Les questions parlementaires

Éthologie et prévention des violences à l'école

Intégration de l'éthologie et de l'éthique animale dans les programmes scolaires

Question écrite n° 14330, Assemblée nationale, 20 novembre 2018

Le résumé de l'OXA

Une députée demande au ministre de l'éducation nationale d'intégrer l'éthologie et l'éthique animale aux programmes et de former les professionnels au lien entre violences sur animaux et sur humains.

3 demandes : réponse partielle à 2, aucune réponse à 1.

  1. Intégrer l'éthologie dans les programmes scolaires du premier et du second degré.

    Réponse partielle La réponse type cite l'étude des comportements animaux, dont le programme du cycle 3, sans dire si l'éthologie sera intégrée en tant que telle.

  2. Intégrer l'éthique animale dans les programmes scolaires du premier et du second degré.

    Réponse partielle La réponse cite la culture de la sensibilité, la compétence d'empathie et la philosophie, sans annoncer de mesure.

  3. Former les enseignants et les médecins scolaires, en formation initiale et continue, au lien entre violences sur animaux et violences sur humains.

    Aucune réponse La réponse ne parle d'aucune formation des professionnels.

La fiche

Thème : enseignement et formation

La question mentionne l'expérimentation animale sans en faire son sujet principal.

Auteur
Mme Patricia Gallerneau (Mouvement Démocrate et apparentés, Vendée (2e circonscription))
Ministère interrogé
Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse
Rubrique
enseignement
Question publiée
au Journal officiel du 20 novembre 2018
Réponse publiée
au Journal officiel du 16 avril 2019
Statut
Réponse publiée
Sources

La question

(Question écrite n° 14330 de Mme Patricia Gallerneau, Assemblée nationale, JO du 20 novembre 2018)

Mme Patricia Gallerneau attire l'attention de M. le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur l'intérêt d'intégrer l'éthologie et l'éthique animale dans les programmes scolaires. Depuis dix ans, les découvertes scientifiques concernant les capacités cognitives, sensorielles et émotionnelles des animaux obligent à reconsidérer nos rapports avec eux. L'actualisation des savoirs scientifiques ainsi que le développement de valeurs morales sont des clés de voûte d'un enseignement évolutif de qualité. L'éthologie trouve naturellement sa place en sciences et l'éthique animale en éducation morale et civique, philosophie. L'enseignement de l'empathie cognitive incluant les animaux est un moyen efficace de lutter contre les violences scolaires. De nombreuses études attestent de la corrélation entre les violences sur animaux et les violences sur humains, notamment intrafamiliales. La connaissance et la prise en compte de ce lien par les professionnels concernés, enseignantes et enseignants, médecins scolaires, permettraient de prévenir un certain nombre de violences subies par les enfants. Elle lui demande donc s'il compte intégrer l'éthologie et l'éthique animale dans les programmes scolaires de premier et second degrés ainsi qu'une formation, initiale et continue, des professionnels sur la question du lien entre violences sur animaux et violences sur humains.

La réponse

(Réponse du ministère : Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse, JO du 16 avril 2019)

L'animal est appréhendé dans sa dimension d'être vivant et sensible. C'est pour cette raison que le ministère chargé de l'éducation nationale a posé des restrictions pour les dissections dans l'enseignement. La circulaire n° 2016-108 du 8 juillet 2016 indique en effet que dans le cadre des travaux pratiques de sciences de la vie et de la Terre (SVT) et de bio-physiopathologie humaine (BPH) dans la série sciences et technologies de la santé et du social (ST2S), et plus généralement dans toutes les classes jusqu'au baccalauréat, des dissections ne peuvent être réalisées que sur des invertébrés, à l'exception des céphalopodes, sur des vertébrés ou sur des produits issus de vertébrés faisant l'objet d'une commercialisation destinée à l'alimentation. Par conséquent, il n'est plus procédé à des dissections d'animaux morts élevés à seule fin d'expériences scientifiques. Dans les programmes scolaires, la vie de l'animal et l'étude des comportements des espèces animales dans leur milieu naturel sont abordées tout au long du parcours de l'élève. Dès l'école maternelle, le domaine d'apprentissage « Explorer le monde du vivant, des objets et de la matière » permet aux enseignants de conduire les enfants à observer les différentes manifestations de la vie animale. Les élèves découvrent le cycle que constituent la naissance, la croissance, la reproduction, le vieillissement et la mort. Les ressources pédagogiques en ligne sur le site Eduscol, portail national d'informations et de ressources du ministère, proposent notamment un module consacré aux élevages et mettent en évidence la façon dont l'enseignant peut conduire les élèves à observer les différentes manifestations de la vie animale. Un exemple proposé sur les élevages d'escargots insiste en particulier sur les milieux de vie et les soins à assurer pour satisfaire les besoins des animaux. Au cycle 2 (CP-CE1-CE2), les élèves poursuivent l'étude des caractéristiques du monde vivant. Dans ce cadre, ils appréhendent les interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu. Dans le cas de la réalisation d'un élevage en classe, les besoins vitaux et les notions de bien-être et de bientraitance des animaux sont abordées. Au cycle 3 (CM1-CM2-6e), une partie du programme de Sciences et technologie porte sur « Le vivant, sa diversité, et les fonctions qui le caractérisent ». Les élèves doivent notamment observer « le comportement de certains animaux ». En outre, la notion d'empathie est travaillée dans la « culture de la sensibilité » en enseignement moral et civique dès le cycle 2 de l'école élémentaire. « Être capable d'écoute et d'empathie » est une compétence travaillée tout au long de la scolarité de l'école et du collège. Ces questions peuvent également être envisagées sous l'angle de la biodiversité et du développement durable à l'école, au collège et au lycée, en particulier dans le cadre des sciences de la vie et de la Terre, de la géographie et de l'enseignement moral et civique. Enfin, les enseignements de français et de philosophie permettent d'aborder la question animale, par exemple à travers la notion « le vivant » en classe terminale. Des sujets ont d'ailleurs été proposés au baccalauréat sur ces questions.

Les éléments concrets

Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.

  • Circulaire n° 2016-108 du 8 juillet 2016 : jusqu'au baccalauréat, dissections seulement sur des invertébrés, hors céphalopodes, ou sur des vertébrés et produits de vertébrés commercialisés pour l'alimentation.
  • École maternelle : domaine d'apprentissage "Explorer le monde du vivant, des objets et de la matière", avec l'observation de la vie animale.
  • Le site Eduscol, portail du ministère, propose un module de ressources pédagogiques consacré aux élevages.
  • Cycle 3 : programme de sciences et technologie sur le vivant, avec l'observation du comportement de certains animaux.
  • Compétence d'écoute et d'empathie travaillée de l'école au collège ; culture de la sensibilité en enseignement moral et civique dès le cycle 2.
  • En classe terminale, les enseignements de français et de philosophie peuvent aborder la question animale par la notion "le vivant".

Le détail de l'analyse

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Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.