objet d'evaluer, au terme des etudes precedemment citees, si les performances de la methode in vitro permettent de la valider en tant que methode de remplacement, ou si elle ne peut etre utilisee qu'en tant que methode complementaire ou de depistage. Pour etre pris en compte sur le plan reglementaire, l'essai doit avoir une base mecanistique et donner des resultats faciles a interpreter. L'interpretation des resultats in vitro sera dite fiable si les resultats in vitro et la toxicite observee in vivo concordent. Ceci est rarement le cas. Une meilleure comprehension de la complexite des processus toxicologiques et des limites des systemes in vitro dans l'evaluation de ces processus ont amene les chercheurs a la certitude que, pour remplacer completement les tests sur les animaux, il fallait mettre au point une batterie d'essais in vitro, complementaires les uns des autres. C'est cette strategie qui est actuellement developpee.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Méthodes substitutives validées au plan international : préparation de vaccins à partir de cellules clonées, test des substances pyrogènes sur préparation de limule, un arthropode.
- Méthodes substitutives validées au plan international : tests immunitaires sur cultures, essais physico-chimiques ou biochimiques (vitamines, insuline), tests de grossesse, tests tératogènes sur espèces animales simples.
- Quatre étapes de validation scientifique d'une méthode in vitro : évaluation dans le premier laboratoire, évaluation entre laboratoires, base de données sur l'essai, évaluation de la méthode.
- Pour être pris en compte sur le plan réglementaire, un essai in vitro doit avoir une base mécanistique et donner des résultats faciles à interpréter.
Le détail de l'analyse
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).