Souris
Etude du rôle des lymphocytes T CD4 dans l’amélioration des immunothérapies anti-PD1 dans des modèles orthotopiques coliques et de métastases hépatiques 1/2
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Pour vérifier qu'éliminer un type de lymphocyte rend une immunothérapie plus efficace, 160 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l'issue. On leur ouvre l'abdomen sous anesthésie gazeuse pour implanter des cellules tumorales dans le foie ou le cæcum, puis elles reçoivent des injections dans le ventre trois fois par semaine pendant trois semaines et passent deux séances d'imagerie hebdomadaires. Celles dont la tumeur régresse complètement sont gardées deux mois de plus avant d'être tuées. Le porteur annonce une grille d'évaluation des points limites sans en donner les seuils, tout en décrivant le développement de grosses tumeurs et de métastases comme un effet indésirable possible.
Objectifs
Les cellules cancéreuses mettent en place des systèmes de blocage pour inactiver la réponse immunitaire anti-tumorale (ex : anti-PD1). Des thérapies ciblant l’inactivation de PD1 ont été développées pour rétablir une réponse immunitaire efficace contre le cancer. Même si ces thérapies montrent une certaine efficacité, certains patients ne répondent pas à ces traitements. Notre projet a pour but de démontrer que la déplétion des cellules CD4 de la souris permet à cette thérapie anti-PD1 d’être efficace contre les tumeurs implantés dans leur organe d’origine. En effet, la déplétion des cellules CD4 associée à la thérapie anti-PD1 a déjà été montrée efficace dans des tumeurs implantées en sous-cutanée dans la souris. Le microenvironnement jouant un rôle important dans la réponse anti-tumorale, nous nous proposons ici d’évaluer l’efficacité thérapeutique de la déplétion des cellules CD4 associée à la thérapie anti-PD1 dans un modèle de cancer du côlon et dans un modèle de métastase hépatique d’origine colique.
Bénéfices attendus
La réactivation des réponses anti-tumorales grâce au blocage des points de contrôle a démontré des effets notables sur le traitement du cancer, mais son taux de réponse doit encore être amélioré dû à la présence de résistances à ces thérapies. Ce projet permettra donc de montrer l’implication des lymphocytes T CD4 dans la résistance aux traitements anti-PD1 et ainsi de confirmer l’intérêt de trouver et de tester des molécules bloquant ces cellules chez l’Homme afin d’améliorer les thérapies anti-cancéreuses.
Procédures
Les modèles nécessiteront l’utilisation d’une procédure chirurgicale (sous anesthésie gazeuse) afin d’implanter les cellules tumorales. Cet acte (15 min/souris) implique l’ouverture de la cavité abdominale, l’implantation des tumeurs (cellules) la fermeture de la cavité abdominale. Ce développement de modèles tumoraux aura lieu dans l’établissement utilisateur 1. Les souris seront alors transférées dans l’établissement utilisateur 2 pour réaliser les traitements en intrapéritonéale 3 fois par semaine 7 jours après la chirurgie et pendant 3 semaines. La progression tumorale sera alors suivie par imagerie (sous anesthésie gazeuse) après injection intrapéritonéale de l’agent imageant (1-2 min/souris) deux fois par semaine. Les souris seront conservées encore 2 mois si régression totale de la tumeur qui sera vérifiée 1X par semaine par imagerie.
Impact sur les animaux
L’acte chirurgical nécessite d’ouvrir la cavité abdominale des souris, d’injecter des cellules tumorales dans le foie ou le caecum. Ces interventions chirurgicales pourraient entrainer de la souffrance chez les animaux, une perte de poids, ou encore une infection causée par les interventions chirurgicales. Le développement de grosses tumeurs mais également de métastases pourrait avoir des effets indésirables. L’injection des traitements peut générer des désagréments au moment de l’injection. Les traitements seront injectés par voie péritonéale 3 fois par semaine 7 jours après la chirurgie et pendant 3 semaines. Le groupe qui aura les deux traitements n’aura qu’une seule injection IP à chaque fois. D’éventuels effets secondaires des traitements anti-cancéreux sont rares : les immunothérapies utilisées ont déjà fait l’objet de recherches sur l’animal, il n’est pas attendu d’effet secondaire important. L’imagerie nécessitera une injection intrapéritonéale de l’agent d’imagerie, 2X par semaine pendant 3 semaines puis 1X par semaine pendant 2 mois. Les infections liées à la chirurgie sont un risque de fréquence rare vue les mesures mises en place (stérilité, antibiothérapie). Les anesthésies mises en place lors de la chirurgie et des imageries sont également une source de nuisance passagère.
Devenir
Les souris ayant été porteuses de tumeurs, elles seront toutes mises à mort à la fin de l’expérience
Remplacement
Le cancer est une maladie complexe impliquant des mécanismes de contrôle et des interactions possibles seulement dans un organisme vivant. En effet, la recherche a permis de comprendre l’importance de l’environnement dans lequel le cancer se développe et les multiples interactions avec le système immunitaire, le stroma tumoral, le système vasculaire et le métabolisme. En conséquence, pour être prédictifs, l’évaluation de l’efficacité ou de l’échec de nouvelles combinaisons thérapeutiques en oncologie nécessite de pouvoir se rapprocher le plus possible de ce qui est retrouvé chez l’Homme et donc d’avoir les tumeurs primaires sur les organes d’origine et les métastases se disséminant.
Réduction
Quatre groupes (Controle, les deux traitements seuls et la combinaison de traitement) de 5 souris seront constitués afin de générer des groupes avec suffisamment de puissance statistique pour permettre d’évaluer l’efficacité du traitement tout en permettant à une seule et même personne de prendre en charge l’expérience. Les expériences seront réalisées par des personnes parfaitement formées à l’expérimentation animale et à la chirurgie afin d’optimiser la reproductibilité. Le fait que ces animaux soient génétiquement identiques permet de réduire la taille des groupes tout en ayant des résultats fiables. Néanmoins, comme les prises tumorales peuvent être différentes d’une chirurgie à l’autre, nous répèterons les expériences 4 fois de manières indépendantes. Le test statistique utilisé sera celui de Wilcoxon en raison de la taille des groupes.
Raffinement
Les souris seront habituées au geste de la contention et de la pesée dès leur arrivée dans l’établissement utilisateur. Des enrichissements seront ajoutés dans chaque cage. Les souris auront à disposition des matériaux pour leur permettre de faire leurs nids. Avant la chirurgie, les souris recevront une antibiothérapie préventive et une analgésie. Les procédures d’imagerie et de chirurgie abdominale seront réalisées sous anesthésie suivie d’un réveil sous lampe chauffante ou couveuse, réduisant l’inconfort potentiel à son minimum et permettant ainsi le raffinement de l’étude. Tout au long des opérations, un contrôle de la profondeur d’anesthésie (pincement de la patte, contrôle de la respiration), la déshydratation (pli de peau) et l’hypoxie (couleur des muqueuses) seront contrôlées. Étant donné que la température ne peut pas être contrôlée en permanence et que le risque d’hypothermie est sévère lors d’une anesthésie, des tapis chauffants seront utilisés tous le long de l’expérimentation. Les animaux bénéficieront d’une réhydratation per- et post-opératoire ainsi qu’une prise en charge analgésique adaptée en pré-opératoire, de la lidocaïne en application locale sous forme de gel lors de la chirurgie et un analgésique sera injecté en sous-cutanée 2 fois par jour pendant 3 jours. Un système facilitant la prise alimentaire ainsi que la prise de boisson sera mis en place (nourriture gélifiée). Nous avons également mis en place une grille d’évaluation des points limites chez les animaux afin de limiter leur souffrance. Le développement des tumeurs (taille et nombre) sera estimé de manière non-invasive par imagerie de la bioluminescence. Les animaux seront transférés de l’EU1 à l’E2 (bâtiments situés proches l’un de l’autre) dans un sac de transport et le plus rapidement possible pour ne pas engendrer de stress.
Choix des espèces
Les souris sont les modèles utilisés pour tester facilement les nouveaux outils permettant de faire de la chirurgie. Nous utiliserons des souris immunocompétentes, nous permettant d’implanter des cellules tumorales murines possédant le même fond génétique. Ces souris sont largement utilisées lors de la greffe sous-cutanée et dans l’organe d’origine de ces cellules cancéreuses. Nous utiliserons des souris âgées de 8 à 10 semaines correspondant à un stade de développement adulte de l’animal, et à un poids suffisant (supérieur à 20g).
Etude du stade hépatique du paludisme faisant des rechutes et évaluation pré-clinique d’un vaccin dans un modèle de souris humanisée pour le foie.
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
Immunodéficientes et greffées vers deux mois d'âge d'hépatocytes humains, des souris sont rendues capables d'héberger Plasmodium vivax, un parasite du paludisme propre à l'espèce humaine. 1 380 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré, toutes tuées pour prélever leur foie et y rechercher le parasite. Toutes sont infectées par voie intraveineuse sous anesthésie, une partie reçoit un sérum par injection, et certaines subissent jusqu'à 16 prises de sang sans anesthésie, qui peuvent provoquer anémie et perte de poids. Le projet doit d'abord dire si ces souris prédisent l'efficacité d'un vaccin également évalué chez des volontaires humains. La greffe d'hépatocytes humains, elle, ne figure pas dans la liste des procédures.
Objectifs
Le paludisme reste un défi majeur en santé publique, avec environ 250 millions de cas cliniques chaque année et près de 600 000 décès. Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax sont les deux espèces de parasites les plus répandues. Bien que P.vivax soit moins mortel que P.falciparum, il touche plus d'un tiers de la population mondiale à cause de sa capacité à former des hypnozoïtes, des formes dormantes dans le foie. En effet, les formes sporozoïtes injectées par les moustiques gagnent le foie puis, certaines infectent rapidement les globules rouges (paludisme) alors que d'autres restent inactives pendant des mois ou des années dans le foie. Leur réactivation provoque des rechutes de la maladie, compliquant ainsi la lutte contre l'infection. Actuellement, il n'existe aucun vaccin contre P. vivax. Une grande initiative Européenne vise à développer des vaccins de nouvelle génération offrant une protection contre ce parasite. L'objectif de ce projet est donc d'évaluer la protection apportée par les anticorps produits après vaccination chez un modèle spécifique de souris et chez les volontaires humains. Ce projet représente une opportunité précieuse de déterminer si ce modèle de souris peut prédire l'efficacité́ des futurs vaccins avant qu'elle ne soit évaluée chez l'Homme.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra d'évaluer la pertinence prédictive d'un modèle spécifique de souris en offrant une occasion unique de comparer la protection conférée par les anticorps générés par un vaccin entre les participants des essais cliniques et les souris. Les résultats obtenus fourniront des informations essentielles sur l'efficacité de ce modèle et sa valeur en tant que référence, pouvant être utilisée à l'avenir pour évaluer l’efficacité de nouveaux candidats vaccins.
