172 souris opérées du crâne pour provoquer une hémorragie cérébrale, testées puis tuées, pour évaluer un chélateur du fer contre les AVC.

172 animaux (souris) · dont 64 en souffrance sévère · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

172 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Selon les groupes, elles subissent une chirurgie du crâne de deux heures au plus pour injecter une substance qui provoque une hémorragie dans le cerveau, puis deux tests neurofonctionnels non nommés à 24 et 72 heures, une échographie et une IRM sous anesthésie, et enfin une chirurgie pour accéder au cœur et prélever du sang, sans réveil avant la mise à mort. L’objectif est de tester un chélateur du fer dérivé du chitosane contre les séquelles des AVC hémorragiques, alors que les chélateurs déjà disponibles n’ont pas montré de bénéfice chez les patients. Le porteur écrit que l’hémorragie induite « ne devrait pas être associée à une douleur cérébrale » hors complication, alors que la procédure est classée en partie sévère et peut laisser une faiblesse de la patte.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-466033v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système nerveux · Troubles cardiaques ·
Mots-clés
AVC, Hémorragie, Stratégie thérapeutique
Souris : 172

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’hémorragie intracérébrale non traumatique se caractérise par la rupture d’un vaisseau sanguin cérébral et l’entrée de sang dans le parenchyme cérébral. Avec une incidence mondiale avoisinant les 3,5 millions de cas, elle représente près de 30% des accidents vasculaires cérébraux (AVC) dans le monde. C’est la forme la plus sévère des AVC, représentant la 4ème cause de mortalité dans le monde et exposant les survivants à des séquelles motrices et cognitives invalidantes. L’afflux brutal de fer dans le parenchyme cérébral est un facteur majeur de dommages suite à une hémorragie intracérébrale. Les traitements chélateurs du fer disponibles n’ont pas montré de bénéfice sur le pronostic des patients. Cependant, leur pouvoir chélateur et leur biodisponibilité cérébrale étaient sans doute insuffisants lors d’une augmentation brutale locale du fer. Pour pallier ces limites, un chélateur du fer innovant a été synthétisé à partir d’un bio-polymère de chitosan. Le but du projet est de réaliser un essai préclinique multicentrique pour évaluer l’effet de ce traitement innovant dans un modèle d’hémorragie intracérébrale chez la souris. Le projet implique 2 établissements : l’ensemble des interventions sera réalisé dans le premier établissement (IEU1), à l’exception du suivi IRM. Le suivi IRM sera réalisé dans le deuxième établissement (IEU2).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Une fois les procédures mises en place et validées d’un point de vue scientifique et du point de vue du bien-être animal, nous pourrons procéder à l’essai préclinique multicentrique. Si l’effet protecteur de notre chélateur de Fer est prouvé, il sera possible de proposer un nouveau traitement de l’hémorragie intracérébrale, avec l’espoir à terme de limiter les séquelles neurologiques pour les patients victimes d’un AVC hémorragique.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Au maximum (selon les groupes d’études), les animaux seront soumis à 3 interventions (intervention chirurgicales, tests neurofonctionnels, imagerie cérébrale) : – une intervention chirurgicale au niveau de la tête afin de pouvoir injecter une molécule provoquant une hémorragie dans une zone cérébrale bien particulière et un traitement thérapeutique visant à réduire l’hémorragie (durée totale : 2 heures au maximum) – A 24h, ces mêmes animaux réaliseront 2 tests neurofonctionnels (15 minutes au total) et et feront l’objet d’un examen échographie sous anesthésie générale (20 minutes). – A 72h, ces mêmes animaux réaliseront 2 tests neurofonctionnels (15 minutes) et feront l’objet d’un examen par IRM sous anesthésie générale (30 minutes). A la fin du projet, les animaux seront soumis à une intervention chirurgicale pour accéder au cœur et permettre un prélèvement de sang. L’animal est ensuite mis à mort pour permettre le traitement et le prélèvement de ses organes. Il n’y a pas de réveil de l’animal entre la chirurgie cardiaque et la mise à mort. Les procédures douloureuses (chirurgie) seront réalisées sous anesthésie générale associée à une couverture analgésique.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les nuisances et effets indésirables prévus sur les animaux sont les suivants : – Les anesthésies et réveils peuvent induire un stress léger de courte durée ; – La chirurgie au niveau du crâne devrait induire une douleur modérée de durée moyenne ; – L’hémorragie intracérébrale induite ne devrait pas être associée à une douleur cérébrale, sauf en cas de complication (œdème malin, douleur gérée par analgésie préalable préventive et répétée en post-opératoire) ; Cet acte peut également induire un déficit moteur modéré (faiblesse de la patte controlatérale) ; – Aucun événement indésirable lié au traitement intracérébral n’a été relevé par nos collaborateurs, en dehors d’un réveil moins rapide, lié à la prolongation de l’anesthésie de 60 minutes en post-chirurgie ; – L’évaluation neurofonctionnelle peut induire un stress léger de courte durée pendant l’habituation aux tests ; – Les imageries cérébrales (échographie, IRM) ne devraient pas induire d’effets indésirables additionnels à ceux de l’anesthésie associée aux examens (y compris l’injection des agents de contraste) ;

