Les questions parlementaires
Interdiction des tests de l'industrie du tabac
Tests pratiqués sur les animaux par l'industrie du tabac
Question écrite n° 42755, Assemblée nationale, 30 novembre 2021
Le résumé de l'OXA
Le député demande au ministre de l'agriculture si la France portera à Bruxelles, pendant sa présidence, l'interdiction des tests de l'industrie du tabac sur des animaux.
1 demande : aucune réponse à 1.
Si la France portera l'interdiction des tests sur des animaux liés au tabac auprès de la Commission et pendant la présidence française du Conseil de l'Union.
Aucune réponse La réponse décrit les autorisations de projets en France et ne dit rien d'une démarche auprès de la Commission ni pendant la présidence.
La fiche
Thèmes : substances chimiques et toxicologie, interdiction, droit européen · Espèces : chats, chiens, rongeurs, lapins, primates, autres espèces
- Auteur
- M. Jean-Louis Touraine (La République en Marche, Rhône (3e circonscription))
- Ministère interrogé
- Ministère de l’agriculture et de l’alimentation
- Rubrique
- animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 30 novembre 2021
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 8 février 2022
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 42755 de M. Jean-Louis Touraine, Assemblée nationale, JO du 30 novembre 2021)
M. Jean-Louis Touraine alerte M. le ministre de l'agriculture et de l'alimentation sur les tests pratiqués par l'industrie du tabac sur les animaux. En effet, selon plusieurs ONG de protection animale, le tabac de presque toutes les marques est testé sur des animaux (chats, chiens, hamsters, cochons d'Inde, lapins, singe, tortues...). Ces tests seraient de plusieurs ordres : animaux attachés ou enfermés dans des tubes recevant en permanence de la fumée de cigarette dans les bronches par ventilation, application d'asphalte sur leur peau, dispositifs installés dans leur crâne pour étudier les effets du tabac... En 2019, l'ONG 30 millions d'amis a demandé à la Commission européenne de prendre ses responsabilités pour « interdire formellement ces expériences cruelles, inutiles et pour lesquelles des méthodes substitutives efficientes existent ». Il souhaiterait donc savoir si la France entend porter cette question auprès de la Commission et dans le cadre de la présidence française du conseil de l'Union européenne.
La réponse
(Réponse du ministère : Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, JO du 8 février 2022)
La directive 2010/63/UE du Parlement européen et du Conseil du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, transposée en droit français à l'article R 214-105 du code rural et de la pêche maritime, énonce les conditions d'autorisation des projets de recherche recourant à des procédures expérimentales sur animal vivant. Des projets de recherches dont le but serait de développer de nouvelles cigarettes qui seraient considérées comme moins nocives n'entreraient pas dans les critères de licéité prévus par la directive 2010/63/UE. Une très récente revue des projets autorisés au cours des dernières années montre l'absence de faille dans le processus d'autorisation. Cette revue n'a identifié aucun projet autorisé dont l'objet serait le développement de nouveaux produits commerciaux à l'usage des fumeurs. En revanche, elle fait apparaitre des recherches en addictologie plus particulièrement sur le tabagisme, et sur les traitements des maladies liées au tabagisme. Ces projets, financés pour certains d'entre eux par l'institut national du cancer, répondent à des objectifs de santé publique visant à améliorer la compréhension des mécanismes d'addiction et les possibilités de remédier à leurs effets négatifs. Ces recherches autorisées répondent par ailleurs à la règle dite des 3 R qui consiste à recourir aux procédures permettant de : - remplacer le modèle animal dès que cela est possible, pour travailler sur des cellules ou tissus ou encore sur des modèles numériques par exemple ; - réduire au maximum le nombre d'animaux utilisés ; - raffiner avant, pendant et après l'expérimentation de façon à réduire, supprimer et soulager la douleur de l'animal. Afin de développer l'application de cette règle des 3 R, les ministères de l'agriculture et de l'alimentation et de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation soutiennent le nouveau centre de référence créé fin 2021 dont la mission principale est de guider au mieux les recherches et promouvoir des méthodes responsables et innovantes. Des discussions sont en cours concernant l'éventualité d'un soutien financier de la part du Gouvernement.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- La directive 2010/63/UE, transposée à l'article R 214-105 du code rural et de la pêche maritime, fixe les conditions d'autorisation des projets recourant à des procédures expérimentales sur animal vivant.
- Selon une revue récente des projets autorisés, ceux liés au tabac portent sur l'addictologie et le traitement des maladies liées au tabagisme ; certains sont financés par l'Institut national du cancer.
- En France, un nouveau centre de référence a été créé fin 2021 pour développer l'application de la "règle des 3 R".
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010 texte juridique
- Code rural et de la pêche maritime, article R 214-105 texte juridique
Les organismes cités
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Le ministère chargé de l'agriculture coordonne, par son système d'information RESYTAL, les inspections des établissements éleveurs, fournisseurs et utilisateurs d'animaux, menées par les directions départementales de la protection des populations (DDPP).
Un projet qui utilise des animaux ne peut commencer qu'après son autorisation. En France, l'établissement envoie une demande d'autorisation de projet (DAP) au ministère chargé de la recherche, après son évaluation par un comité d'éthique. La demande comporte un résumé non technique. L'autorisation vaut cinq ans au plus.