Procédures
Pour ce projet, une partie des animaux recevra un sérum par voie intraveineuse (animal anesthésie 45 minutes, 1 fois, 5 minutes par acte) ou par voie intrapéritonéale (animal vigile, 1 fois, 1 minute). Tous les animaux seront infectés par voie intraveineuse (animal anesthésié 45 minutes, 1 fois, 5 minutes par acte). Une partie des animaux sera soumise à des prélèvements sanguins de petit volume (animal vigile, 16 fois maximum, 5 minutes). Pour compenser le volume prélevé lors des prélèvements sanguins et pour permettre une meilleure récupération des animaux, une injection sous cutanée de solution de perfusion sera réalisée arès chaque prélèvement (animal vigile, 16 fois maximum, 1 minute). Tous les animaux auront un prélèvement sanguin de volume plus élevé (animal anesthésié, 1 fois, 1 minute) qui interviendra juste avant l'euthanasie des animaux par une méthode réglementaire.
Impact sur les animaux
Les animaux sont immunodéprimés, par conséquent ils sont plus sensibles aux infections. Les animaux pourront avoir une administration par voie intrapéritonéale ou intraveineuse qui peut engendrer une douleur légère de courte durée au point d'injection. Les animaux seront soumis à des administrations intraveineuses et à un prélèvement sanguin sous anesthésie : l’anesthésie pourra engendrer une baisse de la thermorégulation et dans de rares cas une détresse cardio-respiratoire. Plusieurs prélèvements sanguins seront effectués sur animal vigile, cela pourra engendrer une douleur légère de courte durée lors du prélèvement et dans de rares cas un hématome. La fréquence des prélèvements pourrait engendrer une anémie et une perte de poids. Les différentes manipulations des animaux pourront engendrer un léger stress.
Devenir
Tous les animaux de ce projet seront euthanasiés par une méthode réglementaire car il est nécessaire de prélever différents organes et principalement le foie afin de vérifier la présence et le stade de développement du parasite.
Remplacement
Plasmodium vivax étant un parasite strictement spécifique à l'homme, il n'est pas possible, à l'heure actuelle, de remplacer ce modèle de souris humanisée. Cependant, pour ce qui est de la prédiction de protection, la réalisation d'expériences in vitro en parallèle avec celles in vivo nous permettra de déterminer si le modèle in vitro que nous développons est tout aussi efficace que le modèle in vivo de souris humanisée pour prédire la protection. En conséquence, ces études pourraient éventuellement permettre de ne plus avoir recours à ce modèle murin dans ce contexte spécifique à l'avenir.
Réduction
1380 animaux au maximum seront utilisés dans ce projet dont 480 pour valider le modèle de souris et 900 pour tester 15 sérums sur les 5 ans du projet (nombre maximum de sérums pouvant être testé). Les tests d'efficacité des vaccins seront réalisés uniquement si le modèle murin est validé. Sur la base d'autres études réalisées avec le même type de modèle de souris, des groupes expérimentaux de 5 souris sont suffisants pour répondre aux questions posées. Des tests statistiques seront utilisés pour une interprétation fiable des résultats. A la fin du projet, différents organes seront prélevés afin de valoriser au maximum l'utilisation des animaux.
Raffinement
Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation. Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (l’hébergement individuel est limité au maximum) en portoirs ventilés avec un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Le milieu est enrichi avec deux enrichissements minimum et les animaux sont vérifiés quotidiennement. Le projet a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal. Pour limiter l'expression du phénotype dommageable des animaux qui sont immunodéprimés, tout le matériel en contact avec eux est stérilisé. Les administrations qui pourraient stresser modérément les animaux sont réalisés sous anesthésie. Le réveil des animaux est réalisé dans un environnement chaud avec un accès facilité à l'eau et la nourriture. Les yeux sont protégés avec un gel ophtalmique jusqu'au réveil. Les prélèvements sanguins seront compensés par des administrations de solution de perfusion pour faciliter la récupération et l'hydratation. Ainsi, la douleur et le stress sont limités en apportant des soins adaptés ainsi qu’une surveillance attentive accompagnée de points limites suffisamment prédictifs et précoces.
Choix des espèces
La souris est le modèle le mieux développé et connu pour les greffes de cellules provenant d'une autre espèce. Les lignées immunodéficientes et transgéniques pour les gènes d'intérêt permettant la greffe d'hépatocytes et de globules rouges d'autres espèces n'existent que chez la souris. Les animaux seront des animaux adultes qui seront utilisés entre 3 et 5 mois d'âge car la transplantation des hépatocytes humains se fait à 2 mois et nécessite 4 à 6 semaines pour que le modèle soit efficace.
Rôle de l’apolipoprotéine M adipocytaire dans la sensibilité à l’insuline EU 2/2
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système endocrinien
Deux gavages, jusqu'à onze injections et quatre séries de huit à neuf prélèvements de sang à la queue, après douze semaines de régime enrichi en lipides. 1 080 souris vont être utilisées dans ce second établissement du même projet, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance modéré. Le porteur ramène pourtant l'ensemble à "des inconforts à des douleurs légères sur de courtes durées". Toutes seront tuées puis nécropsiées pour analyser leur sang et plusieurs de leurs organes.
Objectifs
L’obésité est caractérisée par un excès de tissu adipeux et s’accompagne de complications métaboliques. L’excès de tissu adipeux est corrélé au degré d’insulino-résistance qui, s’il n’est pas contrôlé, aboutit au développement d’un diabète de type 2. Le tissu adipeux est un organe central du métabolisme par sa fonction de stockage des lipides. Il produit également de nombreux facteurs, dont des adipokines bénéfiques ou délétères vis-à-vis de l’action de l’insuline ; ces adipokines peuvent agir au sein même du tissu ou à distance dans l’organisme. Une meilleure connaissance des adipokines participe à la compréhension des complications métaboliques associées à l’obésité. Nous avons mis en évidence chez l’Homme une nouvelle adipokine dont le niveau d’expression dans le tissu adipeux est faible chez des personnes atteintes de syndrome métabolique ou de diabète de type 2. Son taux sanguin est un déterminant négatif de la résistance à l’action de l’insuline. Nous émettons l’hypothèse qu’une altération de la production de cette adipokine par le tissu adipeux pourrait contribuer au développement d’une insulino-résistance. Nous voulons tester si sa surexpression dans le tissu adipeux peut permettre de retarder, voire d’empêcher, le développement d’une résistance à l’action de l’insuline induite par l’obésité. Ce projet est multisites, il sera réalisé dans deux établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra l’apport de nouvelles connaissances sur les acteurs de la sensibilité à l’insuline, dans un contexte de prise de poids et de dégradation de la signalisation insulinique. La compréhension du rôle de certaines adipokines dans la prévention de la perte de la sensibilité à l’insuline au cours de l’obésité, permettra de cibler de nouveaux mécanismes cellulaires. L’apport de l’expérimentation animale est majeur dans l’étude de la dérégulation de ces voies, en offrant un point de vue à corps entier de la physiopathologie de l’obésité et du diabète.
Procédures
Dans l’EU1, les animaux auront une alimentation enrichie en lipides durant 12 semaines et un hébergement à thermoneutralité. Tous les animaux seront soumis à 2 gavages, 3 à 11 injections et 4 séries de 8 à 9 prélèvements de sang à la queue au cours de leur vie ; chaque acte sur animaux vigiles n’excédant pas 15 secondes consécutives. Tous les animaux pourront subir une intervention chirurgicale (de 10 à 15 minutes maximum) sous anesthésie générale avec utilisation d’antalgique pour limiter la douleur post-opératoire. Dans l’EU2, les animaux seront soumis à 1 gavage, 1 série de 5 prélèvements de sang à la queue n’excédant pas 15 secondes consécutives, puis nécropsiés.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront plusieurs nuisances ou effets indésirables au cours de leur vie allant d’inconforts à des douleurs légères sur de courtes durées. L’inconfort et/ou le stress pourraient survenir lors des mesures de poids (temps inférieur à 1 min), lors des 12 semaines de régime enrichi en lipides, lors des gavages (environ 15 sec) ou encore lors des transports entre différents établissements utilisateurs (durée inférieure à 5 min). Des douleurs légères n’excédant pas quelques secondes pourraient survenir lors de prises de sang ou encore lors d’injections. Dans l’éventualité où l’option chirurgicale serait retenue pour induire la surexpression de l'adipokine étudiée, les souris pourraient ressentir une douleur légère pendant 1 à 2 jours malgré l’utilisation d’antalgique.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure et nécropsiés en vue de l'analyse de leur sang et de plusieurs organes.
Remplacement
Les modèles in vitro d’adipocytes humains et murins existent et l’équipe en cultive couramment. Cependant, en raison de la capacité de prolifération quasi-inexistante des adipocytes, ces lignées sont cultivées sous forme de préadipocytes puis différenciées en adipocytes matures grâce à un milieu de culture spécifique. Ces conditions de culture rendent les cellules artificiellement résistantes à l’action de l’insuline et il est impossible d’étudier l’effet de certaines molécules sur la sensibilité à l’insuline. De plus, les tissus adipeux sont constitués d’une grande diversité de cellules, outre les adipocytes, qui participent à la dysrégulation de la sensibilité à l’insuline. C’est le cas des cellules immunitaires qui, selon leurs sécrétions de cytokines et chimiokines, influencent le signal insulinique à l’échelle du tissu. Ainsi, le modèle in vivo sur l’animal, utilisé à des fins expérimentales, est indispensable à l’étude de ces dialogues intercellulaires au niveau du tissu, puis à l’étude des dialogues inter-organes au niveau systémique.
Réduction
Grâce à nos études préliminaires, nous savons qu’un minimum de 10 animaux nourris avec un régime enrichi en graisses par condition testée est nécessaire pour observer un effet sur la sensibilité à l’insuline. Ces travaux n’avaient cependant été réalisés que sur des mâles de fond génétique sauvage. A cause d’une hétérogénéité interindividuelle significative dans les paramètres physiologiques étudiés, les différentes procédures de phénotypage métabolique nécessiteront dans ce projet d’utiliser 15 animaux contrôles par sexe (dont 10 sous régime enrichi en lipides et 5 sous régime standard) et 15 animaux génétiquement déficient pour une adipokine par sexe (dont 10 sous régime enrichi en lipides et 5 sous régime standard), pour chaque condition expérimentale et température d’hébergement. Ce nombre minimal permettra d’obtenir des résultats robustes et basés sur une puissance statistique suffisante, en tenant compte de potentiels animaux non répondeurs ou « outliers ». Nous estimons que pour établir une différence éventuelle entre les groupes il est nécessaire d'avoir au minimum 15 individus par groupe : soit 15 mâles non déficients, 15 mâles déficients, 15 femelles non déficientes et 15 femelles déficientes par condition expérimentale et température d’hébergement. L'utilisation de 3 cohortes au maximum, manipulées à des temps « indépendants », est justifiée par l'éthique scientifique qui permet d'établir qu'un résultat est vrai quand il a été répété à plusieurs reprises dans les mêmes conditions expérimentales sur des lots différents.
