156 souris modèles de la maladie de Pompe, injectées et soumises à un exercice imposé puis tuées, pour comprendre l'échec d'un traitement.

156 animaux (souris) · dont 108 en souffrance modérée · tous tués

Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.

Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.

Ce que le laboratoire annonce, résumé par l'OXA

156 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 48 d’entre elles et modéré pour 108. Modèles génétiques de la maladie de Pompe, elles reçoivent six injections sur trois mois, avec un risque de forte réaction allergique dans un à deux cas sur cinq, et sont soumises à des tests neuromusculaires et à un exercice physique imposé quatre jours par semaine, avant d’être tuées pour prélever leurs organes. Le projet cherche à comprendre pourquoi un traitement enzymatique perd en efficacité sur les muscles. Le porteur affirme que l’animal est le seul organisme vivant permettant de tester ensemble le traitement et l’exercice.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique


NTS-FR-924504v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système musculosquelettique ·
Mots-clés
Souris, maladie de Pompe (glycogénose de type 2), muscle, traitement, Efficacité
Souris : 156

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La maladie de Pompe est une maladie génétique due à une mauvaise expression d’un gène codant une enzyme, la GAA, qui affecte les cellules du cœur, des muscles des membres et du cerveau. L’apport d’une GAA artificielle permet de rétablir le fonctionnement des cellules cardiaques mais n’a que peu d’effet à long terme sur les muscles des membres des patients. Le but de notre projet est de mieux comprendre pourquoi l’efficacité de ce traitement s’estompe au cours du temps. Avec des compétences complémentaires (médecins neurologues, vétérinaires et biologistes) et des approches variées qui s’intéresseront à l’enzyme, au modèle murin de la maladie comme à la santé des patients, nous proposons de mieux expliquer les mécanismes de la maladie afin d’identifier de nouveaux traitements.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les données obtenues permettront de mieux connaître les mécanismes de résistance au traitement de l’atteinte musculaire chez les patients traités. La mise en place d’une approche multidisciplinaire composée de neurologues, vétérinaires et biologistes produira des informations clés pour comprendre les bases moléculaires et cellulaires qui sont à l’origine de i) l’efficacité thérapeutique variable sur les muscles des patients, ii) le déficit de réparation des muscles affectés par la maladie et iii) le bénéfice de l’exercice physique sur la fonction musculaire. Les résultats scientifiques obtenus seront d’importance pour définir de nouvelles approches thérapeutiques pour la maladie de Pompe, et pourraient être exploités pour la prise en charge d’autres maladies du muscle.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

– 2 injections à faire l’une après l’autre d’abord dans l’abdomen puis dans la veine de la queue tous les 15 jours pendant 3 mois soit 6 injections par animal pour les groupes considérés – des test fonctionnels pour évaluer la fonction neuromusculaire et la force du muscle des souris et un exercice physique d’endurance 4 jours/semaine pendant 3 mois. – 1 prélèvement sanguin à la fin de l’étude sous anesthésie juste avant l’euthanasie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’utilisation de la molécule du traitement pouvant provoquer chez la souris une forte réaction allergique dans 20 à 25% des cas, les injections seront systématiquement précédées de l’injection d’une molécule anti-allergique 15 à 30 min avant l’administration du traitement. Dans les fenêtres d’expérimentation considérées 1 et 4 mois (groupe 1) et 4 et 7 mois (groupe 2), il n’est attendu aucun signe clinique liée à la maladie de Pompe.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Toutes les souris de l’étude seront euthanasiées afin de réaliser des prélèvements d’organes pour analyse post-mortem.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le remplacement des animaux ne sera pas possible dans cette étude car l’objet est ici précisément de tester l’effet de deux facteurs, le traitement et l’exercice physique – dans le but de déterminer leurs effets sur la maladie. L’animal est le seul organisme vivant le permettant.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

L’évaluation du nombre de souris à inclure dans ce protocole est basée sur l’expérience tirée des précédentes études du laboratoire de caractérisation du modèle murin de la maladie (application notamment de tests fonctionnels en suivi longitudinal) et de thérapie génique au cours desquelles nous avons pu obtenir des résultats cohérents et reproductibles. Par ailleurs, du fait de la mortalité rapportée dans la littérature suite à l’injection intraveineuse de Myozyme® à l’origine d’une forte réaction allergique, tous les animaux soumis au traitement feront l’objet d’une injection préventive d’un anti-histaminique. Sur les recommandations de deux experts de la maladie de Pompe, trois animaux ont été ajoutés pour les groupes 5 et 6 de chacune des 2 cohortes pour anticiper une possible mortalité et conserver des effectifs statistiquement valides.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

1) de bonnes conditions d’hébergement selon la réglementation en vigueur avec enrichissement du milieu (tunnels en plexiglass, frisottis de papier, hamac, …) 2) un suivi régulier des animaux (observations quotidiennes, pesées régulières, analyse du comportement). L’état général et le poids sont les principaux éléments surveillés chaque jour par le personnel animalier pour estimer une éventuelle gêne ou douleur liées à la procédure. 3) l’instauration de points limites pertinents (cf annexe II) avec mise en place de mesures adaptées (anesthésies, analgésie ou euthanasie si pas d’autre alternative) 4) une réactivité accrue du personnel animalieravec mise en place d’une grille d’évaluation de la douleur dès que nécessaire pour détecter précocement tout point limite et mettre en place les actions adéquates 5) la mise en place de mesures adaptées en fonction des interventions (anesthésie et analgésie si nécessaire)

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le projet s’inscrit dans un contexte de maladie de Pompe (glycogénose de type 2) et la souris modèle de la maladie de fond génétique C57BL/6 x 129/Sv est le modèle murin de la maladie internationalement utilisé. Le projet comportera 2 groupes de souris mâles : 1 groupe de souris âgées d’1 mois et 1 groupe de souris âgées de 4 mois. Les souris seront suivies pendant 3 mois avant d’être euthanasiées (soit à l’âge de 4 mois pour le groupe 1 et à l’âge de 7 mois pour le second groupe). Ce choix a été fait en fonction des précédents résultats du laboratoire qui montrent une altération de la réparation des muscles chez les souris Pompe âgées de 4 mois tandis que les souris Pompe âgées d’un mois conservent leur capacité de réparation musculaire.