Oiseaux

303 contenus, page 18 sur 26
  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
    • Maladies infectieuses
    • Troubles gastrointestinaux
Poules : 152
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 152
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 152

152 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont vaccinés par voie intramusculaire ou orale puis infectés par la bactérie Campylobacter, avant mise à mort et prélèvement d'organes, pour optimiser un vaccin destiné à réduire la contamination humaine par la volaille. Le porteur affirme n'attendre aucun effet indésirable, décrivant Campylobacter comme une bactérie commensale asymptomatique du poulet, et présente ce dernier comme la "seule espèce adaptée" faute d'organoïdes reproduisant l'immunité aviaire. Les poussins sont élevés jusqu'à 42 jours, âge d'abattage des poulets de chair, puis tués pour l'étude.

Objectifs

Ce projet s’inscrit dans le développement d’une stratégie de lutte vis-à-vis de la bactérie Campylobacter jejuni dans la filière avicole par la vaccination. Lors d’essais précédents, nous avions montré qu’un vaccin candidat basé sur la protéine appelée « YP437 » donnait des résultats prometteurs en terme d’induction d’anticorps sériques ou de protection vis-à-vis de l’infection bactérienne. Cependant, le protocole vaccinal doit maintenant être amélioré pour être plus efficace. Les objectifs visés par ce projet sont d’évaluer des pistes d’amélioration de la stratégie vaccinale : (1) Evaluer l’efficacité vaccinale du candidat vaccin sous sa forme protéique (vaccination et rappel vaccinal sous forme de protéines). En effet, cette combinaison n’avait pas été évaluée lors des essais précédents qui utilisait une primo-vaccination sous forme d’ADN et un rappel vaccinal sous forme protéique. Or, d’après notre expérience avec d’autres antigènes vaccinaux, la valence vaccin protéique est impliquée dans l’induction d’une réponse immunitaire sérique. (2) Evaluer l’impact de la fréquence (répétitions) des doses administrées du candidat vaccin. L’administration de plusieurs rappels vaccinaux pourrait augmenter l’amplitude des réponses immunitaires protectrices. (3) Evaluer l’impact de la voie d’inoculation en administrant le vaccin candidat par la voie orale (administration mucosale). En effet, lors des essais précédents, seule la voie intramusculaire a été testée. Or, d’après certains résultats précédents, l’induction de réponse immunitaire mucosale a été retrouvée chez des poulets partiellement protégés. La voie orale pourrait donc être intéressante pour stimuler la voie mucosale qui pourrait avoir un rôle sur la réduction de la charge caecale en Campylobacter. (4) Suivre tout un panel de réponses immunitaires dont les anticorps spécifiques circulants et mucosaux (anti-YP437), la réponse cellulaire et la composition du microbiote intestinal en réponse au vaccin en présence de Campylobacter. En effet, lors des essais précédents, seuls les paramètres de l’immunité systémique et mucosale ont été mesurés. Toutefois, il est possible que les efficacités vaccinales soient liées aux réponses humorales spécifiques, à l’immunité mucosale intestinale, à l’immunité cellulaire et/ou à la composition du microbiote intestinal qui pourrait interagir avec Campylobacter, et/ou le vaccin et/ou le système immunitaire.

Bénéfices attendus

Ce suivi devrait nous donner des indications sur ce qui est important selon différents paramètres testés (fréquence et voie d’inoculation, nature du vaccin) pour induire une réponse immunitaire protectrice contre Campylobacter chez le poulet en étudiant les interactions système immunitaire/microbiote et de Campylobacter au sein des intestins du poulet suite à la vaccination. L’étude de la voie orale permettra d’apporter des réponses sur la stimulation de la voie mucosale et d’être plus adapté à la vaccination de terrain dans les élevages. Le concept est innovant car l’adjuvant utilisé pour la voie orale n’a encore jamais été testé chez des poulets de chair.

Procédures

Plusieurs lots seront vaccinés par voie intramusculaire ou orale et infectés par Campylobacter par voie orale. Les prélèvements d’organes (caecum, rate et bourse de Fabricius) et de fluides (sang et bile) auront lieu après mises à mort des animaux. Au total, 7 lots de poulets de chair (souche Ross 308) seront utilisés. Lot 1: Vaccinés par la protéine YP 437 deux fois aux jours 5 et 12 par voie intramusculaire et infecté par Campylobacter au jour 19. Lot 2: Témoin placebo du lot 1 Lot 3: Vaccinés par la protéine YP 437 quatre fois au jours 5, 12, 19 et 28 en intramusculaire et infecté par Campylobacter au jour 19. Lot 4: Témoin placebo du lot 3 Lot 5: Vaccinés par la protéine YP 437 deux fois au jours 5 et 12 par voie orale et infecté par Campylobacter au jour 19. Lot 6: Témoin placebo du lot 5 Lot 7: Témoin challenge (non vacciné mais infecté par Campylobacter). Les poulets des lots 1 à 4 seront inoculés par voie intramusculaire. Les lots 1 et 3 seront inoculés avec le vaccin contenant la protéine YP 437 émulsionnée dans un adjuvant alors que les lots 2 et 4 seront inoculés avec un placebo (PBS + adjuvant). Les poulets du lot 5 seront inoculés avec le vaccin contenant la protéine YP 437 émulsionnée dans un adjuvant par voie orale alors que les poulets du lot 6 seront inoculés également par voie orale mais avec un placebo (PBS + adjuvant). Les lots 5 et 6 seront au total vaccinés 4 fois alors que les lots 1 à 4 seront au total vaccinés 2 fois. Le lot 7 ne sera pas vacciné. Tous les poulets seront infectés par voie orale par Campylobacter au jour 19. L’essai se déroulera comme suit: J1 : Naissance et mise en place des poussins au sein des animaleries et mise à mort de 5 poussins pour prélèvements de vésicules vittelines afin de vérifier le statut indemne en Campylobacter. J5 : Première vaccination pour tous les lots sauf le 7. J12 : Deuxième vaccination pour tous les lots sauf le 7. J19 : Infection avec Campylobacter par voie orale sur tous les animaux et mise à mort de 5 animaux par lot pour prélèvements de fluides et d’organes. Troisième vaccination pour les lots 5 et 6. J22 : Récolte de fientes à même le sol afin de vérifier la colonisation en Campylobacter suite à l’infection des poulets 3 jours avant. J28 : Quatrième vaccination pour les lots 5 et 6. J42 : Fin de l’essai, mise à mort de 16 animaux par lot pour prélèvements de fluides et d’organes. Au total, 152 animaux seront utilisés pour cette procédure.

Impact sur les animaux

Le vaccin protéique a déjà été utilisé lors d’expérimentations précédentes chez les poulets de chair, et aucune réaction indésirable n’a été décelée suite à la vaccination. L’adjuvant utilisé par voie intramusculaire a déjà été utilisé et n’a pas provoqué d’effets indésirables. L’adjuvant utilisé par voie orale n’a jamais été inoculé chez le poulet mais il a déjà été testé chez d’autres modèles animaux (bovin, porcin, poisson, murin) sans effets indésirables. Par ailleurs, Campylobacter est considérée comme une bactérie commensale des poulets, et à ce titre est asymptomatique. En outre, la souche utilisée a déjà fait l’objet de plusieurs essais in vivo et aucun effet indésirable n’a été observé. Il n’est donc attendu à ce qu’aucun effet indésirable ne survienne tout au long de l’essai.

Devenir

Les prélèvements d’organes et fluides seront réalisés après la mise à mort de l’animal. Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale.

Remplacement

La volaille et notamment le poulet de chair représente la source majeure de campylobactériose pour l’homme. Campylobacter fait partie de la flore naturelle des poulets qui le portent de manière asymptomatique. La colonisation intervient entre la seconde et troisième semaine après l’éclosion. Le but de cette étude ici est de contribuer au développement de vaccins contre cette bactérie chez le poulet afin de réduire in fine le risque d’infection humaine par Campylobacter. La mise en place de la protection vaccinale contre Campylobacter fait intervenir à la fois le système immunitaire composé de différentes cellules et le microbiote intestinal. En l’absence de lignée cellulaire (population de cellules ayant une capacité de se diviser et donc de se multiplier) ou d’organoïdes (modèle d'un organe) pouvant mimer le système immunitaire aviaire et les interactions Campylobacter-microbiote-système immunitaire, aucune stratégie alternative visant à évaluer l’immunogénicité d’un vaccin inoculé aux poulets ou l’impact de la vaccination sur le microbiote n’est disponible. Le poulet est donc la seule espèce adaptée aux objectifs et aux conditions de notre procédure.

Réduction

Les animaux seront utilisés au seuil de la pertinence scientifique et statistique. Au jour 19 (avant infection par Campylobacter per os), 5 poulets par lot seront mis à mort pour avoir un nombre d’animaux par lot minimal pour appliquer les tests statistiques fiables pour les paramètres étudiés. Au jour 42, en raison de la variabilité interindividuelle importante du dénombrement de Campylobacter, il est nécessaire d’avoir à minima 15 animaux par lot afin de comparer les charges caecales en Campylobacter, reflétant l’efficacité vaccinale. Des tests de comparaison de moyennes seront effectués pour analyser les résultats des différents lots à chaque date de prélèvement. Des tests paramétriques (Student ou Anova) seront utilisés lorsque les critères de normalité et d’homogénéité des variances seront réunis. Sinon des tests non paramétriques (Kolgomorov-Smirnov ou Kruskall Wallis) seront utilisés.

Raffinement

Dans nos expériences précédentes, avec le vaccin à base des protéines YP437, aucun symptôme ou effet indésirable n’a été détecté chez les animaux étudiés (avec deux injections de vaccin). Le protocole a été établi pour limiter au maximum le nombre de manipulation par animal. Néanmoins, afin de pouvoir bien évaluer l’immunogénicité du vaccin et la preuve du concept, il apparait opportun, dans deux groupes, de réaliser 3 rappels vaccinaux au lieu d’un seul. Pour ces animaux, comme pour l’ensemble des animaux par ailleurs, le personnel expérimenté apportera la même attention à chaque injection pour éviter/limiter les inconforts au moment de l’injection. D’après notre expérience, les vaccins se diffusent très bien en intramusculaire et une garde au niveau de l’aiguille rattachée à la seringue peut être ajoutée pour que l’aiguille soit bien positionnée et bien adaptée à la dimension de la cuisse du poulet. L’adjuvant utilisé par voie intramusculaire a déjà été utilisé et n’a pas provoqué d’effets indésirables. L’adjuvant utilisé par voie orale n’a jamais été inoculé chez le poulet mais il a déjà été testé chez d’autres modèles animaux (bovin, porcin, poisson, murin) sans effets indésirables. Afin de limiter les gestes invasifs et le stress chez les animaux, les prélèvements de sang auront lieu lors de la saignée à la veine jugulaire après mise à mort des animaux. Par ailleurs, Campylobacter est considérée comme une bactérie commensale des poulets, et, à ce titre, l’infection est asymptomatique. En outre, la souche utilisée a déjà fait l’objet de plusieurs essais in vivo et aucun effet indésirable n’a été observé. Aucun effet indésirable n’est donc attendu au cours de cet essai. Néanmoins, les animaux seront observés quotidiennement. Si toutefois, une altération de l’état de santé était observée quelle que soit la raison, les animaux concernés seront mis à mort en cas d’atteinte des points limites suivants : blessure grave, prostration, absence de réaction après sollicitation (absence de réponse à des stimuli tactiles et visuels), anorexie ou impossibilité de s’abreuver ou de s’alimenter.

