Xénopes
Etude des mécanismes moléculaires de la régulation du cycle cellulaire, de la migration et de la différenciation cellulaires chez l’amphibien
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Réutilisées d'une procédure à la suivante à six mois d'intervalle, 200 xénopes vont être exploitées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, sans qu'aucune mise à mort ne soit déclarée à l'issue. Les femelles subissent des ovariectomies, répétées sur le même individu une fois les ovaires régénérés, ou jusqu'à trois injections d'hormone chorionique gonadotrope pour être forcées à pondre, et les mâles sont prélevés de leurs testicules. Le porteur décrit pourtant trois groupes de 140 femelles, 60 femelles et 60 mâles, soit 260 individus pour 200 déclarés. Il présente le xénope comme un "modèle alternatif" qui réduit le nombre de "vertébrés supérieurs" utilisés, dans un projet dont les points limites vont de la torpeur à l'érosion des doigts jusqu'à l'os et aux saignements des yeux.
Objectifs
Les cellules répondent aux stimuli en déclenchant des réseaux de signalisation qui définissent des propriétés permettant le développement précoce. Les stress externes (exemples : les métaux lourds, les médicaments chimiothérapeutiques) dérèglent la division cellulaire et la décision du destin cellulaire, favorisant des défauts de développement et diverses maladies. L'objectif central de cette recherche est de démêler les voies de signalisation critiques impliquées dans la méiose, la mitose et l'embryogenèse. Les travaux de recherche se concentrent sur l'interaction entre ces réseaux de signalisation et les ajout de sucres ou de fixation de sucres sur des molécules clefs. En utilisant Xenopus laevis comme modèle principal, le projet vise à identifier les principales cibles moléculaires et à déchiffrer les mécanismes d'action associés aux dérégulations conduisant à l'infertilité et à des pathologies telles que les parasitoses ou les cancers.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus concernent principalement la compréhension fondamentale des mécanismes cellulaires impliqués dans le développement et la reproduction, avec des retombées potentielles pour la recherche médicale et la santé humaine. Les résultats pourraient ainsi contribuer à la lutte contre l’infertilité, les maladies parasitaires et certains cancers.
Procédures
Nos procédures impliquent : - le prélèvement des ovaires ; - l'induction de l'ovulation par injection d'hormone chorionique gonadotrope, - la manipulation d'embryons obtenus par fécondation externe : les ovocytes sont obtenus par ponte (stimulation par injection d’hormone chorionique gonadotrope) et les spermatozoïdes sont obtenus après prélèvement des testicules. Les animaux ayant été injecté pour stimulation de la ponte ovarienne et les anmiaux subissant l'ovariectomie ne sont pas les mêmes.
Impact sur les animaux
Les injections sous-cutanées entraînent des douleurs légères de courte durée et ne provoquent pas d’effets indésirables notables à long terme. Les risques associés aux procédures chirurgicales seront évalués quotidiennement : torpeur, perte rapide de poids, tension de l’abdomen et gonflement, hémorragies cutanées.
Devenir
La réalisation de l'induction par injection d'hormone chorionique gonadotrope peut être répétée, pour stimuler chez un même individu (6 mois d'intervalle, au minimum, et ce afin de permettre la régénération des ovaires). 3 stimulations sont considérés, au maximum, et dans l'optique de réduire le nombre des animaux utilisés. Les femelles ayant subi 3 prélèvements et 3 injections sont considérés peuvent être de nouveau considérées pour une procédure d'ovariectomie ou d'injection hormonale, en fonction de leur état et dans une perspective de réduction du nombre d'animaux utilisés. La décision est prise par le responsable du projet, en concertation avec les membres du SBEA.
Remplacement
Les cellules d’un organisme en développement partagent de nombreux points communs. Tandis que les cellules normales sont sédentaires, différenciées et se divisent peu, les cellules d’un organisme en développement prolifèrent rapidement (prolifération), se déplacent (migration) et possèdent la capacité à se différencier dans de nombreux types cellulaires (différenciation). Les limites inhérentes aux systèmes in vitro ne leur permet pas de récapituler de manière adéquate les événements moléculaires complexes qui se produisent durant le développement embryonnaire d’un animal vivant : prolifération, différenciation et migration cellulaires.
Réduction
3 groupes sont prévus : - 1 groupe pour les ovariectomies, composé de 140 femelles. Afin de réduire le nombre d'animaux utilisés, l'ovariectomie peut être répétée sur un même individu, après une intervalle d'au minimum six mois. - 1 groupe pour les inductions d'ovulation, composé de 60 femelles. Chaque femelle peut être stimulée 3 fois, à des intervalles de 6 mois, et ce afin de réduire le nombre d'animaux utilisés. - 1 groupe pour le prélèvements des testicules, où 60 mâles sont nécessaires si l'on considère que chaque prélèvement sert à la réalisation de 4 fécondations in vitro. En conclusion, par année seront réalisées (1) au minimum 30 ovariectomies (60 maximum pour les années 2 à 5, en considérant le prélèvement chez des animaux déjà opérés une fois ; le total du nombre d'ovariectomie se portera donc à 30 pour la première année et 60 maximum chaque année suivante année 1), et (2) au maximum 48 fécondations in vitro (le prélèvement des testicules chez les mâles constituera le facteur limitant du nombre possible de fécondation). Les nombres d'animaux enrôlés dans les deux premiers groupes tiennent compte d'un pourcentage d'animaux qui ne donneront pas de pontes correctes. Ce modèle "alternatif " aux mammifères permet de raffiner les expérimentations qui pourront être faites sur des modèles de vertébrés inférieurs, et réduire ainsi le nombre de vertébrés supérieurs utilisés à des fins d’expérimentation animale. Les résultats obtenus dans ces modèles sont transposables chez les mammifères, dans la mesure où les mécanismes étudiés sont hautement conservés au cours de l'évolution. L'utilisation des amphibiens s'inscrit dans une démarche visant à diminuer le nombre de mammifères impliqués en expérimentation animale, et à diminuer le nombre d'animaux.
Raffinement
Les points limites sont définis chez les amphibiens, comme indiqués ci-dessous: - Postures d’effondrement, reconnaissables à l’exposition vers l’extérieur de la partie interne de la palmure des pattes postérieures - Perte rapide de poids, visible grâce à la formation de groupes d’animaux de tailles comparables voire identiques du cloaque ou rostre. - Torpeur et absence de réaction lorsque les animaux sont légèrement pincés - Abdomen tendu et gonflement - Hémorragies cutanées - Érosion des doigts avec les os effleurant la peau - Usure des mâchoires - Perforations de la peau sur la partie dorsale. - Saignements au niveau des yeux et des membranes. En présence d’un de ces points limites, l’euthanasie est considérée .
Choix des espèces
Les cellules d’un organisme en développement partagent de nombreux points communs. Tandis que les cellules normales sont sédentaires, différenciées et se divisent peu, les cellules d’un organisme en développement prolifèrent rapidement (prolifération), se déplacent (migration) et possèdent la capacité à se différencier dans de nombreux types cellulaires (différenciation). Les limites inhérentes aux systèmes in vitro ne leur permet pas de récapituler de manière adéquate les événements moléculaires complexes qui se produisent durant le développement embryonnaire d’un animal vivant : prolifération, différenciation et migration cellulaires. L’espèce Xenopus constitue un modèle largement caractérisé et établi pour l’étude des événements du développement embryonnaire depuis près d’un siècle. Les ovocytes, des œufs et les embryons de ces espèces offrent de nombreux avantages : développement externe, fortes concentrations de protéines, synchronisation physiologique, fortes capacités de synthèse protéique et forte conservation des mécanismes moléculaires de contrôle du cycle cellulaire. Ce modèle animal s’impose également comme un modèle de choix dans les approches de criblage pharmacologique ou toxicologiques. Ce modèle alternatif permet de raffiner les expérimentations qui pourront être faites sur des modèles de vertébrés inférieurs, et réduire ainsi le nombre de vertébrés supérieurs utilisés à des fins d’expérimentation animale. La régénération des ovaires chez cette espèce permet de réduire le nombre d'animaux femelles utilisés dans le protocole. Des individus des deux sexes sont nécessaires pour obtenir des oeufs fécondés et des embryons précoces.
XENOGREEN 2 : Interactions entre amphibiens autochtones et amphibiens exotiques envahissants : impacts du xénope sur les populations de grenouille verte.
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Xénopes : 693
Capturés en milieu naturel, transportés isolément en moins de trente minutes, anesthésiés puis injectés d'hormones pour déclencher la ponte : trois couples de grenouilles vertes et six couples de xénopes ouvrent ce protocole, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leurs têtards, 1 152 répartis dans 24 bacs placés en milieu naturel à raison d'un ou trois par litre, plus 165 passés en test de comportement de quinze minutes dans un aquarium d'un litre, servent à mesurer si la présence du xénope ralentit la croissance de la grenouille verte. 1 335 amphibiens sont déclarés au total. Les six grenouilles vertes adultes et leurs 636 têtards sont remis à l'eau sur leur mare d'origine, tandis que les 693 xénopes, adultes et têtards, sont anesthésiés puis tués par surdose d'anesthésiant parce que leur espèce est classée exotique envahissante.
Objectifs
L’objectif de cette étude est d’apporter des éléments de connaissance sur la sensibilité des populations d’amphibiens autochtones comme la grenouille verte à des changements environnementaux majeurs auxquels l’espèce est confrontée. Si les études scientifiques sur l’écologie de la grenouille verte sont nombreuses, l’impact de la présence de potentiels compétiteurs invasifs sur la dynamique des populations de grenouille verte restent très mal documentés. L’étude se propose ici de tester l’impact de la présence des têtards de xénope lisse Xenopus laevis sur la grenouille verte Pelophylax spp. Le xénope lisse est une espèce d’amphibien originaire d’Afrique australe introduite et envahissante depuis une quarantaine d’années en France. Cette espèce au stade adulte est aujourd’hui connue pour menacer la biodiversité locale par de la compétition directe avec les amphibiens ou encore par la transmission de maladies. Cependant, il n’a pas encore été décrit l’impact indirect de la présence du xénope lisse dès les premiers stades de vie sur la faune locale. Ce projet visera à étudier l’impact de la présence du xénope sur la croissance (durée de la période larvaire), la survie, la taille à la métamorphose et le comportement de la grenouille verte. Pour ce faire, il est nécessaire d’obtenir des pontes de grenouille verte et de xénopes à partir d’adultes capturés en milieu naturel puis injectés à l’aide d’une hormone. Une fois les pontes obtenues les adultes de grenouille verte seront relâchés et les adultes de xénopes seront mis à mort (dû à son statut d’espèce exotique envahissante) puis les têtards seront placés en bacs en milieu naturel. Les têtards seront placés sous des conditions de compétition différentes (intra- et interspécifique) et sous une ou deux densité différentes (1 et 3 têtards par litre). Ce projet apportera des informations essentielles sur l’impact du xénope lisse sur une espèce locale d’amphibien, la grenouille verte qui est aujourd’hui classée en quasi-menacée sur la liste rouge de l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en France. Ce classement implique que si des mesures rapides ne sont pas prises, leur statut de conservation sera menacé.
Bénéfices attendus
Ce projet s’insère dans les problématiques de conservation et gestion de la biodiversité. Il s’inscrit dans le défi scientifique actuel visant à comprendre les mécanismes en lien avec la sensibilité des organismes à l’altération spatio-temporelle de leur habitat dont la présence des espèces exotiques envahissantes est annoncée comme l’une des principales causes de l’érosion de la biodiversité. Ce projet nous permettra de tester pour la première fois l’impact de la présence du xénope sur la croissance, la survie, la taille à la métamorphose et le comportement des grenouilles vertes en milieu naturel. Nous émettons l’hypothèse que la présence de têtards de xénope dans le milieu de vie des grenouilles vertes pourrait induire une diminution de leur croissance et survie en affectant des fonctions écologiques vitales chez la grenouille verte. D’un point de vue comportemental, nous émettons l’hypothèse que la présence de têtards de xénope induirait un changement dans l’occupation spatiale des têtards de grenouille verte. Ces résultats permettraient une meilleure compréhension de la biologie et de l’écologie de ces deux espèces et plus encore sur leur interaction. De manière plus globale, cette étude permettra d’apporter des éléments scientifiques qui viendront enrichir les discussions sur les stratégies de gestion/conservation de ces espèces à l’échelle du territoire notamment depuis que le xénope a colonisé beaucoup de zones humides dans l’Hexagone.
