Procédures légères

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    • Système immunitaire
Souris : 5248
Souffrances
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Devenir
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 5248

5 248 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, pour une seule intervention chacune, une injection dans l'abdomen, parfois deux à vingt-quatre heures d'intervalle. Les femelles gestantes reçoivent le produit destiné à perturber ou à marquer la production des cellules sanguines de leurs embryons, dont le système immunitaire est ensuite analysé jusqu'à l'âge adulte. Le porteur qualifie la douleur de légère et de courte durée, et signale l'isolement des mâles reproducteurs comme un autre effet indésirable. L'effectif découle du nombre de portées nécessaires, et le porteur annonce une méthode de traçage cellulaire qui devrait le diviser par deux à moyen terme.

Objectifs

Il a été démontré que les perturbations de l'environnement maternel peuvent entraîner des changements durables dans les cellules au cours du développement, contribuant au développement de maladies à l'âge adulte. La plupart des perturbations pendant la grossesse (mutations génétiques, infections, diète) provoquent de l’inflammation chez la mère qui peut passer la barrière placentaire et perturber l’embryon en cours de développement. L’objectif général de ce projet est donc de mieux comprendre (1) les mécanismes contrôlant la mise en place du système sanguin et immunitaire au cours du développement embryonnaire et (2) leur réponse suite à des perturbations pendant la grossesse. Notre projet vise donc à la fois à approfondir les connaissances fondamentales sur le développement du système immunitaire pendant la vie fœtale et à appliquer ces connaissances à des questions d’ordre médicale en utilisant la souris comme modèle pour l’analyse de pathologies humaines d’origine génétique ou infectieuse. A ce jour, comment l’inflammation de la mère affecte le système immunitaire en cours de construction de l’embryon et quelle sont les conséquences à long terme, c’est à dire dans la vie adulte, sont méconnues. L’objectif du projet est de répondre à 3 principales questions : + Comment sont produites l’ensemble des cellules sanguines de l’embryon ? + Pourquoi certaines mutations génétiques perturbent l’hématopoïèse de l’enfant et beaucoup moins celle de l’adulte ? + Comment une infection virale en cours de gestation peut perturber le fonctionnement du système de production des cellules sanguines adulte et sur quelle période ?

Bénéfices attendus

Grace à ce projet, nos approfondirons nos connaissances sur la mise en place du système hématopoïétique de l’embryon. En particulier, nous mettrons en évidence comment des infections pendant la grossesse, telles que les infections virales chez la femme enceinte, perturbent la production de cellules immunitaires à court et long terme au cours de la vie post-natale. De plus, une partie importante du projet présente une orientation plus médicale. Il s’agit en particulier de l’étude de maladies génétiques touchant la petite enfance. Ce projet nous permettra d’identifier les cellules à l’origine de certaines maladies pédiatriques dans des modèles murins adaptés. Une meilleure compréhension de ces pathologies pourra bénéficier, à long terme, à des domaines plus appliqués de la recherche médicale, particulièrement dans le domaine de la pédiatrie. .

Procédures

La seule intervention prévue sur les animaux est une injection intrapéritonéale de produits. Les animaux vigiles seront pris en main quelques secondes pour l’injection intra-abdominale. Celle-ci sera généralement unique. Si deux injections sont nécessaires, elles auront lieu å un intervalle d’au moins 24h.

Impact sur les animaux

Les injections de petit volume requièrent une contention manuelle et l’introduction d’une aiguille en intra-abdominale. Une seule procédure requerra deux injections distantes d’au moins 24 heures. Réalisée selon les bonnes pratiques vétérinaires, ces gestes provoquent chez les animaux une douleur légère et de courte durée.

Devenir

Tous les animaux soumis à une procédure seront mis à mort à la fin de chaque procédure pour analyser leur système immunitaire dans différents organes et ils ne pourront donc être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés.

Remplacement

A ce jour, il n’y a aucune alternative non animale disponible pour étudier le développement des fœtus à partir du deuxième trimestre de gestation chez les Mammifères. Comprendre comment se construit le système immunitaire in utero nécessite d’étudier des interactions multiples entre organes et types cellulaires au cours de tout le processus de gestation. Ceci ne peut donc pas être reproduit dans des modèles in vitro de type organoïdes. De plus, pour comprendre comment des perturbations au cours de la grossesse impactent la santé des individus, nos études nécessitent l’étude d’organismes entiers.

Réduction

Les effectifs des groupes expérimentaux ont été ajustés : - en tenant compte de notre expérience, - en fonction de la nature de l'expérience et des paramètres mesurés, - de la variabilité de ces paramètres, - de façon à produire des résultats interprétables, permettant d'atteindre une signification statistique. Pour affiner cette estimation, nous disposons de l’aide et des recommandations d’un service de biostatistique qui nous guide pour calculer au plus juste l’effectif nécessaire à chaque type d’expérience afin d’éviter une utilisation excessive d’animaux ou, à l’inverse, une sous-estimation de ce nombre qui entrainerait l’obtention de résultats ininterprétables. De plus, nous mettons en place dans ce projet une nouvelle approche de traçage cellulaire permettant de combiner le marquage et suivi de deux populations distinctes dans un même individu. Ceci permettra, à moyen et long terme, de réduire de moitié les animaux nécessaires. En effet, actuellement deux cohortes indépendantes utilisant chacune un seul système de marquage sont nécessaires et grâce à notre nouvelle approche une seule permettra de combiner les deux.

Raffinement

Les seules interventions pouvant provoquer une gêne physique sont les injections intra-abdominales. Pour limiter les nuisances au maximum, ces injections seront réalisées par du personnel formé à cette procédure. Les seringues seront à usage unique. Les injections seront réalisées dans une pièce isolée de façon à ne pas provoquer de stress sur le reste des animaux. Un autre effet indésirable sur le bien-être animal est la solitude des mâles reproducteurs. De façon à limiter les effets néfastes de cet isolement, les femelles seront laissées aussi longtemps que possible avec les mâles. De plus, l’enrichissement des cages sera maximalisé selon les recommandations du service du bien-être animal de notre animalerie. Enfin, les animaux ne seront pas conservés isolés sur une longue période, mais plutôt de façon épisodique au moment du renouvellement des accouplements.

Choix des espèces

• Les souris sont des petits Mammifères qui partagent de nombreuses similarités avec l’homme. • La souris est l’espèce la plus susceptible de fournir des résultats satisfaisants sur le développement in utero des mammifères. • Elles constituent un modèle très maîtrisé par l’ensemble des équipes de recherche • Leur temps de génération est court et les effectifs des portées élevés, ce qui permet d’avoir rapidement accès à un grand nombre d’animaux. • Relativement facilement consanguines, ce qui permet une meilleure homogénéité dans nos populations. • De nombreuses lignées existent (souris génétiquement modifiées) pour étudier l’hématopoïèse. • Des modèles de maladies humaines, à la prévention ou à la thérapie desquelles nous souhaitons tout particulièrement contribuer, ont été développés chez les souris de laboratoire (exemple : Mutations génétiques). Le but général de ce projet est d’étudier les perturbations de la production des cellules sanguines au cours du développement embryonnaire précoce et d’analyser leurs conséquences sur le système immunitaire tout au long de la gestation et, ensuite, chez le nouveau-né et au cours de la vie adulte. La production des cellules sanguines commence, chez la souris entre le 8ème (E7,5) et le 9ème (E8.5) jour de gestation, sur une durée totale de 19-20 jours. De ce fait, les injections faites aux femelles gestantes pour perturber la production des cellules sanguines ou pour marquer génétiquement les cellules concernées, seront faites essentiellement entre le 9ème et 10ème jour (E8,5 à E9,5) et les embryons seront analysés à intervalles réguliers (E9,5 à E18,5 = veille de la naissance). Pour l’analyse des conséquences sur le système immunitaire après la naissance, les stades choisis seront P2 (2ème jour après la naissance), P15 (15ème jour après la naissance) et P42 (6 semaines après la naissance). Ces stades ont été choisis car ils représentent des stades clés du développement post-natal chez la souris : un stade juste après la naissance (P2), un stade avant le sevrage (P15) et un stade adulte post-puberté (P42).

  • Formation professionnelle
Souris : 300
Rats : 150
Cochons d'Inde : 10
Hamsters dorés : 5
Hamsters de Chine : 5
Lapins : 20
Souffrances
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▲ 426
▲ 33
▲ 31
Devenir
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 490

Former une dizaine de personnes par an aux gestes techniques : 490 animaux non-humains vont être utilisés puis tués, 300 souris, 150 rats, 20 lapins, 10 cobayes et 10 hamsters, dont 31 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Les stagiaires leur administrent du sérum physiologique par huit voies différentes, sur animal vigile ou anesthésié, puis pratiquent une chirurgie par animal, injection de sérum dans le cerveau ou au contact du cœur, pose d'un cathéter dans l'intestin grêle ou dans la jugulaire, retrait d'un fragment d'os lombaire ou fémoral, lésion de la cornée, lésion cutanée, extraction dentaire. Le porteur indique que ces actes peuvent laisser des boiteries, des troubles neurologiques, intestinaux ou cardiaques "à plus ou moins long terme", et que les animaux dont l'état ne s'améliore pas au bout de deux semaines sont tués. Il justifie l'ensemble par la formation du personnel avant les études de toxicité et d'efficacité menées dans l'entreprise, sans préciser le nombre d'animaux affecté à chaque geste.

Objectifs

Ce projet a pour objectif de décrire tous les gestes réalisés à des fins de formation du personnel. Une dizaine de personnes seront formées par année.

Bénéfices attendus

Le bénéfice attendu est de pouvoir avoir un personnel formé à tous les gestes qu’il est susceptible de réaliser, afin de limiter le stress et le mal-être chez les animaux manipulés.

Procédures

Les animaux sont utilisés dans le cadre de formation, le personnel formé interviendra ensuite dans différentes études de toxicité et d’efficacité. Les animaux reçoivent des administrations de solution saline par différentes voies (intrapéritonéales, intramusculaires, intraveineux, intradermiques, intravaginales, intranasales, sous-cutanés et voie orales), ces administrations peuvent être réalisées sur animaux vigiles ou anesthésiés si l'animal présente un stress et/ou que le geste ne peut être réalisé sur animaux vigiles. Ces administrations peuvent être quotidiennes mais ne peuvent excéder certains volumes définis. Les animaux ne recevront qu'une seule administration par jour, par une seule voie. Les animaux ont, à minima, un jour de repos entre chaque administration. Dans le cadre de formation de chirurgie, les animaux sont analgésiés puis anesthésiés avant le début de la chirurgie. Pour les modèles de chirurgie intracérébrale, les animaux reçoivent une solution saline dans le cerveau. Pour le modèle de pose de cathéter intraduodénal, un cathéter est posé dans la partie initiale de l'intestin grêle pour administrer en direct une solution saline. Pour le modèle de chirurgie cardiaque, les animaux reçoivent une solution saline au contact du coeur, ou dans le coeur. Pour le modèle de retrait d’une partie de l’os, une petite partie de l’os au niveau des lombaires ou du fémur est retirée. Pour le modèle de plaie cornéenne, une lésion de la cornée est réalisée. Pour le modèle de plaie cutanée, une lésion au niveau de la peau est réalisée. Pour le modèle de chirurgie dentaire, une ou plusieurs dents sont retirées à l'animal. Pour le modèle de cathétérisation jugulaire, un dispositif vasculaire est mis en place au niveau du cou permettant l’injection de solution saline. Une seule chirurgie sera réalisée par animal, les animaux sont gardés en vie à la suite des chirurgies. La durée maximale de tous les actes chirurgicaux énoncés est de 2h30. La durée maximales des administrations de solutions saline est de 10 minutes.

Impact sur les animaux

Les modèles de délétion osseuse peuvent générer de la douleur et des boiteries modérées à plus ou moins long terme. Le modèle de plaie cornéenne peut générer une douleur modérée et une sensibilité ophtalmique jusqu’à cicatrisation. Le modèle de plaie cutanée peut générer une douleur modérée, une sensibilité dermique et une réaction inflammatoire jusqu’à cicatrisation. Le modèle de chirurgie dentaire peut générer une douleur modérée, une réaction inflammatoire, des difficultés à s’alimenter et se toilleter jusqu’à cicatrisation. Le modèle de cathétérisation jugulaire peut générer une douleur modérée et de l'incofort lié au dispositif pendant toute la durée de la formation. Les modèles d’injections intracérébrales peuvent générer de la douleur et potentiellement des troubles neurologiques à plus ou moins long terme. Le modèle d’administration intraduodénale peut générer de la douleur et potentiellement des troubles intestinaux à plus ou moins long terme. Les modèles de chirurgies cardiaques peuvent générer de la douleur et potentiellement des troubles cardiaques à plus ou moins long terme. Ces effets peuvent aboutir à une baisse d’activité ainsi qu’un changement de comportement (baisse de la prise alimentaire, agressivité, auto-mutilation, …). Ces effets sont limités dans le temps et ne dépassent pas deux semaines. Si les effets indésirables provenant de la chirurgie s’étendent au-delà de deux semaines sans aucun signe d’amélioration, alors les animaux seront mis à mort. Les administrations par voie orales, intradermiques, intravaginales, intrapéritonéales, intramusculaires, sous-cutanée peuvent générer une légère douleur et un léger stress qui ne dure pas dans le temps.

