Les questions parlementaires
Suppression ou réforme de la CNEA
instances consultatives | missions | moyens
Question écrite n° 11251, Assemblée nationale, 20 novembre 2012
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la ministre l'utilité, les missions et le budget détaillé de la CNEA, et s'il est possible de la supprimer ou de la réformer.
4 demandes : réponse à 2, réponse partielle à 2.
L'utilité et la fonction de la CNEA.
Réponse La CNEA donne des avis sur toutes les questions relatives à l'utilisation des animaux à des fins scientifiques ; avis sur quarante dossiers de formation en 2011 et 2012.
Le budget détaillé de la CNEA, en fonctionnement et en fonctionnaires mis à disposition.
Réponse partielle Environ 1 000 euros par an de fonctionnement et des indemnités de déplacement ; rien sur les fonctionnaires mis à disposition.
Les missions de la CNEA.
Réponse Composition, création en 1987, sous-commission CNREEA, séances, et renvoi aux articles R. 214-116 et suivants du code rural.
La possibilité de supprimer ou de réformer la CNEA.
Réponse partielle La réponse dit l'existence de la CNEA confirmée par les textes de transposition, puis renvoie à la revue des instances consultatives lancée le 18 décembre 2012, sans préjuger de son sort.
La fiche
Thèmes : instances nationales, financement
- Auteur
- M. Michel Zumkeller (Union des démocrates et indépendants, Territoire de Belfort (2e circonscription))
- Ministère interrogé
- Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Rubrique
- ministères et secrétariats d'État
- Question publiée
- au Journal officiel du 20 novembre 2012
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 12 février 2013
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 11251 de M. Michel Zumkeller, Assemblée nationale, JO du 20 novembre 2012)
M. Michel Zumkeller interroge Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'utilité et la fonction de la Commission nationale de l'expérimentation animale. Il souhaite obtenir le budget détaillé de cet organisme tant en matière de fonctionnement que de mises à dispositions de fonctionnaires. Il souhaite également avoir des précisions sur les missions de cet organisme et sur la possibilité de le supprimer ou de le réformer afin d'aboutir à une plus saine gestion des deniers publics.
La réponse
(Réponse du ministère : Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, JO du 12 février 2013)
La commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA) est une commission placée auprès des ministres chargés de la recherche et de l'agriculture. Son budget de fonctionnement est d'environ un millier d'euro par an, les fonctions de membres de la CNEA étant exercées à titre gratuit (article R. 214 - 130 du code rural et de la pêche maritime), mais ouvrant droit aux indemnités de déplacement et de séjour prévues par la réglementation applicable aux fonctionnaires de l'Etat. Elle comprend un président et vingt membres qui sont : - des représentants des sept ministères intéressés, - douze personnalités qualifiées du secteur de la recherche publique et du secteur industriel privé et de leurs associations, et des personnalités proposées par les associations de protection des animaux et de la nature. Créée en 1987 dans le cadre des dix mesures « Curien » pour l'expérimentation animale, la CNEA donne des avis sur toutes les questions relatives à l'utilisation des animaux à des fins scientifiques. Son action a été renforcée en 2005 par l'adjonction d'une sous-commission chargée spécifiquement des questions éthiques, le comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale (CNREEA) qui comprend quatorze membres et un président. Les missions et le fonctionnement de la CNEA sont définis en détail dans l'article R-214-116 et suivant du code rural et de la pêche maritime. La CNEA se réunit réglementairement en séance plénière au minimum deux fois par an. A la demande des ministres chargés de la recherche et de l'agriculture, la CNEA s'est réunie en séance plénière cinq fois en 2011 et huit fois en 2012. Au cours de cette période, la CNEA a ainsi donné des avis sur quarante dossiers de formation professionnelle. La formation et la responsabilisation des acteurs de l'expérimentation animale (chercheurs, techniciens et soigneurs d'animaux) sont en effet les mesures les plus structurantes de la politique menée par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche depuis 1987 dans le domaine. La CNEA a été associée ces deux dernières années au