Choix des espèces

Campylobacter fait partie de la flore naturelle des poulets qui le porte de manière asymptomatique. La colonisation de cette flore intervient entre la seconde et troisième semaine après l’éclosion. Le but des études ici est de contribuer au développement de vaccins contre cette bactérie chez le poulet afin de réduire in fine le risque d’infection humaine par Campylobacter. Le poulet est donc la seule espèce adaptée aux objectifs et aux conditions de notre procédure. Des poussins de 1 jour seront utilisés et élevés jusqu’à 42 jours. Le but est de suivre les réponses immunitaires et l’influence du microbiote avant au jour 19 et suite à l’infection par Campylobacter au jour 42, âge moyen testé lors des précédents essais et cohérent avec l’âge d’abattage des poulets de chairs pour la consommation.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Poules : 379
Souffrances
▲ -
▲ 379
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 379

379 poulets de chair vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils reçoivent par voie orale la bactérie Salmonella Typhimurium, avec ou sans huiles essentielles dans l'eau de boisson, puis sont mis à mort par dislocation cervicale ou saignée pour prélever leurs caeca. Le projet teste l'effet d'huiles essentielles sur la colonisation par Salmonella en élevage, le porteur signalant qu'aucun signe clinique n'est attendu. Il présente en parallèle un modèle in vitro sur nématode comme piste pour réduire à terme le recours aux animaux.

Objectifs

Ce projet vise au déploiement d’une stratégie de gestion Salmonella en élevage de poulet de chair, grâce à des alternatives naturelles telles que les huiles essentielles (HE). Cette procédure visera à étudier l’effet d’HE et leur mode d’administration sur le microbiote et la colonisation de Salmonella Typhimurium en poulet de chair. De plus, ce projet a également pour but de tester en parallele un nouveau modèle prédictif in vitro reposant sur le modèle de colonisation digestive du modèle nématode Caenorhabditis elegans. Le développement de cette méthode alternative à l’expérimentation animale, pourrait permettre de réduire à terme l’utilisation d’animaux à des fins scientifiques et ainsi de satisfaire à la règle des 3R : Réduire, Remplacer, Raffiner. Les HE sont connues pour leurs propriétés antimicrobiennes, antioxydantes et anti-inflammatoires en élevage. Le complément testé comportera un mélange des huiles essentielles de Cannelle (Cinnamomum cassia), Origan (Origanum vulgare), Girofle (Syzygium aromaticum) et Citron (Citrus limon). Le mode d’administration de ces HE (encapsulées ou non) dans l'eau de boisson sera évalué pour essayer de maximiser l’effet des HE sur la colonisation de Salmonella.

Bénéfices attendus

Ce travail permettra de valider les effets bénéfiques des huiles essentielles sur la colonisation du poulet de chair par Salmonella et notamment l’effet de differents modes d’administration des huiles essentielles sera étudié pour proposer un moyen de lutte plus efficace contre la contamination à Salmonella dans les élevages.

Procédures

Les animaux seront soumis à une inoculation par voie orale de Salmonella Typhimurium ou de Tryptone Sel. Le prélèvement de caeca aura lieu après mise à mort des animaux. Des pesées des animaux seront réalisées toutes les semaines.

Impact sur les animaux

Il n’est pas attendu d’effet indésirable tout au long de cet essai lié à l'infection par Salmonella et l'ajout d'HE dans l'eau de boisson. Les infections à Salmonella chez les volailles passent généralement inaperçues. Principalement asymptomatiques, elles peuvent provoquer parfois une réduction des performances de ponte chez les poules, une perte d’appétit, de la prostration et des diarrhées liquides. Les salmonelles se multiplient dans le tube digestif des oiseaux et peuvent être excrétées en grande quantité dans les déjections. Toutefois, la souche de S. Typhimurium utilisée dans cette étude a déjà fait l’objet d’essais in vivo et aucun effet indésirable n’a été observé. Les HE sont considérées d’un point de vue réglementaire comme des additifs sensoriels et sont classées parmi les produits GRAS (Generally Recognized As Safe) par la FDA (US Food & Drug Administration) et dans la pharmacopée Française. Les HE seront ajoutées dans l'eau de boisson des animaux à des doses respectant les apports totaux journaliers maximums pour les poulets en engraissement, aussi aucun effet n'est indésirable n'est attendu. De plus, aucun effet indésirable n’est attendu avec l’encapsulation Pickering (à base de fibre de pomme avec action prébiotique potentielle) et l’encapsulation par relargage pH dépendant qui sera utlisée pour la préparation des HE.

Devenir

Les prélèvements de caeca nécessitent la mise à mort des animaux. C’est pourquoi tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale, par dislocation cervicale les jeunes poussins (poids < 250 g) et pour les poussins plus âgés et les poulets adultes après une anesthésie par électronarcose suivie d’une saignée à la veine jugulaire.

Remplacement

La volaille et notamment le poulet de chair représente une source importante de salmonelloses pour l’Homme. Ainsi, il est nécessaire de contribuer au développement d’un moyen de lutte contre Salmonella dans la filière avicole afin de réduire in fine le risque d’infection humaine par Salmonella.

Réduction

Cette étude s’interesse à l’effet du mode d’administration d’huiles essentielles sur la colonisation de Salmonella chez le poulet de chair. Huits lots d'animaux seront nécessaires pour évaluer les différents modes d'administration des huiles essentielles. En raison de la variabilité interindividuelle importante du microbiote intestinal et des niveaux de colonisation par Salmonella, il a été déterminé qu’un nombre minimum de 10 animaux par condition était nécessaire pour chaque temps donné afin d’assurer la robustesse des tests statistiques. Dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés dans cette procédure, seulement 3 animaux par lot seront mis à mort dans trois lots au premier point de prélèvement car ils présenteront les mêmes conditions. Ainsi, 379 animaux seront utilisés.

Raffinement

L’inoculation des bactéries à la pipette par voie orale et les pesées seront réalisées par le personnel expérimenté qui apportera la même attention à chaque inoculation de sorte à éviter/limiter les inconforts au moment de l’administration. Le protocole a été établi pour limiter les gestes invasifs et le stress chez les animaux. Les animaux seront observés quotidiennement. Si toutefois, une altération de l’état de santé était observée quelle que soit la raison, les animaux concernés seront mis à mort en cas d’atteinte des points limites (blessure grave, prostration, absence de réaction après sollicitation, anorexie ou impossibilité de s’abreuver ou de s’alimenter). Le raffinement des conditions d’hébergement visera à assurer des conditions d’hébergement limitant l’inconfort potentiel des animaux. Les animaux recevront à volonté, de l’eau et de l’aliment réservé aux poulets de chair spécifiques à leur âge. Afin de stimuler les poussins à s’alimenter dans leurs premières heures de vie, des alvéoles en carton de plateaux d’oeufs seront disposés sur les copeaux de bois avec de l’aliment et des cartons seront apposés sous les mangeoires. Les alvéoles en cartons servent également d’éléments de grattage et de picotage. Les paramètres d’ambiance utilisés sont préconisés pour les élevages de poulets de chair. Les installations sont équipées de lumières électriques programmables, d'un chauffage électrique automatisé et d'une ventilation.

Choix des espèces

Les salmonelloses humaines sont principalement attribuées à la filière avicole. Ce projet à pour objectif de développer une stratégie de lutte efficace pour limiter la colonisation des animaux par Salmonella dès l’élevage afin de réduire la charge qui arrive sur la chaine alimentaire. Par conséquent, le poulet de chair est l’espèce adaptée aux objectifs et aux conditions de notre procédure. Des poussins de 1 jour seront utilisés et élevés jusqu’à 34 jours (âge d’abattage des poulets de chair pour la consommation). Le but est de suivre l’effet du mode d’administration des huiles essentielles sur la colonisation de Salmonella.

Etude de la personnalité chez la poule pondeuse

(NTS-FR-549457v1 – 04/09/2023)
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Poules : 200
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 200
▲ -
Devenir
 -
 120
 -
 80

200 poules pondeuses vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, 80 d'entre elles tuées pour l'étude de leur cerveau et 120 replacées ensuite. Elles sont exposées un mois à une lumière faible et à un remaniement de groupe, le picage étudié pouvant occasionner des blessures entre individus. L'objet est de repérer des traits de comportement liés au picage pour fournir aux éleveurs une grille d'identification des poules prédisposées. Le porteur situe ce travail face à l'épointage du bec, pratique qu'il décrit lui-même comme douloureuse et "de plus en plus controversée", et affirme qu'aucun système alternatif ne permet d'étudier le comportement.

Objectifs

Les poules sont des animaux pour qui l’exploration de l’environnement, à la fois physique et social, consiste en une de leurs activités journalières principales. A l’aide de leur bec, en picorant, les poules peuvent mieux connaître leur environnement et interagir avec leurs congénères. Toutefois, si ce picorage devient répétitif et est fréquemment dirigé vers les plumes ou la peau d’autres individus, ce comportement, alors nommé "picage", peut devenir un problème majeur de bien-être animal et, dans des cas extrêmes, entrainer l’apparition de cannibalisme et une augmentation de la mortalité en élevage. Afin de limiter les dégâts causés par le picage, différentes pratiques et stratégies ont été adoptées et testées en élevage au cours des dernières années. Actuellement, la pratique la plus courante contre ce comportement délétère est l’épointage du bec, une pratique douloureuse, de plus en plus controversée. Les autres stratégies consitent en l’ajout d’enrichissments, de changements de lumière ou nutritionnels qui interviennent tous une fois le picage sévère installé. Malheureusement, au mieux, ces stratégies ne font que limiter modérément les conséquences néfastes du picage, lorsque celui-ci est largement répandu. Le présent projet vise à adopter une nouvelle stratégie, basée sur des études récentes, qui indiquent que le picage serait un trait de comportement stable provenant de quelques individus. Ensuite, il se répandrait au sein des élevages par mimméstisme. L’objectif de ce projet est donc de mieux caractériser ce trait de comportement, pour, à terme, être capable de mieux le prédire voire l’anticiper.

Bénéfices attendus

Identifier des traits de comportement qui sont liés au picage chez la poule domestique. Cette étude s’inscrit dans un projet, permettant l’établissement d’une grille de comportements à destination des éleveurs, pour leur permettre un suivi plus précis en élevage en identifiant des animaux ayant une forte prédisposition à exprimer le picage.

Procédures

Les animaux âgés de 10 mois seront exposés à une intensité lumineuse de 20 lux pendant un mois associée (ou non) à un réallotement.

Impact sur les animaux

Le picage peut engendrer des blessures chez l’animal piqué.

