Souris
Formation, entrainement aux gestes techniques et tests anesthésiques sur rongeurs de laboratoire (souris et rats)
- Formation professionnelle
Rats : 140
Jusqu'à trois gestes par animal, une contention pouvant durer une minute entre les mains d'un débutant, un tatouage aux phalanges et des anesthésies allant jusqu'à 45 minutes : 950 souris et 140 rats vont être utilisés dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Le projet ne vise aucune production de connaissance. Il fait répéter des gestes techniques à des personnels peu ou pas expérimentés et sert à valider des protocoles anesthésiques, avec les réveils précoces ou tardifs que le porteur anticipe. Ce sont des animaux dits de réforme, disponibles dans l'établissement faute d'être entrés dans un protocole de recherche, mis à mort après chaque procédure pour ne pas leur faire subir plusieurs sessions d'entraînement.
Objectifs
Tous les utilisateurs d’animaux à des fins scientifiques se doivent de maitriser les gestes techniques afin de s’assurer du bien être animal et réduire le nombre d’animaux utilisés lors de leurs projets expérimentaux. La formation initiale et les formations continues doivent être complétées par un entrainement aux différents gestes qui vont être réalisés lors des procédures. Le présent projet a pour but de lister certains gestes techniques réalisés sur des animaux de réforme dans le cadre d’apprentissage ou de training. Par ailleurs, l’anesthésie et l’analgésie font partie de nombreux projets et sont essentiels au raffinement des procédures, autant pour le bien-être des animaux que pour la cohérence des résultats obtenus. La validation de différents protocoles anesthésiques est également un objectif de ce projet
Bénéfices attendus
Le projet permettra d’assurer une maitrise des gestes techniques réalisés par tous les utilisateurs de la zootechnie afin que ceux-ci puissent travailler en autonomie et dans le respect de la réglementation relative aux compétences des personnels. Ces formations permettront de s’assurer du bien être des animaux lors des procédures. Ces bonnes pratiques diminueront également le biais dans les protocoles expérimentaux lié au stress ou à la douleur de l’animal. La validation de différents protocoles anesthésiques permettra d’adapter au mieux les molécules utilisées pour une plus grande sécurité de l’animal, en regard des attendus du projets.
Procédures
Les animaux, vigiles ou anesthésiés, pourront subir diverses administrations, injections, prélèvements sanguins ainsi qu’un tatouage aux phalanges. 3 gestes maximum seront réalisés sur chaque animal, la durée étant variable selon le degré de formation du stagiaire. Pour les animaux vigiles, la contention de l'animal par un personnel peu expérimenté peut aller jusqu'à 60 secondes. Une fois la contention réalisée ou sur animal anesthésié, les injections et administrations sont réalisées en moins de 15 secondes. Les injections et prélèvements sanguins plus techniques ne seront réalisés qu'une seule fois, sur animal anesthésié, et peuvent durer jusqu'à 60 secondes. La piqûre du tatouage dure moins de 5 secondes. Les animaux subiront également des injections pour la validation des protocoles anesthésiques et analgésiques (3 secondes) et pourront être anesthésiés jusqu'à 45 minutes..
Impact sur les animaux
Ce projet a pour but de former ou valider des gestes techniques sur des personnels peu ou pas expérimentés. Ces gestes mal maitrisés peuvent engendrer un stress ou une douleur chez l’animal : contention plus longue, injection hésitante, difficulté à trouver le site précis lors des injections/prélèvements veineux. Les tests anesthésiques pourront engendrer des réveils précoces ou au contraire tardifs, avec des effets secondaires plus ou moins marqués selon les molécules utilisées.
Devenir
Afin de ne pas multiplier le stress et la douleur des animaux ayant participé à 3 sessions de training, ils seront mis à mort après chaque procédure.
Remplacement
Pour l’apprentissage de l’approche de l’animal, de sa contention et des gestes techniques, les réactions comportementales de l’animal vigile, ainsi que les spécificités anatomiques propres à chaque individu et les caractéristiques hémodynamiques d’un animal vivant ne peuvent être reproduites par des méthodes alternatives (mannequin ou peluche). Les animaux vivants restent indispensables pour former les personnes les utilisant dans les mêmes conditions que lors de la réalisation du projet scientifique.
Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés à des fins scientifiques, nous n’utiliserons que des animaux de réforme : ces derniers sont les animaux disponibles de notre établissement n’étant pas rentrés dans un protocole de recherche. Le nombre d’animaux sera également limité par participant. Pour les tests anesthésiques, la validation des protocoles nécessite un nombre limité d'animaux et ne fait pas l'objet de tests statistiques.
Raffinement
Les animaux sont hébergés en cages ventilées, selon les normes de la directive 2010/63/EU, avec un enrichissement dans chaque cage (parmi igloo, batônnets de bois, coton, sizzle nest), et un statut sanitaire contrôlé trimestriellement. Des méthodes alternatives à la préhension par la queue sont utilisées, les procédures sont réalisées sous anesthésie et analgésie quand cela est possible, et l’utilisation de tapis chauffants limite l’hypothermie lors des anesthésies. Les animaux utilisés sont choisis en bonne santé et sans phénotype dommageable. L’encadrement est réalisé par du personnel compétent, et l’état de santé des animaux contrôlé quotidiennement. Toute altération du bien-être (prostration, perte de poids, piloerection, blessures) des animaux réformés les écarte de toute utilisation de training.
Choix des espèces
Les équipes de recherche, pour la majorité, utilisent la souris comme modèle animal dans leurs projets expérimentaux. La zootechnie accueille donc principalement des souris et le personnel de la zootechnie ainsi que les utilisateurs sont amenés à travailler sur ce modèle. L’objectif de ce projet étant d’améliorer la méthodologie des gestes techniques, il apparait judicieux et indispensable de travailler sur la souris. Des manipulations sur rats sont également prévues dans le cas où des protocoles expérimentaux utilisent cette espèce. Les animaux seront utilisés en fonction de leur disponibilité. Le critère d’âge n’est pas restricif sur l’utilisation de ces animaux.
Prélèvement de tissus pour caractérisation génétique chez des rongeurs génétiquement modifiés
- Recherche fondamentale
- Autre recherche fondamentale
- Oncologie
Rats : 1000
Pour savoir lesquels portent la bonne modification génétique, les rongeurs de 350 lignées élevées dans un même établissement sont génotypés un par un. 158 000 souris et 1 000 rats vont être utilisés sur cinq ans, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Chacun subit, vigile, le prélèvement d'un fragment de 2 mm d'oreille ou de 1 mm de queue, cinq secondes de geste et jusqu'à trente secondes de contention. Ceux qui portent les modifications recherchées partent vers d'autres projets, les autres sont mis à mort, sans que le RNT indique combien d'animaux relèvent de ce second cas.
Objectifs
Les animaux génétiquement modifiés permettent la modélisation de plusieurs maladies humaines comme les cancers, les maladies auto-immunes… et sont donc indispensables en recherche fondamentale pour comprendre le fonctionnement et les causes de ces maladies. Les animaux génétiquement modifiés sont porteurs d’une ou de plusieurs modifications génétiques et leur gestion nécessite souvent la détermination de la variante du gène. Il est essentiel de connaitre quelles sont ces modifications génétiques pour utiliser les animaux d’intérêt dans les projets affiliés. Pour cela il est nécessaire de : - Réaliser un prélèvement de tissu sur des jeunes rongeurs (entre 10 et 21 jours) et rechercher la présence ou non des modifications génétiques transmises par leurs parents. L’objectif de ce projet est de caractériser génétiquement les 350 lignées de souris et de rats (génétiquement modifiées) élevées dans notre établissement utilisateur. Cette caractérisation permet une gestion optimale des différentes lignées utilisées par la suite dans les différents projets scientifiques. La méthode de prélèvement de tissus choisie permet d’obtenir des résultats fiables concernant l’analyse des échantillons prélevés, tout en garantissant le bien-être des animaux. De plus, cette méthode de prélèvement de tissus convient aux exigences de la structure.
Bénéfices attendus
Les rongeurs génétiquement modifiés sont élevés dans le but d’inclure des modifications génétiques particulières. Il est essentiel de connaitre quelles sont ces modifications génétiques pour utiliser uniquement les animaux d’intérêt dans les projets scientifiques affiliés. Les animaux génétiquement modifiés permettent la modélisation de plusieurs maladies humaines comme les cancers, les maladies auto-immunes… et sont donc indispensables en recherche fondamentale pour mieux comprendre les causes de ces maladies. Connaitre et comprendre le fonctionnement d’une maladie est essentiel pour développer des traitements ou des thérapies efficaces, agissant sur la cause et non les effets. À long terme, l'approfondissement des connaissances en recherche fondamentale et la compréhension des mécanismes des maladies étudiées permettra la mise en place de nouvelles thérapies. Les bénéfices escomptés seront ensuite l’amélioration des conditions de vie des patients atteints de ces maladies d’intérêt.
Procédures
Pour prélever un morceau de tissus des animaux afin de déterminer les modifications génétiques, le prélèvement d’un fragment de tissu à l’oreille (2 mm) ou dans de rares cas à la queue (1mm) des animaux sera réalisé. Cela sera effectué une seule fois, sur animal vigile, pour une durée courte de 5 secondes. Le prélèvement génère une douleur légère. La préhension de l’animal pour ce geste dure 30 secondes maximum.
Impact sur les animaux
Le prélèvement de tissus nécessite de contentionner l’animal, ce qui peut induire un stress transitoire de courte durée chez les animaux. Ces gestes, réalisés une seule fois peuvent causer de la douleur légère et de l’inconfort chez l’animal. Dans de rares cas, si les animaux sont âgés de plus de 21 jours pour le prélèvement de tissus, alors ils seront anesthésiés par une anesthésie gazeuse.
Devenir
Les animaux comportant les modifications génétiques d’intérêt seront utilisés pour les projets scientifiques validés en parallèle. À l’inverse, les animaux ne comportant pas les modifications génétiques d’intérêt seront mis à mort selon une méthode réglementaire.
Remplacement
Les projets nécessitant des souris ou rats sont préalablement étudiés pour procéder à du remplacement. Pour chaque projet, il est justifié que les méthodes alternatives ou substitutives ne sont pas possibles pour modéliser la pathologie d’intérêt. Les méthodes alternatives pour le prélèvement de tissus ne sont pas adaptées aux besoins de notre structure.