Devenir

A l'issu de chaque procédure, les animaux sont mis à mort. Des organes peuvent être récupérés pour des analyses vitro et ex-vivo.

Remplacement

Afin d’utiliser des animaux à des fins scientifiques dans les conditions idéales, le personnel technique a besoin d’être formé aux différents gestes techniques réalisés dans l’entreprise par des formateurs habilités. Ces gestes techniques ne peuvent pas être remplacés par des tests in vitro et nécessite de réaliser des expériences chez l’animal dans le cadre du développement préclinique et ces gestes doivent être maîtrisés par le personnel pour mener à bien et dans de bonnes conditions éthiques les études réalisées dans l'entreprise.

Réduction

Le nombre d’animaux est réduit au minimum tout en permettant d’effectuer le nombre de sessions de formations nécessaires à la validation du geste. La quantité d’animaux peut varier en fonction de la nature du geste et/ou du nombre de personnes à former. Pour des gestes invasifs ou très invasifs, il n’y a qu’une session de formation afin de limiter le nombre d’animaux utilisés. Le tout en limitant au maximum le stress, l’angoisse et la douleur provoquée aux animaux.

Raffinement

Pour les rongeurs, de l’enrichissement comme des batonnêts à ronger, des huttes/tunnels et du papier kraft sont ajoutés dans les cages. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux compatibles. Pour les lapins, une plateforme, des bâtonnets à ronger et/ou du foin sont ajoutés dans les cages. Les animaux sont hébergés par un ou deux, entre animaux socialement compatibles. Pour la chirurgie, une anesthésie générale, adaptée en fonction des espèces, sera réalisée. Elle peut être fixe ou gazeuse. Une couverture analgésique adaptée sera appliquée. L'analgésie est adaptée en fonction des observations quotidiennes des animaux. L'analgésie pré-opératoire peut être complétée par un traitement local. Des points limites spécifiques sont développés pour chacune des procédures décrites.

Choix des espèces

Ces animaux (rat, souris, cobaye, hamster, lapin) sont choisis en fonction de la procédure expérimentale qui sera suivie dans les études réalisées dans l’entreprise. Cobayes, rats, hamsters, lapins : Animaux adultes car nécessité d’avoir les systèmes immunitaires et autres organes vitaux fonctionnels. Souris : animaux adultes et nouveau-nés : ces derniers sont utilisés pour la formation du personnel dans le cadre d’études réglementaires de la Pharmacopée Européenne pour l’évaluation de contaminants viraux dans des thérapies cellulaires.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres mammifères : 540
Souffrances
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▲ 510
▲ 30
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Devenir
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 540
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Pour comprendre comment une population de chevreuils s'adapte au changement climatique et aux activités humaines, 540 individus vont être capturés, dont 30 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les adultes et subadultes sont rabattus au cours d'une battue pédestre vers un filet tombant, tranquillisés, placés en caisse de contention, puis manipulés une dizaine de minutes sur une table, avec boucles auriculaires, puce sous-cutanée, collier GPS, pesée et prélèvements de peau, de sang, de poils, de fèces et d'ectoparasites. Les faons sont saisis au printemps dans la végétation où ils restent tapis, pesés dans un sac, bagués et équipés d'un collier extensible en moins de cinq minutes. Tous sont relâchés aussitôt, le porteur signalant de rares cas de mortalité à la capture, des blessures légères possibles lors de la course ou de la chute dans le filet, et un stress pouvant altérer la mobilité des adultes pendant quelques jours.

Objectifs

Nous souhaitons comprendre comment l'hétérogénéité spatiale de l’environnement (en termes de ressources et de risques) façonne la performance individuelle et, par conséquent, la dynamique des populations et le potentiel évolutif des grands herbivores, par le biais de leur utilisation de l'espace, en relation avec leurs composantes individuelles (condition, personnalité, immunité...), la prédation, la pression parasitaire et l'intervention humaine (les perturbations non létales, les pratiques agricoles, la chasse…). Cette étude est particulièrement pertinente dans un contexte de changement global (climatique, paysager…), pour comprendre comment les populations animales font face aux perturbations d’origine anthropiques et pour évaluer les services et disservices rendues par ces populations animales. Nous souhaitons aborder les questions suivantes : L'hétérogénéité individuelle diffère-t-elle selon les traits liés à la performance, selon les années au sein d'une population ? Qu'est-ce qui façonne la variation observée dans les trajectoires individuelles d’histoire de vie (e.g. fécondité, survie, dispersion natale), entre les facteurs environnementaux (météo et habitats au stade critique de la vie), les attributs individuels (sexe, cohorte, caractéristiques du domaine vital des adultes) et les influences anthropiques (perturbations, chasse, pression de prédation et maladies) ? Quelle est la contribution relative du hasard, de la contrainte et de l'adaptation dans l'élaboration des trajectoires individuelles observées au sein des populations ? Quelles sont les tactiques comportementales individuelles adoptées par les chevreuils (e.g. spatiales) pour faire face aux perturbations d’origine anthropique ? Comment les individus s’ajustent ils à de nouvelles conditions environnementales ?

Bénéfices attendus

Les bénéfices du projet sont d’abord d’apporter de nouvelles connaissances sur l’écologie d’une espèce modèle de grand herbivore sauvage, largement répandue et impliquée dans de nombreuses interactions avec les activités humaines, afin de comprendre son potentiel d’adaptation aux changements d’origine anthropique et de prédire sa dynamique de population dans nos paysages ruraux ordinaires. Ces connaissances sont précieuses pour comprendre ses interactions avec l’homme (risques sanitaires chez les humains et les animaux d’élevage, dégâts aux production sylvicoles et agricoles, collisions), mais aussi les services rendus (e.g. sur la biodiversité, sur les cycles des nutriments). Parmi les bénéfices attendus, ces connaissances permettraient donc de réduire certains disservices et de favoriser d’autres services rendus par la faune sauvage, de réduire les effets négatifs de l’homme sur les populations animales et d’une manière générale sur les écosystèmes, en fournissant des mesures de gestion concrètes. Ainsi, ce projet permettrait d’assurer une meilleure prise en compte des enjeux écologiques dans la gestion des territoires et dans les politiques publiques.

Procédures

Les chevreuils adultes et subadultes sont capturés au filet tombant suite à une battue pédestre (sans chien). Ils sont tranquilisés et placés dans une caisse de contention pour se reposer avant d’être manipulés. Sur la table de manipulation, ils sont identifiés (boucles auriculaires et puce électronique sous cutanée) et équipés d’un collier GPS. Ils sont examinés pour leur état général, mesurés (poids, mensurations) et font l’objet de prélèvements biologiques (peau, sang, poils, fèces, muqueuses, ectoparasites) avent d’être relâché dans leur milieu. Certains animaux sont transportés vers une autre localité de lâcher au sein du même site d’étude dans le cadre d’une translocation. La manipulation sur la table dure environ 11 minutes. Les faons de chevreuils sont capturés au printemps par saisie alors que l’animal est gité dans la végétation (il se déplace très peu à cet âge). L’animal est pesé dans sac de contention, idéntifié avec des boucles auriculaires, et équipé d’un petit collier extensible. Nous réalisons un examen de l’état general et effectuons quelques prélèvements biologiques (peau, salive, goutte de sang, tiques). La procédure dure moins de 5 minutes.

Impact sur les animaux

- La capture occasionne un stress qui peut altérer la mobilité des adultes pendant quelques jours. - De rares cas de mortalité peut survenir lors de la capture chez les adultes et subadultes. - Des blessures légères peuvent survenir pendant la capture des adultes et subadultes lors de la course dans la battue, lors de la chute dans le filet ou lors de la contention dans le sabot. - Une douleur est occasionnée par les prélèvements (prise de sang) ou l’identification (bague auriculaire, puce sous-cutanée). - Un inconfort musculaire peut être lié à la contention et au port du collier. - Certains individus sont confrontés à de nouvelles conditions environnementales dans le cadre des translocations.

Devenir

Tous les animaux sont relâchés dans le milieu naturel immédiatement après leur manipulation

Remplacement

Il n’y a pas d’alternative satisfaisante aujourd’hui au suivi in-situ des grands ongulés sauvages. Les études écologiques impliquant le suivi de la faune sauvages sont essentielles pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes et tenter de réduire l’impact de l’homme pour plus de résilience. Ces données sont necessaire pour appréhender la variabilité des trajectoires de vie des chevreuils et comprendre les mécanismes éco-évolutifs de l’adaptation aux changements globaux. Cependant les données apportées par ce suivi permettent d’ouvrir la voie à la modélisation informatique de l’utilisation de l’espace par le chevreuil, ce qui pourrait autoriser à l’avenir un remplacement des suivis en nature pour répondre à certaines questions (flux de matières et de vecteurs, étude de connectivité du paysage).

Réduction

Ce suivi d’une population de chevreuil en milieu rural bénéficie à de nombreux projets de l'unité mais aussi de plusieurs partenaires scientifiques en France et en Europe. En effet les données sur l’écologie spatiale du chevreuil sont mises à disposition dans le cadre d’un réseau scientifique européen sur les mouvements des mammifères. De plus les prélèvements biologiques sont stockés et mis dans une base de gestion d’échantillon qui facilite leur utilisation par d’autres chercheurs pour des questions différentes (par exemple récemment pour la recherche de pathogènes émergents comme la covid 19). L’effort particulier consenti par l’équipe de recherche à la réutilisation des données et des échantillons biologiques est de nature à réduire la nécessité de multiplier ce genre de suivi à long terme et donc de réduire in-fine le nombre d’animaux utilisés par la communauté scientifique dans sa globalité. L’utilisation des données issues des captures précédentes ainsi que des données issues du réseau Eurodeer nous permettent de limiter les besoins de nouvelles captures.

Raffinement

Dans un souci continu d’amélioration de nos pratiques, nous réalisons des bilans post-capture (2 par an) qui produisent des recommandations que nous incluons dans nos procédures (e.g. pommade anesthésiante sur l’oreille, refroidissement de l’animal lors de la manipulation en cas de chaleur). Les mesures de raffinement sont : Les animaux adultes et subadultes sont tranquilisés après la capture dans le filet, puis ils se reposent dans des caisses stockées au calme, à l’ombre et sous surveillance. La manipulation est rapide dans le calme en minimisant le bruit. Les prélèvements pouvant s’avérer douloureux (prise de sang) sont réalisés par 3 personnes très expérimentées. Les rôles des assistants sont précis et déterminés à l’avance. Un responsable surveille en permanence l’état de l’animal (température, respiration, agitation) et peut décider de racourcir la durée de la manipulation si des points limites sont atteints. A chaque étape, un vétérinaire est prêt à intervenir si nécessaire. Dès le lendemain et par la suite, l’animal est localisé, voire observé, afin de recueillir des informations sur l’effet de la capture. En général, la capture des faons est réalisée après une tétée pour limiter l’effet du dérangement sur les soins maternels. Les faons sont très peu réactifs jusqu’à l’âge de 15 jours (couché, immobile). Une seule personne très expérimentée manipule le faon, le plus rapidement possible et en silence, après s’être frotté les mains dans la végétation pour éviter de laisser trop d’odeur humaine sur le faon. Si le faon est trop jeune pour être manipulé, l’opération est reportée.

