Les questions parlementaires
Veaux génétiquement modifiés de GenePharming Europe
Manipulations génétiques dont les animaux sont l’objet
Question écrite n° 281/91, Parlement européen, 4 mars 1991
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la Commission où en est le droit communautaire sur les manipulations génétiques d'animaux, quelles initiatives elle prendra et comment elle réagit aux essais déjà faits.
3 demandes : réponse à 2, réponse partielle à 1.
Où en est la législation communautaire sur les manipulations génétiques des animaux.
Réponse La réponse cite la directive 86/609/CEE, la convention de 1976 sur les animaux d'élevage et les directives 90/220/CEE et 90/219/CEE, applicables au 23 octobre 1991.
Les nouvelles initiatives de la Commission dans ce domaine.
Réponse La réponse cite deux propositions envisagées, sur les nouveaux aliments et sur la mise sur le marché d'animaux transgéniques, sans date.
Comment la Commission réagit à des expériences génétiques sur des animaux faites avant toute réglementation.
Réponse partielle La réponse conteste l'absence de règles et dit suivre l'évolution, sans rien dire des expériences de GenePharming Europe.
La fiche
Thèmes : zootechnie, droit européen · Espèce : bovins
- Auteur
- Herman Verbeek (V)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 4 mars 1991
- Date de la réponse
- 31 mai 1991
- Statut
- Réponse publiée
- Référence du Journal officiel
- JO C 315 de 1991, p. 6
- Sources
La question
Textes lus par reconnaissance optique des caractères (OCR) sur les pages du Journal officiel des Communautés européennes. Les fautes relevées sont corrigées ; une faute qui forme un mot existant peut rester. Les appels de note, que l'OCR lit "(!)" ou "(?)", sont rétablis en chiffres.
(Question écrite n° 281/91 de Herman Verbeek, Parlement européen, 4 mars 1991)
Depuis décembre 1990 sont nés dans les installations de la société «GenePharming Europe» (Pays-Bas), plusieurs veaux ayant fait l’objet de manipulations génétiques, qui ont pour but de leur conférer, par l’augmentation artificielle de la production de lactoferrine, une résistance accrue aux mastites. Jusqu'ici (20 janvier 1991), aucun de ces veaux n’a permis de conclure à la réussite de l’expérience (les gènes introduits n’ont pas eu d’effet). Dans l’intervalle, la même société a annoncé une autre expérience consistant à introduire dans le système génétique des vaches des gènes humains afin de produire, sur la base du lait, des médicaments à usage humain.
1) Où en est actuellement la législation communautaire relative aux manipulations génétiques sur les animaux?
2) Quelles nouvelles initiatives la Commission prendra-t-elle dans ce domaine?
3) Comment réagit-elle quand elle constate que des expérimentations d’ordre génétique sont déjà réalisées sur les animaux, alors que la Communauté et/ou les États membres n’ont encore adopté aucun critère ni aucune réglementation en la matière?
La réponse
(Réponse donnée par M. Pandolfi au nom de la Commission, 31 mai 1991)
1. Toute expérience pratiquée sur des animaux vertébrés à des fins expérimentales doit être réglementée par une législation nationale conforme à la directive communautaire 86/609/CEE (") qui met en application la convention du Conseil de l’Europe relative à la protection des animaux (vertébrés) utilisés à des fins expérimentales ou à d’autres fins scientifiques au sein de la Communauté.
Le bien être général des animaux utilisés en agriculture est réglementé par la convention européenne de 1976 sur la protection des animaux dans les élevages (décision du Conseil 78/923/CEE) (°).
La directive 90/220/CEE du 23 avril 1990 relative à la dissémination volontaire d’OGM (°) prévoit une surveillance réglementaire et exige un permis pour l’utilisation ou la dissémination en dehors d’un strict confinement physique d’animaux génétiquement modifiés, que ce soit à des fins expérimentales ou commerciales. Les manipulations génétiques pratiquées en laboratoire sur des cellules animales sont également réglementées par la directive 90/219/CEE (*) relative à l’utilisation confinée des OGM. Ces deux directives doivent être mises en application par les États membres pour le 23 octobre 1991 au plus tard.
2. Les services de la Commission envisagent actuellement des propositions de législation concernant:
— les nouveaux aliments (législation applicable dans le cas où une manipulation génétique introduirait de nouveaux éléments dans la chaîne alimentaire);
— la mise sur le marché d’animaux transgéniques et de leurs produits.
3. La Commission suit de près l’évolution en cours dans ce domaine afin de déterminer la nécessité éventuelle d’une législation communautaires allant plus loin que celle susmentionnée.
Comme nous venons de le voir, la Communauté a effectivement déjà mis en application une réglementation concernant les modifications génétiques pratiquées sur les animaux et le bien-être de ces derniers en général. Une législation nationale spécifique visant à mettre en application la directive 90/220/CEE est déjà en vigueur dans plusieurs États membres et est en voie de l’être dans les autres, où elle sera adoptée pour le 23 octobre 1991.
(‘) JO n° L 358 du 18. 12. 1986. (2) JO n° L 323 du 17. 11. 1978. (2) JO n° L 117 du 8. 5. 1990. (1) JO n° L 117 du 8. 5. 1990.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Toute expérience sur des vertébrés relève d'une législation nationale conforme à la directive 86/609/CEE.
- Les animaux utilisés en agriculture relèvent de la convention européenne de 1976 sur la protection des animaux dans les élevages (décision du Conseil 78/923/CEE).
- La directive 90/220/CEE du 23 avril 1990 exige un permis pour utiliser ou disséminer hors confinement des animaux génétiquement modifiés ; la directive 90/219/CEE régit l'utilisation confinée.
- Les États membres doivent mettre en application les directives 90/220/CEE et 90/219/CEE sur les OGM au plus tard le 23 octobre 1991.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 86/609/CEE, JO L 358 du 18 décembre 1986 texte juridique
- Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des animaux vertébrés utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques texte juridique
- Convention européenne de 1976 sur la protection des animaux dans les élevages, décision du Conseil 78/923/CEE, JO L 323 du 17 novembre 1978 texte juridique
- Directive 90/220/CEE du 23 avril 1990, JO L 117 du 8 mai 1990 texte juridique
- Directive 90/219/CEE, JO L 117 du 8 mai 1990 texte juridique
Les organismes cités
- GenePharming Europe
- Conseil de l'Europe
- Conseil des Communautés européennes
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'élevage d'animaux génétiquement modifiés pour répondre à des demandes ou à des problématiques spécifiques s'est largement développé depuis les années 1980 et génère chaque année un "surplus" d'animaux qui ne correspondent pas aux attentes et seront donc généralement tués sans être utilisés. La modification génétique peut être neutre du point de vue de l'animal, ou bien générer un "phénotype dommageable", c'est-à-dire provoquer des souffrances.