Procédures
Le transport sera assuré jusqu’au laboratoire en moins de 30 minutes. Les femelles préalablement anesthésiées seront injectés d’hormones une fois (durée d’injection : 30 secondes) pour induire l’ovulation et stimuler l’accouplement. Après isolement et éclosion des pontes, les têtards seront répartis dans des bacs placés en milieu naturel sous deux densités différentes (1 têtard par litre et 3 têtards par litre) et en interaction inter- et intra-spécifique (plurispécifiques ou monospécifiques). D’un côté, nous testerons quatre réplicats pour chaque modalité, nous aurons donc 24 bacs et 576 têtards de grenouille verte et 576 têtards de xénopes en tout. Au moment de la métamorphose (dès la sortie de la première patte) les individus seront pesés et mesurés. D’un autre côté, des têtards seront répartis, au sein de quatre bacs pour les xénopes et trois bacs pour les grenouilles vertes (env. 1 têtard par litre). Nous aurons besoin de 60 têtards de grenouille verte et 105 têtards de xénopes. Une fois que les individus ont trois jours, ils seront placés par groupe dans un dispositif de test de comportement (aquarium de 1 L contenant de l’eau de mare). Les têtards seront placés en acclimatation pendant 15 minutes dans le dispositif (3 réplicats de 5 grenouilles vertes seules, 3 réplicats de 5 xénopes seuls puis 3 réplicats avec trois densités différentes (5, 10, 15) de xénopes confrontés à 5 grenouilles vertes). Le test durera 15 minutes puis les individus seront tous replacés dans un bac à part afin de ne pas repasser les mêmes individus en test. Une fois les tests passés, les adultes et les têtards de grenouilles vertes seront replacés dans le milieu naturel sur leur site d’origine. Les xénopes ne pouvant pas être libérés dans la nature seront placés dans un bain de sédatif pour être anesthésiés puis une surdose d’anesthésiant sera ajoutée pour la mise à mort des têtards et des adultes.
Impact sur les animaux
Fort de notre expérience, nous ne prévoyons aucun problème lors de la capture d’adulte et le transfert vers l’EU. Il est envisageable qu’un amphibien soit blessé lors de la capture ou de la manipulation et donc développe une maladie. Pour l’injection d’hormones (1 fois pendant la durée de la procédure, douleur légère et temporaire (10 secondes) lors de l’injection), les amphibiens seront anesthésiés pendant 15 minutes. Le transport (1 fois pour les xénopes, 2 fois pour les grenouilles vertes) entre le site de prélèvement et l’EU (< 30 km), est un stress léger à modéré sur la durée (30-40 minutes). Afin de limiter les agressions entre les individus ils seront transportés isolément dans leur boîte. Seront contrôlés pendant l’expérimentation, l’activité et la décoloration de la peau. Le nourrissage se déroulera en fin de journée (intervention de 5 minutes maximum dans l’EU). La bonne prise alimentaire sera vérifiée par la prise de poids.
Devenir
Les 6 grenouilles vertes adultes et les 636 têtards seront remis en liberté avec une acclimatation à leur milieu naturel en ouvrant les boites de transports à côté de leur mare d’origine. Les animaux seront observés le temps qu’ils sont visibles après l’ouverture des boites afin de s’assurer de leur bonne acclimatation à leur milieu. Les 12 xénopes adultes et les 636 têtards seront mis à mort avec une surdose d’anesthésiant après une anesthésie car il est impossible de relâcher dans le milieu naturel cette espèce classée comme espèce exotique envahissante.
Remplacement
L’objectif de l’étude étant d’étudier la survie et la croissance des premiers stades de vie de la grenouille verte face à la présence d’un compétiteur, il n’est pas possible de remplacer les animaux prévus pour cette expérimentation. Il est donc nécessaire de recourir à des animaux. De plus, il est impossible de modéliser les réponses des têtards face à la compétition car c’est la première fois que cette question sera posée pour ces deux espèces dans un contexte semi-contrôlé et en testant la compétition indirecte. Par conséquent, aucun modèle ne pourra permettre de prédire ce qu’il va se passer.
Réduction
Les trois couples de grenouille verte et les six couples de xénopes soit trois femelles et trois mâles Pelophylax spp. et six femelles et six mâles Xenopus laevis seront amenés au laboratoire et injectés d’hormones permettant d’induire la ponte et de stimuler l’accouplement. Les trois couples de chaque espèce sont le minimum pour assurer la quantité d’œufs nécessaire pour l’expérimentation en bacs. Par ailleurs, la densité de têtards (1 ou 3 têtards par litre), nous semble appropriée pour pouvoir observer des interactions entre les individus.
Raffinement
Le transport de la zone de prélèvement en milieu naturel vers le laboratoire sera effectué dans des bacs fermés et à l’abri de la lumière pour limiter le stress des animaux. Les amphibiens étant des espèces proies, il est important de leur fournir un abri. Des tuyaux en plastiques et des objets flottants seront alors disposés dans les bacs permettant aux amphibiens de se cacher. De plus, afin d’apporter un environnement plus complexe aux amphibiens, des pierres seront disposées dans les bacs. Avant, l’expérimentation, la qualité de l’eau (dureté et chlore) sera testée. Chaque jour, une personne habilitée et formée sera en charge de vérifier le comportement des amphibiens avant et après l’injection d’hormones (en dehors des périodes de nourrissage). La qualité d’eau, c’est-à-dire les paramètres physico-chimiques sera mesurée une fois par semaine. En cas de mauvaise qualité d’eau, un changement d’eau sera effectué puis une mesure deux jours après sera reprise pour s’assurer que les amphibiens sont dans un environnement stable. Enfin, l’anesthésie avant l’injection d’hormone permettra de limiter tout stress. Les différentes phases de réveil seront surveillées ainsi qu’un retour à l’alimentation 24h après l’injection. Pour la phase expérimentale en bacs, le transport de la zone d’élevage à la zone expérimentale sera effectué dans des bacs couverts permettant de placer les individus dans le noir limitant le stress des amphibiens lors du transport. Une mauvaise qualité d’eau reportera le test prévu. Enfin, il y aura une période de 15 minutes d’acclimatation dans l’arène avant de commencer le test de comportement. Le bien-être sera évalué par une grille déterminant les points limites à la continuité du projet. Infections, blessures, comportement, dépigmentation et prise alimentaire seront évalués grâce à une échelle de score donnant un score global compris entre 0 (normal – aucune action) à supérieur à 7 (mise à mort de l’amphibien avec une surdose d’anesthésique).
Choix des espèces
Les deux espèces choisies sont : la grenouille verte Pelophylax spp. et le xénope Xenopus laevis. L’objectif de cette étude est de comprendre l’impact de la présence des têtards de xénope lisse Xenopus laevis sur la grenouille verte Pelophylax spp. Le xénope lisse est une espèce d’amphibien originaire d’Afrique australe introduite et envahissante depuis quelques années dans les mares, cours d’eau et rivières . Cette espèce au stade adulte est aujourd’hui connue pour menacer la biodiversité locale par de la compétition directe avec les amphibiens ou encore par la transmission de maladies. Cependant, il n’a pas encore été décrit l’impact indirect de la présence du xénope lisse dès les premiers stades de vie sur la faune locale. Ce projet apportera des informations essentielles sur l’impact du xénope lisse sur une espèce locale d’amphibien, la grenouille verte qui est aujourd’hui classée en quasi-menacée sur la liste rouge de l’IUCN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en France. Ce classement implique que si des mesures rapides ne sont pas prises, leur statut de conservation sera menacé. Aujourd’hui, il apparaît donc nécessaire de comprendre l’impact de la colonisation du xénope dans sa globalité dès les plus jeunes stades de vie. Les animaux impliqués dans la première procédure seront des adultes. Notre objectif étant d’obtenir des pontes, nous n’avons la possibilité que de travailler sur des animaux matures et prêts à se reproduire et des femelles prêtes à pondre. C’est pour ces raisons que les animaux ne seront mis en captivité que lorsqu’ils seront prêts à s’accoupler. Pour la seconde procédure, les animaux utilisés seront des têtards des deux mêmes espèces. Notre objectif est d’étudier l’impact de la présence d’un compétiteur ou non sur le comportement de fuite, sur l’activité ainsi que sur les potentielles capacités des individus à se regrouper pour se défendre dès les premiers stades de vie.
Formation réglementaire destinée aux personnes concevant ou réalisant des procédures expérimentales et des projets sur modèles aquatiques : Travaux pratiques sur espèces aquatiques
- Formation professionnelle
Poissons zèbres : 140
Autres poissons : 60
Anciens reproducteurs ou individus écartés parce qu'ils ne répondent pas aux standards commerciaux, les carpes koï utilisées ici étaient de toute façon promises à la mise à mort. 16 xénopes, 140 poissons zèbres et 60 autres poissons vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les xénopes femelles reçoivent une injection d'hormone gonadotropine puis, le lendemain, un massage abdominal de deux minutes pour prélever leurs ovocytes, les poissons zèbres subissent un prélèvement de gamètes et une biopsie de nageoire caudale sous anesthésie, les carpes koï une anesthésie de dix minutes. Les xénopes restent en vie et sont réutilisées d'une année sur l'autre dans la limite de six ponctions par individu, 70 poissons peuvent être adoptés et les autres sont tués, tout cela pour satisfaire l'obligation de formation pratique fixée par l'arrêté du 1er février 2013.
Objectifs
Les formations concepteurs sont encadrées par l’arrêté du 1er février 2013 relatif à l’acquisition et à la validation des compétences des personnels des établissements utilisateurs, éleveurs et fournisseurs d’animaux utilisés à des fins scientifiques. Cet arrêté définit le programme de base et ce dernier doit comporter une partie : Procédure faiblement invasive : théorie et pratique. Cet aspect pratique, à but éducatif, doit donc permettre aux stagiaires futurs concepteurs ou applicateurs de procédures expérimentales de se familiariser avec les manipulations élémentaires sur les principales espèces aquatiques utilisées à des fins scientifiques. A l'issue de ces séances, les expérimentateurs maîtriseront les aspects élémentaires de zootechnie et seront en mesure de réaliser des anesthésies et des mises à mort dans le respect de la réglementation en vigueur.
Bénéfices attendus
A l'issue de la formation les stagiaires seront réglementairement formés, auront acquis les connaissances et techniques leur permettant de garantir le maintien du bien-être animal dans le cadre de leurs travaux de recherche scientifique. La prise en charge de la douleur, l'identification précoce des signes cliniques des animaux, mais également les éléments zootechniques fondamentaux acquis seront autant d'éléments permettant d'améliorer la condition des animaux détenus en captivité.
Procédures
Les xénopes femelles seront soumises à une injection, sous contention d’une minute, d'hormone gonadotropine par session de travaux pratiques, le lendemain un prélèvement d’ovocyte par massage abdominal sera réalisé pour une durée de 2 minutes maximum. Les poissons-zèbres seront soumis à un seul prélèvement de gamètes par individu (sperme et ovocytes) de manière non- invasive, et une biopsie d'une faible portion de la nageoire caudale, l’ensemble de la manipulation n’excédera pas 10 min par individu, réalisé sous anesthésie. Les carpes koï seront soumises à une anesthésie n’excédant pas 10min.
Impact sur les animaux
La majeure partie des manipulations sera réalisée sous anesthésie par balnéation limitant les sources d’inconfort pour les animaux. Le seul effet indésirable potentiel pourrait apparaître suite à la biopsie de la nageoire caudale. Bien qu'il s'agisse d'un organe capable de régénération, il présente des nocicepteurs, c'est pourquoi un analgésique sera administré en post-prélèvement. Les animaux seront manipulés à l’aide d’une épuisette, pouvant présenter une légère source de stress lors des transferts de bac à bac.
Devenir
Poisson-zèbre et carpe koï : En fin de procédure les animaux seront mis-à-mort ou adopté si leur état de santé le permet. Xénopes : Les animaux seront maintenus en vie pour être réutilisée d'une année à l'autre, les procédures etant faiblement invasives.
Remplacement
Dans le cadre de la réglementation, lors de séances de Travaux Pratiques le remplacement des animaux par un modèle alternatif est impossible. Toutefois, lors des enseignements théoriques, le recours aux méthodes alternatives (Cellules souches pluripotentes induites IPS, organöides, organes sur puces, impression 3D de tissus, utilisation d’embryons) est largement évoqué et encouragé dès que cela est possible.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés est calculé au plus juste (pour chaque session, 1 à 2 animaux par espèce et par binôme/trinôme de stagiaires, ainsi qu’un nombre restreint d’animaux pour les démonstrations par les encadrants) et la quantité est toujours adaptée au nombre de stagiaires. Nous utiliserons dans la mesure du possible des animaux adultes issus de l'élevage standard, animaux dit de réforme : anciens reproducteurs ou individus ne présentant pas les standards commerciaux (carpes-koï), dont le devenir est la mise à mort dans le but de ne pas produire d'animaux destinés exclusivement à la réalisation de ces travaux pratiques. Nous nous efforcerons de réutiliser une partie des animaux d'une session à l'autre lors des sessions de TP rapprochées, les xénopes femelles seront réutilisées sur plusieurs sessions sur plusieurs années, dans la limite de 6 prélèvements d’ovocytes par individu.
Raffinement
Un minimum de 3 formateurs expérimentés sera présent en permanence lors des séances de manière à encadrer au plus près les stagiaires lors des manipulations, un maximum de 12 stagiaires (soit 1 formateur pour 4 apprenants) par session sera respecté, permettant un suivi des animaux au plus près et un encadrement strict des gestes techniques. Une attention toute particulière est portée pour la diminution des contraintes exercées aux animaux, la majeure partie des manipulations sera réalisée sous anesthésie, l'application d'un analgésique sera systématique afin de minimiser toute douleur potentielle. Des éléments d'enrichissement environnemental seront installés dans les aquariums / bac de stabulation / sur les paillasses (ex : image de cailloux, tubes, fausses plantes) et de l'enrichissement alimentaire (proies vivantes, nourriture congelée plus appétente) sera proposé.
