Les questions parlementaires
Chiens beagle du centre de Huntingdon au Royaume-Uni
Royaume-Uni
Question écrite n° 73650, Assemblée nationale, 4 mars 2002
Le résumé de l'OXA
Le député interroge le ministre sur ce qui justifie les expériences sur des chiens au centre Huntingdon, au Royaume-Uni, et sur le recours à des méthodes non animales.
2 demandes : réponse partielle à 1, aucune réponse à 1.
Ce qui justifie les expériences et la mise à mort des chiens à Huntingdon.
Aucune réponse La réponse ne parle ni de Huntingdon ni des chiens ; elle décrit les textes européens.
La possibilité d'améliorer les conditions d'expérimentation par la recherche de méthodes non animales.
Réponse partielle La réponse décrit la révision de la directive cosmétiques et celle, annoncée, de la directive 86/609/CEE, que la France soutient, sans rien sur les produits testés à Huntingdon.
Les erreurs de la réponse
- "du Conseil de l'Europe, du 31 mars 1986" : La convention STE 123 est datée du 18 mars 1986, selon la page du traité au Conseil de l'Europe, date que donne aussi la question AN 62460 du recueil ; le 31 mars est faux.
La fiche
Thèmes : conditions et devenir des animaux, droit européen, cosmétiques · Espèce : chiens
- Auteur
- M. André Aschieri (Radical, Citoyen et Vert, Alpes-Maritimes (9e circonscription))
- Ministère interrogé
- affaires étrangères
- Rubrique
- Relations internationales
- Question publiée
- au Journal officiel du 4 mars 2002
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 6 mai 2002
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 73650 de M. André Aschieri, Assemblée nationale, JO du 4 mars 2002)
M. André Aschieri attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la mort de dizaines de milliers d'animaux, chaque année, à Huntingdon, au Royaume-Uni. Huntingdon est un centre de tests sur animaux, situé près de Cambridge. Il est notamment conçu pour accueillir plus de mille beagles qui, quarante semaines après leur arrivée, lorsque la période d'essai de produits prend fin, ont atteint la limite de leur vie utile et sont donc tués aux barbituriques, comme tous les autres chiens qui participent à ces expériences. L'autopsie des corps des chiens doit alors permettre des examens plus précis sur les effets des produits administrés. Dans ces laboratoires de l'IHS, le plus grand groupe privé européen d'expériences sur animaux, d'autres espèces animales sont bien sûr touchés par ces expériences. Il s'interroge donc sur la nécessité de tels traitements et sur la possibilité d'améliorer les conditions d'expérimentation de ces produits, à travers la recherche d'alternatives expérimentales.
La réponse
(Réponse du ministère : affaires étrangères, JO du 6 mai 2002)
L'Union européenne s'est attachée depuis longtemps à faire évoluer les pratiques en matière d'expérimentation animale, d'une part en limitant de plus en plus le recours à ce type d'expérimentation pour la fabrication de produits cosmétiques, et d'autre part en réglementant strictement les conditions matérielles de ces expérimentations pour épargner aux animaux les souffrances physiques. Deux textes communautaires ont donc été élaborés et font à l'heure actuelle l'objet de modifications substantielles destinées à les améliorer. En premier lieu, la directive 76/768/CEE concernant le rapprochement des législations des Etats membres relatives aux produits cosmétiques, sur la révision de laquelle le Conseil du marché intérieur a trouvé un accord politique lors de sa dernière réunion le 26 novembre 2001, que la France a soutenu. Aux termes de ce compromis, les expérimentations animales sur les produits finis seront interdites à la date d'entrée en vigueur de la directive. Pour ce qui est des ingrédients, l'interdiction entrera en vigueur au fur et à mesure de la validation des tests alternatifs. Ces méthodes alternatives sont définies comme les méthodes qui réduisent le nombre d'animaux utilisés, qui diminuent la souffrance des animaux ou qui n'impliquent pas l'utilisation d'animaux. Ce texte doit à présent être examiné par le Parlement européen. En second lieu, en 1986, le Conseil de l'Union européenne a adopté la directive 86/609/CEE concernant la protection des animaux utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques. La directive vise à mieux contrôler l'utilisation des animaux de laboratoire et fixe des normes minimales applicables aux soins et à l'hébergement, ainsi qu'à la formation du personnel qui manipule ces animaux et surveille les expériences. Elle a également pour objectif de réduire le nombre d'animaux utilisés à des fins d'expérience en encourageant le développement et la validation de méthodes de substitution. C'est cette définition qui a été reprise dans le projet