Les questions parlementaires
Encadrement des laboratoires et "comités d'éthique"
expérimentation animale
Question écrite n° 19078, Assemblée nationale, 26 mai 2003
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la ministre de la recherche l'état de l'expérimentation animale en France et les mesures pour mieux encadrer les laboratoires, citant le retard sur les comités d'éthique.
2 demandes : réponse à 2.
L'état de la recherche expérimentale sur les animaux en France.
Réponse La réponse donne le nombre de vertébrés utilisés en 2001, la baisse depuis 1990, le nombre de chiens et la part des rongeurs.
Les mesures réglementaires pour mieux encadrer les travaux des laboratoires.
Réponse La réponse annonce pour 2003 un décret créant un comité national chargé d'une charte, et renvoie l'évolution de la réglementation à la CNEA ; elle juge l'encadrement déjà très bon.
La fiche
Thèmes : statistiques, "comités d'éthique en expérimentation animale", instances nationales · Espèces : chiens, chats
- Auteur
- M. Georges Ginesta (Union pour un Mouvement Populaire, Var (5e circonscription))
- Ministère interrogé
- recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 26 mai 2003
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 21 juillet 2003
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 19078 de M. Georges Ginesta, Assemblée nationale, JO du 26 mai 2003)
M. Georges Ginesta attire l'attention de Mme la ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies sur le problème des expérimentations touchant les animaux et plus particulièrement les chiens et les chats. Si des cobayes animaux sont nécessaires afin de mettre au point les médicaments susceptibles demain de sauver des vies humaines, l'expérimentation sur l'animal garde un caractère particulièrement révoltant alors même que des méthodes substitutives peuvent être mises en place afin d'éviter les souffrances inutiles. Certains pays européens se sont engagés dans la création de comités d'éthique institutionnels mais il semble que la France soit largement en retard sur ce point. C'est pourquoi il lui demande de bien vouloir lui indiquer l'état de la recherche expérimentale sur animaux en France et les mesures réglementaires qu'elle entend prendre afin de mieux encadrer les travaux des laboratoires.
La réponse
(Réponse du ministère : recherche, JO du 21 juillet 2003)
En France, en 2001, 2 200 000 animaux vertébrés ont été utilisés à des fins expérimentales, ce qui représente une diminution de 40 % par rapport à 1990. Si 5 516 chiens ont été utilisés, provenant tous d'élevages spécialisés, 87 % de ces animaux de laboratoire sont des rongeurs. L'utilisation des animaux est strictement encadrée dans notre pays, depuis le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 qui a été modifié par le décret n° 2001-464 du 29 mai 2001, et les services vétérinaires départementaux contrôlent l'activité des établissements concernés ainsi que la qualification des personnes qui interviennent sur les animaux. L'évolution de notre réglementation est dépendante de l'action de la commission nationale de l'expérimentation animale qui se réunit deux fois par an et qui a pour mission de donner son avis sur tout projet de modification de la législation relative à l'expérimentation animale, et de faire toute proposition concernant des dispositions susceptibles d'améliorer les conditions de vie et d'utilisation des animaux de laboratoire. Vingt comités régionaux d'éthique appliquée à l'expérimentation animale, ont été créés en 2001, dans le secteur public, sous l'égide du ministère chargé de la recherche, qui viennent compléter le dispositif existant depuis de nombreuses années dans les établissements privés. En 2003, sera créé, par décret, un comité national de réflexion éthique appliquée à l'expérimentation animale qui sera chargé d'élaborer une charte nationale portant sur la déontologie et l'éthique de l'expérimentation animale et de faire toute proposition concernant le bien-être des animaux. On peut donc considérer que l'expérimentation animale en France est très bien encadrée, même si quelques protocoles susceptibles d'être douloureux, par ailleurs soumis à déclaration en préfecture, demeurent encore inévitables, en l'absence de méthode alternative afin de s'assurer que les conditions de sécurité sanitaire sont bien remplies avant diffusion au grand public de certains produits. Les objectifs de progrès et de sécurité que sont en droit d'attendre les citoyens justifient le recours à l'animal de laboratoire, mais celui-ci est utilisé dans de bonnes conditions, par des personnels tout à fait compétents. Peu de méthodes substitutives permettent encore de répondre à ces objectifs, néanmoins aussitôt qu'elles sont validées au niveau européen par le centre « européen pour la validation des méthodes alternatives » d'Ispra, elles sont utilisées à l'exclusion de toute autre méthode.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- En 2001, 2 200 000 vertébrés ont été utilisés en France à des fins expérimentales, 40 % de moins qu'en 1990.
- En France, en 2001, 5 516 chiens ont été utilisés, tous venus d'élevages spécialisés ; 87 % des animaux de laboratoire sont des rongeurs.
- Le décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 a été modifié par le décret n° 2001-464 du 29 mai 2001.
- Les services vétérinaires départementaux contrôlent l'activité des établissements et la qualification des personnes qui interviennent sur les animaux.
- La Commission nationale de l'expérimentation animale se réunit deux fois par an et donne son avis sur tout projet de modification de la législation relative à l'expérimentation animale.
- Vingt comités régionaux d'éthique appliquée à l'expérimentation animale ont été créés en 2001 dans le secteur public, sous l'égide du ministère chargé de la recherche.
- En 2003 sera créé par décret un comité national de réflexion éthique appliquée à l'expérimentation animale, chargé d'élaborer une charte nationale sur la déontologie et l'éthique de l'expérimentation animale.
- En France, les protocoles susceptibles d'être douloureux sont soumis à déclaration en préfecture.
- Le centre européen pour la validation des méthodes alternatives, à Ispra, valide les méthodes substitutives au niveau européen.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987, modifié par le décret n° 2001-464 du 29 mai 2001 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
L'éthique est la branche de la philosophie qui réfléchit à la signification des termes moraux, comme bien et mal, et à la manière de déterminer ce qui est bien ou mal selon des critères débattus. Dans les discours sur l'expérimentation animale, "l'éthique" désigne plutôt une réflexion sur le respect de la réglementation et des bonnes pratiques. La formation du Gircor destinée aux membres des "comités d'éthique" définit mal l'éthique et propage des idées fausses sur la philosophie morale.