Choix des espèces
Poisson-zèbre et xénope sont les principales espèces utilisées à des fins scientifiques. Leurs facilités d'élevage, la vaste documentation disponible et la large communauté scientifique en font des modèles de choix. Les connaissances zootechniques disponibles et les caractéristiques biologiques (induction de ponte, nombres d'oeufs, température, etc.) de ces 2 espèces permettent de présenter l'ensemble des manipulations élémentaires réalisées lors des procédures expérimentales mises en oeuvre dans les projets de recherche. Les poissons étant un groupe paraphylétique composé d'une immense diversité d’espèces, il est important de pouvoir effectuer les manipulations sur un modèle différent. Cette formation est ouverte à une large communauté scientifique, travaillant sur un éventail d’animaux très varié. La carpe koï, poisson téléostéen d’eau froide, présente des caractéristiques complémentaires au poisson- zèbre tropical, notamment du fait de sa taille et de son écologie, elle permettra de mettre en évidence des aspects spécifiques à prendre en considération notamment lors des anesthésies. Xenopes et poissons-zèbre : les animaux utilisés seront uniquement des adultes sexuellement matures. L'ensemble des manipulations et observations doivent être réalisées sur des animaux adultes afin d'apporter aux stagiaires les meilleurs éléments de formations pour leur procédures futures, d'autre part l'induction de pontes par injection d'hormone ne peut s'effectuer que sur des femelles xénopes adultes. Carpe koï : les animaux seront des juvéniles, de l’ordre de 10 à 15 cm non-encore sexuellement différenciés.
Mise en place d’un nouveau système modèle amphibien pour l’étude du développement cérébelleux
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système nerveux
Choisies pour une longévité de dix à vingt ans et une fertilité qui ne décline pas avec l'âge, 80 femelles xénopes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Tous les quatre mois, chacune reçoit une injection hormonale dans les sacs lymphatiques, puis est maintenue en contention pendant que l'expérimentateur presse ses flancs pour faire sortir les ovocytes, un geste que le porteur décrit comme la reproduction de l'amplexus du mâle. Elles passent ensuite 48 heures seules, le temps de se vider, pour éviter que leurs congénères ne les mordent en voulant manger les œufs. Aucune n'est tuée dans ce projet : le porteur prévoit jusqu'à vingt stimulations par femelle sur cinq ans et écrit qu'elles peuvent être réutilisées jusqu'à leur fin de vie naturelle.
Objectifs
Ce projet s’intéresse à une voie de communication entre les cellules, très importante pour le développement de l’embryon, la multiplication des cellules et l’équilibre général des tissus. En particulier, l’étude se concentre sur une région spécifique du cerveau chez les vertébrés. Des recherches antérieures ont montré que des dérèglements de cette voie peuvent favoriser l’apparition de tumeurs. Récemment, l'équipe a identifié de nouveaux éléments clés qui contrôlent cette voie de signalisation. Nous avons aussi confirmé que certaines espèces de grenouilles, comme Xenopus laevis et Xenopus tropicalis, sont de bons modèles pour comprendre comment cette zone du cerveau se forme. À long terme, ces travaux pourraient aider à développer de nouveaux outils pour mieux comprendre certaines maladies génétiques humaines.
Bénéfices attendus
Certaines maladies génétiques et certains cancers, en particulier ceux qui touchent les enfants, sont liés à un mauvais fonctionnement d’un mécanisme de communication entre les cellules que nous étudions. Notre but est de créer un nouveau modèle simple et fiable pour mieux comprendre comment certaines maladies du cerveau apparaissent très tôt, dès le développement de l’embryon, ainsi que comment certains cancers, notamment les cancers pédiatriques, se forment. Grâce à ce projet, nous espérons découvrir de nouveaux éléments qui contrôlent cette voie cellulaire et mieux comprendre les erreurs qui peuvent conduire au développement de tumeurs.
Procédures
Les animaux seront soumis à une administration d’hormone sur animal vigile en contention afin de stimuler la ponte qui dure de 5 à 10 secondes et ce tous les 4 mois. 18h après l’injection, les animaux sont maintenus en contention pour récolter les ovocytes avec un maximum de 3 pontes de 10 secondes chacune. Les animaux sont ensuite maintenus en hébergement individuel durant 48h pour surveillance. Cette période permet à la femelle de se vider de ses ovocytes matures ce qui évite que ces congénères ne la mordent en voulant manger les ovocytes. Les animaux retournent ensuite dans leur groupe d’origine. Pendant une période de 5 ans les femelles seront stimulées au maximum 20 fois.
Impact sur les animaux
Nous effectuons une stimulation hormonale sur femelles vigiles en contention. Les nuisances attendues sont essentiellement de type inconfort/ stress et douleur légère et transitoire. Le stress et l'inconfort peuvent être provoqué par 1) le prélèvement de l'animal dans l'aquarium, 2) le maintien en contention qui dure de 10 à 30 secondes, 3) la récolte des ovocytes qui se fait en mimant le geste d’amplexus du mâle, i.e. en saisissant la femelle de façon à la maintenir en contention tout en dirigeant le cloaque vers une boite de pétri pour déposer les œufs. Une douleur légère et transitoire peut être induite par l'injection avec une aiguille très fine en sous-cutanée, dans les sacs lymphatiques. À noter que le stress social n'est applicable. Le Xenope est un animal poïkilotherme « à sang froid », à vie solitaire, et nourri tous les 3 jours en conditions normales
Devenir
La ponte est induite chez la femelle Xenopus adulte ayant atteint la maturité sexuelle par injection. Si le délai entre les pontes est respecté (4 mois) les animaux peuvent être stimulés à pondre sans impact négatif sur leur santé jusqu'à leur décès soit au maximum 20 fois sur une période de 5 ans. Comme la durée de vie d'une X. laevis est de l'ordre de 20 ans et celle d'un X. tropicalis de l'ordre de 10 ans, les animaux peuvent être réutilisées jusqu'à leur fin de vie naturelle.
Remplacement
Nous intervenons sur les animaux adultes dans un seul but : stimulation hormonale de l’ovulation et ponte des femelles vivantes dans le but de récolter les ovocytes qui seront ensuite fécondés in vitro pour la production des embryons. Cette méthode est la seule technique non invasive (sans chirurgie). De fait nous reproduisons le geste d'amphioxus du male qui dans la nature presse les flancs de la femelle pour faire sortir les ovocytes. Nous utilisons aussi des approches in silico et dans des cellules en culture en complément de nos approches in vivo. Il n’y a pas de méthode de substitution possible. Le vertébré tétrapode non mammifère Xenopus laevis et Xenopus tropicalis répondent idéalement aux recommandations des 3R : Remplacer, Réduire et Raffiner. Ces espèces possèdent une longévité et une période de reproduction remarquables (15-20 ans Xenopus laevis et 8-10 ans Xenopus tropicalis) ce qui en fait un excellent modèle pérenne. Les femelles peuvent être stimulées hormonalement plusieurs fois sans impact négatif sur leur santé et sans compromettre les resultats expérimentaux. Cela permet une exploration des étapes du développement qui ne pourraient pas être abordées aussi efficacement et simplement dans un modèle mammifère. Lors des périodes d'isolement aucun stress social n'est induit car le Xénope est une espèce solitaire.
Réduction
Pour réduire à son minimum le nombre d’animaux utilisés sans compromettre les objectifs du projet, nous prenons en compte que plusieurs milliers d’embryons sont obtenus par fécondation in vitro à partir d’un nombre limité d’individus adultes. Plusieurs expérimentateurs peuvent travailler simultanément, et nous optimisons l'utilisation des embryons et des femelles. Nous procédons à une veille bibliographique régulière. Quand l’expérimentation directe est irremplaçable nous utilisons le nombre minimum d'embryons en nous appuyant sur des analyses statistiques nous permettant de calculer au plus près le nombre d'animaux nécessaires à notre projet. En moyenne nous procédons à une et exceptionnellement deux séries d'injections par semaine en utilisant 3-4 femelles à chaque fois. Les femelles peuvent être induites à pondre plusieurs fois en respectant un intervalle de 4 mois entre chaque ponte, ce qui permet de restreindre le nombre d'animaux utilisés. Ainsi nous avons besoin d'un cheptel de 80 femelles (48 femelles X. laevis et 32 femelles X. tropicalis) pour une période de 5 ans. Finalement des femelles provenant de projets précédents peuvent être réutilisées ce qui contribue aussi à l'objectif de réduction.
Raffinement
Les Xenopus laevis sont maintenus dans des aquariums ayant une capacité de 60L par aquarium contenant de l’eau déchlorée, filtrée, oxygénée, à 20 degrés qui s'approchent des conditions optimales. Des sondes surveillent en temps réel température, pH et conductivité. Les aquariums sont enrichis par des tubes PVC où certains animaux aiment à se cacher, ainsi que d'aménagements intérieurs (plantes artificielles et petites billes) bien que le comportement préféré soit de rester allongé sur le fond de l'aquarium. La nourriture non consommée et les fèces sont éliminées quotidiennement. Un nettoyage des parois des aquariums est effectué tous les 15 jours. 6 à 15 animaux sont regroupés par aquarium. Aucun stress n'est relevé si le groupe est réduit ou l'individu isolé, car les individus sont solitaires chez cette espèce. Pour l’installation des Xénopes tropicalis les conditions sont similaires avec des aquariums ayant une capacité de 10L et pas plus de 8 animaux par aquarium. Lors de la réception d’animaux, les animaux sont placés dans des bacs individuels et observés pendant 2 semaines avant d’être introduits dans le circuit fermé. Ensuite, les animaux sont acclimatés pendant 2 semaines avant d’être intégrés à un protocole expérimental. Les xénopes adultes sont nourris 2 fois par semaine à satiété avec des granulés de poisson et des vers de vase et du cœur de bœuf. Ils sont prélevés à la main ou avec une épuisette, en évitant tout mouvement brusque afin de ne pas les stresser. Une grille de cotation répertorie toute anomalie et lui attribue un score pour évaluation tous les 3 jours de l'état de l'animal.
Choix des espèces
Le xénope est un vertébré tétrapode non-mammifère et un modèle important pour l’étude du développement des vertébrés. Les génomes de X. tropicalis et X. laevis sont connus et montre d’importantes similitudes avec le génome humain. Les deux espèces sont faciles à maintenir en laboratoire. Le xénope fait partie des modèles pour lesquels les approches de génomique fonctionnelle sont réalisables. Les amphibiens constituent un modèle pertinent pour l'étude du développement du cervelet et peuvent être un bon modèle pour étudier des mutations délétères chez l'homme. Nous utilisons une ligne rapportrice de la voie Wnt qui n'induit aucun phénotype dommageable. Cette lignée ne présente aucun risque de transmission, aucun danger pour les autres animaux, pour l'homme ou pour l'environnement. L'amphibien Xenopus laevis et Xenopus tropicalis possèdent une longévité et une période de reproduction remarquablement longues et la fertilité ne diminue pas avec l’âge. La période de fertilité les femelles que nous utilisons commence à 18 mois pour les femelles de X. lævis et à 1 an pour les femelles de X. tropicalis. Elles produisent des œufs jusqu'à leur mort soit 20 ans pour les femelles de X. lævis et 10 ans pour les femelles de X. tropicalis.
Impact de l’hypergravité sur la mise en place du système immunitaire de l’amphibien Xenopus laevis
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
294 têtards de Xenopus laevis passent deux mois dans les aquariums d'un rotor qui les soumet à une gravité augmentée, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les 18 femelles adultes dont les œufs ont fourni ces têtards reçoivent deux injections d'hormones à trois jours d'intervalle et restent en vie, réutilisables. Les têtards sont tués pour prélever leurs organes immunitaires et mesurer l'effet de l'hypergravité sur leur immunité. Le bénéfice avancé, préserver le système immunitaire des spationautes lors de futures missions habitées de longue durée, reste une hypothèse, quand l'exposition à l'hypergravité est immédiate.
Objectifs
Une expérience réalisée à bord de la Station Spatiale Internationale avec des têtards d’amphibien a montré que l’apesanteur modifie la production d’anticorps et affaiblit le développement des cellules responsables de la production des anticorps au cours du développement animal. Ici, nous souhaitons déterminer si l’hypergravité (augmentation de la gravité terrestre) a des effets opposés : nous étudierons l'expression de gènes requis pour le développement des cellules immunitaires et la répartition des cellules immunitaires au sein de têtards de grenouille ayant grandi sous différents niveaux d’hypergravité. Ces données permettront de déterminer si l’exposition à l’hypergravité permet de contrer les effets de l’apesanteur sur le développement des cellules immunitaires. L’exposition à l’hypergravité pourrait alors être utilisée pour préserver le système immunitaire des spationautes qui seront impliqués dans les futures missions spatiales de longues durées.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d’avoir une meilleure connaissance des effets de changements de la force gravitaire sur le développement des cellules immunitaires, assurant la protection de l’hôte, dans le cadre de la préparation des futures missions spatiales habitées de longues durées. La conservation des principaux éléments du système immunitaire des amphibiens aux mammifères permettra d’extrapoler à l’homme les données obtenues chez l’amphibien.
