Les questions parlementaires
Accréditation prioritaire des méthodes non animales
Expérimentation sur des animaux
Question écrite n° 16572, Sénat, 23 décembre 2010
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande à la ministre de la recherche si elle envisage d'accréditer en priorité les méthodes non animales, compte tenu des progrès scientifiques.
1 demande : réponse partielle à 1.
Si la ministre envisage d'accréditer en priorité les méthodes non animales.
Réponse partielle La réponse dit que les méthodes de remplacement sont validées par l'ECVAM au niveau de l'Union et non par les États, et que le remplacement est déjà une obligation du code rural ; elle ne dit pas si la France leur donnera une priorité.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, "comités d'éthique en expérimentation animale"
- Auteur
- M. Jean-Marc Pastor (SOC, Tarn)
- Ministère interrogé
- Enseignement supérieur
- Rubrique
- Recherche et innovation
- Question publiée
- au Journal officiel du 23 décembre 2010
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 24 mars 2011
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 16572 de M. Jean-Marc Pastor, Sénat, JO du 23 décembre 2010)
M. Jean-Marc Pastor attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'expérimentation animale qui s'appuie sur une analyse éthique en fonction du projet et des moyens, comme de la méthode mise en œuvre pour répondre à l'objectif.
Il l'interroge sur les méthodes alternatives à l'expérimentation animale en lui demandant si, compte tenu des progrès scientifiques, elle envisage d'accréditer en priorité ces dernières.
La réponse
(Réponse du ministère : Enseignement supérieur, JO du 24 mars 2011)
L'utilisation des méthodes alternatives à l'expérimentation animale dans les projets de recherche regroupe un ensemble de méthodes qui permettent de respecter le principe des 3 R « remplacer, réduire, raffiner ». Le remplacement, c'est-à-dire les méthodes substitutives, est une obligation réglementaire, insérée dans le code rural. La réduction et le raffinement sont également inscrits dans notre réglementation, de façon moins explicite, mais sont toutefois scrupuleusement analysés dans les évaluations éthiques des projets, auxquelles M. Jean-Marc Pastor fait référence. Les évaluations éthiques sont menées depuis plusieurs années dans le respect des principes de la charte nationale portant sur l'éthique en expérimentation animale proposée par le Comité national de réflexion éthique en expérimentation animale (CNREEA) [http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid28541/la-charte-nationale-portant-sur-l-ethique-de-l-experimentation-animale.html]. L'évaluation éthique porte sur trois niveaux d'analyse : le fondement de l'objectif scientifique du projet, la pertinence des méthodes utilisées (permettant la réduction et le raffinement) et l'exploitation adéquate de résultats qui doivent être identifiés (raffinement). Les méthodes alternatives substitutives sont accréditées non pas au niveau des États membres, mais au niveau de l'Union européenne, par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives localisé à Ispra (Italie). Il s'avère à ce jour que peu de méthodes sont validées (une vingtaine), certainement du fait de la difficulté du processus de validation. En effet, il est difficile d'étudier de manière pertinente les effets d'une substance sur un organisme humain ou animal si elle n'est pas testée à un moment donné de son évaluation sur un organisme vivant. Toutefois, Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche accorde beaucoup d'importance aux méthodes alternatives dans leur ensemble et suite aux rencontres « Animal et société » du printemps 2008, a demandé au GIS « Plate-forme française pour le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale » de réaliser un état des lieux des méthodes alternatives en France. Ce rapport va être très prochainement remis de manière officielle à Mme la ministre par la plate-forme et sera mis à la disposition de M. Jean-Marc Pastor.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le remplacement par des méthodes substitutives est une obligation réglementaire inscrite dans le code rural.
- L'évaluation éthique suit la charte du Comité national de réflexion éthique en expérimentation animale (CNREEA) et porte sur le fondement de l'objectif, la pertinence des méthodes et l'exploitation des résultats.
- Les méthodes de remplacement sont accréditées au niveau de l'Union, et non des États membres, par le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives, à Ispra (Italie).
- À ce jour, peu de "méthodes alternatives" substitutives sont validées : une vingtaine.
- Après les rencontres "Animal et société" de 2008, la ministre a demandé au GIS "Plate-forme française pour le développement de méthodes alternatives en expérimentation animale" un état des lieux.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Code rural, obligation de remplacement texte juridique
- Charte nationale portant sur l'éthique en expérimentation animale, CNREEA texte non contraignant, copie archivée
- http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid28541/la-charte-nationale-portant-sur-l-ethique-de-l-experimentation-animale.html lien
- Rapport du GIS sur les méthodes alternatives en France, à remettre à la ministre rapport
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
L'éthique est la branche de la philosophie qui réfléchit à la signification des termes moraux, comme bien et mal, et à la manière de déterminer ce qui est bien ou mal selon des critères débattus. Dans les discours sur l'expérimentation animale, "l'éthique" désigne plutôt une réflexion sur le respect de la réglementation et des bonnes pratiques. La formation du Gircor destinée aux membres des "comités d'éthique" définit mal l'éthique et propage des idées fausses sur la philosophie morale.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".