Rongeurs
Etude du répresseur transcriptionnel REST dans un modèle murin de la maladie d’Alzheimer
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
480 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Une partie subit une chirurgie cérébrale d'injection virale d'une heure, puis toutes passent des tests de mémoire, dont un test d'orientation spatiale en milieu aquatique que le porteur reconnaît stressant pour la souris. L'objectif est d'étudier le rôle du répresseur REST dans un modèle génétique de la maladie d'Alzheimer, les bénéfices pour les patients restant renvoyés à de futures cibles pharmacologiques. Sur le remplacement, il affirme que l'évaluation de la mémoire par des tests comportementaux ne peut se faire sans animal vivant.
Objectifs
La maladie d'Alzheimer est une neuropathologie qui implique l'altération de nombreux mécanismes moléculaires. Malgré les progrès récents, la caractérisation physiopathologique de cette maladie reste incomplète, ce qui entrave le développement de traitements efficaces. Comprendre comment l’expression des gènes qui jouent un rôle dans la formation et la rétention des souvenirs est dérégulée dans le contexte de la maladie d’Alzheimer constitue une approche prometteuse et peut contribuer à l'identification de cibles pharmacologiques potentielles.
Bénéfices attendus
Ce projet examinera et comparera systématiquement les mécanismes comportementaux, cellulaires et moléculaires des troubles cognitifs associés à la pathologie Alzheimer. De plus, ce projet complètera les connaissances actuelles sur les troubles cognitifs dans le cerveau pathologique. Outre sa contribution à la résolution des problèmes économiques et sociaux associés aux troubles cognitifs survenant au cours du vieillissement, ce projet fournira des informations importantes sur le rôle des régulateurs de l'expression de gènes dans les fonctions cognitives. Ce point est très important au vu du nombre croissant de publications sur le dysfonctionnement de la mémoire dans le vieillissement normal et pathologique. Nous sommes convaincus que les résultats de ce projet seront exploités par une large communauté de neuroscientifiques, de pharmacologues et d'industries pharmaceutiques intéressés par les aspects développementaux du cerveau et de ses troubles. En outre, l'identification des mécanismes cellulaires et moléculaires qui sous-tendent le déficit de mémoire lié à l'âge, fournira de nouvelles perspectives dans la compréhension du déficit cognitif lié à la maladie d'Alzheimer.
Procédures
Les animaux auront une chirurgie de 60 minutes maximum au cours de laquelle ils recevront une injection d’un petit virus non toxique et non pathogène permettant de transférer du matériel génétique dans le génome de l’hôte. On évaluera ensuite leur mémoire par un test d’exploration d’objets (Familiarisation : 10 minutes ; Apprentissage : 10 minutes ; Test : 10 minutes) ainsi que lors d’un test d'orientation spatiale (Familiarisation : 5 minutes ; Apprentissage : 20 minutes ; Test : 1 minute). Les animaux qui n’auront pas de chirurgie seront exposés à un environnement enrichi sur une durée de 10 jours avant d’évaluer leur mémoire. L’environnement enrichi consiste à placer les animaux dans une grande cage contenant des roues d'activités, des labyrinthes, un abri dans lequel les souris peuvent se cacher et de l’eau et de la nourriture à volonté.
Impact sur les animaux
Une opération chirurgicale, ne durant pas plus de 30 minutes au maximum, sera effectuée sur certaines souris, ce qui pourrait vraisemblablement entraîner une sensation de douleur. Une sensation douloureuse pourrait également apparaitre au moment du réveil de l’animal et pour une durée de plusieurs heures. Un état de stress peut survenir chez les animaux suite au test d'orientation spatiale (Familiarisation : 5 minutes ; Apprentissage : 20 minutes ; Test : 1 minute ; total : 26 minutes). En effet, le milieu aquatique peut être perçu comme stressant pour la souris.
Devenir
A l'issue de chaque procédure expérimentale, l'ensemble des animaux (soit 480 au total) sera mis à mort pour poursuivre les investigations cellulaires et moléculaires.
Remplacement
Dans ce projet nous proposons d'évaluer la mémoire des souris au travers de tests comportementaux. Ainsi, l'utilisation d'un modèle vivant (in vivo) ne peut être remplacé par des modèles in vitro ou in sillico.
Réduction
Pour réduire le nombre d'utilisation d'animaux, la mémoire de chaque souris sera évaluée dans les deux tests comportementaux proposés dans ce projet. De plus, un même prélèvement de tissus cérébral permettra de réaliser plusieurs analyses biochimiques et moléculaires. Enfin, des tests statistiques permettront de déterminer le nombre approprié d’animaux dans les protocoles proposés.
Raffinement
Tous les animaux seront hébergés dans des cages présentant un enrichissement (papier, maisonnette). Les signes de douleur ou de stress (prostration, mobilité altérée, poil terne, blessures apparentes, perte de poids > 20% par rapport au poids initial ) qui peuvent survenir à la suite des chirurgies seront évalués lors des inspections journalières des animaux et conduiront le cas échéant à la mise à mort immédiate des animaux en souffrance. L'inspection quotidienne des animaux se fera au travers d'une grille d'évaluation du bien-être basée sur les signes de l'animal évoqués plus haut. Le score final obtenu montrera le degré de souffrance de l'animal. En expérimentation, les animaux seront manipulés quotidiennement pendant les 3 jours qui précédent toute procédure, et ceci dans la pièce où se déroulera les tests comportementaux. Cette démarche permet de réduire le stress lié à la manipulation et d’habituer l’animal à l’expérimentateur et aux pièces expérimentales. Des anesthésiques et analgésiques seront utilisés lors de la chirurgie.
Choix des espèces
Le modèle de souris utilisé dans cette étude est un modèle génétiquement modifié permettant de reproduire les symptômes de la maladie d'Alzheimer. Ces souris développent des dépôts de plaques amyloïdes similaires à ceux observés chez les patients Alzheimer. De plus, ces souris développent des déficits de la mémoire et d'autres déficits cognitifs progressifs, similaires à ceux observés chez les patients Alzheimer. Dans ce projet, nous utiliserons cette lignée génétiquement modifiée et leur contrôle. Nous utiliserons à la fois des mâles et des femelles âgées de 3 mois (avant l'apparition des symptômes de la maladie) et de 10 mois (présence des symptômes de la maladie et des troubles cognitifs).
Effets de composés pharmacologiques sur les effets addictifs de l’héroïne chez le rat
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
660 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour tester des composés de l'industrie pharmaceutique censés réduire les rechutes à l'héroïne. Les animaux subissent des chirurgies de pose de cathéter intraveineux, de minipompe sous-cutanée ou d'électrodes intracrâniennes, suivies de tests comportementaux et de prélèvements sanguins répétés. Le porteur indique qu'une partie des rats est tuée pour prélever des échantillons, les autres étant maintenus vivants entre deux procédures enchaînées. Il affirme que seul l'animal permet d'étudier ces mécanismes et justifie le recours au rat par un "continuum" des processus de récompense avec l'humain.
Objectifs
La dépendance aux opiacés est un problème majeur de santé publique. Des recherches sont entreprises pour identifier des traitements capables d’aider à l’arrêt durable de la consommation, notamment en réduisant les effets du sevrage et les risques de rechute. L’objectif de ce projet est d’évaluer de nouveaux composés issus de l’industrie pharmaceutique pour leurs capacités thérapeutiques dans ces deux domaines. L’étude se fait au moyen de modèles validés chez le rat. L’avantage en est le contrôle strict de la consommation préalable de drogue et des conditions d’application du composé.
Bénéfices attendus
La dépendance aux opiacés est un enjeu de santé publique mondial. Ces expériences permettent d'étudier les bénéfices de nouveaux traitements dans la dépendance physique et psychologique aux opiacés.
Procédures
Des animaux (n = 36 à 180) seront soumis à une chirurgie intaveineuse pour l'implantation d'un cathéter intraveineux. Ce type de chirurgie est effectué sous anesthésie, en conditions aseptiques, sur couverture chauffante et dure en moyenne 30 min. Des animaux (n= 48 à 240) seront soumis à l'implantation sous-cutanée d'une minipompe. Ce type de chirurgie est effectué sous anesthésie, en conditions aseptiques, sur couverture chauffante et dure en moyenne 5 min. Des animaux (n = 48 à 240) seront soumis à une chirurgie stéréotaxique pour l'implantation d'électrodes, pour enregistrements électroencéphalographiques (durée 45 min à 1h30), puis 7 jours plus tard à l'implantation d'une minipompe sous-cutanée (durée: 5min). Ces chirurgies sont effectuées sous anesthésie, en conditions aseptiques, sur couverture chauffante.
Impact sur les animaux
Les animaux sont soumis à des chirurgies et tests comportementaux successifs dont le degré de gravité va de léger à modéré pour des procédures qui sont globalement de gravité modérée. Les nuisances attendues sont celles associées à une chirurgie vasculaire, d'implantation et retrait d'une minipompe sous-cutanée, ou stéréotaxique, dans des conditions où toutes les mesures sont prises pour réduire douleur et risque d’infections (aseptie, anesthésie, analgésie anti-inflammatoire, suivi post-opératoire).
Devenir
Mise à mort des animaux dans le cas de trois des procédures pour prélever des échantillons. Les animaux des autres procédures sont gardés vivants car elles sont suivies d’une autre procédure.
Remplacement
Seul le modèle animal permet d’interroger les mécanismes neurobiologiques difficilement accessibles chez l’homme. De plus, l’étude du comportement addictif ne peut se réduire à la simple étude de l’effet de la drogue. Ce comportement met en jeu des mécanismes psychopharmacologiques complexes qui ne peuvent pas être appréhendés par des modèles ex vivo.
Réduction
Nous procédons à des analyses statistiques afin de déterminer le nombre minimum de sujets nécessaire pour obtenir un résultat fiable.
Raffinement
Le confort de l’animal est pris en compte tout au long de sa vie au moyen d’une grille d’évaluation et la définition de points limites et critères d’arrêt. Un soin particulier est porté à la formation des expérimentateurs pour qu'ils sachent détecter tout signe de mal-être et ne soient pas eux-mêmes source de mal- être par une manipulation inadaptée. Les soignants qui s’occupent de nos animaux sont encadrés par, ou sont eux-mêmes, des personnels diplômés soigneurs animaliers. Les expériences se déroulent quand les animaux sont actifs (phase nocturnes) et leur sommeil est ainsi respecté. Les animaux sont manipulés quotidiennement par l’expérimentateur (sauf week-ends où ils sont observés). L’anesthésie et la douleur post-opératoire sont gérées avec des molécules adaptées. Les chirurgies sont pratiquées sur couverture chauffante puis la récupération post-opératoire se fait en chambre post-opératoire chauffée. Pour enrichir l’environnement, des nids végétaux sont placés dans chaque cage et renouvelés systématiquement lors du change.
Choix des espèces
Compte tenu des questions que nous posons, il est nécessaire d’utiliser une espèce mammifère dont le développement des réseaux neuronaux permet l’expression d’un comportement aussi complexe que la prise de drogue. Or il a été montré un continuum entre les mécanismes psychologiques et biologiques des processus de récompense entre le rat et l’homme, et ces processus sont à la base de la dépendance, étudiée dans ce projet. Nous utilisons des rats adultes âgés de 8 semaines à leur arrivée au laboratoire (250-275g). Dans la mesure où nous procédons à une période d'habituation de 18 jours, les animaux doivent être suffisamment jeunes à leur arrivée au laboratoire, ce qui justifie notre choix.
Mise au point et caractérisation d’un modèle animal d’infection par la microsporidie Enterocytozoon bieneusi
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
592 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles sont infectées par gavage avec des selles humaines porteuses de la microsporidie E. bieneusi, une partie recevant en plus un immunosuppresseur par injections répétées et des ponctions sanguines rétro-orbitales jusqu'à six fois en six semaines. Le porteur décrit des diarrhées, des douleurs abdominales et une perte de poids pouvant atteindre le point limite de 20 %, au-delà duquel les souris sont mises à mort. Il affirme que le parasite n'est pas cultivable in vitro et juge l'animal vivant "indispensable", tout en reconnaissant que plusieurs bénéfices cliniques avancés restent à démontrer.
