Les questions parlementaires
Vente par des particuliers aux laboratoires
Protection des animaux utilisés à des fins scientifiques
Question écrite n° 30890, Assemblée nationale, 7 juillet 2020
Le résumé de l'OXA
La députée demande à la ministre quelles catégories de vendeurs peuvent fournir les laboratoires en cas de dérogation, et si la vente d'animaux par des particuliers est interdite.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
Les catégories de vendeurs d'animaux aux laboratoires en cas de dérogation : particuliers, élevages d'animaux de compagnie ou de chiens de chasse.
Réponse partielle La réponse dit que les animaux proviendront toujours d'élevages reconnus, sans dire lesquels ni si un élevage d'animaux de compagnie peut l'être.
S'assurer que la vente d'animaux par des particuliers à des laboratoires est interdite par la loi française, et sinon l'interdire.
Réponse La réponse dit que les laboratoires ne pourront toujours pas s'adresser à des particuliers ; la demande d'interdiction, posée pour le cas contraire, tombe.
La fiche
Thèmes : élevages et provenance des animaux, réglementation, droit européen
- Auteur
- Mme Claire O'Petit (La République en Marche, Eure (5e circonscription))
- Ministère interrogé
- Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation
- Ministère attributaire
- Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation
- Rubrique
- animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 7 juillet 2020
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 10 novembre 2020
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 30890 de Mme Claire O'Petit, Assemblée nationale, JO du 7 juillet 2020)
Mme Claire O'Petit attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation sur la polémique provoquée par le décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 modifiant certaines dispositions relatives à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques. De nombreux citoyens et associations se sont vivement alarmés du fait que le décret puisse donner la possibilité aux laboratoires d'acheter à des particuliers des animaux pour l'expérimentation. Elle souhaite connaître les catégories de vendeurs d'animaux pour les laboratoires en cas de dérogation (particuliers, élevage d'animaux de compagnie ou de chiens de chasse, etc.) et s'assurer que la vente d'animaux par des particuliers à des laboratoires, destinés à l'expérimentation, est interdite par la législation française. Dans la négative, elle souhaite savoir si le Gouvernement a l'intention d'interdire cette pratique.
La réponse
(Réponse du ministère : Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, JO du 10 novembre 2020)
La Commission européenne veille au respect des délais et à la qualité de la transposition des directives en droit national. Or, si la directive européenne 2010/63/UE impose en principe que les animaux utilisés à des fins scientifiques doivent avoir été élevés à cette fin et provenir d'éleveurs ou fournisseurs agréés, elle prévoit aussi la possibilité d'accorder des dérogations à cette disposition en cas de justification scientifique. Dans ses remarques adressées au Gouvernement français à propos de la transposition de cette disposition, la Commission européenne a relevé que l'article R. 214-90 du code rural et de la pêche maritime prévoyait bien des dérogations à ce principe sur la base d'éléments scientifiques dûment justifiés mais ajoutait « lorsque la production des éleveurs agréés est insuffisante ou ne convient pas aux besoins spécifiques du projet ». Cette précision n'étant pas prévue par la directive et ayant été perçue comme susceptible de faciliter l'attribution des dérogations, la commission a considéré que la transposition en droit national était erronée et a demandé à la France de la modifier. Le décret récemment adopté pour se conformer à cette demande de la Commission européenne lève toute ambiguïté sur le fait que les dérogations pourront être délivrées uniquement pour des impératifs scientifiques. Les dérogations, qui demeureront exceptionnelles, seront toujours accordées par le ministère chargé de la recherche après avis des autres ministères concernés. C'est donc une clarification du texte à la demande de la Commission européenne qui a été effectuée en toute transparence, après avis de la Commission nationale de l'expérimentation animale rassemblant des représentants de l'ensemble des parties prenante (ministères, associations de professionnels ou syndicats, protection animale). Le texte est désormais plus rigoureux et ne constitue en aucun cas un assouplissement de la règle ou un affaiblissement des contraintes, bien au contraire. Bien évidemment, les laboratoires ne pourront toujours pas s'adresser à des particuliers pour se fournir en animaux et les animaux proviendront toujours d'élevages reconnus.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 2010/63/UE impose en principe des animaux élevés à cette fin, issus d'éleveurs ou de fournisseurs agréés, et permet des dérogations sur justification scientifique.
- Selon la Commission européenne, l'article R. 214-90 du code rural et de la pêche maritime transposait mal la directive 2010/63/UE en ajoutant le cas d'éleveurs agréés à production insuffisante ou inadaptée.
- En France, un décret adopté pour se conformer à la demande de la Commission européenne réserve aux impératifs scientifiques les dérogations de provenance des animaux.
- En France, les dérogations de provenance des animaux seront toujours accordées par le ministère chargé de la recherche après avis des autres ministères concernés.
- Le décret sur les dérogations de provenance des animaux a été adopté après avis de la Commission nationale de l'expérimentation animale (ministères, associations de professionnels ou syndicats, protection animale).
- En France, les laboratoires ne pourront toujours pas se fournir en animaux auprès de particuliers.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE texte juridique
- Code rural et de la pêche maritime, article R. 214-90 texte juridique
- Décret n° 2020-274 du 17 mars 2020 texte juridique
Les organismes cités
Sur le site de l'OXA
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