Les questions parlementaires
Inspections et sanctions dans l'enseignement supérieur
animaux utilisés à des fins scientifiques
Question écrite n° 92579, Assemblée nationale, 26 janvier 2016
Le résumé de l'OXA
La députée demande au secrétaire d'État comment sont inspectés les travaux dirigés utilisant des animaux à l'université, et quelles sanctions frappent les responsables de projet en infraction.
2 demandes : réponse partielle à 2.
La manière dont sont inspectés les travaux dirigés qui utilisent des animaux.
Réponse partielle La réponse dit que les contrôles relèvent des agents habilités du ministère chargé de l'agriculture, sans dire comment ni à quelle fréquence les travaux dirigés sont inspectés.
Les sanctions prévues contre les responsables de projet qui ne respectent pas la législation.
Réponse partielle La réponse renvoie les sanctions aux mêmes agents et au code rural, sans dire lesquelles.
La fiche
Thèmes : enseignement et formation, contrôles et sanctions
- Auteur
- Mme Laurence Abeille (Écologiste, Val-de-Marne (6e circonscription))
- Ministère interrogé
- Secrétariat d'État, auprès de la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Ministère attributaire
- Secrétariat d'État, auprès du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche
- Rubrique
- animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 26 janvier 2016
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 14 février 2017
- Statut
- Réponse publiée
- Événements
- Question renouvelée le 19 juillet 2016
- Question renouvelée le 13 décembre 2016
- Sources
La question
(Question écrite n° 92579 de Mme Laurence Abeille, Assemblée nationale, JO du 26 janvier 2016)
Mme Laurence Abeille interroge M. le secrétaire d'État, auprès de la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'utilisation d'animaux vivants dans les établissements d'enseignement supérieur ainsi que les sanctions prévues dans le cas de non-respect de la législation en vigueur par les responsables de projet utilisant des animaux. Une association de protection animale a récemment révélé des faits qui se sont déroulés dans une université de province lors de travaux dirigés en licence SVT. Il s'agissait de procédures expérimentales sur animaux vivants, celles-ci contrevenant à législation en vigueur et notamment à l'article R. 214-105 du code rural et de la pêche maritime. Ces expériences étaient illicites tant parce qu'elles se sont pratiquées dans le cadre d'une formation généraliste ne conduisant pas à des métiers impliquant la réalisation de procédures expérimentales sur les animaux, que parce qu'elles n'ont pas respecté le principe des « 3R » (remplacement, réduction, raffinement) figurant dans l'article R. 214-105 susmentionné et dans la directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. Elle rappelle que l'article 60 de la directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques édicte que : « les États membres déterminent le régime des sanctions applicables aux violations des dispositions nationales prises en application de la présente directive et prennent toute mesure nécessaire pour en assurer la mise en œuvre. Les sanctions ainsi prévues doivent être effectives, proportionnées et dissuasives. Les États membres notifient ces dispositions à la Commission, au plus tard le 10 février 2013, et notifient sans retard toute modification ultérieure les concernant ». Ces faits nous interrogent de manière plus globale sur les moyens - inspections et sanctions - mis en œuvre par les pouvoirs publics pour éviter de telles dérives. Elle souhaiterait savoir comment sont effectuées les inspections, lors des travaux dirigés avec utilisation d'animaux, permettant de s'assurer du respect des bonnes pratiques expérimentales.
