Les questions parlementaires
État des lieux après la directive européenne de 2010
protection
Question écrite n° 94272, Assemblée nationale, 30 novembre 2010
Le résumé de l'OXA
Le député demande à la ministre de la recherche un état des lieux de l'expérimentation animale et des méthodes non animales en France, et la transposition de la directive.
3 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 2.
Un état des lieux de l'expérimentation animale en France.
Réponse partielle La réponse renvoie à l'enquête trisannuelle qui recense les animaux utilisés, sans en donner aucun chiffre.
Le niveau de développement des méthodes non animales utilisées en France.
Réponse partielle La réponse annonce le rapport de la plate-forme du GIS, à remettre prochainement, sans rien dire de son contenu.
Les évolutions prévues pour appliquer la nouvelle directive en France.
Réponse La réponse donne le calendrier, transposition achevée en novembre 2012 pour une application le 1er janvier 2013, le pilotage par le ministère de l'agriculture, l'ordre des consultations, et le principal changement : l'autorisation des projets.
La fiche
Thèmes : droit européen, méthodes sans animaux, statistiques
- Auteur
- M. Patrick Balkany (Union pour un Mouvement Populaire, Hauts-de-Seine (5e circonscription))
- Ministère interrogé
- Enseignement supérieur et recherche
- Rubrique
- Animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 30 novembre 2010
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 15 mars 2011
- Statut
- Réponse publiée
- Événements
- Question renouvelée le 8 mars 2011
- Sources
La question
(Question écrite n° 94272 de M. Patrick Balkany, Assemblée nationale, JO du 30 novembre 2010)
M. Patrick Balkany attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur les récentes avancées de l'Union européenne en matière d'expérimentation animale. Il y a quelques semaines, le Parlement européen a adopté un texte sur la protection animale limitant drastiquement l'expérimentation sur les animaux. Ce texte de compromis entre les partisans de l'abolition totale de l'expérimentation animale et ceux qui mettent en avant la nécessité de poursuivre les expérimentations pour faire avancer la recherche scientifique a l'ambition de mettre l'Union européenne à la pointe dans la protection animale. Le texte prévoit en effet que "les expérimentations animales soient remplacées, dans toute la mesure du possible, par une méthode de substitution scientifiquement satisfaisante". Et lorsque cette solution ne peut pas être adoptée, l'expérimentation doit être réalisée de manière à ce que "la douleur et la souffrance infligées aux animaux soient réduites au minimum". Les animaux ne pourront ainsi être utilisés que dans le cadre d'expériences ayant pour ambition de faire avancer la recherche sur l'homme, les animaux et les maladies. Ainsi, il lui demande de bien vouloir lui dresser un état des lieux de l'expérimentation animale en France et du niveau de développement des méthodes alternatives utilisées. Il lui demande également de lui faire part des évolutions qui seront apportées afin de faire appliquer cette nouvelle législation en France.
La réponse
(Réponse du ministère : Enseignement supérieur et recherche, JO du 15 mars 2011)
Les dispositions identifiées par l'honorable parlementaire concernant le remplacement de l'expérimentation animale par une méthode de substitution et la réduction des souffrances infligées aux animaux figuraient déjà dans la directive 86/609/CEE. La nouvelle directive indique toutefois dans son considérant 10, que : « S'il est souhaitable de remplacer l'utilisation d'animaux vivants dans les procédures par d'autres méthodes qui n'impliquent pas leur utilisation, l'utilisation d'animaux vivants demeure nécessaire pour protéger la santé humaine et animale ainsi que l'environnement. Cependant, la présente directive représente une étape importante vers la réalisation de l'objectif final que constitue le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives, dès que ce sera possible sur un plan scientifique. À cette fin, elle cherche à faciliter et à promouvoir les progrès dans la mise au point d'approches alternatives. » En ce qui concerne, l'état des lieux de l'expérimentation animale en France celui-ci fait l'objet d'une enquête trisannuelle qui permet de recenser le nombre d'animaux de différentes espèces utilisés par différents secteurs de la recherche et de l'industrie. S'agissant du niveau de développement des méthodes alternatives, il convient de souligner qu'en juillet 2007, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche a suscité la création d'une plate-forme sous la forme d'un groupement d'intérêt scientifique animé par l'AFSSAPS et l'INERIS. Cette plate-forme a établi un rapport consacré à l'utilisation des méthodes alternatives qui va être prochainement remis de