Choix des espèces

Le chevreuil est le grand herbivore sauvage le plus abondant en Europe. A ce titre, il joue un rôle majeur dans le fonctionnement des écosystèmes et rends des services et disservices pour les activités humaines. Leur présence peut générer des dégâts (agricoles, sylvicoles), réduire ou augmenter les risques sanitaires (maladie et collisions), produire des services (proie de substituion aux animaux domestiques pour les grands prédateurs, chasse, tourisme) et générer des conflits (entre forestiers et chasseurs par exemple). Ainsi c'est un bon modèle pour l'étude du fonctionnement des populations d'ongulés sauvages. D’autre part, le chevreuil est une espèce chassée et dont les effectifs évoluent à la hausse depuis la mise en place des plans de chasse dans les années 1980 aussi il ne se pose, pour cette espèce et à l’heure actuelle, aucun problème de conservation. Tous les stades de développement sont étudiés depuis la naissance jusqu’à la sénescence. L’objectif scientifique est d’étudier la trajectoire d’histoire de vie des individus et d’identifier par exemple comment les conditions précoces, lors du développement de l’individu conditionnent le comportement et la performance des individus.

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres rongeurs : 30
Souffrances
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▲ 30
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▲ -
Devenir
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 30
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Équipées d'électrodes-aiguilles sous la peau du crâne pendant deux heures d'anesthésie générale, 30 souris rayées africaines passent un audiogramme de quatre à cinq heures au total, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L'objectif est d'établir les seuils auditifs de cette espèce sauvage, préalable annoncé à l'étude de sa communication vocale ultrasonore. Le porteur écrit qu'à la fin de la procédure les souris n'auront subi aucune atteinte à leur intégrité physique ou mentale, tout en signalant les risques liés à l'anesthésie et une désorientation pouvant durer une heure au réveil. Les 30 individus sont ensuite replacés dans l'élevage, aucun n'étant tué à l'issue.

Objectifs

La souris est un modèle très utilisé dans le cadre des études portant sur les troubles psychiatriques affectant les interactions sociales et la communication (e.g. trouble du spectre de l’autisme). Cependant, malgré de nombreux projets utilisant le modèle murin à cette fin, le système de communication de la souris est encore peu compris. Effectivement, nous ignorons encore le fonctionnement et l’importance de la communication vocale ultrasonore chez la souris : quelles informations sont transmises ? Comment sont encodées et décodées ces informations ? Comment la communication ultrasonore affecte -t ‘elle la vie d’un individu (sélection d’un partenaire sexuel, gestion de conflit, collaboration sociale, …) ? L’objectif de ce projet est d’explorer et comprendre le système de communication de la souris rayée africaine , une espèce de souris sauvage, très intéressante pour la flexibilité de son système social. La richesse et la complexité de ses interactions sociales ont probablement favorisé la mise en place d’un système de communication tout aussi riche et complexe. Cette espèce est de surcroît diurne, s’observe facilement dans son environnement naturel et se maintient bien en captivité, ce qui en fait un excellent modèle pour des études en milieu naturel et en laboratoire. Cependant, nous ignorons encore tout des capacités auditives de cette espèce, alors que la détection des signaux sonores est un mécanisme central de tous système de communication. Notre objectif est d’établir l’audiogramme de la souris rayée africaine, afin de connaître les capacités de perception auditives de cette espèce. Pour atteindre cet objectif, nous travaillerons avec des animaux vivants en laboratoire, en bon état de santé physique et mentale, et pratiqueront un test d’audiogramme par réponse auditive du tronc cérébrale (également connu sous le nom de procédure de l’ABR pour Auditory Brainstem Response).

Bénéfices attendus

Ce projet permet l’étude et la compréhension du système de communication vocale de la souris rayée africaine. Cette espèce a la particularité d’avoir un système sociale flexible (selon les contraintes du milieu et le pressions de compétition, les individus alternent entre un mode de vie solitaire ou en groupes familiaux). La richesse et la complexité des interactions sociales qui en découlent ont probablement favorisé le développement de bonnes capacités cognitives permettant aux souris de naviguer dans ces réseaux sociaux denses. Ainsi il est possible que l’étude de la communication de cette espèce dévoile l’existence de capacités vocales complexes d’apprentissage et de contrôle. Ces capacités vocales sont particulièrement rares dans le règne animal, et particulièrement chez les mammifères où elles ont été prouvées chez l’humain, l’éléphant, la chauve-souris et certains mammifères marins, des espèces difficilement étudiables en laboratoire. Si la souris rayée dispose de ces capacités, elle représenterait alors un modèle de choix pour l’étude et la compréhension de leur mise en place, leur fonctionnement et leur utilité. De plus, la souris rayée africaine est utilisée dans son milieu naturel comme une espèce modèle pour étudier l’adaptation au changement climatique, et comment leurs flexibilité comportementale et physiologique permet de s’adapter à son environnement. Notre projet permettra d’avoir une meilleure connaissance du modèle à court terme, et par la suite de mieux comprendre la communication chez la souris à plus long terme.

Procédures

Au laboratoire, 30 individus participeront à un audiogramme par réponse auditive du tronc cérébral, une procédure qui impliquera une anesthésie générale. Pendant cette procédure les souris seront équipées d’électrodes-aiguilles sous-cutanée qui détectent l’activation des fibres nerveuses auditives en réponse à un son. A la fin de cette procédure les souris seront vivantes et n’auront pas subi d’atteinte à leur intégrité physique ou mentale. Pour cet audiogramme les souris ne participent qu’une fois à l’expérience, qui dure entre 4 et 5 heures au total (ce qui inclue les temps de préparation et de réveil des souris, le test de l’ABR en lui-même durera entre 1 et 2 heures).

Impact sur les animaux

Au laboratoire : L’expérience de l’audiogramme neuro-physiologique (test de l’ABR : Auditory Brainstem Response) impliquera une anesthésie générale d’une durée de deux heures. Des risques liés à l’anesthésie sont possibles. Des électrodes-aiguilles sous-cutanée seront placées au niveau de la tête de la souris pendant la procédure. Au réveil les souris pourront être désorientées (jusqu’à une heure).

Devenir

A la fin de la procédure les animaux seront en vie et n’auront pas subi d’atteinte physique ou psychologique empêchant de les replacer au sein de l’élevage.

Remplacement

Le projet vise à étudier les capacités de perception auditives de la souris rayée africaine, il est donc nécessaire de travailler avec des animaux de cette espèce vivants et en bon état de santé physique et mental. Les résultats obtenus du précédent projet étudiant la communication vocale de cette espèce nous encouragent à poursuivre l’étude de ce modèle et à établir son audiogramme.

Réduction

Le nombre d’animaux utilisés correspondra au nombre minimum d’individus nécessaires à la réalisation d’analyses statistiques. Dans un premier temps les analyses viseront à déterminer les seuils d’auditions pour chaque individu et chaque groupes (mâles, femelles, groupe d’âge différent). La comparaison des seuils d’auditions se fera à l’aide de tests de Student

Raffinement

Les individus seront anesthésiés, avec une analgésie adaptée, pour limiter la douleur, le stress, et les risques liés à la procédure. Au cours des expériences les souris seront surveillées en permanence. Cette surveillance sera directe pendant les temps de préparation de l’animal et l’induction de l’anesthésie. Pendant la réalisation de l’audiogramme, les souris, alors anesthésiées, seront placées dans une chambre anéchoïque. L’expérimentateur ne pouvant rester dans la même pièce, des caméras seront installées pour surveiller à distance la souris et pouvoir réagir de manière appropriée en cas de besoin (par exemple si la souris se réveille avant la fin de la procédure). Une surveillance directe et continue d’au moins une heure sera assurée à la fin de l’expérience, pour s’assurer du bon état de l’animal jusqu’à ce qu’il retrouve des capacités mobiles et un comportement normal. En tout temps, y compris en dehors des périodes d’expérimentations, des visites régulières de surveillance (au minimum quotidiennes), sont effectuées par les expérimentateurs ou le personnel qualifié du laboratoire. La fréquence de ces visites sera renforcée dans les jours suivant la procédure (une visite toutes les 2 heures le lendemain, puis 3 visites par jours au cours de la semaine suivante). Au cours de ces visites, l’expérimentateur s’assurera que les animaux ne présentent aucun signe de détresse ou de mal-être (poil hérissé, prostration, tremblement, blessures…). Si un animal présente des signes physiques de douleur ou de mal-être, ou des comportements anormaux, il ne participera pas/plus aux expériences. Dans le cas où son état ne s’améliorerait pas, il serait euthanasié selon les méthodes réglementaires approuvées. Les animaux impliqués dans l’expériences seront pesés la semaine précédent l’expérience, puis 2 fois par semaine dans le mois suivant la procédure, pour assurer un suivi et prévenir toute perte de poids.

Choix des espèces

La souris rayée africaine est un bon modèle pour étudier la communication animale. C’est une espèce diurne, utilisant un habitat semi-ouvert, qui s’observe facilement dans son milieu naturel. C’est un rongeur, facile à maintenir et reproduire en captivité en gardant une structure sociale en groupes familiaux, proche des groupes présents dans la nature. Elle représente donc un bon modèle de laboratoire. Cette espèce a fait l’objet de nombreuses études biologiques visant à comprendre son comportement social. On dispose donc de connaissances robustes concernant cette espèce, nous permettant de l’étudier de manière précise et ciblée. Cette souris présente une flexibilité sociale rare et un comportement vocal riche, particulièrement intéressants pour l’étude de la complexité des réseaux sociaux, à la différence des souris de laboratoire classiquement utilisées, présentant parfois des comportements sociaux et vocaux altérés. Il est indispensable d’établir son audiogramme pour mener à bien des recherches sur sa communication. La gestation de la souris rayée africaine est d’environ 23 jours. Les jeunes sont sevrés au bout de 28 jours après leur naissance, et sont pleinement adultes à 3 mois. Seuls les adultes d’au moins 3 mois participeront aux expériences, afin de tester des individus qui ont fini leur croissance et leur développement.

  • Recherche fondamentale
    • Système urogénital
Souris : 492
Souffrances
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Devenir
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 492

Toutes mises à mort à différents stades de la gestation pour que leurs embryons soient prélevés, 492 souris femelles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L'intervention tient en un gavage oral de vingt à trente secondes, répété une fois à vingt-quatre heures d'intervalle, qui inactive des gènes dans les organes reproducteurs de l'embryon. Les prélèvements ont lieu aux dixième, onzième, douzième et treizième jours de gestation, aux étapes où se décide la formation des testicules ou des ovaires. Sur le remplacement, le porteur affirme que les cultures cellulaires et les organoïdes ont "montré leurs limites en aboutissant à des résultats erronés", tout en s'engageant à les employer si de nouvelles conditions de culture satisfaisantes apparaissent.

Objectifs

Chez l’homme (et la souris), les organes reproducteurs sont les testicules chez l’homme et les ovaires chez la femme. Au cours du développement, ces organes sont tout d’abord identiques dans les deux sexes ; ils sont dits « indifférenciés ». C’est un processus appelé détermination du sexe qui décide si ces organes deviendront des testicules ou des ovaires, en fonction du sexe de l’embryon. Ce processus est déclenché par des gènes spécifiques, le gène SRY pour la formation des testicules et le gène WT1 pour les ovaires. Une fois que les testicules ou les ovaires sont formés, ils vont influencer le développement de tout le corps en le « masculinisant » ou en le « féminisant ». Cependant plus de 50% des problèmes graves liés à la formation des organes reproducteurs (comme les inversions de sexe, où le sexe anatomique ne correspond pas au sexe génétique), on ne connaît pas encore la cause. Cela montre que les mécanismes qui contrôlent la détermination du sexe sont encore mal compris. Notre objectif est d’éclaircir ces mécanismes. Des études préliminaires suggèrent que de nouveaux gènes pourraient jouer un rôle dans ce processus, mais leur fonctionnement reste mystérieux. Pour comprendre le rôle de ces facteurs, nous allons étudier comment des mutations dans certains gènes influencent le développement des organes reproducteurs chez la souris. Cela va permettre d’identifier les causes de certains troubles du développement des organes reproducteurs encore inexpliqués, et d’anticiper si ces mutations conduisent à des maladies telles que des cancers. Ce projet est entièrement dédié à l'application des principes directeurs des 3R pour la recherche sur les animaux (réduire, remplacer, raffiner) et adhérera strictement aux lois et réglementations nationales et internationales et nous remplaçons les modèles animaux chaque fois que cela est possible.

Bénéfices attendus

De nombreuses pathologies de la détermination du sexe restent incomprises en raison de notre méconnaissance des réseaux génétiques contrôlant ce processus, et les cliniciens restent souvent sans réponse quant au diagnostic et à la prise en charge de bébés atteints d’anomalies du développement sexuel. Ce travail permettra à terme d'avancer dans la compréhension de ces pathologies et de proposer de nouveaux diagnostics. Il permettra aussi d’anticiper les conséquences de mutations de ces gènes et de proposer des solutions thérapeutiques et un suivi appropriés des problèmes d'insuffisances hormonales, d'infertilité (devenue un problème majeur en santé publique) et des prédispositions aux cancers gonadiques des patients.