La réponse
(Réponse du ministère : Secrétariat d'État, auprès du ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, JO du 14 février 2017)
La directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques a été transposée dans notre droit national par un décret et cinq arrêtés qui sont parus au Journal officiel no 0032 du 7 février 2013. Ces nouveaux textes traitent notamment de l'agrément des établissements, de la formation des personnes, de l'autorisation des procédures expérimentales et des contrôles. Les procédures expérimentales sont autorisées par une décision du ministre en charge de la recherche qui s'appuie sur l'expertise de comités d'éthique répartis sur l'ensemble du territoire national. Les contrôles et les sanctions restent de la responsabilité des agents habilités des services du ministère chargé de l'agriculture selon les dispositions du Code rural et de la pêche maritime. Les procédures expérimentales conduites dans les établissements d'enseignement supérieur relèvent également de cette procédure d'autorisation pour des formations impliquant la réalisation, mais également la prescription et l'analyse de procédures expérimentales dans les domaines de la recherche fondamentale, translationnelle et appliquée, la protection de l'environnement naturel et la protection des espèces, domaines qui sont précisés par l'article R.214-105 du code rural et de la pêche maritime.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 2010/63/UE a été transposée par un décret et cinq arrêtés parus au Journal officiel no 0032 du 7 février 2013.
- Les contrôles et les sanctions des textes transposant la directive 2010/63/UE relèvent des agents habilités du ministère chargé de l'agriculture, selon le Code rural et de la pêche maritime.
- Le décret et les cinq arrêtés transposant la directive 2010/63/UE traitent notamment de l'agrément des établissements, de la formation des personnes, de l'autorisation des procédures et des contrôles.
- Les procédures expérimentales sont autorisées par le ministre chargé de la recherche, sur l'expertise de "comités d'éthique".
- Les procédures expérimentales de l'enseignement supérieur relèvent aussi de l'autorisation du ministre chargé de la recherche, dans les domaines précisés par l'article R. 214-105 du code rural et de la pêche maritime.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE texte juridique
- Décret et cinq arrêtés, Journal officiel n° 0032 du 7 février 2013 texte juridique
- Décret n° 2013-118 du 1er février 2013 relatif à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques
- Arrêté du 1er février 2013 fixant les conditions de fourniture de certaines espèces animales utilisées à des…
- Arrêté du 1er février 2013 relatif à l'acquisition et à la validation des compétences des personnels des…
- Arrêté du 1er février 2013 fixant les conditions d'agrément, d'aménagement et de fonctionnement des…
- Arrêté du 1er février 2013 relatif à l'évaluation éthique et à l'autorisation des projets impliquant…
- Arrêté du 1er février 2013 relatif à la délivrance et à l'utilisation de médicaments employés par les…
- Code rural et de la pêche maritime, article R. 214-105 texte juridique
Les organismes cités
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Le ministère chargé de l'agriculture coordonne, par son système d'information RESYTAL, les inspections des établissements éleveurs, fournisseurs et utilisateurs d'animaux, menées par les directions départementales de la protection des populations (DDPP).
Le ministère chargé de la recherche (direction générale de la recherche et de l'innovation) délivre les autorisations de projet sur la base des avis des "comités d'éthique en expérimentation animale" (CEEA), publie les résumés non techniques (RNT) des projets autorisés, et recueille et diffuse les chiffres annuels de l'expérimentation animale en France.
En France, l'évaluation des projets que la réglementation européenne impose avant leur autorisation revient aux "comités d'éthique en expérimentation animale" (CEEA ou C2EA). Ce sont des groupes locaux créés à l'initiative des laboratoires, qui examinent leurs demandes d'autorisation de projet avant leur envoi au ministère chargé de la recherche. Ils doivent réunir cinq "compétences" : conception de projet, réalisation de projet, soins et mise à mort des animaux, pratique vétérinaire, et un membre "non-spécialiste". Ils n'ont aucune obligation de compétence en méthodes n'utilisant pas d'animaux, en biostatistiques, en droit, ni même en éthique, et sont majoritairement composés de personnes qui travaillent pour les laboratoires dont ils évaluent les projets.
L'utilisation d'animaux dans l'enseignement supérieur se fait notamment lors des travaux pratiques en biologie, par le biais de dissections, mais aussi de l'apprentissage des manipulations d'animaux pour les prélèvements et d'actes plus invasifs réalisés sous anesthésie avant de tuer l'animal.