Raffinement
Pour le bien-être animal, les souris seront en groupes sociaux de 4 à 5 individus constitués dès le sevrage de fratries, dans la majorité des cas. Les souris ne seront jamais isolées lors des protocoles. Un contrôle quotidien de l'alimentation, la boisson et l'état physique des animaux sera effectué. Des enrichissements (feuille d’essuie-tout, bâtonnet de bois, papier kraft « sizzle-nest ») seront placés dans les cages et remplacés lors du change hebdomadaire ou en cas de souillure excessive. Si les animaux montrent des signes d’agitation/nervosité lors des manipulations, des abris seront ajoutés aux cages (igloos, tubes…) afin de satisfaire leur besoin naturel de se cacher. Selon le développement technique et la disponibilité commerciale de certains produits à administrer, ces options moins invasives seront privilégiées à la chirurgie. Dans le cas contraire, les injections ou chirurgies se feront sous anesthésie avec antalgique et tapis chauffants. Dès l’apparition d’un comportement normal de réveil (étirements, ébrouement, toilettage…), il sera replacé avec ses congénères. Dans les jours suivants, la litière de copeaux de bois standard sera remplacée par une litière de cellulose ne produisant pas de poussière, évitant l’irritation des plaies chirurgicales. La cicatrisation de l’abdomen et l’absence de signes de douleurs (évaluée par la grille de scoring) sera un point essentiel de la surveillance quotidienne. Après mise sous régime riche en graisses, un suivi du poids hebdomadaire sera réalisé. Les animaux seront suivis toute leur vie avec une grille de scoring permettant d’évaluer, par l’attribution de points, l’état de santé de chaque animal. En fonction du total de points obtenus (score), le RMO sera capable de déterminer si des points limites adaptés à chaque procédure sont atteints et les actions à réaliser pour soulager ou mettre fin aux souffrances relevées. Pour l’expérimentation terminale dans l’EU2, les animaux seront transportés entre les deux établissements suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport). Les cages sont placées dans des valises de transport adaptées à 2 cages permettant un isolement de la lumière et des conditions météorologiques extérieures. Le trajet se fait à pied (inférieur à 5 min), est pré-déterminé et évite la rencontre avec le public.
Choix des espèces
L’espèce Mus musculus (Souris) est le modèle animal expérimental le plus étudié notamment pour les études physiologiques et métaboliques. La lignée animale déficitaire pour le gène d’une adipokine a été développée chez la Souris et est utilisée par plusieurs équipes de recherche, ce qui permet une comparaison avec les données de la littérature. La transposition du modèle à l’Homme est améliorée par l’humanisation du modèle murin, par l’utilisation de vecteurs viraux permettant l’expression du gène humain de notre adipokine dans le tissu adipeux des animaux. Les animaux utilisés seront adultes et âgés de 8 semaines au début du protocole, 22 semaines à la fin du protocole.
Impact d’une exposition chronique au Déoxynivalénol et d’une exposition aigue à l’alcool sur le métabolisme hépatique et intestinal chez des souris mâles et femelles
- Recherche appliquée
- Troubles gastrointestinaux
- Recherche fondamentale
- Système gastrointestinal
Vingt-trois heures seules en cage métabolique pour récolter séparément leur urine et leurs excréments : 672 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Pendant quatre semaines, elles mangent une nourriture contaminée par une mycotoxine et reçoivent chaque semaine de l'alcool par gavage, avec des prélèvements de sang à la queue, à la joue et à la veine saphène. Le porteur indique que la mycotoxine peut réduire leur prise de poids, que le gavage peut irriter leur œsophage et que l'isolement en cage peut les stresser. Il retient une lignée de souris connue pour développer des maladies du foie, alors que l'étude porte précisément sur les atteintes hépatiques.
Objectifs
Tout au long de sa vie, l'Homme est exposé à un large éventail de contaminants alimentaires d'origines diverses. Les mycotoxines, produites par certaines moisissures, sont les contaminants naturels les plus fréquents présents dans nos assiettes. La mycotoxine étudiée se retrouve dans près de 50% des céréales, les concentrations augmentent avec le changement climatique et aujourd'hui environ 80% des individus y sont exposés. Elle perturbe le fonctionnement de l'intestin notamment en provoquant une inflammation qui pourrait jouer un rôle dans l'apparition et la gravité des maladies inflammatoires de l'intestin. Elle ne provoque pas de dommages sur l'ADN mais exacerbe ceux qui sont provoqués par des contaminants alimentaires connus pour endommager l’ADN dits génotoxiques. L'alcool est l'une des substances qui affecte le système nerveux (psychoactive) les plus fréquemment consommées en France et est responsable d'environ 3 millions de décès par an. La consommation d'alcool affecte principalement l’intestin et le foie et est associée à diverses maladies inflammatoires. L'alcool provoque des dommages à l'ADN qui, s'ils sont mal réparés peuvent devenir le point de départ des cancers. L’effet de l’alcool et de la mycotoxine étudiée en mélange pourrait ainsi être à l'origine d'effets encore plus importants. Les objectifs de ce projet sont d'étudier et caractériser ces effets sur différents paramètres physiologiques au niveau du foie et de l'intestin. Comme par ailleurs il est connu que les capacités de détoxification sont différentes entre les hommes et les femmes, nous chercherons à vérifier l'hypothèse que, dans des conditions réalistes de multi-exposition, ces effets seront différents entre les mâles et les femelles.
Bénéfices attendus
Certains consommateurs sont quotidiennement exposés à des aliments contaminés par la mycotoxine étudiée présente dans les aliments à base de farine de blé, de maïs, etc.. Ils consomment aussi de l’alcool de manière occasionnelle. Dans le cadre de ce projet, nous évaluerons in vivo chez la souris si l’exposition chronique à cette mycotoxine augmente les effets néfastes dus à une exposition aiguë à l’alcool, mimant une consommation occasionnelle. Les données expérimentales permettront d’évaluer comment une exposition combinée impacte notamment la santé digestive et hépatique. Nous mesurerons des marqueurs de génotoxicité et d’inflammation et des lésions de l’intestin et du foie. Les résultats attendus de ce projet sont importants en termes de santé publique, car les consommateurs sont chroniquement exposés à ces contaminants en mélange. Si l’hypothèse d’une exacerbation de leurs effets individuels lorsqu’elles sont combinées est confirmée, les données produites seront valorisées dans des publications scientifiques et pourront être prises en compte dans l’évaluation du risque d’exposition chez l’homme.
Procédures
Les souris hébergées en groupe seront exposées à la mycotoxine via l’alimentation pendant 4 semaines. Une fois par semaine elles recevront le traitement à l’alcool par gavage, durée du geste 30 secondes et un prélèvement de sang sera réalisé sur les animaux vigiles dont la durée est inférieure à 1 minute. Lors de la dernière semaine du protocole, les animaux seront soumis également à un jeûne de 4 heures, à un gavage avec un marqueur fluorescent (durée du geste 30 secondes) ainsi qu'au prélèvement de deux gouttes de sang à la queue pour mesurer la perméabilité intestinale, ce prélèvement ne nécessite pas de contention mais uniquement une prise en main de la queue et prend moins de 5 secondes. Les animaux seront hébergés en cage individuelle pour 23h au maximum pour récolter séparément les urines et les fèces pour analyses. A la fin de chaque procédure, un prélèvement de sang sera effectué au niveau de la joue puis les animaux seront euthanasiés et des organes prélevés pour analyses.
Impact sur les animaux
La consommation d’un aliment contaminé par la mycotoxine peut entrainer une réduction de la prise de poids des animaux. L’administration de l’alcool par gavage peut entrainer une modification transitoire du comportement. Le gavage oral peut induire une irritation de l’œsophage. Les prélèvements sanguins à la veine maxillaire, à la veine caudale et à la veine saphène peuvent entraîner un stress des animaux lié à la contention et une douleur liée à la piqure de l’aiguille. L’isolement de l’hébergement individuel en cage à métabolisme peut être stressant pour les animaux.
Devenir
A l’issue de chaque procédure tous les animaux seront euthanasiés afin de prélever des organes destinés à être analysés pour répondre à la question scientifique.
Remplacement
Des études précédentes ont permis de montrer que la mycotoxine étudiée en mélange avec l’alcool exacerbe la réponse inflammatoire de cellules d’intestin ou de foie en culture. Cependant lorsqu’ils sont ingérés par un organisme vivant, leur devenir puis leurs effets vont dépendre notamment de leur absorption dans l’intestin et de la façon dont ils sont détoxifiés dans le foie. Ce projet nécessite donc l'utilisation d'animaux de laboratoire car nous souhaitons étudier les conséquences d’une co-exposition alimentaire à la mycotoxine et à l’alcool sur un organisme entier, ce qui fait intervenir différents tissus agissant en synergie (foie, tissus adipeux, intestin, cerveau, muscle). Il est impossible de mimer ceci par l’utilisation de méthodes alternatives comme la culture de cellules.
Réduction
Le nombre d'animaux pour ce projet est défini pour permettre d'une part de répondre aux questions scientifiques et d'autre part de respecter la réduction du nombre d'animaux au maximum. Le nombre d'animaux a été limité au maximum (n=12 animaux/groupe). Cet effectif a été déterminé en utilisant des tests statistiques adaptés.
Raffinement
Lors du suivi quotidien des animaux, nous serons attentifs à d'éventuels signes de souffrance et nous utiliserons une grille d'évaluation de leur état général portant sur l’apparence générale, le comportement, les signes cliniques et l’alimentation. Le cumul du score de chacun de ces critères permettra de décider d’un éventuel arrêt de la procédure. Les souris seront hébergées en groupe pour respecter leurs comportements sociaux et un enrichissement de type abri en inox ou un élément de nidification sera ajouté dans la cage. Une habituation à la préhension par l'expérimentateur sera réalisée avant le début de l'expérimentation pour diminuer ce stress. Le gavage sera réalisé par une personne expérimentée, l’observation des animaux sera renforcée après l’administration afin de s’assurer du bien-être des animaux. Une crème anesthésiante sera appliquée avant les prélèvements de sang. Les cages individuelles utilisées durant 23h maximum sont transparentes, incluent l’abri en inox et les animaux sont à proximité de leurs congénères afin de permettre le contact visuel. Durant ce séjour, le suivi du bien-être est renforcé avec plusieurs visites par jour.
Choix des espèces
Les lignées de souris sont largement utilisées dans la recherche sur le métabolisme. Il est connu que la lignée utilisée dans cette étude développe des maladies hépatiques. La souris présente des similitudes avec l’espèce humaine pour ce qui est des maladies et de leurs effets sur le corps. C’est d’autre part le modèle le plus utilisé pour étudier et reproduire les effets de la consommation d’alcool ou de l’exposition à des mycotoxines comme en atteste la littérature scientifique. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte car nous avons besoin d’avoir un tractus digestif et un système immunitaire mature. Les souris sont adultes à partir de 8 semaines.