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront mis à mort pour permettre le prélèvement du cerveau pour les analyses complémentaires post-mortem.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le traitement a été testé au préalable dans des modèles in vitro par nos collaborateurs. Les procédures expérimentales ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes alternatives pertinentes n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants et susceptibles d’apporter le même niveau d’information. L’utilisation d’un modèle animal d’hémorragie intracérébrale conditionne la validité de l’évaluation des traitements et la possibilité de transfert en clinique. Le modèle d’injection intracérébrale de collagénase reproduit plusieurs caractéristiques physiopathologiques essentielles observées dans l’hémorragie intracérébrale humaine, notamment un saignement actif pendant des heures, une rupture des petits vaisseaux, une altération de la barrière hémato-encéphalique, un œdème et des déficits neurologiques.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le suivi par imagerie in vivo (échographie, IRM) permet de réduire le nombre d’animaux en améliorant les statistiques (chaque animal est son propre contrôle) et en tirant le maximum d’information physiologique pour chaque individu. La mise en œuvre de chaque étape du projet est conditionnée à la réussite de l’étape précédente. Aussi certains animaux des phases pilotes pourront être comptabilisés dans l’étape finale, limitant ainsi le nombre total d’animaux utilisés dans le projet.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’intervention chirurgicale est réalisée sous traitement anti-douleur adapté, avec thermorégulation continue, et hydratation sous-cutanée. La salle d’évaluation neurofonctionnelle a été installée dans un endroit dédié et calme avec une lumière rouge afin de ne pas agresser les yeux des animaux albinos. En soins post-opératoires et pendant toute la durée du protocole, nourriture et boisson sous forme gélifiée sont mises à disposition de l’animal en plus de la nourriture et boisson habituelles. En cas de perte de poids importante (>10% du poids initial), les animaux seront nourris individuellement à la pipette afin de contrôler leur prise alimentaire. Les animaux auront été habitués au préalable à la nourriture gélifiée et à la prise alimentaire à la pipette. Les groupes sociaux sont conservés (isolement jusqu’au réveil complet de l’animal uniquement, sauf en cas d’agressivité constatée). Conditions de transport des animaux entre les établissements : Après avoir vérifié que l’état de l’animal permettait son transport (fiche de surveillance), celui-ci est placé dans une boîte de transport opaque avec de l’eau gélifiée et la litière de sa cage d’origine. Il est amené à pied via un tunnel entre les 2 établissements afin de limiter l’exposition de l’animal à des écarts de température trop importants (durée du trajet : 5 minutes). A son arrivée, l’animal est placé dans la pièce expérimentale pendant 1 heure afin de réduire son stress. Une des étapes de notre projet est justement dédiée à la validation et à l’optimisation des mesures de raffinement pour garantir que la suite du projet se déroule dans les meilleures conditions pour l’animal. Des points limites ont été établis pour traiter toute douleur, souffrance ou angoisse de manière la plus précoce possible.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La souris est l’espèce animale qui a été la plus étudiée dans le domaine des neurosciences et notamment dans le cadre de développement de stratégies thérapeutiques. L’ensemble des connaissances et des acquis dont nous disposons au laboratoire et dans la littérature rend cette espèce particulièrement intéressante pour étudier l’hémorragie intracérébrale. Les animaux utilisés seront âgés de 10-12 semaines soit un poids de 35-g. Nous effectuerons notre modèle sur des adultes afin de pouvoir comparer les données de cette étude avec la majorité des données déjà disponibles sur les modèles d’hémorragie.