Procédures

Les femelles gestantes seront soumises à l’administration d’un produit par gavage oral pour inactiver des gènes spécifiquement dans les organes reproducteurs embryonnaires. Cette administration sera répétée à 24 heures d’intervalle. Le gavage oral est réalisé en 20 à 30 secondes maximum. Cela concerne 492 souris.

Impact sur les animaux

Le gavage oral sera répété à 24 heures d’intervalle, entraînant un stress et un inconfort temporaires de gravité légère.

Devenir

Toutes les femelles gestantes traitées seront mises à mort afin de prélever les embryons aux stades embryonnaires précoces nécessaires aux analyses.

Remplacement

Ce projet a été élaboré et sera réalisé dans le respect de la règle des 3R (remplacer, réduire, raffiner) : le recours à l'expérimentation animale est essentiel pour la biologie du développement et l'étiologie de la différenciation sexuelle: en effet, les techniques de culture cellulaire ou organoïdes ne permettent pas d'appréhender le développement dynamique de certains organes qui nécessite vascularisation et contexte tridimensionnel et ont montré leurs limites en aboutissant à des résultats erronés. Cependant si de nouvelles conditions de culture satisfaisantes sont élaborées, nous les utiliserons dans la perspective de remplacer les souris par ces nouvelles technologies.

Réduction

Afin d’obtenir des résultats reproductibles nous estimons que nous aurons besoin de 8 embryons par expérience et par génotype, ce qui correspond à trois réplicats pour l’histologie et cinq réplicats pour les analyses quantitatives. En cas d’imprévus, nous anticipons de collecter 10 embryons par expérience et par génotype. Pour les expériences d’analyses transcriptomiques, nous anticipons 10 embryons par génotypes pour avoir suffisamment de matériel. Pour ces analyses nous n'étudierons que 2 stades de développement correspondants au stade précédent l’apparition du phénotype (ensemble des caractères observables) et au stade ou le phénotype est visible. Ces stades seront préalablement définis grâce aux analyses immunohistologiques afin de réduire le nombre d’animaux utilisés.

Raffinement

La qualité de la contention, l’usage d’un matériel stérilisé permet d’assurer un gavage efficace et rapide, limitant le stress imposé à l’animal par la procédure. Le personnel a été formé pour cela et cette procédure est utilisée en routine au laboratoire, ce qui limite le temps de contention. Les solutions sont maintenues à la température corporelle de 37°C pour éviter tout inconfort de la femelle et les doses ont déjà été déterminées pour n’induire aucun effet néfaste sur la santé, lié directement à l’ingestion. Ces mesures sont accompagnées de la mise en place d’un protocole d’observation permettant de déceler précocement tout inconfort des animaux durant les expériences. Les animaux seront hébergés par deux ou par trois dans des cages comportant différents types d’enrichissement comme des objets à ronger et des igloos pour se faire un nid de façon à garantir leur bien-être et leur permettre d'exercer les activités spécifiques à leur espèce.

Choix des espèces

Nous avons choisi la souris (Mus musculus) comme le modèle de choix, en raison de ces similarités génétiques et physiologiques avec l'homme, ainsi que la facilité avec laquelle son génome peut être manipulé et analysé. Nous avons tous les outils à notre disposition et déjà au point pour pouvoir étudier la fonction des gènes d'intérêt dans les organes reproducteurs de souris. Les femelles gestantes seront euthanasiées à différents moments de la gestation couvrant tout le développement des organes reproducteurs embryonnaires : le début de la formation des organes reproducteurs (10 jours de gestation), le début de la différenciation des testicules (11 jours de gestation), et des ovaires (12 jours) et au stade d’initiation de la division des ovocytes chez la femelle (13 jours).

  • Recherche appliquée
    • Diagnostic des maladies
    • Maladies animales
  • Recherche fondamentale
    • Système immunitaire
Poules : 4200
Souffrances
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Devenir
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 2583
 1617
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Issues de lignées sélectionnées sur leur réponse immunitaire depuis 1994, 4 200 poules et coqs vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque animal subit une prise de sang, à la veine alaire ou au sinus occipital, pour établir son pedigree, puis une seconde en fin de cycle de reproduction. Deux cents d'entre eux reçoivent en plus une injection de phytohémagglutinine sous la peau de l'aile, dont l'épaississement est mesuré au comparateur digital pendant 24 heures, la sélection reposant sur l'ampleur de cette inflammation. Aucun modèle alternatif n'existe selon le porteur, qui prévoit de replacer les reproducteurs vivants à l'âge de réforme, de les vendre "dans la mesure du possible", ou de les tuer.

Objectifs

Ce projet présente les différentes opérations réalisées pour renouveler et entretenir les lignées de poules sélectionnées sur leur réponse immunitaire et une lignée témoin. Elles sont toujours actuellement soumises à un processus de sélection. Les lignées réponses immunitaires ont été initiées en 1994 pour servir de matériel unique à l’identification des mécanismes et des gènes impliqués dans les réponses immunitaires. C'est un matériel expérimental original pour appréhender les relations complexes entre caractères de santé et leur contrôle génétique. Elles ont été utilisées pour des tests de résistance à des maladies, croisées avec d'autres lignées, analysées pour des recherches de signatures de sélection. Ce projet porte sur l’élevage des jeunes et adultes de ces modèle animaux uniques.

Bénéfices attendus

L’étude de ces lignées permettra à terme de mieux comprendre (court/moyen terme) l’origine du niveau de réponses immunitaires et de faciliter la mise au point d’approches efficaces de lutte se basant sur la modulation de la sélection génétique, en complément des méthodes prophylactiques, déjà existantes, en identifiant des marqueurs génétiques ou microbiens qui pourront être utilisés en sélection ou bien pour mettre au point une modulation du microbiote intestinal par l’alimentation ou les pratiques d’élevage. Ces approches permettront de limiter la propagation des maladies en élevage et donc de limiter de nombre de troupeaux abattus, et de réduire la contamination humaine via l’ingestion de produits aviaires contaminés (viande, œufs).

Procédures

Une prise de sang, à la veine alaire ou au sinus occipital, sera effectuée entre 2 et 18 semaines d'âge pour pouvoir génotyper les animaux et ainsi déterminer leur pedigree. Une seconde prise de sang sera réalisée en fin de cycle de reproduction pour évaluer la réponse vaccinale. L’intervention a une durée inférieure à une minute. Pour les 200 animaux d'une des lignées , la sélection est basée sur le niveau de réponse immunitaire par réponse inflammatoire de sensibilité dermique retardée, en utilisant la réponse sur la variation d’épaisseur à l'aide d'un comparateur digital sur 24h de la membrane alaire suite à une injection de phytohémagglutinine par voie sous-cutanée (ou intra-dermique). Cette injection est réalisée à 10 semaines d’âge.

Impact sur les animaux

Les prises de sang alaires et l'injection de phytohémagglutinine (PHA) pourront être une source de stress, en raison de la contention nécessaire et de la piqûre. Les prises de sang peuvent éventuellement engendrer des hématomes.

Devenir

Nous utilisons ici nos individus pour permettre la production d'une descendance. Arrivés à l'âge de réforme, les animaux n'ayant pas subi d'intervention majeure, nous envisageons de les replacer en vif ou de les valoriser pour leur viande qui est tout à fait consommable.

Remplacement

L’objectif de ce projet est de maintenir 3 lignées dont l’étude permet la compréhension des rôles combinés des réponses immunitaires chez la poule. Il n’existe pas, à notre connaissance, de modèle alternatif permettant de remplir ces objectifs.

Réduction

Les effectifs de reproducteurs utilisés permettent en théorie de gérer la consanguinité déjà très élevée de nos populations. Par calcul, les tailles efficaces des populations devraient être plus importantes, cependant la variabilité génétique de notre caractère est peu renseignée. L'objectif des maintiens des populations est de disposer d'animaux.

Raffinement

Les poules et les coqs hébergés en groupe bénéficient d’un milieu enrichi, notamment par des perchoirs et de la proximité avec leurs congénères, permettant des échanges visuels, olfactifs et auditifs. Les animaux feront l’objet de surveillance classique et toute manifestation de détresse ou de maladie prise en considération pour envisager le retrait des animaux (mise à l'infirmerie) ou leur euthanasie si besoin. Dès l'éclosion, les animaux sont élevés en groupe au sol puis en cages collectives à partir de 18 semaines. Les cages collectives hébergeant les poules et les coqs seront équipées de divers enrichissements, tels que des perchoirs, des blocs à picorer, des chaînettes métalliques et des bandelettes de tissu pour stimuler le jeu. Un isoloir sera également présent à une extrémité des cages pour offrir aux animaux un espace de cachette. Pour prévenir le picage, des répulsifs antipicage pourront être appliqués sur les animaux concernés. Une surveillance soutenue sera assurée plusieurs fois par jour pour détecter précocement toute détérioration du bien-être. Un arbre de décision, destiné à faciliter la gestion quotidienne des animaux (en cas d'atteinte ou non du point limite), a été développé et sera fourni aux animaliers en charge du suivi des animaux. Raffinement de la procédure : Cas de la prise de sang au sinus occipital : afin de réduire le risque de lésions cérébrales pouvant être associé à la réalisation d'un prélèvement de sang au sinus occipital, le préleveur utilisera une garde qu'il positionnera sur son aiguille afin d'éviter toute possibilité d'enfoncer l'aiguille trop profondément. La facilité de visualisation de ce site d'injection évite l'arrachage de plumes douloureux pour les animaux. Un point de compression de 30-60s sera effectué pour limiter également la formation d'un hématome. Deux expérimentateurs seront mobilisés pour une prise de sang afin de permettre la réalisation d'une contention appropriée par l'un pendant que l'autre réalisera la prise de sang. Les personnes en charge du prélèvement de sang au sinus occipital auront reçu une formation spécifique à ce geste et seront des personnes le réalisant régulièrement afin de maximiser la fluidité des gestes. Cas de la prise de sang effectuée à la veine alaire : un point de compression sera effectué et deux expérimentateurs seront mobilisés.

Choix des espèces

Le projet vise la compréhension de la réponse immunitaire chez l’animal, la complexité du déterminisme de ce critère nécessite une approche globale (voies physiologiques impliqués, leurs régulations et interactions) et ne peut donc être abordée que par une approche sur les animaux. Les animaux seront utilisés de la naissance jusqu’à l’âge de 9 moins, moment auquel ils seront mis en reproduction pour produire les poussins de la génération suivante. Lorsque leurs descendants auront 15 jours d’âge, ces reproducteurs mâles et femelles sont vendus dans la mesure du possible ou euthanasiés.

  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
Autres oiseaux : 60
Souffrances
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Devenir
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 60
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Comprendre pourquoi les oiseaux développent si peu de cancers, en prélevant chez eux des cellules qui seront ensuite irradiées en laboratoire : 60 huîtriers pies sauvages sont utilisés dans des procédures d'un niveau de souffrance léger. Capturés dans le cadre d'un programme de baguage déjà en place, ils subissent une prise de sang à la veine alaire, un prélèvement de plumes et une incision de la peau du patagium sous anesthésie locale, les trois actes dans les cinq minutes suivant la capture quand c'est possible. Tous sont relâchés ensuite, sur autorisation du programme de baguage. Le porteur classe la mise en culture de ces cellules primaires au titre du remplacement, alors que l'obtention des cellules passe par la capture et l'incision d'oiseaux sauvages.

