Les questions parlementaires
Organes sur puce et modèles de peau reconstituée
Promouvoir les organes sur puce et les modèles de peau reconstituée pour remplacer les tests sur les animaux
Question écrite E-000542/2023, Parlement européen, 21 février 2023
Le résumé de l'OXA
Les députés demandent à la Commission si elle suit les recherches sur les organes sur puce et la peau reconstituée, et si elle encouragerait leur usage en remplacement d'essais.
2 demandes : réponse à 2.
Si la Commission suit les recherches sur les organes sur puce et les modèles de peau reconstituée.
Réponse La réponse compte plus de 30 projets d'Horizon 2020 sur les organes sur puce et décrit le travail du JRC sur leur normalisation et leur qualification.
Si la Commission encouragerait le remplacement de certains essais sur des animaux par ces méthodes.
Réponse La réponse dit la Commission favorable à ces méthodes et le JRC engagé à en accélérer l'adoption ; elle rappelle l'article 13 de la directive, sans nommer d'essai à remplacer.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, financement
- Auteurs
- Annika Bruna (ID)
- André Rougé (ID)
- Destinataire
- Commission européenne
- Date de la question
- 21 février 2023
- Date de la réponse
- 25 avril 2023
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite E-000542/2023 de Annika Bruna et 1 autre député, Parlement européen, 21 février 2023)
Les «organes sur puce» utilisent des cellules cultivées in vitro pour reconstituer des tissus ou des organes miniatures qui simulent la physiologie et les pathologies humaines. En d’autres termes, ils imitent les organes humains avec leurs terminaisons nerveuses et sanguines, la puce présentant même des canaux et une pompe pour reproduire le système circulatoire.
Les premières expérimentations ont d’ailleurs porté sur un «poumon sur puce» permettant notamment de mimer la fonction de barrière entre les alvéoles pulmonaires et les capillaires sanguins, minuscules vaisseaux à la paroi très fine qui relient les artères (qui envoient le sang hors du cœur) et les veines (qui le renvoient vers le cœur).
Une entreprise a également développé un modèle de peau en 3D pour simuler des allergies cutanées. Comme on pouvait s’y attendre, les échantillons d’origine dérivant de la peau humaine sont bien plus intéressants que les modèles animaux.
La toxicologie est particulièrement concernée par cette technique et les résultats sont les plus proches possible des résultats observés sur l’homme.
1. La Commission européenne suit-elle ces recherches?
2. Encouragerait-elle le remplacement de certains tests sur les animaux par cette nouvelle méthode?
La réponse
(Réponse donnée par Mme Gabriel au nom de la Commission européenne, 25 avril 2023)
Par l’intermédiaire de ses programmes-cadres pour la recherche et l’innovation (PC), la Commission a été un fervent défenseur des méthodes de substitution à l’expérimentation animale, et notamment des organes sur puce et des modèles de peau reconstituée. Dans le cadre du précédent programme-cadre pour la recherche et l’innovation «Horizon 2020»[1], plus de 30 projets de recherche ont porté sur la mise au point d’organes sur puce afin d’étudier des maladies ou de réaliser des essais de sécurité et d’efficacité. Au moins 40 % de ces projets ont permis la mise au point de puces comportant plusieurs organes interconnectés.
Le Centre commun de recherche (JRC) a joué un rôle très actif pour promouvoir la normalisation des dispositifs comportant des organes sur puce afin d’en accélérer l’adoption et l’acceptation[2]. Elle a collaboré avec l’organisme européen de normalisation CEN-CENELEC (Comité européen de normalisation — Comité européen de normalisation électrotechnique)[3] afin de recenser les besoins[4] et de créer un groupe de réflexion chargé d’élaborer une feuille de route pour l’élaboration des normes[5]. Le JRC a récemment lancé une collaboration avec le nouveau groupe de travail «3R»[6] de l’Agence européenne des médicaments (EMA), en mettant particulièrement l’accent sur la qualification des organes sur puce destinés à être utilisés dans le secteur pharmaceutique. Il préside également le comité consultatif de réglementation de l’EUROoCS (European Organ-on-Chip Society).
La directive 2010/63/UE relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques[7] interdit de mener une procédure animale si la législation de l’Union reconnaît une autre méthode ou stratégie d’expérimentation n’impliquant pas l’utilisation d’un animal vivant pour obtenir le résultat recherché (article 13). Des méthodes d’essai utilisant un épiderme humain reconstitué sont disponibles depuis 2010 pour tester l’irritation oculaire provoquée par les produits chimiques. Les essais sur les animaux ne sont autorisés que si la méthode de substitution n’est pas applicable.
[1] https://research-and-innovation.ec.europa.eu/funding/funding-opportunities/funding-programmes-and-open-calls/horizon-2020_en
[2] https://pubs.rsc.org/en/content/articlelanding/2021/LC/D1LC00241D
[3] https://www.cencenelec.eu/
[4] https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34525383/
[5] https://www.cencenelec.eu/news-and-events/news/2021/briefnews/2021-12-13-cen-cenelec-organ-on-chip-focus-group-creation/
[6] https://www.ema.europa.eu/en/committees/working-parties-other-groups/chmp/3rs-working-party
[7] Directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques (JO L 276 du 20.10.2010, p. 33).
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Plus de 30 projets d'Horizon 2020 ont porté sur des organes sur puce, dont au moins 40 % sur des puces à plusieurs organes.
- Le JRC a collaboré avec le CEN-CENELEC pour recenser les besoins de normalisation des organes sur puce et créer un groupe chargé d'élaborer une feuille de route des normes.
- Le JRC a lancé une collaboration avec le nouveau groupe de travail "3R" de l'EMA, centrée sur la qualification des organes sur puce destinés au secteur pharmaceutique.
- Le JRC préside le comité consultatif de réglementation de l'EUROoCS (European Organ-on-Chip Society).
- L'article 13 de la directive 2010/63/UE interdit une procédure sur animal quand la législation de l'Union reconnaît une méthode sans animal vivant pour obtenir le résultat recherché.
- Des méthodes d'essai utilisant un épiderme humain reconstitué sont disponibles depuis 2010 pour tester l'irritation oculaire provoquée par les produits chimiques.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010, article 13 texte juridique
- https://pubs.rsc.org/en/content/articlelanding/2021/LC/D1LC00241D article scientifique
- https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34525383/ article scientifique
- https://www.cencenelec.eu/news-and-events/news/2021/briefnews/2021-12-13-cen-cenelec-organ-on-chip-focus-group-creation/ lien
Les organismes cités
- Centre commun de recherche (JRC)
- Comité européen de normalisation et Comité européen de normalisation électrotechnique (CEN-CENELEC)
- Agence européenne des médicaments (EMA)
- European Organ-on-Chip Society (EUROoCS)
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Le principe des 3R a été formulé dans les années 1950 par William Russell, zoologiste, et Rex Burch, microbiologiste. Il demande de remplacer les animaux par d'autres méthodes quand elles permettent d'obtenir les mêmes résultats, de réduire le nombre d'animaux de chaque projet sans compromettre la validité statistique des résultats, et de raffiner les méthodes de détention et d'expérimentation pour réduire les souffrances sans compromettre l'objectif du projet. Les milieux de l'expérimentation animale s'en servent souvent pour justifier le statu quo et parler d'éthique. Une littérature grandissante remet en question leur pertinence, faute de cadre éthique normatif et de définition claire.