Réduction
Le prélèvement de tissus ne se fait que sur les animaux pour lesquels il est essentiel de connaitre les modifications génétiques. Ce nombre a été calculé sur ce qui a été réalisé les 3 dernières années et extrapolé sur les 5 prochaines années. Connaitre ces modifications génétiques permet d’appliquer les procédures expérimentales uniquement aux animaux concernés. Lorsqu’il est possible de réunir les élevages pour plusieurs projets différents, tout est mis en œuvre pour diminuer la production d’animaux et de ce fait, diminuer le nombre d’animaux pour lesquels il faut réaliser l’identification et le prélèvement de tissus. Les accouplements sont gérés de façon à limiter le nombre d’animaux surnuméraires.
Raffinement
Le prélèvement de tissus est réalisé à des stades de développement précis pour que ces gestes soient indolores pour l’animal. Le prélèvement d’un fragment de tissu est réalisé à l’aide d’outils régulièrement nettoyés et stérilisés, spécifique pour réaliser ce genre de prélèvement. Dans de rares cas où les animaux sont âgés de plus de 21 jours pour le prélèvement de tissus, ils seront préalablement anesthésiés par anesthésie gazeuse. La méthode de prélèvement de tissus provoque moins d’inconfort chez l’animal que la précédente méthode utilisée dans notre établissement utilisateur.
Choix des espèces
Les souris et rats permettent le développement de modèles génétiquement modifiés pertinents pour les différentes thématiques de recherche de notre établissement utilisateur (immunologie, infectiologie, neurologie…). Les animaux seront utilisés seront de jeunes rongeurs, selon les recommandations d’âge pour les gestes réalisés (prélèvement de tissus à l’oreille ou à la queue) entre 10 et 21 jours de vie.
Test d’immunisation contre le virus de la grippe par voie muqueuse chez la souris.
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Marquées par entailles aux oreilles, vaccinées trois fois par voie sublinguale et trois fois par voie nasale sous anesthésie, saignées jusqu'à neuf fois par ponction à l'œil, 1 020 souris subissent des procédures d'un niveau de souffrance modéré. Une partie d'entre elles est maintenue jusqu'à 22 mois pour tester les candidats vaccins sur des organismes vieillissants, le porteur signalant que cette durée d'hébergement peut entraîner alopécie, hypothermie et blessures de combat. La dernière étape est une trachéotomie terminale pour recueillir salive et mucus nasal, après quoi tous les animaux sont mis à mort pour prélever organes et fluides. Le porteur présente la lignée choisie comme proche de l'humain sur le plan immunitaire, tout en la décrivant comme une étape avant le passage à des animaux "plus pertinents et proche de l'humain", les primates non humains.
Objectifs
Actuellement, la vaccination classique dirigée contre la grippe utilise la voie d’injection par aiguille. Cependant, ce mode d’administration ne procure qu’une immunité partielle (production d’anticorps au niveau sanguin) ce qui n’empêche pas l’entrée des pathogènes dans notre corps. La voie muqueuse nez/bouche/gorge est une voie intéressante car ces muqueuses sont la porte d’entrée des pathogènes impliqués dans le cas de la grippe. Il a été décrit dans la littérature scientifique que la vaccination par cette voie peut permettre l’induction d’une double protection immunitaire dans le sang et dans les muqueuses, et ainsi diminuer le risque d’infection et de transmission du virus. Les objectifs de ce projet sont d’évaluer et de comparer la réponse immunitaire vaccinale dirigée contre le virus de la grippe après vaccination par voie muqueuse : la muqueuse sublinguale ou la muqueuse nasale. Un rappel vaccinal sera pratiqué par injection pour réactiver la réponse immunitaire et l’amplifier. Ces paramètres seront étudiés sur des souris de deux âges différents (8 semaines et 16 mois) afin de mesurer l’efficacité de différents candidats vaccins sur des animaux vieillissant. En effet, les personnes âgées sont une population particulièrement à risque dans les cas d’infection par le virus de la grippe. L’objectif au long terme de ce projet est d’élaborer un vaccin capable d’induire une immunité durable dans le sang et les muqueuses à la fois chez les individus jeunes et âgées.
Bénéfices attendus
Les bénéfices scientifiques du projet concernent majoritairement la compréhension des mécanismes de la réponse immunitaire vaccinale au niveau des muqueuses, en fonction de l’âge et des différents candidats vaccins étudiés. Le bénéfice majeur du projet à long terme est le développement d’un vaccin à administration muqueuse qui réduira drastiquement l’infection et la transmission des virus respiratoires. En cas de succès, ce projet sera étendu à d’autres virus respiratoires (SARS-Cov-2, Virus Respiratoire Syncytial…).
Procédures
Ci-dessous, la liste des interventions réalisées sur l’animal à chaque étape du projet : - L’identification : le marquage sera réalisé sur l'animal anesthésié par de petites entailles au niveau sur les bords des oreilles (1 fois/animal, durée : 1 minute). - Les administrations par voie sublinguale sont des actes induisant une douleur légère mais pouvant générer un stress supplémentaire pour l’animal notamment par la contention. Nous effectuerons donc ce geste sous anesthésie gazeuse (3 fois/animal, durée : 15 minutes). - Les administrations par voie intranasale sont des actes induisant une douleur légère mais pouvant générer un stress supplémentaire pour l’animal notamment par la contention. Nous effectuerons donc ce geste sous anesthésie générale (3 fois/animal, durée : environ 30 minutes). - Les injections par voie sous-cutanée sont des actes induisant une douleur légère et ne nécessitant pas d’anesthésie au préalable (1 fois/animal, durée : 5 minutes). - Le prélèvement sanguin à l’œil est un geste qui dure 30 secondes maximum. Ce geste est une technique pouvant induire une douleur modérée et un stress supplémentaire à l’animal, notamment par la contention. Nous effectuerons donc ce geste sous anesthésie générale additionnée d’une anesthésie locale (1 à 9 fois/animal, durée : 5 minutes). - Les prélèvements de salive et du mucus nasal nécessitent une trachéotomie et une immobilisation de l’animal. Pour ces raisons, nous réaliserons ces prélèvements en phase terminale sous analgésie et anesthésie (1 fois/animal, durée : 40 minutes).
Impact sur les animaux
- Identification des animaux : ce geste d’inconfort peut entrainer la fragilisation de l’oreille et augmenter les risques de blessure en cas de combats. - Prise de température : la prise de la température au niveau de l’abdomen nécessite une contention pouvant générer un stress chez l’animal. - Administration sublinguale et intranasale : ces gestes seront réalisés sur l’animal anesthésié et peuvent induire un inconfort léger après leur réveil. - Injection en sous-cutané et dans l’abdomen : ces gestes seront réalisés sur animaux vigiles et sous contention pouvant générer un stress chez l’animal. - Immunisation : Une petite fièvre passagère est envisageable après les vaccinations. - Prélèvement de sang en rétro-orbitaire : Ces prélèvements sont réalisés sous anesthésie et peuvent induire des lésions au niveau de l’œil ainsi un inconfort léger après leur réveil. - Vieillissement des animaux : pour les expériences concernant les animaux de 16 mois, les souris seront réceptionnées à l’animalerie à l’âge de 8 semaines et seront hébergées jusqu’à un âge maximal de 22 mois. Cette durée prolongée d’hébergement peut être la source de stress et d’anxiété chez l’animal pouvant entrainer divers symptômes liés au vieillissement (alopécie, hypothermie, blessure liée au combat…). Pour éviter cela, une surveillance hebdomadaire et un enrichissement de l’environnement sera appliqué.
Devenir
Les animaux seront tous mis à mort en fin de procédure pour procéder à des prelèvements d’organes et de quantités importantes de fluides (sang, mucus).
Remplacement
Avant l’utilisation des candidats vaccins sur l’animal, des études de toxicité et de réponse inflammatoire ont été menées sur des cultures cellulaires épithéliales et immunitaires. De manière générale, la vaccination repose sur la mise en place d’une réponse immunitaire faisant appel à l’ensemble des organes lymphoïdes, dont les ganglions lymphatiques et la rate, et dans différents organes ciblés. Le recours à l’animal est donc incontournable, nous n’avons donc pas d’autre solutions que d’utiliser l’animal dans son entier pour étudier la réponse immunitaire de nos candidats vaccins.
Réduction
Dans l’ensemble, le nombre d’animaux utilisé a été réduit à son minimum sans compromettre les objectifs du projet et la significativité statistique des expérimentations. Il a été évalué pour 5 ans à 1020 souris. Pour les 3 procédures, des groupes de 10 souris/lot ont été calculés pour répondre à l’objectif. Les analyses se feront avec des statistiques classiquement décrites pour les études vaccinales. Un choix restreint de groupes expérimentaux a été fait après sélection de candidats vaccins in vitro. Les temps de chaque procédure ont été sélectionnés d’après nos précédentes expériences et par la littérature scientifique pour se focaliser uniquement sur les 3 temps d’analyses les plus pertinents. Nous avons également réduit le nombre d’animaux contrôles au strict minimum : 10 animaux contrôles « naïf » pour chaque âges (8 semaines et 16 mois) soit deux groupes par procédure. C’est-à-dire que dans chaque procédure, tous les groupes expérimentaux se réfèrent au groupe contrôle du même âge. De plus, selon l’avancée du projet, le nombre d’animaux est susceptible d’être réduit. En fonction des groupes expérimentaux, si les résultats obtenus lors des premières expérimentations ne donnent pas de données robustes, alors les expériences prévues pour les groupes similaires à des temps plus tardifs ne seront pas réalisées.
