Les questions parlementaires
Bilan de l'EURL ECVAM et méthode Valitox
Bilan et avenir du laboratoire de référence de l’Union européenne pour la promotion des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (EURL ECVAM)
Question écrite E-000247/2023, Parlement européen, 26 janvier 2023
Le résumé de l'OXA
Quatre députées demandent à la Commission son bilan de l'EURL ECVAM et si, et quand, les méthodes qu'il valide remplaceront les tests sur des animaux.
3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1, aucune réponse à 1.
Le bilan que la Commission tire des activités de l'EURL ECVAM.
Réponse La réponse juge l'EURL ECVAM efficace et efficient, sur la foi de l'évaluation ex post du Centre commun de recherche, sans chiffre sur les méthodes validées.
Si les méthodes validées par l'EURL ECVAM remplaceront les tests sur des animaux, au moins pour certains produits.
Réponse partielle La réponse rappelle l'objectif de remplacement total lorsque c'est scientifiquement possible, sans rien dire des méthodes validées ni de produits précis.
À quelle échéance ce remplacement aura lieu.
Aucune réponse La réponse dit qu'il est difficile de savoir quand l'objectif sera atteint.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, instances européennes
- Auteurs
- Annika Bruna (ID)
- Elżbieta Kruk (ECR)
- Marie Dauchy (ID)
- Aurélia Beigneux (ID)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 26 janvier 2023
- Date de la réponse
- 27 mars 2023
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite E-000247/2023 de Annika Bruna et 3 autres députés, Parlement européen, 26 janvier 2023)
Le laboratoire de référence de l’Union européenne pour la promotion des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (EURL ECVAM), membre du Centre commun de recherche (JRC), dépend de la Commission européenne. Comme son nom l’indique, il a pour objectif de développer ou de valider des méthodes alternatives susceptibles de supprimer à l’avenir les tests sur les animaux.
L’EURL ECVAM a déjà mis au point des tests in vitro, cellulaires ou sanguins qui permettent d’éviter des tests sur les animaux. Ces solutions de remplacement permettent notamment de respecter le règlement (CE) nº 1223/2009 qui interdit clairement l’expérimentation animale pour les produits cosmétiques.
De même, depuis 2009, l’EURL ECVAM est chargé d’évaluer Valitox, un test de toxicologie cellulaire permettant de mesurer la toxicité orale aigüe chez l’homme. Valitox repose sur l’introduction d’une bio-fluorescence cellulaire, afin que les cellules menacées par des substances toxiques réfléchissent la lumière tandis que les cellules saines l’absorbent. Cette méthode pourrait remplacer de nombreux tests toxicologiques sur les animaux dans les domaines pharmaceutiques, cosmétiques, alimentaires et chimiques.
1. Quel bilan la Commission tire-t-elle des activités de l’EURL ECVAM?
2. Selon elle, les méthodes de substitution validées par l’EURL ECVAM supplanteront-elles les tests sur les animaux, ne serait-ce que pour certains segments de produits? À quelle échéance?
La réponse
(Réponse donnée par Mme Gabriel au nom de la Commission européenne, 27 mars 2023)
En décembre 2021, la méthode LUCs (système à cellules lumineuses)-Valitox a été soumise au laboratoire de référence de l’UE pour la promotion des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (EURL ECVAM). La méthode a été évaluée[1] mais n’a pas été jugée pertinente pour réduire ou remplacer l’expérimentation animale. En outre, une méthode similaire est déjà décrite dans les orientations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)[2]. Aucune autre mesure n’a donc été prise.
La Commission estime que l’EURL ECVAM exerce ses fonctions et ses activités[3],[4] de manière efficace et efficiente, comme l’a confirmé l’évaluation ex post indépendante du Centre commun de recherche.
Comme le prévoit la directive 2010/63/UE[5], l’objectif politique général est d’arriver à remplacer totalement les animaux lorsque cela est possible sur un plan scientifique. Toutefois, compte tenu de l’ampleur et de la complexité du défi, il est difficile de savoir quand cet objectif pourrait être réalisé. La Commission s’est engagée à accélérer la transition par tous les moyens disponibles, comme indiqué dans sa réponse à la résolution du Parlement européen[6].
[1] https://joint-research-centre.ec.europa.eu/eu-reference-laboratory-alternatives-animal-testing-eurl-ecvam/alternative-methods-toxicity-testing/validation-and-submission-process_en
[2] https://www.oecd.org/officialdocuments/publicdisplaydocumentpdf/?cote=env/jm/mono(2010)20&doclanguage=en
[3] https://joint-research-centre.ec.europa.eu/eu-reference-laboratory-alternatives-animal-testing-eurl-ecvam_en
[4] https://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/JRC127780
[5] https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32010L0063
[6] https://www.europarl.europa.eu/doceo/document/TA-9-2021-0387_FR.html
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La méthode LUCs-Valitox a été soumise à l'EURL ECVAM en décembre 2021, évaluée et jugée non pertinente pour réduire ou remplacer l'expérimentation animale.
- Une méthode similaire à la méthode LUCs-Valitox figure déjà dans les orientations de l'OCDE ; aucune autre mesure n'a donc été prise.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- OCDE, document ENV/JM/MONO(2010)20 texte non contraignant
- Directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010 texte juridique
- Rapport d'étape du Centre commun de recherche, JRC127780 rapport
- Résolution du Parlement européen P9_TA(2021)0387 texte non contraignant
- Page de l'EURL ECVAM sur la procédure de soumission et de validation lien
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".