Développement d’une approche vaccinale antitumorale basée sur la délivrance d’ARN messager
- Recherche appliquée
- Cancers
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Tuées à l'issue pour prélever leurs organes et mesurer la réponse immunitaire, 510 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 450 d'entre elles et modéré pour 60. Chacune reçoit une ou deux injections sous la peau alors qu'elle est éveillée, puis deux prélèvements sanguins sous anesthésie. Le porteur affirme qu'une réponse immunitaire antitumorale mobilise trop de types cellulaires et d'organes pour être étudiée in vitro. L'apport annoncé se limite à disposer de formulations vaccinales de rechange, en complément de celles qui existent déjà.
Objectifs
L’objectif de ce projet est de déterminer les formulations optimales de vaccins thérapeutiques antitumoraux à base d’ARNm capables d’induire une réponse immunitaire détruisant spécifiquement la tumeur. Les vaccins à ARNm actuels sont basés sur des formulations lipidiques contre lesquelles une réponse immunitaire parasite peut se développer. Nous avons mis au point de nouvelles façons d’encapsuler efficacement l’ARNm pour la vaccination tumorale. Ces nouvelles formulations pourront être utilisées en complément de celles déjà existantes.
Bénéfices attendus
La vaccination thérapeutique constitue une immunothérapie anti-tumorale spécifique de la tumeur qui réduit donc grandement les effets indésirables observés lors des traitements de chimio et radiothérapies. Les immunothérapies existantes peuvent également entraîner des effets indésirables graves tels que l'auto-immunité. Le développement d’une vaccination anti-tumorale est donc d’un grand intérêt. L’ARNm, quant à lui, représente une plateforme de vaccination très puissante qui peut être adapté à chaque patient. Bien que les formulations utilisées dans les vaccins contre la covid-19 aient démontré leur efficacité, une réponse immunitaire parasite peut voir le jour si la même particule est utilisée plusieurs fois. Le développement de nouvelles formulations vaccinales permettrait d’éviter cet inconvénient. Ainsi, le bénéfice principal de notre projet est de trouver des formulations vaccinales différentes que l’on pourrait utiliser en complément de formulations déjà existantes.
Procédures
Une ou deux injections seront réalisées sur animal vigile sous la peau. Cette procédure ne dure que quelques secondes. Deux prélèvements sanguins seront réalisés sous anesthésie et cela ne durera que quelques secondes.
Impact sur les animaux
Les injections causeront une réaction inflammatoire locale courte et de faible amplitude pouvant induire un inconfort (démangeaisons ou rougeur cutanée) pour l’animal.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure en vue de récupérer différents organes. Leur analyse permettra de conclure quant aux effets sur la réponse immunitaire innée et adaptative des formulations vaccinales.
Remplacement
L’induction d’une réponse immunitaire anti-tumorale efficace nécessite l’implication de plusieurs familles de globules blancs, chacune specialisée dans un type d'actions, qui vont intervenir de façon concertée. Au vu de ce processus complexe et coordonné entre plusieurs types différents de cellules immunitaires et plusieurs organes situés à des endroits distincts dans l'organisme, il n’est pas possible de réaliser l’étude in vitro ou ex vivo. Pour cette raison, l’évaluation du potentiel thérapeutique de nos formulations vaccinales ainsi que l’étude de leur potentiel à induire une réponse immunitaire doit se faire in vivo.
Réduction
Le nombre d’animaux prévus dans ce projet a été calculé à l’aide d’un logiciel spécifique pour permettre d’obtenir des résultats statistiquement interprétables et reproductibles avec un nombre minimum d’animaux. Chaque procédure sera réalisée avec un effectif de 15 souris par condition expérimentale.
Raffinement
Les animaux seront hébergés par groupes sociaux dans des cages enrichies avec des materiaux de nidifications (frisure de carton, coton), des elements à ronger (bâtons ou boule en bois...) et des abris pour limiter le stress des animaux (tunnel...) . Après 4 à 8 jours d’acclimatation et une petite semaine d'habituation, les animaux pourront entrer en expérimentation. Leur état général sera surveillé régulièrement et des points limites permettant de soustraire l'animal à la souffrance ont été établis.
Choix des espèces
Nous avons choisi la souris car son système immunitaire est bien étudié et il existe de nombreux modèles de cancer chez la souris. les animaux arriveront à l'âge de 6 semaines lorsque leur systeme immunitaire est mature. Après 4 à 8 jours d’acclimatation et une petite semaine d'habituation, les animaux pourront entrer en expérimentation.
Description de la mitophagie au cours de la neurogenèse adulte chez la souris saine et modèle de maladie d’Alzheimer
- Recherche fondamentale
- Éthologie / comportement / biologie animale
- Oncologie
Soumises à une chirurgie d'une heure, parfois précédée d'une seconde intervention, 860 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 80 d'entre elles et modéré pour les 780 autres. Elles passent ensuite des tests d'anxiété en quatre sessions de cinq minutes, de mémoire en trois sessions de dix minutes et de sociabilité dix minutes par jour pendant trois jours. Le projet observe la mitophagie pendant la formation de nouveaux neurones, chez des souris saines et chez des souris modèles de la maladie d'Alzheimer. Les retombées avancées pour les personnes atteintes de troubles de la mémoire sont renvoyées au "plus long terme", le porteur reconnaissant que le sujet n'a "jamais été étudié jusqu'à présent".
Objectifs
La maladie d'Alzheimer (MA) se caractérise par une dégénérescence neuronale et des troubles de la mémoire. La mémoire repose sur la plasticité neuronale et notamment sur l'ajout de nouveaux neurones qui naissent dans le cerveau adulte au sein de l'hippocampe. Dans les modèles murins de la maladie d'Alzheimer, comme chez les patients, la production de ces nouveaux neurones, qu’on appelle neurogenèse hippocampique adulte, est altérée, ce qui contribuerait aux déficits de mémoire observés. De plus en plus d’évidences montrent que les mitochondries jouent un rôle clé dans la neurogenèse adulte et la plasticité neuronale qui sous-tendent la mémoire. Contrôler leur nombre et maintenir leur fonctionnalité, sont donc deux enjeux cruciaux. La mitophagie est un processus cellulaire qui permet l’élimination ciblée, par autophagie sélective, des mitochondries endommagées ou surnuméraires. Suite à des travaux récents suggérant que l'autophagie joue un rôle dans la neurogenèse adulte, nous souhaitons explorer la mitophagie au cours de la neurogène adulte dans le cerveau sain et pathologique, en utilisant souris saines et modèles de la MA.
Bénéfices attendus
Notre projet ouvre une nouvelle voie pour comprendre le rôle de la mitophagie dans la formation et l'intégration de nouveaux neurones dans l'hippocampe, un sujet jamais étudié jusqu'à présent. D’un point de vue fondamental, ces recherches pourraient considérablement élargir notre compréhension de la plasticité et des fonctions cérébrales. A plus long terme, nos résultats pourraient permettre d'identifier de nouvelles cibles moléculaires pour des traitements pharmacologiques innovants ou des modifications du mode de vie susceptibles d'améliorer la plasticité neuronale et la flexibilité cognitive. Ces travaux seront une étape essentielle dans l'amélioration des conditions de vie des personnes souffrant de troubles de la mémoire liés à des affections neurologiques, en particulier celles qui sont atteintes de la MA.
Procédures
Certaines souris seront soumises à une chirurgie d’une durée totale de 1h. Certaines souris seront soumises à une première chirurgie d’une durée de 2 secondes avant d’être soumises à une deuxième chirurgie d’une durée totale de 1h. Certaines souris seront soumises à des tests comportementaux pour mesurer leur niveau d'anxiété (4 sessions de 5 minutes espacées d'1 heure), et leur mémoire (2 sessions de 10 minutes suivie 24h après d'une session de 10 minutes) et leur socialibiité (10 minutes par jour pendant 3 jours).
Impact sur les animaux
Pour la chirurgie, l'incision de la peau peut induire une douleur modérée dans la phase postopératoire pendant 24 heures. Les injections d'agents pharmacologiques peuvent induire une douleur modérée pendant une dizaine de minutes.
Devenir
Toutes les souris seront mises à mort pour réaliser des analyses.
Remplacement
Ce projet vise à étudier la mitophagie pendant la croissance et l'intégration des nouveaux neurones du cerveau adulte en lien avec la mémoire et sa restauration dans la maladie d’Alzheimer. Il est donc indispensable de travailler sur un modèle animal. Autant que possible, en première intention, nous utiliserons un modèle de culture de nouveaux neurones adultes hippocampiques pour guider les travaux que nous mènerons ensuite in vivo.
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe a été déterminé sur la base de nos études précédentes et a été réduit au minimum pour obtenir une puissance statistique suffisante pour les comparaisons entre les groupes. Pour les études histologiques, 5 animaux par groupe dans nos études pilotes et 10 animaux pour les études finales. 20 animaux par groupe seront nécessaires pour effectuer les tests comportementaux en longitudinal. Afin de réduire le nombre d'animaux, nous étudierons seulement 3 moments clés dans les étapes de la neurogenèse adulte. Grâce aux études pilotes nous pourrions être en mesure de réduire le nombre d'animaux utilisés.
Raffinement
Les animaux seront habitués à l'expérimentateur au cours de 3 séances de manipulation de 10 minutes par souris. Les animaux seront surveillés quotidiennement par du personnel qualifié. Si une altération de leur état est observée, une grille de notation sera utilisée pour déterminer la conduite à tenir. Les critères évalués sont l'aspect général de l'animal, les fonctions corporelles, le comportement et le poids. Avant la chirugie deux analgésies, une générale par injection et une locale par application, seront réalisées.
Choix des espèces
L'utilisation d'un système in vivo qui reproduit fidèlement la physiologie humaine est essentielle dans notre projet de recherche pour élucider le processus complexe et dynamique de mitophagie impliqué dans la génération et l'intégration fonctionnelle des nouveaux neurones dans l'hippocampe, en conditions saines et de la maladie d’Alzheimer (MA). Pour ce faire, nous utiliserons des souris de type sauvage et des souris transgéniques modèles de la MA, et envisageons aussi d’utiliser si nécessaire des souris sauvages ou MA exprimant de façon intrinsèque un marqueur de mitophagie. Les souris, en tant que mammifères ayant des structures cérébrales bien caractérisées et similaires à celles des humains, sont un modèle de choix pour explorer les processus neuronaux complexes et les troubles de la mémoire. En outre, les technologies disponibles chez la souris, comme leur manipulation génétique ou l’utilisation de fluorochromes pour visualiser la morphologie et le fonctionnement des neurones, chez un individu dont on peut évaluer les performances cognitives, permettent d’aborder des questions fonctionnelles en lien avec la pathologie humaine. La variété des modèles murins disponibles, y compris ceux qui imitent la MA et expriment un marqueur de mitophagie, offre une opportunité unique de comparer les états sains et malades, offrant ainsi des pistes pour de nouvelles découvertes thérapeutiques. Les animaux seront utilisés lorsqu'ils auront atteint l'âge adulte (au moins deux mois). Certaines souris modèles de la maladie d’Alzheimer seront utilisées à 3, 6 et 9 mois -, âges qui correspondent à différents stades de la pathologie allant de léger à avéré.