de modification de la directive « cosmétiques » précitée. La directive 86/609/CEE comprend deux annexes. L'annexe 1 énumère les espèces animales couvertes par celle-ci, et l'annexe 2 contient les lignes directrices relatives à l'hébergement et aux soins des animaux. Ces annexes sont de nature technique et reposent sur les connaissances scientifiques des besoins physiologiques et éthologiques des animaux, ainsi que sur l'influence de leur environnement sur leur bien-être. Par ailleurs, en 1998, la Communauté est devenue partie à la convention EST 123 du Conseil de l'Europe, du 31 mars 1986, sur la protection des animaux vertébrés utilisés à des fins expérimentales ou à d'autres fins scientifiques. La directive 86/609/CEE constitue l'instrument de mise en oeuvre de la convention. Le Conseil de l'Europe a ouvert à la signature et à la ratification un « protocole d'amendement » à la convention. Ce protocole d'amendement va permettre de modifier les annexes de la convention au moyen d'une procédure simple au lieu d'adopter un amendement à part entière qui devrait être ratifié par toutes les parties. La Commission propose par conséquent d'adopter une décision du Conseil concernant la conclusion, au nom de la Communauté européenne, du protocole d'amendement, démarche que soutient la France. Aujourd'hui, la directive 86/609/CEE doit être entièrement révisée. Certaines dispositions fondées sur des données scientifiques qui datent d'une quinzaine d'années au moins sont dépassées. Par ailleurs, le champ d'application de la convention du Conseil de l'Europe est plus large que celui de la directive, puisqu'il couvre également les animaux utilisés à des fins d'éducation et de formation. C'est pourquoi la Commission a présenté un projet de directive amendant la directive 86/609/CEE, afin notamment d'y introduire une procédure qui permettra de réviser les annexes de la directive. La France soutient ce projet, qui sera très prochainement soumis à la discussion dans les enceintes appropriées.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le 26 novembre 2001, le Conseil marché intérieur a trouvé un accord politique, soutenu par la France, sur la révision de la directive 76/768/CEE relative aux cosmétiques.
- Selon l'accord du 26 novembre 2001 sur la directive 76/768/CEE, les essais sur animaux des produits finis seront interdits à son entrée en vigueur, ceux des ingrédients à mesure de la validation des tests alternatifs.
- En 1986, le Conseil a adopté la directive 86/609/CEE, qui fixe des normes minimales pour les soins et l'hébergement des animaux de laboratoire et la formation du personnel qui les manipule.
- L'annexe 1 de la directive 86/609/CEE énumère les espèces couvertes, et son annexe 2 donne les lignes directrices d'hébergement et de soins.
- En 1998, la Communauté est devenue partie à la convention n° 123 du Conseil de l'Europe du 31 mars 1986, que la directive 86/609/CEE met en oeuvre.
- Le Conseil de l'Europe a ouvert à la signature un protocole d'amendement qui permettra de modifier les annexes de la convention n° 123 par une procédure simple ; la Commission propose au Conseil de le conclure.
- Le champ de la convention n° 123 du Conseil de l'Europe, plus large que celui de la directive 86/609/CEE, couvre aussi les animaux utilisés pour l'éducation et la formation.
- La Commission a présenté un projet de directive modifiant la directive 86/609/CEE, notamment pour y introduire une procédure de révision de ses annexes.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 76/768/CEE relative aux produits cosmétiques texte juridique
- Révision de la directive 76/768/CEE, accord politique du Conseil marché intérieur du 26 novembre 2001 texte en préparation, texte adopté ensuite
- Directive 86/609/CEE, annexes 1 et 2 texte juridique
- Convention STE 123 du Conseil de l'Europe, écrite EST 123, et son protocole d'amendement texte juridique
- Proposition de décision du Conseil sur la conclusion du protocole d'amendement à la convention STE 123 texte en préparation
- Projet de directive modifiant la directive 86/609/CEE pour la révision de ses annexes texte en préparation
Les organismes cités
- Huntingdon Life Sciences, écrit IHS dans la question
- Conseil de l'Union européenne
- Conseil de l'Europe
- Parlement européen
- Commission européenne
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
La réglementation impose que les animaux soient mis à mort "en limitant au minimum la douleur, la souffrance et l'angoisse qu'ils éprouvent", par une personne compétente, selon des méthodes fixées par espèce, avec des dérogations possibles. Elles vont de la surdose d'anesthésique à la décapitation, en passant par le gazage ou la percussion de la boîte crânienne.