Objectifs

Explorer la biodiversité procure un moyen fondamental de comprendre comment l’évolution a conduit à la sélection de certains traits animaux, de l’échelle cellulaire à celle de l’organisme entier, et qui sont à la base de la diversité des longévités observables dans la nature. Les oiseaux sont un des exemples emblématiques d’une longévité paradoxale en regard de traits physiologiques qui sont pathologiques chez l’Homme (comme l’hyperglycémie chronique). Dans un autre contexte, ce genre d’approche biomimétique s’est avérée fructueuse pour expliquer le paradoxe de Peto, qui tente d’apporter une réponse au fait que des animaux de grande taille et longévifs, donc caractérisés par un nombre de divisions cellulaires (et donc de risques d’accumulation d’erreur de duplication dommageables pour la cellule) plus nombreux tout au long de leur vie, présentent pourtant des prévalences de cancer réduites. Cette capacité à éviter l’immortalisation cellulaire et la formation de tumeurs a été corrélée à plusieurs adaptations cellulaires (rat-taupe et acide hyaluronique) ou de signalisation induisant l’apoptose de cellules transformées (Eléphant, duplication des gènes P53). Le présent projet s’appuie sur une observation remarquable : la prévalence du cancer chez les oiseaux est de loin inférieure à celle des mammifères (en moyenne, les taux les plus élevés (15%) correspondent à une prévalence faible chez les mammifères), et elle est même nulle pour un grand nombre d’espèces (source : Species 360, ZIMS). Notre projet a pour objectif d’explorer les mécanismes cellulaires qui peuvent expliquer ces faibles prévalences. Pour ce faire, nous allons nous intéresser à une espèce, l’huitrier-pie Haematopus ostralegus, qui présente une particularité cellulaire en lien avec les risques d’immortalisation des cellules : un allongement des télomères au cours de l’âge, dont l’érosion fait pourtant partie des mécanismes limitant les capacités de division et la vie des cellules somatiques. Nous voulons (i) explorer les variations des profils protéomiques cellulaires au cours de l’âge pour voir comment ces animaux se protègent de l’accumulation attendue des dommages cellulaires avec le temps et (ii) déterminer les réponses cellulaires in vitro à un stress génotoxique (irradiation), qui peut mettre en évidence des capacités de résistance face aux risques d’immortalisation cellulaire.

Bénéfices attendus

Selon les dernières données disponibles (Species 360), les oiseaux présentent des prévalences de cancer extrêmement faibles en comparaison aux mammifères. Notre projet vient amorcer l'étude encore vierge des mécanismes potentiels pouvant expliquer cette résistance.

Procédures

Des prélèvements seront effectués sur animaux vigiles (sanguins sur veine alaire avec capillaires, prélèvement de plûmes de couverture et de peau du patagium après anesthésie locale). Ces 3 prélèvements seront réalisés sur les mêmes individus si possible, pour les prises de sang et de plumes dans les 5 minutes après la capture. La réalisation finale du prélèvement de peau se fera selon les avis du porteur du projet et l'état de stress des individus, pouvant être annulé si besoin en lien avec le respect du bien-être animal. L'adaptation du protocole se fera avec les avis des responsables du programme personnel de baguage de l'espèce.

Impact sur les animaux

La principale nuisance est celle induite déjà par le prélèvement de peau du patagium. Il s’agit de deux types de nuisances potentielles : la première liée à la douleur induite par l’incision de la peau, la seconde liée aux risques d’infections. La douleur induite par le prélèvement de peau sera réduite par l’utilisation d’un anesthésique cutanée appliqué avant le prélèvement (voir procédure PE1). La seconde est contrôlée par la désinfection longue de la zone prélevée, nécessaire pour obtenir des prélèvements non contaminés de cellules.

Devenir

Tous les animaux seront relachés après les procédures selon les autorisations accordées au programme de baguage du porteur de programme personnel.

Remplacement

Nous devons recourir à l’animal entier pour récolter des cellules primaires sur lesquelles seront réalisées les mesures et les irradiations. Un prélèvement de cellules primaires produira plusieurs cultures, permettant à la fois la constitution d’une banque de cellules réutilisables et la réplication des mesures du présent projet. Le projet est ainsi en accord avec deux points de la règle des 3R : (i) de mettre en place une approche sur cellules en culture pour la partie expérimentale de l’étude qui évite le travail sur l’animal entier et pourra s’appliquer à d’autres modèles (=Remplacement).

Réduction

Le projet sera réalisé en accord avec deux points de la règle des 3R : (ii) nous utiliserons un nombre réduit d’animaux, dont la capture est prévue dans le cadre d’un programme personnel de baguage qui est en place depuis plusieurs années, et qui nous permet néanmoins d’avoir une puissance statistique suffisante en protéomique (n=6/groupe), et un rendement minimum de succès de mise en culture des cellules primaires (n=3 cultures/prélèvements). Les statistiques en protéomique nécessitent une analyse discriminante qui permet de traiter des fichiers de plusieurs centaines de lignes (protéines). Les statistiques en biologie cellulaires consisteront en des modèles mixtes permettant de prendre en compte les mesures répétées (avant et après irradiation) (=Réduction).

Raffinement

Pour le prélèvement de peau, nous utiliserons un anesthésique et un antiseptique comme décrit dans la procédure (=raffinement).

Choix des espèces

Nous utiliserons l’huitrier-pie pour les raisons suivantes qui en font le modèle parfait pour notre étude : 1) Espèce et population suivie par un programme personnel 2) Expérience de capture et de manipulation de ce modèle. 3) La taille adulte de l’espèce permet des prélèvements biologiques en adéquation avec les mesures envisagées (e.g. les prises de sang de 75 microlitres peuvent être réalisées de manière peu ou non invasive (sans seringue, aiguille et récupération des gouttes de sang avec un capillaire)). Ces prélèvements sont largement adaptés pour une espèce dont la masse corporelle moyenne est de 480g. 4) Dynamique particulière de la taille des télomères dans les cellules somatiques avec l’âge déjà connue (augmentation avec l'âge, ce qui est paradoxal vis à vis de risques de cancer réduits) Nous utiliserons annuellement 20 adultes pour avoir une première idée des effets de l'âge sur (i) les télomères et la télomérase, et (ii) les mécanismes de réponse des cellules aux stress expérimental que nous induiront.

  • Recherche fondamentale
    • Système gastrointestinal
    • Système immunitaire
Souris : 2104
Souffrances
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▲ 1336
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▲ 768
Devenir
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 2104

Des gavages, des injections sous-cutanées et des prélèvements de sang, chez des femelles gestantes puis allaitantes exposées à un régime riche en graisses et en sucres et à des nanoparticules de polystyrène. 2 104 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue pour prélèvement d'organes, dont 768 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Il s'agit de mesurer si cette exposition périnatale fragilise la barrière intestinale et favorise allergies alimentaires, maladies inflammatoires de l'intestin et désordres métaboliques. Le porteur écarte les analgésiques et les anti-inflammatoires, qui "risquent d'interférer" avec l'expérimentation, et décrit les atteintes en une ligne, du stress lié aux gavages et une douleur due aux colites, pour 768 souris classées en souffrance sévère.

Objectifs

Les plastiques sont utilisés dans une multitude d’emballages alimentaires et leur production mondiale atteint plus de 450 millions de tonnes par an et, moins de 10 % des plastiques sont recyclés, ce qui augmente leur rejet dans l’environnement et conduit à une distribution omniprésente de débris plastiques dans l’environnement. Les plastiques persistent longtemps dans l'environnement où, soumis au climat, ils se fragmentent en particules de nanoplastique (NPL). Ainsi, les populations humaines sont exposées au NPL dans leur vie quotidienne avec des effets inconnus sur la santé. Le polystyrène représente plus d’un tiers de la contamination plastique de l’environnement. Il est largement utilisé dans les emballages alimentaires mais son processus de recyclage a été reporté à 2030 en France. Parallèlement à l’augmentation de la production et de l’utilisation des plastiques, le nombre de patients atteints de maladies non transmissibles (MNT) ne cesse d’augmenter dans le monde. Parmi ces MNT, les réactions alimentaires indésirables (RAI) et les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI). Les MNT sont multifactorielles impliquant des facteurs génétiques et environnementaux. L’alimentation humaine est un facteur environnemental majeur des MNT, qui a été radicalement modifié au cours des dernières décennies. L'objectif de ce projet est d'étudier tout risque pour la sécurité alimentaire, lié à la dissémination des NPL dans l'environnement et à leur transfert dans l'alimentation (emballages alimentaires…) associés à un régime alimentaire riche en graisses et en sucre (régime occidental). En effet, le régime occidental pourrait exacerber la diffusion du NPL et avoir des conséquences délétères, comme cela a été démontré pour le polystyrène (PS) sur le métabolisme lipidique du poisson zèbre. En fonction des résultats obtenus, nous étudierons les mécanismes impliqués en nous focalisant sur le microbiote et la perméabilité intestinale.

Bénéfices attendus

A terme, ce projet permettra de comprendre l'impact d'une exposition périnatale à une alimentation occidentale couplée à des nanoparticules de plastique vieillies sur le développement et l'homéostasie de la fonction de barrière de la muqueuse intestinale chez le jeune et l'adulte. Dans un deuxième temps, ce projet permettra de définir l'impact d'une exposition à un régime occidental couplée à des nanoparticules de plastique sur la susceptibilité de la muqueuse intestinale à développer (1) une intolérance ou une allergie orale à certain antigène alimentaire comme l’ovalbumine (2) des inflammations ou (3) un désordre métabolique. Ce projet permettra donc de définir les liens de causalités entre certains composants de l’environnement et le développement de l’intolérance ou l'allergie alimentaire, des MICI ou un désordre métabolique ainsi qu'une meilleure compréhension des mécanismes impliqués. Une meilleure compréhension de ces maladies permettra alors une meilleure prise en charge thérapeutique.

Procédures

Les animaux seront soumis a des gavages (1 maximum par procédures). Des injections sous cutanées (2 maximum par procédures) et des prélèvements sanguins. chacun de ces actes prend moins d'une minute.

Impact sur les animaux

stress suite aux gavages/administrations/prélèvements, la douleur est due aux colites

Devenir

A l'issue de chaque procédure, les animaux seront euthanasiés. Les organes seront prélevés et utilisés pour des analyses ultérieures en laboratoire

Remplacement

Le développement d'intolérance ou d'allergie alimentaire, des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) ou de désordres métaboliques chez l’Homme est un processus long et complexe mettant en jeu de nombreux facteurs génétiques et environnementaux. Les modèles murins mimant les pathologies humaines sont la seule solution actuelle pour obtenir des données avec une relevance physiologique correcte. Pour atteindre les objectifs de nos études, il est nécessaire d'utiliser des modèles in vivo capables de tenir compte de nombreuses voies physiologiques intégrées. Actuellement, il n'existe pas de méthodes alternatives à ces études in vivo. L'espèce animale utilisée dans ce projet (souris) offre la possibilité de développer de nombreux modèles mimant plusieurs pathologies humaines comme en témoignent les nombreuses références bibliographiques concernant les intolérances/allergies alimentaires, les MICI et les désordres métaboliques. Par ailleurs, cette espèce présente certains intérêts pratiques décisifs justifiant l'utilisation des souris comme modèles dans ce type de projet : faibles coûts, cycles de reproduction courts, croissance rapide, facilité de transport, facilité de manipulation et une bonne adaptabilité aux conditions expérimentales. Aucune autre espèce d'animaux n'est disponible. Il est également important de souligner que nous disposons chez la souris d'outils précieux qui sont indispensables pour disséquer les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués.

Réduction

Le nombre de souris utilisé dans chaque expérience a été calculé à minima en tenant compte de la variance biologique des résultats obtenus. Les données obtenus dans les différents groupes seront coomparées statistiquement. Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés tous les échantillons prélevés sont stokés à -80°C et dans une banque de données. Ils peuvent être réutilisés ou servir de témoins dans des expériences ultérieures.

Raffinement

Les souris sont hébergées par 5 dans des cages de portoirs ventilés , avec une alternance jour/nuit de 12h/12h. La nourriture et l’eau de boisson sont fournies ad libitum. Elles ont une maison en plastique et des fibres de carton comme enrichissement. Les animaux ont au minimum une semaine d’acclimatation avant que le protocole ne débute. Des analgésiques, des antalgiques ou des anti-inflammatoires risquent d'interférer avec le cours de notre expérimentation. Nous avons mis en place des critères d'arrêt appliqués selon un arbre décisionnel permettant de mettre fin a d'eventuelles souffrances par euthanasie des souris. Un suivi quotidien est assuré par les membres de la SBEA (Structure en Charge du Bien-Etre Animal) pour apprécier leur etat general.