Objectifs
Les microsporidies constituent un vaste ensemble d’eucaryotes intracellulaires pouvant infecter de nombreux hôtes. Chez l’Homme, les espèces les plus fréquemment isolées sont responsables de diarrhées profuses, particulièrement graves chez les immunodéprimés car sans traitement elles évoluent vers la chronicité et peuvent aboutir au décès du patient. Enterocytozoon bieneusi est l’espèce isolée dans plus de 90% des cas. De nombreuses interrogations concernant cette espèce sont encore sans réponse, notamment au sujet (i) de la physiopathologie concernant par ex. la dose infectieuse, les sites de persistance chez l’hôte, les cellules recrutées au site d’infection, la réponse immunitaire, (ii) de la thérapeutique concernant les molécules efficaces (le seul traitement dont l’efficacité a été démontrée, la fumagilline, n’est plus commercialisé depuis 2019), la durée de traitement, ... Les travaux expérimentaux sur cette espèce sont difficiles car elle n’est pas cultivable in vitro et les modèles animaux sont réduits. En effet, seuls les essais sur singes immunodéprimés ou sur cochons gnotobiotiques ont permis l’établissement d’une infection, tandis que des infections uniquement transitoires ont pu être obtenues chez des souris immunodéprimées et des rats athymiques ou chimiquement immunodéprimés. Au sein de l’espèce E. bieneusi, de nombreux génotypes existent, dont la plupart possède des spécificités d’hôtes. Les rongeurs étant naturellement infectés par certains de ces génotypes, nous émettons l’hypothèse que les échecs précédemment décrits dans la littérature concernant l’établissement d’un modèle souris sont liés à l’utilisation de génotypes non adaptés à cet animal. Du fait de nos travaux, nous possédons une très large collection de selles positives pour E. bieneusi de différents génotypes. Les objectifs du projet sont de mettre au point et de caractériser un modèle de souris infectées par E. bieneusi afin de répondre aux interrogations énoncées plus haut. Pour cela, des souris seront infectées par voie orale avec des selles humaines positives pour E. bieneusi. Nous disposons de données préliminaires démontrant le succès de notre protocole d’infection.
Bénéfices attendus
Comme développé dans le paragraphe 5.5.1, bien que responsable de plus de 90% des cas de microsporidiose intestinale, de nombreuses interrogations concernant E. bieneusi sont sans réponse, en grande partie du fait de la difficulté à travailler sur ce pathogène non cultivable et sans modèle animal. Les résultats issus de ce projet permettront de répondre à certaines de ces interrogations. En effet, ce projet devrait permettre de faire progresser les connaissances scientifiques fondamentales sur cette espèce en apportant des données sur les points suivants: dose infectieuse, barrière d’espèce, site de multiplication et de dormance chez l’hôte infecté, réponse immunitaire et identification de protéines immunogènes. Ce projet devrait également permettre de faire progresser la prise en charge des microsporidioses humaines en démontrant l’efficacité ou l’inefficacité des molécules actuellement utilisées, notamment le nitazoxanide dont l’indication a été donnée du fait de son efficacité sur d’autres parasitoses, sans preuve scientifique. Si seule la fumagilline démontre son efficacité, cela permettra d’obtenir des arguments forts pour la reprise de production du médicament par l’industrie pharmaceutique. La fumagilline étant responsable d’une thrombopénie, le patient doit être hospitalisé pendant toute la durée du traitement, soit 15 jours. Cette durée a été validée historiquement chez le patient infecté par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Il est suspecté qu’une telle durée de traitement pourrait être réduite avec une efficacité équivalente, réduisant ainsi les durées d’hospitalisation et donc les frais de santé. Ce projet pourrait permettre de valider ou non la réduction de la durée de traitement. L’intérêt du screening dans les selles d’un patient pour valider l’efficacité d’un tel traitement n’est pas non plus démontré mais pourra être évalué dans ce projet chez la souris (par exemple si recherche sur selles négative au bout de 7 jours, alors le traitement pourrait être arrêté, si résultat positif on pourrait conseiller de poursuivre le traitement jusqu’à 15 jours), et ainsi apporter des arguments pour proposer une étude chez l’Homme (type protocole de recherche clinique).
Procédures
-gavage avec le pathogène (ou un liquide neutre pour les groupes contrôle) sur animal vigile, 1 seule fois pour tous les animaux: 592 souris, soit quelques secondes par souris -ponction sanguine au niveau du sinus rétro-orbital sous anesthésie générale, les ponctions seront répétées 6 fois en 6 semaines : 12 animaux, ponction d'une durée inférieure à 10 secondes -injection molécule immunosuppressive (dexaméthasone) sur animal vigile, en intra-péritonéal, à raison de 6 injections en 6 jours: 288 animaux, soit quelques secondes par souris -gavage par des molécules à visée thérapeutique (ou un liquide neutre pour les groupes contrôle), une fois par jour pendant 14 jours : 192 souris, soit quelques secondes par souris
Impact sur les animaux
Les effets attendus sur les souris sont ceux associés à une infection intestinale (extrapolation sur la base des symptômes observés chez les humains) : douleurs abdominales, ballonnements, diarrhées aqueuses, perte de poids. Ces douleurs pourraient se traduire chez l’animal par la prostration, le hérissement du poil, des expressions faciales (gonflement du museau et des joues, oreilles et vibrisses vers l'arrière, plis visibles autour des yeux). Chez l’Homme immunocompétent, ces symptômes durent entre 3 et 4 semaines ; chez l’immunodéprimé, ils persisteront jusqu’à rétablissement de l’immunité ou prise d’un traitement spécifique anti-microsporidien. Concernant les effets indésirables associés au traitement spécifique : - une diminution du nombre de plaquettes est décrite chez l’Homme lors de la prise de fumagilline. D’après le résumé des caractéristiques du produit, la dose que nous utiliserons sur la durée prévue n’est pas associée à la survenue d’effets indésirables graves. Ainsi des saignements pourraient avoir lieu (par exemple en cas de blessures). - le nitazoxanide est associé à une toxicité hépatique. Cela pourrait se traduire par un ictère (coloration jaune des muqueuses), visible au niveau oculaire. - concernant la molécule test, il n’y a pas de données chez l’animal.
Devenir
Les souris seront toutes sacrifiées à la fin du projet pour récupérer les tissus et le sang, en vue d’analyses complémentaires.
Remplacement
Il n’existe pas à l’heure actuelle de modèle in vitro permettant le développement d’E. bieneusi. Il y a peu de publications à ce sujet probablement car beaucoup de tentatives se sont soldées par des échecs. Il semble que le cycle de multiplication ait déjà pu être initié in vitro mais que rapidement celui-ci avorte. L’utilisation d’animaux vivants apparait indispensable pour étudier à l’échelle globale d’un individu l’impact d’une infection par E. bieneusi et permettre d’identifier des sites de multiplication et de dormance dans un organisme infecté, ainsi que de caractériser sa réponse immunitaire. L’efficacité du traitement et la durée d’excrétion des parasites sous traitement ne peuvent également être validés qu’à l’échelle d’un individu.
Réduction
Nous utiliserons les souris sur-numéraires issues de reproductions de souris (reproductions visant à l’obtention de génotypes spécifiques au sein du laboratoire). Cela permettra donc de ne pas sacrifier ces animaux par ailleurs en bonne santé alors qu’ils pourraient être utiles pour d’autres recherches. Le nombre d'animaux utilisés pour cette manipulation a été réduit au minimum dans la mesure où cela ne compromet pas les objectifs du projet. Les expérimentations sont organisées de façon à obtenir des résultats statistiquement exploitables avec le plus petit nombre d’animaux possible. Les expérimentations seront couplées afin de permettre de limiter le nombre d’animaux nécessaires. Par exemple, les souris infectées pour tester la charge infectieuse limite seront aussi utilisées pour évaluer l’item sur l’efficacité de la thérapeutique. Les révisions d’articles (reviewing) se durcissant, il est maintenant nécessaire de réaliser les expérimentations sur mâles et femelles, raison qui nous contraint à augmenter le nombre d’animaux.
Raffinement
Les animaux seront hébergés selon les standards prévus par la règlementation, en groupes sociaux (compte tenu du fait que les souris sont des animaux grégaires), dans un environnement adapté et enrichi. Les animaux auront libre accès à l'eau et à la nourriture. Afin d'éviter les comportements agressifs, les animaux d'une même cage seront tous du même sexe, ne seront jamais plus de 6 et un enrichissement sera proposé avec des maisons en plastique. Les animaux étant nés dans notre animalerie, les groupes par cage seront les mêmes que ceux constitués lors du sevrage. Une période d’acclimatation sera réalisée avant le début de la procédure (une semaine). Les animaux d’une même cage auront subi la même infection. Nous utiliserons un système de score de manière à limiter au maximum la souffrance et à définir des points limites. Les animaux seront surveillés quotidiennement pour évaluer tout changement de comportement et/ou de motricité et perte de poids. Si des signes de douleur sont observés, une injection sous-cutanée d'analgésique sera réalisée. Si un animal remplit des critères préalablement définis associés à une souffrance, ainsi qu’une perte de poids supérieure à 20% (points limites), le responsable du projet décidera de la mise à mort.
Choix des espèces
Le fond génétique des souris a été choisi car le laboratoire pratique, dans le cadre d’autres expérimentations, des reproductions sur le même fond génétique pour l’obtention de génotypes spécifiques, et certaines souris issues de ces reproductions ne sont pas conservées. Différents âges d’infection seront utilisés, entre 7 et 18 semaines, afin de mimer la situation en vie réelle (jeunes enfants rarement atteints, population adulte) et s’affranchir de l’effet « âge ».
Elevage de lignées de souris (animaux génétiquement altérés : AGA) immunodéprimées ou exprimant une cécité précoce, en condition exempt de pathogènes spécifiques et opportunistes
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Bien-être animal
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
15 600 souris génétiquement modifiées vont être élevées, immunodéprimées ou frappées d'une cécité précoce, dans des procédures classées en souffrance légère. Le porteur décrit lui-même des lignées au phénotype "dommageable", avec dégénérescence rétinienne sévère et susceptibilité accrue aux infections, destinées à des protocoles sur la cryptosporidiose et la tuberculose. Une partie des souris part vers d'autres protocoles ou renouvelle les reproducteurs, le reste étant tué en surnombre ou en fin de "carrière" de reproduction. Sur le remplacement, il affirme qu'aucun système in vitro ne reproduit un "organisme entier" et conclut à la nécessité de la souris.
Objectifs
Ce projet consiste à élever différentes lignées de souris, génétiquement modifiées/altérées (= AGA : animaux génétiquement altérés), dont le phénotype est dommageable pour l’animal élevé au sein de la a plateforme expérimentale et qui serviront pour des protocoles réalisés également au sein de la plateforme expérimentale. Les souris sont élevées pour répondre aux besoins scientifiques des chercheurs de l'unité de recherche qui étudient (i) à mieux comprendre les mécanismes protecteurs ou pathologiques mis en jeu lors de la cryptosporidiose et la tuberculose et à (ii) plus particulièrement dans le cadre de la cryptosporidiose, à évaluer l’effet d’immunostimulants et de molécules anti-parasitaires dans des modèles murins expérimentaux sensibles à ces agents pathogènes telles que les souris immunodéprimées par délétions génétiques de gènes de l’immunité.