Devenir

20 poules piqueuses et non piqueuses de chaque lignée recevront une dose létale d’un euthanasiant pour des études neurobiologiques (comparaison du cerveau de poules piqueuses vs. non piqueuses), soit 80 au total. Les 120 poules restantes seront replacées.

Remplacement

Les études de comportement ne sont pas réalisables in vitro, ni par modélisation. Les comportements étudiés dans ce projet, comme tout comportement, ne s'expriment et ne peuvent se mesurer que sur animal vigile. Il n'existe pas de système alternatif à ces études.

Réduction

Le nombre d'animaux a été réduit à son strict minimum tout en permettant d'observer des liens significatifs entre les comportements observés sur la base de nos expériences précédentes sur la personnalité chez cette espèce.

Raffinement

Nous avons fait le choix d’élever les animaux dans des parquets de 10 individus plutôt qu’en grand groupe. Ce choix facilite le suivi du comportement de chaque animal. Il fournit aussi un environnement d’élevage enrichi et confortable (groupe de petite taille et stable, présence de perchoirs, copeaux au sol, nombre importants de nids par poule). De fait il assure aussi un suivi facilité de l’état de santé des animaux (petit groupe d’individus par parquet). Chaque parquet dispose en plus d’une « infirmerie » permettant d’isoler de façon temporaire (avec eau et nourriture) un animal qui le nécessiterait. En cas de perte de poids supérieure à 15%, de prostration ou d’apathie, le responsable du bien-être animal sera informé directement afin de traiter l'animal (retrait dans l’infirmerie, analgésiques et/ou antiseptiques en cas de plaie, ajout de nourriture appétente). Si le traitement ne fonctionne pas, l'euthanasie de l’animal sera réalisée par électronarcose suivie d’une saignée pour confirmer la mort. Pour les observations comportementales les animaux seront habitués au préalable à l’expérimentateur pour éviter que sa présence ne perturbe leur comportement.

Choix des espèces

Nous avons choisi d’étudier deux lignées de poules qui sont deux lignées génétiques très répandues en élevage de poules pondeuses. Les animaux seront élevés depuis leur éclosion jusqu’à l’âge de 10-12 mois (âge adulte) soit quelques semaines après le pic de ponte. Cette durée permet de réaliser un suivi longitudinal du comportement, indispensable pour l’établissement du répertoire comportemental des animaux.

  • Tests réglementaires
    • Toxicologie et autres tests de sécurité
Poules : 28
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 28
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 28

28 poulets vont être utilisé·es, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils sont gavés pendant dix jours de nitrofurazone, un antibactérien interdit et cancérogène, ou de son métabolite, subissent jusqu'à huit prélèvements sanguins, puis sont tués par groupes à quatre échéances pour prélever plasma, foie et muscle. L'objectif est réglementaire, mesurer la cinétique d'un traceur permettant de repérer l'usage illégal de cette molécule dans les élevages avicoles, en particulier à l'importation. Le porteur affirme qu'aucun modèle in vitro ne permet cette étude cinétique et la juge "indispensable" sur "l'espèce cible".

Objectifs

La nitrofurazone est un principe actif antibactériens, interdit depuis 1995 sur tout le territoire Européen. Cette molécule présente une toxicité avérée (cancérogène, mutagène) et représente donc un risque pour le consommateur. Cependant, de la nitrofurazone peut être trouvée dans les denrées alimentaires d’origine animale et qui sont destinées à la consommation humaine. Sur le plan cinétique la nitrofurazone est rapidement métabolisées et ce dès les premières heures après son administration. De ce fait la surveillance des résidus de nitrofurazone dans les denrées d’origine animale est basée uniquement sur la surveillance d’un métabolite, le semicarbazide (SEM). Ce métabolite est plus persistant au niveau des muscles et du foie avec des demi-vies d’élimination respectivement de 4,5 jours et de 2,2 jours. Cependant, le SEM n’est pas spécifique de la nitrofurazone et il peut être détecté dans certains produits alimentaires d’origine animale, notamment lorsque ces denrées ont subi un procédé agroalimentaire (transformation industrielle par exemple) alors qu’il n’y a pas eu usage d’un traitement vétérinaire chez l’animal producteur de la denrée. Ce manque de spécificité implique que le contrôle basé uniquement sur le SEM peut engendrer des résultats d’analyse faussement positif. Un autre métabolite a été identifié et il pourrait être utiliser pour détecter l’utilisation de nitrofurazone en élevage. Ce métabolite est le 5-nitrofuraldéhyde. Cependant aucune information n'a été publiée sur sa cinétique et en particulier sur- ses caractéristiques cinétiques telle que sa vitesse d’élimination de l’organisme et sur sa persistance dans les tissus d’animaux. Ce projet permettra de générer des connaissances sur le devenir et la persistance de la nitrofurazone et de son métabolite le 5-nitrofuraldéhyde dans les matrices animales (muscle, foie), chez le poulet, et d’établir si ce métabolite peut devenir le traceur pour suivre l’utilisation de la nitrofurazone dans les élevages aviaires, en particulier lors d’importation.

Bénéfices attendus

L’usage de la nitrofurazone a été interdite sur tout le territoire de l’Union Européenne. Le dépistage dans les denrées alimentaires d’origine animale est basée sur la détection du métabolite marqueur persistant, le SEM qui se lient aux protéines des tissus animaux. L’analyse de ce métabolite traceur peut engendrer des résultats d’analyse faussement positifs car il peut provenir d’autres sources. On ne peut donc pas distinguer si l’occurrence du SEM dans les aliments d’origine animale provient d’un traitement thérapeutique illégal en élevage par nitrofurazone ou bien d’une contamination par exemple lors du processus de transformation agro-alimentaire. Notre projet s’intéresse donc sur l’analyse du 5-nitrofuraldéhyde qui est un autre métabolite potentiel à tous les nitrofuranes. L’étude pharmacocinétique réalisée in vivo documentera le devenir du 5-nitrofuraldéhyde et de la nitrofurazone afin de caractériser le métabolisme, la persistance, et la demi-vie dans différents organes du poulet.

Procédures

Des prélèvements sanguins sont prévues sur les poulets avant et lors de l’exposition avec la nitrofurazone et le 5- nitrofuraldehyde (sur la durée de l’étude, 8 prélèvements maximum de 0.5 ml de sang par animal traités). La durée des prélèvements sera environ de 30 secondes. Les poulets témoins seront mis à mort avant l’exposition au nitrofurazone et le 5-nitrofuraldehyde. Les animaux seront traités pendant 10 jours par voie orale (durée du gavage 1à 2 minutes). Il a été prévu quatre échéances (4 dates différentes) de mise à mort. A chaque échéance trois poulets exposés au nitrofurazone et trois poulets exposés 5-nitrofuraldéhyde seront mis à mort pour prélever différent tissus et organes. Ces opérations seront effectuées par des opérateurs habilités et expérimentés

Impact sur les animaux

Le gavage ainsi que les prélèvements sanguins seront effectuées sur des poulets vigiles par des opérateurs formés ce qui limitera le stress de l’animal.

Devenir

Les poulets seront mis à mort pour obtenir différents tissus et organes (plasma, foie et muscle) afin d’en évaluer la teneur en nitrofurazone et en nitrofuraldéhyde.

Remplacement

Il n’existe pas de modèle in vitro permettant de réaliser une étude de cinétique. En conséquence l’étude pharmacocinétique simultanée de la nitrofurazone et de son métabolite le 5-nitrofuraldéhyde est indispensable après que des animaux reçoivent de la nitrofurazone. Cela permettra d’étudier la cinétique des molécules dans le plasma et dans le foie et le muscle. La comparaison avec l’administration du métabolite seul permettra d’évaluer si sa cinétique est influencée par la présence de nitrofurazone. Il est également important que cette étude soit réalisée chez l’espèce cible.

Réduction

Le nombre de poulet nécessaire à la modélisation de la cinétique des résidus est de 28 poulets (1 parquet de 4 Témoins, 2 parquets de 6 pour le traitement avec la nitrofurazone et 2 parquets de 6 pour le traitement avec le 5- nitrofuraldéhyde). Les prélèvements de sang seront réalisés sur 3 poulets par échéance de temps. La quantité de sang prélevé par animal n’excédera pas 10% du volume total sanguin de l’animal. Il est prévu quatre échéances de mise à mort ou le muscle et le foie seront prélevés afin d’établir la présence et la quantité de nitrofurazone et de son métabolite. La modélisation cinétique basée sur les répétitions des animaux aux échéances permettra de caractériser la variabilité interindividuelle des paramètres cinétiques et d’établir un modèle cinétique qui a terme permettra de réduire le nombre d’animaux. Il ne sera pas réalisée d’analyse statistique comparative, la modélisation permettant de réaliser une description quantitative et qualitative de l’évolution des concentrations chez le poulet.

Raffinement

Dans un premier temps, avant de commencer les procédures expérimentales, une phase d'acclimatation des poulets de 7 jours sera effectuée pour habituation au nouvel environnement : 5 parquets au sol seront à disposition et permettra la répartition de 6 animaux traités par parquet et 4 pour le lot témoin. Ces espaces permettront de favoriser la mobilité grâce à une répartition de zone d’enrichissement pour les animaux soit par l’espace paillé sollicitant le fouissage, zone perchoir qui constituera la zone de repos et une zone alimentation avec un accès illimité à l’eau et à la nourriture. La manipulation des animaux sera effectuée par des opérateurs formés afin de minimiser le stress des animaux. Une contention régulière sera effectuée pour habituation à l’immobilisation notamment lors des pesées. Une température d’ambiance sera appliquée allant de 23 degrés à leur arrivée et diminuant en fonction du développement de leur plumage. Le respect des rythmes de luminosité sera respecté par un passage de 8h d’obscurité durant les nuits. Une surveillance quotidienne du comportement et de l’état général des animaux sera effectuée au regard de leur consommation d’eau, de leur alimentation, et en effectuant des mesures du poids. Ces points clefs vont déterminer les points limites qui seront appliqués dès l'apparition de signes précoces de la douleur. Il ne sera pas possible d’utiliser une co-médication pour éviter d’éventuelles interactions. Néanmoins, une mise à mort compassionnelle pourra être effectuée si les points limites sont atteints.

Choix des espèces

Le poulet de chair est l’espèce la plus importante en élevage avicole et c’est également la viande la plus importés en ce qui concerne les volailles. C’est donc l’espèce cible qu’il faut étudier pour établir la cinétique de la nitrofurazone et de son métabolite. Au début de l’expérimentation, les poulets seront âgés de 3 semaines (soit une moyenne d’1kg à l'arrivée des animaux). Ce stade correspond à l'âge standard des animaux traitées sur élevage conventionnel.

  • Recherche appliquée
    • Alimentation animale
    • Bien-être animal
  • Recherche fondamentale
    • Oncologie
    • Système endocrinien
Poules : 384
Souffrances
▲ -
▲ 384
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 384

384 poulets vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chaque animal subit une prise de sang au sinus occipital sur animal vigile, puis est mis à mort à cinq, dix ou vingt jours pour analyser sa composition corporelle selon le taux de protéines de son aliment. Le porteur présente le prélèvement comme rapide et sans risque s'il est réalisé par du personnel habilité. Il affirme qu'aucun test in vitro ou in silico ne représente la complexité de la digestion, l'étude portant sur l'espèce cible elle-même.