Procédures
Deux injections (1 minute par injection) d’hormones espacées de 3 jours pour les 18 grenouilles femelles adultes utilisées afin d’induire la production d’oeufs. Modification des conditions d’hébergement durant 2 mois pour 294 têtards de grenouille (exposition à l’hypergravité grâce à un rotor dont les nacelles sont équipées d'aquariums).
Impact sur les animaux
Les deux injections (1 minute par injection) d’hormones espacées de 3 jours chez les grenouilles femelles adultes induiront un stress léger et bref. La modification des conditions d’hébergement durant 2 mois pour les têtards de grenouille (exposition à différents niveaux d’hypergravité) induira un stress modéré.
Devenir
Les grenouilles femelles adultes ayant produit les œufs seront gardées en vie. Les têtards seront mis à mort après exposition à l’hypergravité afin de prélever leurs organes immunitaires et déterminer comment l’hypergravité a affecté leur immunité aux niveaux moléculaires et cellulaires.
Remplacement
Des études in vitro ont analysé l'impact de changements de la gravité terrestre sur le développement des cellules immunitaires. Il a ainsi, par exemple, été montré que l’apesanteur a un effet négatif sur la différenciation in vitro de globules rouges humains. De même, la culture d'un organe immunitaire de souris en apesanteur a mis en évidence une altération du développement de certaines cellules immunitaires. Cependant, la mise en place du système immunitaire implique des liens physiologiques avec d’autres systèmes tels que les systèmes nerveux et endocrinien. En effet, les cellules immunitaires sont sensibles à de nombreuses molécules de stress et hormones. Il est donc indispensable, afin de s’assurer d’une réponse physiologiquement pertinente, de prendre en compte la réponse globale de l’animal. Ce projet implique donc de devoir travailler sur animaux entiers.
Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été réduit au minimum déterminé grâce à une étude statistique en utilisant un logiciel approprié et les données issues d’expériences antérieures.
Raffinement
Les animaux sont manipulés par du personnel formé. Grenouilles et têtards bénéficient d’enrichissement (tubes dans lesquels ils peuvent se cacher). Les têtards de grenouille qui seront placés en hypergravité seront surveillés tous les jours ainsi que les conditions environnementales (température (20°C), éclairage (alternance classique jour/nuit de 12h/24h)), leur prise alimentaire, leur comportement et leur aspect.
Choix des espèces
Les amphibiens sont classiquement utilisés pour les expérimentations portant sur le développement animal. De plus, leurs têtards répondent à de nombreuses exigences techniques associées à l'expérimentation spatiale (poids et taille faibles). C’est pourquoi des habitacles permettant leur développement à bord de la Station Spatiale Internationale ont été développés. Enfin, la conservation des principaux éléments du système immunitaire des amphibiens aux mammifères permet d’extrapoler raisonnablement à l’homme les données obtenues chez l’amphibien.
Impact environnemental et sanitaire d’une exposition à des nanoparticules chez la grenouille Xenopus laevis
- Protection de l’environnement
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
Issus de l'élevage interne du laboratoire, dix couples de xénopes adultes reçoivent chacun deux injections hormonales dans les sacs lymphatiques pour déclencher la ponte, puis retournent aux aquariums quatre mois au moins avant d'être réutilisés, jusqu'à trois fois par an. Leur descendance fournit les 11 938 œufs, larves et juvéniles exposés pendant quatre jours à deux mois à des graphènes et à des nanopesticides au cuivre, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le porteur annonce mettre "à l'étude" la culture d'organoïdes pour remplacer un jour ces animaux. Les vingt adultes sont les seuls à rester en vie, les larves et les juvéniles n'étant pas réveillés, un même individu servant à mesurer la toxicité sur plusieurs organes.
Objectifs
L'augmentation rapide de l'utilisation des nanoparticules dans divers domaines industriels et technologiques soulève des questions sur leur impact environnemental, notamment sur les écosystèmes aquatiques. Ce projet explore les interactions environnementales et les risques associés à deux types de nanoparticules : les graphènes et les nanopesticides à base de cuivre. Les graphènes, grâce à leurs propriétés exceptionnelles comme la conductivité électrique et la résistance mécanique, sont de plus en plus utilisés. Cependant, leur interaction avec les organismes aquatiques peut induire des effets toxiques, perturbant la survie, la croissance et la reproduction de ces organismes. Les nanopesticides à base de cuivre, innovants en agriculture, augmentent l'efficacité des pesticides tout en réduisant les doses nécessaires. Toutefois, le cuivre, toxique à haute concentration, peut exacerber ses effets toxiques. Les nanoparticules de cuivre peuvent s'accumuler dans les sédiments, perturbant les communautés microbiennes et les cycles biogéochimiques, nécessitant une évaluation rigoureuse de leur écotoxicité et de leur comportement environnemental.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de la réalisation du projet sont de déterminer les impacts sur la société et l'économie, en invitant les industriels, gestionnaires et consommateurs à protéger l'environnement des rejets de contaminants émergeants tels que les nanoparticules, avec la prise en compte du concept « une seule santé » résumant l'idée que la santé humaine et la santé animale sont interdépendantes et liées à la santé des écosystèmes dans lesquels l'homme et l'animal co-évoluent. Selon les résultats obtenus dans le présent projet, des préconisations d'emploi des graphène et nanopesticides pourront être données par le biais d'une approche "Sécurité dès la conception" et pourraient permettre de faire avancer la réglementation en matière de nanoparticules et notamment auprès des industriels et des consommateurs. D'un point de vue de l'évaluation réglementaire des risques au sein des agences françaises et internationales, des prérogatives pourront également être apportées pour mettre à jour ces recommandations "nano" dans le cadre de la mise en place des essais d'évaluation de la toxicité.
Procédures
Les animaux adultes sont soumis à une injection hormonale (adultes). L'injection hormonale chez un adulte dure de quelques secondes à quelques minutes en prenant en compte la prise en main. Il y a 10 couples et 2 injections par animal (dans les 2 sacs lymphatiques) donc 20 injections chez les mâles et autant chez les femelles. Tous les autres animaux, œufs, larves ou juvéniles de 3-6 mois, seront exposés par groupe aux différents graphènes et nanopesticides pour une gamme de concentration et à différents temps de traitement : cela représente 1320 larves (procédure 2 ; durée 12 jours), 3520 larves (procédure 3 ; durée 21 jours), 1350 larves (procédure 4 ; durée 12 jours), 4500 œufs (procédure 5 ; durée 2 mois), 750 larves (procédure 6 ; durée 4 jours), 498 juvéniles (procédure 7 ; durée 12 jours).
Impact sur les animaux
Chez l'adulte, les nuisances ou effets indésirables peuvent être le stress liée à leur capture dans la paume de la main de l'expérimentateur au moment de l'injection hormonale et l'injection elle-même (nuisances légères). Chez les larves, les nuisances ou effets indésirables, sont liées au stress potentiel lors de leur capture pour réaliser les différents lots et la durée de leur exposition (quelques jours à 21 jours) en présence de nanoparticules et nanocomposites. Les procédures sont effectuées sur larves euthanasiées. S'agissant d'une évaluation du risque des nanoparticules et nanocomposites, seuls les résultats des analyses des biomarqueurs étudiés chez ces animaux exposés pourront renseigner des effets potentiels avérés, à l'issu du projet (possiblement, les nanoparticules et nanocomposites induiront des effets sur les marqueurs physiologiques, génétiques et sur le microbiote intestinal). Afin de réduire le nombre d’adultes xénopes, les expérimentations seront regroupées autant que possible sur les individus issus d'une même ponte. De plus, pour réduire le nombre de têtards, les conditions témoins seront mises en commun dans la mesure du possible. Des essais de toxicité chez les invertébrés daphnies (ou limnées) permettront de définir les gammes de concentrations à utiliser lors des expositions des larves de xénopes, en visant des concentrations subléthales pour éviter toute mortalité aigüe des têtards. Les concentrations environnementales auxquelles nous travaillerons étant qualifiées de faibles, aucune toxicité aiguë particulière n'est attendue.
Devenir
Les adultes reproducteurs sont réintégrés à l'élevage et se reposent au moins 4 mois avant d'être réutilisés pour réaliser une nouvelle fécondation. Les larves et les juvéniles ne sont pas réveillés car pour réduire le nombre d'animaux, on utilise le même animal pour étudier la toxicité sur les organes.
Remplacement
L’objectif de notre projet est d’analyser les effets toxiques des nanoparticules et nanocomposites au cours du développement et sur l’axe hypothalamo-hypophyso-thyroïdien. A l’heure actuelle, il n'existe pas d'approche alternative permettant le remplacement du modèle animal dans notre contexte expérimental. Les gammes de concentration utilisées pour chaque procédure chez le xénope seront préalablement établies par des tests de toxicité des nanoparticules et des nanocomposites réalisés chez la daphnie et/ou la limnée (un crustacé et un mollusque). Parallèlement, la faisabilité de la culture d’organoïdes pour tester l’effet des composés (nanoparticules et nanocomposites) sera mise à l’étude dans le but de remplacer l’utilisation des animaux dans le futur.
Réduction
Les reproducteurs utilisés proviennent d'un élevage interne et les larves issues des pontes seront utilisées dans différentes procédures ==> Pas d'importations supplémentaires de nouveaux géniteurs d'où une réduction du nombre d'animaux utilisés. Le nombre d'individus utilisés dans chaque procédure est calculé selon un minimum requis pour pouvoir conclure statistiquement sur de potentiels effets délétères, avec des tests statistiques permettant d’étudier les données, leur cohérence et les différences entre les conditions expérimentales. Au cours des expositions des larves, les lots d’animaux témoins seront mutualisés autant que possible pour l’analyse des résultats obtenus avec les différentes nanoparticules testées. Enfin, seules les concentrations sans toxicité aiguë obtenues seront mises en œuvre grâce aux résultats des essais sur invertébrés daphnies et/ou limnées qui permettent donc également une réduction du nombre de xénope.
Raffinement
Les reproducteurs qui sont injectés en vue de la reproduction servent au maximum 3 fois par an (période de récupération > 4 mois). Le laboratoire dispose de son propre élevage, ce qui rend la gestion de reproduction très facile et donc limite le stress aux animaux (une seule et même personne réalise les injections et réalise la maintenance des xénopes du stade œuf au stade juvénile). Dans le but de réduire le stress des reproducteurs, les conditions d'élevage ont été raffinées. Des refuges aquatiques de type tuyau de cachette en céramique ont été installés depuis de nombreuses années au sein de chaque aquarium. Plusieurs mesures seront également prises pour minimiser les souffrances et douleurs aux larves et juvéniles : les milieux d'exposition seront renouvelés pour éviter une désoxygénation trop importante ainsi que toute accumulation de déchets azotés toxiques (nitrates, nitrites, ammoniaque), des filtres en ouate sont intégrés à chaque aquarium et renouvelés régulièrement pour limiter la toxicité potentielle des composés azotés formés.
Choix des espèces
Les larves et juvéniles de grenouilles xénope sont particulièrement pertinents pour les études écotoxicologiques pour plusieurs raisons. Premièrement, le xénope est un modèle bien établi en écotoxicologie en raison de sa sensibilité aux polluants et à divers stress environnementaux. Les amphibiens aquatiques, comme les larves de xénope, ont une peau perméable fine et très vascularisée, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux contaminants présents dans les milieux aquatiques. De plus, leur développement relativement rapide et bien caractérisé permet de détecter les effets toxiques à différents stades de leur croissance. Les juvéniles, quant à eux, offrent une opportunité d’étudier les effets à plus long terme des contaminants, incluant des impacts potentiels sur la survie, la croissance et la reproduction. Ils sont utilisés ici en raison de leur mode d’alimentation (carnivore, alors que la larve est herbivore) qui permet d’étudier les effets trophiques d’une contamination. Enfin, les xénopes sont faciles à élever en laboratoire, permettant des études contrôlées et reproductibles. Leur élevage est parfaitement codifié. Le xénope est pertinent dans le cadre de notre projet car il possède un taux d'éclosion élevé, une disponibilité tout au long de l'année après un traitement hormonal des reproducteurs, un développement embryonnaire puis larvaire rapide et l'alimentation des larves est facile. Ces caractéristiques font des larves et juvéniles de xénope des modèles idéaux pour évaluer les effets écotoxicologiques des nanoparticules et autres contaminants dans les environnements aquatiques. Les reproducteurs xénopes seront utilisés au stade adulte, sexuellement mâtures tel que le nécessite la reproduction. Les larves sont utilisées 2 à 3 semaines après l'éclosion pour la plupart d'entre eux et d'autres au stade oeuf (48 h après l'injection). Les juvéniles seront âgés de 3 à 6 mois. Les larves sont utilisées à ces stades précis pour différentes raisons : les stades larvaires sont particulièrement sensibles à la présence de polluants, car directement exposés à l'environnement aquatique via l’alimentation par apport d’eau et via les branchies et la peau, ces stades larvaires 50-51 sont facilement repérables car ils correspondent à l'apparition du bourgeon de la patte postérieure et l'anesthésie n'est pas nécessaire pour le visualiser.