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont l'obtention de souris génétiquement altérée pour l'expérimentation correspondant aux besoins des projets correspondants. Comme précisé plus haut cryptosporidiose est une maladie zoonotique qui a une forte incidence dans les élevages de ruminants et qui est encore mal contrôlée par la chimiothérapie ou un vaccin. La compréhension des mécanismes immunitaires impliqués dans la protection est donc déterminante pour pouvoir indentifier des stratégies d’immunostimulation du système immunitaire notamment des jeunes individus afin de les rendre plus résistants ou plus résilients à l’infection. La compréhension des mécansimes immunitaires est donc essentielle pour la mise en place de stratégies efficaces. La recherche de nouveaux antiparasitaires plus efficaces que le produit possédant une autorisation de mise sur le marché (antiparasitaires) est une priorité de recherche et il convient d’évaluer les antiparasitaires sur les modèles sensibles à l’infection (souriceaux, veaux, agneaux, chevreaux, souris immunodéficiente : individus immunodéprimés). Les bénéfices attendus sont donc à la fois forts pour l’élevage de ruminants et l’humain qui sont tous deux infectés par le même parasite sur lequel nous travaillons. La contamination se fait par contact direct (animal-animal ; animal-humain ; humain-humain) ou indirect via l’environnement (eau de boisson insuffisamment traitée ou de piscine, aliment souillés…). Le contrôle de la maladie chez les animaux d’élevage bénéficie donc directement à l’environnement et à l’humain. Une meilleure compréhension des interactions hôte-pathogènes lors des infections mycobactériennes est essentielle pour développer de nouvelles approches visant à éradiquer la tuberculose bovine. Dans le cadre de la tuberculose, nous pourront ainsi définir les signes précoces de la maladie en analyse leur comportement grâce à la vidéosurveillance d’animaux infectés en isolateur. Cette lignée permettra aussi de caractériser le rôle des gènes de virulence pour la physiopathologie et la dissémination. Enfin, nous nous attacherons à une description exhaustive des réponses immunitaires chez les animaux infectés.
Procédures
Les souris seront élevées de façon conventionnelle (identification, surveillance quotidienne, mise en reproduction, change des cages) dans l’attente d’être intégrées dans nos protocoles de recherche
Impact sur les animaux
Certaines lignées présentent certains degrés d’immunosupression par altération d’une cytokine, de son récepteur ou de cellules immunitaires. On peut donc s’attendre à une susceptibilité accrue aux infections (agents pathogènes intracellulaires par exemple). Pour les souris C3H, Elles sont homozygotes pour l'allèle donné et présentent une dégénérescence rétinienne sévère précoce.
Devenir
Tous les animaux produits sont en majorité utilisés pour des protocoles expérimentaux ou pour renouveller les animaux reproducteurs. Les animaux non utilisés dans des protocoles expérimentaux (sous autorisation éthique validée) seront mis à mort à l’issue d'une "carrière" de reproducteur ou s'ils sont surnumérraires (nombre très réduits d'animaux).
Remplacement
Pour étudier les réponses immunitaires de l’hôte ou des stratégies d’immunostimulation qui ciblent le système immunitaire, il n’est pas possible d’utiliser de système in vitro ou des méthodes alternatives suffisament élaborées pour reproduire un environnement tissulaire complexe tel que l’intestin (pour étudier la cryptosporidiose) ou le poumon (pour étudier la tuberculose). Cas de la cryptosporidiose : Pour étudier, l’effet de molécules anti-parasitaires (anti Cryptosporidium), il est possible dans un premier temps de faire un criblage de molécules in vitro sur des lignées de cellules épithéliales intestinales. La phase in vivo intervient pour avoir un environnement cellulaire plus complexe impossible à reproduire in vitro ou lorque l’on doit évaluer l’efficacité de métabolisation d’une molécule ou sa biodisponibilité dans l’organisme. La culture partielle des parasites est possible sur des lignées de cellules épithéliales intestinales et toutes les interactions que nous pouvons étudier dans cet environnement sont toujours réalisées en amont des expérimentations in vivo. Par exemple, si on veut étudier l’effet d’une cytokine sur les cellules épithéliales, on peut commencer à l’évaluer in vitro comme tous les essais d’antiparasitaires qui sont sélectionnés in vitro. La phase in vivo intervient pour avoir un environnement cellulaire plus complexe impossible à reproduire in vitro ou lorque l’on doit évaluer l’efficacité de métabolisation d’une molécule ou sa biodisponibilité dans l’organisme. Cas de la tuberculose : A ce jour, aucun système in vitro ne permet de reproduire la complexité du tissu pulmonaire et les processus complexes de recrutement des cellules immunitaires. Le modèle murin constitue un modèle expérimental pertinent.
Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au minimum, mais en nombre suffisant afin d’éviter toute risque de perte d’une lignée. Le nombre est défini en fonction de la prolificité de la lignée et de l’expérience acquise dans l'élevage de ses lignées. Le maintien de ces derniers en statut SOPF (Specific and Opportunistic Pathogen Free) permet également de diminuer le nombre de reproducteurs nécessaires. Comme indiqué précédemment, la reproduction en plus grand nombre des animaux est fonction de la demande des chercheurs et des projets pour lesquels les protocoles et le nombre d’animaux ont été validés par le comité d’éthique local et le ministère. Pour le maintien des lignées (conservation d'un "noyau") : A raison de 10 animaux par lignée (mâles et femelles confondus) et par génération, avec un renouvellement trimestriel, nous estimons le nombre à (10x4) x 5ans, soit 200 animaux par lignée gardé en vie. Donc 1600 animaux pour les 8 lignées sur les 5 ans. En se basant sur la formule de calcul de probabilité : F= (P/PP)/R, nous comptons 5,55 femelles qui’il faut mettre en reproduction pour obtenir 10 petits par génération (5 mâles et 5 femelles), 10 = (10/6)/30%. F = nb de femelles à mettre en accouplement P = nb d'animaux demandé PP = nb de petits par portée R = nb de femelles gestantes sur 1 accouplement (lié au cycle oestrien) = 30% Toutefois, la portée moyenne est de 6 petits par femelle, ce qui ferait si toutes les femelles mettaient bas, 30 petits par génération et par lignée. Mais afin d’éviter les surprises, nous allons compter la totalité des animaux si toutes les femelles mettaient bas. Ce qui nous ferait au final, un nombre théorique de 30 petits par générations x 4 renouvellements annuel x 8 lignées = 960 animaux par an, soit 960 X 5 ans= 4800 animaux juste pour le maintien du "noyau". Ce qui nous fait : 45 (reproducteurs) x 3 (reproductions par an) x 5 ans x 8 lignées = 5400 animaux servant la multiplication des lignées. Puis en suivant le même raisonnement que le maintien de lignée si toutes les femelles mettaient bas, 30 (femelles mis en repro) x 6 (petits par portée) x 3 (fois par) x 5 ans x 8 lignées = 21600 animaux. Autre paramètre, toutes les lignées ne sont pas utilisées en même temps, ainsi pour se projeter par rapport à notre expérience des années précédentes, nous estimons une multiplication de la moitié des lignées annuellement, ce qui ferait 21600/2 = 10800 animaux.
Raffinement
Les animaux sont hébergés en conditions particulière de type exempt de pathogènes spécifiques et opportunistes. Le change est effectué dans des conditions d'hygiènes strictes. Un suivi sanitaire trimestriel est mis en place afin de surveiller leur statut sanitaire et des modes opératoires sont rédigés, validés, respectés et révisés régulièrement pour permettre de maintenir ce statut. Leur milieu de vie est enrichi et diversifié afin que les animaux puissent exprimer un comportement normal, propre à l’espèce. Parmi les différents types d’enrichissement utilisés, citons : la maison igloo. Ces enrichissements sont adaptés en fonction des lignées, de l'âge des animaux… en fonction de l'évaluation faite par les zootechniciens. Les cages sont pourvues au minimum de 2 enrichissements différents. D’autres enrichissements pourront être testés / utilisés au fil du temps, pour améliorer / diversifier l’environnement des animaux et leurs possibilités d'activité..., en fonction des propositions des fournisseurs en particulier. Les lignées sont identifiées par poinçon à l’oreille ; l’échantillon prélevé à cette occasion sert pour le génotypage des animaux d’intérêt, à garder pour le maintien et le suivi de la lignée. Concernant plus particulièrement les souris, modèle de la tuberculose, nous gardons un environnement enrichi unique sans diversification pour ne pas perturber les animaux à l’apparition du phénotype dommageable = leur cécité.
Choix des espèces
Le modèle murin est très largement utilisé par toute la communauté internationale travaillant sur la cryptosporidiose. L’infection mime bien celle que nous observons chez l’humain et les ruminants (même site d’infection : ileum), même suceptibilité liée au statut immunitaire, même souche parasitaire capable d’infecter l’humain, la souris et les ruminants). Le modèle murin permet l’utilisation de nombreux animaux trangéniques, leur génétique bien définie permet d’avoir des réponses homogènes. Leur reproduction rapide permet l’obtention régulière d’animaux, leur cycle court de reproduction permet des mises-bas synchronisées très utiles pour les expériences sur les nouveau-nés. Les modèles in vitro ne permettent pas de modéliser la complexité de la réponse immunitaire d'un organisme entier. De plus, les modèles murins d'infections mycobactériennes sont très bien établis et permettent de mimer la physiopathologie observée chez l'homme et le bovin. Le modèle murin permet une manipulation en animalerie de confinement de niveau 3 et nous avons à notre disposition de nombreux outils pour cette espèce : kits, anticorps. Les animaux seront utilisés pour la reproduction : il y aura donc les deux sexes à l’âge adulte, des femelles gestantes et allaitantes, ainsi que leurs nouveau-nés qui suivront leur croissance jusqu’au sevrage puis jusqu’à leur maturité pour ensuite être mis en accouplement. à leur tour. Pour les projets en lien avec la cryptosporidiose, les animaux âgés entre 3 et 7 jours en début d’expérimentation seront fournis (encore accompagnés de leur mère) ainsi que des souris adultes de sexe indéterminé généralement âgés de 8 à 20 semaines. Pour les projets en lien avec la tuberculose, les souris adultes seront âgées de 6 semaines. Il nous faut des animaux ayant un système mature compétent pour cela il nous faut des animaux adultes mais pas trop âgées. De plus, nous utilisons un modèle validé par la communauté scientifique.les souris adultes seront âgées de 6 semaines. Il nous faut des animaux ayant un système mature compétent pour cela il nous faut des animaux adultes mais pas trop âgées. De plus, nous utilisons un modèle validé par la communauté scientifique.
Développement d’une immunothérapie combinatoire dans les cancers pulmonaires
- Recherche appliquée
- Cancers
- Troubles immunitaires
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système immunitaire
904 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur greffe des tumeurs pulmonaires sous la peau ou en suspension, puis on leur administre de une à quatre injections d'un vaccin et des prélèvements sanguins, pour tester une immunothérapie combinée contre le cancer du poumon. Le porteur décrit une douleur légère, une perte de poids modérée et une gêne à la mobilité liée aux tumeurs sur le flanc. Il affirme que l'effet d'un vaccin combiné à des anticorps ne peut être vérifié que sur un "organisme vivant entier".
Objectifs
L'objectif du projet est de développer et d'optimiser un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon puis de le combiner avec les immunothérapies anti-PD-1 existantes dans les cancers pulmonaires.
Bénéfices attendus
Le vaccin thérapeutique seul a demontré un effet bénefique, in vitro et in vivo, sur certains lymphocytes en les activant. La combinaison que nous proposons est d'ajouter des anticorps de type anti points de blcage immunitaire qui viseront à maintenir l'état d'activation des de ces lymphocytes, specifiquement induits par le vaccin, plus longtemps. Cette combinaison thérapeutique dévrait demontrer un bénéfice anti-tumoral et à terme pourrait améliorer la prise en charge thérapeutique des patients.