Objectifs

La nutrition du jeune poussin est délicate du fait du passage d’une alimentation d’origine maternelle à une alimentation d’origine exogène, alors qu’elle contribue de manière importante à sa robustesse en renforçant sa santé digestive. Les apports protéiques pourraient probablement être réduits dans les premiers jours de vie et l’usage de matières premières protéiques locales souvent riches en fibres pourrait être facilité en période de croissance par une alimentation néonatale adaptée. L’objectif général du projet est de proposer des stratégies nutritionnelles précoces du poussin afin de renforcer sa santé et son bien-être, et d’améliorer l’usage de sources de protéines diversifiées et locales. La première étape, qui fait l’objet de cette demande, vise à optimiser l’apport protéique pendant les premiers jours de vie. Nous chercherons dans une deuxième étape à améliorer l’équilibre en acides aminés et évaluer l’impact de la supplémentation en acides aminés fonctionnels, et dans une troisième étape à raffiner les besoins en protéines et en acides aminés en fonction de certaines caractéristiques du régime.

Bénéfices attendus

L’objectif étant d’affiner la connaissance des besoins protéiques pour ajuster et/ou équilibrer les apports sur la phase de démarrage (premiers jours de vie), l’intérêt scientifique de ce projet réside en premier lieu dans l’approche expérimentale fine d’une période du développement de l’animal qui est relativement peu étudiée. La connaissance des besoins nutritionnels du jeune a été expérimentée mais jamais, à notre connaissance, sous l’angle complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Au niveau opérationnel, les attendus sont de : mieux appréhender les besoins du jeune (incluant la période ≤ 7 jours) pour réduire les apports en protéines et équilibrer les acides aminés de manière à éviter l’excédent protéique pouvant fragiliser la santé digestive, et à terme, proposer des stratégies nutritionnelles précoces permettant de renforcer la santé des animaux tout en favorisant l’usage de matières premières locales protéiques sur toute la période d’élevage.

Procédures

Une prise de sang au sinus occipital sera effectuée sur animaux vigiles. Les animaux prélevés ne seront pas les mêmes à chaque date. Il n’y aura donc qu’une prise de sang par animal qui ne durera que quelques secondes.

Impact sur les animaux

La technique de prélèvement de sang utilisée est rapide (quelques secondes) et approuvée depuis de nombreuses années. Elle ne présente pas de risques pour l'animal si elle est réalisée par du personnel habilité.

Devenir

Suite à la procédure de prise de sang, les animaux seront mis à mort pour des découpes anatomiques, à J5 et à J10 pour l’essai 1 et à J10 et à J20 pour l’essai 2, ceci afin de caractériser leur composition corporelle en fonction du taux protéique de leur aliment.

Remplacement

La connaissance des besoins nutritionnels du jeune poussin sera expérimentée sous l’angle original et complémentaire des performances zootechniques et des biomarqueurs en lien avec la robustesse, la santé et le bien-être des animaux. Aucun test in vitro ou in silico n'est capable de représenter la complexité des mécanismes physiologiques de digestion et de métabolisme. Les analyses se feront directement sur l’espèce cible (poule domestique)

Réduction

Au total, 384 animaux seront prélevés (sang) sur l’ensemble des 2 essais (essai génotype à croissance rapide et génotype à croissance lente). Le nombre d’animaux expérimentaux choisi pour chacun des 2 essais est nécessaire et suffisant pour pouvoir tirer des conclusions significatives en tenant compte 1) de nos expériences précédentes en intégrant la variabilité interindividuelle attendue en termes de poids, composition corporelle, statut métabolique et robustesse tout au long de l’expérimentation (cf ci-dessous), et de 2) de la réalisation, à différents jours de la phase de démarrage, de prélèvements (sang) suivis de mise à mort pour découpe anatomique. Nous cherchons à mettre en évidence des variations possibles de la baisse du taux protéique du régime (dose-réponse avec 6 régimes) sur les performances de croissance. L’unité statistique pour les analyser sera le compartiment. Huit compartiments par groupe sont nécessaires et suffisants pour détecter des différences de consommation d’aliment et d’indice de consommation entre régimes d’après des travaux publiés en 2017 sur la baisse de protéines chez les poulets en fin de période d’élevage. Ces paramètres seront analysés statistiquement pour comparer les différents traitements, et utilisés pour modéliser la croissance des animaux. L’unité statistique pour les dosages sanguins sera l’animal. Un effectif de 16 animaux par régime et par âge au prélèvement (2 par compartiment , par régime et par âge au prélèvement), soit 192 animaux par essai, est nécessaire et suffisant pour pouvoir tirer des conclusions significatives en tenant compte de nos expériences précédentes et de la variabilité interindividuelle attendue des paramètres sanguins mesurés : utilisation des résultats d’un projet précédent et des avancées méthodologiques rapportées dans un article publié en 2021. Un test statistique permettra de comparer les groupes.

Raffinement

Les animaux seront élevés dans un bâtiment d’élevage standard, au sol dans des compartiments où ils resteront en groupe. La taille du compartiment est suffisante pour permettre aux poussins de se déplacer avec une zone de repos significative en plus de l’espace mangeoire et abreuvement. Les animaux auront à disposition plusieurs enrichissements leur permettant de grimper et de se cacher. Le suivi des performances sera fréquent avec des mesures tous les 2 ou 3 jours sur la période étudiée. Toute manifestation de symptômes persistants tels que « animal prostré » plus de 24 h et ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver, entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation. Les prises de sang seront effectuées dans un lieu à part des espaces d’hébergement.

Choix des espèces

Le poulet de chair a été choisi comme modèle car c’est l’espèce agronomique cible du projet. Les œufs embryonnés de souches à croissance rapide (essai 1) ou lente (essai 2) seront mis en incubation au couvoir de l’établissement expérimentateur puis les animaux sont élevés jusqu’à 10 jours (essai 1, poulets standards) ou 20 jours (essai 2, poulets à croissance lente).

  • Recherche appliquée
    • Alimentation animale
Poules : 192
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ -
▲ 192
Devenir
 -
 12
 -
 180

192 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, la plupart tués à l'issue et douze rendus à l'élevage. Enfermés jusqu'à huit jours en cage individuelle pour recueillir leurs fientes, ils testent la digestibilité d'aliments additionnés d'une xylanase non encore homologuée dans l'Union européenne. Le porteur reconnaît que le confinement peut provoquer stress, prostration, frustration et parfois des boiteries sur le grillage. Il indique que les animaux ayant consommé cette enzyme ou des marqueurs ne peuvent entrer dans le circuit de consommation, ce qui explique leur mise à mort et leur envoi à l'équarrissage.

Objectifs

Parmi les matières premières utilisées pour la formulation des aliments pour poulets, certaines d’entre elles, très intéressantes pour leur apport en énergie, contiennent également des fibres, dont les parois cellulaires sont indigestibles pour cette espèce animale. Les parois cellulaires végétales encapsulent le contenu cellulaire, réduisant la disponibilité des nutriments (acides aminés, phosphore, …) et augmentent également la viscosité de l’aliment, conduisant à une moindre digestion jusqu’à l’iléum. Les xylanases sont des enzymes capables de dégrader les parois cellulaires ; leur utilisation permet donc d’améliorer la digestibilité des aliments contenant des fibres. L’objectif de ce projet est l’évaluation de la digestibilité des aliments chez le poulet en croissance par l’incorporation d’une nouvelle xylanase, non enregistrée en Union Européenne, pour laquelle doivent être établies des mesures de digestibilité de l’énergie et de la protéine afin de constituer son dossier d’homologation.

Bénéfices attendus

Les bénéfices attendus du projet sont la mise sur le marché européen d’une nouvelle xylanase permettant d’améliorer la digestibilité de régimes alimentaires riches en fibres pour les poulets/volailles. Cette solution permettra de diversifier les sources de matières premières dans les aliments.

Procédures

En démarrage, de J0 (jour de l’éclosion) à J16, 4 aliments avec ou sans enzyme seront distribués. En croissance, de J16 à J23, 4 aliments avec ou sans enzyme avec marqueurs seront distribués. De J16 à J23, les poulets seront soumis à un hébergement en cages individuelles sur une durée maximale de 8 jours, permettant une collecte individuelle des fientes (d’une durée de 3 jours) nécessaire aux évaluations de digestibilité.

Impact sur les animaux

Le confinement des animaux dans des compartiments de surface réduite pendant la période en cage individuelle de 8 jours peut être à l’origine de réactions physiologiques ou comportementales au stress (morbidité, prostration, …). Les animaux peuvent ressentir un sentiment de frustration d’être logé en cage individuelle. Le logement sur grillage pourra entrainer dans de rares cas des boiteries. L’incorporation des marqueurs et de l’enzyme dans les aliments ne présente pas de nuisances pour les animaux.

Devenir

A la fin de l’essai, les 144 animaux en cage individuelle seront euthanasiés puis envoyés à l’équarrissage, car ils auront consommé des marqueurs, ce qui ne leur permet pas d’entrer dans le circuit de consommation. D’autres part, les animaux des groupes 2, 3 et 4 auront consommé une enzyme non enregistrée en Europe ce qui ne leur permet pas d’entrer dans le circuit de consommation. Les animaux surnuméraires des groupes 2, 3 et 4 élevés au sol seront euthanasiés car ils auront consommé une enzyme non enregistrée en Europe ce qui ne leur permet pas d’entrer dans le circuit de consommation. Les animaux surnuméraires du groupe 1 élevés au sol ne seront pas euthanasiés car ils n’auront pas consommé d’enzyme non enregistrée en Europe, ni de marqueurs et seront remis dans le circuit de consommation.

Remplacement

Des études préalables d’évaluation de différentes souches de xylanases ont été réalisées in vitro, afin de sélectionner la souche la plus efficace, dans ces conditions. L’enzyme a ensuite été évaluée sur poulets dans des essais de tolérance et d’efficacité. En revanche l’étape suivante d’évaluation de la digestibilité des aliments supplémentés avec cette enzyme n’a encore jamais été réalisée. L’effet d’une xylanase dans un aliment pour poulet sur sa digestibilité est la résultante d’une série de mécanismes et régulations physiologiques (digestives, métaboliques, endocrinologiques) interagissant entre elles. La complexité de ces interactions ne permet donc pas d'utiliser des modèles alternatifs comme la modélisation ou la mise en place d'études in vitro.