Étude de la régulation des divisions méiotiques de l’ovocyte de Xenopus laevis
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système urogénital
Sorties de leur aquarium, anesthésiées, posées sur un champ glacé, 107 xénopes femelles subissent le prélèvement d'une partie d'un ovaire, opération de quatre à dix minutes répétée jusqu'à trois fois dans leur vie, à six mois d'intervalle au moins. Les procédures impliquent un niveau de souffrance modéré et le projet en prévoit 43 par an. Elles vivent ensuite un à trois ans dans l'animalerie, tant que leurs ovaires reconstituent leur stock d'ovocytes. Sur les 107 animaux, 72 seront tuées parce que leurs ovaires ne régénèrent plus, et 35 seront réutilisées.
Objectifs
Le projet vise à comprendre les divisions méiotiques de l'ovocyte. Tous les êtres vivants se développent grâce aux divisions de leurs cellules : la cellule duplique son génome puis en redistribue une copie dans chacune des deux cellules filles. La méiose est un mode de division spécialisé spécifique aux cellules reproductrices. Chez les femelles, dans les ovaires, les ovocytes sont bloqués en début de méiose. Cet arrêt permet à l’ovocyte d’accumuler les composants nécessaires au développement du futur embryon. Lors de l’ovulation, un signal hormonal lève le blocage et l’ovocyte réalise les divisions de méiose. Notre équipe s’intéresse aux mécanismes moléculaires déclenchés par l’hormone qui conduisent à la division. Ces mécanismes sont encore inconnus et leur étude est très importante pour comprendre la formation de la cellule reproductrice femelle, qui est à la base de la reproduction des individus. Notre étude renseigne aussi sur la division des cellules, qui assure le développement et le maintien de l’intégrité des organismes vivants. Chez l’amphibien Xénope qui est utilisé dans ce projet, la progestérone déclenche dans l’ovocyte l’activation en cascade de différentes protéines, ce qui aboutit à la reprise de la méiose. Sur le plan moléculaire, le blocage de l’ovocyte dépend d’une enzyme qui phosphoryle les protéines. La progestérone induit une diminution de son activité. Ceci provoque la synthèse de nouvelles protéines qui conduisent aux divisions de méiose. Le projet vise à identifier les cibles de l’enzyme et à élucider le mécanisme par lequel elles déclenchent la division. Ce projet a des retombées importantes dans deux domaines : celui du cancer, qui résulte d’une dérégulation de la prolifération cellulaire, et celui de l’infertilité humaine, qui repose en grande partie sur la dérégulation des divisions de l’ovocyte.
Bénéfices attendus
Notre projet est lié à trois domaines d’enjeux majeurs en santé : infertilité, anomalies fœtales, cancer. La fréquence de l’infertilité n’a cessé d’augmenter ces 20 dernières années. La compréhension de ses causes est l’un des axes prioritaires de la stratégie européenne de recherche. Chez la femme, elle est souvent associée à des défauts de formation de l’ovocyte. C’est pourquoi il est important de comprendre les étapes de formation de l’ovocyte, qui est l’objectif de ce projet. Il est impossible de mener des expériences sur les ovocytes humains. Le modèle murin est assez inadapté car le contrôle de la différenciation de l’ovocyte présente des différences importantes avec les autres vertébrés. Le projet utilise les ovocytes de l’amphibien Xénope, très utilisé pour sa ressemblance génétique avec l'homme. Il permettra d’identifier des gènes importants impliqués dans les infertilités. Ce projet permettra aussi l’identification des protéines de l’ovocyte qui assurent le bon développement de l’embryon. Leur connaissance contribue à comprendre les défauts de l’embryon qui sont à l'origine d'interruptions de grossesses ou d'anomalies congénitales. Enfin, le projet s’inscrit au cœur de la cancérologie. La méiose utilise en effet les mêmes gènes que ceux de la division cellulaire, et le génome du Xénope est très proche de celui de l'espèce humaine. Ces études révèlent donc de nouvelles protéines qui, quand elles sont dérégulées, entraînent la tumorigenèse. L’atout majeur de l’utilisation du Xénope dans ce domaine a d’ailleurs été à l’origine de l’attribution du Prix Nobel en 2001.
Procédures
Les interventions consistent en un prélèvement d’une partie d’un ovaire, effectué sur un animal anesthésié en conditions stériles et placé sur un champ froid qui supprime la douleur. L’opération dure 4 à 10 min. Seules les extrémités des ovaires sont prélevées pour éviter tout saignement. L’ouverture est suturée sans contraindre les tissus ce qui évite les risques d’hématomes et d’abcès. Le réveil s’effectue en 20 à 30 min, et l’animal est ensuite surveillé pour vérifier la bonne cicatrisation cutanée. Puis il regagne son aquarium. Le projet requiert 43 opérations par an. Chaque femelle est opérée au maximum 3 fois pendant sa vie, chaque opération étant espacée d'au moins 6 mois.
Impact sur les animaux
Les nuisances et effets indésirables attendus en post-opératoire portent sur la douleur, le stress et des risques de complication dûs à l’opération. Le stress peut être provoqué par le prélèvement de l’animal dans l’aquarium et l’opération chirurgicale. À noter que le stress thermique potentiellement lié à l’anesthésie, le stress social qui serait engendré par l’isolement post-opératoire et le stress du jeûne pré-opératoire de 5 heures ne sont pas applicables : animal poïkilotherme « à sang froid », à vie solitaire, et nourri tous les 3 jours en conditions normales. La douleur peut être induite par la chirurgie. Les risques de complication sont de légers saignements temporaires de la cicatrice.
Devenir
Les animaux sont gardés en vie tant qu’ils régénèrent leurs ovocytes suite aux opérations (maximum de 3 opérations par animal, aucun animal n’est opéré plus de 3 fois). Ils demeurent en vie dans l’animalerie entre 1 et 3 années. Ils sont euthanasiés par une méthode réglementaire de façon à lui éviter toute douleur. L’euthanasie est justifiée quand, après une seconde ou une 3ème ovariectomie partielle, les ovaires ne régénèrent plus leur contenu. Le projet reposant intégralement sur l’étude des ovocytes, les animaux ne produisant plus d’ovocytes ne sont donc plus utilisables pour le projet. À l’issue des 5 années du projet, 72 des 107 animaux du projet auront été euthanasiés. 35 seront encore en vie, après avoir subi une ou deux opérations. Ils seront ré-utilisés.
Remplacement
Notre objet d'étude est l’ovocyte, la cellule reproductrice femelle. Cette cellule est extrêmement spécialisée. Son organisation interne très complexe lui permet de réaliser les divisions qui vont lui permettre d’être fécondé par un spermatozoïde. Ces divisions particulières sont également importantes pour les premières étapes de la vie de l’embryon qui sera issu de la fécondation. L’ovocyte n’est donc comparable à aucune autre cellule, et ne peut être reproduit ou « créé » artificiellement par synthèse ou par des cellules souches ou par une modélisation virtuelle. C’est pourquoi nous sommes dans l'obligation d'utiliser des ovocytes intacts issus d’animaux, dans notre cas les Xénopes (des amphibiens), pour les étudier ensuite en laboratoire. Le modèle Xénope lui-même s’inscrit dans une stratégie de remplacement. L’autre modèle utilisé dans les laboratoires pour l’étude du même sujet, la formation de l’ovocyte, est la souris (ou le rat). Les ovaires de Xénope contiennent chacun jusqu’à 6000 ovocytes (contre une vingtaine chez la souris) et ont la capacité de régénérer (ce qui n’existe pas chez la souris). Utiliser le Xénope au lieu de la souris permet donc de limiter énormément le nombre d’animaux utilisés en laboratoire. Enfin, en parallèle à l’utilisation expérimentale des ovocytes, nous utilisons des outils bioinformatiques très récents (moins de cinq ans), basés sur l'intelligence artificielle, en amont des expériences. Ils permettent de guider et cibler les expériences au lieu de travailler de manière exploratoire comme par le passé. Cela permet de limiter le nombre de cellules utilisées, et donc d'animaux.
Réduction
Les expériences de l’ensemble des membres de l’équipe sont planifiées, coordonnées et synchronisées de façon à n’opérer qu’un minimum d’animaux. Les besoins en ovocytes pour les expériences d’une semaine de travail sont précisément estimés, et oscillent entre 1000 et 2000 ovocytes. En conséquence, une seule femelle est opérée chaque semaine. Les 1000 à 2000 ovocytes requis correspondent à un à deux tiers du contenu d’un ovaire. Le contenu de l’ovaire n’est jamais vidé entièrement de façon à préserver les cellules souches qui vont assurer la régénération. En outre, les Xénopes ont la capacité de renouveler leur stock d’ovocytes au bout d’une période minimale de 6 mois : nos statistiques indiquent que 81 pour cent des animaux régénèrent après une opération, et 57 pour cent d’entre eux après une seconde. Ces capacités régénératives nous permettent de ré-utiliser une même femelle jusqu’à trois fois, limitant le nombre d’animaux utilisés. Le nombre total de femelles utilisées par le projet est de 107. Enfin, des outils statistiques et des modèles prédictifs sont utilisés en amont des expériences et permettent d’orienter les expériences nécessaires à réaliser, au lieu de travailler de manière exploratoire en multipliant les expériences comme par le passé. Ainsi, la propriété de régénération du Xénope, la synchronisation des demandes d’ovocytes de tous les membres de l’équipe et les nouveaux outils bioinformatiques disponibles réduisent considérablement le nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Les animaux sont maintenus en aquarium de 25 L d’eau déchlorée, filtrée, oxygénée, à 20 degrés. Au-delà de 25 degrés, l’animal entre en léthargie. Des sondes surveillent en temps réel température, acidité et conductivité. Les aquariums sont enrichis par des tubes PVC où certains animaux aiment à se cacher, bien que le comportement préféré soit de rester allongé sur le fond de l’aquarium. La nourriture non consommée et les fèces sont éliminées quotidiennement. Un nettoyage des parois des aquariums avec une brosse ou une lingette est effectué tous les 15 jours. 6 à 12 animaux sont regroupés par aquarium. Dépasser 12 peut induire un stress. Aucun stress n’est relevé si le groupe est réduit ou l’individu isolé, car les individus sont solitaires chez cette espèce. À leur arrivée, les animaux sont mis en quarantaine pendant 4 semaines. Ils sont ensuite acclimatés en aquarium pendant au moins 2 semaines avant d’être intégrés à un protocole expérimental. Ils sont nourris à satiété 2 fois par semaine (vers de vase, cœur de bœuf et granulés de poisson). Ils sont prélevés à la main ou avec une épuisette, en évitant tout mouvement brusque afin de ne pas les stresser. Une grille de cotation répertorie toute anomalie et lui attribue un chiffre, de 1 à 3 : 1, surveillance attentive ; 2, surveillance accrue, isolement de l’animal pendant une semaine et soins éventuels, puis réévaluation de l’état de l’animal ; 3, point limite, euthanasie. À un niveau 2, des soins portant sur les affections cutanées peuvent être apportés. L’anesthésie, le prélèvement et l’euthanasie sont pratiqués dans une pièce isolée afin de ne pas stresser les autres animaux. La durée de la chirurgie est minimisée (4 à 10 min). Les opérations sont pratiquées sous anesthésie. L’animal est placé sur le dos sur un champ glacé, ce qui a un effet analgésique. Une surveillance post-opératoire est effectuée pendant 2 semaines.
Choix des espèces
L’ovocyte de Xénope (une espèce de crapaud) est un modèle très adapté pour l’étude de la division des cellules, en particulier les cellules reproductrices femelles (appelées ovocytes). Comprendre la formation de ces cellules est important pour trouver des thérapies soignant l’infertilité humaine et le cancer. Chaque ovaire de Xénope contient des milliers d’ovocytes de très grande taille et très riches en molécules. Ceci permet des approches au niveau des cellules mais aussi des molécules qui sont impossibles chez les espèces mammaliennes. Le Xénope est donc la seule espèce de laboratoire permettant d'étudier la cellule reproductrice femelle en combinant ces deux puissantes approches. Une autre originalité propre au Xénope est que ses ovaires sont capables de régénérer leur stock d'ovocytes, ce qui limite le nombre d'animaux utilisés. Enfin, l’ovocyte de Xénope est plus proche de l'ovocyte humain que ne l'est celui de la souris en ce qui concerne les mécanismes de la division, ce qui le rend incontournable pour la découverte de nouveaux gènes impliqués dans les défauts de fertilité chez la femme. Les animaux utilisés sont des femelles adultes parce qu’elles ont des ovaires pourvus en ovocytes, les cellules que nous étudions. Les embryons et les têtards en sont dépourvus. Les femelles achetées chez un fournisseur agréé ont entre 2 et 3 ans, âge de la maturité sexuelle chez le Xénope.
Fonctions embryonnaires de la voie de signalisation purinergique
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
Réutilisées pour la ponte tous les quatre à six mois, soit dix à quinze fois au cours du projet, 150 xénopes femelles reçoivent deux injections d'hormone HCG dans les sacs lymphatiques du dos, sur animal vigile, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Elles retournent ensuite à l'animalerie aquatique, et celles qui ne répondent plus à la stimulation après trois essais successifs sont tuées et remplacées. Les œufs pondus servent à étudier les fonctions embryonnaires de la voie purinergique, les embryons étant partagés entre plusieurs équipes de recherche. Sur les 3R, le porteur écrit que la règle "est surtout applicable au nombre d'animaux utilisés" et que les possibilités de raffinement sont "très limitées", l'enrichissement se réduisant à des sections de tube en PVC.