Procédures
En fonction de la procédure expérimentale appliquée, les souris seront soumises à des greffes de lignées cellulaires en suspension: durée 5 minutes, sous anesthésie locale ou des greffes sous-cutanées de tumeurs solides: durée 10 minutes sous anesthésie locale et générale - Chaque souris sera greffée qu'une seule fois durant toute la procédure expérimentale - Selon les porcédures, les animaux auront entre 1 et 4 injections de vaccin, sous aensthésie locale, durée 3 minutes. Certains animaux pourront avoir 1 prélèvement sanguin par semaine durant 3 semaines: durée 3 minutes, sous anesthésie locale.
Impact sur les animaux
Les animaux qui seront utilisés subiront des injections (dont des greffes de tumeurs sous la peau), ainsi que des prélèvements de sang. Parmi les nuisances possibles : stress léger et douleur légère et transitoire lors des administrations et des prélèvements, perte de poids modérée posible, gêne légère à la mobilité des souris à cause des tumeurs pouvant pousser sur le flanc.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin des procédures afin de conduire des analyses post-mortem sur les tumeurs et les rates.
Remplacement
L’étude de l’effet thérapeutique d’un vaccin peptidique en combinaison avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires relève d’une grande complexité où les modéles in vitro seuls n’apporteraient que des réponses partielles et ne permettraient pas de vérifier nos hypothèses. Un des effets majeurs attendus est le recrutement et l’activation prolongée des cellules immunitaires au sein des tumeurs pulmonaires. L'utilisation d'un organisme vivant entier est donc incontournable.
Réduction
Afin de calculer le nombre d’animaux minimum pour répondre à nos hypothèses,, un logiciel de statistique a été utilisé. Les calculs de puissance ont pris en compte la réalisation d'expériences uniques, l'effet attendu, et le taux de prise de greffe. Les résultats seront étudiés par analyse de variance à une voie. Afin de limiter le nombre d'animaux utilisé, les doses de vaccins seront calibrées en fonction des données de la littérature et des résultats obtenus in vitro. Des procédures pourront être annulées en cas d'hypothèse non vérifiée.
Raffinement
Les souris seront hébergées en groupes sociaux. Chaque cage contiendra en plus de l’eau et de la nourriture, des éléments d’enrichissements : Une maison par cage ou 2 tunnels en cartons, avec du sizzlenest pour leur nid. Le comportement social des souris sera suivi, en observant des comportements tels que le grooming, leurs mouvements dans la cage ou encore le temps de toilettage des souris. Des examens cliniques seront faits quotidiennement par l'équipe de recherche. En cas de perte de poids, un aliment plus riche, plus appétent et plus facile à consommer sera donné. Toutes les interventions lors des procédures seront faites avec anesthésie locale ou générale (ou en combinaison). Des antalgiques seront utilisés.Des point limites adaptés et des critères d'arrêt précoces de souffrance ont été définis et seront strictement appliqués
Choix des espèces
La souris est le meilleur modèle pour tester des vaccins sur animaux à système immunitaire normal (greffes de tumeurs murines) ou déficient (greffes de tumeurs humaines). Les souris seront greffées jeune adultes (6 semaines) et seront traitées à 8-9 semaines. Ce choix d’âge est justifié par une réponse immunitaire robuste et une prise de greffe plus efficace.
Etude des protéines β-caténine et fascine 1 dans la progression tumorale des cancers du foie mutés pour la β-caténine
- Recherche fondamentale
- Oncologie
950 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On greffe des cellules de cancer du foie à 770 d'entre elles par chirurgie et à 180 par voie sous-cutanée, avec suivi par imagerie et traitements par injection ou gavage, pour étudier deux protéines impliquées dans les cancers du foie de l'enfant et de l'adulte. Le porteur décrit une douleur liée aux greffes chirurgicales, des dysfonctionnements du foie et le développement de micro-métastases. Il affirme que la culture de cellules ne représente pas la maladie et qu'un "modèle physiologique complet" reste nécessaire.
Objectifs
Les objectifs de ce projet sont d’étudier dans le modèle de la souris les rôles de deux protéines d’intérêt dans le développement des cancers du foie chez l’enfant et chez l’adulte. Nous nous intéressons également au microenvironnement tumoral qui permet l’interaction des systèmes physiologiques avec la tumeur et qui peut être modifié par les cellules cancéreuses. L’immunothérapie est actuellement utilisée pour traiter de nombreux cancers et son principal intérêt est d’activer le système immunitaire pour combattre les cellules cancéreuses. Cependant certains cancers du foie adultes sont résistants à l’immunothérapie et sont caractérisés par une absence de cellules immunitaires au sein de la tumeur. Or des résultats préliminaires montrent que certaines protéines conduisent à un défaut de communication entre cellules tumorales et cellules immunitaires pouvant expliquer cette résistance à l’immunothérapie. Ainsi un des objectifs de ce projet est d’étudier l’impact de l’inhibition d’une de ces protéines en réponse à l’immunothérapie dans les cancers du foie chez l’adulte. Le deuxième objectif concerne une autre protéine et consiste à évaluer l’efficacité d’un de ses inhibiteurs dans le traitement des cancers du foie chez l’enfant. Des résultats préliminaires montrent un effet de cette molécule sur la prolifération, la mort cellulaire ainsi que l’invasion et la migration cellulaires. Pour confirmer l’ensemble des résultats différents types d’implantation de cellules tumorales dans la souris seront effectués et comprennent des expériences pilotes ceci afin d’utiliser un nombre minimum d’animaux.
Bénéfices attendus
Nous aspirons à une meilleure compréhension des cancers du foie et des processus tumorigéniques et métastatiques dans l’optique que ces résultats servent à améliorer les traitements actuels et à développer de futures thérapies cliniques.
Procédures
Une partie des animaux vont subir une greffe orthotopique de cellules tumorale, cette greffe nécessite une procédure chirurgicale de moins de 10min, le nombre d'animaux concernés est de 770. Le reste des animaux eux seront greffés par voie sous-cutanée, intervention de moins de 5 min qui concernera 180 animaux. La croissance tumorale sera suivie par imagerie chez l’ensemble des animaux (950), intervention qui durera environ 15 minutes. Certains animaux recevront des traitements soit par injection intrapéritonéale (240) soit par gavage (240), chacune de ces interventions n’excédant pas une minute.
Impact sur les animaux
Les effets indésirables attendus sur les animaux comprennent : 1/ un stress dû à la contention/préhension des animaux, 2/ une douleur durant et après les injections orthotopiques, 3/ une mineur infection pour les injections orthotopiques, 4/ un inconfort au niveau des sutures dans les heures suivant les injections orthotopiques, 5/ un stress lors des phases d’induction de l’anesthésie (animal placé dans une boîte à induction lors des imageries) et de réveil, 6/ les traitements peuvent également induire une perte de poids et 7/ des dysfonctionnements hépatiques et le développement de micro-métastases.
Devenir
A la fin de chaque procédure, tous les animaux seront mis à mort.
Remplacement
Tous les tests cellulaires in vitro réalisés en amont de cette étude montrent les rôles importants de nos 2 protéines d’intérêt dans les cancers du foie. Toutefois la culture de cellules in vitro est loin d’être un modèle représentatif, le microenvironnement tumoral permettant l’interaction des systèmes physiologiques avec la tumeur manque et nous éloigne de résultats pouvant directement être bénéfiques en clinique chez l’homme. Afin de confirmer nos premières observations in vitro nous devons donc avoir recours à un modèle physiologique complet et fonctionnel pour cette dernière étape : le modèle animal
Réduction
Nous combinerons nos lots témoins dans le but de restreindre le nombre d’animaux. La croissance tumorale sera suivie tout au long de l’expérience ce qui nous permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés. Le nombre d’animaux nécessaires par lot ainsi que le nombre d’itérations expérimentales a été déterminé pour pouvoir réaliser des tests statistiques robustes.
Raffinement
Le bien-être de nos animaux sera pris en compte de leur naissance à leur mort, les animaux seront hébergés en groupe et l’enrichissement de leur milieu de vie sera systématique. Les animaux recevront des analgésiques et des anesthésiques en pré et/ou postopératoire Les animaux recevront une surveillance quotidienne et des soins adaptés (mesure hebdomadaire du poids des souris, définition de points limites suffisamment précoces et mise en place de critères d’arrêt). La croissance tumorale sera suivie très précisément ce qui nous permettra d’améliorer le bien-être animal par une prise en charge plus rapide.
Choix des espèces
Nous utiliserons deux modèles d'animaux, un qui permettra d’étudier l’infiltration immunitaire dans nos tumeurs et un qui permettra d'étudier la greffe de cellules humaines. Nous utiliserons des souris de 6 à 8 semaines pour avoir une croissance tumorale optimale. En effet, les expériences peuvent s’étaler sur plusieurs mois, donc l’implantation dans de jeunes animaux permet de s’affranchir de l’affaiblissement d’individus plus âgés.
La matrice extracellulaire comme cible pour le traitement de cancers – EU 1/2
- Recherche fondamentale
- Oncologie
1 080 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur greffe des cellules tumorales du sein ou des voies aérodigestives, on leur inflige jusqu'à dix injections dans la tumeur et une irradiation de 2 à 10 Gy, sous anesthésies répétées à l'isoflurane pour lequel le porteur reconnaît une aversion des souris. Il décrit une possible nécrose ou ulcération de la tumeur et une insuffisance respiratoire liée aux métastases. Il conclut qu'aucun modèle in vitro ne reproduit l'ensemble des mécanismes tumoraux, pour tester des peptides combinés à la radiothérapie.
Objectifs
Le cancer, dont les cancers du sein et des voies aérodigestives supérieures (VADS), reste un problème majeur de santé publique. La radiothérapie est actuellement appliquée dans plus de 70% des traitements contre le cancer et fait partie de l’arsenal antitumoral incontournable. Cependant, la radiothérapie possède comme effets secondaires l’augmentation de l’immunosuppression du microenvironnement tumoral, en activant notamment un composant du tissu tumoral ce qui favorise la récidive des tumeurs. Ce composant, une protéine fortement exprimée dans la matrice extracellulaire spécifique des tumeurs, joue un rôle primordial dans la genèse d’un microenvironnement tumoral aux effets immunosuppresseurs promouvant ainsi la progression et la malignité des tumeurs. Cibler les mécanismes par lesquels ce composant agit sur les tumeurs permettrait de réduire à la fois la croissance tumorale et l’apparition de métastases. Notre laboratoire a récemment découvert des petites molécules (peptides MPs) capables d’affecter cette nouvelle cible thérapeutique et ainsi d’inhiber la croissance de cellules tumorales in vitro. Cette étude s’attachera à déterminer la capacité de ces peptides MPs, seuls ou combinés à des traitements de radiothérapie, à inhiber le développement de tumeurs mammaires et des VADS et la formation de métastases dans des modèles expérimentaux murins. Elle s’attachera également à analyser in vivo l’effet anti-tumoral de ces peptides suite à l’inactivation de molécules impliquées dans le phénotype des cellules cancéreuses ou dans la mort cellulaire. L’impact de ces peptides, combinés à la radiothérapie, sur le microenvironnement tumoral et notamment sur les activités immunosuppressives de ce composant du tissu tumoral, une nouvelle cible thérapeutique, sera également étudié aux niveaux cellulaire et moléculaire. Cibler l’aspect immunosuppresseur de cette nouvelle cible thérapeutique devrait permettre d’améliorer la rémission des tumeurs induite par la radiothérapie. Cette étude permettra de mieux comprendre le mode d’action des traitements associés avec la rémission des tumeurs et aidera à en contourner les effets indésirables pour une future application dans des essais cliniques.
Bénéfices attendus
Cette étude permettra de démontrer, grâce à des modèles d’expérimentation in vivo, la capacité de ces peptides MPs à contrecarrer l'effet immunosuppresseur du tissu tumoral, en partie induit par des traitements anticancéreux tels que la radiothérapie, dans différents modèles de cancer. Le but in fine est de déterminer si ces peptides, dont nous avons montré in vitro leur capacité d’inhiber la prolifération de cellules cancéreuses, pourraient être utilisés en santé humaine en complément de tels traitements anti-cancéreux pour cibler l’aspect immunosuppresseur de molécules du microenvironnement tumoral et ainsi conduire à une régression plus efficace des tumeurs.