Réduction

Les animaux choisis seront issus du même parquet de reproducteurs, et seront tous des mâles, afin de limiter la variabilité individuelle. En effet, le sexe fait partie des variables indépendantes qui peuvent influencer la digestibilité des nutriments. La méthode de référence en Europe pour la détermination de la digestibilité de l’énergie en volaille est basée sur l’utilisation de poulets mâles. Le nombre de répétitions (de mesures de digestibilité) est estimé à 18 par groupe expérimental, avec 4 groupes au total. En effet, la mise en cage individuelle permet de récupérer 144 échantillons de fientes, soit 36 échantillons de fientes par traitement expérimental. Ils sont ensuite poolés par 2 échantillons. Le pool est nécessaire pour avoir assez de contenus sur sec pour réaliser les différentes analyses de digestibilité. Il y a donc 18 répétitions de digestibilité par traitement. Ceci correspond au nombre de répétitions nécessaires pour obtenir : - une différence significative de 1.56 point en digestibilité de la protéine, avec un coefficient de variation de 2% sur ce paramètre, en prenant en compte une valeur seuil de significativité de 5%, - une différence significative de 71.6 kcal en digestibilité de l’énergie (énergie métabolisable apparente), avec un coefficient de variation de 2.2% sur ce paramètre, en prenant en compte une valeur seuil de significativité de 5%. La distribution des données sera évaluée selon des diagrammes en boite à moustache afin d’identifier les données aberrantes. Après élimination des données aberrantes, des analyses statistiques seront réalisées sur les données zootechniques et la mortalité. Le niveau de significativité est fixé à p

Raffinement

L’état de santé des animaux sera vérifié quotidiennement par les techniciens animaliers de l’établissement utilisateur. Des points limites stricts et définis à l’avance seront appliqués tout au long du projet. Chaque cage disposera d’une ficelle, afin que les animaux puissent la manipuler. Les poulets ont la possibilité de se voir, de s’entendre et d’émettre des vocalises.

Choix des espèces

L’espèce choisie pour la réalisation du projet est le poulet car les phénomènes physiologiques (digestifs, métaboliques, endocrinologiques) étudiés dans le cadre de ce projet lui sont spécifiques. Les animaux seront utilisés du jour de l’éclosion jusqu’à 23 jours d’âge. Ils pèseront environ 42g à leur arrivée, et environ 1,4 kg à 23 jours. Le projet porte sur l'évaluation de la digestibilité chez le poulet en croissance, autrement dit chez le poulet âgé de quelques semaines.

  • Recherche appliquée
    • Maladies animales
Poules : 4000
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 4000
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 4000

4 000 poulets de chair vont être utilisés, tous envoyés à l'abattoir ou vendus au personnel à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le protocole vise à provoquer volontairement des boiteries douloureuses, par nécrose des têtes fémorales, au moyen d'un sol modifié pendant les quarante-deux jours d'élevage. L'objectif est de tester une trentaine de solutions alternatives aux antibiotiques et de réduire une pathologie fréquente en élevage industriel. Le porteur qualifie les nuisances de légères tout en euthanasiant les animaux dès qu'une boiterie atteint un stade modéré, et décrit l'espèce visée comme le seul modèle possible.

Objectifs

Depuis plusieurs années, les boiteries avec composante bactérienne (nécroses des têtes fémorales) constituent un problème majeur en élevages de poulets de chair. Les germes associés à cette pathologie sont multiples (Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Enterococcus caecorum etc.) et conduisent à des utilisations d’antibiotiques qui peuvent être importantes. En effet, une émergence de maladies avicoles liées au germe Escherichia coli, avec davantage de problèmes locomoteurs a été observée depuis les années 2000, passant de 0.3% en 2006 à 8% en 2017 et 7% en 2018. L’infection et la nécrose des cellules du cartilage de l’os sont douloureuses pour l’animal, qui réduit ses déplacements, donc sa fréquentation des abreuvoirs et des mangeoires, ce qui peut conduire à la mort par déshydratation et/ou arrêt de la prise alimentaire. Il s’agit donc à la fois d’un problème de bien-être animal, d’un problème sociétal lié à l’utilisation d’antibiotiques et d’un problème économique, les pertes (mortalité, morbidité, baisses de croissance) pouvant être conséquentes. La compréhension de ce phénomène fait l’objet de quelques travaux dans la littérature mais la recherche de solutions est complexe, notamment car nous ne disposons pas à ce jour d’un modèle expérimental reproductible et représentatif du problème terrain en station expérimentale. Un tel modèle permettrait de comparer rapidement et avec une intensité de symptômes contrôlée un grand nombre de solutions alternatives aux antibiotiques potentielles.

Bénéfices attendus

Ce modèle présente plusieurs avantages : - il est représentatif du problème observé sur le terrain. Il assure que les solutions mises en évidence pour leur efficacité en station le soient également dans le futur dans les élevages. - il est mis en œuvre dans une station avec des conditions d’élevage standardisées et homogènes. Il permet ainsi de comparer en un minimum de temps un maximum de solutions potentielles, sans biais lié à l’environnement de travail. Les 5 essais réalisés permettront de tester 30 solutions différentes (avec dans chaque essai un témoin négatif et un témoin positif pour en valider le bon déroulement), et pourraient conduire en 5 ans à l’élaboration d’une solution permettant de réduire notablement les problèmes de boiteries sur le terrain. Il faut également noter que la mise en évidence d’une solution efficace à travers ces tests sur 4000 poulets permettra à terme de réduire une pathologie qui concerne plusieurs milliers d’animaux sur le terrain.

Procédures

Les animaux seront soumis à des conditions spécifiques d'hébergement (strucuture du sol modifié) pendant 42 jours (durée d'élevage des animaux). Aucune autre intervention ne sera réalisée sur les animaux hormis des relevés de poids par parquet 8, 21, 35 et 42 jours après le début de l’essai (environ 5 minutes par parquet).

Impact sur les animaux

Le modèle a pour but de favoriser l’apparition de troubles locomoteurs chez le poulet de chair. Les nuisances ou effets indésirables attendus sur les animaux sont donc des douleurs/lésions/maladies au niveau des pattes des poulets, douleurs liées à un environnement non adapté (qualité de la litière). Ces nuisances seront de classe légère. Un animal qui présentera une de ces nuisances à un niveau de classe modérée sera retiré de l'étude (euthanasie).

Devenir

L’élevage des poulets jusqu’à 42 jours en station conduit à un poids vif équivalent aux poulets lourds engraissés jusqu’à 49 jours sur le terrain. Les animaux sont donc envoyés en abattoir dans des conditions identiques à celles des poulets élevés sur le terrain ou vendus au personnel de la station.

Remplacement

Les nécroses des têtes fémorales sont une pathologie complexe, d’origine multifactorielle, et dont les causes ne sont pas encore clairement établies. De ce fait, il n’est pas possible à ce jour de développer un système prédictif des boiteries ou un modèle mathématique (qui supposerait d’ailleurs que nous connaissions les solutions efficaces pour réduire cette pathologie, alors qu’il s’agit justement de l’objectif du projet). De même, il n’existe pas de modèle in vitro validé sur ce sujet. Pour le moment, seul un modèle in vivo peut permettre d’évaluer des solutions transposables sur le terrain, c’est-à-dire qui seront aussi efficaces en élevages qu’en essai.

Réduction

Lors de leur mise en place, les poussins sont placés à raison de 50 individus par parquet. Cela permet de tenir compte du taux de mortalité « naturelle » avant 14 jours (poussins porteurs de pathologies ou de défauts non décelées au couvoir), mais aussi d’éliminer les animaux présentant des symptômes de pathologies non liées au modèle expérimental, qui pourraient fausser les résultats. Le dispositif permet de tester 8 traitements, à raison de 2 parquets par traitement, ce qui constitue un compromis entre tester plusieurs solutions simultanément et avoir au moins 2 répétitions pour assurer la fiabilité des données.

Raffinement

La capacité de déplacement des animaux est régulièrement évaluée sur une échelle de 0 (déplacement normal) à 3 (incapacité à se déplacer). A minima 2 fois par semaine, les poulets présentant un score de boiteries supérieur ou égale à 2 (défaut évident qui affecte la capacité de déplacement) sont euthanasiés selon la méthode décrite au point 3.3.3. Ainsi, aucun animal présentant une boiterie affectant visiblement sa capacité à accéder à l’eau ou à l’aliment n’est laissé en souffrance. Afin de réduire le stress des animaux dans les conditions particulières de cet essai : - L’eau et l’aliment sont laissés en accès libre et les niveaux nutritionnels couvrent les besoins d’entretien et de croissance des animaux. - Les manipulations d’animaux vivants sont réduites au minimum et le modèle n’est pas invasif : pesée collective à la mise en lot, trois fois pendant l’essai (J8, J21, J35) et une fois à la fin de l’essai (J42).

Choix des espèces

Il s’agit de l’espèce cible. Par ailleurs, la méconnaissance des processus métaboliques à l’origine des nécroses des têtes fémorales chez l’oiseau ne permet pas d’établir un parallèle avec une autre espèce. Enfin, le cycle d’élevage court de la volaille permet de limiter la durée des dommages dans les conditions de la procédure expérimentale. Il est communément admis que les nécroses des têtes fémorales trouvent leur origine dès la phase de démarrage de l’élevage des poulets, ce qui nécessite de commencer l’essai dès 1 jour d’âge. L’expression maximale des boiteries s’observe en fin d’élevage, et elles sont plus marquées sur des poulets dits « lourds », élevés jusqu’à 49 jours sur le terrain. Les conditions sanitaires préservées de la station permettent néanmoins d’obtenir un poids vif proche du poids final du terrain dès 42 jours. De ce fait, la durée de l’essai sera de 1 jour d’âge jusqu’à 42 jours d’âge, afin de permettre l’expression des boiteries jusqu’au poids vif représentatif du terrain.

  • Recherche appliquée
    • Bien-être animal
    • Diagnostic des maladies
Poules : 270
Souffrances
▲ -
▲ 270
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 270
 -
 -

270 poules pondeuses vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis renvoyées dans l'élevage et vendues à des éleveurs ou des particuliers en fin de projet. Tous les deux mois et demi, elles reçoivent une anesthésie générale par injection intramusculaire suivie d'une radiographie du bréchet, l'injection pouvant être douloureuse et l'anesthésie comportant un risque d'accident. Le projet développe un outil d'analyse d'image pour détecter les fractures du bréchet, fréquentes en élevage en volière, et étudie le lien entre ces fractures et la douleur. Le porteur présente la volière comme favorable au bien-être des poules tout en reconnaissant qu'elle augmente le risque de fractures par collision.

Objectifs

La transition des systèmes d’élevages s’accélère en France car la plupart des acteurs de l’aval (distributeurs, grandes enseignes de l’agroalimentaire, restauration hors domicile, chaines hôtelières, etc.) ont pris l’engagement de ne plus s’approvisionner en œufs de code 3 d’ici 2025 : 20,4 millions de poules pondeuses en cage passeront en systèmes alternatifs dans les prochaines années. La principale alternative au système cage est la volière (choix fait en Allemagne et aux Pays Bas dans le courant des années 2000). Elle optimise le nombre d’animaux en élevage tout en offrant aux poules la capacité de se déplacer librement, y compris dans une dimension verticale (perchoirs et plateformes). Le libre déplacement permet aux poules d’exprimer leurs comportements naturels propices à leur bien-être tels que les bains de poussière, l’exploration de l’environnement, les battements d’aile, etc. Toutefois, un certain nombre de publications scientifiques soulignent un risque accru de fractures et de déviations du bréchet du fait des collisions avec les équipements suite aux vols au sein de volière, dont la hauteur peut dépasser les 2,5 mètres. Certains vols sont suivis de chutes occasionnant des fractures du bréchet douloureuses. Les déviations du bréchet sont associées aux perchoirs (forme et matière) et aux comportements de perchage (positionnement de la poule sur le perchoir). L’évaluation des déviations est réalisée visuellement, à l’observation du bréchet. Pour les fractures, la palpation est la méthode la plus employée. Cependant elle présente des limites, puisqu’elle ne permet pas d’en évaluer précisément le niveau de gravité et les microfractures ne peuvent être identifiées. Seules les fractures de gravité élevée et les anciennes fractures (palpation du cal de fracture) sont facilement identifiables avec cette technique. Nous souhaitons développer un outil d’analyse d’image du bréchet permettant de prédire la gravité des fractures, particulièrement celles de faibles intensités, et déviations de bréchet des poules élevées en volière, sur la base d’images smartphone (simple à collecter en élevage). Ce projet évaluera également les corrélations entre le degré de sévérité des fractures et la douleur de l’animal, puisque celles-ci sont peu documentées dans la littérature scientifique.