Raffinement
Dans ce projet, des points limites assez prédictifs ont été établis pour pouvoir anticiper tout stress et souffrance des animaux. Dans l’ensemble du projet, voici les mesures appliquées afin de limiter la souffrance et le stress des animaux : - De l’enrichissement du milieu sera appliqué dès la réception de animaux. - Une période d’acclimatation d’une semaine dans l’animalerie sera respectée après la réception des animaux. - L’identification individuelle des animaux sera réalisée grâce à des petites entailles au bord de l’oreille (moins sensible) et sous anesthésie générale. - La période de vieillissement (de 2 à 16 mois) sera ponctuée par des observations et des pesées hebdomadaires, additionnées à partir de 15 mois de mesures de la température corporelle. - Les administrations sublinguales et intranasales se feront sous anesthésie générale. - Les prélèvements sanguins et des mucus se feront sous analgésie et anesthésie générale. - Après chaque anesthésie, le bon réveil des souris sera vérifié (mouvement de la souris, comportement, prise de boisson ou de nourriture, etc) avant de les renvoyer dans leur pièce d’hébergement. - Un suivi des animaux à 4h/24h après chaque étape des procédures (identification, immunisations, prélèvements) et/ou au moins une fois par semaine sera réalisé. Ce suivi comprend : la réalisation d’une pesée de l’animal et l’observation de l’activité/comportement (isolement, dos vouté, etc…), des modifications physiques (inflammation/rougeur au niveau des sites d’administration : gueule/langue, museau ou abdomen) et des modifications végétatives (respiration anormale). En complément, une prise de la température de l’animal sera effectuée, à 24h après chaque immunisation afin de détecter d’éventuelle montée de température. Concernant les souris âgées de plus de 16 mois, une prise de la température sera aussi réalisée au moins une fois par semaine afin de détecter une éventuelle hypothermie. - En cas de perte de poids importante, de la nourriture se mise à disposition au sol dans la cage. - En cas de variation importante de la température, une nouvelle mesure sera effectuée toutes les 24h et des moyens seront mis en œuvre pour la rétablir (anti-inflammatoire, armoire chauffante). - En cas de lésion cutanée, une pommade nettoyante et cicatrisante sera appliquée sur la zone et si besoin un isolement de l’animal sera effectué.
Choix des espèces
Nous utiliserons des souris qui sont un modèle très adapté aux études de l’immunité car il existe beaucoup d’outils biologiques d’analyses de la réponse immunitaire chez la souris, qui est bien caractérisée. Les souris seront utilisées à partir de 10 semaines de vie, ce qui correspond à un jeune adulte avec une système immunitaire mature. De plus, la lignée choisie présente des caractéristiques immunitaires proches de l’humain. Cette faculté est primordiale pour l’analyse de candidat vaccin. Ces modèles sont essentiels avant de passer à des animaux plus pertinents et proche de l’humain dans un contexte d’infection viral, tel que le primate non humain.
Etude de la prolifération cellulaire dans le testicule au cours du développement fœtal chez la souris
- Recherche fondamentale
- Biologie du développement
- Oncologie
415 souris vont être utilisées, toutes tuées, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger. Les femelles gestantes reçoivent une injection sous contention de moins de trente secondes, puis sont mises à mort deux heures plus tard pour que leurs fœtus soient prélevés et tués à leur tour, entre le quatorzième et le dix-huitième jour de gestation. Le porteur annonce des pistes pour "mieux diagnostiquer (et éventuellement traiter)" des pathologies du testicule ou l'infertilité humaine, l'objet immédiat étant de comparer la prolifération cellulaire dans le testicule de fœtus normaux et mutants. Il conclut que l'emploi de la souris est "indispensable" et que le remplacement in vitro est "impossible".
Objectifs
La vitamine A est essentielle au développement embryonnaire de tous les mammifères mais son rôle reste à définir dans les différents tissus. Les cellules dans lesquelles la vitamine A doit agir fabriquent des enzymes, qui transforment la vitamine A en un métabolite actif qui active des récepteurs nucléaires pour relayer son effet biologique. Les cellules dans lesquelles la vitamine A ne doit pas agir fabriquent d’autres enzymes, qui dégradent ce métabolite. Afin de comprendre le rôle de la vitamine A dans la formation du testicule chez la souris, nous devons comparer la prolifération des cellules entre des fœtus normaux et des foetus porteurs de mutations dans les gènes codant les enzymes qui transforment et qui dégradent la vitamine A, ainsi que dans les gènes codant les récepteurs nucléaires, aux étapes clés de la formation du testicule (entre les jours 14.5 et 18.5 post-fécondation).
Bénéfices attendus
Les bénéfices attendus du projet sont de comprendre l’action de la vitamine A et de ses récepteurs nucléaires dans la prolifération des cellules constitutives de testicule. En découvrant comment la vitamine A agit sur cet évènement chez la souris, nous obtiendrons des pistes pour mieux diagnostiquer (et éventuellement traiter) des pathologies du testicule ou des cas d'infertilité chez l’Homme, qui sont en augmentation constante dans le monde.
Procédures
Chaque souris femelle gestante reçoit une injection de subtance lors d’une contention simple qui dure moins de 30 secondes. Elle est ensuite euthanasiée. Les fœtus sont isolés et euthanasiés.
Impact sur les animaux
La nuisance subie par les femelles gestantes est limitée à la contention pour l’administration par injection d’une substance permettant de mesurer la prolifération des cellules. Celle méthode est utilisée en routine au laboratoire et nous possédons l’expertise requise. L’administration de la substance entraîne une douleur équivalente à celle de l’introduction d’une aiguille sous la peau. Les femelles gestantes et les foetus sont ensuite euthanasiés de sorte qu'ils ne souffrent pas.
Devenir
Toutes les femelles gestantes sont euthanasiées pour permettre le prélèvement des fœtus. Elles ne peuvent pas être gardées en vie, réutilisées, adoptées ou replacées. Tous les fœtus prélevés sont euthanasiés pour les analyses moleculaires ou sur coupes histologiques. Ils ne peuvent pas être gardés en vie, réutilisés, adoptés ou replacés.
Remplacement
Le testicule est formé de diverses cellules qui ont toutes un rôle essentiel pour la différenciation des cellules germinales. A l’heure actuelle, nous ne sommes pas capables de reproduire in vitro les conditions nécessaires à la formation d’un testicule. En effet, les techniques de culture cellulaire ne permettent pas d'appréhender le développement dynamique du testicule, qui nécessite vascularisation, contexte tridimensionnel et interactions entre les cellules. Par conséquent, l'emploi d’un modèle animal comme la souris récapitulant toutes les étapes complexes de ce processus de développement, est indispensable. Le remplacement par un système in vitro (1er R de la règle des 3R) est impossible.
Réduction
La stratégie des accouplements fait en sorte que des contrôles, des mutants simples et des mutants doubles sont obtenus dans les mêmes portées. Relever les jours d’accouplement permet d’anticiper la date de mise à mort des femelles gestantes et de prévoir les dissections des fœtus. Utiliser à la fois les fœtus mâles et les fœtus femelles est impossible, puisque nous étudions le testicule. Les nombres de fœtus requis sont calculés au plus juste pour satisfaire aux exigences en matière de qualité des résultats obtenus et à la robustesse de leur validité statistique. Dès que le nombre de fœtus requis pour un stade donné est atteint, les prélèvements à ce stade donné sont arrêtés. De plus, dans la mesure où chaque stade est planifié l’un après l’autre, du plus précode (14.5 jours post-fécondation) au plus tardif (18.5 jours post-fécondation), si l’analyse d’un stade révèle qu’il n’est pas nécessaire d’étudier le stade suivant, alors le projet est arrêté.
Raffinement
Les étapes expérimentales mises en œuvre engendrent une douleur équivalente à celle de l’introduction d’une aiguille sous la peau. La qualité de la contention permet de limiter le stress imposé à l’animal par la procédure. Le personnel est formé à cet effet. Les solutions sont amenées à la température ambiante pour limiter l’inconfort de la femelle. Le bien-être des animaux est surveillé tous les jours et toute altération du comportement (souffrance, angoisse) est immédiatement discutée avec les responsables de la structure du bien-être animal (SBEA) pour prendre les mesures correctives nécessaires (soins, euthanasie, le cas échéant). Les animaux seront hébergés par deux ou par trois dans des cages comportant différents types d’enrichissement tels qu’un tunnel de transfert et des fibres pour la construction d’un nid afin de leur permettre d'exercer les activités spécifiques à leur espèce.
Choix des espèces
De par sa petite taille, ses nombreuses ressemblances génétiques et physiologiques avec l'Homme, et les facilités de modification de son génome, la souris est un excellent modèle pour appréhender la physiopathologie des maladies humaines. Par ailleurs, le développement embryonnaire normal du testicule est décrit très en détail ce qui en fait un modèle de choix. Nous utilisons une approche de génomique fonctionnelle pour laquelle la souris est particulièrement bien adaptée. Tous les modèles génétiquement modifiés permettant d’étudier la fonction des gènes d'intérêt dans le testicule fœtal des souris sont déjà à notre disposition. Les femelles gestantes reçoivent la subtance permettant de mesurer la proliferation des cellules 2 heures avant leur euthanasie. Elles sont euthanasiées à différents moments du dernier tiers de la gestation, de sorte que la période de développement du testicule fœtal qui nous intéresse soit couverte: de 14.5 jours post-fécondation (période de différenciation des cellules somatique terminée et démarrage de l’entrée en quiescence des cellules germinales), à 18.5 jours post-fécondation (architecture du testicule et quiescence des cellules germinales établies).
Influence du système leptinergique sur la commande respiratoire chez un modèle murin du syndrome d’Ondine
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
- Système respiratoire
714 souris vont être utilisées, dont 414 anesthésiées puis tuées sans réveil pour prélever une partie de leur système nerveux central, les autres passant 75 minutes par jour, deux jours de suite, dans une enceinte hermétique de mesure respiratoire. Juvéniles puis adultes, elles reçoivent deux solutions par le nez sous anesthésie, à 48 heures d'intervalle, alors que le porteur reconnaît chez ces mutantes du syndrome d'Ondine une sensibilité accrue à l'anesthésie et un risque accru de défaillance respiratoire. Une biopsie de la queue leur est prélevée pour génotypage. Les bénéfices sont renvoyés à l'identification de "nouvelles pistes thérapeutiques" pour les personnes atteintes, l'objectif immédiat restant de mesurer l'effet de la leptine sur la commande respiratoire.