Etude de l’efficacité et de la tolérance de trois molécules antivirales dans un modèle d’infection du nouveau-né par un virus transmis pendant la grossesse
- Recherche fondamentale
- Organes sensoriels
232 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des femelles gestantes reçoivent une injection de cytomégalovirus murin dans chaque poche amniotique au treizième jour de gestation, et leurs petits, nés infectés, subissent la section d'un bout de queue à la naissance, cinq jours d'injections dans l'abdomen et des mesures d'audition à trois, six et neuf semaines. Parmi les effets attendus, le porteur liste la difficulté de prise de poids, l'ouverture des cicatrices chez les mères et la surdité des souriceaux. Il affirme que l'étude ne peut être réalisée que chez l'animal, la complexité de l'oreille interne rendant selon lui impossible tout recours à des "méthodes alternatives".
Objectifs
L’infection pendant la grossese à cytomégalovirus (un virus transmissible par voie respiratoire chez l'Homme et qui peut infecter le bébé pendant la grossesse) est la principale cause infectieuse de surdité acquise avant la naissance. Cette infection représente 0,5 à 1% des naissances vivantes et elle est le plus souvent sans symptomes à la naissance. La surdité est la séquelle la plus fréquente même chez les nouveau-nés sans symptomes à la naissance, et peut se révéler plusieurs années après. L’équivalent murin du virus, le MCMV, peut entraîner chez la souris, les mêmes anomalies que celles retrouvées chez l’humain. La surdité chez les souriceaux infectés est mise en évidence par une mesure de l'audition (potentiels évoqués auditifs (PEA)) à 3, 6 et 9 semaines. Trois nouvelles molécules semblent avoir une efficacité antivirale sans toxicité. Le but de cette étude est de comparer l'efficacité de ces molécules par rapport au traitement de référence sur un modèle murin dans le contexte d'une infection à CMV.
Bénéfices attendus
Il n’existe actuellement pas de traitement permettant de prévenir ou guérir la surdité dans le cadre de l’infection à cytomégalovirus (CMV) pendant la grossesse. La prescription de traitement antiviral à la naissance semble limiter ou ralentir la surdité. Les antiviraux commercialisé sont efficaces sur l’infection mais ils ont des effets secondaires (toxicité sanguine, toxicité rénale) et n’ont pas l’autorisation d'utilisation pour l’infection congénitale par le CMV. Les traitements que nous voulons tester ont été développés récemment et n’ont pas encore été testés dans les infections congénitales à CMV. Il s’agit donc de la première étude d’évaluation d’efficacité de ces antiviraux dans cette indication.
Procédures
Les souris seront infectées par le cytomégalovirus murin (MCMV) puis traitées par différents antiviraux pour observer l'efficacité de ces traitements sur la surdité provoquée par le MCMV. L'infection au MCMV sera faite une fois par souris gestante, par une injection dans chaque poche amniotique (poche contenant les bébés souriceaux) de MCMV. Les traitements à l'étude seront administrés chez les souriceaux nés infectés, par une injection intrapéritonéale (cavité abdominale) une fois par jour pendant 5 jours. Les prélèvements de sang lors de la section d’un bout de queue à la naissance des souriceaux sera réaliser une fois par souriceau. Ainsi que le prélèvement de salive à la naissance (au niveau de la face interne de la joue à l'aide d'un petit écouvillon adapté).
Impact sur les animaux
Douleur en post opératoire des injections de MCMV (douleurs de cicatrice). Douleur lors des injections des traitements antiviraux dans la cavité abdominale. Risque d'nfections du site opératoire ou ouverture de la cicatrice après injection du virus aux mères gestantes. Difficulté de prise de poids due à l'infection. Surdité des souris infectées.
Devenir
Euthanasie des animaux en fin de procédure pour pouvoir faire les analyses sur les tissus (recherche du virus et de signes d'inflammation, recherche d'effets secondaires des traitements).
Remplacement
L'objectif de l'étude étant d'évaluer la préservation de l'audition, cette étude ne peut être réalisée que chez l'animal. Compte-tenu de la complexité de structure de l’oreille interne, il n’est pas possible de remplacer ce modèle animal par d’autres modèles ni par des méthodes alternatives ni substitutives.
Réduction
Les calculs du nombre d'animaux nécessaire à été fait pour avoir une puissance statistique suffisante compte tenu des variations d'audition entre les groupes. Dans des études précédentes sur ce même virus mais avec des traitements différents , le nombre de souriceaux par femelle gestante était divisé par deux lorsque les souris étaient infectées par le virus, justifiant un nombre important de femelles gestantes (5 par groupe d'étude).
Raffinement
Le suivi clinique quotidien permettra d'évaluer la douleur à l'aide d'une grille de score prenant en compte des paramètres suffisamment précoces et prédictifs (comportement de l'animal, blessures éventuelles) permetant de proposer une action pour réduire la douleur (désinfection d'une blessure par exemple) ou qui aboutira à l’euthanasie de l’animal. Les souris seront hébergées dans une animalerie calme, avec enrichissement dans les cages et seront surveillées quotidiennement. Lors des procédures douloureuses ou tests auditifs, ils seront endormis et un traitement anti douleur sera administré.
Choix des espèces
La souris constitue l’espèce de choix dans cette infection virale car le MCMV est génétiquement proche du virus humain et les atteintes induite par ce virus sont similaires à celles observées chez l’homme. Les femelles gestantes seront injectées à E13 (13ème jour de gestation). Il s’agit de la période de développement neurologique. Ce stade correspond également à l’apparition et au développement des organes de l'audition, qui se forment entre le 13ème et 18 ème jour de gestation chez la souris. Pour l'étude de la vie des molécules dans la corps de la souris, les souriceaux auront 1 jour de vie et les souris seront adultes afin de pouvoir observer d'éventuelles différences entre l'adulte et le nouveau-né.
Role de la spectrine Astrocytaire
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
520 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, chacune recevant une injection de tamoxifène dans le ventre cinq jours de suite. Quarante d'entre elles subissent en plus une injection dans le sinus situé derrière l'œil, puis, deux mois plus tard, une chirurgie sous anesthésie sans réveil avec perfusion du cœur pour prélever le cerveau. Les procédures relèvent d'un niveau de souffrance léger pour 480 animaux et modéré pour 40, l'objet étant de caractériser le rôle d'une protéine dans les astrocytes. Le porteur indique que cinq animaux suffisent à obtenir des observations exploitables, sans relier ce chiffre aux 520 souris déclarées.
Objectifs
Les astrocytes sont les cellules gliales majoritaires du cerveau. Ils possèdent une une morphologie très ramifiée et complexe. Ils forment en particulier des prolongements ou "pieds" qui vont au contact des vaisseaux sanguins cérébraux. A cette interface, appelée l’unité gliovasculaire, les astrocytes régulent les fonctions vasculaires cérébrales. Cependant les modalités de cette polarité des astrocytes et les régulations astrocytaires sont très mal connues alors même qu'elles sont altérées dans un grand nombre de pathologies cérébrales. Dans une étude récente, nous avons identifié la spectrine comme un marqueur important de la polarité des pieds astrocytaires périvasculaires. Le but de notre projet est de caractériser la fonction de la spectrine dans les astrocytes du cerveau.
Bénéfices attendus
Les astrocytes sont des cellules gliales indispensables au fonctionnement du cerveau qui ont une morphologie très ramifiée et complexe et qui contactent en particulier les vaisseaux sanguins cérébraux. Les astrocytes régulent les fonctions cérébrovasculaires mais les modalités de ces régulations sont encore mal caractérisées. Notre projet devrait permettre d'apporter un éclairage nouveau sur le rôle de la spectrine dans les astrocytes qui est une molécule que nous pensons être indispensable pour la polarité et la morphologie des astrocytes à l’interface vasculaire cérébrale. Ces connaissances sont indispensables car la polarité astrocytaire à l'interface vasulaire est modifiée dans de nombreuses pathologies du cerveau et que cette interace est indispensable au fonctionnement de cet organe.
Procédures
Les interventions sous anesthésie générale (injection intraveineuse rétro_orbitale et chirurgie terminale sousanesthésie sans réveil en vue du prélèvement du cerveau) sont rapides (environ 30 secondes pour l’injection rétro_orbilate et environ 30 minpour la chirurgie terminale sousanesthésie sans réveil en vue du prélèvement du cerveau) et ne sont réalisées qu’une seule fois par animal. L'injection de tamoxifène est réalisée1 fois par jour pendant 5 jours consécutifs. Bilan: injection intrapéritonéale de tamoxifene : 1 injection fois par jour pendant 5 jours consécutifs ; 520/520 animaux; injection unique intraveineuse rétro-orbitale d' AAV puis 2 mois après, injection sous cutanée de buprénorphine, injection intrapéritonéale d’anesthésique, perfusion intracardiaque : 40/520 animaux
Impact sur les animaux
Tous animaux subiront une injection intrapéritonéale de tamoxifène pendant 5 jours consécutifs ce qui peut engendrer un stress lié à la contention de l’animal et une douleur locale liée à l’injection (nuisance légère). Pour l’étude histologique, tous les animaux recevront une injection intraveineuse dans le sinus rétroorbitale. Ce geste peut entrainer une gêne auniveau de l’œil injecté (nuisance modérée).
Devenir
L'euthanasie des animaux sous anesthésie générale est nécessaire pour les analyses histologiques. Ces analyses nécessitent que les vaisseaux sanguins ne contiennent plus de sang car sa présence interfère avec l'expérience d'immunofluorescence
Remplacement
L’expérimentation animale sur un système murin est essentielle, car nous ne pouvons le remplacer par un système in vitro où il est impossible de recréer les multiples interactions cellulaires d’un système complexe tels que les interactions entre les astrocytes et les vaisseaux sanguins. Il n’existe pas non plus d’autres modèles à l’heure actuelle permettant de répondre à nos questions biologiques.
Réduction
Le nombre d'animaux utilisés sera réduit autant que possible et correspond au minimum nécessaire pour obtenir des résultats scientifiques significatifs. Après avoir vérifié la normalité des données et l’absence de différence entre les animaux de même génotype, les effets entre les différents groupes selon le génotype et les stades de développement seront évalués . En cas de non normalité, les tests non paramétriques seront utilisés. Pour nos questions, il faut obtenir des observations sur 5 animaux indépendant. Ce chiffre a été fixé grâce à nos études précédentes utilisant le même type d’approche pour étudier la morphologie de l'unité gliovasculaire et des astrocytes et l’expression de différentes protéines ou ARN dans les astrocytes. Il s’agit du chiffre minimum pour intégrer la possible variabilité entre les animaux et est donc requis pour l'obtention de données interprétables et publiables.
Raffinement
Les souris subissant une expérimentation feront l'objet d'une surveillance accrue pendant les procédures et les jours suivants. Les injections intrapéritonéale et rétroorbitale pouvant générer de l'inconfort, une procédure avec des points limites gradés a été mise en place. En particulier, les points limites intermédiaires permettant la mise en place de soins des animaux sera mise en place évitant l'euthanasie des animaux.
