Les questions parlementaires
Bonnes pratiques en expérimentation animale
expérimentation animale
Question écrite n° 71149, Assemblée nationale, 16 février 2010
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la ministre de la recherche quels progrès ont été faits en France en matière de bonnes pratiques en expérimentation animale.
1 demande : réponse à 1.
Les progrès réalisés en France en matière de bonnes pratiques en expérimentation animale.
Réponse La réponse cite les formations réglementaires, l'agrément des établissements, les comités d'éthique, la charte nationale et le groupement d'intérêt scientifique sur les méthodes non animales, sans aucune statistique d'animaux.
La fiche
Thèmes : réglementation, "comités d'éthique en expérimentation animale", enseignement et formation
- Auteur
- M. Éric Jalton (Socialiste, radical, citoyen et divers gauche, Guadeloupe (1re circonscription))
- Ministère interrogé
- Enseignement supérieur et recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 16 février 2010
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 27 avril 2010
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 71149 de M. Éric Jalton, Assemblée nationale, JO du 16 février 2010)
M. Éric Jalton interroge Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur l'expérimentation animale en France et souhaiterait connaître les progrès réalisés en termes de bonnes pratiques dans ce domaine.
La réponse
(Réponse du ministère : Enseignement supérieur et recherche, JO du 27 avril 2010)
Suite à la transposition en droit français de la directive 86/609, l'expérimentation animale bénéficie depuis de nombreuses années d'un dispositif réglementaire fort auquel s'ajoute un dispositif éthique conséquent. La mise en place du dispositif réglementaire a permis la formations aux techniques d'intervention sur l'animal de laboratoire des acteurs de l'expérimentation : formation de niveau I pour les chercheurs, formation de niveau II pour les techniciens et formation de niveau III pour les zootechniciens (1 500 personnes environ formées par an). Les formations réglementaires, qui se sont généralisées dans notre pays, ont aussi été mises en place dans certaines écoles doctorales où elles sont destinées aux futurs chercheurs. Par ailleurs, tous les établissements d'expérimentation animale sont agrées afin de garantir l'adéquation entre les installations et le bien-être des animaux. Les protocoles enfin sont déclarés et optimisés au maximum dans le respect du principe des 3R (remplacer, réduire, raffiner). Accompagnant la réglementation, les comités d'éthique sont désormais généralisés sur notre territoire dans les secteurs public et privé. Ils apportent la garantie que tous les protocoles mis en oeuvre sur le territoire sont pratiqués en respectant les principes éthiques. Par ailleurs, la charte nationale portant sur l'éthique de l'expérimentation animale élaborée par le Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale (CNREEA), créé en 2005, a harmonisé les pratiques éthiques dans notre pays. Les associations de professionnels de même que les associations de protection animale jouent un rôle important dans la pratique générale des 3R avec l'organisation de colloques et de congrès. Enfin, un accent a été mis sur les méthodes alternatives, dont le recours est obligatoire dans notre réglementation, par la mise en place du groupement d'intérêt scientifique sur les méthodes alternatives à l'expérimentation animale en 2007. Ces progrès ont permis une optimisation de l'utilisation des animaux pour la recherche. Le nombre d'animaux utilisés à des fins scientifiques n'a pas augmenté de manière significative depuis dix ans, alors que la production scientifique européenne, à laquelle a contribué largement la France, a doublé tous les trois ans pendant cette même période.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 86/609 a été transposée en droit français.
- En France, formations réglementaires de niveau I (chercheurs), II (techniciens) et III (zootechniciens) : environ 1 500 personnes formées par an.
- En France, tous les établissements d'expérimentation animale sont agréés.
- En France, les protocoles d'expérimentation animale sont déclarés.
- Le Comité national de réflexion éthique sur l'expérimentation animale (CNREEA), créé en 2005, a élaboré la charte nationale portant sur l'éthique de l'expérimentation animale.
- En France, un groupement d'intérêt scientifique sur les "méthodes alternatives" à l'expérimentation animale a été mis en place en 2007.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 86/609/CEE et sa transposition en droit français texte juridique
- Charte nationale portant sur l'éthique de l'expérimentation animale (CNREEA) texte non contraignant, copie archivée
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).
L'éthique est la branche de la philosophie qui réfléchit à la signification des termes moraux, comme bien et mal, et à la manière de déterminer ce qui est bien ou mal selon des critères débattus. Dans les discours sur l'expérimentation animale, "l'éthique" désigne plutôt une réflexion sur le respect de la réglementation et des bonnes pratiques. La formation du Gircor destinée aux membres des "comités d'éthique" définit mal l'éthique et propage des idées fausses sur la philosophie morale.