Procédures
Un groupe d’animaux subira une injection unique (1 minute) en sous-cutané dans l’un de leurs flancs effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 5 minutes maximum. Une partie de ces animaux sera soumis à un régime alimentaire puis subira une injection péri-tumorale (30 secondes) effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 5 minutes, suivis de 4 traitements d’imagerie in vivo chacun d’une durée de 5 minutes et chacun effectué sous anesthésie générale d’une durée de 15 minutes maximum. Une autre partie recevra en une semaine 3 traitements à la doxycycline dans leur eau de boisson. Un second groupe d’animaux subira une injection unique (1 minute) en sous-cutané au niveau de la nuque effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 5 minutes maximum puis sur une période de 3 semaines 10 injections péri-tumorales (30 secondes chacune) et chacune effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 5 minutes maximum. Une partie de ces animaux subira également une seule irradiation aux doses de 2 ou 10 Gy (durée de 5 minutes maximum) effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 15 minutes maximum. Un troisième groupe d’animaux subira une chirurgie sous anesthésie générale d’une durée de 20 minutes maximum puis 10 injections péri-tumorales (30 secondes chacune) à raison d’une injection tous les 2 jours pendant 3 semaines et chacune effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 5 minutes maximum. Une partie de ces animaux subira également une seule irradiation aux doses de 2 ou 10 Gy (durée de 5 minutes maximum) effectuée sous anesthésie générale d’une durée de 15 minutes maximum.
Impact sur les animaux
Les animaux seront amenés à développer des carcinomes des voies aéro-digestives supérieures (VADS) ou des tumeurs mammaires suite à la greffe de cellules cancéreuses dans les glandes mammaires, la nuque ou le flanc des animaux. Les effets indésirables que nous pourrions observer chez ces animaux ayant développé des tumeurs sont : gêne, légère douleur, infection ou inflammation aux sites d’injection de cellules tumorales et de molécules à potentiel anti-cancéreux, nécrose ou ulcération tumorale, perte de poids, limitation à s’alimenter ou à se déplacer due au développement de tumeur, insuffisance respiratoire due à l’apparition de métastases. Les souris montrent une aversion à l’isoflurane gazeux et même si chaque anesthésie ne durera au maximum que 15 minutes, certains animaux subiront plusieurs anesthésies sur une période de 3 semaines. L’irradiation peut induire des érythèmes cutanés et des nécroses suite à l’évolution de la croissance tumorale post-traitement. Bien que non attendus, il n’est pas exclu que les molécules (peptides) à potentiel anti-cancéreux étudiés dans ce projet puissent avoir des effets secondaires indésirables sur l’animal. Cette étude apportera des éclaircissements sur ce point.
Devenir
L'ensemble des animaux sera euthanasié à l'issue des différentes procédures pour une caractérisation in vitro des tissus tumoraux, métastatiques et divers autres tissus d’intérêt. Ces caractérisations viendront en complément des résultats obtenus in vivo.
Remplacement
Le modèle animal est nécessaire car il n'existe actuellement pas de modèle in vitro capable de reproduire dans sa globalité l’ensemble des mécanismes impliqués dans la croissance tumorale et le développement de métastases, comme l'environnement tumoral, la réaction du système immunitaire, les mécanismes physiologiques impliqués et l'impact sur la survie de l'animal, entre autres exemples. Le modèle animal nous permettra également d’obtenir des échantillons issus de tumeurs traitées ou non par des agents anti-cancéreux qui seront utilisés pour la validation de données obtenues in vitro. Le projet sera complété au maximum par des études effectuées en parallèle sur des cultures cellulaires.
Réduction
Le nombre d’animaux nécessaires minimum mais néanmoins suffisant pour pouvoir atteindre les objectifs du projet et réaliser une analyse statistique pertinente a été déterminé grâce à l’utilisation d’un outil de calcul spécifique et grâce à des données de la littérature.
Raffinement
Les animaux seront hébergés à 4-6 souris par cage dans des cages avec une surface supérieure à la surface réglementaire minimale, enrichies de bâtons à ronger pour favoriser leur activité et agrémentées de frisures de papier, tunnel en polycarbonate, dômes et rouleaux de coton pour leur permettre de se cacher. Les animaux seront acclimatés à leur hébergement 15 jours avant de démarrer les procédures expérimentales et habitués quotidiennement à leur manipulation par les expérimentateurs une semaine avant pour réduire leur stress. Chaque protocole expérimental prend en compte un potentiel impact sur la souffrance animale et différents critères ont été établis pour justifier un arrêt de l’expérience en cours. L’anesthésie sera systématiquement utilisée à chaque étape des protocoles expérimentaux pour réduire le stress et la douleur et, si nécessaire, l’animal recevra également des analgésiques pré- et post-opératoires. Les animaux seront placés sur tapis chauffant pour éviter tout risque d’hypothermie et un gel ophtalmique sera utilisé pour protéger leurs yeux. Les animaux seront observés quotidiennement par du personnel formé. Leur état général (poids, alimentation, apparence, comportement) sera évalué quotidiennement durant les 3 premiers jours de l’expérimentation puis au minimum 3 fois par semaine afin de détecter au plus tôt tout signe de stress ou de souffrance. Plusieurs points limites ont été établis afin de soustraire l’animal à la souffrance. En cas de déclin de l’état général, une surveillance quotidienne de l’animal sera mise en place. Si un animal présentait des symptômes de douleur, un analgésique lui sera administré.
Choix des espèces
Nous avons choisi le modèle murin car celui-ci est développé depuis de nombreuses années dans notre laboratoire et possède de multiples avantages : nombreuses lignées génétiquement modifiées disponibles et modèle animal déjà validé dans le laboratoire. De plus, la souris récapitule de manière très similaire à l’homme l'ensemble des mécanismes moléculaires et des paramètres impliqués dans le développement tumoral : microenvironnement, réaction du système immunitaire, dissémination des métastases, mécanismes physiologiques impliqués et/ou associés, impact sur la survie. Une littérature abondante dans notre domaine est également un argument complémentaire en faveur du choix de cette espèce. Les souris seront utilisées adultes à partir de 8 semaines d'âge minimum, ceci afin de mimer la pathologie chez l’être humain adulte. L’utilisation de souris plus jeunes n’est pas pertinente car les mécanismes physiologiques impliqués seraient potentiellement différents, le jeune individu étant encore en cours de développement.
Évaluation de nanoparticules de polymère magnétiques dans un modèle de souris immunodéprimées portant des xénogreffes orthotopiques de cellules tumorales mammaires
- Recherche fondamentale
- Oncologie
374 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur implante un dispositif hormonal, on leur greffe des cellules de tumeur mammaire, puis on leur injecte des nanoparticules magnétiques activées par un champ magnétique, avec suivi par imagerie, pour tester une délivrance ciblée de médicaments anticancéreux. Le porteur décrit des risques de nécrose de la tumeur, de perte de poids et de douleur aux points d'injection. Il affirme qu'aucun modèle sans animaux ne recrée la tumeur et son environnement et présente la souris comme le modèle de première ligne.
Objectifs
Malgré les avancées notables dans la prévention, le dépistage et la prise en charge du cancer du sein, celui-ci reste un problème de santé publique majeur en raison de ses taux alarmants d’incidence et de mortalité prématurée dans le monde. Le cancer du sein est une maladie très hétérogène. Les cancers mammaires les plus agressifs et les plus résistants aux traitements conventionnels sont appelés triples négatifs. C’est pourquoi développer des nouvelles thérapies capables de cibler spécifiquement ce type de cancer est plus que nécessaire. A ce titre, des anticorps conjugués à des médicaments (ADC) ont été récemment développés et mis sur le marché. Cependant, la production d'ADC est très complexe, longue et surtout coûteuse. Il est donc nécessaire de développer une alternative aux ADCs offrant une nouvelle voie pour le traitement du cancer. Notre projet s’inscrit dans cette logique. Notre objectif est de proposer un nouveau concept de ciblage des tumeurs mammaires en utilisant des nanoparticules magnétiques de polymères emprisonnant des médicaments. La délivrance de ces derniers se fera grâce aux propriétés d’échauffement local des nanoparticules magnétiques sous champ magnétique alternatif (AMF), permettant un contrôle spatio-temporel du relargage du médicament ainsi encapsulés dans le polymère. Ce projet s'effectuera dans deux EU differentes.
Bénéfices attendus
Le projet présente plusieurs bénéfices pour la santé humaine. En effet, ces nanomatériaux, rapides et moins coûteux à synthétiser, présentent de nombreux avantages par rapport aux anticorps conjugués à des médicaments développés récemment. Ils sont faciles et rapides à synthétiser, très peu couteux, présentent une bonne biocompatibilité, sont capables de traverser la membrane cellulaire en absence de toutes réponse immunogène. Cette approche permet de délivrer de façon spatio-temporelle des médicaments anti-cancéreux grâce à ses propriétés de ciblage et de délivrance contrôlée. Ainsi, notre approche transforme potentiellement des agents thérapeutiques non spécifiques avec des effets secondaires prononcés en un système thérapeutique ciblé utile pour la médecine de précision.
Procédures
Au cours de ce projet les animaux seront soumis à différents gestes techniques liés à la mise en place des modèles de cancers mammaires et à leurs traitements. Les différents gestes réalisés sur les souris incluront au maximum les étapes suivantes en fonction des questions scientifiques : i) Pose chirurgicale d’un pellet contenant des hormones en sous-cutanée sous anesthésie et analgésie (1x/animal, 5-10 minutes) ii) Injections unique orthotopiques dans la glande mammaire de cellules tumorales sur animal vigile (15 seconde/animal) iii) Suivi du poids et de la croissance tumorale mesure de la taille de la tumeur 3 fois par semaine (2 minutes/animal) iv) Injection intraveineuse ou intra-tumorale des nanoparticules sur animal vigile (1x/semaine, 2min/animal pendant 28 jours soit 4 injections/animal) v) Imagerie sur animal anesthésié (1x/vie, 30 min) vi) Application d’un champ magnétique alternatif sur animal vigile (4x/vie, 30min-1heure) vii) Euthanasie selon une méthode réglementaire à la fin de la procédure et prélèvements des tumeurs et des organes pour analyse.
Impact sur les animaux
Les principaux effets indésirables attendus dans ce projet sont : i) le risque infectieux et la sensation de douleur, conséquence potentiel de la pose d’implants d’œstrogènes nécessaire au développement préalable des glandes mammaires avant de pouvoir greffer les cellules cancéreuses. ii) le risque d’une croissance tumorale importante pouvant entrainer dans les cas les plus sérieux : une nécrose des tissus (peu probable d’après notre expérience sur le modèle), des difficultés de mobilité, ou encore une perte de poids. iii) le stress et le risque de lésion au niveau de la queue ou de la tumeur suite aux injections des nanomatériaux par voie intraveineuse ou intra-tumorale. iv) les risques liés aux anesthésies (hypothermie, hypoventilation, arrêt cardio-respiratoire, etc.) v) le stress potentiel pour les animaux lors du transport des animaux sur un autre site en vue de l’imagerie.
Devenir
A la fin des différents actes et de la période de maintien prévu, l’ensemble des animaux (n=374) sont euthanasiés par une méthode réglementaire en vue de réaliser les différents prélèvements. Les tumeurs et les organes seront récupérés et analysés.