Choix des espèces
La souris est un mammifère où les règles et les processus qui régissent le développement du système nerveux central et sa plasticité sont similaires à l'homme. Cette espèce est aussi choisie en raison de l’existence d’un modèle génétique déjà établi permettant d'étudier le role de la spectrine astrocytaire. Les injections de tamixifène sont réalisées sur des animaux agées de 1 à 2 mois. Un délai de 2 mois après l’injection de tamoxifène est prévu afin de s’assurer la bonne inactivation du gène et de la protéine. Nous avons prévu d’analyser les animaux à 4 mois et à 6 mois car l’effet sur la morphologie des astrocytes et l’unité gliovasculaire peut être progressif.
Etude de la remyélination périphérique chez des souris inactivées pour les gènes des récepteurs corticostéroïdes
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Génétiquement modifiées pour ne plus répondre aux corticostéroïdes, 2 880 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune subit une compression du nerf sciatique de vingt minutes sous anesthésie, pratiquée sur les deux pattes arrière, l'une comprimée et l'autre opérée à blanc, puis trois tests moteurs mesurant la force, la coordination et l'équilibre. Le porteur qualifie la douleur induite de légère et affirme que la patte témoin ne gêne pas l'animal, tout en prévoyant une quantification quotidienne de cette douleur et des points limites. Toutes seront tuées à deux ou six mois pour prélever leurs nerfs sciatiques.
Objectifs
Le but de cette étude est d'utiliser un modèle de compression du nerf sciatique chez la souris pour mieux comprendre l'effet d'hormones sur la régénération du nerfs périphérique en utilisant des animaux ayant une réponse modifiée à ces hormones dans le nerfs.
Bénéfices attendus
Bien que très efficaces, les traitements hormonaux peuvent être accompagnés d'effets secondaires sévères. Des hormones sont impliquées dans la réponse au stress, l'immunité, l'inflamation, les rythmes biologiques, la mémoire et le métabolisme. De façon étonnante, leur rôle dans la biologie des nerfs a été peu étudié à ce jour. Mieux comprendre les rôles des hormones dans leur régénération pourrait avoir des applications dans le traitement des maladies des nerfs liés au diabéte, ou dans les atteintes nerveuses auto-immunes comme le syndrôme de Guillain-Barré.
Procédures
Pour étudier la réparation de la gaine de myéline les animaux subiront une compression du nerf sciatique pour induire une altération de la gaine de myéline et ensuite sa régénération. La procédure ne dure que 20 minutes et sera effectuée sous anesthésie générale après traitement analgésique pour limiter la douleur liée à l'opération. Après l'opération, nous suivrons au cours des semaines suivantes la récupération des fonctions du nerf sciatique en utilsant trois tests moteurs mesurant la force, la coordination et l'équilibre. Chacun des tests ne dure que quelques secondes par animal et sera répéter un autre jour, le premier test servant à habituer l'animal.
Impact sur les animaux
Chez la souris, la compression du nerf sciatique altère légèrement la locomotion et peut entraîner une douleur que nous avons caractérisée comme légère. Nous quantifierons les jours suivants cette douleur chez les souris en utilisant des critères spécifique d'évaluation de la douleur que nous avons mis en place afin de prendre en charge par un analgésique si nécessaire les nuisances induites par cette procédures. Les tests comportementaux peuvent aussi induire une légère douleur localisée. De base, l'état des animaux insensibles aux hormones n'est pas dommageable : on observe une baisse de performance sur des tests moteurs spécifiques mais sans gène au déplacement.
Devenir
Tous les animaux seront euthanasiés après les tests moteurs permettant de mesurer la régénération du nerf, qui aura lieu à 2 mois (jeunes adultes) ou à 6 mois (adultes matures) afin de prélever les nerfs sciatiques pour étudier la cinétique moléculaire et cellulaire de la remyélination.
Remplacement
La remyélinisation est un processus complexe qui nécessite l’intervention de multiples acteurs cellulaires qui ne peuvent être modélisés in vitro. La qualité de la mise en place de la gaine de myéline et de son maintien a des conséquences fonctionnelles qui nécessitent l’analyse de composantes sensori-motrices propres aux animaux vivants.
Réduction
Nous avons limité au minimum le nombre d'animaux nécessaire pour atteindre la puissance statistique suffisante pour l'analyse des altérations comportementales induites par la perturbation du système sensori-moteur. Nous soumettrons les données aux tests satistiques adaptés et comparerons les groupes de 10 animaux deux à deux (contrôles vs réponse aux corticostéroïdes inactivée / lésés vs non lésés). De plus, l’analyse de cohorte d'un autre projet du laboratoire et l’optimisation du protocole de compression du nerf sciatique nous permet de réduire par deux le nombre d’animaux opérés en s’affranchissant du groupe contrôle. Vue l’innocuité du geste chirurgical sur les tissus environnants le nerf et l’atteinte locomotrice très limitée, nous avons décidé d’opérer les animaux au niveau des deux pattes arrières (une subit la compression, l’autre seulement le geste chirurgical à blanc). Aucune gène n’a été constatée du côté de la patte contrôle et cela ne compromet pas la capacité de l’animal à se nourrir ou se déplacer, ni n’affecte significativement son bien-être.
Raffinement
Les manipulations se font dans une pièce dédiée au comportement dans la zone expérimentale de l'animalerie. Les animaux issus d'une même portée sont hébergés dans les mêmes cages contenant du matériel de nidification. L'enrichissement est renforcé des dômes et des batonnets à ronger. Au minimum 4 heures s'écoulent entre chaque test de nature différente, et au maximum 2 tests seront effectués dans la même journée. La compression des nerfs s'effectue sous anesthésie et analgésie. Des analgésiques sont également administrés après l'opération. Si des animaux se déplacent avec difficulté, du gel alimentaire sera mis à disposition. La compression du nerfs ne provoque pas de dommage majeur pour l'animal et la récupération s'effectue rapidement, mais par précaution des points limites ont été définis pouvant aller jusqu'à l'arrêt de l'expérimentation.
Choix des espèces
Les souris sont des mammifères suffisamment proche de l’Homme pour servir à l’évaluation de l’implication des voies de signalisation des corticostéroïdes sur le développement et le maintien de la gaine de myéline périphérique. Par ailleurs, la génération de modèles de souris transgéniques est une stratégie largement utilisée dans ce domaine de recherche. De plus, les techniques d’analyse à notre disposition pour évaluer l’implication de ces voies ont été principalement développés pour la souris. Les animaux seront utilisés au stade 2 mois, jeune adulte, et 6 mois, adulte mature pour voir si l'âge influe sur la capacité de régénération de la gaine de myéline lorsque la réponse aux glucocorticoïdes est inactivée.
Rôle de l’apolipoprotéine M adipocytaire dans la sensibilité à l’insuline EU 1/2
- Recherche fondamentale
- Multisystémique
- Oncologie
- Système endocrinien
1 080 souris vont être utilisées, toutes tuées puis nécropsiées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles suivent douze semaines de régime enrichi en lipides, subissent deux gavages, trois à onze injections et quatre séries de huit à neuf prélèvements de sang à la queue, certaines une chirurgie sous anesthésie générale. Le projet teste si la surexpression d'une adipokine dans le tissu adipeux retarde la résistance à l'insuline liée à l'obésité. Le porteur écrit que le modèle in vivo est "indispensable" pour étudier ces dialogues entre cellules, après avoir précisé que son équipe cultive couramment des adipocytes humains et murins.
Objectifs
L’obésité est caractérisée par un excès de tissu adipeux et s’accompagne de complications métaboliques. L’excès de tissu adipeux est corrélé au degré d’insulino-résistance qui, s’il n’est pas contrôlé, aboutit au développement d’un diabète de type 2. Le tissu adipeux est un organe central du métabolisme par sa fonction de stockage des lipides. Il produit également de nombreux facteurs, dont des adipokines bénéfiques ou délétères vis-à-vis de l’action de l’insuline ; ces adipokines peuvent agir au sein même du tissu ou à distance dans l’organisme. Une meilleure connaissance des adipokines participe à la compréhension des complications métaboliques associées à l’obésité. Nous avons mis en évidence chez l’Homme une nouvelle adipokine dont le niveau d’expression dans le tissu adipeux est faible chez des personnes atteintes de syndrome métabolique ou de diabète de type 2. Son taux sanguin est un déterminant négatif de la résistance à l’action de l’insuline. Nous émettons l’hypothèse qu’une altération de la production de cette adipokine par le tissu adipeux pourrait contribuer au développement d’une insulino-résistance. Nous voulons tester si sa surexpression dans le tissu adipeux peut permettre de retarder, voire d’empêcher, le développement d’une résistance à l’action de l’insuline induite par l’obésité. Ce projet est multisites, il sera réalisé dans deux établissements utilisateurs.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra l’apport de nouvelles connaissances sur les acteurs de la sensibilité à l’insuline, dans un contexte de prise de poids et de dégradation de la signalisation insulinique. La compréhension du rôle de certaines adipokines dans la prévention de la perte de la sensibilité à l’insuline au cours de l’obésité, permettra de cibler de nouveaux mécanismes cellulaires. L’apport de l’expérimentation animale est majeur dans l’étude de la dérégulation de ces voies, en offrant un point de vue à corps entier de la physiopathologie de l’obésité et du diabète.
Procédures
Dans l’EU1, les animaux auront une alimentation enrichie en lipides durant 12 semaines et un hébergement à thermoneutralité. Tous les animaux seront soumis à 2 gavages, 3 à 11 injections et 4 séries de 8 à 9 prélèvements de sang à la queue au cours de leur vie ; chaque acte sur animaux vigiles n’excédant pas 15 secondes consécutives. Tous les animaux pourront subir une intervention chirurgicale (de 10 à 15 minutes maximum) sous anesthésie générale avec utilisation d’antalgique pour limiter la douleur post-opératoire. Dans l’EU2, les animaux seront soumis à 1 gavage, 1 série de 5 prélèvements de sang à la queue n’excédant pas 15 secondes consécutives, puis nécropsiés.
Impact sur les animaux
Les animaux subiront plusieurs nuisances ou effets indésirables au cours de leur vie allant d’inconforts à des douleurs légères sur de courtes durées. L’inconfort et/ou le stress pourraient survenir lors des mesures de poids (temps inférieur à 1 min), lors des 12 semaines de régime enrichi en lipides, lors des gavages (environ 15 sec) ou encore lors des transports entre différents établissements utilisateurs (durée inférieure à 5 min). Des douleurs légères n’excédant pas quelques secondes pourraient survenir lors de prises de sang ou encore lors d’injections. Dans l’éventualité où l’option chirurgicale serait retenue pour induire la surexpression de l'adipokine étudiée, les souris pourraient ressentir une douleur légère pendant 1 à 2 jours malgré l’utilisation d’antalgique.
Devenir
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure et nécropsiés en vue de l'analyse de leur sang et de plusieurs organes.