Bénéfices attendus

Les éleveurs et conseillers d’élevage ne sont pas toujours conscients de ces dommages au bréchet car il n’est pas très visible avec les plumes et les performances de ponte ne sont pas altérées par les lésions du bréchet. Au niveau de l'exploitation, la palpation de l'os bréchet prend du temps et les éleveurs et conseillers ne sont pas bien formés pour la pratiquer. Afin de prévenir le plus tôt possible l'apparition de ces dommages en aidant les éleveurs à les identifier, ce projet vise à développer un outil innovant pour évaluer facilement le niveau de sévérité des déviations et des fractures du bréchet en utilisant l'analyse d'image et la modélisation. Identifier la dynamique d'apparition, la sévérité et la prévalence des fractures et déviations est nécessaire pour mettre en place des solutions nutritionnelles ou techniques afin d'améliorer le bien-être des animaux et la production d'œufs. De plus, par l’étude de la corrélation entre la douleur de l’animal et la sévérité des fractures, ce projet permettra également de sensibiliser les éleveurs et conseillers aux conséquences de ces dommages sur le comportement des poules et leur mobilité en poulailler. A court terme après le projet, les algorithmes d’analyse d’images smartphones développés seront facilement disponibles afin que tous les acteurs de la filière oeuf désireux d'utiliser la solution, tels que les fabricants d’aliments, les organisations de production ou les éleveurs indépendants puissent le faire. Ainsi, ils pourront disposer d’une meilleure détection des fractures du bréchet, permettant ainsi une mise en place plus précoce de stratégies de prévention. De plus, ils seront intégrés dans un outil déjà existant qu’est l’application EBENE® d’évaluation du bien-être des volailles de plus en plus utilisée sur le terrain.

Procédures

Anesthésie générale par injection intramusculaire : 1 injection toutes les 10 semaines, 3 fois de suite (âge de 35, 45 et 60 semaines). Radiographie du bréchet : 1 séance sous anesthésie toutes les 10 semaines, 3 fois de suite

Impact sur les animaux

L’injection de l’anesthésique peut être douloureuse (intramusculaire). Certains animaux sont susceptibles d’arriver dans l’unité avec des lésions plus ou moins importantes du bréchet (déviations, fissures, fractures) ou de les développer en cours d’expérimentation : ces lésions sont génératrices de douleurs. Un accident anesthésique est également possible (apnée prolongée, arrêt cardiaque).

Devenir

Après chaque examen, les animaux sont replacés dans l'élevage pour participer au projet global de suivi. En fin de projet, ils seront vendus à des éleveurs ou à des particuliers.

Remplacement

Des études précédentes ont montré les stades lésionnels du bréchet observés. Nous nous appuierons sur ces données antérieures pour déterminer notre échelle de sévérité. Il nous faut cependant compléter ces éléments radiographiques par des critères diagnostiques utilisables en élevage (palpations, observations du comportement) dans des conditions proches du terrain.

Réduction

A 14 semaines d’âge, un effectif de 270 poules reproductrices nous permet de constituer 3 groupes de 90 poules. Ce design permet d’évaluer, en même temps, trois régimes différents par leur teneur en minéraux et oligo-éléments. En fonction de ces régimes, on attend une différence du taux d’incidence des fractures du bréchet de 20%.Pour l’incidence de fractures, l’estimation du nombre d’individus nécessaires par groupe pour mettre en évidence une différence significative entre les groupes est de 90 poules par groupe. Au regard des incertitudes quant à l’incidence de fractures dans notre situation d’élevage « améliorée » par rapport aux conditions d’élevage standard, de la variabilité de réponse, de la bibliographie et d’expériences précédentes, le nombre défini d’animaux par groupe sont nécessaires et suffisants pour mettre en évidence des différences.

Raffinement

les animaux seront maintenus en groupes sociaux stables, sur litière. Ils seront amenés sur la plateforme et laissés au calme le temps de l'habituation. Ils seront ensuite manipulés avec douceur lors de la séquence d'examen vigile (observation du comportement, palpation des bréchets). Tout animal stressé sera anesthésié rapidement sans attendre la séquence d'examen vigile pour ne pas l'affoler.

Choix des espèces

Il s’agit dans ce projet d’étudier une pathologie de la poule pondeuse élevée en volière : cette étude pilote vise à caractériser finement les lésions associées à ce type d'élevage. Il nous faut donc étudier les animaux concernés en conditions d'élevage. Les animaux seront utilisés entre l'âge de 35 et de 60 semaines afin de les évaluer en pleine période de ponte

  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
Autres oiseaux : 288
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 288
▲ -
Devenir
 128
 80
 80
 -

288 cailles japonaises vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, aucune tuée à l'issue selon le porteur qui prévoit de les garder au laboratoire, de les confier à une association ou de les placer en famille d'accueil. Elles subissent une batterie de tests comportementaux (labyrinthe en T, néophobie, immobilité tonique, préférence de place, parade sexuelle) et deux prises de sang, pour mesurer l'effet de la lumière sur leur personnalité. Le porteur rattache ces travaux à la compréhension du déclin de la biodiversité et au bien-être des animaux non-humains d'élevage, retombées renvoyées au long terme. Sur le remplacement, il affirme devoir expérimenter sur l'animal vivant, ce qui selon lui exclut toute alternative.

Objectifs

La biodiversité de notre planète subit actuellement une 6ème phase d’extinction massive dont les activités humaines et leurs effets sont responsables. Afin de comprendre les processus impliqués dans ce déclin et d’élaborer des stratégies de remédiation, il est important de comprendre de quelles manières les espèces sont affectées par les facteurs anthropiques et quelles en sont les conséquences sur leur maintien à long terme. Il apparait ainsi que les changements climatiques modifient les périodes de reproduction des espèces animales, modifiant en conséquence les conditions photopériodiques dans lesquelles se développent la descendance. Or la lumière (et ses caractéristiques constitutives et temporelles) est un facteur capable de moduler le développement morpho-physiologique et comportemental du jeune individu et donc d’influencer ses capacités ultérieures de survie et de reproduction. Dans ce contexte, l’objectif de notre projet est d’analyser, chez la caille japonaise, l’impact des conditions photopériodiques précoces sur le développement comportemental de l’individu. Notre postulat principal est que les conditions photopériodiques peuvent affecter les personnalités animales au sein d’une population et affecter en conséquence les capacités de maintien et d’adaptation de ces populations sur le long terme. Dans le cadre de ce projet, nous évaluerons l’impact des conditions photopériodiques au cours de deux périodes différentes : (1) lors de la phase prénatale, en exposant les parents en phase de reproduction à différents régimes lumineux et en analysant leurs conséquences sur la personnalité des descendants ; (2) en phase postnatale, en exposant directement les cailleteaux à des régimes photopériodiques différents.

Bénéfices attendus

Nous nous attendons à mettre en évidence des différences comportementales nettes entre les cailles issues de parents soumis à des régimes photopériodiques différents puisque nous savons que l’environnement parental influence la composition hormonale des œufs et que de telles modulations hormonales affectent le développement des comportements, via notamment des mécanismes non génétiques. De plus, les conditions photopériodiques postnatales pourraient également affecter le développement des comportements des cailleteaux, via notamment une modification des vitesses de croissance influençant les processus physiologiques et neurobiologiques sous-jacents à l’expression des comportements. Ces résultats permettront de faire avancer la compréhension des mécanismes impliqués dans la diversité des personnalités chez l’animal, et ce, sur des facteurs peu explorés à ce jour. Ils permettront aussi de mettre en lumière de nouveaux effets des changements globaux sur les populations animales et de prédire les capacités de ces populations à y résister. Enfin, ces résultats pourraient trouver un écho dans le domaine du bien-être des animaux d’élevage en comprenant l’effet de la lumière sur les capacités de l’animal à s’adapter à un environnement particulier.

Procédures

Les oiseaux seront soumis à des tests comportementaux afin d'évaluer leur personnalité: test du labyrinthe en T, test de comportement social et de néophobie, test d'émergence, test d'immobilité tonique, test de préférence de place, test de parade sexuelle. La durée des tests restera inférieure à 10 minutes. Les animaux réaliseront une seule fois chaque test, à l'exception de test de préference de place qui nécessite un apprentissage. Pour cela, les oiseaux seront testés 30 minutes, 2 fois par jour pendant 5 jours. Les oiseaux seront également soumis à deux prises de sang.

Impact sur les animaux

Les conditions photopériodiques utilisées sont dans la gamme naturelle de celles observées en contexte naturel et donc aucun effet indésirable n'est attendu. Des nuisances pour l'oiseau peuvent être observées lors des tests de caractérisation comportementale puisqu'ils impliquent des moments de séparation sociale avec les congénères, cette séparation étant une source de stress. Cependant, ces séparations sociales sont de courtes durées (10 minutes au maximum) et une récupération rapide des comportements non stressés est observée avec la remise de l'oiseau dans son groupe social. Les prises de sang réalisées peuvent également induire des nuisances pour l'animal. Ces prises de sang, au nombre de 2 au cours de l'expérience, seront réalisées par un personnel expérimenté qui assurera un prélèvement rapide, efficace et limitant la douleur. Le prélèvement sera arrêté dès les premiers mouvements de l'animal.

Devenir

Le projet n’implique aucune atteinte à l’intégrité physique et comportementale des animaux. Ceux-ci pourront donc être, soit gardés au laboratoire pour de futurs projets, soit confiés à une association de réhabilitation des animaux de laboratoire pour placement en refuge ou en famille d’accueil.

Remplacement

Nous travaillons sur le développement de la personnalité animale et donc devons expérimenter directement sur l’animal vivant, ce qui exclut tout type de remplacement.

Réduction

Nous utilisons 24 couples parentaux (12 couples par lot) pour l'expérience prénatale. Ce nombre nous permet d'obtenir suffisamment de descendants de lignées génétiques différentes tout en tenant compte des taux de fécondité individuelle des individus, de la possible non entente entre les partenaires sexuels (les femelles refusant les copulations) et de la nécessité de récolté suffisamment d'oeufs fécondés en deux semaines maximisant le taux d'éclosion.

