Projet autorisé, résumé publié en juin 2025 · Rédigé par le laboratoire au stade de la demande d'autorisation
Etude de la dynamique de transmission de pathogènes viraux chez le Minioptère de Schreibers.
480 minioptères de Schreibers capturés au filet, saignés à l'aile de 70 microlitres puis relâchés, pour chercher des virus chez ces chauves-souris.
480 animaux (autres mammifères) · souffrance légère
Ce document a été rédigé avant l'expérience. Les souffrances qu'il décrit sont prévues et autorisées. Les bénéfices qu'il annonce sont espérés.
Les résumés non techniques ne rendent jamais compte des résultats obtenus, et aucune appréciation rétrospective n'est publiée en France. Rien ne permet donc de savoir si les bénéfices annoncés ont été atteints.
Jusqu’à 70 microlitres de sang prélevés par incision d’une veine de l’aile, soit près de 10 % du volume sanguin d’un animal de 12 grammes : 480 minioptères de Schreibers vont être capturés au filet ou au piège-harpe, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque chauve-souris est mesurée, pesée, marquée par transpondeur et écouvillonnée dans la bouche, en moins de dix minutes de contention. L’objet est de chercher des traces d’exposition à des lyssavirus, coronavirus et filovirus sur deux sites français, à raison de soixante individus par session et de huit sessions réparties sur deux ans. Toutes les chauves-souris sont gardées vivantes et relâchées, le porteur rappelant que la détention de ces espèces protégées est interdite en France.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Ces résumés sont rédigés par les laboratoires à des fins de communication. Leurs affirmations scientifiques ne sont ni sourcées ni relues par les pairs. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent. → Comment lire un résumé non technique

Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-06-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-678381)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les chauves-souris appartiennent au groupe de mammifères le plus diversifié après les rongeurs et sont connues pour héberger une grande diversité de micro-organismes dont des pathogènes. Il semblerait que la diversité de ces derniers soit due au grand nombre d’espèces que présentent ce groupe de mammifères. De plus un nombre de maladies infectieuses négligées ou émergentes et hautement pathogènes chez les humains résultent d’une origine fortement suspectée chez les chauves-souris (ex : virus de la rage, Ebola, Marburg, Nipah, divers coronavirus responsables du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère). Les chauves-souris possèdent des capacités physiologiques uniques comme la capacité de vol, une grande longévité au regard de leur taille, et aussi un système immunitaire puissant qui pourrait expliquer leur capacité à survivre à des infections virales et donc potentiellement à les héberger et en constituer un réservoir. L’objectif de ce projet est de rechercher pour le Minioptère de Schreibers, et à différents moments de son cycle biologique, l’évidence d’expositions et d’infections par des agents pathogènes, en ciblant plus particulièrement 4 genres différents, le genre Lyssavirus, Alphacoronavirus, Betacoronavirus et Cuevavirus (famille des Filovirus). Cette évaluation permettra de mieux appréhender la dynamique de transmission de ces pathogènes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet permettra de mieux appréhender la circulation de 3 groupes de virus encore très peu étudiés chez le Minioptères de Schreibers. Il permettra notamment, pour chaque groupe de virus (LLEBV, WCBV, LLOV, α COV et βCOV) d’estimer si les individus ont été exposés, s’il existe une différence de leurs séroprévalences entre les saisons et entre les jeunes ou adultes. Un des virus étudié (LLOV) est à l’origine de fortes épizooties chez cette espèce (exemple de l’épizootie détectées en Espagne en 2002 et en Hongrie en 2016) et n’a encore jamais été étudié en France alors que des événements de fortes mortalités pouvant faire suspecter la présence du virus ont été observés. Alors que le virus LLOV n’apparait pas zoonotique mais est d’intérêt d’un point de vue conservation de l’espèce, les virus de la famille des Lyssavirus (LLEBV et WCBV) sont potentiellement zoonotiques. Leur étude et donc d’intérêt pour appréhender le risque de transmission à d’autres mammifères. Dans ce projet, il s’agit tout d’abord de détecter la circulation de pathogènes dans l’hôte, avec pour sites d’études, deux sites identifiés, un dans l’Est et un dans l’Ouest de la France, à la limite de répartition de l’espèce.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Biométrie sur animal vigile (avant-bras et poids)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables induits par la capture, la manutention, la prise de sang et de salive ainsi que le marquage sont le stress et le refroidissement de l’animal si la manutention est maladroite et trop longue. Ces effets ne devraient pas durer au-delà du temps de l’expérimentation. Des système de chauffages ou installation des pochons sous les vetements des manipulateurs seront mis en place en cas de refroidissement (détécté par la baisse d’activité) des individus.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
les chauves-souris sont gardées en vie et relâchées
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude des pathogènes portés par les chauves-souris ne peut être réalisée que sur des matrices provenant de chiroptère sauvages. Les prélèvements salivaires et de sang devant être frais, ils ne peuvent être effectués que sur des animaux capturés vivants.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un effectif de 60 individus sera capturé, marqué et prélevé par session de capture. L’effectif nécessaire, par capture, a été estimé en fonction du taux d’individus avec présence d’anticoprs attendue afin de permettre de détecter une difference de l’exposition virale entre la session de printemps et la session d’été. Un total de 8 captures (2 sessions de capture par site et par an, sur une durée de 2 ans), pour un nombre total d’animaux prélevés de 480
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les captures sont réalisées par filet japonais ou harp-trap en dehors des périodes critiques pour l’animal qui sont la période de perte de poids en hiver ou la période de mise bas et de croissance des jeunes (Juin /début juillet). Le stress des animaux est réduit au maximum du fait d’une contention/manipulation rapide (< 10 minutes) pour le démaillage, mesures biométriques et écouvillonnage par des personnes compétentes et formées (les chiroptérologues pour l’ensemble des manipulations dont le transpondage et les personnes du laboratoire pour l’écouvillonnage et la prise de sang). Les animaux sont maintenus dans des sacs individuels pour leur acheminement jusqu’à la table de prélèvement. Le maintien dans un sac permet également de limiter le refroidissment de l’animal. Le volume de sang maximum prélevé est de 70µl (maximum 10% du volume total de sang en estimant qu’une chauve-souris, au même titre qu’une souris, possède environ 60ml de sang par kg de poids corporel et que l’espèce Minioptère de Schreibers pèse environ 12g). La prise de sang est réalisée par incision d’une veine du patagium et prélèvement du sang par capillarité via une pipette ou un buvard.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet étant l’étude in natura de la circulation de pathogènes chez l’espèce Miniopterus schreibersii, il n’est pas possible d’utiliser d’autres animaux que ceux capturés dans la nature. De plus, toutes les espèces de chauves-souris présentes sur le territoire français sont protégées et leur détention/élévage est interdit. La capture qui aura lieu en printemps sera effectuée sur des adultes. La capture qui aura lieu en fin d’été sera effectuée sur adultes et juveniles émancipés (donc poids comparable aux adultes).