Les questions parlementaires

Recours français contre la directive cosmétiques

expérimentation animale

Question écrite n° 38057, Assemblée nationale, 20 avril 2004

Le résumé de l'OXA

Le député demande au ministre de l'économie les mesures qu'il envisage pour mettre fin aux tests sur des animaux dans l'industrie cosmétique française.

1 demande : réponse à 1.

  1. Les mesures envisagées pour que l'industrie cosmétique française cesse les tests sur des animaux.

    Réponse La France appliquera la directive au 11 mars 2009 ; les produits finis ne seraient déjà plus testés, et elle soutient le partenariat européen de novembre 2005. Aucune mesure nationale propre.

La fiche

Thèmes : cosmétiques, droit européen, méthodes sans animaux

Auteur
M. Thierry Mariani (Union pour un Mouvement Populaire, Vaucluse (4e circonscription))
Ministère interrogé
économie
Rubrique
Animaux
Question publiée
au Journal officiel du 20 avril 2004
Réponse publiée
au Journal officiel du 21 février 2006
Statut
Réponse publiée
Événements
  • Question renouvelée le 15 mars 2005
Sources

La question

(Question écrite n° 38057 de M. Thierry Mariani, Assemblée nationale, JO du 20 avril 2004)

M. Thierry Mariani appelle l'attention de M. le ministre d'État, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie sur la situation préoccupante concernant les tests sur animaux utilisés par l'industrie cosmétique française. Le ministère français de l'industrie a en effet déposé un recours à l'encontre de la Commission européenne à propos de la directive 2003/15 CE visant à interdire les tests et la vente des produits cosmétiques testés sur animaux à partir de 2009. Ce recours engagé par la France, alors même qu'un consensus avait été obtenu entre les différents pays européens, représente donc une menace de régression en matière de protection animale et de sécurité du consommateur. De récents rapports ayant démontré qu'il était tout à fait possible d'utiliser d'autres méthodes d'évaluation et de mettre un terme à tous les tests cosmétiques, comme cela est déjà le cas en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas, il lui demande donc les mesures qu'il envisage de prendre en la matière, afin que les barbaries dont les animaux ont été trop longtemps victimes ne puissent plus aujourd'hui être perpétrées par les industries cosmétiques de notre pays.

La réponse

(Réponse du ministère : économie, JO du 21 février 2006)

La directive n° 2003/15/ CE Cosmétiques (7e modification de la directive de base n° 76/768 du Conseil du 27 juillet 1976) interdit de tester sur l'animal les ingrédients utilisés en cosmétique et de mettre sur le marché tout produit contenant ces ingrédients à partir de 2009 (à partir de 2013 pour trois catégories de tests). Sans contester le principe ni l'objectif de cette directive, la France avait fait valoir lors de sa discussion deux objections pratiques. D'une part, la date de mise en oeuvre, 2009, ne tenait pas compte de l'absence de méthodes alternatives à ces tests dans certains cas. D'autre part, la compatibilité de la directive avec les règlements OMC n'avait pas été suffisamment expertisée. Ce sont ces arguments qui avaient conduit la France à saisir la Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) sur ce dossier. Dans son arrêt du 24 mai 2005, la CJDE a rejeté le recours de la France pour non recevabilité. Sans se prononcer sur le fond sur les arguments de la France, la Cour a donc décidé de ne pas donner suite à la démarche française. La France a pris acte de cette décision et se conformera donc aux dispositions de la directive 2003/15, concernant les tests sur ingrédients ou combinaisons d'ingrédients, qui seront applicables au 11 mars 2009. En pratique, les produits cosmétiques finis ne sont d'ores et déjà plus testés sur l'animal. Pour se conformer à la nouvelle réglementation européenne, et développer efficacement de nouvelles méthodes alternatives à l'expérimentation animale, la France a fortement soutenu les initiatives de la Commission européenne dans le domaine de la recherche et développement. Ainsi en novembre 2005, un partenariat a été conclu entre la Commission européenne et les principales organisations professionnelles européennes (chimie, pharmacie, cosmétique) afin de mettre en commun leurs moyens de recherche et d'aboutir le plus rapidement possible à l'élaboration de méthodes de substitution. Des sociétés françaises sont activement engagées dans ce partenariat.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Le 24 mai 2005, la Cour de justice des Communautés européennes a rejeté pour non-recevabilité le recours de la France contre la directive 2003/15/CE, sans se prononcer sur le fond.
  • La directive 2003/15/CE interdit de tester sur l'animal les ingrédients cosmétiques et de vendre les produits qui en contiennent à partir de 2009, et de 2013 pour trois catégories de tests.
  • La France se conformera aux dispositions de la directive 2003/15 sur les tests d'ingrédients ou de combinaisons d'ingrédients, applicables au 11 mars 2009.
  • Les produits cosmétiques finis ne sont plus testés sur l'animal.
  • Un partenariat entre la Commission et les organisations professionnelles européennes de la chimie, de la pharmacie et de la cosmétique a été conclu en novembre 2005.

Le détail de l'analyse

Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.