Raffinement

Les oiseaux (couples reproducteurs puis cailleteaux par groupe de 8) seront hébergés dans des cages munies d’une mangeoire et d’un abreuvoir (nourriture et eau à volonté), de litière au sol (copeaux de bois) leur permettant de faire des bains de poussière et d’un abri leur permettant de se soustraire aux congénères ou aux expérimentateurs. Les cailleteaux disposeront d'une chauffette dans leur cage jusqu'à l'âge de 17 jours afin d'assurer leur thermorégulation. Au moment du développement sexuel, les cailles présentent une augmentation des comportements d'agressions sociales. Aussi, elles seront placées en cage individuelle aménagée tout en maintenant un contact visuel et auditif avec des congénères. En phase expérimentale, les oiseaux seront déplacés et manipulés par des personnes compétentes et expérimentées. Les phases de tests seront limitées à 30 minutes par jour et par animal. Les oiseaux seront soignés et observés tous les jours par un personnel expérimenté. La détection de tout changement de comportement ou de blessure induira un isolement de l'individu pour l’administration de traitements.

Choix des espèces

La caille japonaise est un modèle de laboratoire d'oiseau nidifuge dont l'évaluation des caractéristiques comportementales est bien connue et donc les effets des conditions environnementales sur le développement comportemental sont avérés. C'est également une espèce particulièrement photosensible, ce qui permet de supposer un fort impact des conditions lumineuses sur son développement. Bien que modèle domestique, elle présente de fortes ressemblances avec les espèces ou formes sauvages, ce qui permet d'étendre les résultats observés aux effets potentiels sur les populations naturelles.

Neurophysiologie du chant

(NTS-FR-153084v1 – 21/07/2023)
  • Recherche fondamentale
    • Éthologie / comportement / biologie animale
    • Oncologie
    • Système nerveux
Autres oiseaux : 750
Souffrances
▲ -
▲ 80
▲ 670
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 750

750 diamants mandarins vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Placés en isolement acoustique, ils subissent chacun une chirurgie intracérébrale de trois à sept heures pour recevoir des injections, des électrodes ou des lésions du cerveau, puis sont tués pour l'analyse de leur cerveau. Le porteur présente le chant de ces oiseaux comme un modèle du langage humain et justifie les enregistrements électrophysiologiques par le fait qu'ils sont impossibles chez l'humain. Il indique que l'IRM n'offre pas la résolution recherchée et que les oiseaux sont maintenus au contact de congénères pour limiter les effets de l'isolement.

Objectifs

Le chant des oiseaux chanteurs est un comportement social acquis par imitation d'un tuteur et faisant appel à des processus sensorimoteurs. L'apprentissage du chant des oiseaux se déroule en deux phases : une phase de mémorisation du chant du tuteur, dite phase sensorielle, précède une phase de pratique du chant, dite sensorimotrice, au cours de laquelle une forme de babillage va progressivement laisser place à des éléments vocaux produits précisément, appelés « syllabes ». Une fois adultes, les oiseaux produisent des chants dit cristallisés qui possèdent les caractéristiques acoustiques et l'organisation syntaxique propres à leur espèce. Chez certaines espèces comme le diamant mandarin (Taeniopygia guttata), le chant ne varie que très peu une fois l'âge adulte atteint. Un diamant mandarin apprend de plus son chant rapidement, en trois mois environ, permettant un suivi des mécanismes impliqués tout au long du développement du chant. Un oiseau chanteur adulte doit s'entendre pour maintenir la stabilité de son chant et peut le modifier quand le retour auditif est perturbé ou absent. Le chant présente donc des points communs avec la parole chez l'humain : structure acoustique et organisation syntaxique qui varient d'une espèce à l'autre, nécessité d'un apprentissage par imitation des congénères et nécessité d'un retour auditif venant du propre chant de l'oiseau. Comme la parole chez l'humain, le comportement de chant des oiseaux chanteurs est sous le contrôle d'un vaste réseau de structures cérébrales interconnectées dénommé « système du chant » et spécialisé dans l'apprentissage, la production et la perception du chant. Pour l'ensemble de ces raisons, les oiseaux chanteurs sont un modèle de choix dans l'étude des bases neurobiologiques du langage.

Bénéfices attendus

Ce projet de recherche fondamentale bénéficera en premier à la communauté spécialisée dans le domaine de recherche de la neuroéthologie du chant des oiseaux. Il apportera aussi des connaissances essentielles pour mieux comprendre les potentiels déficits observés dans la parole humaine. En effet, de nombreusess études ont mis en avant les analogies du comportement de chant des oiseaux chanteurs et du langage humain. Ces analogies ont été identifiées d'un point de vue comportemental (l'acquisition du chant et du langage mettant en jeu les mêmes étapes) et neurobiologiques (analogies moléculaires et cellulaires). Par ailleurs, des lésions ou perturbations des structures cérébrales dédiées au comportement de chant induisent des déficits comportementaux semblables à ceux observés chez les humains, tels que des bégaiements ou des retards d'apprentissage. Nombre de ces déficits chez les oiseaux chanteurs rappellent les troubles de la parole observés chez les humains atteints de pathologies neurodégénératives touchant les ganglions de la base (maladie de Parkinson ou de Huntington par exemple). Enfin, les méthodologies d'étude et d'analyse déployées permettront des avancées technologiques en lien avec le traitement de grand jeu de données (big data) et pourront nourrir des projets de recherche computationnelle et de modélisation future.

Procédures

Les oiseaux seront placés en isolement social et seront soumis à diverses procédures chirurgicales intracérébrales. Chaque oiseau ne subira qu'un seul type d'intervention chirurgicale et qu'une seule fois. Suivant l'opération chirurgicale, effectuée sous anesthésie générale, la durée varie de 3 à 7h.

Impact sur les animaux

Ce projet impliquera de placer une partie des oiseaux utilisés pour les expériences en isolement dans des caissons d'isolation acoustique individuels afin d'enregistrer leurs vocalisations. Certains oiseaux subiront par ailleurs des chirurgies intracérébrales (sous anesthésie générale) afin de réaliser des injections, de poser des électrodes d'enregistrement ou des électrodes de stimulation électrique. Ces opérations sont susceptibles de générer de la douleur pendant les premières heures qui suivent la chirurgie.

Devenir

A l'issue des différentes procédures, tous les oiseaux ayant subi une opération chirurgicale seront euthanasiés. La collecte du cerveau à la fin de chacune de ces procédures est essentielle afin de 1/pouvoir identifier les projections entre les structures cérébrales d'intérêt, 2/ pouvoir identifier les points d'insertion des électrodes d'enregistrement ou de stimulation électrique, 3/pour caractériser l'étendue de la lésion cérébrale

Remplacement

Le but de nos recherches est de déterminer les mécanismes neurobiologiques mis en jeu dans l’apprentissage, la production et la perception de vocalisations. Pour cela, les oiseaux constituent un remarquable modèle d’étude, leurs vocalisations présentant des points communs avec la parole humaine et un ensemble de structures cérébrales étant dédié à la perception, la production et au contrôle des vocalisations. Les technologies actuelles (IRM) ne permettent pas d'avoir un niveau de résolution suffisamment fin pour analyser l'activité de neurones à des échelles temporelles de l'ordre de la milliseconde. Mener ces expériences reposant notamment sur des enregistrements électrophysiologiques de l’activité neuronale et des stimulations intracérébrales, qui ne sont pas possibles chez le sujet humain (sauf dans certaines conditions particulières), permet d’avancer dans la compréhension des processus neurobiologiques en général et dans le comportement vocal des oiseaux en particulier

Réduction

Afin de limiter au maximum le nombre d’animaux à utiliser et d’adapter le protocole expérimental, nous conduirons les expériences sur un seul oiseau à la fois. Cela nous permettra de traiter les éventuelles difficultés les unes après les autres. Par ailleurs, cela nous permettra de ne collecter que le nombre de données nécessaires pour obtenir suffisamment de puissance statistique.

Raffinement

Avant toute procédure chirugicale, les oiseaux reçoivent une administration d'un analgésique. La chirurgie s'opère sous anesthésie générale. Lorsqu’un oiseau aura subi une opération chirurgicale, celui-ci sera maintenu seul dans une cage jusqu’à récupération (que nous estimons à 48h) mais de façon à ce qu’il puisse voir et entendre ses congénères. Des oiseaux stressés ou en souffrance ne vocalisant pas, ils seront contrôlés au quotidien. Un antalgique sera administré lors de l’opération chirurgicale et tant que l’oiseau montre des signes de douleur (inactivité, absence de vocalisations, posture prostrée). Les oiseaux seront régulièrement mis au contact de congénères pendant toute la durée des expériences afin de pallier les effets liés à l'isolement. Des points limites précoces ainsi que des procédures d'arrêt d'expériences ont été définies en fonction des observations faites quotidiennement sur les animaux.

Choix des espèces

Pour comprendre les processus sous-tendant le contrôle vocal, les oiseaux chanteurs constituent un modèle de choix. Ils présentent des capacités remarquables de modulation et de contrôle de leurs vocalisations. Ils possèdent un ensemble de structures cérébrales spécialisées dans ce comportement. Plusieurs parallèles avec l'apprentissage vocal chez l’humain existent (période sensible pour l'apprentissage, répertoire de gestes moteurs vocaux). Notons que si cette capacité d'apprentissage vocal est fréquente chez les oiseaux, elle est beaucoup plus rare chez les mammifères, et, en l'état actuel des connaissances, absente chez les invertébrés. Nous nous proposons d’étudier en particulier les diamants mandarins (Taeniopygia guttata). Ces oiseaux apprennent à produire des chants relativement rapidement, permettant de réaliser un suivi longitudinal de l'acquisition du chant. De plus, la stabilité de leur chant d'adulte permet de conduire des protocoles comportementaux efficaces pour induire de la plasticité vocale. Ces oiseaux s’adaptent parfaitement à la vie en captivité. Enfin, le réseau de structures cérébrales mis en jeu dans leur comportement vocal est très précisément connu et décrit dans la littérature, permettant une comparaison fiable des données et une mise en perspective des résultats obtenus. Tous les animaux utilisés dans cette étude seront âgés d'au moins 15 jours, mais toutes les procédures chirurgicales seront effectuées qu'après leur 40ème jour minimum. A cet âge, les diamants mandarins sont sortis de leur nid et indépendant. Ils commencent à pratiquer leur chant à cet âge là, ce qui nous intéresse tout particulièrement dans cette étude.

  • Recherche fondamentale
    • Autre recherche fondamentale
    • Oncologie
Poules : 120
Souffrances
▲ -
▲ -
▲ 120
▲ -
Devenir
 -
 -
 -
 120

120 poussins vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Âgés de un à dix jours, chacun est placé huit à dix jours dans une enceinte avec environ cinq cents larves de tique qui se nourrissent de leur sang, pour étudier l'effet de bactéries symbiotiques sur le cycle des tiques. Le porteur mentionne des démangeaisons possibles et prévoit de tuer les poussins après l'exposition, au motif que des larves pourraient rester sur eux et s'échapper. Il indique que cette espèce de tique refuse tout autre mode de nourrissage en laboratoire.