Objectifs
Les syndromes d’hypoventilation alvéolaire centrale (SHAC) sont des pathologies associées à une dérégulation du fonctionnement du système nerveux. Ces SHAC sont associées à une altération de la respiration, ils surviennent dès la naissance. Ces pathologies s’accompagnent d’une réduction voire d’une absence de réponse respiratoire à l’hypercapnie (trop de CO2 dans l’air inspiré). Cette réponse est vitale et nécessaire pour éliminer le CO2 de l’organisme. Elle est produite par les neurones du cerveau qui composent la commande centrale respiratoire. L’endormissement et le sommeil s’accompagnent d’irrégularités respiratoires pouvant conduire à une situation d’hypercapnie, ainsi, les personnes atteintes de ce syndrome doivent tout au long de leur vie supporter une aide respiratoire dès qu’elles s’endorment. Le bon fonctionnement des cellules de la commande centrale respiratoire, sensibles aux variations de CO2, dépend de l’expression d’un gène codant pour une protéine spécifique. Si le gène est muté, la protéine a une mauvaise structure et devient non fonctionnelle. Les expérimentations seront réalisées chez des souris mutantes modèle d’un SHAC, le syndrome d’Ondine et leurs souris contrôles (sauvages). Une approche utilisée chez des souris nouveau-nées permettra d’étudier la commande centrale respiratoire et de déterminer la concentration de leptine, un stimulant respiratoire, la plus efficace, capable d’augmenter l’activité du réseau neuronal respiratoire qui compose la commande. Chez des mêmes souris juvéniles puis adultes, l’approche utilisée est non invasive. Elle permettra de déterminer l’effet bénéfique de la leptine, à la concentration la plus efficace sur la ventilation et la réponse respiratoire au CO2. In fine, les données obtenues devraient donc permettre de mieux comprendre comment la leptine impacte la respiration. Ainsi, les éléments observés chez l’animal (dans des conditions non réalisables chez l’Homme) permettront le développement de nouvelles pistes thérapeutiques dans le cadre des SHAC.
Bénéfices attendus
Les souris mutantes modèles de la maladie que nous utilisons dans ce projet sont porteuses d’une mutation sur un gène dont la protéine est exprimée dans une population de neurones indispensables à la réponse respiratoire à l’hypercapnie. A la naissance, ces souris ne présentent pas de réponse respiratoire à l’hypercapnie. Cette dernière est partiellement restaurée chez les souris adultes. L’utilisation de la leptine, connu comme stimulant de la respiration pourrait : 1/améliorer la respiration des souris nouveau-nées, juvéniles ou adultes 2/restaurer une réponse respiratoire à l’hypercapnie chez les souris nouveau-nées ou juvéniles 3/restaurer ou potentialiser la réponse respiratoire à l’hypercapnie des souris adultes. De plus, nous souhaitons 1/identifier les cellules et les molécules cibles de la leptine au niveau de la commande respiratoire localisée dans le cerveau et 2/déterminer si ces cellules et molécules cibles évoluent selon l’âge des souris mutantes dont certaines récupèrent naturellement une faible réponse respiratoire à l’hypercapnie. In fine, les données obtenues devraient permettre de mieux comprendre comment la leptine impacte la commande respiratoire. Ainsi, les éléments observés chez l’animal (dans des conditions non réalisables chez l’Homme) devraient permettre d’identifier de nouvelles pistes thérapeutiques chez les patients.
Procédures
Les données de la littérature mettent en évidence une sensibilité du modèle animal à l’anesthésie chez ces souris mutantes modèles du syndrome d’Ondine ce qui conduit à un risque accru de défaillance respiratoire. Les souris mutantes et contrôles nouveau-nées sont anesthésiées (quelques minutes) puis euthanasiées par une méthode réglementaire afin d’isoler rapidement une partie du système nerveux central. D’autres souris juvéniles puis adultes seront anesthésiées grâce à un gaz anesthésiant (pendant 10 minutes maximum) puis recevront l'administration par voie nasale deux solutions (faible volume par narine ; en 10 minutes par souris). 48 heures séparent les deux administrations. D’autres souris juvéniles puis adultes recevront par nébulisation les deux solutions. 48h sépareront les deux administrations. La mesure des variables respiratoires chez les souris juvéniles et adultes sera réalisée de façon non invasive pendant 75 min (1 fois par jour pendant 2 jours) dans une enceinte hermétiquement fermée et alimentée par un flux d’air en continu. Une biopsie caudale (au niveau de la queue, inférieure à 2 mm) est réalisée chez les souris nouveau-nées/juvéniles pour génotypage.
Impact sur les animaux
Le prélèvement caudal réalisé une unique fois chez l’animal pour la détermination de son génotype apparaît comme une source de douleur et de stress. Les données de la littérature mettent en évidence une sensibilité exacerbée à l’anesthésie chez ces souris mutantes modèles du syndrome d’Ondine ce qui conduit à un risque accru de défaillance respiratoire. L’administration intranasale des deux solutions peut entraîner une altération de la ventilation par obstruction des voies aériennes supérieures, sous anesthésie générale.
Devenir
Tous les animaux sont euthanasiés à la fin des actes en vue des prélèvements post-mortem et analyses nécessaires.
Remplacement
L’utilisation de neurones isolés en culture ne permet pas d’appréhender les relations entre les structures neuronales et de mettre en évidence le développement de réseaux substitutifs nécessaires à la correction de la pathologie. La fonction respiratoire nécessite l’utilisation de modèles murins ex vivo et in vivo. Le projet nécessite d’avoir accès à la commande centrale respiratoire dans des conditions qui ne peuvent être obtenues autrement que par un travail sur des souris vivantes. L’étude de l’influence des systèmes leptinergiques sur la commande centrale respiratoire nécessite de conserver ex vivo un réseau vivant et fonctionnel de neurones et donc l’utilisation de souriceaux. L’étude des corrections des variables respiratoires par la leptine ne peut être réalisée que sur des souris vigiles, non contraintes et non anesthésiées.
Réduction
Nous utilisons aussi bien les souris mâles que les femelles (714 animaux au total) dans nos travaux afin de limiter le nombre d’animaux mutants et sauvages (contrôles). La taille des effectifs a été établie grâce à un calcul de puissance et permet de mettre en évidence des différences biologiquement significatives dans les variables respiratoires. Des tests statistiques seront réalisés a posteriori pour procéder à une interprétation fiable des résultats.
Raffinement
Les conditions d’hébergement sont conformes. L'isolement est évité au maximum. Le milieu des animaux est enrichi avec au choix : lanières de papier Kraft, maisons en carton, tunnel en carton ou carré de coton compacté. Cependant il est possible que certains animaux se retrouvent isolés pour des contraintes zootechniques (agression entre congénères, etc...). Dans ce cas, la structure chargée du bien-être animal sera toujours sollicitée pour trouver la solution la plus adaptée et la moins contraignante pour les animaux (enrichissement supplémentaire si l’isolement est validé, possibilité de rassemblement, etc.). L’habituation aux enceintes de pléthysmographie (technique permettant de mesurer de manière non invasive la ventilation de la souris in vivo) se traduit par la disparition des épisodes d’augmentation anormale de la fréquence respiratoire et de toilettages des souris lorsqu’elles sont dans un nouvel environnement. Après 5 jours d’habituation, les souris sont calmes et leur respiration est régulière dès le placement dans l’enceinte. Les souris mutantes présentent une sensibilité exacerbée à l’anesthésie ce qui conduit à un risque accru de troubles respiratoires mortels lors des administrations intranasales sous anesthésie. De ce fait, lors de ces administrations sous anesthésie, une surveillance accrue en continue du rythme cardiorespiratoire est assurée par l’expérimentateur jusqu’au réveil complet de la souris. En cas de défaillance cardiorespiratoire, l’anesthésie est stoppée, la souris est réanimée si nécessaire. Les points limites sont les suivants : -tout dérèglement physiologique aboutissant à une incapacité prolongée ou irréversible à se nourrir ou à boire -modification du comportement caractéristique d’une douleur intense, une détresse ou une souffrance (absence de locomotion, pelage hérissé et ou terne, prostration, dos voûté) -anomalies pouvant entraîner une douleur intense ou une souffrance, par exemple un amaigrissement de l’animal par constat visuel, plaies et ulcères, tumeurs, fractures… Les points limites définis ci-dessus sont assortis d’une surveillance adaptée des animaux.
Choix des espèces
Les rongeurs (rats et souris) sont depuis de nombreuses années les espèces animales de choix pour l’étude des mécanismes associés à la genèse et à la régulation de la respiration par la commande centrale respiratoire. Le modèle animal de la pathologie sur laquelle nous travaillons, n’existe, de nos jours, que sur modèle de souris mutées pour un gène, présent sur des neurones impliqués dans la sensibilité au dioxyde de carbone (hypercapnie). Ces souris mutantes ont été validées par des études antérieures. Le projet nécessite d’avoir accès à la commande centrale respiratoire dans des conditions qui ne peuvent être obtenues que par un travail sur les souris mutantes et leur contrôle, des souris sauvages ; étude de l’influence de la leptine sur la commande centrale respiratoire ex vivo ; étude de la ventilation chez l’animal juvénile et adulte vigil et de l’influence de la leptine appliquée par administration intranasale et par nébulisation.
Elevage d’une lignée de souris à phénotype dommageable d’une pathologie neuromusculaire héréditaire
- Maintien des lignées génétiquement modifiées
- Recherche appliquée
- Troubles cardiaques
- Troubles musculosquelettiques
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
- Système musculosquelettique
Les souris homozygotes de cette lignée développent à partir de quatre mois une cardiomyopathie qui évolue en insuffisance cardiaque vers sept mois, accompagnée d'une cyphose, d'une atteinte des muscles squelettiques et d'une perte d'environ 20 % de leur poids. 980 souris vont être utilisées pour entretenir cet élevage, dans des procédures déclarées d'un niveau de souffrance léger, 106 d'entre elles subissant une biopsie de queue pour génotypage. Le porteur indique que les animaux sont mis à mort systématiquement à l'âge de sept mois, pour limiter la contrainte de ce phénotype qu'il qualifie lui-même de dommageable. Les reproducteurs sont tués en fin de période de reproduction pour prélèvement d'organes, les souriceaux alimentant les projets de l'équipe déjà en cours ou à venir.
Objectifs
Le but de ce projet est d’entretenir une lignée transgénique de souris, modèle murin d’une pathologie neuromusculaire héréditaire. Cette pathologie est une maladie rare et à l’heure actuelle il n’existe pas de thérapie curative pour les patients. Cette lignée générée par notre équipe est un outil essentiel pour approfondir nos connaissances sur la physiopathologie et le développement de thérapies innovantes pour cette pathologie. Cette lignée, n’est pas commercialisée et n’est donc pas disponible en dehors de notre établissement utilisateur. Ce projet permettra le maintient de cette lignée, pour fournir les animaux, pour ce projet et pour les autres projets de l’équipe déjà en cours et approuvés par le ministère ou à venir qui feront l’objet d’un dépôt de dossier afin d’obtenir les autorisations nécessaires.
