Les questions parlementaires
Crédits aux expériences et aux méthodes non animales
Crédits destinés à l'expérimentation animale et à l'évolution des méthodes substitutives
Question écrite n° 08657, Sénat, 1er mars 1990
Le résumé de l'OXA
Le sénateur demande au ministre de la recherche le montant des crédits destinés à l'expérimentation animale et de ceux destinés aux méthodes non animales.
2 demandes : réponse partielle à 1, aucune réponse à 1.
Le montant des crédits destinés à l'expérimentation animale.
Aucune réponse La réponse dit que ce coût ne peut être isolé dans les budgets des établissements, faute de ligne identifiée.
Le montant des crédits destinés au développement des méthodes non animales.
Réponse partielle La réponse donne 2 500 000 francs pour une action incitative de 1988-1989 sur la toxicité aiguë, et refuse de chiffrer la part des recherches en amont.
La fiche
Thèmes : financement, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Philippe Madrelle (SOC, Gironde)
- Ministère interrogé
- Recherche
- Rubrique
- Recherche scientifique et technique
- Question publiée
- au Journal officiel du 1er mars 1990
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 6 septembre 1990
- Statut
- Réponse reçue
- Sources
La question
(Question écrite n° 08657 de M. Philippe Madrelle, Sénat, JO du 1er mars 1990)
M. Philippe Madrelle demande à M. le ministre de la recherche et de la technologie de bien vouloir lui apporter des précisions concernant le montant des crédits destinés, d'une part, à l'expérimentation animale et, d'autre part, à l'évolution des méthodes substitutives.
La réponse
(Réponse du ministère : Recherche, JO du 6 septembre 1990)
L'expérimentation animale n'est pas par elle-même une discipline ni un programme mais une technique utilisée dans les recherches en biologie et médecine. Elle ne donne donc pas lieu à l'inscription de crédits sur une ligne identifiée dans les documents budgétaires des établissements publics qui utilisent cette technique et pour lesquels sont utilisées soit une présentation normalisée par nature de charges, soit une présentation par programme. Ni l'une ni l'autre de ces présentations ne permet d'isoler le coût de l'expérimentation animale. Ce coût, en tout état de cause, ne se limite pas aux seules dépenses liées à l'achat ou à la production des animaux et aux dépenses directes qui découlent de leur entretien (nourriture, fournitures diverses, personnel animalier) ; il comprend aussi une part des dépenses globales de l'établissement qui pratique l'expérimentation (fluides, entretien des locaux, dépenses administratives, amortissement des locaux et du matériel, etc.). L'évolution des méthodes substitutives est tributaire du développement des biotechnologies, dont certaines peuvent être exploitées pour développer des méthodes alternatives à l'utilisation de l'animal. Le développement de ces méthodes ne se limite donc pas aux études et exercices de validation qui n'en représentent que la phase terminale et qui incombent très largement au secteur industriel. Ce développement dépend, pour une part importante, de recherches qui se situent en amont de la validation. Toute recherche portant sur l'amélioration des techniques de culture de tissus ou de cellules (immortalisation cellulaire, mise au point de milieux de culture spécifiques, etc.) peut être considérée comme une contribution au développement des méthodes in vitro même lorsque tel n'est pas l'objectif immédiat. Mais affecter a priori telles de ces recherches, ou une part forfaitaire de celles-ci, à l'évolution des méthodes substitutives constituerait une démarche sans portée véritable et dont l'effet serait sans doute faussement rassurant. Toute autre était la démarche du ministère de la recherche et de la technologie quand il a lancé, dans une perspective bien délimitée, une action incitative de recherche axée sur le développement de méthodes in vitro dans le domaine de la toxicité aiguë. Des unités du secteur public et des laboratoires du secteur industriel ont été associées dans ce programme pour lequel des aides spécifiques d'un montant global de 2 500 000 francs ont été dégagées au cours de la période 1988-1989. Le bilan de cette action est actuellement en cours d'évaluation. Le ministère de la recherche et de la technologie entend poursuivre cet effort. Un groupe de réflexion a été mis en place ; il a pour mission de définir les domaines prioritaires qui bénéficieront pour la période 1990-1991 de nouvelles actions visant au développement des méthodes substitutives.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Aucune ligne budgétaire n'identifie l'expérimentation animale dans les établissements publics.
- Action incitative du ministère de la recherche sur les méthodes in vitro en toxicité aiguë : 2 500 000 francs d'aides en 1988-1989, laboratoires publics et industriels associés.
- Un groupe de réflexion a été mis en place pour définir les domaines prioritaires de nouvelles actions pour 1990-1991, visant au développement des méthodes substitutives.
Le détail de l'analyse
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).