Objectifs

Caractériser l'effet de microorganismes symbiotiques sur le cycle de vie des tiques (survie, reproduction, longévité, temps de développement). Pour celà, nous souhaitons maitenir en élevage une espèce de tique molle, Ornithodoros maritimus (famille des Argasidae). Cette espèce de tique est naturellement présente sur le sol français (plus généralement sur tout le pourtour Méditerranéen) et est spécifique des oiseaux de mer (Goélands notamment) sur lesquels elle se nourrit. La tique O. maritimus héberge une bactérie symbiotique, non pathogène, appelée Coxiella-like endosymbiont. Cette bactérie est génétiquement proche, mais différente, de l'agent de la fièvre Q, Coxiella burnetii. C'est justement l'effet de cette Coxiella-like endosymbiont sur les tiques que nous voulons étudier dans ce projet. Nous mesurerons ici les traits d’histoire de vie des tiques (taux de croissance, survie, fécondité, taille adulte, etc) en fonction de la présence/absence de bactéries symbiotiques.

Bénéfices attendus

Meilleure compréhension de la biologie des tiques et de leur cycle de vie, notamment des interactions entre les tiques et leurs bactéries symbiotiques, et des mécanismes moléculaires à l’origine de cette interaction. Ce projet permettra de comprendre les tiques ont besoin de bactéries symbiotiques pour se reproduire et achever leur cycle de développement.

Procédures

Les poussins seront placés dans des mésocosmes en présence de larves de tique pour une durée de 8 à 10 jours afin que celles-ci puissent se nourrir. Les poussins en seront retirés à la fin de la procédure (les larves de tiques, une fois à réplétion au terme de ces 8 à 10 jours, se détachent spontanément des poussins et se laissent tomber sur le fond du mésocosme). Aucune autre intervention expérimentale n’est prévue sur ces animaux.

Impact sur les animaux

Les poussins seront exposés aux piqures de tique dans les mésocosmes pendant 8 à 10 jours. Chaque poussin sera exposé aux larves issues de deux pontes de tique, soit environ 500 larves (une larve mesure 0.4mm environ). Le volume de sang prélevé par les larves de tique molle est inconnu, mais nous l’estimons inférieur à 0.1 µL (ce prélèvement s'étale sur une semaine entière). L'expérience du terrain sur les oiseaux de mer (poussins de goéland) indique qu'il n'y a a priori pas de risque de spoliation sanguine avec cette quantité de larves. Des démangeaisons pourraient éventuellement se manifester bien que ça n'ait pas été reporté sur les oiseaux sauvages. Par ailleurs, nous estimons que toutes les larves ne se nourrirront pas (environ 10 à 20%) pendant la durée de l'expérience. En cas de démangeaisons ou de risque d’allergie, nous retirerons les poussins concernés des mésocosmes.

Devenir

Les poussins seront euthanasiés après l'exposition aux tiques car il y a un risque que des larves de tique restent présentes dessus et puissent s'échapper.

Remplacement

Les poussins ne seront utilisés que pour le nourrissage des stades larvaires (les stades de développement ultérieurs seront nourris sur oeufs embryonnés et non sur poussin). Cette espèce de tique refuse tout autre type de nourrissage en laboratoire.

Réduction

Le nombre de poussins utilisé en expérimentation est réduit au stricte minimum. Les nombre prévus de poussin pour la durée des expériences (5 ans) est de 120. Ce nombre élevé s'explique par (1) l'utilisation unique poussin, (2) nos protocoles expérimentaux qui nécessitent le maintient séparés de deux cohortes de tique (ces cohortes diffèrent entre elles par la présence ou l'absence de bactéries symbiotiques).

Raffinement

Pour un meilleur enrichissement, nous rajouterons une suspension avec objets brillants et colorés dans le mésocosme. Un protocole de suivi des points limites d'évaluation de la souffrance et des critères d'arrêt sera mis en place.

Choix des espèces

Dans la nature, la tique Ornithodoros maritimus ne se nourrit que sur oiseaux de mer comme les goélands. En laboratoire, cette espèce accepte de se nourrir sur poule domestique. Les larves de tique acceptent facilement de nourrir sur des poussins de 1 (en début d’expérience) à 10 jours (en fin d’expérience). Le nourrissage sur poussins plus agés ou poules est plus problématique (de nombreuses larves de tiques ne se nourrissent pas).

  • Conservation des espèces
  • Protection de l’environnement
Autres oiseaux : 800
Souffrances
▲ -
▲ 800
▲ -
▲ -
Devenir
 -
 800
 -
 -

800 vautours sauvages vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avant d'être relâchés sur place. Chaque oiseau est capturé à la nasse, maintenu les yeux bandés par deux manipulateurs et prélevé à la veine brachiale en cinq minutes, pour mesurer son exposition au plomb, aux pesticides et à d'autres toxiques. Le porteur indique que la capture peut stresser et le prélèvement induire une douleur faible, et transfère en centre de soin les oiseaux dont l'état empêche un relâcher immédiat. Il affirme qu'aucun remplacement n'est possible, l'objectif étant d'évaluer l'exposition d'individus sauvages d'espèces protégées comme le gypaète barbu.

Objectifs

Les intoxications ont précédemment été montrées comme étant l'une des principales causes de mortalité chez les rapaces charognards en France que ça soit par l'ingestion directe d'appâts destinés à d'autres espèces ou par l'ingestion de cadavres exposés à des pesticides, des rodenticides, des médicaments vétérinaires ou des métaux lourds comme le plomb. La présence d'espèces de vautour protégées, et dont certaines populations sont en danger critique d'extinction, justifie la nécessité de surveiller les menaces toxiques potentielles et d'identifier leurs sources afin de mieux lutter contre les menaces existantes et de détecter des menaces émergeantes. L'objectif principal de ce projet est donc d'étudier la présence de divers toxiques dans le sang chez des vautours vivants afin d'évaluer les risques toxiques auxquels ces vautours sont exposés. En parallèle, ces prélèvements sanguins pourront aussi servir à d'autres études épidémiologiques afin de limiter le nombre de prélèvements réalisés sur ces espèces.

Bénéfices attendus

Monitorer l’exposition des rapaces à de potentiels toxiques permettra d'améliorer les connaissances que nous avons de l'exposition globale à des toxiques de différentes espèces de rapaces en France et potentiellement de détecter de nouvelles menaces toxicologiques émergentes. Identifier la nature et ainsi que l'origine des menaces toxiques aidera par la suite lutter plus efficacement contre les menaces existantes et permettra d'évaluer l'apport des mesures de préservation mises en place contre ces menaces. Les connaissances acquises sur diverses espèces sentinelles pourront ensuite servir à la mise en place de politiques de protection et de conservation d'espèces protégées comme le gypaète barbu.

Procédures

Les animaux sont gardés dans une nasses le temps que tous soient manipulés un par un. Cela représente au maximum 3h durant l'été le temps mais les oiseaux peuvent parfois être gardé une nuit hors période de reproduction (automne/hiver) avant les manipulations. Dans le cadre de notre projet du sang est prélevé sur animaux vigiles. Le prélèvement est réalisé hors de la vue des autres animaux en maximum 5 minutes. L'individu prélevé à les yeux bandés, est maintenu par deux manipulateurs expérimentés avant d'être relâché immédiatement après.

Impact sur les animaux

Les captures sont suceptibles d'occasionner un stress et la prise de sang peut également induire une douleur faible.

Devenir

Tous les animaux seront relâchés afin de permettre leur suivi et le maintien des populations existantes. Dans le cas d'oiseaux dont le statut physiologique ne permet pas le relâché immédiat ceux-ci seront transférés en centre de soin pour une prise en charge avant relâché ulterieur.

Remplacement

L'objectif du projet est d'évaluer les toxiques auxquels sont exposés des populations de rapaces sauvages. Pour ce faire, les prélèvements doivent nécessairement être réalisés sur des individus sauvages non captifs représentatifs de leur population. Aucun remplacement n'est donc possible.

Réduction

Afin de réduire le nombre d'individus capturés par espèce cible les prélèvements sanguins seront réalisés de manière opportuniste lors de captures effectuées dans le cadre de programmes de baguage et un seul prélèvement sera effectué par individu (chaque individu étant identifiable par sa bague et relâché immédiatement après la prise de sang). Le nombre d'oiseaux impliqués dans l'étude est basé sur l'estimation du nombre d'oiseaux habituellement capturés sur les différents massifs (30-40 individus) sur les 5 années du projet et correspond à un maximum d'oiseaux pouvant être prélevés. Le nombre d'oiseaux prélevés doit permettre une détermination plus sensible de l'exposition à des toxiques ainsi que l'étude des facteurs (géographique, temporel, âge, sexe, etc.) pouvant influencer cette exposition.

Raffinement

Les vautours sont capturés par nasses de façon passive afin de limiter le stress lié à la capture en elle-même. Les animaux sont ensuite sortis un par un pour être manipulés hors de la vue de leurs congénères. L'individu manipulé à les yeux bandés et est maintenu par deux manipulateurs expérimentés. Dans le cadre de notre projet le sang est prélevé sur animaux vigiles en 5 minutes maximum afin de réduire le temps de manipulation. Le choix du prélèvement sanguin plutôt que du prélèvement de plume, moins invasif, se justifie par le manque de fiabilité actuel des analyses et dosages de plombs sur les plumes du fait d'un manque de connaissance sur la cinétique de pousse des plumes et ainsi que des variations de concentration dans les différentes parties d’une même plume et entre différentes plumes. Afin de minimiser l'impact du prélèvement sanguin sur les oiseaux, celui-ci sera réalisé dans le respect des bonnes pratiques vétérinaires. Pour cela la ponction veineuse sera réalisée à la veine brachiale car cette veine est très apparente, de grosse taille et très facile à prélever. La peau autour de la veine est désinfectée à l’alcool 70° ou à la chlorhexidine avant prélèvement. Un point de compression avec un coton pendant 1 minute est ensuite effectué après avoir arrêté la compression (coagulation rapide). En cas d’hémorragie, une mèche de coalgan sera appliquée et maintenue 1 min supplémentaire. Le prélèvement n’excédera pas 5mL ce qui reste inférieur aux directives européennes relatives au volume pouvant être prélevé lors d'une prise unique (un vautour fauve faisant environ 10kg). Une fois les manipulations terminées l'oiseau est immédiatement relâché si son état physiologique le permet. Si l'état physiologique de l'animal ne permet pas le relâché celui-ci sera conduit dans un centre de soin spécialisé proche pour une prise en charge médicale.

Choix des espèces

Il s'agit d'étudier l'exposition à divers toxiques chez les vautours, les espèces les plus communes servant également d'espèces sentinelles pour les espèces les plus menacées. L’objectif serait donc de cibler principalement des vautours fauves, volants (adultes et immatures), sans considération particulière pour le sexe, à hauteur de 30-40 individus par massif par an. Cependant toutes les captures opportunistes des vautours moines, gypaètes et percnoptères, volants, sont également ciblées. Les individus volants, de par leur écologie, sont plus susceptibles d'être intoxiqués que les jeunes au nid et sont donc plus représentatifs du risque encouru par les populations de vautours.