Les questions parlementaires
Durée d'agrément et contrôle des "comités d'éthique"
Agréments des comités d'éthique en expérimentation animale
Question écrite n° 10352, Sénat, 22 février 2024
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande à la ministre pourquoi les agréments des "comités d'éthique en expérimentation animale" n'ont pas de durée, et comment ces comités sont contrôlés.
3 demandes, sans réponse publiée.
Les éléments qui justifient l'absence de durée de validité des agréments des comités.
Les procédures de contrôle mises en œuvre pour assurer la conformité du fonctionnement des 86 comités agréés.
Les non-conformités qui ont entraîné ou pourraient entraîner la suspension ou le retrait de l'agrément d'un comité.
La fiche
Thèmes : "comités d'éthique en expérimentation animale", contrôles et sanctions
- Auteur
- M. Arnaud Bazin (Les Républicains, Val-d'Oise)
- Ministère interrogé
- Enseignement supérieur et recherche
- Rubrique
- Recherche, sciences et techniques
- Question publiée
- au Journal officiel du 22 février 2024
- Statut
- Caduque
- Événements
- Transmise le 24 septembre 2024 au ministère : Enseignement supérieur et recherche
- Clôture : Caduque, 24 septembre 2024
- Sources
La question
(Question écrite n° 10352 de M. Arnaud Bazin, Sénat, JO du 22 février 2024)
M. Arnaud Bazin attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'agrément des comités d'éthique en expérimentation animale (CEEA).
Depuis 2013 (transposition en droit français de la directive européenne 2010/63/UE relative à la protection des animaux à des fins scientifiques), la délivrance, par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, d'une autorisation administrative à un projet utilisant des animaux est subordonnée au fait que ledit projet ait reçu préalablement un avis favorable d'un comité d'éthique en expérimentation animale (CEEA).
La réglementation de 2013 dispose que tous les CEEA doivent être agréés par ce ministère pour pouvoir rendre un avis sur les projets. De fait, ils ne l'ont été qu'en 2022 à la suite de l'action juridique d'une association.
Les arrêtés ministériels d'agrément délivrés courant 2022 et début 2023 à 86 CEEA, sur les 115 alors en activité, ne comportent aucune durée de validité. Les agréments seraient donc délivrés pour une durée illimitée.
À titre de comparaison, les agréments délivrés par le ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire aux établissements utilisateurs d'animaux ont une durée de 5 ans, renouvelable, ceux qui sont délivrés par le ministère de la santé aux comités de protection des personnes (CPP) ont une durée de 6 ans. Les agréments des organismes publics ont également une durée limitée et sont soumis à un renouvellement périodique.
Par ailleurs, l'article R214-117 du code rural et de la pêche maritime stipule que l'agrément d'un CEEA peut être suspendu, voire retiré, en cas de non-conformités, ce qui suppose des contrôles suffisamment réguliers.
Or, si les établissements utilisateurs d'animaux à des fins scientifiques sont régulièrement contrôlés par les inspecteurs du ministère de l'agriculture (au moins une fois tous les 3 ans), ce n'est pas le cas des CEEA sous contrôle du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche. Bien que la réglementation prévoit que des audits soient réalisés au moins annuellement auprès des CEEA (article 3 de l'arrêté du 1er février 2013 relatif à l'évaluation éthique et à l'autorisation des projets impliquant l'utilisation d'animaux dans des procédures), il apparait que seuls 10 audits ont été réalisés en 2018, alors que 125 CEEA, non agréés, étaient alors en activité.
Aussi, il aimerait connaitre les éléments justifiant l'absence de durée de validité des agréments des CEEA. Au vu des exigences qui s'appliquent aux autres organisations agréées, une telle exception pour des organisations non publiques et sans personnalité juridique nécessite d'être argumentée.
Par ailleurs, il souhaiterait savoir quelles procédures de contrôle sont mises en oeuvre pour assurer la conformité du fonctionnement des 86 CEEA actuellement agréés et quelles non-conformités ont déjà entraîné - ou pourraient entraîner - une suspension ou un retrait de l'agrément d'un CEEA.
La réponse
Caduque.
Le détail de l'analyse
Les organismes cités
- Ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire
- Ministère de la santé
- Comités de protection des personnes (CPP)
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
En France, l'évaluation des projets que la réglementation européenne impose avant leur autorisation revient aux "comités d'éthique en expérimentation animale" (CEEA ou C2EA). Ce sont des groupes locaux créés à l'initiative des laboratoires, qui examinent leurs demandes d'autorisation de projet avant leur envoi au ministère chargé de la recherche. Ils doivent réunir cinq "compétences" : conception de projet, réalisation de projet, soins et mise à mort des animaux, pratique vétérinaire, et un membre "non-spécialiste". Ils n'ont aucune obligation de compétence en méthodes n'utilisant pas d'animaux, en biostatistiques, en droit, ni même en éthique, et sont majoritairement composés de personnes qui travaillent pour les laboratoires dont ils évaluent les projets.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".