Choix des espèces

L'espèce animale utilisée dans ce projet (souris) offre la possibilité de développer de nombreux modèles mimant plusieurs pathologies humaines comme en témoignent les nombreuses références bibliographiques (intolérances/allergies alimentaires, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) et les désordres métaboliques). Par ailleurs, cette espèce présente certains intérêts pratiques décisifs justifiant l'utilisation des souris comme modèles dans ce type de projet : faibles coûts, cycles de reproduction courts, croissance rapide, facilité de transport, facilité de manipulation et une bonne adaptabilité aux conditions expérimentales. Il est également important de souligner que nous disposons chez la souris d'outils précieux qui sont indispensables pour disséquer les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués. Enfin, les procédures d'intolérance alimentaire (IA) et de MICI utilisées dans ce projet ont été validées que chez la souris. Pour l'expostion périnatale, nous utiliserons des femelles gestantes et allaitantes. Ces souris femelles seront exposées au régime occidental pendant toute la gestation et l'allaitement (sevrage J21). Ces femelles seront également gavaées une fois par jour du 10ieme jour de gestation jusqu'au sevrage des nouveau-nés (J 21). Puis nous étudierons l'impact d'une exposition périnatale au plastique sur: l'homéostasie de la fonction de barriere de la muqueuse intestinale. La mise en place de tolérance orale La susceptibilité et l'aggravation de la colite Le métabolisme du glucose

  • Recherche appliquée
    • Bien-être animal
    • Maladies animales
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Céphalopodes : 124
Souffrances
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▲ 124
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▲ -
Devenir
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 124
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 -

Relâchées à la fin de l'expérience près du lieu où leurs œufs ont été récoltés, 124 seiches communes, des céphalopodes, vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles sont capturées deux fois à l'épuisette, et la moitié d'entre elles, 62 juvéniles, vit pendant 30 jours sous un son continu de 120 dB. Toutes subissent aussi un "test de surprise", une stimulation sonore graduelle de moins de deux minutes, pour mesurer l'effet du bruit d'origine humaine sur leur chasse et leur réaction aux perturbations sonores. Le porteur affirme que la perception du son "nécessite un organisme entier intègre". Il ne précise ni l'espèce ni le nombre des proies vivantes données chaque jour aux seiches.

Objectifs

L’Union Européenne identifie les bruits sous-marins comme une préoccupation environnementale importante, soulignant la nécessité de maintenir des niveaux de bruit qui ne nuisent pas aux écosystèmes marins. Le transport maritime a considérablement augmenté les niveaux de bruit sur les principales routes de navigation au cours des 50 dernières années. Compte tenu de l’évolution rapide du paysage sonore océanique, il est urgent de mener des recherches plus approfondies sur les effets du bruit anthropique sur la vie marine. Ces recherches sont essentielles pour élaborer des politiques efficaces et protéger la santé des océans. Actuellement, la plupart des études se concentrent sur l'effet des sons sur les vertébrés marins. Pour bien comprendre et atténuer les effets de la pollution sonore, il est essentiel d’élargir le champ de la recherche pour inclure un plus large éventail d’espèces et de fréquences sonores. Malgré leur importance écologique et économique, l'impact de l'augmentation du bruit anthropique sur les céphalopodes a été relativement peu étudié. Les céphalopodes, dont la seiche commune, détectent les sons et sont sensibles à leur environnement acoustique. Ce projet veut mettre en évidence l’impact du bruit chronique sur (1) le développement embryonnaire, et (2) la capacité de prédation chez la seiche commune.

Bénéfices attendus

Ce projet vise à étudier comment le son pourrait affecter la phase de développement embryonnaire de la seiche commune : temps d’incubation, taux d’éclosion, et taille des nouveau-nés. Par ailleurs, ce projet ambitionne de déterminer l’impact du son sur la première alimentation, les capacités à s’adapter à de nouvelles proies, et la résilience du juvénile face aux perturbations d’environnement sonore.

Procédures

Sur la période d’expérimentation (30 jours), les juvéniles ((nombre= 124) subiront chacun deux captures à l’épuisette (nuisance légère d’une dizaine de seconde). Un lot de 62 individus sera soumis en continu à un son (120dB ; 1 Hz-1 kHz) durant toute la durée de l’expérimentation (nuisance légère, 30 jours). Tous les individus subiront un « test de surprise » qui consiste en une stimulation sonore graduelle (nuisance légère, moins de deux minutes).

Impact sur les animaux

Sur la période d’expérimentation (30 jours), les juvéniles ((nombre= 124) subiront chacun deux captures à l’épuisette (nuisance légère d’une dizaine de seconde). Un lot de 62 individus sera soumis en continu à un son (120dB ; 1 Hz-1 kHz) durant toute la durée de l’expérimentation (nuisance légère, 30 jours). Tous les individus subiront un « test de surprise » qui consiste en une stimulation sonore graduelle (nuisance légère, moins de deux minutes).

Devenir

A la fin de l’expérimentation, les animaux sont replacés dans le milieu naturel à proximité du lieu de récolte des œufs.

Remplacement

Ce projet est un projet de recherche fondamentale qui cherche à appréhender l’impact du son sur le développement embryonnaire et le comportement de prédation chez la seiche commune. La perception du son et le développement des organes associés nécessite un organisme entier intègre. Il n’y a pas d’alternative in vitro à l’heure actuelle.

Réduction

La mise en place de collecteurs (support de ponte artificiel) relevés quotidiennement dans le milieu naturel permet de récolter le nombre d’œuf nécessaire pour la réalisation de cette expérimentation en s’affranchissant de la conservation d’un stock de géniteurs en laboratoire. Il n’y a donc pas de maintenance de géniteurs sauvages. Le nombre de juvéniles est réduit mais optimisé pour cette expérimentation afin d’obtenir des résultats statistiquement fiables. A la fin de l’expérimentation, tous les animaux sont replacés dans le milieu naturel à proximité du lieu de récolte des œufs.

Raffinement

Les juvéniles éclos sont placés dans des bacs répondant aux exigences de la Directive Déléguée. Un enrichissement environnemental est mis à disposition des animaux sous la forme d’une cachette (pièce pvc) et d’un tapis imitation « sable » sous les aquariums. De plus, les juvéniles sont nourris à satiété quotidiennement avec des proies vivantes leur permettant d’exprimer un comportement naturel de chasse. Le bien-être des animaux est évalué quotidiennement par une feuille de suivi permettant de quantifier l’expression de points limites en expérimentation.

Choix des espèces

Les céphalopodes sont les seuls mollusques possédant des capacités cognitives et des comportements élaborés. Les céphalopodes, dont la seiche commune, détectent les sons et sont sensibles à leur environnement acoustique. Le développement de la seiche commune est court et direct, aboutissant à des juvéniles bien développés à l’éclosion facilitant la mise en œuvre de cette étude.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 695
Souffrances
▲ -
▲ 311
▲ 384
▲ -
Devenir
 168
 -
 -
 527

Tuées pour l'étude de leur tissu cérébral, sauf 168 d'entre elles qui pourront être proposées à l'adoption ou réutilisées ailleurs, 695 souris vont être utilisées dans ce projet, 384 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leur accès à l'eau est contrôlé pendant seize semaines, jusqu'à 63 sessions de test, et une partie reçoit des implants de fibres optiques posés au cours d'une chirurgie stéréotaxique pouvant durer cinq heures. De petits jets d'air aversifs sont dirigés près de leurs yeux pendant le conditionnement, et les souris implantées sont hébergées seules pour éviter que leurs congénères n'abîment le matériel. Le porteur qualifie ces jets d'air de "peu voire non douloureux" et présente le contrôle hydrique comme "la seule approche" permettant d'obtenir entre 100 et 300 essais par session.

Objectifs

Le système nerveux peut être envisagé comme un système de contrôle permettant à l’organisme d’adapter constamment ses actions de façon à atteindre ou à rester dans les états les plus avantageux de son environnement. Cependant, différents environnement ou contextes sont plus ou moins contrôlables et on sait qu’une exposition préalable à des contextes contrôlables favorise des stratégies comportementales proactives dans une variété de tâches cognitives, tandis que le manque de contrôle perçu sur les événements, en particulier ceux qui sont stressants, constitue un prédicteur potentiel de troubles psychiatriques prévalents associés à comportements réactifs et habituels, tels que la dépression, l'anxiété, le stress post-traumatique ou les troubles obsessionnelscompulsifs. Ce projet vise à comprendre la manière dont le cerveau du rongeur estime la contrôlabilité de son environnement et, en aval, les mécanismes impliqués dans les adaptations (ou dysfonctions) comportementales associées. Au plan neurobiologique, il s’intéresse principalement au système sérotoninergique, au système dopaminergique et à certains de leurs partenaires pré- et post-synaptiques. L’hypothèse centrale du projet est que les neurones de la 5-HT dans le noyau dorsal du raphé (DRN) diffusent des signaux liés à la contrôlabilité qui régulent à leur tour les activités neurales sous-tendant l'apprentissage, la prédiction et la sélection d'actions dans le cerveau. Plus généralement, l’ambition de ce projet est de démontrer qu’un cadre théorique et computationnel innovant centré sur un principe d’inférence causale permet d’appréhender la diversité des signaux monoaminergiques et leur impact fonctionnel à différentes échelles de temps.

Bénéfices attendus

Au plan scientifique, ce projet devrait permettre de mieux comprendre les mécanismes neurobiologiques et les principes computationnels qui fondent les comportements adaptatifs chez les mammifères. Plus spécifiquement, il vise à montrer comment deux systèmes monoaminergiques (dopamine et sérotonine) sont influencés par des variables environnementales de second ordre (i.e., contrôlabilité et prédictibilité) et comment les signaux qu’il transmettent à de larges territoires cérébraux permettent en retour de coordonner les changements de régime et d’état (physiologiques et comportementaux) vis-à-vis de ces variables. Par exemple, il devrait permettre de comprendre comment l’exposition à des environnements incontrôlables tend à promouvoir une certaine passivité visà-vis des stresseurs et une moindre propension à engager des comportements dirigés vers des buts. Le volet sérotoninergique de ces travaux est particulièrement important car les théories proposées pour rendre compte des activités neuronales et des fonctions cognitives associées à ce système neuromodulateur ont été largement remises en question ces dernières années. L’hypothèse de travail sous-jacente du présent projet est que les modèles théoriques existants —focalisé presqu’exclusivement sur l’apprentissage par renforcement— n’opèrent pas au bon niveau d’abstraction pour comprendre la dynamique fonctionnelle du système sérotoninergique ni pour saisir la nature de ses interactions avec le reste du cerveau (dont le système dopaminergique).

Procédures

Dans le cadre de cette étude, un accès à l’eau contrôlé pourra durer jusque 16 semaines (jusque 63 sessions test), durant lesquelles les besoins hydriques seront satisfaits dans l’appareillage comportemental permettant d’étudier les mécanismes d’apprentissage et de prise de décision. L’impact physiologique sera strictement surveillé. Certains lots d’animaux seront soumis à des injections intrapéritonéales ou sous-cutanées de substances pharmacologiques (maximum de 7 injections sur 21 jours) ou à un traitement par voie orale (jusqu'à 8 semaines) par inhibiteurs de recapture de la sérotonine. Les deux dernières procédures requiéront des chirurgies stéréotaxiques sous anesthésie complète, permettant l'implantation permanente de fibres optiques pour mesurer ou de manipuler l'activité cérébrale au cours des tests comportementaux (jusque 13 semaines). La grande majorité de ces implantations se fera en une seule intervention d’une durée inférieure à 5h. Une minorité se fera en deux fois (première intervention inférieur à 5h, seconde intervention inférieur à 2h). Aucun prélèvement ne sera effectué sur animal vigile (hors indication vétérinaire si nécessaire). Une chirurgie terminale sous anesthésie sera effectuée en vue du prélèvement du cerveau. Aucune des lignées de souris transgéniques utilisées ne présente de phénotype délétère. De même, le profil des substances administrées durant les soins (analgésiques, anesthésiques, hypnotiques) ou durant les expériences (inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine, agonistes ou antagonistes des récepteurs sérotoninergiques) est bien caractérisé dans la littérature et n’est pas connu pour entrainer de nuisances ou d’effets indésirables sur les animaux. Cependant, la plupart des protocoles prévus par ce projet implique un niveau de nuisance faible ou modéré pour les animaux principalement lié (i) aux chirurgies stéréotaxiques, (ii) à la restriction hydrique et (iii) à certains stimuli ou méthodes employés au cours des expériences comportementales. Celles-ci sont décrites brièvement ci-dessous et plus en détails dans la section associée à chaque procédure.