Objectifs
Le projet a pour objectif l'étude des fonctions embryonnaires de la voie purinergique, qui fait intervenir les purines extracellulaires, telles que l'ATP, ADP et adénosine. Leurs actions sur les cellules nécessitent un grand nombre d'acteurs (tels que des récepteurs). Cette voie de signalisation constitue un système de communication cellule-cellule universel et régule la physiologie de nombreux organes, tels que les systèmes neural (central et périphérique) et rénal. Elle est aussi impliquée dans de nombreuses conditions pathologiques neurologiques mais aussi rénales et les différents acteurs de cette voie sont devenus des cibles thérapeutiques pour un grand nombre de maladies. Toutefois, les fonctions de cette voie lors de l’embryogénèse demeurent moins comprises, notamment car peu d’études se sont penchées sur le rôle de cette voie de signalisation dans un contexte in vivo. Nous avons montré que les acteurs de cette voie sont exprimés lors de l'embryogénèse et que la mise en place du rein et de l'oeil est controlée par cette voie de signalisation. Les objectifs de ce projet sont d'étudier les fonctions de cette voie dans un contexte embryonnaire, dans l'embryon de l'amphibien xénope, et d’établir les fonctions de la voie de ces purines au cours de l’embryogénèse.
Bénéfices attendus
D'un point de vue fondamental, ce projet devrait permettre d'élucider les fonctions de la voie purinergique dans un contexte in vivo, notammentes mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués lors du développement d'un embryon d'un vertébré. mais également d’un point de vue appliqué afin de mieux appréhender les mécanismes dérégulés dans les conditions pathophysiologiques.
Procédures
Les animaux femelles X.laevis recevront deux injections d'hormones HCG dans leur sacs lymphatiques dorsaux. Cesinjections seront faites sur animal vigile. Cette procédure dure environ une minute.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables sont du stress léger du à l'injection sous-cutanée et à la contention de l'animal durant celle-ci. La quantité d'ovocytes pondus suite à la stimulation hormonale correspond à un nombre d'ovocytes pondus dans le milieu naturel par les femelles. Les animaux adultes femelles sont réutilisées (tous les 4 à 6 mois) pour la ponte d'ovocytes, ce qui est inférieur au nombre de pontes dans le milieu naturel (jusqu'à 4 par année). Chaque femelle sera utilisée 2 fois (maximum 3 fois) par année, soit 10 à 15 fois au cours du projet.
Devenir
Les animaux adultes femelles apres stimulation et ponte sont remises dans l'animalerie aquatique et sont re-utilisées pour la ponte tous les 6 mois (4 mois minimum). En cas de non réponse (3 fois successives) à la stimulation hormonale, les animaux peuvent etre euthanasiées et devront etre remplacées si besoin.
Remplacement
La regle des 3R esr surtout applicable au nombre d'animaux utilisés. Il est clair que l’étude des fonctions embryonnaires de voies de signalisation requiert de pouvoir analyser les processus cellulaires et moléculaires impliqués dans un contexte in vivo, et que l’embryon ne peut pas être remplacé.
Réduction
Afin de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés pour les expériences, nous faisons en sorte de partager les embryons qui sont très nombreux entre les chercheurs de différentes équipes de recherche travaillant avec ce modèle . Une femelle de Xénope peut pondre plusieurs milliers d’œufs, ce qui permet d’obtenir assez d’embryons plusieurs expériences. 2 journées de poonte sont prévues par semaine d'experimentations.
Raffinement
Les possibilités de raffiner les protocoles utilisés sont très limitées. Un programme d’enrichissement a été mis en place dans l’animalerie qui permet aux animaux de bénéficier d’un environnement mimant un habitat naturel (abris constitués de section de tubes PVC).
Choix des espèces
L’embryon de Xénope est un modèle classique d’étude de voie de signalisation complexe au cours de l’embryogénèse de par ses nombreux avantages biologiques : progéniture importante, taille des embryons, développement externe et température dépendant, résistance aux manipulations (micro-injections). De plus, les progrès technologiques permettent d’effectuer facielemnt et rapidement des expériences de perte et gain de fonction. Les animaux males et femelles sont utilisés à l'age adulte, apres acquisition de leur maturite sexuelle.
Effets des perturbateurs endocriniens dans la (re)myélinisation du nerf optique chez le têtard de Xenopus Laevis transgénique.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
16 800 têtards de xénopes vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, soit 240 individus par molécule testée pour trente-cinq molécules. Ils baignent dans une eau contenant les perturbateurs endocriniens pendant trois jours ou jusqu'à trente jours, après dix jours d'exposition au métronidazole en incubateur opaque pour une partie d'entre eux, et sont anesthésiés jusqu'à quatre fois pour le comptage des cellules du nerf optique. Le porteur estime la mortalité liée à l'exposition à 10 % sur trois jours et 20 % sur un mois, à quoi s'ajoutent 10 % de morts prématurées pendant le développement. Il retient le xénope entre autres parce que l'espèce "génère beaucoup de têtards, facilitant les études toxicologiques et pharmacologiques qui nécessitent un grand nombre d'animaux".
Objectifs
Au cours de ces 40 dernières années, des milliers de produits chimiques ont été introduits dans notre environnement. Connues sous le nom de perturbateurs endocriniens (PE), ces molécules ont des effets néfastes sur la santé en agissant sur le système endocrinien, en mimant l’action physiologique des hormones. Les PE agissent sur certaines hormones, qui agissent sur des cellules présentes dans le cerveau. En sachant que l’exposition chimique influence, dans le cerveau en développement et chez l’adulte, le destin des cellules, nous pensons que les PE auraient un impact sur des cellules spécifiques appelées les oligodendrocytes, qui forment une gaine isolante autour des axones (prolongement des cellules nerveuses) appelée la myéline. Ces cellules sont impliquées dans des mécanismes de myélinisation (processus de formation de la myéline) et remyélinisation (régénération de la myéline). L’objectif de notre projet est donc d’évaluer chez le têtard de Xenopus Laevis les effets des perturbateurs endocriniens sur la myélinisation et la remyélinisation et ainsi vérifier s’il existe une corrélation avec certaines maladies comme la sclérose en plaque, dont les cas ont augmenté depuis l’apparition de ces molécules.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra de comprendre les effets des substances identifiées comme ayant des propriétés perturbatrices sur le système endocrinien, et les conséquences qu’elles peuvent avoir sur la myéline (membrane qui protège les axones de nos neurones) dans différentes conditions. Premièrement, étudier les effets des perturbateurs endocriniens dans un contexte de myélinisation (processus de la formation de la myéline), permettrait de comprendre quelles molécules impactent ce processus et de voir s’il existe une corrélation avec les troubles neurodéveloppementaux observés chez les enfants ayant été exposés à ces molécules. Ensuite, étudier les effets des perturbateurs endocriniens dans un contexte de remyélinisation (processus de régénération de la myéline) permettraient dans le cas de maladies démyélinisantes comme la sclérose en plaque (où la myéline est détériorée, SEP), de comprendre s’il existe une corrélation entre l’augmentation du nombre de cas de SEP et celle de l’utilisation des PE. De plus, notre implication dans un projet international permet de répondre aux besoins réglementaires, scientifiques et sociétaux pour une meilleure évaluation des dangers et des risques chimiques des substances identifiées comme PE.
Procédures
Afin de procéder à un comptage des cellules d'intérêt dans les nerfs optiques, les animaux seront anesthésiés au maximum 4 fois pour une durée de 15 minutes maximum avec un minimum de 3 jours entre chaque anesthésie. Une partie des têtards sont mis en contact avec une molécule permettant de mettre en place le modèle pendant 10 jours, dans leur eau de balnéation. Puis ils seront exposés pendant 3 jours aux perturbateurs endocriniens pour étudier leur effet. Une autre partie des têtards sera mise en contact direct avec les perturbateurs endocriniens pendant 30 jours maximum pour étudier leur impact sur le développement. Les perturbateurs endocriniens sont aussi préparés dans l’eau de balnéation des têtards. Tous les têtards sont euthanasiés en fin de procédure par une méthode règlementaire pour la réalisation d’analyses sur leurs tissus.
Impact sur les animaux
L’anesthésie est maintenue durant toute la procédure pour ne pas engendrer de stress chez l’animal, mais peut entrainer des risques cardio-respiratoires. Malgré le soin que nous portons au choix de la dose des molécules, d’après la littérature et les tests in vitro, il arrive que certaines concentrations de perturbateurs endocriniens testées soient toxiques et entrainent la mort des têtards. Nous estimons cette perte liée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens à 10 pour cent pour 3 jours et 20 pour cent pour 1 mois d’exposition. Une mort prématurée des têtards est possible pendant le développement, nous estimons cette perte à 10 pour cent, ainsi que suite à l’exposition au métronidazole, que nous estimons à 10 pour cent. Lors des différentes procédures, les animaux sont délicatement attrapés avec une pipette. Cette manipulation induit un léger stress. Lors des tests comportementaux, les têtards sont amenés dans la pièce agréée dans leur bac ce qui peut provoquer un léger stress chez nos animaux lors du déplacement (bacs sur un chariot).
Devenir
Afin d’étudier les différents mécanismes impliqués suite à l’exposition aux perturbateurs endocriniens testés, il est ensuite nécessaire d’euthanasier les têtards pour faire des études immuno-histologiques plus poussées sur leurs tissus pour compléter les observations faîtes du vivant de l’animal.
Remplacement
Les perturbateurs endocriniens sont connus pour avoir un effet toxique sur les cellules en culture, ce qui explique pourquoi ce modèle ne peut pas être utilisé dans notre cas. L ’intérêt est de comprendre les effets des perturbateurs endocriniens au sein d’un organisme vivant, et d’étudier leurs impacts sur le comportement et les processus physiologiques. Le recours à des têtards, qui ont un système nerveux comparable (présence et importance de la myéline dans le fonctionnement) à ce qui est retrouvé chez l’Homme, peut permettre une première démonstration de l’action d’une molécule in vivo, ce que les modèles cités précédemment ne permettent pas. Le choix de l’utilisation du modèle Xenopus Laevis repose donc sur les arguments suivants : -Il s’agit d’un modèle animal, donc un modèle intégré contrairement à des modèles ex vivo et in vitro -La transparence du têtard permet de visualiser tout le système nerveux central, ce qui permet un suivi in vivo et longitudinal sans euthanasie à des temps donnés pour prélever des échantillons -Le Xénope est une espèce qui génère beaucoup de têtards, facilitant les études toxicologiques et pharmacologiques qui nécessitent un grand nombre d’animaux pour leur interprétation -Enfin, il existe une grande conservation des protéines de la myéline inter-espèces (amphibiens versus Mammifères) pour transposer nos observations sur cette espèce à l’Homme.
Réduction
Afin de respecter la règle des 3R, ce sont les mêmes têtards qui sont utilisés pour compter le nombre de cellules qui nous intéressent dans le nerf optique qui seront soumis au test visuel. La transparence des têtards de Xénope permet de suivre in vivo la progression des expériences grâce à l’observation au macroscope, et ainsi d’éviter des suivis histologiques tout au long du protocole nécessitant l’euthanasie des têtards. Nous estimons qu’il faudra environ 240 têtards par molécule, en sachant qu’une molécule est testée deux fois à 7 concentrations différentes, en comparaison avec un groupe contrôle, ce qui fait un total de 8 groupes, avec 15 têtards par condition, donc 240 têtards au total. Le nombre de 15 têtards par groupe prend en compte la mortalité spontanée des têtards liée au développement et celle liée à l’exposition aux molécules (molécule qui permet la mise en place du modèle et celles à évaluer). 35 molécules sont à tester suivant ce modèle, soit au total environ 8 400 têtards pour la myélinisation, et 8400 pour la remyélinisation, ce qui fait un nombre total de têtards de 16 800 têtards pour ce projet.
Raffinement
Au cours de leur développement, les têtards sont placés dans un bac de 4L d’eau adaptée à leur physiologie (moitié eau dure, moitié eau osmosée) à 23degrès Celsius avec une pompe pour oxygéner l’eau. L’eau est renouvelée de façon hebdomadaire pour maintenir un volume suffisant et réduire l’accumulation des déchets (un changement d’eau trop fréquent entraine un stress avec une perte de nos têtards). Les têtards sont observés quotidiennement, et ceux qui présentent des anomalies (déformations, retard de développement, troubles de la nage…) sont euthanasiés, les cadavres liés aux problèmes de développement et les déchets liés au surplus de nourriture sont retirés de l’eau quotidiennement pour maintenir de bonnes conditions environnementales. De plus, des bûches flottantes artificielles sont placées dans les bacs, ce qui permet de complexifier leur milieu (enrichissements). Enfin, nous utilisons une alimentation, majoritairement composée de végétaux et d’algues, adaptée à leur développement. La profondeur de l'anesthésie est surveillée et est adaptée à nos besoins pour garantir une immobilisation et limiter le stress des animaux. Pour optimiser le réveil et la bonne récupération des animaux, nous favorisons une oxygénation de l'eau avec un bulleur et réintégrons les têtards auprès de leurs congénères pour limiter le stress Des points limites sont définis et respectés de manière à éviter toute souffrance des animaux. Pour les manipulations la préhension des animaux est faite délicatement avec une pipette, Pour le comportement, les têtards sont amenés dans leur bac jusqu’à la pièce dédiée, et attrapés par une pipette pour les placer dans une large boite de Pétri avec leur milieu de nage pour limiter le stress. Les têtards sont isolés très peu de temps (5 min) avant d’être replacés dans leur bac d’origine avec leurs congénères. Durant l’exposition au métronidazole (molécule permettant de mettre en place le modèle), les têtards sont placés dans un incubateur opaque. Cette absence de cycle jour et nuit ne semble pas leur être préjudiciable vue que cette espèce a une préférence naturelle pour les zones peu éclairées. Afin de déterminer les concentrations optimales non toxiques lors du passage au modèle animal, les effets des perturbateurs endocriniens sont d’abord étudiés, sur des tranches de cervelet de souris.