Bénéfices attendus
Le bénéfice premier de projet est de maintenir notre lignée de souris transgénique en évitant la dérive génotypique afin de fournir des animaux pour les projets en cours ou à venir de l’équipe. Cette production d’animaux permettra de fournir des lots expérimentaux qui seront utilisés pour mettre en évidence des nouveaux mécanismes de signalisation moléculaire impliqués dans le développement d’une pathologie neuromusculaire héréditaire ou de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques. On estime la prévalence de cette pathologie est environ 1 à 2 cas pour 100 000 personnes dans la population générale, les futurs traitements pourraient donc bénéficier à plusieurs milliers de personnes.
Procédures
Une biopsie de queue d’environ un millimètre sera réalisée sur une partie des animaux (106) pour lesquels une identification génétique est nécessaire. Le phénotype dommageable des souris homozygotes débute à 4 mois avec l’apparition progressive d’une cardiomyopathie dilatée d’abord légère et qui évolue vers 7 mois en insuffisance cardiaque. Cette progression de l’atteinte cardiaque est corrélée à une atteinte progressive et moins sévère des muscles squelettique de type oxydatif, l’apparition d’une cyphose légère et une perte de poids d’environ 20 pour cent par rapport au poids de l’animal à 4 mois (environ 20 g). Ce phénotype réduit l’espérance de vie des animaux.
Impact sur les animaux
Le phénotype dommageable des souris homozygotes débute à 4 mois avec l’apparition progressive d’une cardiomyopathie dilatée d’abord légère et qui évolue vers 7 mois en insuffisance cardiaque. Cette progression de l’atteinte cardiaque est corrélée à une atteinte progressive et moins sévère des muscles squelettique de type oxydatif, l’apparition d’une cyphose légère et une perte de poids d’environ 20 pour cent par rapport au poids de l’animal à 4 mois (environ 20 g). Ce phénotype réduit l’espérance de vie des animaux. La biopsie pour le génotypage d’une partie des animaux qui constitue une nuisance (douleur et stress) de courte durée.
Devenir
Les animaux reproducteurs seront euthanasiés en fin de période reproductive pour prélèvement d'organe. Les souriceaux issus des accouplements serviront d’une part comme animaux reproducteurs, et d’autre part ils serviront en utilisation continue au sein des projets de recherche en cours ou à venir préalablement autorisés
Remplacement
Nous sommes toujours dépendant de l’utilisation de modèles animaux car les questions que nous abordons, ne peuvent pas être abordées uniquement avec des modelées cellulaires. Effectivement, les cardiomyocytes ayant atteint un état de différenciation terminale ne se divise pas et ne peuvent pas être maintenues en cultures. Il est par conséquent impossible d’en dériver une lignée cellulaire stable. D'autre part, les quelques modèles cellulaires existant ne reproduisent pas les conditions physiologiques spécifiques des cellules cardiaques. Ils seront toutefois utilisés pour tester certaine de nos hypothèses qui ne nécessitent pas de modèle animal.
Réduction
Pour n’utiliser que le nombre d’animaux nécessaire à ce projet (980), nous avons recourt au service d’un biostatisticien pour nous épauler dans l’élaboration de notre plan expérimental. Le nombre d’animaux inclus dans ce projet est évalué à partir de la connaissance et l’expérience approfondie de l’investigateur principale en matière d’entretien de lignée de souris. Le nombre d’accouplement par an et par génotype est évalué en fonction de la durée d’un accouplement, le temps moyen entre deux portés, du nombre de portées moyen par femelle, la taille moyenne d’une portée (sevrée), du taux de sevrage, du taux de mortalité, du sexe ratio, de génotype ratio, de l’indice de reproductivité.
Raffinement
Les animaux seront observés tous les jours par les membres qualifiés de l'animalerie et tout comportement anormal sera directement communiqué à la personne responsable du projet. Les animaux sont stabulés en portoirs ventilés avec un système d'abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture. Les conditions de température et d'hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Le cycle d'éclairage est de 12h par jour (6h-18h). Les animaux sont hébergés avec leurs congénères, 6 par cage maximum pour les cages après sevrage, jusqu'à 15 (souriceaux et reproducteur) pour les cages de reproduction. Les conditions d'élevage, d'hébergement, de soins et les méthodes utilisées seront les plus appropriées pour réduire au maximum toute douleur, souffrance ou angoisse que pourraient subir les animaux: enrichissement du milieu (lanières de papier Kraft, maisons en carton), acclimatation d'une semaine avant toute manipulation, hébergement en groupe, formation technique des utilisateurs. L’isolement des animaux est évité au maximum, cependant il est possible que certains animaux se retrouvent isolés de manière imprévue (seul mâle d’une portée, animal arrivé seul d’un fournisseur, agression entre congénères, dernier animal dans la cage…). Dans ce cas, l’animal bénéficiera d’un enrichissement supplémentaire dans sa cage. Afin de réduire la contrainte liée au phénotype dommageable, une fiche de scoring est utilisée pour suivre l’évolution du phénotype et les animaux sont mise à mort systématiquement à l’âge de 7 mois.
Choix des espèces
La souris est l’animal choisi pour ce projet en raison des similitudes de son système cardiovasculaire et musculaire avec celui des humains et de l’existence d’une lignée génétiquement modifiée portant responsable à l’état homozygote d'une pathologieneuromusculaire. Cette mutation est aussi présente dans notre modèle cellulaire iPS que nous pouvons dériver en cardiomyocyte ou en myoblaste, ce qui rend comparable les résultats obtenus dans les deux modèles d’études. De plus, la souris est le modèle animal le plus utilisé dans ce champ de recherche, permettant ainsi des comparaisons avec d’autres études ou d’utiliser les résultats d’autres études afin de limiter le nombre d’animaux utilisés. Les animaux seront utilisés à maturité sexuelle entre 3 et 6 mois avant l'apparition des stymptomes dommageables et entre 5 et 7 jours de vie pour les biopsies caudales pour génotypage.
Impact d’une tumeur transitoire sur la mémoire immunitaire
- Recherche fondamentale
- Système immunitaire
Deux à quatre injections sous anesthésie et un prélèvement de sang qui expose à une infection de l'œil : 566 souris subissent des procédures d'un niveau de souffrance modéré, toutes mises à mort ensuite pour prélèvement d'organes. Elles reçoivent des cellules tumorales, qui forment une tumeur rejetée en quatorze jours, ou une infection virale, afin de comparer les cellules immunitaires mémoires produites dans les deux cas. Les bénéfices annoncés se limitent à une meilleure compréhension du développement d'un cancer. L'effectif de 566 animaux n'est justifié que par un "minimum nécessaire et suffisant" à l'analyse statistique, sans autre précision.
Objectifs
L'objectif de ce projet est de déterminer si une tumeur transitoire, rapidement éliminée de l’organisme par le système immunitaire, est suffisante pour altérer la réponse immunitaire mémoires. Pour cela, les cellules mémoires générées en réponse à un virus ou un tumeur transitoire seront comparées.
Bénéfices attendus
L’objectif est d’avoir une meilleure compréhension des mécanismes mise en place lors du développement d'un cancer.
Procédures
Chaque animal reçoit : 2 à 4 injections (15 secondes) sous anesthésie / 1 prélèvement sanguin (150 uL) sous anesthésie (10 secondes) / Anesthesie : 3 minutes pour anesthésie gazeuse , 30 minutes pour anesthésique injecté
Impact sur les animaux
Injection intraveineuse de cellules ou prélèvements : possibilité d'infection au niveau de l'oeil (très rare) Infection virale : Aucun signe clinique attendu Injection de tumeur : La tumeur n’est pas métastatique, n’excède pas 200 mm3 et est rejetée par les animaux en 14 jours.
Devenir
Mis à mort pour prélèvements des organes
Remplacement
La réponse immunitaire est un phénomène biologique complexe faisant intervenir de multiples types cellulaires dans différents organes. Les procédures ne peuvent donc être reproduites in vitro.
Réduction
Le nombre d'animaux par groupe a été defini au minimum nécessaire et suffisant pour permettre une analyse statistique des résultats
Raffinement
Une semaine d'acclimatation sera réalisée avant la mise en place de chaque expérience. A la réception, des groupes seront réalisés et maintenus tout au long de la procédure pour créer des groupes sociaux et éviter le stress dû à l'isolement. Tous les traitements/prélèvements sanguins seront réalisés sous anesthésie et en condition stérile afin de prévenir tout risque d’infection. Un collyre anesthésique est administré avant chaque prélèvement sanguin en prévention d'éventuelles infections. Des points limites bien définis et suffisament précoces permettent de limiter au maximum toute douleur ou souffrance des souris.
Choix des espèces
Le choix du modèle souris est imposé par la nécessité de pouvoir utiliser des animaux génétiquement modifiés. Les souris seront âgées de 7-12 semaines au moment de l’immunisation, le système immunitaire de ces animaux doit être complètement mature et non vieillissant.
Rôle de la fibrine dans l’arrêt de la croissance du thrombus
- Recherche fondamentale
- Système cardiaque
968 souris vont être utilisées dans des procédures menées sous anesthésie, les animaux étant tués avant tout réveil. 120 d'entre elles subissent un prélèvement de sang à l'aorte abdominale, 592 une thrombose provoquée au chlorure de fer ou par pincement de l'artère, 256 une thrombose déclenchée au laser, chaque acte durant dix à trente minutes. L'enjeu est de mesurer le rôle de la fibrine dans la reprise de croissance d'un caillot, une question que le porteur décrit comme encore inconnue et dont les bénéfices annoncés se limitent à mieux la comprendre. Il affirme que les plaquettes sanguines "ne peuvent pas être cultivées et ne sont pas substituables", et qu'il est donc "nécessaire" d'avoir recours aux souris.