Impact sur les animaux

A. Toutes les procédures impliquent un accès à l'eau contrôlé peuvent s’accompagner d’une perte de poids encadrée. Il s'agit de la seule approche permettant d’obtenir un nombre d’essais par session suffisant pour permettre de modéliser les l’apprentissages et de prise de décision (typiquement, entre 100 et 300 par session) dans les expériences de conditionnement instrumental. Les animaux soumis à ce contrôle pourront avoir accès à une supplémentation manuelle les jours non travaillés. En outre, de petits jets d'air (air puff) légèrement aversifs pourront être administrés au cours des expériences de conditionnement, de manière à étudier la manière dont le système sérotoninergique contribue à moduler l'apprentissage dans un contexte comprenant la possibilité de telles stimulations. B. Tous les animaux inclus dans les procédures de pharmacologie aigue ou ayant reçu un implant cérébral feront l’objet d’injections sous-cutanées ou intrapéritonéales (en fonction de la substance injectée) visant soit à traiter la douleur soit à étudier l’impact comportemental ou neurophysiologique de substances agissant sur le système sérotoninergique qui peuvent causer une douleur transitoire et un léger stress dû à la contention. C. Les chirurgies stéréotaxiques nécessaires pour l’implantation de fibres optiques ou d’électrodes entraineront une douleur au niveau du scalp (liée à l’incision) résolue durant les 3 à 5 jours suivants (contrôlée par l’administration d’analgésiques). D. Les animaux implantés avec une fibre ou une lentille pour manipuler ou mesurer les activités cérébrales seront hébergés individuellement pour éviter l’endommagement des implants par leurs congénères. Certains animaux non-implantés seront également hébergé individuellement pour permettre de caractériser l’impact de l’hébergement individuel sur l’apprentissage en condition contrôlable ou incontrôlable, ainsi que l’impact (positif) d’un enrichissement interactif dans les cages. L’hébergement individuel peut en effet induire un profil comportemental de type anxieux, dépressif ou anhédonique chez certains individus.

Devenir

Les animaux seront euthanasiés pour permettre d'étudier le tissu cérébral à l'issue de chaque procédure, sauf les animaux n'ayant subi aucun traitement pharmacologique et qui pourront donc être proposés à l'adoption ou réemployés à d'autres fins scientifiques.

Remplacement

Les méthodes utilisées nécessitent l’utilisation de modèle murin, notamment pour les évaluations comportementales et les enregistrements neuronaux qui ne peut être remplacées par une autre approche ex vivo pour répondre aux objectifs du projet. Le principe central du projet est en effet d’établir chez le rongeur des liens robustes entre structure et fonction qui ne peuvent être établis chez l’être humain (techniques invasives). Ceci étant dit, ce projet possède également une composante expérimentale chez l'être humain (non décrite ici), l'objectif final étant d'informer et contraindre une théorie de la fonction sérotoninergiques adossé à une théorie computationnelle qui soit applicables aux deux espèces. Grâce à cette approche translationnelle, les modèles mathématiques et statistiques utilisés pour rendre compte du comportement murin auront été largement développés sur la base d'expériences purement comportementales effectuées chez l'être humain, ce qui constitue une stratégie de remplacement efficace.

Réduction

Notre stratégie de réduction s’appuie sur trois piliers principaux : (i) utilisation d’animaux mâles et femelles pour les expériences, (ii) utilisation des individus n’exprimant pas les transgènes d’intérêt comme individus contrôles, (iii) utilisation de design expérimentaux mixtes (facteurs intra- et inter-sujets) et de modèles computationnels pour maximiser l’information apportée par chaque individu Il est difficile de déterminer le nombre exact d'animaux qui seront in fine nécessaires, compte tenu du caractère novateur des paradigmes comportementaux, de la nature multivariée des enregistrements dans des zones encore peu explorées, du conditionnement de certaines expériences aux résultats des précédentes (un autre levier de réduction), et de certains des outils utilisés de conception récente (micro-endoscopie et biosenseurs notamment). Les lots décrits pour chaque procédure sont donc : (i) basés sur des effectifs fréquemment rencontrés dans la littérature pour les expériences pilotes et (ii) estimés grâce à un calcul de puissance statistique s’appuyant sur les expériences pilotes pour les expériences principales. L’acquisition de données pourra en outre être interrompue dès lors que l’information collectée permettra de conclure quant à la validation ou à la réfutation d’une hypothèse donnée. Les lots proposés donnent donc la limite haute du nombre d’animaux qui pourront être utilisés dans ce projet, mais nous nous efforcerons de ne pas tester plus d’animaux que nécessaire en évaluant le niveau d’évidence obtenu au fur et à mesure. Enfin, les animaux produits dans le cadre de ce projet mais non inclus dans les procédures (pour cause de génotype incompatible ou d'excédent) seront proposés aux autres équipes de recherche habilitées de l'institut. Le nombre total d’animaux prévus tient compte du taux d’échec expérimental (entrainement, chirurgies) s’élevant au maximum à 20% des effectifs, ainsi que des expériences pilotes nécessaires pour optimiser le nombre d’animaux inclus dans chaque expérience.

Raffinement

Dans le cadre du projet proposé, pour chaque mesure expérimentale, des points limites sont établis pour éviter la souffrance et garantir le bien-être de l’animal. Les animaux ont accès à de l'enrichissement (abri, matière pour faire un nid, grille, voire tunnel ou roue). Ils pourront également avoir accès à des éléments interactifs offrant ou non un contrôle sur des stimuli affectivement neutres de l’environnement. La nourriture est toujours fournie ad libitum. Notre protocole de contrôle hydrique est basé sur un important travail d’optimisation et de raffinement préalable, qui permet de maximiser le nombre de récompenses obtenues par les animaux dans les appareils de test tout en minimisant la perte de poids associés. Ainsi, les récompenses liquides délivrées au cours des tests comportementaux pourront contenir une faible concentration de glucose afin de maximiser l’engagement des animaux (et donc la quantité totale d’eau absorbée au cours des expériences), tandis qu'une supplémentation est offerte lors des jours non travaillés. Concernant les procédures impliquant une exposition à des stimuli aversifs, nous utiliserons prioritairement de petites bouffées d’air proches des yeux. Ces jets d’air sont généralement considérés comme peu voire non douloureux. Un accès facilité à l’alimentation après chaque intervention est proposé avec hydrogel, croquettes en fond de cage et poudre de croquettes humidifiées (points limites). Pour réduire le stress des animaux, des séances d’habituations sont systématiquement prévues au manipulateur, à la salle d’expérimentation et aux appareillages utilisés. Un accès facilité à l’alimentation après chaque intervention est proposé avec hydrogel, croquettes en fond de cage et poudre de croquettes humidifiées (points limites). Pour réduire le stress des animaux, des séances d’habituations sont systématiquement prévues au manipulateur, à la salle d’expérimentation et aux appareillages utilisés. Enfin, les souris qui devront être hébergées individuellement bénéficieront d'enrichissement supplémentaire et les contacts sensoriels seront maintenus autant que possible (grandes cages divisées en deux par une cloison à trous, cages transparentes et proches les unes des autres).

Choix des espèces

La souris présente de nombreux avantages pour l'étude des systèmes monoaminergiques, leur implication dans l'apprentissage et la prise de décision, ainsi que la modulation des deux premiers par des facteurs environnementaux et affectifs. Des organismes-modèles plus simples tels que la mouche ou le poisson-zèbre sont inadéquats compte tenu de la relative complexité des protocoles comportementaux et des différences génétiques, physiologiques et anatomiques trop marquées en ce qui concerne le système sérotoninergique et ses partenaires. Des lignées de souris transgéniques permettent d'exprimer efficacement des protéines telles que les opsines, indicateurs calciques ou les biosenseurs dans des populations neuronales génétiquement définies (par exemple, lignées SERT-Cre ou DAT-Cre). En outre, les mécanismes de synthèse, de signalisation et de dégradation des systèmes monoaminergiques sont hautement conservés entre la souris et l'être humain. Les protocoles de "résignation acquise" ont par ailleurs montré que les souris comme les humains sont sensibles au contrôle environnemental et que ce contrôle module leurs stratégies d'adaptation ultérieures. Enfin, la miniaturisation et la précision croissante des appareillages comportementaux permettent aujourd'hui d'étudier des fonctions cognitives autrefois testées chez les primates, telles que la prédiction ou l'inférence. Ces résultats constituent d'importants repères pour le projet actuel et font du rongeur le meilleur modèle possible pour ce projet. Les animaux utilisés dans les procédures seront de jeunes adultes entre 12 et 52 semaines (3 à 12 mois), les procédures d'habituation et d'entrainement aux tâches comportementales pouvant être relativement longues. Enfin, l'inclusion d'animaux dans cette fourchette d'âge relativement large devrait permettre de réduire le nombre d'animaux générés pour le projet.

  • Recherche fondamentale
    • Système nerveux
Souris : 2022
Souffrances
▲ -
▲ 1780
▲ 242
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 2022

Deux injections d'une molécule bloquant la myélinisation à 10 et 12 jours après la naissance, un prélèvement de l'extrémité de la queue pour le génotypage, puis des tests d'orientation dans un labyrinthe et des séances de nage d'une minute. 2 022 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, 242 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 1 780 un niveau léger. Ces 1 780 souris ne passent aucun test de comportement : elles sont utilisées pour le maintien des lignées et des analyses complémentaires, et celles nées sans le génotype recherché sont tuées. Le porteur écrit que "le nombre d'animaux utilisés est optimisé", alors que neuf souris sur dix de ce projet sont mobilisées hors des expériences de comportement elles-mêmes.

Objectifs

La myélinisation joue un rôle clé dans le fonctionnement des circuits neuronaux du cerveau. Nous souhaitons utiliser un modèle murin permettant d’inhiber la myélinisation pendant la période critique du développement. Notre intérêt est focalisé sur le circuit de navigation spatiale et a pour objectif de comprendre comment l'absence de la myéline affecte son fonctionnement.

Bénéfices attendus

Notre projet vise à déterminer le rôle de la myéline au niveau comportemental, physiologique et cellulaire. Il permettra de clarifier le rôle de la myéline dans la navigation spatiale au cours du développement. De plus, chez les patients atteints de sclérose en plaques, maladie inflammatoire démyélinisante chronique du système nerveux central, des troubles cognitifs sont associés à des lésions de régions cérébrales impliquées dans l'intégration multisensorielle. Parmi ces troubles cognitifs, on note l’apparition précoce de déficits d’orientation dans l’espace chez la moitié des patients. Cette pathologie qui touche 110000 personnes en France est la première cause de handicap non-traumatique chez l'adulte jeune. Nos travaux pourront apporter un éclairage nouveau sur les mécanismes physiopathologiques des déficits cognitifs dans la sclérose en plaques.

Procédures

Les animaux seront identifiés génétiquement par prélèvement distal de la queue (durée inférieure à 2 minutes par animal, réalisé en une seule fois). Ils recevront deux injections d'une molécule permettant de mettre en place le modèle, soit à 10 et 12 jours post-nataux, soit à 16 et 18 jours post-nataux (durée inférieure à deux minutes par injection par animal). Nous effectuerons des tests de comportement qui sont des tests d'orientation et de mémoire à court terme. Il s’agit d’un premier test de déplacement, 1 jour pendant 10 minutes, puis lors de deux autres jours, un test d'orientation dans un labyrinthe avec deux essais par jour de 8 minutes. Puis, les jours suivants, un autre type de test avec une première séquence de 5 jours consécutifs avec 4 essais de 1 minute par jour et un dernier test 3 jours après le dernier essai, et d’une deuxième séquence similaire de 5 jours d’essai pour renforcer l’apprentissage. D’autres animaux auront une séquence de 4 jours consécutifs avec deux essais quotidiens de deux minutes et un test le lendemain pour évaluer l’apprentissage. Une partie des animaux sera euthanasiée par une méthode réglementaire à la fin de la période de maintien pour réaliser les prélèvements nécessaires aux analyses. Une autre partie des animaux sera euthanasiée par une méthode réglementaire car ils ne présenteront pas le génotype d'intéret pour ce projet.

Impact sur les animaux

Nous effectuerons une injection intrapéritonéale d'une molécule permettant de mettre en place le modèle. L’administration de cette molécule n’affecte pas la viabilité des souris. Les animaux peuvent perdre un peu de poids après la première injection. Elle peut entrainer une douleur mais aussi un hématome. Il faudra vérifier la zone de l'injection intrapéritonéale sur les jours suivants l’injection. Nous effectuerons des tests de comportement qui sont des tests d'orientation dans l'espace et de mémoire à court terme, générant un stress temporaire chez les animaux. L‘eau est maintenue à une température comprise entre 20-22 degrés mais les souris peuvent être en légère hypothermie en sortant. Les tests comportementaux sont imposés à la souris, elle doit nager une minute et peut se refroidir un peu. Une légère et brève douleur peut se produire au moment du prélèvement de l’extrémité distale de la queue pour le génotypage .

Devenir

Tous les animaux utilisés seront euthanasiés à la fin des tests de comportement pour l'analyse de tissus post mortem. Les animaux utilisés pour le maintien de la lignée sont maintenus en vie pour la reproduction, puis ils seront euthanasiés par une méthode réglementaire à la fin de la période de maintien en accouplement. Les animaux issus des croisements qui ne présentent pas le génotype d'intérêt pour le projet seront euthanasiés.