Choix des espèces
La transparence des têtards facilite le suivi in vivo de l’expérimentation (respect du critère réduction car étude longitudinale), de plus la grande homologie des protéines de la myéline des Xénopes avec celle des mammifères justifie l’utilisation de ce modèle. Les têtards sont utilisés entre 3 jours (stade 21) et 1 mois (stade 50) post-fertilisation. A cette période de développement, on peut facilement observer la dynamique de la mort et de la réapparition des cellules d’intérêt (oligodendrocytes in vivo) et sans recours à l’euthanasie des animaux.
Stimuler le potentiel neurogénique des cellules gliales de Müller afin de régénérer les photorécepteurs et offrir de nouvelles pistes thérapeutiques aux maladies dégénératives de la rétine : ETUDE PRELIMINAIRE.
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
- Organes sensoriels
- Système nerveux
Poissons zèbres : 260
Le xénope et le poisson zèbre sont retenus parce qu'ils régénèrent naturellement leur rétine, capacité que les mammifères ont perdue. 600 xénopes et 260 poissons zèbres vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les poissons reçoivent une injection dans l'œil sous anesthésie générale, 560 têtards sont maintenus dans le noir de sept à trente-cinq jours dans des bains de solution, dont 240 pendant vingt-cinq jours de plus dans une seconde solution, et 40 xénopes adultes reçoivent une injection d'hormones pour déclencher la ponte. Tous les poissons et tous les têtards sont tués pour examiner leur rétine, les 40 adultes restant en élevage et recevant de nouvelles injections hormonales tous les quatre mois, sur une période reproductive que le porteur évalue à quinze ans au moins.
Objectifs
Les maladies dégénératives de la rétine sont dues à la perte progressive et irréversible des cellules de la rétine. Dans le cas de la rétinite pigmentaire ou de la DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age), ce sont les photorécepteurs, les cellules photosensibles de la rétine qui sont affectées, et leur disparition entraine une perte de la vision. Comme ces maladies restent pour la majorité incurable, il est essentiel d’approfondir nos connaissances en recherche fondamentale afin de trouver de nouvelles pistes thérapeutiques. Le xénope et le poisson-zèbre, contrairement aux mammifères, ont la capacité de régénérer leur rétine grâce à leurs cellules gliales de Müller qui se comportent comme des cellules souches en cas de dégénérescence. Chez l’homme, ces cellules ont perdu la capacité de réparer la rétine suite à une lésion. De récents travaux ont néanmoins montré, via l’ajout de facteurs de croissance ou la surexpression de facteurs de transcription, que ces cellules de Müller chez les mammifères ont gardé un potentiel régénératif. Cependant, ce potentiel reste très limité et les cellules de Müller réactivées régénèrent très peu, voire pas du tout, les photorécepteurs, le sous-type même de cellules rétiniennes qui doivent être remplacées chez les patients. Il est donc essentiel de trouver des molécules capables de stimuler la régénération des photorécepteurs, et en particulier des cônes, responsables de notre vision diurne. Nous avons développé récemment un modèle de dégénérescence des cônes chez le xénope) et avons montré que bien que cet amphibien possède la capacité de régénérer les photorécepteurs à bâtonnets, il ne régénère que très peu les cônes dans ce modèle lésionnel, contrairement au poisson-zèbre. Bien que ne représentant que 5% des photorécepteurs chez l’homme, les cônes sont essentiels pour la vision des couleurs. L’objectif du projet est d’étudier les mécanismes responsables de cette différence entre xénope et poisson zèbre afin d'identifier des facteurs capables de promouvoir la régénération des cônes chez les mammifères.
Bénéfices attendus
Ce travail préliminaire a pour but de tester la pertinence du projet visant à comparer les caractéristiques distinctes des cellules de Müller à régénérer les cônes, entre le poisson-zèbre et le xénope. Selon les résultats obtenus, il permettra de décider ou non de poursuivre l’étude. Celle-ci a pour objectif d’identifier les voies de signalisation contrôlant les processus régénératifs à partir des cellules de Müller et ainsi fournir des informations essentielles qui permettraient de stimuler la régénération des photorécepteurs chez les personnes atteintes de pathologies dégénératives de la rétine.
Procédures
- 260 poissons zèbre adultes recevront, sous anesthésie générale, une injection intra vitréenne. La procédure s’effectuera en 30 secondes environ le temps de placer correctement l’animal pour réaliser l’injection. L’injection en elle même ne prendra que quelques secondes. - 560 xénopes au stade têtard seront placés en bain dans une solution dans le noir entre 7 et 35 jours. - 240 d’entre eux seront ensuite placés dans une autre solution pendant 25 jours. Les solutions seront changées tous les 2 à 3 jours. - 40 xénopes adultes recevront une injection sous cutanée. La procédure s’effectuera en 30 secondes environ le temps de placer correctement l’animal pour réaliser l’injection. L’injection en elle-même ne prendra que quelques secondes.
Impact sur les animaux
L’injection intra vitréenne est un acte de chirurgie légère. Chez l’homme, les effets indésirables décrits sont une irritation de l’œil (ce qui peut se traduire par une sensation de brulure, de grains de sable ou de picotements), un saignement de la conjonctive, la sensation d’un corps étranger ou l’apparition de tâches dans le champ visuel. Cela reste des symptômes bénins qui se résorbent en quelques jours. Afin de maintenir les poissons immobiles pendant la procédure, les animaux seront placés sous anesthésie générale. Les effets indésirables potentiels sont la désorientation passagère lors du réveil et le risque d’asphyxie entrainant la mort de l’animal si l’anesthésie est trop longue en raison de l’arrêt de l’irrigation des branchies. À la dose utilisée, les traitements sont considérés comme étant non toxiques. Les effets indésirables possibles restent l’apparition d’œdèmes. De plus, le fait que les animaux seront conservés dans le noir pendant la durée de certains traitements est susceptible de leur causer du stress (de 7 à 35 jours) ou de la dépigmentation. L’administration d’hormones par injection sous cutanée chez le xénope adulte pour déclencher les pontes n’est pas connue comme entrainant des effets secondaires indésirables. Un court stress est généré le temps de la contention.
Devenir
Tous les poissons seront euthanasiés afin d’étudier la régénération de la rétine. Tous les xénopes adultes utilisés seront maintenus en élevage. Tous les têtards de xénopes seront euthanasiés afin d’étudier la régénération de la rétine.
Remplacement
La nécessité d’avoir recours à des animaux se justifie par le fait que les cellules de Müller n’ont pas le même comportement in vivo au sein de la rétine et en culture cellulaire. Elles sont en effet fortement influencées par le micro-environnement et en particulier le contexte inflammatoire, qui ne peut être reproduit en culture cellulaire. Ainsi, il n’est pas possible de se passer de l’utilisation d’animaux et d’utiliser des méthodes alternatives au vu de la finalité de ce projet. L’induction de la ponte chez le xénope constitue la seule façon d’obtenir des ovocytes matures de manière non-invasive (sans chirurgie).
Réduction
L’objet de cette demande d'autorisation de projet est de réaliser des expériences préliminaires à un projet plus large afin de tester la pertinence du projet et minimiser le nombre d’animaux utilisés. - Le nombre d’animaux prévu pour cette DAP correspond au minimum nécessaire pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés sur la base d’arguments statistiques valides. En prenant en compte les variabilités biologiques individuelles et techniques, nous avons déterminé que chaque lot comprendra 10 animaux pour les lignées sauvgaes et 20 animaux pour les lignées transgéniques et nos expériences seront réalisées en tripliqua. - Nous utiliserons des poissons réformés (poisson de lignée sauvage trop âgés pour continuer à faire de l’élevage) et non utilisable pour d’autres projets. - Nous limiterons le nombre d’animaux adultes transgéniques au minimum requis afin de maintenir une lignée transgénique stable. - Le développement d’une lignée rapportrice fluorescente permettra l’observation des phénotypes de dégénérescence puis de régénération sur animaux vivants en continu et par conséquent permettra de réduire le nombre d’animaux nécessaires. - Les femelles xénopes adultes utilisées pour générer des embryons sont réutilisés tous les 4 mois. Ces animaux ayant une période reproductive longue (au moins 15 ans), ils peuvent être induits de nombreuses fois, ce qui permet de réduire le nombre d’individus utilisés. - Pour les animaux transgéniques, nous avons prévu de ne faire que des fécondations naturelles afin d’éviter de devoir sacrifier des mâles. Les mâles peuvent donc être utilisés plusieurs fois pour la reproduction donc là aussi cela permet de réduire le nombre d’animaux utilisés.
Raffinement
Le projet repose sur l’étude de processus de dégénérescence et régénération spécifiques à un organe non-vital et la dégénérescence cellulaire au niveau de la rétine, comme dans la DMLA, est un processus indolore. Les injections intravitréennes chez le poisson se font sous anesthésie générale. Les animaux sont ensuite surveillés jusqu’au réveil puis quotidiennement jusqu’à la fin de l’expérience. L’utilisation des xénopes adultes par roulement (possiblement tous les 4 mois pour les femelles, et tous les mois pour les mâles) permet le renforcement positif lors des manipulations ce qui réduit leur stress. Tout au long des procédures, nous évaluerons en continue l’état des animaux à l’aide de fiches d’évaluation de points limites adaptés à l’espèce et à l’âge des animaux et procéderons à des soins ou à l’euthanasie des animaux si cela s’avère nécessaire. Le développement d’une lignée inductible et réversible permettra de cibler la dégénérescence à une sous population de cellules, et de limiter le traitement dans le temps.
Choix des espèces
L’objet de cette étude vise à étudier et comparer les mécanismes de régénération dans des espèces qui sont naturellement capables de régénérer leur rétine. A ce jour, cela n’a été décrit que chez le poisson, les amphibiens et l’embryon de poulet. Le poisson-zèbre et le xénope constituent des espèces faciles à manipuler et à maintenir en laboratoire et pour lesquels sont établis des protocoles d’élevage et d’utilisation à des fins scientifiques. Par ailleurs, nous disposons des génomes pour les deux espèces et leur analyse montre d’importantes similitudes avec le génome humain (plus de 70% des gènes identifiés dans des maladies humaines ont leurs équivalents chez le xénope et le poisson-zèbre). Les poissons-zèbre seront utilisés soit à l’âge adulte (4-6 mois, taille 3cm), soit au stade juvénile (1 mois, taille 1cm) afin de comparer les capacités de régénération de la rétine à ces deux stades. Les xénopes des lignées transgéniques seront utilisés au stade têtards car l’article de référence sur cette lignée indique qu’à ce stade le phénotype obtenu est plus homogène d’un individu à l’autre. Les xénopes adultes utilisés afin d’établir une nouvelle lignée transgénique seront utilisés à un stade mature sexuellement. Du fait de la longue durée de vie du xénope et de sa longue période de maturité sexuelle, les animaux peuvent avoir entre 2 et 20 ans.
Expression de canaux ioniques dans l’ovocyte de xénope pour des études électrophysiologiques in vitro
- Recherche appliquée
- Toxicologie (hors obligations réglementaires)
- Troubles nerveux
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système nerveux
Deux à trois cents ovocytes prélevés chaque semaine sur un même animal, six prélèvements par an pendant cinq ans : 30 xénopes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque prélèvement passe par une immersion de quarante à quarante-cinq minutes dans un bain anesthésiant, une incision abdominale d'un centimètre et demi et une suture. Le porteur qualifie la technique de méthode alternative permettant de s'affranchir de manipulations in vivo, alors que ces manipulations sont exactement ce qu'il décrit, l'ovocyte servant de support pour étudier des canaux ioniques humains. Le champ structuré du devenir ne déclare aucun animal maintenu en vie, quand le texte indique que les xénopes sont réutilisées d'un projet à l'autre et gardées jusqu'à leur mort naturelle.
Objectifs
L’ovocyte de xénope est un système d’expression hétérologue pour des études fonctionnelles in vitro, des canaux ioniques humains ou de mammifères. Cette technique d‘étude fonctionnelle in vitro est centrale dans nos thématiques de recherche dont les objectifs principaux sont les suivants : études pharmacologiques cellulaires et moléculaires, caractérisation du mode d’action de ligands naturels ou synthétiquec des canaux ioniques, étude du mode d’action de médicaments ou de toxines, caractérisation de l’impact fonctionnel par approche in vitro de variants de gènes de canaux ioniques, suspectés associés à des pathologies humaines , études des relations structure-fonction des canaux ioniques (caractérisation des domaines fonctionnels), études toxicologiques (évaluation de l‘activité de certaines substances ou molécules sur des canaux ioniques, reflétant leur toxicité au niveau cellulaire, neurotoxicité, cardiotoxicité...).