Objectifs
Les plaquettes jouent un rôle clef dans la thrombose artérielle. Suite à la rupture d’une plaque d’athérosclérose dans une artère malade, les plaquettes adhèrent au site de lésion, s’activent et agrègent pour former un thrombus. Les plaquettes du thrombus permettent la formation d’un réseau de fibrine insoluble stabilisant le thrombus. Ce thrombus se fragmente ce qui pourrait permettre à nouveau l’adhérence de plaquettes au site de lésion et bloquer l’écoulement du sang. Ceci peut conduire à des pathologies ischémiques graves comme l’infarctus du myocarde ou l’accident vasculaire cérébral, qui représentent la première cause de mortalité dans le monde. Bien que l'interaction plaquettes-fibrine soit connue, le rôle de la fibrine dans la re-croissance du thrombus est encore inconnu. L'objectif de cette étude est d'évaluer le rôle négatif de la fibrine dans la re-croissance du thrombus.
Bénéfices attendus
Les résultats de ces expériences contribueront à mieux comprendre le rôle de la fibrine dans l’arrêt de la croissance du thrombus.
Procédures
Pour prélèvement de sang au niveau de l’aorte abdominale nous utilisons 120 souris au total et la durée de la procédure est 10 minutes. Pour les modèles de thrombose au FeCl3 et thrombose pince, nous utilisons 296 souris par modèle (592 souris au total) et la durée de la procédure est 30 minutes. Pour le modèle de thrombose laser, nous utilisons 256 souris au total et la durée de la procédure est 30 minutes.
Impact sur les animaux
Les 3 modèles de thrombose et la procédure de prélèvement de sang sont des procédures sans réveil réalisées sous anesthésie. On pourra s'attendre à un impact sur le rythme respiratoire (irrégulier ou apnée).
Devenir
À la fin du prélèvement de sang et des modèles de thrombose, tous les animaux seront euthanasiés car non réutilisables à l'issue du projet.
Remplacement
Dans cette étude, il est nécessaire d’avoir recours aux animaux : - In vitro : les plaquettes sanguines ne peuvent pas être cultivées et ne sont pas substituables. - In vivo : la thrombose est un processus complexe faisant intervenir de multiples acteurs cellulaires et moléculaires. Les modèles in vitro ne permettent pas de reproduire toute la complexité de ces phénomènes. Les techniques de génie génétique ont permis de générer des souris FibAEK n’ayant pas la capacité de former des réseaux de fibrine. Et des souris ne présentant pas de fibrinogène circulant, donc incapable de former un réseau de fibrine.
Réduction
Le nombre d'animaux nécessaires au projet a été calculé statistiquement et il permettra d'obtenir des résultats fiables et robustes.
Raffinement
L’utilisation de modèles d’animaux a été établie en raffinant au maximum les conditions de travail, afin de limiter leur angoisse, le stress et la douleur lors des manipulations. Les animaux seront placés dans leur cage en fonction des groupes expérimentaux deux jours avant le début de l’expérimentation. Les conditions d’hébergement des animaux sont optimisées par l’enrichissement des cages avec des carrés de cellulose, bâtonnets de coton, frisure de papier, ce qui leur permet de compartimenter leur environnement selon leurs besoins. Les animaux, entre 2 et 5 par cage afin d’éviter le stress causé par l’isolement. Les animaux seront anesthésiés tout au long de l'étude. Une évaluation de la douleur pendant l’expérimentation sera effectuée par l’observation des points limites fixés pour chaque procédure expérimentale.
Choix des espèces
La souris est un animal pour lequel les modèles d’étude in vivo sont largement répandus et maitrisés. Les techniques de mutagénèse dirigée ont permis de générer des souris FibAEK qui ne forment pas de réseau de fibrine, des souris KO fibrinogène ne présentant pas de fibrinogène circulant et des souris F13AKO ne présentant pas le facteur XIII de la coagulation sanguine. Ces lignées sont parfaitement adaptées à cette étude et constituent un outil original et unique. Les mutations génétiques des souris FibAEK, KO fibrinogène et F13AKO n’induisent pas d’effet indésirable notable au vu du comportement des souris. Ces souris seront utilisées en comparaison de souris témoins C57BL/6. Des animaux adultes de 3 à 24 semaines seront utilisés dans ce projet. Cet âge correspond à la période permettant l’utilisation de souris pubères et ne présentant pas encore syndrome de vieillissement. Nous réaliserons des groupes homogènes en âge. Seule la procédure expérimentale 4 nécessite l’utilisation de souris d’environ 3 semaines afin de d’éviter la présence de lipides autour des vaisseaux sanguins et s’assurer de la reproductibilité du modèle de thrombose utilisé.
Impact de l’exposition à l’acroléine sur les fonctions cognitives chez la souris et intervention thérapeutique
- Recherche appliquée
- Maladies animales
- Recherche fondamentale
- Système nerveux
Injectées d'acroléine directement dans un ventricule du cerveau, gavées six jours sur sept pendant quatre semaines, puis soumises à des injections quotidiennes dans le nez ou l'abdomen pendant deux semaines, 484 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des tests comportementaux sont annoncés à raison d'un par jour, sans que le RNT dise lesquels. L'objectif est de vérifier si une molécule dérivée d'un polyphénol protège du déclin cognitif un modèle de maladie d'Alzheimer construit par intoxication chimique. Toutes sont tuées à la fin pour analyser leur tissu cérébral.
Objectifs
La maladie d’Alzheimer (MA) est la forme la plus fréquente de maladie neurodégénérative associée à une démence chez les sujets âgés. L'élaboration et la mise sur le marché de nouveaux traitements pour lutter contre ce fléau est un défi sanitaire et économique majeur. Le stress oxydant induit par de nombreux facteurs environnementaux (notamment l'exposition à des polluants chimiques) est un évènement extrêmement précoce et jouant un rôle majeur dans la maladie. En effet, l’oxydation des lipides et du glucose favorise l’accumulation d’espèces carbonylées réactives (ECR, stress carbonylé) dont la réaction avec les acides aminés entraîne des modifications et pertes de fonctions irréversibles des protéines cellulaires. Parmi les molécules capables de combattre ce phénomène, les polyphénols, métabolites secondaires du règne végétal, présents dans de nombreux fruits et légumes de notre alimentation, ont été largement étudiés. L'obstacle majeur à l'utilisation de ces composés en thérapeutique est leur très faible biodisponibilité. Pour contourner ce problème, une équipe de chimistes a synthétisé un composé capable de réduire à la fois le stress oxydant et le stress carbonylé. Un polyphénol naturel, le phloroglucinol (Phloro) a été modifié chimiquement afin de pouvoir piéger les espèces responsables du stress carbonylé. Afin d’augmenter sa biodisponibilité, le phloroglucinol modifié a ensuite été couplé à un acide gras à longue chaîne (DHA) pour donner le Phloro-OiP-DHA. Son activité a été validée in vitro et in vivo dans un modèle murin présentant une dégénérescence des photorécepteurs induite par la lumière. L'objectif de ce projet est de déterminer le potentiel thérapeutique de ce composé dans un modèle de stress carbonylé induit par une exposition chronique à une ECR (l'acroléine), mimant le développement de la maladie d’Alzheimer.
Bénéfices attendus
Ce projet permettra : -de confirmer que l'exposition chronique à l'acroléine, conduisant à l'apparition d'un stress carbonylé, s'accompagne de troubles comportementaux et de neurodégénérescence. -de déterminer le potentiel thérapeutique du lipophénol Phloro-OiP-DHA dans ce modèle. Avec cette étude, nous posons donc l'hypothèse d'un mécanisme reliant le stress carbonylé aux processus neurodégénératifs asssociés à la maladie d'Alzheimer, et en particulier ceux associés à la formation des dépôts amyloïdes et l'hyperphosphorylation de la protéine tau. Ce projet nous permettra d'en appréhender les mécanismes biochimiques sur le long terme et de tester le potientiel thérapeutique d'une molécule ciblant le stress carbonylé, le Phloro-OiP-DHA.
Procédures
Les animaux, en fonction de leur groupe, pourront être soumis à : -un gavage quotidien pendant 4 semaines (6j/7) -une injection intracérébroventriculaire d'acroléine -des injections intrapéritonéales ou intranasales quotidiennes pendant 2 semaines - des tests comportementaux (un test par jour) - ils seront euthanasiés en fin de projet.
Impact sur les animaux
La dose d'acroléine utilisée est basée sur des travaux précédemment publiés . Les animaux seront observés quotidiennement afin d'évaluer les potentiels effets indésirables. L'inconfort lié au traitement peut provenir de la répétition quotidienne du gavage pendant 4 semaines et/ou des administrations intranasales pendant 2 semaines. Ces administrations seront toutefois effectuées par une personne qualifiée et après une période d'habituation à l'expérimentateur.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés en fin de procédure afin de pouvoir procéder à des analyses biochimiques et immunohistologiques du tissu cérébral.
Remplacement
De manière générale, il est aujourd’hui très difficile en neurosciences d’étudier le fonctionnement du cerveau sur des modèles simplifiés (in vitro ou in silico) et donc de remplacer l’étude sur l’animal dans sa globalité. En effet, il n'existe pas de modèles alternatifs (in vitro ou in silico) validés pour étudier la neurodégénérescence et le déclin cognitif dans leur globalité. Il est primordial d’avoir des circuits neuronaux in vivo associés aux cellules gliales et vasculaires, pour caractériser les modifications moléculaires liées à la maladie d’Alzheimer d’un point de vue spatiotemporel. Les modèles utilisés sont acceptés, bien documentés, et très utilisés par la communauté des neurosciences.
Réduction
Le nombre d’animaux est réduit au minimum pour répondre aux objectifs du projet. Le nombre d'animaux dans chaque groupe, ainsi que le nombre de groupes est basé sur une connaissance approfondie des modèles et de l'expérience acquise par notre équipe et a été déterminé par une analyse de puissance statistique basée sur nos études précédentes. Pour les analyses comportementales, histologiques et biochimiques, les tests seront de type non appariés, paramétriques sur les moyennes à variances égales ou différentes suivants les résultats des analyses précédentes. Ici, 10 animaux par groupe seront nécessaires pour observer d’éventuels changements. A ce nombre d’animaux une marge de 10% sera ajoutée afin de compenser les aléas expérimentaux.
Raffinement
Afin de minimiser les effets du stress qui pourraient fausser les résultats (en particulier sur les analyses comportementales), mais également de contrôler l’état général des animaux, les souris seront manipulées chaque jour par l’expérimentateur en charge de l’expérience, avant la procédure expérimentale. Tous les incidents et toutes observations anormales (comportement, poids, pelage, plaie,…) seront transmis à l’expérimentateur afin d’être traités dans les plus brefs délais et seront notés dans un tableau de suivi expérimental.