Remplacement

Nous souhaitons utiliser un modèle animal (souris) car aucun modèle in vitro ou de culture cellulaire ne permet aujourd'hui d'étudier les mécanismes de mise en place des circuits d'orientation dans l'espace au cours du développement. De plus, la souris présente une homologie importante avec l’Homme.

Réduction

Nous prévoyons une étude pilote en comportement sur un nombre limité d’animaux (22 animaux non transgénique) pour valider l’analyse des trajectoires grâce à un nouvel algorithme. L'étude de 10 groupes de 22 animaux permettra ensuite d'obtenir des résultats statistiquement significatifs en comportement. Le nombre d'animaux utilisés est optimisé pour obtenir des résultats statistiques fiables et exploitables. Ainsi dans ce projet nous prévoyons un total de 2022 souris dont 242 réalisant les tests de comportement et 1780 pour maintien des lignées mais également pour des analyses complémentaires en immunohistologie, en microscopie électronique et en électrophysiologie qui nous permettront de répondre à notre question scientifique.

Raffinement

Les souris sont séchées avec une serviette de bain après chaque passage dans la piscine avant d’être replacées dans leur cage d’hébergement, sous lampe chauffante. Les animaux sont hébergés en groupe dans l’animalerie agréée (avec leur mère et leur portée avant sevrage, puis à 6 maximum par cage après sevrage), en milieu ventilé, avec une température de 22 plus ou moins 2 degrés, avec cycle diurne/nocturne de 12h. L’eau et la nourriture sont fournies ad libitum. Les animaux sont examinés quotidiennement par les zootechniciens, toute anomalie est signalée, l’équipe est rapidement informée pour une prise en charge optimale de l’animal. L’hébergement animal est en accord avec l’annexe III de la directive 2010/63/EU. Au moins un enrichissement par cage (pad de coton pour réaliser un nid) est fourni. Si une douleur devait persister malgré la prise en charge par la structure chargée du bien être animal/vétérinaire, les animaux seraient euthanasiés pour éviter toute souffrance. Si au cours de l’expérimentation, l’animal présente de grosses difficultés à se déplacer ou se relever pour se nourrir, apparaît un amaigrissement de plus de 15 pour cent du poids mesuré avant l’expérimentation ou un comportement indiquant une souffrance, l’animal sera euthanasié. Dans les expériences avec injection de la molécule permettant de mettre en place le modèle, certaines souris perdent du poids pendant une période pouvant aller jusqu'à dix jours, mais retrouvent leur poids par la suite. Les souris seront surveillées par pesée avant injection de la molécule et quotidiennement ensuite.

Choix des espèces

La souris (Mus musculus) est l'espèce de choix car son anatomie, sa physiologie et la génétique sont bien connues et sont relativement proches de celles de l’Homme. De plus, les méthodes pour la manipulation génétique de ces animaux sont les plus développées et correspondent donc à notre étude qui se base sur un support génétique impliqué dans le développement de la myéline. De plus il s’agit d’un modèle inductible, qui permet de contrôler l’arrêt de la myélinisation au cours du développement des souriceaux. Ensuite entre 5 et 9 semaines, les tests comportementaux seront réalisés car le développement du système nerveux sera suffisant pour réaliser ces tests. La myélinisation axonale n'est pas uniforme mais progresse après la naissance de la partie caudale à la partie rostrale du cerveau avec une progression comparable de l'efficacité de la communication neuronale. Cette myélinisation progressive n'a pas encore été clairement liée à l'ontogenèse de l’orientation spatiale. Nous pensons que le déficit de myéline dans les voies thalamo-cortico-presubiculaires devraient retarder l'émergence d'une orientation spatiale précise. Le patrimoine génétique des animaux sera identifié avec un prélèvement de l’extrémité de la queue réalisé à l’âge de 7 à 10 jours.

  • Recherche fondamentale
    • Système cardiaque
    • Système musculosquelettique
    • Système nerveux
Rats : 185
Souffrances
▲ -
▲ 84
▲ -
▲ 101
Devenir
 -
 -
 -
 185

185 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue pour les prélèvements, dont 101 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. La moitié subit l'ablation des cinq sixièmes de la fonction rénale en une seule opération de trente minutes, puis une échographie sous anesthésie gazeuse tous les trois mois pendant neuf mois. Le porteur décrit la progression attendue, hypertension pendant trois semaines, stabilisation, puis dégradation vers l'insuffisance rénale terminale pour 20 % des animaux au bout de six mois, qui sont alors tués. Sur le remplacement, il affirme que le modèle animal est "indispensable" parce que l'interaction entre rein, cœur, cerveau et muscles ne se reproduit pas autrement, et ajoute que le témoin sain est lui aussi "indispensable".

Objectifs

L'insuffisance rénale chronique (IRC) est un problème de santé publique mondial en raison de l'augmentation de son incidence et de sa prévalence avec près de 3 millions de patients touchés en France. Cette pathologie entraine dans des stades avancés des troubles généraux impliquant de nombreux organes. Une atteinte cardiovasculaire est observée à des degrés variables lors de l’insuffisance rénale chronique. C’est ce que l’on appelle en clinique le syndrome cardio-rénal. D’autre part, une perte de fonction et une réduction de la masse musculaire est également associée à l’insuffisance rénale chronique. Environ 50% des patients insuffisant rénaux sont affectés par cette myopathie dite urémique. L’atteinte des muscles entraine une faiblesse musculaire et une incapacité à se déplacer. Cette myopathie urémique est corrélée avec une augmentation de la mortalité et de la morbidité. De plus, les données épidémiologiques suggèrent que les individus à tous les stades de l'IRC ont un risque plus élevé de développer des troubles neuropsychiatriques, des troubles cognitifs et de la démence. L'insuffisance rénale augmente la sévérité des troubles cognitifs dans la maladie d’Alzheimer et la dialyse sur des modèles animaux de cette pathologie atténue les déficits cognitifs, la neuroinflammation et les processus neurodégénératifs. Le projet a pour but d’étudier la cinétique des modifications tissulaires et cellulaires des muscles squelettiques et cardiaque et du système nerveux au cours du développement de l’insuffisance rénale chronique. Un objectif important de cette étude est la compréhension de la chronologie de l’installation des atteintes cardiaque et musculaire et cérébrale accompagnant la maladie rénale. Pour cela, l’évaluation de la fonction cardiaque sera effectuée par échographie, l’atteinte cérébrale sera déterminée par des tests de comportement ainsi que le niveau d’oxygénation du cerveau par photoacoustique et la fonction musculaire par des tests d’efforts. Les signalisations impliquant la fibrose cardiaque, l’atteinte neuro-musculaire et la neuro-inflammation du système nerveux central seront évaluées sur ces organes après prélèvements. Cette étude chez l’animal approfondit, complète et étend une étude clinique sur la recherche de biomarqueurs à des fins diagnostiques et pronostiques menée chez le patient à divers stades d’insuffisance rénale chronique.

Bénéfices attendus

Notre projet a pour but d’étudier, de façon intégrée, comment l’insuffisance rénale chronique altère les fonctions cardiaque, cognitive et musculaire au cours du temps et quelles sont les signalisations cellulaires modifiées et pourquoi. Nous souhaitons également rechercher des biomarqueurs pour le diagnostic et le pronostic de ces différentes atteintes. De plus, un protocole de réhabilitation cardiaque et musculaire par l’activité physique sera également effectué dans cette étude.

Procédures

La moitié des animaux subiront une néphrectomie , l'opération dure environ 30 min. Ensuite, il n'y a pas d'autres interventions sauf des anesthésies gazeuses par isofluorane afin d'effectuer des échographies ou photoacoustique une fois chaque 3 mois.

Impact sur les animaux

Dans les 3 premières semaines il va y avoir une hypertension artérielle chez les animaux liée à la demande du rein restant d'être plus perfusé car ce dernier étant ligaturé sur des artérioles rénales voit son afflux sanguin diminué. Ensuite, comme pour l'Homme, le rein va s'adapter et compenser la perte de la fonction rénale et l'animal restera stable pendant plusieurs mois. Au bout de 3-4 mois (pour la majorité) l'insuffisance rénale va progresser sur plusieurs mois pour arriver à une insuffisance rénale terminale. Au cours de cette progression l'animal redéveloppe une hypertension artérielle modérée qui va entrainer une insuffisance diastolique qui se transformera en insuffisance cardiaque dans les stades terminaux. Dans notre cinétique, la majorité des animaux n'arrivent pas à un stade terminal car ce n'est pas le but de l'étude. 20% des animaux après 6 mois de néphrectomies progresserons vers une insuffisance rénale terminale et ces animaux seront euthanasiés immédiatement afin d'éviter toutes souffranes. Les analyses échographiques, photoacoustique ou tests de comportement n'apporte pas de nuissances pour l'animal.

Devenir

les animaux seront euthanasiés afin d'effectuer les prélévements biologiques.

Remplacement

Le modèle animal est indispensable à cette étude sur les effets cardiaques, cérébral et musculaires d'une pathologie rénale chronique. L'interaction entre différents organes (rein-cœur-cerveau-muscles) est nécessaire et elle représente bien la pathologie humaine affectant divers organes cibles à divers stades de l’insuffisance rénale chronique. Le développement du remodelage structurel des tissus ne peut être évalué que sur l’animal. Le rat soumis à une néphrectomie subtotale (Réduction Masse Rénale = RMR) représente le modèle d'insuffisance rénale chronique progressive reconnu entrainant des atteintes du muscle cardiaque et des muscles squelettiques et cérébral. Son témoin sain est également indispensable pour valider nos hypothèses de travail. Ces déterminants ne peuvent pas être reproduits dans leur complexité par des méthodes alternatives.

Réduction

Lors de cette étude nous aurons besoin de 185 animaux. Ce nombre a été calculé par une approche statistique sur le critére échographique diastolique E/e'. Le fait de suivre les animaux en cinétique d'un point de vue échographique, photo acoustique et comportement, permet de réduire le nombre d'animaux utilisés car ils sont également leurs propre contrôles au cours du temps. En effet, si on n'effectuait pas ces analyses en cinétique, il nous faudrait 26 animaux par groupe au lieu de 14 pour la version la plus optimiste et il nous en faudrait 57 par groupe pour la version la plus pessimiste du calcul du nombre d'animaux.

Raffinement

J'effectue la néphrectomie des 5/6 de la fonction rénale en une seule chirurgie contrairement aux protocoles publiés classiquement ce qui permet de limiter le nombres d'anasthésies et d'ouverture de l'animal sur une semaine. Avec cette méthode, nous avons très rarement des décès et nous réduisons les souffrances. Une injection d'analgésique est effectuée pour limiter la douleur en pré-opératoire et post-opératoire 2 fois par jour pendant 48h. L’animal en post-opératoire est placé dans une cage individuelle et surveillé jusqu’à son complet réveil. Les animaux sont gardés dans les pièces de stabulation dédiées, deux par cage et surveillés quotidiennement la première semaine. Ils ont bien sûr un accès libre à la boisson et à la nourriture. Le milieu est enrichi par l’ajout de cubes de bois ou de tunels en carton. Après le suivi quotidien de la première semaine, un suivi bihebdomadaire est effectué pour vérifier l'état de santé des rats. Le poids des animaux est contrôlé toutes les semaines. Si un des animaux est en souffrance selon la grille des points limites (ci-joint) ce dernier sera euthanasié.

Choix des espèces

Le rat est probablement l’animal dont la fonction rénale et les pathologies associées sont les plus proches de celles de l’homme. Ce modèle de réduction de la masse rénale est bien caractérisé et les outils immunologiques, biochimiques et moléculaires sont disponibles pour cette espèce. Les rats auront entre 11 et 12 semaines au moment de la néphrectomie subtotale. Ils seront ensuite étudiés à trois temps, 12, 24 et 36 semaines de la pathologie. Cela correspond à la progression de la pathologie dans les stades 3 et 4 de l’insuffisance rénale chronique. Au stade 3, la fonction rénale est approximativement divisée par deux avec une créatinine (marqueur de la fonction rénale) à 70-80 micromole.l-1 et au stade 4 la fonction rénale est approximativement divisée par 3-4 avec une créatinine d'environ 110-140 micromole.l-1. Au stade 3 l'hypertension et l'insuffisance diastolique commencent à s'installer et au stade 4 les rats ont une hypertension persistante (140-150 mmHg) et une insuffisance diastolique avec une fibrose cardiaque. Les atteintes musculaire et cérébrale apparaissent plutôt au début du stade 4.