Les questions parlementaires
Méthodes non animales et recours sur les cosmétiques
expérimentation animale
Question écrite n° 39106, Assemblée nationale, 11 mai 2004
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre de l'industrie un programme national pour les méthodes non animales et le retrait du recours contre la directive 2003/15/CE.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
Des mesures pour mettre en place un programme national de développement et de validation des méthodes substitutives.
Réponse Refus sans le mot : selon la réponse, l'ampleur des recherches dépasse le cadre national et appelle une mobilisation européenne, dans le programme-cadre.
Le retrait du recours de la France contre la directive 2003/15/CE.
Réponse partielle La réponse défend le recours sans dire s'il sera retiré.
La fiche
Thèmes : cosmétiques, statistiques, méthodes sans animaux
- Auteur
- M. Lionnel Luca (Union pour un Mouvement Populaire, Alpes-Maritimes (6e circonscription))
- Ministère interrogé
- industrie
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 11 mai 2004
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 25 janvier 2005
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 39106 de M. Lionnel Luca, Assemblée nationale, JO du 11 mai 2004)
M. Lionnel Luca appelle l'attention de M. le ministre délégué à l'industrie sur la situation préoccupante concernant les tests sur animaux utilisés par l'industrie cosmétique française. En effet, un rapport publié par One Voice, une association dont le but est de mettre fin à l'expérimentation animale, indique que les statistiques publiées par le ministère de la recherche peut dissimuler un reclassement par les laboratoires des tests à des fins cosmétiques en tests d'évaluation de la toxicité des produits chimiques, cela afin de contourner l'interdiction prévue par la directive 2003/15/CE et de rendre dérisoire la part d'animaux utilisés lors de ces tests cosmétiques contestés. Il lui demande s'il envisage des mesures visant à mettre en place un programme national de développement et de validation des méthodes substitutives et pour le retrait du recours engagé par la France auprès de la Cour européenne de justice concernant la septième révision de la directive sur les cosmétiques.
La réponse
(Réponse du ministère : industrie, JO du 25 janvier 2005)
La question posée fait état d'un rapport mettant en cause les données prises en compte pour l'établissement des statistiques concernant l'expérimentation animale publiées par le ministère chargé de la recherche. Sur ce point, il faut préciser que ces statistiques sont basées sur les réponses à un questionnaire d'enquête constitué notamment de huit tableaux normalisés par la Commission européenne, et adressé à tous les établissements du secteur public et du secteur privé pratiquant l'expérimentation animale. Ces statistiques, établies de façon homogène sur l'ensemble du territoire de l'Union, donnent une information détaillée du total des animaux vertébrés utilisés. Elles correspondent aux exigences réglementaires auxquelles doivent satisfaire les essais toxicologiques et autres évaluations de sécurité, ce qui ne reflète pas nécessairement la diversité des domaines d'application de chacun des différents produits mis sur le marché. Beaucoup de ces exigences sont liées aux dispositions communautaires relatives à la protection des personnes et de l'environnement, en particulier, aux dispositions de la directive 67/548/CEE portant sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses, directive à laquelle le considérant 12 de la directive 2003/15/CE du 27 février 2003 visant au rapprochement des législations des États membres relatives aux produits cosmétiques, fait explicitement référence. S'agissant de la mise en place d'un programme de développement et de validation des méthodes substitutives, l'ampleur des recherches nécessaires dépasse le cadre national et appelle une mobilisation au niveau européen. Comme l'implique le 9e considérant de la directive 2003/15/CE, ces travaux de recherches peuvent être soutenus dans le programme cadre de recherche et développement technologique (PCRDT). L'objectif communautaire de méthodes alternatives se traduit également dans les travaux du Centre commun de recherche et du Centre européen de validation des méthodes alternatives (ECVAM) qui ont débouché sur la validation récente par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) de quatre méthodes in vitro destinées à remplacer certains essais sur animaux. C'est également au plan européen que les industriels concernés se sont mobilisés en décidant d'augmenter de façon importante les ressources financières qu'ils consacrent à des recherches communes dans ce domaine. En ce qui concerne le recours en annulation de la directive 2003/15/CE déposé par la France devant la Cour de justice des Communautés européennes, il a pour but de lever l'insécurité juridique liée à l'application de l'interdiction d'emploi dans les délais impartis d'ingrédients ayant fait l'objet d'une expérimentation animale. En effet, la directive n'est pas suffisamment explicite sur la possibilité ou non d'utiliser dans l'industrie cosmétique des informations et résultats obtenus par des expérimentations animales, requises en application d'autres réglementations portant sur la sécurité sanitaire du consommateur. Le recours déposé a donc pour objectif de faire préciser l'articulation des différentes réglementations, afin qu'elles soient appliquées de la même façon dans l'ensemble de l'Union européenne.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Les statistiques du ministère chargé de la recherche sur l'expérimentation animale reposent sur un questionnaire, dont huit tableaux normalisés par la Commission, adressé à tous les établissements qui la pratiquent.
- Le considérant 12 de la directive 2003/15/CE du 27 février 2003 renvoie à la directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses.
- L'OCDE a validé quatre méthodes in vitro issues des travaux du Centre commun de recherche et de l'ECVAM.
- La France a déposé devant la Cour de justice des Communautés européennes un recours en annulation de la directive 2003/15/CE.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 67/548/CEE sur la classification, l'emballage et l'étiquetage des substances dangereuses texte juridique
- Directive 2003/15/CE du 27 février 2003, considérants 9 et 12 texte juridique
- Programme-cadre de recherche et développement technologique (PCRDT) texte juridique
- Questionnaire de l'enquête statistique du ministère chargé de la recherche, huit tableaux normalisés par la Commission autre
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".