Les questions parlementaires

Objection de conscience dans la directive 2010/63/UE

Reconnaissance du droit d’objection de conscience en matière de tests sur les animaux

Question écrite E-000003/2023, Parlement européen, 4 janvier 2023

Le résumé de l'OXA

Cinq députés demandent à la Commission si elle introduira dans la directive 2010/63/UE un droit d'objection de conscience à l'expérimentation animale.

1 demande : réponse à 1.

  1. Si la Commission introduira dans la directive 2010/63/UE un droit d'objection de conscience en matière d'expérimentation animale.

    Réponse La réponse dit que la Commission ne prévoit pas, pour l'instant, de modifier la directive en ce sens.

La fiche

Thèmes : enseignement et formation, droit européen · Espèce : rongeurs

Auteurs
  • Annika Bruna (ID)
  • Eric Minardi (ID)
  • Emil Radev (PPE)
  • Aurélia Beigneux (ID)
  • Jean-Paul Garraud (ID)
Destinataire
Commission européenne
Date de la question
4 janvier 2023
Date de la réponse
14 février 2023
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite E-000003/2023 de Annika Bruna et 4 autres députés, Parlement européen, 4 janvier 2023)

En droit italien, la loi n°413 du 12 octobre 1993 reconnaît le droit d’objection de conscience en matière d’expérimentations animales à tous les acteurs scientifiques. Les universités sont ainsi tenues de proposer aux objecteurs des méthodes d’enseignement qui ne prévoient pas de tests sur les animaux, ce qui encourage le développement de méthodes de remplacement.

En France, ce droit d’objection de conscience est revendiqué par les associations de défense des animaux, telles que la Fondation Brigitte Bardot.

Dernièrement, sept étudiantes de la faculté des sciences de la vie de Strasbourg ont refusé d’inciser des hamsters vivants, de leur poser une sonde puis de les euthanasier, faisant notamment valoir leurs convictions relatives au bien-être animal.

Elles ont finalement reçu le soutien de leur faculté, qui estime qu’il est temps de mettre un terme à certains travaux pratiques sur les animaux. Cette décision vaut reconnaissance tacite d’une objection de conscience en matière d’expériences sur les animaux dans une université française.

Eu égard à ces évolutions et au développement de méthodes de remplacement, la Commission envisagerait-elle d’introduire une telle objection de conscience dans sa directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques?

La réponse

(Réponse donnée par M. Sinkevičius au nom de la Commission européenne, 14 février 2023)

La directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques[1] réglemente la manière dont les animaux peuvent être utilisés dans la recherche et l’expérimentation dans l’Union européenne lorsque leur utilisation reste nécessaire. Elle régit également l’utilisation d’animaux dans le cadre de l’enseignement supérieur et de la formation en vue de l’acquisition, de l’entretien ou de l’amélioration de compétences professionnelles. Elle s’appuie sur le principe des trois «R» (remplacement, réduction et raffinement) dans le cadre de l’utilisation d'animaux dans des procédures et fixe comme objectif final le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants dans l’Union européenne.

La directive a récemment été modifiée par le règlement (UE) 2019/1010 sur l’alignement des obligations en matière de communication d’informations[2] afin d'améliorer considérablement la transparence de l’utilisation d'animaux à des fins scientifiques, en tant qu'un des outils permettant d'atteindre l’objectif final de remplacement total. Pour l’instant, la Commission ne prévoit pas de modifier la directive pour y introduire un droit d’objection de conscience en matière d’expérimentation animale.

[1] La directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (JO L 276 du 20.10.2010, p. 33).

[2] Le règlement (UE) 2019/1010 du Parlement européen et du Conseil du 5 juin 2019 sur l’alignement des obligations en matière de communication d’informations dans le domaine de la législation liée à l’environnement et modifiant les règlements (CE) nº 166/2006 et (UE) nº 995/2010 du Parlement européen et du Conseil, les directives 2002/49/CE, 2004/35/CE, 2007/2/CE, 2009/147/CE et 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil, les règlements (CE) nº 338/97 et (CE) nº 2173/2005 du Conseil et la directive 86/278/CEE du Conseil (JO L 170 du 25.6.2019, p. 115).

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.