Bénéfices attendus
Ce projet va permettre d'apporter des connaissances scientifiques dans différents domaines, tels que : 1) mieux comprendre les effets bénéfiques ou averses d'agents pharmacologiques actifs sur les canaux ioniques (médicaments, toxines, toxiques...), 2) caractériser les impacts fonctionnels par une approche alternative, de mutations desgènes de canaux ioniques causant des pathologies parfois graves. La procédure de prélèvement des ovocytes a peu d'impact sur la santé des xénopes, étant donné les précautions prises, telles que l'anesthésie, le repos entre chaque prélèvement et l'attention des expérimentateurs vis-à-vis des animaux. Selon notre expérience dans le domaine, le comportement des xénopes en captivité dans un environnement enrichi n'est pas affecté par la procédure.
Procédures
Les xénopes sont anesthésiés par immersion dans un bain d'anesthésie pendant 40 à 45 minutes. Après induction de l’anesthésie, une incision de 1,5 cm maximum est réalisée pour accéder aux sacs ovariens. Après prélèvement, la plaie est suturée immédiatement; cette étape durant environ 10 minutes. Pour préserver la bonne santé des animaux, chaque prélèvement sur un même animal doit être espacé de 2 mois.
Impact sur les animaux
La procédure de prélèvement des ovocytes a peu d'impact sur la santé des xénopes, étant donné les précautions prises, telles que l'anesthésie, le repos entre chaque prélèvement et l'attention des expérimentateurs vis-à-vis des animaux. Selon notre expérience dans le domaine, le comportement des xénopes en captivité dans un environnement enrichi n'est pas affecté par la procédure.
Devenir
200-300 ovocytes prélevés sur un animal par semaine. Après prélèvement, les xénopes sont mis au repos pendant 2 mois. Nous avons une utilisation continue des xénopes : avec 6 prélèvements annuels, durant 5 ans . Les xénopes ont une longévité de 15 ans en moyenne.
Remplacement
L’ovocyte de xénope est un système d’expression hétérologue pour des études fonctionnelles in vitro, des canaux ioniques humains ou de mammifères. Cette technique d‘étude fonctionnelle in vitro est incontournable pour l’investigation au niveau cellulaire et moléculaire des effets toxiques, du mode d’action de médicaments, voire de l’impact de certains variants sur la fonction des canaux ioniques. Cette technique permet également de s’affranchir de manipulations in vivo coûteuses en animaux. Cette approche constitue une méthode alternative à l’utilisation des rongeurs pour réaliser des cultures primaires de neurones, par exemple.
Réduction
Pour un projet visant à caractériser l’impact fonctionnel d’une mutation ou l’effet d’une molécule, les analyses statistiques nécessitent l’utilisation de 10 ovocytes par mutation ou concentration de molécule, provenant de 3 animaux différents. Etant données nos activités de recherche, ceci implique l'utilisation de 30 xénopes pour 5 ans au maximum. Les animaux sont préservés jusqu‘à leur mort naturelle. Ils sont utilisés ou réutilisés dans plusieurs projets. Un vétérinaire les examine 1 fois par an au minimum pour vérifier leur état de santé.
Raffinement
Le prélèvement est réalisé sur des animaux anesthésiés. Les sutures sont réalisées avec un fil résorbable. Les animaux sont ensuite réveillés progressivement par rinçage à l’eau claire, et surveillés avant d’être replacés avec leurs congénères. Les aquariums sont enrichis avec des pots en terre cuite qui leurs servent de cachettes.
Choix des espèces
Les xénopes produisent des ovocytes de grande taille (1-1,5 mm) qui facilitent leur transfection par injection intracellulaire de matériel génétique. L’ovocyte de xénope constitue un système d’expression hétérologue incontournable pour les études électrophysiologiques et pharmacologiques des récepteurs et des canaux ioniques, depuis 1990. L’utilisation de ce modèle cellulaire est très pratique pour des études pharmacologiques in vitro, assez simple à réaliser, et permet de s’affranchir de manipulations in vivo coûteuses en animaux. Les animaux sont utilisés au stade adulte (1-5 ans) correspondant à un stade où les femelles produisent de nombreux ovocytes.
Impacts directs et multigénérationnels d’obésogènes et de perturbateurs métaboliques sur le xénope tropicalis (Silurana xenopus tropicalis)
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
4 640 xénopes tropicaux vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. 1 500 têtards sont exposés dix mois durant, du stade têtard à l'âge adulte, à un mélange de six polluants dont le tributylétain et le benzo[a]pyrène, 1 500 autres servant de témoins, et leurs descendants sur deux générations subissent les mêmes mesures. Les tests imposent des injections dans le ventre ou dans les sacs lymphatiques, des prélèvements de sang au doigt toutes les heures pendant six heures, et une injection de phytohémagglutinine dans une patte pour mesurer le gonflement à douze heures puis sept jours plus tard. Le porteur écrit que ces concentrations ne sont pas censées faire souffrir tout en reconnaissant qu'il ne peut pas évaluer la souffrance liée à l'exposition, et présente le recours au xénope plutôt qu'au rongeur comme un "Remplacement".
Objectifs
Des études récentes suggèrent que les effets métaboliques transgénérationnels induits par les perturbateurs endocriniens (PE) sont des facteurs impliqués dans le déclin des populations d’amphibiens en altérant leur capacité à se reproduire. Cependant, plusieurs questions se posent : Comment les PE agissent chez les amphibiens ? Quelles sont leurs effets sur les autres axes endocriniens ? Quel parent transmet l’effet à la descendance ? Quels sont les mécanismes responsables de la transmission des effets sur plusieurs générations ? Ce projet répondra à ces questions en étudiant les effets d’une mixture de 6 PE à concentrations environnementales sur 3 générations de X. tropicalis (F0 directement exposée, F1/F2 non exposées). Les effets seront évalués à chaque génération par l’étude du développement, des effets reproducteurs, thyroïdiens et neuro-développementaux, des perturbations métaboliques et de la transmission des effets entre générations.
Bénéfices attendus
D'un point de vue scientifique, la recherche générera de nouvelles connaissances et technologies dans les domaines de la physiologie animale, de la perturbation endocrinienne, de la transmission des effets au cours des générations et de l'écotoxicologie. Les informations sur l'impact transgénérationnel des PE chez les vertébrés font défaut et les méthodologies d'exposition des animaux à de faibles concentrations de polluants tout au long de leur vie doivent être testées. Ce projet permettra de comprendre quel sexe transmet les effets des PE à la descendance. D'un point global, la protection de la biodiversité et de la santé humaine est essentielle. Les amphibiens représentent une proportion élevée de la diversité des espèces mondiales et sont largement répandus. Plusieurs études ont démontré que plus la biodiversité des amphibiens est grande dans les zones humides, plus l'écosystème est protégé contre les maladies, y compris celles qui touchent les humains. En fournissant des résultats sur les effets transgénérationnels métaboliques des PE, les données obtenues peuvent être appliquées non seulement aux amphibiens mais aussi aux vertébrés supérieurs, y compris les humains. Comme le modèle xénope partage de nombreuses voies métaboliques avec l'homme, il est de fait un bon prédicteur des effets des PE chez l'homme. Toutes les données générées par ce projet multidisciplinaire seront disponibles pour les organisations qui gèrent la biodiversité ou sont impliquées dans l'évaluation des risques chimiques (OFB, ANSES) et aideront les décideurs à protéger la qualité de l'environnement naturel et à améliorer la santé des écosystèmes. Un objectif important est d'identifier des biomarqueurs précoces potentiels de perturbations métaboliques qui seront applicables à différentes espèces d'amphibiens vivant dans des écosystèmes pollués. La recherche proposée soutiendra l'élaboration de politiques et de lignes directrices qui guideront la conservation des populations d'amphibiens et la gestion des PE.
Procédures
Les xénopes de la génération F0 seront exposés à un mélange de perturbateurs endocriniens (tributylétain, di-2-éthylhexyl phthalate, polybromodiphényle éther 47, triclosan, benzo[a]pyrene, et 4,4’-dichlorodiphényldichloroéthylène) du stade têtard (stade 10 de Nieuwkoop et Faber) au stade adulte pendant une génération (F0) (~10 mois). Au total 1500 têtards seront exposés aux PE et 1500 serviront de contrôles. Pour les tests de tolérance au glucose et de résistance à l’insuline, des injections sont effectuées sur animaux vigiles dans le ventre (intrapéritonéale) ou dans les sacs lymphatiques dorsaux. A la suite de ces injections des dosages de glycémie sont effectués par prélèvements digitaux toutes les heures pendant 6 heures (2 lots d’animaux, exposés et témoins, pour la génération F0 et 4 lots pour les générations F1 et F2 soit un total de 400 animaux (80 F0, 160 F1 et 160 F2). Pour les tests de sécrétion d’insuline, les xénopes subissent une injection intrapéritonéale de glucose à T0 et sont euthanasiés 30 minutes après. 10 mâles et 10 femelles par condition seront utilisés pour les tests de de sécrétion d’insuline après injection de glucose à chaque génération soit un total de 200 animaux (40 F0, 80 F1 et 80 F2). Pour les tests immunitaires, les animaux reçoivent une injection de phytohémagglutine A dans la jambe droite (50 µl à 2 mg/ml) et de solution saline (50 µl de PBS dans la jambe gauche). A T0 et T12heures, le diamètre de chaque jambe est mesuré et un prélèvement digital est réalisé pour faire un frottis sanguin. Cette opération est répétée 7 jours après pour évaluer la mémoire immunitaire. 10 mâles et 10 femelles par condition seront utilisés pour les tests. Pour la fécondation in vitro, les animaux reçoivent deux injections dans les sacs lymphatiques dorsaux d’hCG à 20 heures d’intervalle. A la suite de la seconde injection, les femelles sont laissées tranquilles dans des aquariums pour attendre la ponte qui se fait de manière naturelle environ deux heures après. Les mâles sont euthanasiés deux heures après la deuxième stimulation. Les femelles sont euthanasiées à la fin de la période de ponte. 15 mâles et 15 femelles par condition (traités et non traités pour F0 et les 4 conditions issues des 4 modalités d’accouplement pour F1 et F2) seront utilisés à chaque génération pour les accouplements en vue d’obtenir la génération suivante. Le nombre total d’animaux sera de 300 (60 pour F0, 120 pour F1 et 120 pour F2).
Impact sur les animaux
Les concentrations utilisées sont celles des normes de qualité environnementales. Elles ne sont pas senser induire de souffrance chez les animaux. Il se peut cependant que les effets des PE puissent entrainer une surmortalité ou des malformations mais il n’est pas possible d’évaluer le degré de souffrance engendré par l’exposition. Les prises de sang digitales pour les tests de tolérances au glucose ou de résistance à l’insuline et les injections intrapéritonéales de glucose ou d’insuline dans les sacs lymphatiques sont susceptibles d’entrainer des douleurs légères. Au stade têtard des déformations de la colonne vertébrale sont décrite comme pouvant survenir lors d’un stress.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour des prélèvements d’organes ou des tests métaboliques.
Remplacement
Les manipulations réalisées sur ces animaux ne peuvent pas être substituées par des manipulations sur cultures cellulaires car les effets observés sont le jeu d’actions et d’interactions entre différents organes et systèmes. Le modèle xénope pour évaluer l’effet des PE en milieu aquatique permet le « Remplacement » du modèle rongeur classiquement utilisé en toxicologie.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisé est le nombre minimal pour ne pas mettre en péril les manipulations et avoir des résultats significatifs statistiquement (plan d’expérience élaboré avec des statisticiens). Chaque animal est utilisé pour plusieurs types de manipulation et l’utilisation des différents lots n’est justifié que par la petite taille des organes et des volumes possibles de prélèvements sanguins qui limitent le nombre de manipulations possible sur un même échantillon.
Raffinement
Les protocoles d’exposition mis en œuvre permettent de mimer les conditions du milieu (exposition par l’eau) pour confirmer et transposer les résultats obtenus à court terme sur le terrain. Ce genre d’exposition n’entraine pas de souffrance chez l’animal contrairement à l’injection de polluant par voie intrapéritonéale classiquement utilisée en toxicologie. Des points limites ont été définis et adaptés au modèle xénope
Choix des espèces
Le choix de l’espèce xénope tropicalis est justifiée par deux raisons majeures : 1) son temps de génération court pour un amphibien (~10 mois du stade œuf à adulte mature) permet l’étude de l’effet des polluants sur plusieurs générations et 2) c’est une espèce dont le génome est entièrement séquencé et diploïde permettant ainsi des études transcriptomiques ou épigénétiques. C’est un modèle dont nous maitrisons l’élevage au laboratoire (certificat de capacité obtenu) et pour lequel nous avons déjà réalisé des études multigénérationnelles. Les animaux seront utilisés du stade gastrula au stade adulte mature sexuellement. Les PE agissent sur de nombreuses cibles au stade larvaire et durant tout le cycle de développement jusqu'au stade adulte mature sexuellement. Il est donc important de regarder les impacts de ces polluants à différents stades du développement des animaux.