Les questions parlementaires
Mesures pour arrêter l'expérimentation animale
expérimentation animale
Question écrite n° 20086, Assemblée nationale, 16 juin 2003
Le résumé de l'OXA
La députée demande à la ministre de la recherche quelles mesures elle prendra pour arrêter l'expérimentation animale.
1 demande : réponse partielle à 1.
Les mesures pour arrêter l'expérimentation animale.
Réponse partielle La réponse ne dit pas si le Gouvernement refuse : elle justifie le recours aux animaux faute de méthodes non animales et cite treize méthodes validées, dont six reconnues. Elle défend sans répondre.
La fiche
Thèmes : interdiction, méthodes sans animaux
- Auteur
- Mme Marcelle Ramonet (Union pour un Mouvement Populaire, Finistère (1re circonscription))
- Ministère interrogé
- recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 16 juin 2003
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 28 juillet 2003
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 20086 de Mme Marcelle Ramonet, Assemblée nationale, JO du 16 juin 2003)
Mme Marcelle Ramonet appelle l'attention de Mme la ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies sur la question sensible de l'expérimentation animale. Elle lui rappelle qu'un nombre considérable d'animaux, dits de laboratoires, sont ainsi utilisés chaque année pour des expérimentations diverses, dont la justification scientifique n'est d'ailleurs pas toujours prouvée. Les souffrances qui sont infligées à ces animaux sont souvent insupportables, comme en témoignent de nombreux rapports ou enquêtes d'associations oeuvrant pour la cause animale. Elle lui rappelle qu'un nombre croissant de scientifiques dénonce ces pratiques, d'autant que des techniques de substitution existent qui permettraient de limiter le recours systématique à ces types d'expérimentations. Elle lui demande quelles mesures elle entend prendre pour arrêter cette exploitation.
La réponse
(Réponse du ministère : recherche, JO du 28 juillet 2003)
En 2001, année de la plus récente enquête, ce sont 2 212 294 animaux vertébrés qui ont été utilisés en France à des fins expérimentales, soit une diminution de 39 % en nombre par rapport à 1990. Dans la réglementation française sont licites les expérimentations définies par le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987, qui est une transposition en droit français de la directive 86/609/CEE de la commission européenne. Toutes ces expérimentations sont placées sous le strict contrôle des services vétérinaires et leur justification scientifique est toujours évaluée tant par les conseils scientifiques des établissements que par les comités d'éthique régionaux. Les biologistes, qui sont des scientifiques dont la formation et le savoir-faire sont indubitables, s'accordent à l'unanimité pour regretter d'avoir parfois à sacrifier des animaux afin d'apporter à nos concitoyens les progrès et la sécurité qu'ils sont en droit d'attendre de la recherche. Mais ils n'ont pas toujours d'autres choix du fait de l'absence de méthodes substitutives qui peuvent pour le moment permettre de se passer dans certains cas des expérimentations animales. Dans ces conditions, la communauté scientifique est tout à fait sensible aux problèmes éthiques de l'expérimentation animale qu'elle souhaite limiter au strict nécessaire. Ainsi diverses revues internationales exigent l'avis des comités d'éthique avant d'accepter la publication de certains articles. Ces avis sont aussi nécessaires pour l'obtention de crédits émanant de l'Europe. Ces différentes exigences doivent aider à la diffusion des bonnes pratiques au sein des laboratoires. Par ailleurs, la France, qui contribue au fonctionnement du centre européen pour la validation des méthodes alternatives (à Ispra, Italie), depuis 1992, année de sa création, respecte scrupuleusement ses engagements européens. A ce jour, treize méthodes alternatives ont été scientifiquement validées par le CEVMA, six d'entre elles sont reconnues par les autorités européennes et sont utilisées en France à l'exclusion de toute autre méthode.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- En 2001, 2 212 294 vertébrés ont été utilisés en France à des fins expérimentales, 39 % de moins qu'en 1990.
- Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987, qui transpose la directive 86/609/CEE, définit les expérimentations licites.
- L'avis des comités d'éthique est exigé pour obtenir des crédits européens.
- La France contribue au fonctionnement du centre européen pour la validation des méthodes alternatives, à Ispra, depuis sa création en 1992.
- À ce jour, treize "méthodes alternatives" ont été scientifiquement validées par le CEVMA ; six sont reconnues par les autorités européennes et utilisées en France.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 texte juridique
- Directive 86/609/CEE texte juridique
- Enquête statistique nationale de 2001 sur les animaux utilisés à des fins expérimentales chiffre sourcé
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).