Choix des espèces
Il s'agit d'une espèce de choix au niveau international pour l’étude de la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer. Ces études chez l’animal vigile sont nécessaires pour appréhender des mécanismes intégrés et pour évaluer la pertinence de traitements potentiels. De plus, l'utilisation d'animaux transgéniques (modèle Alzheimer) justifie également le choix de cette espèce. La maladie d'Alzheimer étant une maladie se déclarant chez l'adulte voire la personne âgée, les animaux seront utilisés et sacrifiés à l'âge adulte (6 mois). De plus, la caractérisation du modèle de souris transgéniques a déjà été effectuée dans notre laboratoire et nous avons montré que : -les déficits comportementaux commencent à partir de 3 mois -les modifications biochimiques (augmentation de la charge amyloïde, de la phosphorylation de la protéine tau, principaux marqueurs de la maladie d’Alzheimer) et histologiques (formation des plaques amyloïdes) sont visibles à l’âge de 6 mois
Ciblage de l’enzyme RPN11 dans la réponse thérapeutique des cancers de la peau
- Recherche fondamentale
- Oncologie
Pour établir le rôle d'une enzyme dans la résistance des mélanomes aux traitements, 1 728 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent sous la peau ou dans les poumons une greffe de cellules de mélanome, puis un gavage trois fois par semaine pendant cinq semaines ou des injections d'immunothérapie, avec un suivi de la rechute jusqu'à trois mois. Les tumeurs peuvent s'ulcérer et se nécroser, le gavage peut léser l'œsophage, et toutes les souris sont tuées pour prélever les tissus tumoraux. Le porteur conclut qu'en l'absence de système artificiel reproduisant l'environnement d'une tumeur, la souris constitue "un modèle sans alternative".
Objectifs
Le mélanome est un cancer de la peau qui reste difficile à traiter malgré les progrès récents grâce aux thérapies ciblées et aux immunothérapies. Globalement, plus de 50% des patients ont besoin de traitements supplémentaires, justifiant le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques. La fonction des enzymes appelées déubiquitinases dans la réponse des mélanomes aux thérapies actuelles est très mal connue. Dans ce contexte, l’objectif du projet est de montrer l’importance de certaines enzymes comme RPN11 dans la réponse et la résistance thérapeutique des mélanomes.
Bénéfices attendus
Notre projet permettra d’apporter la preuve de concept pré-clinique de l'importance de l’enzyme RPN11 dans la réponse des mélanomes aux thérapies ciblées et aux immunothérapies (bénéfices à court terme). A plus long terme, notre projet doit permettre d’identifier de nouveaux biomarqueurs de la réponse des patients aux thérapies actuelles ainsi que de nouvelles cibles thérapeutiques pour développer des stratégies innovantes permettant de combattre le mélanome métastatique résistant.
Procédures
Pour les greffes sous-cutanées, les animaux sont anesthésiés et reçoivent sur un flanc une injection de cellules de mélanome (1 minute/animal). La croissance des tumeurs est suivie trois fois par semaine par mesure au pied à coulisse (1 minute/animal) jusqu'à 3 mois après le début du traitement pour suivre la rechute tumorale. Pour les greffes pulmonaires, les animaux sont anesthésiés puis injectées avec des cellules de mélanome bioluminescent (1 à 2 minutes/animal). La croissance des tumeurs est suivie par analyse de la bioluminescence sur les animaux anesthésiés le jour de l’injection puis une fois par semaine pendant le traitement (durée de l'analyse 30 min/groupe d'animaux). L’expérience est poursuivie jusqu’à 12 semaines après le début du traitement pour suivre la rechute tumorale. Une partie des souris reçoivent les traitements par gavage oral (1 minute/animal). L’administration des substances se fait trois fois par semaine pendant 5 semaines. Une autre partie des souris sera traitée par l’immunothérapie par injection en intrapéritonéale (1 minute/animal) à raison de 3 injections pendant 1 semaine.
Impact sur les animaux
- Ulcération/nécrose des tumeurs sous-cutanées - Les injections intrapéritonéale peuvent provoquer une inflammation locale - Perte de poids anormale suite au traitement - Risque de lésion de l’œsophage lors du gavage oral.
Devenir
Dans tous les cas, à la fin de l’expérience ou lorsque les points limites sont atteints, il est nécessaire de prélever post-mortem les tissus tumoraux afin de réaliser des analyses complémentaires permettant de confirmer l’intérêt des cibles thérapeutiques identifiées. Tous les animaux sont donc mis à mort et ne seront pas réutilisés.
Remplacement
Dans le cadre du remplacement, nous avons réalisé un certain nombre d'expériences in vitro qui ont permis de déterminer les conditions optimales pour cibler l’enzyme RPN11 dans le mélanome. Cependant, en l’absence de système artificiel pouvant reproduire in vitro l’environnement complexe d’une tumeur, il est nécessaire de confirmer nos résultats dans des modèles pré-cliniques de réponse thérapeutique chez la souris. La combinaison de nos modèles permettra d’apporter une solide preuve de concept in vivo de l'importance de RPN11 pour l’amélioration des thérapies ciblées et des immunothérapies. En ce sens, le modèle murin constitue un modèle sans alternative pour les études pré-cliniques visant à valider de nouvelles cibles thérapeutiques.
Réduction
Nos études sont réalisées dans le souci d'utiliser un nombre minimum d'animaux sans compromettre les objectifs du projet. Le nombre d'animaux nécessaires au projet a été calculé au plus juste afin d’obtenir des résultats exploitables. Le recours à des techniques d'imagerie non invasive réduit de façon importante le nombre d’animaux nécessaires dans chaque groupe expérimental. Dans tous les cas, les tissus tumoraux sont prélevés post-mortem à la fin de l’expérience afin de réaliser des analyses complémentaires permettant de valoriser au mieux les expériences chez la souris.
Raffinement
Nous hébergerons les animaux dans des conditions enrichies d’hébergement prenant en compte leur bien-être et de soins afin de réduire toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable. L’hébergement et la manipulation en condition stérile permettra d’éviter toute contamination des animaux. Les souris seront observées quotidiennement et très attentivement par du personnel qualifié pour permettre la détection très précoce des signes de souffrance ou de mal-être, une réaction immédiate si le point limite est atteint, et une surveillance accrue en cas de doute. Le personnel participant à ce projet maîtrisent les expériences de greffe et les modes d'administration des drogues. Les transplantations de mélanome réalisées sont bien supportées par les animaux. Afin de réduire le stress ou la souffrance éventuelle, une anesthésie est effectuée avant les injections. Le risque d'inflammation associée aux injections intrapéritonéales est diminué en alternant les sites d'injection ou en privilégiant l’administration des drogues par gavage oral. Le gavage est amélioré par l’utilisation d’une canule courbée terminée par une olive qui permet de minimiser le risque de lésion de l’œsophage. Tout changement de comportement significatif, modification physique, variation anormale de poids ou signes de douleur conduiront à l’euthanasie des souris. Si des ulcérations des tumeurs sont observées, la tumeur est traitée avec une solution antiseptique jusqu'à la résolution de la plaie. L’ensemble de ces procédures nous permettra d'intervenir au plus tôt en cas de souffrance des animaux dans les phases avancées de la maladie.
Choix des espèces
La souris est une espèce animale relativement proche de l’homme, systématiquement utilisée dans les études précliniques visant à étudier l'efficacité de nouveaux traitements anticancéreux. De plus, la souris présente plusieurs avantages comme un cycle de vie relativement court et une natalité importante. Nos expériences seront réalisées sur des modèles de souris permettant d'éviter le rejet des greffes de cellules tumorales humaines et sur des modèles de souris permettant d’étudier la réponse immunitaire contre la tumeur. En l’absence de système artificiel pouvant reproduire in vitro l’environnement complexe d’une tumeur, il n’existe pas de méthode alternative à l’expérimentation animale pour mener à bien ce projet. Les expériences de greffes de mélanome seront réalisées sur des animaux âgés de 6 semaines, un âge auquel la prise tumorale est particulièrement efficace d'après les données de la littérature. Les souris sont commandées à l'âge de 5 semaines. A leur arrivée, elles sont acclimatées pendant une semaine à l'animalerie avant d'être utilisées.
Rôle de l’inflammation dans la modulation de la synthèse locale de glucocorticoïdes chez la souris
- Recherche fondamentale
- Oncologie
- Système endocrinien
- Système nerveux
58 souris vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une colite est provoquée chez elles par traitement, avec inflammation de l'intestin et perte de poids possibles, et chacune subit cinq injections intrapéritonéales et six pesées. Le porteur indique que les données obtenues hors de l'animal ne suffisent pas, faute d'y retrouver le système immunitaire et les facteurs circulants. Le bénéfice annoncé se limite à identifier "potentiellement" des cibles thérapeutiques pour les troubles digestifs liés au stress.
Objectifs
Le système nerveux entérique (SNE) régule la motricité digestive et les fonctions de la barrière épithélio-intestinale. Il est admis que le stress altère l’axe cerveau-intestin et contribue à un large éventail de troubles gastro-intestinaux, incluant le syndrome de l’intestin irritable. La survenue d’évènements stressants ou traumatisants affecte les fonctions digestives, qui en pratique se manifestent par des flatulences, des douleurs abdominales, plus ou moins associées à une accélération ou à une diminution de la vidange gastrique. La réponse biologique au stress implique l’activation de l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien, initiant une sécrétion de glucocorticoïdes. Bien que la synthèse de glucocorticoïdes ait lieu principalement au niveau des glandes surrénales, il a été décrit de nombreux autres sites de production, associés à une action locale des glucocorticoïdes via le récepteur aux glucocorticoïdes. Dans l’intestin, le système nerveux exprime le récepteur des glucocorticoïdes ainsi que l’enzyme responsable de leurs synthèses. Une étude préliminaire in vitro de notre équipe de recherche a permis de mettre en évidence une synthèse de corticostérone par le système nerveux entérique et une augmentation de la synthèse de corticostérone en conditions inflammatoires. De plus, des modifications de l’expression de protéines impliquées dans l’activité neuronale ont également été mises en évidence en conditions inflammatoires et lorsqu’on bloque l’effet des glucocorticoïdes. L’objectif de ce projet est d’étudier comment l’inflammation module le système nerveux entérique in vivo, et si les conséquences fonctionnelles de l’inflammation passent par l’action des glucocorticoïdes.
