Les questions parlementaires
Méthodes non animales et limites de l'extrapolation
Expérimentation animale
Question écrite n° 23140, Sénat, 2 mars 2000
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande au ministre de la recherche quelles mesures le Gouvernement pourrait prendre pour développer des solutions non animales, vu les limites de l'extrapolation.
1 demande : réponse partielle à 1.
Les mesures que le Gouvernement pourrait adopter pour développer des solutions non animales.
Réponse partielle Aucune mesure n'est citée ; la réponse défend le modèle animal, retourne l'argument de l'espérance de vie et affirme que l'in vitro ne peut remplacer l'animal. Elle défend sans dire si elle refuse la demande.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, valeur scientifique · Espèce : rongeurs
- Auteur
- M. Gilbert Chabroux (SOC, Rhône)
- Ministère interrogé
- Éducation
- Ministère attributaire
- Recherche
- Rubrique
- Recherche
- Question publiée
- au Journal officiel du 2 mars 2000
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 18 mai 2000
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 23140 de M. Gilbert Chabroux, Sénat, JO du 2 mars 2000)
M. Gilbert Chabroux attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie sur l'expérimentation animale. En effet, force est de constater que l'expérimentation animale pose le problème de l'extrapolation à l'être humain des résultats issus de tests effectués sur des animaux. En effet, en considérant l'espérance de vie de ces derniers, il paraît peu probable, voire impossible, que les effets et incidences s'inscrivant sur le long terme puissent être décelés. Cette dimension est d'autant plus importante si l'on considére les précédents en matière de toxicité et de manifestation délétère. En conséquence, il lui demande quelles mesures pourraient être adoptées par le Gouvernement pour que des solutions alternatives à l'expérimentation animale puissent être développées.
La réponse
(Réponse du ministère : Recherche, JO du 18 mai 2000)
L'expérimentation animale s'effectue essentiellement sur des mammifères qui représentent des modèles intégrés, complets et vivants, dont la biologie est proche de celle de l'homme. S'il existe des différences certaines dans les mécanismes physiologiques chez les espèces utilisées, il existe également de nombreuses similitudes. La connaissance de ces différences et de ces similitudes permet au chercheur de choisir le modèle animal le plus adapté à l'étude entreprise. S'agissant plus précisément du problème de l'espérance de vie, il est clair que la longévité humaine qui peut atteindre cent vingt ans est sans rapport avec celle d'une souris (trois ans) ou d'un rat (quatre ans). Cette simple constatation souligne l'intérêt pour la recherche de disposer d'un animal, mammifère comme l'homme, mais dont la durée de vie, courte, est compatible avec l'observation humaine. Le chercheur est ainsi à même d'étudier un " raccourci " de vie humaine dans un délai raisonnable, sur un grand nombre de sujets, ce qui permet des études statistiques. Certes, il n'existe pas de " modèle animal idéal ", aux réactions fidèlement superposables à celles de l'espèce humaine. Par conséquent, l'expérimentation animale ne peut prétendre à une certitude absolue, mais elle donne aux chercheurs suffisamment d'informations pour leur permettre d'extrapoler à l'homme, avec une probabilité de réussite et une sécurité suffisante, les résultats expérimentaux obtenus sur l'animal. Les méthodes in vitro dites " alternatives ", sont fondées sur l'étude de tissus, d'organes ou de cellules maintenus en survie, en dehors de l'organisme d'origine, dans un liquide nutritif complexe. Elles ont depuis longtemps démontré leur importance dans la plupart des activités de la recherche biologique et médicale. De nombreux travaux sont réalisés pour développer et mettre au point de nouvelles approches in vitro, notamment pour la réalisation de tests toxicologiques, entraînant une diminution conséquente de l'expérimentation animale. Il n'en demeure pas moins que, dans l'état actuel de nos connaissances, les méthodes alternatives ne peuvent se substituer à l'animal lorsque les études portent sur les réactions d'un organisme entier, dans la mesure où les organismes supérieurs possèdent des mécanismes de régulation et d'interaction (nerveux, cardiovasculaires, endocriniens, métaboliques) entre cellules et organes, multiples et complexes, qu'il est impossible de reproduire dans des systèmes in vitro. C'est la raison pour laquelle l'expérimentation animale ne peut être pour l'instant totalement exclue.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La longévité humaine peut atteindre cent vingt ans, celle d'une souris est de trois ans et celle d'un rat de quatre ans.
Le détail de l'analyse
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.