
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-07 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-528014)
800 vautours sauvages vont être utilisés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, avant d’être relâchés sur place. Chaque oiseau est capturé à la nasse, maintenu les yeux bandés par deux manipulateurs et prélevé à la veine brachiale en cinq minutes, pour mesurer son exposition au plomb, aux pesticides et à d’autres toxiques. Le porteur indique que la capture peut stresser et le prélèvement induire une douleur faible, et transfère en centre de soin les oiseaux dont l’état empêche un relâcher immédiat. Il affirme qu’aucun remplacement n’est possible, l’objectif étant d’évaluer l’exposition d’individus sauvages d’espèces protégées comme le gypaète barbu.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les intoxications ont précédemment été montrées comme étant l’une des principales causes de mortalité chez les rapaces charognards en France que ça soit par l’ingestion directe d’appâts destinés à d’autres espèces ou par l’ingestion de cadavres exposés à des pesticides, des rodenticides, des médicaments vétérinaires ou des métaux lourds comme le plomb. La présence d’espèces de vautour protégées, et dont certaines populations sont en danger critique d’extinction, justifie la nécessité de surveiller les menaces toxiques potentielles et d’identifier leurs sources afin de mieux lutter contre les menaces existantes et de détecter des menaces émergeantes. L’objectif principal de ce projet est donc d’étudier la présence de divers toxiques dans le sang chez des vautours vivants afin d’évaluer les risques toxiques auxquels ces vautours sont exposés. En parallèle, ces prélèvements sanguins pourront aussi servir à d’autres études épidémiologiques afin de limiter le nombre de prélèvements réalisés sur ces espèces.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Monitorer l’exposition des rapaces à de potentiels toxiques permettra d’améliorer les connaissances que nous avons de l’exposition globale à des toxiques de différentes espèces de rapaces en France et potentiellement de détecter de nouvelles menaces toxicologiques émergentes. Identifier la nature et ainsi que l’origine des menaces toxiques aidera par la suite lutter plus efficacement contre les menaces existantes et permettra d’évaluer l’apport des mesures de préservation mises en place contre ces menaces. Les connaissances acquises sur diverses espèces sentinelles pourront ensuite servir à la mise en place de politiques de protection et de conservation d’espèces protégées comme le gypaète barbu.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont gardés dans une nasses le temps que tous soient manipulés un par un. Cela représente au maximum 3h durant l’été le temps mais les oiseaux peuvent parfois être gardé une nuit hors période de reproduction (automne/hiver) avant les manipulations. Dans le cadre de notre projet du sang est prélevé sur animaux vigiles. Le prélèvement est réalisé hors de la vue des autres animaux en maximum 5 minutes. L’individu prélevé à les yeux bandés, est maintenu par deux manipulateurs expérimentés avant d’être relâché immédiatement après.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les captures sont suceptibles d’occasionner un stress et la prise de sang peut également induire une douleur faible.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront relâchés afin de permettre leur suivi et le maintien des populations existantes. Dans le cas d’oiseaux dont le statut physiologique ne permet pas le relâché immédiat ceux-ci seront transférés en centre de soin pour une prise en charge avant relâché ulterieur.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’évaluer les toxiques auxquels sont exposés des populations de rapaces sauvages. Pour ce faire, les prélèvements doivent nécessairement être réalisés sur des individus sauvages non captifs représentatifs de leur population. Aucun remplacement n’est donc possible.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de réduire le nombre d’individus capturés par espèce cible les prélèvements sanguins seront réalisés de manière opportuniste lors de captures effectuées dans le cadre de programmes de baguage et un seul prélèvement sera effectué par individu (chaque individu étant identifiable par sa bague et relâché immédiatement après la prise de sang). Le nombre d’oiseaux impliqués dans l’étude est basé sur l’estimation du nombre d’oiseaux habituellement capturés sur les différents massifs (30-40 individus) sur les 5 années du projet et correspond à un maximum d’oiseaux pouvant être prélevés. Le nombre d’oiseaux prélevés doit permettre une détermination plus sensible de l’exposition à des toxiques ainsi que l’étude des facteurs (géographique, temporel, âge, sexe, etc.) pouvant influencer cette exposition.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les vautours sont capturés par nasses de façon passive afin de limiter le stress lié à la capture en elle-même. Les animaux sont ensuite sortis un par un pour être manipulés hors de la vue de leurs congénères. L’individu manipulé à les yeux bandés et est maintenu par deux manipulateurs expérimentés. Dans le cadre de notre projet le sang est prélevé sur animaux vigiles en 5 minutes maximum afin de réduire le temps de manipulation. Le choix du prélèvement sanguin plutôt que du prélèvement de plume, moins invasif, se justifie par le manque de fiabilité actuel des analyses et dosages de plombs sur les plumes du fait d’un manque de connaissance sur la cinétique de pousse des plumes et ainsi que des variations de concentration dans les différentes parties d’une même plume et entre différentes plumes. Afin de minimiser l’impact du prélèvement sanguin sur les oiseaux, celui-ci sera réalisé dans le respect des bonnes pratiques vétérinaires. Pour cela la ponction veineuse sera réalisée à la veine brachiale car cette veine est très apparente, de grosse taille et très facile à prélever. La peau autour de la veine est désinfectée à l’alcool 70° ou à la chlorhexidine avant prélèvement. Un point de compression avec un coton pendant 1 minute est ensuite effectué après avoir arrêté la compression (coagulation rapide). En cas d’hémorragie, une mèche de coalgan sera appliquée et maintenue 1 min supplémentaire. Le prélèvement n’excédera pas 5mL ce qui reste inférieur aux directives européennes relatives au volume pouvant être prélevé lors d’une prise unique (un vautour fauve faisant environ 10kg). Une fois les manipulations terminées l’oiseau est immédiatement relâché si son état physiologique le permet. Si l’état physiologique de l’animal ne permet pas le relâché celui-ci sera conduit dans un centre de soin spécialisé proche pour une prise en charge médicale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il s’agit d’étudier l’exposition à divers toxiques chez les vautours, les espèces les plus communes servant également d’espèces sentinelles pour les espèces les plus menacées. L’objectif serait donc de cibler principalement des vautours fauves, volants (adultes et immatures), sans considération particulière pour le sexe, à hauteur de 30-40 individus par massif par an. Cependant toutes les captures opportunistes des vautours moines, gypaètes et percnoptères, volants, sont également ciblées. Les individus volants, de par leur écologie, sont plus susceptibles d’être intoxiqués que les jeunes au nid et sont donc plus représentatifs du risque encouru par les populations de vautours.