Les questions parlementaires
Taux d'inspections inopinées des laboratoires
Utilisation d'animaux à des fins scientifiques
Question écrite n° 4104, Assemblée nationale, 18 février 2025
Le résumé de l'OXA
La députée demande à la ministre de l'agriculture quand seront publiés les chiffres des inspections depuis 2021 et si elle fixera au moins 50 % d'inspections inopinées.
2 demandes : réponse à 1, réponse partielle à 1.
À quelle date précise seront publiés les chiffres des inspections depuis 2021.
Réponse partielle La réponse donne les taux d'inspections inopinées de 2021 à 2023 et annonce une synthèse du bilan 2024 sur le site du ministère, sans date.
Si la ministre compte fixer aux DDPP un taux d'au moins 50 % d'inspections inopinées par an.
Réponse La réponse maintient pour 2025 l'objectif d'au moins 50 % d'inspections inopinées.
La fiche
Thèmes : contrôles et sanctions, transparence, droit européen
- Auteur
- Mme Marie-Charlotte Garin (Écologiste et Social, Rhône (3e circonscription))
- Ministère interrogé
- Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire
- Rubrique
- animaux
- Question publiée
- au Journal officiel du 18 février 2025
- Réponse publiée
- au Journal officiel du 16 septembre 2025
- Statut
- Réponse publiée
- Sources
La question
(Question écrite n° 4104 de Mme Marie-Charlotte Garin, Assemblée nationale, JO du 18 février 2025)
Mme Marie-Charlotte Garin appelle l'attention de Mme la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire sur la nécessité de renforcer les contrôles inopinés dans les établissements utilisant des animaux à des fins scientifiques, aussi appelés les animaux de laboratoire. Au sein de l'Union européenne, les établissements hébergeant des carnivores domestiques ou des primates, doivent être contrôlés chaque année. Pour les autres établissements, la fréquence est fixée à tous les trois ans. La directive européenne 2010/63/UE dispose qu'une « proportion appropriée » d'inspections doit être réalisée de façon inopinée, dont l'on comprend l'intérêt évident. En 2021, l'association Animal Testing, chargée d'enquêter sur les animaux de laboratoire, a ainsi été interpelée par une lanceuse d'alerte, dénonçant les pratiques de son laboratoire, qui forçait le personnel à « tout nettoyer » (et donc, à évacuer des animaux « abîmés », mutilés ou morts) avant l'inspection. Les contrôles annoncés n'ont donc aucun intérêt, contrairement aux contrôles inopinés, qui permettent de considérer avec sérieux le rôle initial de l'inspection vétérinaire : vérifier la conformité légale des pratiques telles qu'elles ont lieu au quotidien et garantir la prise en compte du bien-être animal. S'il revient à chaque État membre de définir ce qu'il considère comme « proportion appropriée » d'inspections inopinées, la France est particulièrement en retard par rapport à ses voisins, comme le souligne le rapport de l'UE de 2020. 15 % en 2017 pour la France, alors que la moyenne européenne est de 40 %. Si ce taux est passé à 26,22 % pour un objectif de 25 % en 2019, il a reculé à 10 % en 2020 - le ministère de l'agriculture invoquant la crise sanitaire pour justifier ce recul. L'objectif annoncé pour 2022 était de 50 % d'inspections inopinées, les établissements présentant des antécédents de non-conformités moyennes ou majeures ayant la priorité pour ces contrôles. Or depuis, aucun chiffre concernant ces inspections inopinées n'a été publié. Elle lui demande donc à quelle date précise elle envisage de publier les chiffres des inspections depuis 2021 et si elle compte fixer un taux d'au moins 50 % d'inspections inopinées annuelles aux directions départementales de la protection des populations, qui sont en charge de ces contrôles.
La réponse
(Réponse du ministère : Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, JO du 16 septembre 2025)
Chaque année, le ministère chargé de l'agriculture effectue des bilans des inspections passées dans le domaine de l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques. La directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques prévoit que les établissements hébergeant des carnivores domestiques ou des primates soient contrôlés chaque année, et que les autres établissements soient contrôlés a minima tous les trois ans, avec une proportion appropriée des inspections effectuées sans avertissement préalable, c'est-à-dire en inopiné. En France, l'objectif est d'atteindre au minimum 50 % d'inspections inopinées. En 2021, compte-tenu des contraintes sanitaires encore présentes sur certaines périodes, le taux d'inspections en inopiné était de 22 %. Ce taux augmente ensuite au fil des années pour se rapprocher de l'objectif de 50 % : 34 % en 2022 et 45,5 % en 2023. Le bilan pour l'année 2024 est en cours de rédaction et une synthèse sera publiée sur le site du ministère. Dans tous les cas, l'objectif d'avoir au moins 50 % d'inspections inopinées est maintenu pour 2025.
Les éléments concrets
Ce que la réponse avance de vérifiable. Survoler un élément montre son passage.
- En France, le taux d'inspections inopinées dans le domaine de l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques a été de 22 % en 2021, 34 % en 2022 et 45,5 % en 2023.
- En France, l'objectif d'au moins 50 % d'inspections inopinées dans le domaine de l'utilisation d'animaux à des fins scientifiques est maintenu pour 2025.
- La directive 2010/63/UE prévoit un contrôle annuel des établissements hébergeant des carnivores domestiques ou des primates, et au moins tous les trois ans pour les autres.
Le détail de l'analyse
Les sources de la réponse
- Directive 2010/63/UE du 22 septembre 2010 texte juridique
Les organismes cités
- Animal Testing
- Directions départementales de la protection des populations (DDPP)
Recueil établi et publié par l'Observatoire de l'Expérimentation Animale. Les textes des questions et des réponses sont ceux que publient l'Assemblée nationale, le Sénat et le Parlement européen. Un texte que les sources ouvertes ne donnent qu'en anglais est publié dans une traduction de l'OXA, avec l'original.
Cette analyse a été produite par un modèle de langage appliquant la grille de l'OXA décrite dans la méthode du recueil, et contrôlée par des scripts. Elle n'a pas été relue question par question.
Le ministère chargé de l'agriculture coordonne, par son système d'information RESYTAL, les inspections des établissements éleveurs, fournisseurs et utilisateurs d'animaux, menées par les directions départementales de la protection des populations (DDPP).
La directive européenne impose d'inspecter chaque année au moins un tiers des établissements qui utilisent des animaux, choisis selon une analyse de risque, et au moins une fois par an ceux qui élèvent, fournissent ou utilisent des primates. Une partie des inspections se fait sans avertissement. Rien n'impose d'inspecter chaque année un établissement sans primates.
Les directions départementales de la protection des populations (DDPP), placées sous l'autorité des préfets, inspectent et agréent les laboratoires et leurs fournisseurs. Le ministère chargé de l'agriculture coordonne leur action.
Les statistiques françaises et européennes comptent des utilisations d'animaux dans des procédures : un animal réutilisé dans une nouvelle procédure compte une fois de plus. La directive européenne appelle procédure toute utilisation d'un animal à des fins scientifiques ou éducatives "susceptible de causer à cet animal une douleur, une souffrance, une angoisse ou des dommages durables équivalents ou supérieurs à ceux causés par l'introduction d'une aiguille". Les réutilisations restent rares : faute de mieux, le nombre d'utilisations donne une idée du nombre d'animaux.
L'association Animal Testing veut défendre les animaux utilisés dans les laboratoires et offrir un point de contact aux lanceurs et lanceuses d'alerte. Elle a mené plusieurs enquêtes, en caméra cachée ou par recueil de témoignages.