Remplacement
Les études in vitro déjà menées ont permis de sélectionner/affiner au mieux les conditions expérimentales du projet afin de réduire au maximum le nombre d’animaux impliqués dans cette étude. En effet, cette étude doit être conduite in vivo car celle-ci prend en considération la tumeur, son environnement ainsi que l’ensemble des interactions mises en jeu. Ainsi, il n’y a pas de modèles alternatifs au modèle animal permettant de recréer l’ensemble des acteurs impliqués dans le développement tumoral et l’action des traitements proposés. Nous avons besoin d’un modèle qui mime ce qui se passe en clinique chez les patients traités. Travailler sur des cellules en culture cellulaire ne permet pas de répondre à ce que sera l’efficacité d’un médicament sur une tumeur en trois dimensions et avec son microenvironnement. C’est pourquoi, le modèle de xénogreffe chez la souris permet de créer un modèle d’étude qui se rapproche de celui observé chez les patients.
Réduction
Le projet impliquera un total de 374 animaux. Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats statistiquement fiables. A cause des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude. Notre procédure expérimentale a été affinée pour éviter l'utilisation inutile de souris. Une étude pilote sur 20 animaux permettra d’optimiser les conditions expérimentales en validant le modèle murin ayant le meilleur taux de prise de greffe permettant par la suite de réduire la taille des groupes (moins de variabilité). L’étude de biodistribution sera réalisée sur des groupes de 3 souris maximum. Enfin, chaque groupe de traitement comportera 10 souris au total. Par ailleurs, l'analyse statistique sera réalisée avec les tests adaptés. Pour ce faire, nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer.
Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mise au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress (anesthésie, analgésie, etc.). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification ou de maison de type igloo. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés (anesthésie, analgésie, etc.).
Choix des espèces
Justification de l’espèce : La souris est un mammifère comme l’Homme, la souris Nude est l’un des rares modèles permettant de créer des xénogreffes de tumeurs humaines sans qu’il n’y ait de rejet du non-soi (modèle immunodéficient). Enfin, la réglementation demande à ce que tout développement de médicaments soit testé chez deux modèles animaux différents avant toute administration chez l’humain. La souris est le modèle le plus utilisé en première ligne et il permet d’acquérir un grand nombre d’information dans un temps relativement court. Description du ou des modèle(s) : Nous utiliserons des souris Nude qui présentent une mutation de leur système immunitaire. Les souris peuvent ainsi recevoir des cellules d’une autre espèce (l’homme dans le cas présent), et il n’y aura pas de réaction du non-soi, les cellules injectées pourront alors pousser sans être rejetées. Le choix de la souche de souris Nude sera effectué à la suite d’une étude pilote nécessaires pour optimiser les conditions de prise des xénogreffes et donc de réduire le nombre d’animaux nécessaire au projet. Justification du stade de développement : Livraison des animaux âgés de 4 semaines. Début de l’expérimentation après deux semaines d’acclimatation soit à 6 semaines ; ce stade est couramment utilisé dans la littérature ce qui nous permettra de comparer nos résultats avec les données publiées.
Modélisation de comportements complexes de type autistique chez la souris et impact de l’obésité induite pendant la grossesse en utilisant la vision par ordinateur et des approches d’apprentissage en profondeur
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
- Système nerveux
2 064 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Elles subissent un tatouage, une amputation du bout de la queue, l'implantation d'une puce sous-cutanée et des injections, une partie des femelles étant soumise à un régime gras pendant la gestation, pour modéliser des comportements de type autistique observés par un système de suivi vidéo. Le porteur signale une mortalité de 20 à 50 % des souriceaux à la naissance qu'il présente comme inhérente à la pathologie modélisée. Il décrit le modèle murin comme "indispensable" pour étudier le comportement social, impossible selon lui à reproduire in vitro.
Objectifs
Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) désigne un ensemble de troubles neurodéveloppementaux caractérisés par : 1) des déficits de la communication sociale et 2) la présence de comportements répétitifs et des intérêts restreints. L'étiologie des TSA serait déterminée par la combinaison de plusieurs facteurs : génétiques et environnementaux. Parmi ces facteurs environnementaux, l’obésité maternelle représente un facteur de risque important. Le diagnostic des TSA repose essentiellement sur l’observation d’un comportement « anormal » durant les deux premières années de vie et notamment le comportement social. Ce dernier est un comportement très complexe dont l’étude requiert un niveau de détails élevé et l’accès à l’observation de plus de 2 animaux interagissant de manière libre pendant une longue période de temps. Pour étudier ce comportement et répondre à ces critères, nous proposons d’utiliser un système, appelé « Live Mouse Tracker (LMT)» qui permet d’enregistrer de manière non-invasive des comportements sociaux complexes de plusieurs congénères (4 souris) et sur plusieurs jours. Dans ce projet, nous souhaiterions modéliser des comportements complexes de type autistique sur 3 modèles de souris portant chacun l’inactivation de gènes impliqués dans des pathologies avec TSA. Ce projet s’articule autour de 3 objectifs : 1) Modélisation et validation de comportements complexes de type autistique chez les 3 modèles murins de TSA cités précédemment aux stades juvénile, adulte et lors du vieillissement. 2) Etudier l’effet d’un traitement à l’ocytocine, administré lors de la première semaine de vie,sur les comportements complexes de type autistique révélés chez les 3 modèles murins étudiés dans l’objectif 1 et à différents âges. En effet, il a été montré dans de précédentes études que l’administration d’ocytocine corrige notamment un comportement autistique dans l'un des 3 modèles de souris à l’âge adulte. 3) Etudier l’impact d’un surpoids gestationnel sur des comportements autistiques sur la descendance des 3 modèles de TSA cités précédemment. En effet, la variabilité des symptômes autistiques pour une même mutation peut être expliquée par la contribution de facteurs environnementaux. Dans ce projet, nous proposons de tester l'hypothèse que le surpoids gestationnel pourrait être un facteur aggravant
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus de ce projet sont, d'une part, l'identification de nouveaux comportements complexes associés aux troubles du spectre de l'autisme observés chez des souris en « semi-liberté » sur des modèles génétiques de l’autisme, sur un modèle avec obésité gestationelle (connue pour être un facteur de risque), et sur des modèles combinant les facteurs génétiques et obésité gestationnelle. L'obésité représente un enjeu majeur de santé publique dont l'incidence est en nette augmentation en France depuis 1997 avec des conséquences graves sur la santé cardiovasculaire, métabolique et neurologique. Plus précisément, le taux de surpoids et d'obésité atteint 32% chez les femmes en âge de procréer ou enceintes. Par conséquent, la mesure de l'impact d'un surpoids/obésité gestationnel, est importante car elle peut démasquer ou aggraver l’effet des mutations génétiques. Il est nécessaire de mettre en évidence ces conséquences sur les symptômes de type autistique qui sont de plus en plus fréquents chez les enfants.
Procédures
Les animaux seront soumis au tatouage (quelques secondes), à la caudectomie (quelques secondes) et à l'implantation d'une puce en sous-cutanée. Cette implantation sera réalisée qu'une seule fois sous anesthésies locale et générale et durera environ 5 minutes. Les 4 injections sous-cutanées d'ocytocine pendant la première semaine de vie postnatale seront réalisées sous anesthésie locale et ne dureront que quelques secondes. L'administration d'ocytocine chez la souris sauvage n'entraine aucun effet néfaste. Son administration chez les souris mutantes a un effet bénéfique sur le comportement alimentaire et social. L'exposition des femelles reproductrices à un régime riche en graisses entraine une prise de poids. La durée du régime sera de 6 semaines (gestation + lactation).
Impact sur les animaux
Dans ce projet, les seules expérimentations susceptibles d'induire un effet indésirable seront la caudectomie, les injections sous cutanées, l'implantation des puces et le régime riche en graisses. Par ailleurs, les souris modèles d'autisme peuvent présenter un taux de mortalité à la naissance (20 à 50%) qui est inhérent à la pathologie. Cette mortalité a lieu dans les 2 premiers jours de vie par manque d’activité de succion (manque de nutrition) ou due à des apnées respiratoires sévères. Les animaux qui survivent, ne présentent pas d’anomalies et seront étudiés pour leur comportement social et répétitif avec le LMT.
Devenir
Les animaux seront utilisés pour des analyses immunohistochimiques ou euthanasiés.
Remplacement
Dans ce projet, nous nous intéresserons essentiellement à l'étude du comportement social. Le comportement est un ensemble d'actions réalisés par un être vivant, les modèles in vitro (culture cellulaire par exemple) ne permettant pas d'étudier le comportement, le modèle animal reste donc notre seule alternative. De plus, le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques nécessite une validation sur des modèles précliniques (modèles animaux). Par conséquent, l'utilisation d'un modèle murin est indispensable pour répondre aux objectifs de notre étude. Il est à noter que l'utilisation de souches murines fixées génétiquement permet de réduire la variabilité et donc le nombre d'animaux utilisé.
Réduction
Ce projet sera réalisé sur plusieurs étapes successives. Le nombre d'animaux a été calculé à partir d'une base de 20 animaux par groupe, par sexe et par génotype pour les expériences de comportement. Ce nombre a été calculé en se basant sur nos expériences précédentes utilisant des tests comportementaux ainsi que sur la littérature et correspond au nombre de souris utilisées dans ce type de test (LMT). Etant donné que l’utilisation du LMT est une procédure non-invasive, les mêmes souris seront utilisées aux différents âges pour l’étude comportementale. Ces mêmes animaux seront utilisés pour les études immunohistochimiques. De plus, l'utilisation d'animaux dans certaines expérimentations sera conditionnée par les résultats obtenus des premières expérimentations. En effet, si les résultats de ces dernières sont positifs (altérations comportementales), alors nous réaliserons un traitement à l'ocytocine dans une nouvelle cohorte, le nombre de souris utilisé sera alors établi grâce à l'utilisation de tests de puissance statistiques.
Raffinement
Les animaux utilisés dans ce projet seront hébergés dans des cages enrichies avec du matériel de nidification, un accès illimité à l'eau et la nourriture, la présence d'objets (tunnel) et un nombre limité de souris par cage (4 souris par cage). Pour notre étude, il est nécessaire de constituer des groupes de 4 souris de même sexe et même âge par cage pour l'étude comportementale. Les animaux seront habitués à la manipulation par l'expérimentateur. Les expérimentations induisant une douleur seront toutes réalisées sous anesthésie (locale et générale). Les animaux seront surveillés quotidiennement (poils, posture, activité dans la cage ...) et le poids pris régulièrement. Une grille de score sera mise en place pour la surveillance des animaux. Si un animal montre un score classé comme bénin à modéré, il sera surveillé plusieurs fois par jour et l'administration d’un AINS (anti-inflammatoire non stéroidien) en sous-cutanée et/ou d’un morphinique en sous-cutanée sera envisagée. L'arrêt de la nourriture riche en graisse sera également considéré. Si aucune amélioration n'est observée et que l'état de l'animal se détériore, une mise à mort sera alors réalisée.
Choix des espèces
L'ensemble de la littérature montre que les souris représentent des modèles robustes pour étudier différentes pathologies dont les TSA, cela est souligné et fortement soutenu par la fondation SFARI (Simons Foundation Autism Research Initiative) qui a pour but de mieux comperndre, diagnostiquer et traiter les TSA (www.sfari.org). Les outils génétiques utilisés chez la souris ont permis de générer les mêmes mutations génétiques retrouvées chez l'Homme mimant ainsi un certain nombre de symptômes et motivant la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques. Par ailleurs, les souris sont des animaux très prolifiques avec des temps de génération courts et des portées de 6 à 8 souriceaux en moyenne, facilitant ainsi l'étude de cohortes de plusieurs animaux du même âge, même sexe et à différents âges (de la naissance à la vieillesse) en moins de 18 mois. Dans ce projet, les animaux seront utilisés à 3 stades de développement différents : 1) Stade juvénile (entre le 35ème (P35) et le 40ème jour post-natal (P40)) : Pour identifier des altérations du comportement à l'adolescence. 2) Stade adulte (3 à 4 mois) : Pour évaluer la progression des altérations comportementales présentes au stade juvénile et/ou l'apparition de nouvelles altérations comportementales chez l'adulte. 3) Stade de vieillissement (>18 mois) : Pour évaluer si les souris âgées présentent un « vieillisement précoce », autrement dit des altérations comportementales similaires à celles observées dans certaines maladies neurodégénératives (maladie d'Alzheimer). En effet, les patients atteints de certains syndromes avec des troubles autistiques développent une démence ou un déclin cognitif après 40 ans (syndrome de Down ou le syndrome de Prader-Willi).