Remplacement
Les modèles in vitro d’adipocytes humains et murins existent et l’équipe en cultive couramment. Cependant, en raison de la capacité de prolifération quasi-inexistante des adipocytes, ces lignées sont cultivées sous forme de préadipocytes puis différenciées en adipocytes matures grâce à un milieu de culture spécifique. Ces conditions de culture rendent les cellules artificiellement résistantes à l’action de l’insuline et il est impossible d’étudier l’effet de certaines molécules sur la sensibilité à l’insuline. De plus, les tissus adipeux sont constitués d’une grande diversité de cellules, outre les adipocytes, qui participent à la dysrégulation de la sensibilité à l’insuline. C’est le cas des cellules immunitaires qui, selon leurs sécrétions de cytokines et chimiokines, influencent le signal insulinique à l’échelle du tissu. Ainsi, le modèle in vivo sur l’animal, utilisé à des fins expérimentales, est indispensable à l’étude de ces dialogues intercellulaires au niveau du tissu, puis à l’étude des dialogues inter-organes au niveau systémique.
Réduction
Grâce à nos études préliminaires, nous savons qu’un minimum de 10 animaux nourris avec un régime enrichi en graisses par condition testée est nécessaire pour observer un effet sur la sensibilité à l’insuline. Ces travaux n’avaient cependant été réalisés que sur des mâles de fond génétique sauvage. A cause d’une hétérogénéité interindividuelle significative dans les paramètres physiologiques étudiés, les différentes procédures de phénotypage métabolique nécessiteront dans ce projet d’utiliser 15 animaux contrôles par sexe (dont 10 sous régime enrichi en lipides et 5 sous régime standard) et 15 animaux génétiquement déficient pour une adipokine par sexe (dont 10 sous régime enrichi en lipides et 5 sous régime standard), pour chaque condition expérimentale et température d’hébergement. Ce nombre minimal permettra d’obtenir des résultats robustes et basés sur une puissance statistique suffisante, en tenant compte de potentiels animaux non répondeurs ou « outliers ». Nous estimons que pour établir une différence éventuelle entre les groupes il est nécessaire d'avoir au minimum 15 individus par groupe : soit 15 mâles non déficients, 15 mâles déficients, 15 femelles non déficientes et 15 femelles déficientes par condition expérimentale et température d’hébergement. L'utilisation de 3 cohortes au maximum, manipulées à des temps « indépendants », est justifiée par l'éthique scientifique qui permet d'établir qu'un résultat est vrai quand il a été répété à plusieurs reprises dans les mêmes conditions expérimentales sur des lots différents.
Raffinement
Pour le bien-être animal, les souris seront en groupes sociaux de 4 à 5 individus constitués dès le sevrage de fratries, dans la majorité des cas. Les souris ne seront jamais isolées lors des protocoles. Un contrôle quotidien de l'alimentation, la boisson et l'état physique des animaux sera effectué. Des enrichissements (feuille d’essuie-tout, bâtonnet de bois, papier kraft « sizzle-nest ») seront placés dans les cages et remplacés lors du change hebdomadaire ou en cas de souillure excessive. Si les animaux montrent des signes d’agitation/nervosité lors des manipulations, des abris seront ajoutés aux cages (igloos, tubes…) afin de satisfaire leur besoin naturel de se cacher. Selon le développement technique et la disponibilité commerciale de certains produits à administrer, ces options moins invasives seront privilégiées à la chirurgie. Dans le cas contraire, les injections ou chirurgies se feront sous anesthésie avec antalgique et tapis chauffants. Dès l’apparition d’un comportement normal de réveil (étirements, ébrouement, toilettage…), il sera replacé avec ses congénères. Dans les jours suivants, la litière de copeaux de bois standard sera remplacée par une litière de cellulose ne produisant pas de poussière, évitant l’irritation des plaies chirurgicales. La cicatrisation de l’abdomen et l’absence de signes de douleurs (évaluée par la grille de scoring) sera un point essentiel de la surveillance quotidienne. Après mise sous régime riche en graisses, un suivi du poids hebdomadaire sera réalisé. Les animaux seront suivis toute leur vie avec une grille de scoring permettant d’évaluer, par l’attribution de points, l’état de santé de chaque animal. En fonction du total de points obtenus (score), le RMO sera capable de déterminer si des points limites adaptés à chaque procédure sont atteints et les actions à réaliser pour soulager ou mettre fin aux souffrances relevées. Pour l’expérimentation terminale dans l’EU2, les animaux seront transportés entre les deux établissements suivant une procédure de transport déclarée lors de l’agrément de l’établissement (cheminement et conditions de transport validés par signature d’une charte de transport). Les cages sont placées dans des valises de transport adaptées à 2 cages permettant un isolement de la lumière et des conditions météorologiques extérieures. Le trajet se fait à pied (inférieur à 5 min), est pré-déterminé et évite la rencontre avec le public.
Choix des espèces
L’espèce Mus musculus (Souris) est le modèle animal expérimental le plus étudié notamment pour les études physiologiques et métaboliques. La lignée animale déficitaire pour le gène d’une adipokine a été développée chez la Souris et est utilisée par plusieurs équipes de recherche, ce qui permet une comparaison avec les données de la littérature. La transposition du modèle à l’Homme est améliorée par l’humanisation du modèle murin, par l’utilisation de vecteurs viraux permettant l’expression du gène humain de notre adipokine dans le tissu adipeux des animaux. Les animaux utilisés seront adultes et âgés de 8 semaines au début du protocole, 22 semaines à la fin du protocole.
Compréhension des effets d’un médicament (Ruxolitinib) utilisé dans le traitement de cancer du sang favorisant la survenue de cancer de la peau.
- Recherche appliquée
- Cancers
Comprendre pourquoi un médicament commercialisé depuis 2012 provoque des cancers de la peau : 1 008 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dont 816 dans des procédures d'un niveau de souffrance sévère. Des molécules chimiques sont appliquées sur leur dos deux fois par semaine de la quatrième à la quarantième semaine pour faire pousser des tumeurs cutanées, d'autres reçoivent des cellules cancéreuses injectées dans la veine de la queue ou sous la peau. Le porteur décrit des tumeurs de volume important, ulcérées et infectées, une perte de poids, un arrêt du toilettage, ainsi que des lésions digestives liées aux gavages répétés. Il qualifie l'application des molécules cancérigènes de procédure "rapide et indolore" ne nécessitant pas d'anesthésie.
Objectifs
Les néoplasies myéloprolifératives (NMP) sont des maladies caractérisées par une production excessive de cellules du sang due à des anomalies génétiques entraînant la prolifération des cellules du sang. Depuis 2012, ces pathologies peuvent être traitées par un médicament qui bloque cette voie moléculaire. Ce traitement améliore les symptômes des patients de manière importante mais son utilisation à long terme présente un risque de cancer secondaire. En effet, il a été montré que ce médicament était responsable du développement de carcinomes cutanés épidermoïdes (CCE, type de cancer de la peau) à la fois chez les patients et aussi dans un modèle de souris. Le mécanisme de survenue de ces cancers est dû à l’activation d’une autre voie moléculaire de prolifération cutanée. De manière originale, ce traitement est à la fois capable d’induire des cancers cutanés mais aussi, à l’opposé, d’augmenter l’efficacité des traitements qui cible le système immunitaire (moyen de défense contre les infections et les cancers). Ainsi, les objectifs du projet actuel sont : 1) De mieux comprendre le mécanisme cancéreux responsable des CCE à ce traitement pour proposer des traitements préventifs et curatifs à l’ensemble des patients traités. 2) D’évaluer si les effets anti-tumoraux de ce traitement observé dans les CCE peuvent être étendus à d’autres types de cancer.
Bénéfices attendus
A l’heure actuelle, le médicament que nous étudions est utilisé pour traiter majoritairement les patients atteints de NMP mais aussi comme traitement d’autres maladies. Ainsi, mieux comprendre les mécanismes responsables de l’induction de CCE sous ce traitement pourrait être bénéfique pour l’ensemble de ces patients et pourrait déboucher sur la mise en place d’essais cliniques et aboutir à la publication de nouvelles recommandations préventives et curatives dans les CCE induits par ce traitement.
Procédures
L’induction de la maladie sera faite par injection des cellules cancéreuses dans la veine de la queue (cancer du sang) ou sous la peau (mélanome). Cela sera fait sur souris éveillée et dure moins de 5 min. Pour induire les CCE, nous utiliserons le modèle déjà bien décrit dans la littérature scientifique. Les souris seront traitées avec des molécules chimiques (application à l'aide d'une pipette sur la peau du dos à jour 0 et jour 18 pour l’une des molécules et deux fois par semaine de la semaine 4 à la semaine 40 pour l'autre molécule) afin d’induire des lésions pré-cancéreuses et des tumeurs cutanées. Cette procédure est rapide (< 2 min par souris) et indolore ; elle ne nécessite pas d’anesthésie. Pour le modèle de cancer du sang, des prélèvements sanguins seront effectués sur souris éveillées au niveau de la veine de la joue (durée : 2 min). Une fois les différentes maladies induites, les traitements seront administrés par gavage oral ou par injection dans l’abdomen. Le gavage oral s’effectuera à l‘aide de sonde en plastique sur souris éveillées (1 min par souris). Les injections dans l’abdomen s’effectueront également sur souris éveillées (< 1 min par souris). Le suivi du développement des tumeurs de la peau (CCE ou mélanome) sera réalisé par mesure de la taille à l’aide d’une règle spéciale (pied à coulisse) sur souris éveillée (durée : 1 min).
Impact sur les animaux
Pour les modèles de cancer de la peau induit par application de molécules chimiques ou par injection de cellules cancéreuses, les effets indésirables pouvant être observés sont une perte de poids, une diminution de l’activité de base de l’animal (alimentation, locomotion, toilettage) et une tumeur de volume important, ulcérée, infectée. Pour le modèle murin de cancer du sang en dehors des complications citées précédemment liées à la CCE, les effets indésirables pouvant être observés sont des risques de formation de caillots de sang et/ou de saignements et le développement du cancer. L'administration des traitements (gavage, injection dans l'abdomen.) peuvent induire un stress (contension) et des lésions (tube digestif, au niveau de l'abdomen) en raison de leur répétition dans le temps.
Devenir
Tous les animaux inclus dans ce projet seront euthanasiés à l’issu de chaque procédure. Les tumeurs et différents organes du système de défense de l'organisme (rate, moelle osseuse) seront prélevés pour analyse.
Remplacement
Les modèles de culture en trois dimensions permettant de mimer à la fois les tumeurs solides et les cancers hématologiques in vitro (sans utilisation d'animaux) ne permettent pas de récapituler toute la complexité des interactions entre les différents types de cellules (normales, cancéreuses) observées aux cours du développement de ces pathologies. Ils ne permettent notamment pas d’explorer l’effet des thérapies (distribution dans l'organisme), c’est pourquoi nous aurons recours à des modèles animaux déjà validés dans la littérature scientifique pour valider nos hypothèses.
