Projet autorisé, résumé publié en novembre 2025 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Effets de compléments alimentaires dans la prévention des symptômes associés à la ménopause chez la souris
400 souris rendues ménopausées par injections, testées puis tuées pour prélever leur cerveau, afin de valider un complément alimentaire.
400 animaux (souris) · souffrance sévère · tous tués
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Ce projet est soumis à une appréciation rétrospective, obligatoire pour les projets utilisant des primates ou comportant des procédures sévères (code rural et de la pêche maritime, article R214-120). Cette appréciation n'est pas rendue publique en France.
Injectées vingt jours de suite avec une molécule qui accélère la ménopause, soumises à un frottis vaginal quotidien jusqu’à ce qu’elle s’installe, puis à deux prélèvements sanguins, 400 souris femelles de trois à cinq semaines subissent des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Viennent ensuite des tests comportementaux de cinq à dix minutes censés mesurer l’anxiété, la dépression et la mémoire, que le porteur n’énumère pas. Le modèle sert à démontrer l’efficacité du complément alimentaire d’un industriel partenaire, avant une étude clinique chez des femmes ménopausées. Toutes les souris sont tuées pour que leurs cerveaux soient prélevés.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-11-17 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-903216)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec un industriel du complément alimentaire afin de démontrer l’efficacité de leur produit sur la prévention ou l’atténuation des symptômes associés à la ménopause (troubles de l’humeur, de la mémoire) chez des souris adultes femelles ainsi que les mécanismes d’action mis en jeu dans ces processus. Pour ce faire, un modèle de ménopause chez la souris sera utilisé grâce à des injections d’une molécule accélérant la mise en place de la ménopause chez les murins tout en laissant les ovaires et les autres organes (foie, rate, reins, cerveau) intacts. Ce modèle est couramment utilisé pour mimer le processus de ménopause chez la femme car il permet une transition progressive similaire à celle observée chez les femmes en péri-ménopause et ménopause. De plus, la ménopause est associée à l’apparition de symptômes chez la femme tels que des troubles anxieux, dépressifs ou encore cognitifs, que l’on retrouve également dans ce modèle de souris, justifiant son utilisation.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet a pour objectif de démontrer qu’une supplémentation nutritionnelle permet de limiter et de prévenir les symptômes associés à la ménopause tels que les comportements de type anxieux, dépressifs et les troubles cognitifs, fréquemment observés chez les femmes ménopausées et affectant significativement leur qualité de vie. Ce projet s’inscrit donc dans le cadre de recherche portant sur la nutrition préventive et personnalisée. En effet, les compléments alimentaires constituent une alternative intéressante aux traitements hormonaux de substitution de la ménopause, souvent prescrits pour réduire les symptômes associés (bouffées de chaleur, troubles de l’humeur) mais dont l’efficacité est contrebalancée par des risques bien documentés : augmentation du risque de cancer du sein, de thrombose veineuse et d’accidents cardiovasculaires. Les résultats attendus sont une amélioration des symptômes associés à la ménopause chez les souris (comportements de type-anxieux et dépressifs, troubles de la mémoire), et serviront de résultats préliminaires pour la conduite d’une étude clinique chez les femmes ménopausées.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris femelles seront soumises à des injections (20 jours consécutifs, durée de 1 minute), des prélèvements de sang (2 prélèvements, durée de 1 minute) ainsi qu’à des frottis vaginaux (tous les jours jusqu’à la ménopause, durée de 1 minute). Les femelles réaliseront ensuite une série de tests comportementaux qui dureront entre 5 et 10 min chacun afin d’étudier leurs comportements anxieux et dépressifs et leurs capacités cognitives.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
– Injections : irritation ou inflammation au niveau du site d’injection, douleurs faibles liées aux injections pendant la durée des injections. – Frottis vaginaux : induction d’un stress de courte durée (le temps du test) chez l’animal. – Tests comportementaux : induction d’un stress de courte durée (le temps du test) chez l’animal. – Troubles anxieux/dépressifs et troubles cognitifs liés au modèle. – Prélèvements sanguins : douleur locale, présence d’hématomes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort pour prélever les cerveaux et réaliser des analyses biochimiques ou immunohistologiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude des comportements de type anxieux et dépressif, les troubles cognitifs et le modèle de ménopause ne peuvent être réalisés que sur des animaux vivants ce qui rend impossible le remplacement de ceux-ci par des modèles in vitro. La sélection des nutriments à tester ne peut être réalisée sans recours à des modèles animaux, car les approches de modélisation ou les essais in vitro, bien qu’informatifs, ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions physiologiques systémiques nécessaires à l’évaluation précise de leur biodisponibilité, de leur métabolisme et de leurs effets à l’échelle de l’organisme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux utilisés par groupe a été défini comme le nombre minimum nécessaire pour être en mesure de mettre en évidence 1) des altérations des performances cognitives et une hausse des troubles de l’humeur (anxiété, dépression) liés à la ménopause et 2) la prévention ou la réduction de ces altérations grâce aux supplémentations nutritionnelles.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Toutes les précautions possibles seront prises afin de raffiner nos procédures et réduire au mieux la douleur (antalgique/sédatif avant mise à mort) et l’inconfort (manipulation régulière et enrichissement de l’hébergement) des animaux. Les signes de stress ou d’inconfort chez la souris (changements comportementaux, posture voutée, diminution de l’activité) seront observés pendant toute la durée des injections et des analgésiques seront administrés si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle utilisé dans ce projet est la souris femelle âgée entre 3 et 5 semaines puisque ces dernières doivent avoir un cycle œstral mis en place. C’est un animal sur lequel les traitements nutritionnels et les évaluations comportementales sont faciles à conduire et maitrisés au sein du laboratoire. Ce sont des animaux de petite taille qui peuvent donc être facilement hébergés au sein de l’animalerie de l’unité. Ce modèle de ménopause est pertinent pour étudier les symptômes associés chez la femme car il permet de mimer la perte graduelle de la fonction ovarienne (et donc les variations hormonales associées) classiquement observée chez la femme. De plus, il permet également d’étudier certains troubles liés à la ménopause tels que les modifications métaboliques, les troubles de l’humeur (anxiété, dépression) ou encore cognitifs (déficits d’attention, troubles de la mémoire).