manière officielle à Mme la ministre et qui pourrait faire l'objet d'une mise à disposition. Enfin, des évolutions seront apportées afin de faire appliquer cette nouvelle législation en France. La nouvelle directive 2010/63/UE doit être transposée pour entrer en application le 1er janvier 2013. Elle imposera des modifications de la réglementation française actuelle, mise en place dès 1987 à la suite de la transposition en droit français de la directive 86/609/CEE. La transposition de la directive 2010/63/UE a commencé il y a quelques mois et devra être achevée en novembre 2012. Certains points de la réglementation française en matière d'expérimentation animale seront conservés du fait de leur parfaite concordance avec la nouvelle directive, d'autres seront adaptés, et de nouvelles dispositions devront être envisagées, telles celles concernant les autorisations de projets, représentant le changement majeur apporté par la nouvelle directive. La transposition, pilotée par le ministère chargé de l'agriculture, a débuté depuis quelques mois et implique dans un premier temps au-delà des ministères, les professionnels des secteurs publics et privés qui expriment les difficultés qu'ils ont identifiées. Les associations de protection animale seront consultées dans un deuxième temps puisqu'elles sont représentées à la Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA), commission consultative placée auprès des ministres, qui donne un avis sur tout projet de modification de la réglementation (art. R. 214-122 du code rural) et dont le secrétariat est assuré par un représentant du ministère chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- Le considérant 10 de la directive 2010/63/UE la présente comme une étape importante vers l'objectif final du remplacement total des procédures sur des animaux vivants, dès que ce sera possible sur un plan scientifique.
- Une enquête trisannuelle recense le nombre d'animaux utilisés en France, par espèce et par secteur de la recherche et de l'industrie.
- En juillet 2007, le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche a suscité la création d'une plate-forme sur les "méthodes alternatives", groupement d'intérêt scientifique animé par l'AFSSAPS et l'INERIS.
- En France, la transposition de la directive 2010/63/UE devra être achevée en novembre 2012, pour une application le 1er janvier 2013.
- Les autorisations de projets, changement majeur apporté par la directive 2010/63/UE, demanderont de nouvelles dispositions dans la réglementation française.
- La réglementation française actuelle a été mise en place en 1987, par la transposition de la directive 86/609/CEE.
- En France, la transposition de la directive 2010/63/UE est pilotée par le ministère chargé de l'agriculture.
- La Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA), où siègent les associations de protection animale, donne un avis sur tout projet de modification de la réglementation (art. R. 214-122 du code rural).
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 86/609/CEE texte juridique
- Directive 2010/63/UE, considérant 10 texte juridique
- Code rural, article R. 214-122 texte juridique
- Enquête statistique trisannuelle sur les animaux utilisés en France chiffre sourcé
- Rapport de la plate-forme du GIS sur l'utilisation des méthodes alternatives, à remettre à la ministre rapport
Les organismes cités
- Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS)
- Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS)
- Groupement d'intérêt scientifique Plate-forme française pour le développement de méthodes alternatives (GIS)
- Commission nationale de l'expérimentation animale (CNEA)
- Ministère chargé de l'agriculture
- Parlement européen
Sur le site de l'OXA
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
L'expression "expérimentation animale", employée au cours du XXe siècle et encore largement répandue, désigne toutes les utilisations des animaux susceptibles de leur nuire dans le cadre de recherches, de tests ou d'enseignements. L'OXA la retient parce qu'elle n'est ni complaisante, ni concentrée sur les pratiques qui infligent les plus grandes souffrances. La réglementation parle d'"utilisation des animaux à des fins scientifiques" : toute utilisation susceptible de causer à l'animal "une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille effectuée conformément aux bonnes pratiques vétérinaires".
Les méthodes non animales remplacent l'utilisation d'animaux par d'autres moyens. Par contraste avec l'expérimentation in vivo, sur des animaux vivants, elles forment trois familles, qui se combinent ou fonctionnent séparément : in vitro (organes sur puce, organoïdes, cultures de cellules), in silico (algorithmes prédictifs, jumeaux numériques) et in humano (épidémiologie, participation de volontaires consentants à des recherches et à des essais cliniques).