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été déterminé afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs avec le nombre de souris minimum. Nous avons pour cela utilisé des logiciels de calcul statistique.
Raffinement
Toutes les expériences et manipulations des animaux seront effectuées dans le respect du bien-être animal. En particulier, les animaux sont hébergés dans une structure adaptée avec un enrichissement des cages (papier kraft pour la fabrication de nid et buchette de bois à ronger). La période d’acclimatation avant manipulation sera respectée. Le suivi des animaux sera évalué de manière visuelle de façon quotidienne et une évaluation clinique à l'aide d'une grille de score prenant en compte l’apparence générale de l’animal, son comportement, ses lésions et la taille/progression de la tumeur sera faite deux fois par semaine. En cas de signe de souffrance, un anti-douleur sera administré et une nouvelle évaluation clinique sera faite le lendemain Si les symptômes persistent, les animaux seront alors immédiatement euthanasiés.
Choix des espèces
La souris est un modèle de choix dans ce projet, car de nombreuses publications scientifiques ont décrit le protocole expérimentale pour le CCE. De plus les pathologies développées sont très proches de celles observées chez l'Homme et les traitements utilisés chez les patients produisent les mêmes effets sur la souris. Nous utiliserons des souris d'âge adulte car les maladies induites dans le cadre de ce projet se développent chez l'Homme adulte.
Création pour l’étude de pathologies humaines d’un modèle de souris doublement humanisées, par l’introduction d’un système immunitaire humain et d’une xénogreffe de peau humaine
- Recherche appliquée
- Maladies infectieuses
- Troubles immunitaires
- Troubles sensoriels
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Multisystémique
- Oncologie
- Système cardiaque
- Système immunitaire
- Système urogénital
Irradiées, puis greffées avec des cellules souches humaines, puis opérées trente minutes pour recevoir un fragment de peau humaine dans le dos, 1 263 souris portent ensuite des bandages pendant sept jours. Elles sont enfin infectées par des méningocoques en injection intraveineuse, ce qui déclenche une septicémie : 960 d'entre elles subissent des procédures d'un niveau de souffrance sévère, les 303 autres un niveau modéré. Profondément immunodéficientes par construction, elles sont décrites par le porteur comme "très sensibles aux infections", et l'irradiation peut provoquer des tumeurs à long terme. Toutes seront tuées, aucune ne pouvant être réutilisée, replacée ni adoptée après avoir reçu des cellules humaines et une infection.
Objectifs
L’étude in-vivo des infections invasives à méningocoques nécessite un modèle murin basé sur la greffe d’un morceau de peau humaine sur le dos de souris du fait de la spécificité de la bactérie pour les vaisseaux humains. Lors de la prise du greffon, les micro-vaisseaux humains contenus dans la peau humaine vont se connecter au réseau vasculaire murin. Ainsi, lorsque l’on injecte des bactéries aux animaux, celles-ci vont se fixer sur la paroi des vaisseaux humains du greffon, se multiplier et induire des lésions vasculaires importantes comme dans la pathologie humaine. Toutefois, une limite majeure de ce modèle est qu’il utilise des souris immunodéficientes, qui sont donc incapable de reproduire la réponse immunitaire complète qui se met en place chez l’Homme. L’objectif de ce projet est donc de développer un modèle hybride combinant l’humanisation du système immunitaire et la présence d’un greffon de peau humaine. Des modèles murins disposant d’un système immunitaire constitué de cellules humaines existent déjà. Leur combinaison avec le modèle de greffe de peau humaine permettrait d’améliorer la compréhension de la pathologie infectieuse et des mécanismes qu’elle implique. De plus, ce modèle pourra être utilisé par la suite pour d’autres applications dans lesquelles la communication entre la peau ou les vaisseaux sanguins humains et le système immunitaire et essentiels. On peut par exemple penser à des maladies auto-immunes cutanées.
Bénéfices attendus
Ce projet vise à obtenir un nouveau modèle animal, qui permettra de caractériser et comprendre les mécanismes d'infection bactérienne ayant une spécificité d’espèce pour l’humain. Il permettra aussi l’étude du rôle du système immunitaire dans ces pathologies et de manière général au niveau de la peau. En effet, la réponse immunitaire lors d’une infection bactérienne joue un rôle dans le contrôle de la progression de la pathologie. Comprendre ces mécanismes d’action constitue une étape essentielle dans l’amélioration de la prise en charge et le traitement des patients au niveau clinique. De plus la présence du système immunitaire humain permettra le développement et l’évaluation de vaccins dans un contexte très proche de la pathologie humaine. Les modèles animaux reproduisant fidèlement la situation humaine sont rares. Ce nouveau et unique modèle murin permettra également de réduire l’utilisation de modèle primate non humain pour l’étude de ces pathologies humaines.
Procédures
Les procédures expérimentales décrites prévoient les interventions suivantes: - irradiation (durée environ 5min, une fois par vie) - prélèvements sanguins sur souris vigile en contention à la main (durée : quelques secondes, fréquence d’un prélèvement tous les 15 jours au maximum) - Injection de cellules (quelques secondes, une fois par vie) - anesthésie chimique et greffe de peau sur le dos par chirurgie (environ 30min, une fois par vie) - port de bandages en période post opératoire (pendant 7 jours, une fois par vie) - infection par des bactérie par injection intraveineuse sur souris vigile dans un tube de contention (infection de 3, 6 ou 16h, une fois par vie)
Impact sur les animaux
Le degré́ de gravité des procédures est considéré́ comme modéré (injections et chirurgie) ou sévère (infection bactérienne systémique). Ainsi, plusieurs effets indésirables sont attendus lors des procédures expérimentales présentes dans ce projet : • Du fait de leur degré d’immunodéficience, ces animaux sont très sensibles aux infections. • L’irradiation des animaux peut causer de potentiels effets néfastes à long terme tels que le développement de tumeurs. Cependant, cette procédure est appliquée depuis de nombreuses années dans le laboratoire et il n’a été constaté des signes cliniques de ces effets néfastes que dans une minorité (5 mois). • La piqure de l’aiguille lors des injections pourra entrainer une douleur faible et de courte durée (quelques secondes) • L’excision d’une petite partie de la peau du dos pour la remplacer par de la peau humaine entrainera une douleur modérée pendant quelques jours. Cette douleur sera contrôlée par l’utilisation d’analgésiques pendant et après la procédure chirurgicale. • La présence de bandages maintenus pendant 7 jours pour protéger le greffon et favoriser sa prise entraineront une gêne et une mobilité réduite. • Lors des expériences d’infection, les animaux infectés développent une septicémie entrainant progressivement une baisse de leur activité (0-6h post-infection) allant jusqu’à leur prostration (6h-16h post-infection) et la survenue du décès de l’animal (>16h post-infection).
Devenir
A la fin de ces procédures expérimentales, les animaux seront mis à mort pour l’analyse et la caractérisation de la physiopathologie et la réponse immunitaire induite. Tous les animaux seront mis à mort car ils ne peuvent être ni être réutilisés, ni replacés, ni adoptés : ils seront greffés avec des cellules humaines, voire infectés.
Remplacement
Ce projet vise à l’établissement d’un modèle expérimental récapitulant l’ensemble des mécanismes induits par une inflammation (bactérienne, virale, auto-immune) au niveau de la peau ou des vaisseaux sanguins humains. Si des études sur des cellules en culture ou des organes sur puce permettent d’obtenir des informations sur les mécanismes mis en œuvre dans la pathologie, il est encore impossible de reproduire in vitro la complexité de l’organisme et le rôle du système immunitaire. Un modèle murin humanisé peut fournir ce niveau d’information et représente donc un modèle de choix. Par ailleurs, il permet une alternative aux modèles historiques d’études des infections humaines que sont les primates non-humains. En proposant comme alternative la souris humanisée pour le système immunitaire et la peau, nous appliquons de manière relative le principe de remplacement en écartant l’utilisation de primates non-humains.
Réduction
Afin de réduire le nombre de souris nécessaires, notre projet utilisera des mâles et des femelles. La répartition des animaux sera faite grâce à un outil statistique afin de créer des groupes expérimentaux homogènes. Le nombre de souris à utiliser a été calculé pour obéir aux minima nécessaires à des analyses statistiques valides, condition nécessaire pour une interprétation biologique des résultats. Les comparaisons entre les groupes expérimentaux seront réalisées et l’effectif des groupes expérimentaux a été déterminé avec l’aide de biostatisticiens. Cela permettra d’utiliser le nombre d’animaux minimum et adapté. Notre expérience sur les procédures mises en œuvre nous a aidé à établir en amont un plan d’étude adapté aux objectifs du projet. Elle nous permet également une optimisation des expériences et une limitation des variabilités inter-individuelles liées au modèle.
Raffinement
L’utilisation d’analgésiques et d’antalgiques lors de la majorité́ des procédures permet de réduire le stress et la souffrance éventuelle des animaux. De façon générale, les soins post-opératoires tels que des pansements, du gel oculaire, une réhydratation par voie sous-cutanée, une alimentation hydratante et un suivi régulier des animaux sont inclus dans nos protocoles. De manière plus spécifique concernant la procédure de greffe de peau humaine, les animaux sont prémédiqués avec l’injection d’antalgiques. La chirurgie est réalisée sur un tapis chauffant (37°C), sur des animaux anesthésiés. Avant d’être placés en cage de réveil (cage propre placée sous une lampe chauffante), les animaux greffés sont réhydratés. Un gel de réhydratation est placé dans la cage pour favoriser leur récupération. Un traitement antalgique est fourni aux animaux pendant 5 jours après la chirurgie en supplémentant les gels de réhydratation avec une solution buvable. Si des signes de souffrance persistent 3 jours après la chirurgie (poils hérissés, changements d’expressions faciales, abattement, perte d’activité, perte d’embonpoint…), les animaux sont mis à mort. Durant les 3 premiers jours suivant la chirurgie, une évaluation quotidienne des animaux permettra de détecter des signes éventuels de souffrance et de vérifier l’intégrité des bandages protégeant le greffon. Si l’animal a détérioré son bandage sans léser le greffon, le bandage est refait sous anesthésie. Si l’animal a détérioré son bandage et lésé le greffon de peau humaine, l’animal est mis à mort. Dans le cas des animaux infectés, les cages contiennent systématiquement un dôme, du coton, du gel de réhydratation et la cage est chauffé à l’aide de chaufferettes pour aider au maintien de la température corporelle des animaux.
Choix des espèces
Les souris sont des animaux de petite taille permettant une manipulation aisée et leur cout est relativement faible. Leur système vasculaire est proche du système vasculaire humain, ce qui permet l’interconnexion des deux réseaux lors de la greffe de peau. De plus, il est possible d’utiliser l’ingénierie génétique pour permettre la génération de souches profondément immunodéficientes, ce qui est la condition sine qua non à une prise de xénogreffe immunitaire humaine efficace et prolongée. Les souris humanisées pour le système immunitaire sont générées par injection de cellules souches humaines dans des souriceaux nouveau-nés (