Les questions parlementaires
Établissement public pour les méthodes non animales
Experimentation animale
Question écrite n° 37538, Assemblée nationale, 15 avril 1996
Le résumé de l'OXA
Le député demande au secrétaire d'État s'il créera un établissement public dédié aux méthodes non animales, financé par la fermeture d'animaleries d'hôpitaux qu'il dit illégales.
2 demandes : réponse à 2.
La création d'un établissement public scientifique et technique consacré à l'étude des méthodes non animales.
Réponse Refus explicite : la réponse juge qu'un tel établissement ne se justifie pas, de nombreux laboratoires publics étudiant déjà ces techniques.
Le financement de cet établissement par la fermeture des animaleries d'hôpitaux jugées illégales par la question.
Réponse La réponse dit que ces animaleries ne sont pas illégales et qu'elles relèvent du décret de 1987 et des arrêtés de 1988.
Les erreurs de la réponse
- "decret no 87-748 du 19 octobre 1987" : Le décret du 19 octobre 1987 porte le numéro 87-848, comme l'écrivent les réponses aux questions 31387 et 37535 du même recueil.
La fiche
Thèmes : méthodes sans animaux, financement, instances nationales
- Auteur
- M. Patrick Balkany (Rassemblement pour la République)
- Ministère interrogé
- éducation nationale
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 15 avril 1996
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 11 novembre 1996
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
Texte sans accents, tel que le site de l'Assemblée nationale le sert pour les législatures de 1986 à 1997.
(Question écrite n° 37538 de M. Patrick Balkany, Assemblée nationale, JO du 15 avril 1996)
M. Patrick Balkany appelle l'attention de M. le secretaire d'Etat a la recherche sur les methodes substitutives a l'experimentation animale. Il lui demande s'il pourrait etre cree un etablissement public scientifique et technique specialise dans l'etude scientifique de methodes de substitution qui serait une contribution francaise active aux efforts deployes par nos partenaires europeens, les credits pouvant provenir de la fermeture des animaleries d'hopitaux illegales
La réponse
(Réponse du ministère : éducation nationale, JO du 11 novembre 1996)
Les animaleries implantees dans des sites hospitaliers ne sont pas illegales. Tout comme pour les autres etablissements d'experimentation animale, les responsables sont tenus de respecter les dispositions du decret no 87-748 du 19 octobre 1987 complete par les trois arretes du 19 avril 1988. En particulier, l'etablissement doit recevoir un agrement sous la forme d'un arrete interministeriel cosigne par le ministre de l'agriculture et le ministre de tutelle dont il releve. Les experimentateurs, responsables scientifiques des protocoles, doivent detenir une autorisation nominative delivree par le ministre de l'agriculture. Le personnel technicien et animalier doit avoir recu une formation specifique approuvee par l'Etat. La mise au point et la validation intra et interlaboratoires de methodes permettant de se substituer a des tests sur animaux ne justifient pas la creation d'un etablissement public scientifique et technologique (EPST) specifiquement destine a cet objet. En effet, de nombreux laboratoires d'EPST etudient deja de facon tres active ces techniques in vitro. A la demande du directeur du Centre europeen pour la validation des methodes alternatives (ECVAM), implante au sein de l'Institut de l'environnement a Ispra en Italie, une enquete a ete realisee par la representante en France au Comite scientifique consultatif de l'ECVAM, presidente de la societe de pharmaco-toxicologie cellulaire, de facon a realiser un repertoire des laboratoires francais impliques dans l'etude des methodes alternatives. Ce repertoire, qui a ete transmis au directeur de l'ECVAM, a permis de mettre en evidence que plus de quatre-vingt-dix laboratoires du secteur public ou prive sont concernes par la mise au point et le developpement de ces methodes. En creant le Centre europeen pour la validation des methodes alternatives et en le dotant de moyens importants, la Commission de l'Union europeenne a clairement affiche sa volonte de prendre en charge la coordination des programmes de validation dans lesquels des laboratoires francais sont directement impliques. En effet, et compte tenu de l'internationalisation des echanges, il est apparu inutile, voire nefaste pour la Communaute, que des Etats membres effectuent des validations pour leur propre compte. Pour sa part, le ministere de l'education nationale, de l'enseignement superieur et de la recherche soutient de maniere active des etudes sur les techniques in vitro, de facon a favoriser leur utilisation preferentielle en tant que methodes de remplacement de l'animal, tant dans le domaine fondamental que dans celui des tests toxicologiques de routine. Par ailleurs, le ministere a dote la direction des laboratoires et des controles de l'agence du medicament (ex-Laboratoire national de la sante) d'un budget de 3,4 MF pour mettre a niveau l'equipement d'un laboratoire specialise dans les methodes alternatives au sein de l'Unite de pharmaco-toxicologie sise a Montpellier. En outre, une commission des methodes alternatives devrait etre prochainement creee au sein de la Commission nationale de l'experimentation animale. Une de ses missions sera de jouer un role de coordinateur dans le developpement de ces recherches au niveau national.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les animaleries des sites hospitaliers relèvent, comme les autres établissements d'expérimentation animale, du décret du 19 octobre 1987 complété par trois arrêtés du 19 avril 1988.
- Selon le décret du 19 octobre 1987, un établissement d'expérimentation animale doit être agréé par arrêté interministériel cosigné par le ministre de l'agriculture et son ministre de tutelle.
- Selon le décret du 19 octobre 1987, les expérimentateurs doivent détenir une autorisation nominative délivrée par le ministre de l'agriculture.
- Selon le décret du 19 octobre 1987, le personnel technicien et animalier doit avoir reçu une formation spécifique approuvée par l'État.
- Un répertoire des laboratoires français transmis au directeur de l'ECVAM recense plus de quatre-vingt-dix laboratoires publics ou privés travaillant sur les méthodes non animales.
- Le ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche a accordé 3,4 MF à l'agence du médicament pour mettre à niveau un laboratoire de "méthodes alternatives" à Montpellier.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Décret no 87-848 du 19 octobre 1987, écrit 87-748 dans la réponse texte juridique
- Trois arrêtés du 19 avril 1988 texte juridique
- Répertoire des laboratoires français impliqués dans l'étude des méthodes alternatives, transmis au directeur de l'ECVAM rapport
Les organismes cités
- Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (ECVAM)
- Institut de l'environnement, Ispra
- Comité scientifique consultatif de l'ECVAM
- Société de pharmaco-toxicologie cellulaire
- Agence du médicament, direction des laboratoires et des contrôles (ex-Laboratoire national de la santé)
- Unité de pharmaco-toxicologie de Montpellier
- Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA)
- Ministère de l'agriculture
- Commission européenne
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
L'utilisation d'animaux dans l'enseignement supérieur se fait notamment lors des travaux pratiques en biologie, par le biais de dissections, mais aussi de l'apprentissage des manipulations d'animaux pour les prélèvements et d'actes plus invasifs réalisés sous anesthésie avant de tuer l'animal.