Bénéfices attendus
Mieux comprendre les mécanismes de la synthèse locale des glucocorticoïdes au niveau de l’intestin afin de pouvoir potentiellement identifier des cibles thérapeutiques pour améliorer les troubles digestifs intestinaux liés au stress et à l’inflammation.
Procédures
Pesée quotidienne des animaux – 10 sec sur la balance – 6 au total Contention + injection intrapéritonéale – 30 sec – 5 au total
Impact sur les animaux
Les animaux peuvent avoir une inflammation des intestins à l’issue du traitement et cela peut générer une perte de poids. Ils peuvent également avoir peur au moment des injections intrapéritonéales.
Devenir
Les animaux seront euthanasiés afin de prélever des tissus d’intérêt (tube digestif) pour analyser les échantillons ex vivo.
Remplacement
Les données préliminaires obtenues dans un modèle ex vivo ne sont malheureusement pas suffisantes pour extrapoler les résultats obtenus à un individu entier. Plusieurs acteurs comme le système immunitaire et la présence de facteurs circulants sont absents de nos modèles ex vivo. C’est pourquoi il n’est pas possible de remplacer ce modèle d’induction de colite aigüe par un modèle ex vivo ou in vitro.
Réduction
Nous avons calculé le nombre d’animaux minimum nous permettant d’obtenir des résultats statistiquement interprétables (n=9 pour une augmentation de 40 % de la production de corticostérone). Pour s’assurer de la réussite de ce projet, nous avons prévu un lot d’animaux « pilote » de 10 souris qui permettra de valider les expérimentations in vitro sur les échantillons issus de nos animaux. Comme une partie des animaux va recevoir une injection intrapéritonéale d’antagoniste et que ce type d’injection peut rater malgré un personnel compétent, nous avons prévu un lot supplémentaire (n=3 par groupe) qui sera réalisé seulement si certains animaux doivent être exclus. L’utilisation d’un tel nombre (58 au total) devrait nous éviter de devoir répéter l’expérience.
Raffinement
Les souris seront au maximum 5 par cages et de l’enrichissement (frisottis, tubes) sera placé dans les cages leur permettant de déchiqueter, de jouer et de se cacher. Elles seront également surveillées quotidiennement à l’animalerie avant et pendant la procédure expérimentale, y compris le week-end. Les souris seront habituées à la présence de l’utilisateur grâce à une manipulation régulière pour limiter le stress lors des expérimentations. Nous avons également défini des points limites à nos expérimentations pour évaluer le bien-être de nos animaux et prendre en charge la douleur si elle a lieu.
Choix des espèces
La colite expérimentale provoquée par le traitement chez les rongeurs est un modèle reconnu d’affections inflammatoires chroniques humaines. La souris représente un très bon modèle d’étude (plus petit) et est plus adapté à nos besoins qu’un modèle rat et nous permettra de faire un parallèle avec l’homme. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (8 à 10 semaines) puisque ce projet s’intéresse à la régulation de la production de glucocorticoïdes à l’âge adulte.
Effets d’un candidat médicament anti-obésité chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisse
- Recherche appliquée
- Troubles endocriniens
48 souris rendues obèses par un régime gras vont être utilisées, toutes tuées à l'issue, chacune subissant 26 pesées, 12 injections dans l'abdomen, 39 injections sous la peau, cinq prises de sang et deux séjours de 96 heures en cage de mesure. Les procédures relèvent d'un niveau de souffrance modéré, et les souris sont hébergées seules pendant toute l'étude, ce que le porteur reconnaît comme une nuisance pour une espèce sociale. Un jeûne de quatre heures précède chaque prise de sang, et l'obésité elle-même réduit leur capacité de mouvement. L'étude est menée pour un client, à un stade précoce du développement d'un candidat médicament anti-obésité, avec la perspective déclarée d'une mise sur le marché.
Objectifs
Le présent projet est relatif à une étude menée à un stade précoce du développement d'un candidat médicament de notre client et vise à tester son efficacité anti-obésité chez la souris rendue obèse par une alimentation enrichie en graisse, en administration seule ou combinée avec un autre composé anti-obésité déjà autorisé sur le marché. Le projet devra permettre de montrer l'impact d'un traitement chronique du candidat médicament sur l'appétit, les dépense énergétiques et, en conséquence, sur le poids corporel du modèle d'obésité.
Bénéfices attendus
Ce projet s'inscrit dans le cadre du développement d'un composé anti-obésité visant l'humain. Alors que plusieures molécules anti-obésité ont été autorisées ces vingt dernières années, un grand nombre d'entre elles se sont vues retirées du marché en raison d'effets secondaires graves. Seules 3 spécialités sont actuellement approuvées en Europe pour des traitements de longue durée du surpoids et de l'obésité, mais leur efficacité s'avère néanmoins très limitée. L'obésité est donc une pathologie présentant un besoin médical important sur le plan thérapeutique. Si l'issue du projet s'avère favorable, le développement dans lequel s'engage notre client pourrait aboutir à la mise sur le marché d'une nouvelle molécule anti-obésité.
Procédures
Les animaux seront soumis aux interventions suivantes: 1) Manipulations par les expérimentateurs pour des mesures de poids corporel (26 mesures au cours de l'étude; durée de la mesure : 1 minute); 2) Administration de véhicule ou du candidat médicament par voie intrapéritonéale (12 administration; durée de la mesure : 1 minute); 3) Administrations de véhicule ou de sémaglutide par voie sous-cutanée (39 administrations; durée de la mesure : 1 minute); 4) Analyse non invasive de composition corporelle (5 mesures; durée de la mesure: 2 minutes); 5) Prélèvements sanguins (5 prélèvements; durée du prélèvement : 5 minutes); 6) Mesures de dépenses énergétiques (2 sessions de mesures de 96h); 7) Anesthésie générale avant euthanasie et prélèvement d'organes (durée: 10 minutes).
Impact sur les animaux
De par leur caractère social, l'hébergement en cage individuelle constituera une nuisance d’isolement sur les animaux. Les animaux garderont toutefois un contact visuel et olfactif avec leurs congénères. Les mesures de poids corporel et autres manipulations ainsi que les mesures de composition corporelle et le placement en boite de contention lors des prélèvements sanguins pourront être source de stress du fait d'une entrave aux mouvements de courte durée. Les traitements intrapéritonéaux et sous-cutanés, ainsi que les prélèvements sanguins seront source de douleurs aiguës et de stress. La mise à jeun de 4h préalable aux prélèvements sanguins, bien que réalisée en phase diurne, pourra induire une sensation de faim. Enfin, le caractère obèse des souris sera source d'inconfort en réduisant légèrement leur capacité de mouvement.
Devenir
L'ensemble des animaux seront euthanasiés à l'issue de l'étude. Des prélèvements d'organes sont prévus après euthanasie pour analyses ultèrieures.
Remplacement
L’utilisation d’animaux à des fins scientifiques se justifie ici car il n’existe aucune méthode de substitution n’utilisant pas l’animal de laboratoire et permettant l’étude de l’impact d’un composé sur le poids corporel, la composition corporelle, la prise alimentaire et les autres paramètres altérés dans le cadre des troubles métaboliques. Par ailleurs, bien que le composé testé ait fait l'objet de plusieurs études réalisées in vitro dans les premières phases de son développement, l'étude in vivo reste une étape règlementaire incontournable pour la constitution d'un dossier de demande de premières études sur l'homme (passage aux études cliniques).
Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été rationalisé à partir de l'expérience acquise par notre laboratoire sur le modèle de souris obèse et l'analyse des paramètres d'intérêt de l’étude. Ainsi, le nombre d'animaux par groupe a été rationalisé de façon à être en mesure de mettre en évidence une différence statistiquement significative sur les paramètres étudiés. Le groupe témoins non obèse a été réduit à 8 animaux, contre 10 pour les groupes expérimentaux constitués de souris obèses, compte tenu de la moindre variabilité dans les paramètres étudiés. Enfin, compte tenu du fait que l’étude se positionne à un stade précoce du développement du candidat médicament, cette dernière sera limitée au genre mâle. La grande hétérogénéité du paramètre étudiés (notamment le poids corporel, la prise alimentaire et les dépenses énergétiques) entre mâle et femelle imposerait en effet de doubler les effectifs de chaque groupe pour étudier l’impact du composé sur les deux genres. Dans la suite du développement du candidat médicament, et uniquement dans le cas où une efficacité aura été observée chez le mâle, une seconde étude sera menée chez la souris femelle afin de s'assurer de son efficacité sur les deux genres.
Raffinement
Le protocole a été planifié de façon à limiter au maximum le stress et l’inconfort des animaux sans compromettre les objectifs de l’étude. Les traitements par voie intrapéritonéale et sous-cutané seront administrés par des expérimentateurs rodés à ce type de pratique. Les animaux seront hébergés en cages individuelles pour les besoins de l’étude mais les animaux conserveront des contacts olfactifs et visuels. Un enrichissement des cages sera assuré par l'ajout d'igloos, de matériels de nidification et de briquettes en bois spécialement conçues pour le rongeur. Les prélèvements sanguins prévus seront limités au volume minimum nécessaire aux dosages ultérieurs et une crème analgésique sera appliquée sur la queue 30 minutes avant les prélèvements sanguins. Enfin, un suivi journalier des animaux à l'aide d'une grille de score permettra une action rapide en cas d'atteinte des points limites établis. Ces actions incluent, entre autres, une surveillance renforcée et l'emploi d'analgésiques en cas de douleur avérée.
Choix des espèces
Le modèle de souris C57BL/6J nourris avec une alimentation enrichie en graisses (45% de l'apport calorique provenant des graisses) est un des modèles de souris les plus classiquement utilisés et les mieux documenté dans le cadre d'études précliniques menées dans le contexte des troubles métaboliques. Les animaux seront utilisés au stade adulte de 20 semaines (28 semaines à l'issue de l'étude). Le choix de ce stade de développement est guidé par la population humaine ciblée par les composés testés, à savoir une population adulte et tient compte d'une pèriode de 14 semaines de régime enrichi en graisse chez le fournisseur.