travail interministériel de transposition en droit français de la directive 2010/63/UE sur l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques qui impose que chaque Etat membre se dote de comités nationaux pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. La CNEA est depuis 1987 un lieu privilégié de dialogue entre professionnels de la recherche publique et privée et les associations de protection de la nature. Ce dialogue a diminué considérablement les tensions sur l'utilisation des animaux à des fins scientifiques en faisant partager les contraintes et les enjeux de la science, mais également en faisant la promotion des meilleures pratiques. C'est tout naturellement que son existence a été confirmée dans les textes réglementaires résultants de la transposition de directive européenne 2010/63/UE. Au-delà du cas particulier faisant l'objet de la présente question, il convient de souligner que le Gouvernement souhaite réformer les pratiques de consultation préalable à la prise de décision et mettre un terme à l'inflation du nombre de commissions consultatives. Le comité interministériel de la modernisation de l'action publique du 18 décembre 2012 a ainsi fixé les orientations d'une nouvelle politique de consultation. Conformément à ces orientations, chaque ministère dressera une cartographie faisant apparaître sa stratégie de consultation et examinera les possibilités de fusion ou de réorganisation des instances consultatives permettant d'en réduire le nombre et de renouveler les pratiques en privilégiant les modes de concertation ouverts ou informels. La présente réponse ne préjuge pas des décisions qui seront prises dans ce cadre.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA), placée auprès des ministres chargés de la recherche et de l'agriculture, rend des avis sur toute question d'utilisation des animaux à des fins scientifiques.
- Budget de fonctionnement de la CNEA : environ un millier d'euros par an ; ses membres siègent à titre gratuit, avec indemnités de déplacement et de séjour (article R. 214-130 du code rural et de la pêche maritime).
- La CNEA comprend un président et vingt membres : représentants des sept ministères, douze personnalités qualifiées, et des personnalités proposées par les associations de protection des animaux et de la nature.
- La CNEA a été créée en 1987 dans le cadre des dix mesures "Curien" pour l'expérimentation animale.
- En 2005, la CNEA s'est adjoint une sous-commission chargée des questions éthiques, le comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale (CNREEA), de quatorze membres et un président.
- Les missions et le fonctionnement de la CNEA sont définis à l'article R. 214-116 et suivants du code rural et de la pêche maritime.
- La CNEA se réunit réglementairement en séance plénière au moins deux fois par an ; elle l'a fait cinq fois en 2011 et huit en 2012, et a rendu des avis sur quarante dossiers de formation professionnelle.
- La directive 2010/63/UE impose à chaque État membre un comité national pour la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques ; la CNEA a été associée à sa transposition.
- Existence de la CNEA confirmée par les textes de transposition de la directive 2010/63/UE.
- Le comité interministériel de la modernisation de l'action publique du 18 décembre 2012 prévoit que chaque ministère cartographie sa stratégie de consultation et examine fusions ou réorganisations d'instances.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Code rural et de la pêche maritime, article R. 214-130 texte juridique
- Code rural et de la pêche maritime, articles R. 214-116 et suivants texte juridique
- Directive 2010/63/UE texte juridique
- Dix mesures Curien pour l'expérimentation animale, 1987 autre
- Orientations du comité interministériel de la modernisation de l'action publique du 18 décembre 2012 texte non contraignant, copie archivée
Les organismes cités
- Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA)
- Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale (CNREEA)
- Ministère chargé de l'agriculture
- Comité interministériel de la modernisation de l'action publique
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
La formation des personnes qui appliquent les procédures, soignent les animaux ou les tuent passe par l'utilisation d'animaux : un tuteur les supervise jusqu'à ce qu'elles aient démontré leurs compétences sur les espèces concernées. La qualification des personnels est réglementée par un arrêté ministériel.