Les questions parlementaires
Transposition à l'humain et méthodes non animales
Expérimentations scientifiques sur les animaux
Question écrite n° 03055, Sénat, 10 octobre 2002
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande au ministre de la santé la position du Gouvernement sur l'expérimentation animale et s'il compte encourager les méthodes non animales pour la limiter "au strict nécessaire".
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
La position du Gouvernement sur l'expérimentation animale à des fins de recherche.
Réponse La réponse expose le cadre français : usage limité à ce qu'elle appelle la plus stricte nécessité, agrément des établissements, autorisation des expérimentateurs, décret du 29 mai 2001.
L'encouragement des recherches sur les méthodes non animales pour limiter les expériences.
Réponse partielle La réponse n'annonce aucun soutien : elle cite le rôle de proposition de la CNEA, les trois essais reconnus par le CEVMA et la présence de la France à son comité scientifique.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, valeur scientifique
- Auteur
- M. Bernard Fournier (RPR, Loire)
- Ministère interrogé
- Santé
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 10 octobre 2002
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 19 décembre 2002
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 03055 de M. Bernard Fournier, Sénat, JO du 10 octobre 2002)
M. Bernard Fournier remercie M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées de bien vouloir lui indiquer quelle est la position du Gouvernement sur la question de l'expérimentation scientifique sur les animaux aux fins de recherche. De plus en plus de voix s'élèvent tant pour signaler leur émotion devant les traitements réservés aux animaux que pour mettre en cause les possibilités de transposition des résultats obtenus par l'expérimentation animale sur l'espèce humaine. Il souhaite savoir s'il est envisageable d'encourrager les recherches alternatives sur ce sujet afin de limiter ces expériences au strict nécessaire.
La réponse
(Réponse du ministère : Santé, JO du 19 décembre 2002)
Les pouvoirs publics ont le souci de limiter l'utilisation des animaux à des fins expérimentales à la plus stricte nécessité et, conformément aux principes énoncés par la directive européenne 86/609/CEE du 24 novembre 1986, lorsqu'il s'avère impossible d'évaluer autrement la toxicité d'un produit ayant un impact sur la santé humaine, ils ont le souci de diminuer le nombre d'animaux utilisés et de réduire leur souffrance. Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 et ses arrêtés d'application du 19 avril 1988, assurant la transposition de la directive en droit français, ont instauré une procédure d'agrément permettant aux corps d'inspection de s'assurer, lors de l'enquête préalable, que l'établissement demandeur fonctionne conformément aux normes techniques communautaires, qu'il assure un bien-être suffisant aux animaux hébergés, qu'il leur évite toute souffrance injustifiée avant et au cours de l'expérimentation et qu'il recourt, le cas échéant, à leur euthanasie dans les conditions les moins traumatisantes. Ils vérifient aussi que les expérimentateurs (médecins et scientifiques) sont titulaires de l'autorisation d'expérimenter accordée parce qu'ils justifient de formations spécifiques et d'expériences appropriées. L'agrément n'est en outre octroyé par le préfet à l'établissement que si les expérimentations envisagées revêtent un caractère de nécessité, qu'elles sont poursuivies à l'une des fins strictement énumérées par le décret et qu'il ne peut y être substitué d'autres méthodes expérimentales. Afin de mieux répondre à certaines observations de la Commission européenne et aux demandes des associations de défense des animaux, un décret du 29 mai 2001 est venu encore renforcer la protection animale, notamment en subordonnant à une autorisation préfectorale tout recours à des fournisseurs d'animaux non déclarés et en assurant une meilleure traçabilité des animaux. Il convient de rappeler par ailleurs que la Commission nationale de l'expérimentation animale, dont la diversité de provenance des membres est un gage d'indépendance, peut faire toute proposition sur la mise en place de méthodes expérimentales permettant d'éviter l'utilisation d'animaux vivants. La validation de ces méthodes nécessite de longs délais et n'a permis d'obtenir jusqu'ici que des résultats limités ; le Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (CEVMA) du Centre commun de recherche de la Commission européenne a toutefois reconnu la validité de trois essais permettant d'apprécier la corrosivité et la phototoxicité cutanées et ces méthodes ont été rendues obligatoires à partir du 1er octobre 2001 par la directive 2000/33/CE du 25 avril 2000. La France, qui est représentée au comité scientifique du CEVMA, suit attentivement les progrès susceptibles d'améliorer la condition des animaux de laboratoire ou d'en diminuer le nombre.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 et ses arrêtés du 19 avril 1988 instaurent l'agrément des établissements par le préfet.
- Le préfet n'agrée un établissement que si les expériences "revêtent un caractère de nécessité", visent une fin énumérée par le décret n° 87-848 et ne peuvent être remplacées par d'autres méthodes.
- Les expérimentateurs doivent être titulaires d'une autorisation d'expérimenter, accordée sur justification de formations et d'expériences.
- Le décret du 29 mai 2001 soumet à autorisation préfectorale le recours à des fournisseurs d'animaux non déclarés.
- La Commission nationale de l'expérimentation animale peut proposer des méthodes expérimentales qui évitent l'utilisation d'animaux vivants.
- Le Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (CEVMA) a validé trois essais de corrosivité et de phototoxicité cutanées, obligatoires au 1er octobre 2001 (directive 2000/33/CE du 25 avril 2000).
- La France est représentée au comité scientifique du Centre européen pour la validation de méthodes alternatives (CEVMA).
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 86/609/CEE du 24 novembre 1986 texte juridique
- Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 et arrêtés d'application du 19 avril 1988 texte juridique
- Décret n°87-848 du 19 octobre 1987 pris pour l'application de l'art. 454 du code pénal et du 3e al. de l'art.…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'agrément, d'aménagement et de fonctionnement des…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions d'attribution de l'autorisation de pratiquer des expériences…
- Arrêté du 19 avril 1988 fixant les conditions de fourniture aux laboratoires agréés des animaux utilisés à…
- Décret du 29 mai 2001 texte juridique
- Directive 2000/33/CE du 25 avril 2000 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).