Caractérisation d’un nouveau modèle de rat pour la Dystrophie Musculaire de Duchenne
- Recherche appliquée
- Troubles musculosquelettiques
163 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 68 d'entre eux et sévère pour 95. Porteurs d'une dystrophie musculaire proche de la maladie de Duchenne, ils subissent un prélèvement sanguin au niveau de l'œil, des mesures de force musculaire par contraction, un test d'agrippement et un conditionnement de peur de cinq minutes par jour pendant cinq jours. Le porteur reconnaît que la mesure de force peut être douloureuse et que le conditionnement repose sur un stimulus stressant. Il affirme que les questions posées ne peuvent être obtenues que chez l'animal vivant avec l'ensemble de ses organes.
Objectifs
La dystrophie musculaire de Duchenne (DMD) est une maladie du cœur et des muscles squelettiques. Au fur et à mesure que la maladie progresse, la faiblesse musculaire peut entraîner des difficultés fonctionnelles, telles que des difficultés à monter les escaliers ou à se lever d'une chaise. La maladie évolue lentement et tous les patients atteints deviennent dépendants d'un fauteuil roulant. Chez les patients en fauteuil, la faiblesse des muscles intercostaux et du diaphragme entraîne une insuffisance respiratoire. Les anomalies cardiaques se traduisent par une hypertrophie des cavités cardiaques entraînant une cardiomyopathie dilatée, qui conduit au décès des patients vers l'âge de 30 ans. La DMD est causée par des mutations d'un gène situé sur le chromosome X, qui entraînent des anomalies dans l'expression de la protéine appelée dystrophine, dont la fonction est de protéger la membrane des cellules musculaires lors de la contraction. La dystrophine est également exprimée dans le cerveau. À ce jour, le rôle des différentes formes de dystrophine dans le cerveau n'a pas été suffisamment décrit. Les objectifs de ce projet sont d'une part de caractériser l'évolution de la maladie chez un modèle génétique animal de la DMD que nous venons de créer, d'autre part de le comparer à des modèles proches mais génétiquement disctincts, en vue de préciser le rôle de chacune des formes de dystrophine dans le fonctionnement cérébral.
Bénéfices attendus
Une fois bien décrit, notre souhait est de pouvoir utiliser ce modèle pour développer des traitements efficaces. En outre, ce modèle nous aidera à comprendre la fonction spécifique d'une des formes de la protéine Dystrophine dans le développement et le fonctionnement du cerveau. Cette connaissance précise permettra d'éclairer les décisions à venir sur le choix des futures stratégies thérapeutiques à évaluer pour traiter certes les muscles des patients, mais aussi les déficits mentaux dont certains patients sont atteints.
Procédures
Les animaux seront prélevés une fois au sinus rétro-orbitaire avant la mise à mort, sous a'anesthésie générale qui requiert une injection sous-cutanée qui dure 5 secondes. Le prélèvement sanguin dure moins de 30 secondes. La durée d'un enregistrement de l'activité électrique cardiaque est de 15 minutes. La durée d'un enregistrement de l'activité ventilatoire est de 30 minutes. La durée d'une séquence de test d'agrippement est de 20 minutes. La durée d'un enregistrement de force est de 90 minutes, anesthésie comprise. La durée du conditionnement de peur est de 5 minutes par jour, pendant 5 jours.
Impact sur les animaux
Les rats DMD développent spontanément une dystrophie musculaire. Nos analyses sur un modèle proche ont révélé que jusqu'à l'âge de 10 mois, les anomalies fonctionnelles des rats DMD ne causent pas de problème majeur pour la vie quotidienne des animaux (rythme circadien, toilettage, alimentation, sommeil, état général). Au-delà de 10 mois d'âge, la force musculaire des rats diminue, leur muscles masticatoires sont moins efficaces et ils ont tendance à moins s'alimenter, ce qui justifie une vigilance accrue pour prévenir une baisse de masse pondérale. Nous appliquerons toutes les méthodes qui ont prouvé leur efficacité pour maintenir les animaux qui vieilliront dans un état de bien-être, jusqu'à l'atteinte d'une combinaison de points limites qui déclenchera la mise à mort compassionnelle. Lors de la caractérisation neurologique qui accompagne l'évolution de la maladie, les animaux seront soumis à un stimulus stressant inconfortable mais léger, destiné à évaluer leur capacité de mémorisation associative. La mesure de force provoque une contraction musculaire qui pourrait être douloureuse. Nos animaux seront donc sédatés, anesthésiés et toute douleur, même légère, sera prévenue par une prémédication adaptée.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les prélèvements nécessaires aux analyses histologiques et moléculaires.
Remplacement
Nous souhaitons avec ce projet répondre à des questions qui ne peuvent être obtenues que chez l'animal vivant avec l'ensemble de ses organes en interrelation constante. Par exemple, nous allons évaluer l'influence d'une forme particulière de la protéine appelée Dystrophine sur le développement et l'architecture de l'encéphale des animaux, ainsi que sa contribution sur des fonctions cognitives et comportements complexes qui requièrent une coordination fonctionnelle entre plusieurs régions de l'encéphale. Lorsque nous pourrons répondre à des questions avec des cellules ou des dispositifs de pseudo-organes nourris et connectés entre eux par un réseau microfluidique, nous le ferons pour éviter tout recours non justifié à l'animal vivant.
Réduction
Notre laboratoire a cumulé de nombreuses données sur ce modèle de rats DMD. Les calculs de puissance statistique nous recommandent d'utiliser 8 rats par groupe, ce que nous avons validé avec d'autres projets terminés. Nous avons optimisé la correction des données avant analyse statistique. Puis, nous utilisons une analyse statistique adaptée à chaque type de comparaison, selon des critères stricts admis par la communauté scientifique. Par ailleurs, en raison du nombre important de projets qui incluent toujours des animaux sauvages (wildtype, WT) et DMD traités avec un placebo, nous avons accumulé de nombreuses données qui nous permettent de documenter avec fiabilité l'histoire naturelle de la maladie, en comparaison avec les congénères sauvages. Il a donc été possible de réduire les cohortes d'animaux sans perte d'information biologique robuste.
Raffinement
Les animaux sont stabulés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l'hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Pour le bien-être des rats, nous avons fait le choix des plus grandes cages disponibles sur le marché, de sorte qu'ils peuvent marcher et se dresser sur leurs pattes arrière. Cet exercice spontané quotidien est pleinement justifié pour des rats dont nous évaluons les capacités locomotrices. Les animaux ont un accès ad libitum à la nourriture et à l'eau. Le cycle d'éclairage respecte l'alternance jour/nuit. Les rats, des animaux sociaux, sont hébergés avec des congénères, l'isolement n'existe jamais et le milieu est enrichi avec des lanières de papier Kraft, des bâtons de bois à ronger, des balles rondes, des tunnels ou des carrés de coton compacté. Pour éviter une réponse de stress induite par les divers tests, les animaux seront habitués dès leur arrivée à être manipulés régulièrement, le plus en douceur possible. Des points limites ont été établis et seront constamment évalués en observant individuellement les animaux chaque jour, week-ends et jours fériés inclus. Tout dépassement des points limites sera suivi d'une action correctrice et en cas d'absence de bénéfice (évolution irréversible), nous procèderons à la mise à mort compassionnelle de l'animal avant qu'il ne souffre. Le suivi des animaux sera conduit par un personnel compétent pour reconnaître, quantifier et atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentie chez les animaux. Additionnellement, les analyses prévues ont toutes été optimisées afin de minimiser le nombre d’anesthésie/injection/stress et dérangement subis par les animaux. Tous les tests pouvant être réalisés lors de la même anesthésie ont été regroupés et les tests réalisés sur animaux réveillés sont également rassemblés afin de limiter le stress et la fatigue induite par le dérangement des animaux pendant leur période de repos.
Choix des espèces
Le rat est une espèce de mammifère appartenant à la classe des Euarchontoglires qui contient également les primates (donc l'humain). À ce titre, le rat phylogénétiquement proche de nous constitue un modèle apprécié. Les récents outils d'édition du génome ont permis d'en faire un modèle de choix pour l'analyse des troubles musculosquelettiques. Notre nouveau modèle de rat DMD mime la maladie humaine de manière beaucoup plus fidèle que ne le fait le modèle historique de la souris mdx, mondialement utilisé, tout en conservant les atouts des rongeurs (courte durée de gestation, taille raisonnable, longévité moyenne, effectifs plus importants). Il est un excellent complément au modèle canin de DMD. En médecine translationnelle, il s'insère entre les données obtenues in vitro et la validation translationnelle du chien dont la valeur est inestimable en médecine de précision (hétérogénéité génétique, épigénome, système immunitaire, partage des facteurs d'environnement, format). Pour la caractérisation phénotypique et l'étude de la survie, nous allons utiliser des animaux de l'âge de 3, 6 et 12 mois afin de suivre les animaux à chacune des étapes décisives de la trajectoire de la maladie : initiation de la maladie avec mort précoce des muscles et perte de gain pondéral quotidien, plateau de la maladie installée avec perte de capacité de réparation musculaire par sénescence précoce des cellules souches et enfin, dégradation clinique et évaluation post-mortem de l'ensemble des biomarqueurs pour créer un jeu de données de référence utilisable dans les futurs essais précliniques.
Modèle de valvulopathies associées à la Filamine A chez le rat
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
9 700 rats vont être utilisés, tous tués à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 2 200 d'entre eux et modéré pour 7 500. Ils subissent des séances d'imagerie sous anesthésie dès le deuxième jour après la naissance et jusqu'à douze mois, des injections répétées ou un gavage pendant douze semaines et une biopsie de la queue pour le génotypage, pour étudier une valvulopathie cardiaque liée à une mutation. Le porteur signale des risques d'infection, de perte de poids et une douleur légère liée à la biopsie. Il affirme qu'une approche de "physiologie intégrée" est nécessaire et que la maladie ne peut être modélisée in vitro ou in silico.
Objectifs
Le prolapsus valvulaire mitral (PVM) est l’une des pathologies cardiovasculaires les plus fréquentes, et est associé à un haut taux de morbidité et de mortalité. A l’heure actuelle, aucun traitement pharmacologique n’est disponible pour les patients porteurs d’un PVM, la seule option étant la chirurgie valvulaire mitrale, une approche thérapeutique très invasive. Notre projet a pour objectif d'analyser et d’identifier les mécanismes physiopathologiques impliqués dans la survenue du PVM, mais aussi de la cardiomyopathie associée à cette maladie valvulaire que nous avons récemment décrite chez les patients. Par l’analyse génétique d’une grande famille vendéenne, notre équipe a identifié la première mutation associée au PVM : la mutation P637Q sur le gène FLNA (chromosome X). Un modèle de rat présentant cette mutation a ensuite été généré par l’équipe. Notre projet s’appuie donc sur l’étude de ce modèle unique de rat. Nos premiers résultats nous ont permis d’identifier les voies de signalisation majeures impliquées dans le processus physiopathologique lié au développement de la pathologie valvulaire. L’inflammation et la réponse immunitaire sont apparues comme l’un des acteurs majeurs de ce processus.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques impliqués dans le développement et la progression du PVM, ainsi que l’identification de potentielles cibles thérapeutiques pour traiter les patients.
Procédures
Des approches d’imagerie (échocardiographie et IRM) ainsi que des électrocardiogrammes de surface sont réalisés. Ces approches non invasives sont réalisées, sous anesthésie, dès le jour 2 après la naissance jusqu’à 12 mois (nombre maximal par animal = 8). Des injections répétées (journalièrement ou hebdomadairement) en intra péritonéal ou un gavage chez les rats sont réalisées, sur une durée maximale de 12 semaines, selon les protocoles établis. Une biopsie de queue est réalisée pour le génotypage des animaux.
Impact sur les animaux
Aucune nuisance ou effet secondaire n’est attendu lors de la réalisation de l’Axe 1. L’utilisation de traitement (Axe 2 & 3) peut être associée à des effets indésirables de type infection, perte de poids, réduction de la mobilité ou changement de comportement des animaux, même si les données de la littérature sont très rassurantes. Le prélèvement d'une biopsie de queue peut entrainer une douleur légère de courte durée. Ces potentiels effets indésirables seront suivis quotidiennement, et les animaux présentant des point limites seront sacrifiés et le protocole adapté au besoin.
Devenir
Après chaque procédure, les animaux sont euthanasiés afin de caractériser l’atteinte valvulaire, par différentes approches expémentales complémentaires.
Remplacement
La modélisation in vitro ou in silico de la pathologie valvulaire cardiaque est limitée. En effet, les valves subissent à chaque cycle cardiaque des stress mécaniques multiples (tension, pression, flux) et répétitifs, qu’il est impossible de modéliser. De plus, le retentissement sur le myocarde de la pathologie, ne peut lui non plus être modélisé in vitro ou in silico. Une approche de physiologie et pathophysiologie intégrée est donc nécessaire pour répondre aux questions auxquelles nous faisons face. La culture primaire de cellules permet de s’affranchir des problématiques liées à la surexpression et sous expression de protéines in vitro, qui dans tous les cas ne permettront pas de modéliser l’effet d’une mutation ponctuelle telle que celle que nous étudions.
Réduction
Des analyses intermédiaires seront réalisées et permettront selon les résultats obtenus de réduire le nombre d’animaux par conditions. De plus, selon l’avancé des expérimentations in vitro et les premiers résultats obtenus en termes de quantité de cellules disponibles, nous pourrons réduire le nombre d’animaux traités chaque semaine, ainsi que le nombre de semaine d’expérimentation.
Raffinement
Les rats sont hébergés en cages ventilées enrichies en tunnel et frisottis, avec un accès à l’eau et la nourriture en continue. Les approches d’imagerie proposées sont non invasives et permettent de suivre un même animal longitudinalement. Elles sont réalisées sous anesthésies à l’isoflurane. Pour ce qui est des protocoles faisant intervenir un traitement, un suivi quotidien durant la phase de traitement sera effectué afin de répertorier l’apparition de points limites. Cette approche permettra de modifier/raffiner le protocole expérimental.
Choix des espèces
De nombreux processus et systèmes biologiques inter-régulés et intégrés sont décrits dans le PVM. Il est donc impossible de substituer ou modéliser par des approches in vitro ou in silico l’ensemble de ces processus. Le recours au modèle animal est donc primordial. L’utilisation d’un modèle KI permet quant à lui d’étudier une protéine mutée endogène, ce qui est primordial au regard de l’activité ubiquitaire et intervenant dans différentes voies de signalisation de la Filamine A (les modèles KO pour ce gène ne permettent pas ce type d’étude). La souche choisie pour générer le modèle est une souche non consanguine de rat Sprague Dawley, qui nous permet donc de mimer au mieux la pathologie humaine (mutation ponctuelle dans un environnement génétique hétérogène). De plus, les potentielles cibles thérapeutiques pourront être testées sur le rat FlnA-P637Q qui récapitule la complexité des processus physiopathologiques en jeu. Rappelons que le modèle de rat est particulièrement bien adapté à l’exploration des valves, qui sont des tissus très petits et difficiles à imager sur les souris. Nos données préliminaires suggèrent la présence de la pathologie valvulaire dès 7 jours post naissance. Nous devons déterminer le stade précis où la pathologie est présente afin d’étudier les mécanismes initiateurs. De plus, l’évolution de la pathologie a un intérêt thérapeutique. Nous allons donc utiliser les rats entre la naissance (J0) et l’âge de 12 mois.
Transplantation de leucémies humaines et murines
- Recherche fondamentale
- Oncologie
420 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules leucémiques humaines ou murines par injection dans le sang ou dans l'œil, une partie étant irradiée aux rayons X, puis subissent jusqu'à sept prélèvements sanguins au niveau de l'œil. Le porteur décrit le développement d'une tumeur chez la plupart des animaux, avec perte d'appétit, de poids et de sociabilité. Il justifie l'usage de la souris par l'absence de culture des cellules de leucémie hors de l'animal et conclut qu'il n'existe aucune alternative.
Objectifs
Les leucémies aiguës lymphoblastiques T (LAL-T) sont des hémopathies malignes induites par la prolifération anormale et incontrôlée de progéniteurs lymphoïdes T. Malgré l’amélioration de la prise en charge des LAL, le devenir des patients atteints de LAL-T reste péjoratif avec environ 30% de rechute dans les deux années qui suivent le diagnostic. Ainsi, les défis auxquels nous sommes confrontés dans le domaine des LAL-T sont de mieux comprendre les processus de leucémogenèse afin d’identifier les circuits moléculaires oncogéniques actifs (avec pour objectif, in fine, de les cibler thérapeutiquement) et d’autre part les mécanismes d’acquisition de la chimiorésistance. L’objectif de ce projet est de transplanter des leucémies T primaires humaines ou murines dans des souris receveuses afin de rendre possible des expériences de recherche fondamentale nécessitant des cellules viables/fraîches. La quantité de cellules leucémiques humaines étant limitée, les xénogreffes (ou PDX = ‘Patient derived xenograft’) permettent de conserver et d’amplifier ces cellules précieuses de LAL-T. De même, la transplantation syngénique de cellules leucémiques murines est un moyen d’amplifier ces cellules et de restreindre le nombre de souris utilisées pour développer les leucémies primaires. De plus, la transplantation syngénique permet d’étudier le rôle du système immunitaire dans la progression tumorale.
Bénéfices attendus
Au cours de ce projet, nous obtiendrons des cellules fraîches de LAL-T qui nous permettront de réaliser diverses études de biologie moléculaire/cellulaire visant à identifier des gènes/circuits moléculaires impliqués dans la leucémogenèse, mais aussi d’étudier l’hétérogénéité intra-tumorale des LAL-T humaines.
Procédures
Les animaux seront soumis à 2 types d’interventions : injection intraveineuse et prélèvement sanguin. Les injections intraveineuses se feront par voie caudale ou rétro-orbitale, une seule fois dans la vie de l’animal. L’injection rétro-orbitale se fera dans le sinus sous anesthésie courte. Le prélèvement sanguin par voie rétro-orbitale est effectué deux mois après la transplantation des cellules humaines. Il est réalisé sous anesthésie courte. Le nombre de prélèvement sanguin dépend de la LAL-T et de sa capacité à se développer dans la souris immunodéficiente ; selon notre expérience ce nombre est compris entre 1 prélèvement et 7 prélèvements (étalés sur 10 mois). De plus, les animaux transplantés avec un type particulier de LAL-T (LAL-T immatures) subiront une irradiation au préalable via une exposition aux rayons X d'environ 77 secondes.
Impact sur les animaux
La principale nuisance est le développement d’une tumeur chez la plupart des animaux (suite à la transplantation des cellules leucémiques). Le développement tumoral pourra entraîner une perte d’appétit, une perte de poids et une perte de sociabilité de la souris vis-à-vis de ses congénères. Les prises de sang, les anesthésies ainsi que les observations et pesées peuvent représenter une source de stress. De plus, l'irradiation peut entraîner une période de fragilité immunitaire.
Devenir
Les souris greffées seront euthanasiées dès que la prise de greffe est établie.
Remplacement
Les échantillons primaires de patients atteints de LAL-T sont rares et limités (pour certains échantillons nous n’avons qu’une ou deux ampoules de cellules congelées). Or, les cellules de LAL-T (qu’elles soient d’origine humaine ou murine) ne prolifèrent pas ex vivo ; de plus, un protocole de culture dans un système en 3 dimensions, du type organoïde, n’a pas encore été établi pour les LAL-T. Par conséquent, le seul moyen d’amplifier le nombre de cellules est de les transplanter dans un modèle animal. Il est à noter que nous utilisons des techniques novatrices d’analyses moléculaires à l’échelle de la cellule unique qui permettent de diminuer le nombre de cellules nécessaires pour certaines de nos analyses. De plus, nous utilisons des lignées humaines de LAL-T pour tester certaines de nos hypothèses, toutefois les résultats obtenus doivent être validés avec des cellules primaires obtenues grâce à des PDX. Dans la littérature il a été montré que les xénogreffes chez la souris miment la rechute des LAL-T humaines. Outre l’amplification des cellules leucémiques, notre objectif est d’utiliser les PDX afin d’étudier les mécanismes de rechute (les voies dérégulées, l’hétérogénéité intra-tumorale). Ainsi, le modèle animal est crucial pour cette étude et à ce jour, il n’existe aucune alternative.
Réduction
Bien que le recours aux modèles murins soit nécessaire dans notre projet, nous limiterons au maximum le nombre d’animaux. Le nombre minimum d’animaux pour chaque transplantation (5 et 3 souris pour les cellules humaines et murines respectivement) a été défini grâce à la connaissance de nos modèles et notre expérience dans l’approche de transplantation. Ces procédures n’impliquent pas d’étude statistique et donc aucun test statistique n’est utilisé.
Raffinement
Toutes les procédures expérimentales du projet seront réalisées en tenant compte du bien-être animal dans le strict respect des réglementations en vigueur et en étroite collaboration avec la structure du bien-être animal de notre établissement. Une anesthésie générale sera utilisée durant les procédures expérimentales (transplantation et prélèvement sanguin) par du personnel compétent. Durant l’ensemble de l’étude, les souris seront hébergées dans des conditions conformes à la réglementation européenne en vigueur, avec un accès continu à la nourriture et à l’eau. L’hébergement des animaux se fera en confinement adapté pour les lignées murines immunodéprimées (cages ventilées) et maintenu en groupe pour éviter le stress et l’isolement. L’environnement sera enrichi à l’aide de coton, de lanières de papier et éventuellement d’un dôme. L’état de santé des souris sera quotidiennement surveillé par du personnel compétent afin de déceler le plus précocement une altération du bien-être animal. Tout changement dans le comportement ou l’apparition de signes cliniques (perte de poids, posture, isolement, difficulté à se déplacer et à s’alimenter) sera relevé et indexé à la grille d’évaluation de la douleur.
Choix des espèces
La souris est le modèle animal de choix pour l’étude du système immunitaire et des hémopathies. En effet, des cellules humaines primaires peuvent être transplantées avec succès dans des souris immunodéficientes. Dans ce contexte, la lignée de souris immunodéficiente est le modèle le plus couramment utilisé dans le cadre d’études réalisées à partir de cellules tumorales humaines. Concernant les transplantations murines, nous utiliserons des souris receveuses pour amplifier la tumeur. Le modèle murin est le modèle le plus pertinent pour les expérimentations exposées dans ce projet. Comme nous ne pouvons pas le remplacer, nous réduirons au maximum le nombre de souris utilisées. Nous utiliserons des souris adultes. Le temps nécessaire pour la prise de greffe des cellules leucémiques humaines varie entre 2 mois et ~10 mois ainsi nous privilégierons l’utilisation de souris immunodéficientes âgées entre 4 à 12 semaines. La prise de greffe des leucémies murines est en générale inférieure à 1 mois, donc cette procédure ne nécessite pas d’utiliser des souris jeunes. Les souris pourront être âgées entre 4 semaines et 6 mois. De plus, si cela est possible nous privilégierons l’utilisation de souris ‘replacées’ non utilisées dans les autres projets au sein de notre centre de recherche.